Elsa?

Peux-tu ouvrir cette porte?

Pourquoi restes-tu enfermée?

Elle était recroquevillée contre la porte, pleurant à chaudes larmes, réfugiée dans sa chambre. Ses épaules étaient agitées de frêles tremblements, et son souffle chaud formait de la buée dans cette chambre aux températures glaciales. La pluie qui tombait dehors givrait instantanément au contact des carreaux de la fenêtre.

On me dit sois forte, le temps arrange tout

Mais j'ai besoin de nous pour oublier

Que nous n'avons plus personne

Plus aucune famille

La tristesse, l'angoisse et la peur s'entrechoquaient dans son esprit. La pression était si forte. Ce ne devait être que deux semaines. Deux petites semaines. Tout devait bien se passer. Comment ne pas désespérer ? Autour d'elle, tout était de glace, figée dans l'instant. Les flocons voletaient, se déposant sur les surfaces. Elle était étrangère, même chez elle. Sa vie était juste une horrible plaisanterie.

Quel avenir pour nous?

Je voudrais un bonhomme de neige.

Il y avait quelque chose d'apaisant dans la voix de sa soeur, mais cela ne suffisait pas à la calmer assez. Elle était maintenant seule, à porter ce lourd fardeau, seule à se battre contre elle-même, pour s'efforcer jour après jour, de contrôler ce pouvoir de l'essence.

Cache tes pouvoirs, n'en parle pas, Fais attention le secret survivra. Sereine, sans peine, tu régneras, un seul faux pas et tout le monde saura.