Bonjours à tous!

Un chapitre plus tôt car je rentre demain en France et repars aussitôt pour le pays Basque voir ma famille. Je n'aurais pas de connexion pendant une semaine.

Après celui-ci plus que deux chapitres d'avance, mais j'espère avancer un peu pendant cette dernière semaine de vacances. Le tome 5 fera partie de mes bagages.

Concernant ce chapitre: vous vous souvenez que dans mon histoire, jusqu'à présent, les mangemorts étaient en cavale. Sauf qu'il faut bien qu'ils soient en prison à un moment si je veux qu'ils puissent s'enfuir comme écrit dans le tome 5. Donc... voilà.

Bonne lecture!


Chapitre XXXXXVIII : Coup de filet chez les mangemorts

- Voilà ce qu'il a dit, Maître, conclut Karkaroff, la tête courbée.

Voldemort resta songeur un instant.

- Severus a raison d'avoir peur... murmura-t-il enfin. Sa conduite est celle d'un traître et non d'un lâche.

- Vous croyez donc qu'il ment, Maître.

- Nous verrons, Igor, nous verrons... L'avenir nous le dira certainement. Quelque soit la raison de sa désertion, je ne pense pas qu'il reviendra. Et lorsqu'il croisera notre route... Maintenant, il est temps de vous préparer. Nous allons lancer l'opération.

- Puis-je me permettre de vous dire que cette opération est risquée, Maître ?

- Je le sais, coupa sèchement le Lord. Mais nous devons essayer. Et nous ne devons pas attendre plus longtemps. Notre espion m'a dit ne pas être certain que tout se déroulera selon mes plans.

- Malheureusement, je dois avouer que ses craintes sont fondées.

- Tu resteras à l'écart. Je compte sur ta discrétion, Igor.

- Bien sûr, Maître.

Et après une dernière révérence, le directeur de Durmstrang quitta la salle sombre où siégeait dans l'ombre le Seigneur des Ténèbres.

xxx

- Je t'assure, Kécile... disait Harry d'un ton un peu alarmé. La conclusion de ce qu'il disait c'est que tu lui as forcé la main en annonçant sa trahison à Voldemort et qu'il est toujours fidèle aux mangemorts, mais qu'il a trop peur pour retourner auprès de son Maître.

- Et je t'assure, Harry, que tout ça n'était qu'un moyen d'embobiner Karkaroff.

- Mais à quoi il joue ! S'exclama Ron. C'est un ennemi, non ?

- Un ennemi qui peut faire part de ses doutes au Seigneur des Ténèbres, expliqua Kécile. Un doute qui peut s'insinuer dans l'esprit de Voldemort et lui sauver la vie si jamais il croise à nouveau sa route.

- Oui, et pendant ce temps-là, il t'enfonce davantage... nota Harry.

- Mon cas est de toute manière désespéré, répondit Kécile en haussant les épaules. Non, vraiment, les garçons, vous portez des soupçons là où il n'y a aucune raison d'en avoir. Je confierais sans hésiter ma vie à Severus. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait... Et Dumbledore aussi a pleinement confiance en lui. Donc laissez tomber. On a des choses plus importantes à faire, ajouta-t-elle en se tournant vers Hermione.

Son visage prit une expression exagérément carnassière.

- Alors... L'Imperium... Tu n'as pas été capable d'y résister quand Maugrey te l'a lancé. Pourtant, il va bien falloir que tu y parviennes si tu veux continuer à fréquenter Krum.

- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de ta part, répliqua sa camarade très agacée. Si je veux fréquenter Viktor, ça ne te regarde pas.

- Mais ce sera soit Viktor soit Harry, certainement pas les deux si tu ne te soumets pas à mon entraînement.

- Dis-donc, Kécile, tu ne serais pas entrain de jouer à la princesse, là ? Répliqua vertement sa camarade.

- Il vaut mieux pour toi que je ne me mettes pas à rejouer la Princesse, c'est certain, gronda Kécile. Maintenant, tu cesses de discuter. Et même si ça ne te plaît pas, tu choisis : Tes deux amis avec l'entraînement, ou l'un d'entre eux sans. Et j'ai les pouvoirs et les relations pour t'obliger à être raisonnable.

Hermione fixa d'un œil rageur Kécile, mais celle-ci avait un regard froid et déterminé qui lui rappelait un peu trop son expression ce soir où elle était prête à tuer Sirius. Ce soir où ils avaient pu voir la face cachée de Kécile, l'ancienne Princesse.

- Très bien, marmonna-t-elle à contre cœur. Mais n'en profite pas pour me faire faire des choses ridicules.

- Non, je vais essayer de te faire faire des choses que tu ne voudrais pas faire... mais pas ridicules. Je ne crois pas que Viktor essaierait de te faire faire le tour du lac en chantant « God save the Queen »...

Hermione pâlit légèrement en comprenant ce que Kécile sous-entendait.

- Les garçons, mettez-vous dans le coin là-bas et ne bougez pas, ne parlez pas, demanda-t-elle. Pour commencer, Hermione, tu vas essayer de ne penser à rien. Ferme les yeux et essaie juste de sentir ma présence. Et cette présence doit être dérangeante. Je suis là, en face de toi, baguette à la main, tu es désarmée et tu ne peux rien faire. Tu ne sais pas ce qui t'attend. Je peux te faire n'importe quoi. Une fois que ce sort t'atteint je peux te faire sauter par la fenêtre – non, garde les yeux fermez Hermione- je peux t'ordonner de te blesser, ou d'attaquer Ron, même peut-être de le tuer...Est-ce que tu ressens la menace que je représente pour toi, maintenant ?

- Oui, murmura Hermione, les yeux fermés, mais légèrement angoissée.

Elle sentait maintenant tous ses sens en éveil, et son esprit étrangement alerte.

- Parfait. Je vais maintenant m'introduire dans ton esprit. Tout va te sembler très facile tout d'un coup. Tu dois avoir peur de cette sensation. C'est là que je vais pouvoir te faire faire tout ce que je veux. Garde ta peur, n'oublie pas que je suis dangereuse. Dès que la moindre pensée te vient, tu dois t'accrocher à elle. Sinon, je peux te demander de tuer Harry. Impero

Kécile sentit l'habituelle sensation de puissance la traverser lorsqu'elle pénétra la volonté de Hermione . Néanmoins, elle savait qu'il ne fallait pas qu'elle s'y attarde. C'était dangereux et ce n'était vraiment pas le but de la manœuvre. L'esprit d'Hermione était nettement plus facile à diriger que celui de Severus. Au début, elle put faire ce qu'elle voulait de sa camarade : lui ordonner de lui donner sa baguette, se pencher par la fenêtre … Déjà cependant, elle sentit une légère résistance. Puis elle lui ordonna de récupérer sa baguette et de lancer un sort de mutisme à Ron. Elle s'exécuta, elle lui demanda ensuite de faire subir le même sort à Harry, puis de leur lancer un sort de chatouille, de jambancoton, puis un petrificus totalus... Progressivement, Hermione tentait de résister, mais ces efforts, aussi louables soient-ils n'étaient pas suffisants.

Kécile finit par lever son sort, préférant faire le point avec Hermione avant de réitérer l'essai. Elle libéra les deux garçons qui se relevèrent en grommelant.

- Tu ne nous avais pas prévenu que nous servirions d'appâts... pesta Ron.

- Ce sera bien plus efficace si elle sait que je peux vraiment lui demander de faire des choses horribles que si on fait semblant.

- Ta méthode pédagogique fait vraiment froid dans le dos, Kécile, marmonna Harry

- De toute manière, tu ne lui demanderais pas de nous blesser ou de nous tuer... dit Ron d'un ton vaguement incertain

- Tu en ai vraiment sûr ? Interrogea Kécile, l'air goguenard

- Quoi, tu le ferais ?

- Si j'estime que c'est nécessaire, peut-être... répondit Kécile avec un sourire énigmatique.

- Hermione... j'espère que tu vas rapidement maîtriser ce sort...

- C'est le but de la manœuvre, Ron. Bien, on recommence, Hermione.

Kécile lui expliqua comment elle devait se fixer sur ses moments d'hésitation, ou de rébellion, s'accrocher aux pensées parasites.

Une demi-heure plus tard, Hermione avait fait des progrès, mais Kécile considéra que quelques autres séances devraient être nécessaires.

- Je te mettrais à l'épreuve par la suite, sans t'avertir... Une vraie mise en situation, si tu veux.

- Je me demande qui est le plus paranoïaque des deux entre Fol-Oeil et Kécile, marmonna Ron alors qu'ils reprenaient le chemin de la tour Gryffondor. Sans parler du fait qu'ils ont un peu les mêmes méthodes...

xxx

La rentrée de janvier fut mouvementée pour Kécile, mais elle ne s'était jamais sentie aussi bien. Il y eut d'abord sa première leçon de hautbois, dans les appartements de Dumbledore avec un professeur d'une cinquantaine d'années, connaissance de Henri Praslin qui avait le double mérite d'être à la fois sorcier et hautboïste, ce qui semblait très rare.

Kécile découvrit avec effarement tout ce qu'apprendre la musique signifiait, mais ce fut avec vaillance et enthousiasme qu'elle retourna dans son dortoir après son premier cours et recommença ses canards. La préfète de Gryffondor monta même voir qui on étranglait et demanda à Kécile d'insonoriser la pièce pour ne pas ameuter toute la tour.

Il y eut aussi les leçons de duel avec Severus qui reprirent. Ils utilisaient une salle désaffectée des cachots, le professeur craignant trop pour ses affaires personnelles au cours des affrontements qui se révélèrent violents. Ni l'un ni l'autre ne se ménageaient et les sorts vicieux fusaient. Aucun ne le dit à voix haute mais ils retrouvaient avec une certaine exaltation la fièvre du combat, et pour Kécile, cette sensation unique de donner le maximum d'elle-même sans écouter son corps, de toujours se dépasser. Tant qu'il n'y avait pas les cris, la souffrance et les horreurs du massacre, elle réalisa qu'elle aimait vraiment le combat et elle affrontait Severus durant ses séances avec toute la hargne dont elle était capable.

Celui-ci appréciait l'ardeur qu'elle mettait à la tâche et lui enseignait toutes les subtilités, tous les pièges, toutes les tactiques qu'il connaissait. Un autre que lui aurait pu être mal à l'aise de l'ardeur et de la violence que mettait son élève dans ces entraînements. Un autre que lui aurait pu avoir des scrupules à lui infliger des blessures plus ou moins sérieuses qu'elle devait ensuite soigner. Mais il savait très exactement ce qu'ils allaient probablement devoir affronter. Et Kécile avait connu pire. Aussi ne l'épargnait-il jamais, pour son propre bien et mettait de coté le fait que son élève n'avait pas encore 15 ans.

Plus le temps passait, plus il se disait avec satisfaction que ce ne serait pas le premier mangemort venu qui viendrait à bout de la jeune fille. Son entraînement au Manoir du Seigneur des Ténèbres aurait eu au moins cela de bon...

La date du 24 février approchait inexorablement, et malgré ses dires, Kécile n'était pas convaincue que Harry sache vraiment ce que signifiait l'énigme. Entre temps, il y avait eu l'anniversaire de Kécile, événement fêté pour la première fois, et il y eut encore un nouveau scoop de Rita Skeeter (Kécile trouvait cette journaliste un peu trop douée à son goût pour trouver ce qu'il ne fallait pas...) cette fois au sujet de Hagrid. Hermione se jura de trouver comment cette garce s'y prenait pour entendre des choses strictement confidentielles. Parce que le fait était là : elle rapportait des propos strictement vrais et prononcés par les personnes incriminées, parmi un flot d'autres bêtises en tout genre.

Et puis, environ une semaine avant la tâche, Harry arriva un peu paniqué avec une question plutôt compliquée aux lèvres : comment faire pour respirer une heure sous l'eau.

- Tu pourrais peut-être utiliser des bouteilles d'oxygènes, suggéra Ron. Tu sais, ces trucs dont se servent les moldus... Avec un sort d'attraction...

- Impossible, rétorqua Hermione. Il violerait le Code international du secret magique et serait disqualifié. Ce n'est pas possible sans que les moldus le voit.

- La méthode la plus évidente c'est la métamorphose... souleva Kécile.

- Bien sûr, renchérit Hermione, la solution idéale, ce serait de te transformer en sous-marin, ou quelque chose dans ce genre-là. Si seulement nous avions déjà étudié la métamorphose humaine ! Mais on ne l'aborde qu'en sixième année et ça peut tourner très mal quand on ne sais pas bien s'y prendre.

- Voilà pourquoi le tournoi était interdit aux élèves non-majeurs.

- Il va falloir trouver une autre solution. Kécile ? Interrogea-t-elle en regardant sa camarade.

- Je ne vois pas. Je ne suis pas très douée en métamorphose. Et je ne vois pas quelle potion pourrait t'aider... Il en existe bien une pour que tu n'aies plus besoin de respirer pendant un certain laps de temps, mais le problème du coup c'est que tu tombes inconscient... Il en existe une autre qui peut faire que tu as besoin de moins d'oxygène pour tes muscles, mais... Non, vraiment je ne vois pas.

- Je crois que ta seule chance, Harry, c'est d'utiliser un sortilège, conclut Hermione.

- Attends ! S'exclama Kécile. J'en connais un ! Severus l'a déjà utilisé quand il travaillait sur des potions aux vapeurs toxiques, mais...

Elle ferma les yeux et plissa le front dans un effort de mémoire.

- C'est le sortilège de... de... Argh ! Pesta-t-elle, je ne me souviens pas ! Il faut que j'aille lui demander.

Et Kécile fila en direction des cachots. Elle revint cependant un quart d'heure plus tard la mine furieuse et donna un coup de pied rageur dans le fauteuil avant d'hurler :

- Mais quel abruti !

Un instant de silence s'installa dans la salle commune avant que toutes les conversations ne reprennent d'un coup.

- Après qui tu en as comme ça ? Demanda prudemment Hermione.

- Devines ! Severus ! Cracha-t-elle. Il sait parfaitement pourquoi j'ai besoin de ce foutu sortilège. Mais pourquoi aider Potter, hein ? Quand au contraire on peut l'enfoncer un peu plus ! « Si Potter ne peut pas participer à la deuxième tâche, nous sommes au moins sûr qu'il ne pourra pas être blessé » Comment se payer ma tête dans les grandes largeurs ! On va le trouver son sort et si tu pouvais gagner ce deuxième tour, Harry, ça lui montrerait un peu à ce crétin de première classe .

- Tiens il y a encore pas si longtemps, le but était de sortir Harry vivant du tournoi, pas de gagner... ricana Ron.

- La ramène pas, Weasley ! Allez, on va tous à la bibliothèque et c'est bien le diable si on ne trouve pas ce sort à tous les quatre.

Mais malgré toute leur détermination, ils ne pouvaient trouver ce sort nul part. Kécile devenait folle, ayant le nom de ce sort sur le bout de la langue. Mais plus elle cherchait à le retrouver, moins il revenait.

Finalement, la veille de la tâche, ils se trouvaient encore à la bibliothèque, et Kécile s'interrogeait sur l'utilité de tout cela puisque Harry ne serait pas capable d'apprendre le sort en une nuit. Quoique la méthode de l'urgence avait déjà fait ses preuves, alors un peu plus ou un peu moins... Hermione quant à elle ne pouvait croire que pour la première fois de sa vie, la bibliothèque lui faisait défaut.

Mais lorsque Fred vint chercher Ron et Hermione et qu'ils ne revinrent pas, Kécile considéra qu'il fallait se faire une raison. Mrs Pince les chassa de la bibliothèque et Harry insista pour qu'ils emportent autant de livres que possible. Mais à l'approche de minuit, Kécile abandonna :

- Je suis désolée, Harry, mais je crois qu'il va falloir voir le côté positif des propos de Severus. Au moins, on est sûr que tu vas sortir entier de cette tâche.

- Je dois trouver.

- Tu ne trouveras rien, Harry, c'est fini. Je vais me coucher moi, je ne sais pas où sont partis les deux autres mais tu devrais en faire autant. Je suis vraiment désolée, Harry. Bonne nuit.

xxx

Kécile s'était traitée de tous les noms quand Ludo Verpey avait annoncé les résultats des champions. Le sortilège de Têtenbulle ! Elle savait qu'elle le connaissait. Et deux des chamipons l'avaient utilisé. Ce qui pouvait expliquer pourquoi ils n'avaient pas trouvé de livres au sujet de ce sort. Ils étaient probablement déjà empruntés.

Cependant, le plus important, et elle ne savait pas comment Harry s'y était pris, mais c'était qu'il avait réussi une fois de plus.. C'en devenait écoeurant... et il se trouvait premier de la compétition, une nouvelle fois.

Lorsque Kécile se rendit à sa leçon de duel le lendemain, elle ne put résister à la tentation de narguer un peu Severus pour se venger, quand bien même elle ne lui en voulait plus puisque Harry avait pu se passer de son aide.

- Severus, je dois finalement vous remercier pour avoir refusé de me donner le nom du Têtenbulle. Harry a du coup utiliser une technique beaucoup plus originale...

- Vous direz à Potter, Kécile, murmura Severus en se penchant vers elle le regard étincelant de colère, que si je le surprends encore une fois à voler dans ma réserve personnelle, je m'assumerai personnellement qu'il soit renvoyé.

- De quoi parlez-vous, Severus ? demanda Kécile perplexe.

- Ne faîtes pas l'ignorante. Je mettrais ma main au feu que vous l'avez aidé à me voler cette branchiflore. Et que fait-il avec la peau de serpent du cap ?

- Oh ! Je crois que vous faîtes erreur... Je peux vous assurer que Harry ne vous a rien volé. Je reconnais que cette branchiflore provient de chez vous, mais ce n'est pas lui. Et ce n'est pas moi non plus ajouta-t-elle devant le regard incisif du professeur. Quant à la peau de serpent, je ne vois vraiment pas ce qu'il en aurait fait.

- Vous mentez de plus en plus souvent, depuis que vous fréquentez Potter, Miss Gaunt.

- Je ne mens pas ! S'exclama Kécile qui commençait à sentir la colère monter en elle. Vous savez parfaitement que j'aurais le cran nécessaire pour vous avouer en face la vérité.

Ils s'affrontèrent un instant du regard avant que Severus ne murmure :

- Alors, qui était-ce ?

- Promettez-moi que vous ne ferez pas en sorte qu'il soit renvoyé.

- Est-ce là encore un de vos tourw dignes du meilleur serpentard.

- Non. Je peux même vous dire que ce n'est pas un élève.

- C'est un professeur ? S'exclama Severus outré.

- Non plus. Je peux vous l'assurer. Promettez.

Severus poussa un profond soupir et murmura une promesse à contre cœur.

- C'était Dobby , avoua Kécile, l'elfe de maison des Malfoy que Harry a libéré il y a deux ans et qui travaille maintenant aux cuisines. Vous ne pouvez rien reprocher à Harry. Dobby a agi de son propre chef.

Severus ferma les yeux, l'air brusquement fatigué.

- Ce gamin déjouera toutes les probabilités. Et la peau de serpent du cap ?

- Je ne crois vraiment pas que ça ai un rapport avec Harry, Severus.

- Très bien, capitula le professeur. Laissons-là Potter, je voudrais bien pouvoir penser à autre chose que ce gamin insupportable de temps à autre. Allons, montrez-moi ce que vous pouvez faire. Aujourd'hui, je ne vous épargnerai pas.

Kécile eut un sourire narquois. Parce qu'il l'avait épargné auparavant ?

Le samedi suivant avait lieu une sortie à Pré-Au-Lard, et Harry avait rendez-vous avec Sirius. Kécile préféra ne pas les accompagner.

- Tu sais, Harry, la dernière fois que j'ai vu ton parrain, j'étais prête à le tuer. Et il sait pertinemment que je suis proche de Severus... Je ne crois pas que ce soit une très bonne idée qu'on se revoit. Je pense que nous ne sommes pas faits pour nous entendre. Ecoute, ajouta-t-elle en voyant sa mine contrariée. Voilà ce qu'on va faire : je vais vous accompagner jusqu'à la barrière. On verra ce qu'il en pensera, mais je suis à peu près persuadée qu'il ne tiendra pas à m'avoir dans les pattes...

Après avoir fait quelques emplettes, ils se dirigèrent tous les quatre vers l'extérieur du village. Arrivés non loin des montagnes qui dominaient Pré-Au-Lard, ils aperçurent au bout d'une allée un chien noir, les pattes posées sur une clôture.

- Bonjour, Sirius, dit Harry, alors que celui-ci fixait Kécile de son œil mauvais. Est-ce qu'elle peut venir ?

- Je suppose que vous avez un moyen très simple de me faire comprendre si je suis la bien venue ou non.

Un grondement sourd sortit de la gorge du chien. Kécile éclata de rire.

- Tu vois, Harry ! Je te l'avais bien dit ! En tout cas, c'est très clair. Allez, je vous laisse, rejoignez-moi aux trois balais quand vous aurez fini !

Elle songea qu'elle allait faire un tour chez le libraire et qu'ensuite, elle apprécierait bien une bière au beurre tranquille, sans Fudge pour venir la perturber...

xxx

Elle n'aurait très bien su dire comment tout cela avait commencé. Le trio venait de la rejoindre et ils traversaient le village en sens inverse pour retourner vers Poudlard quand des cris hystériques avaient commencé à surgir à droite, puis à gauche, puis devant eux, et même derrière. Des craquements caractéristiques de transplanages, des hurlements et des explosions. Avant qu'ils n'aient vraiment eu le temps de réagir, ils s'étaient retrouvés tous les quatre au milieu d'une bataille. Les professeurs présents et quelques villageois se battaient contre les mangemorts.

C'était mauvais... S'ils mettaient la main sur Harry...

- Vite, Harry, murmura Kécile, afin de ne pas attirer l'attention sur eux, il faut que tu files d'ici, dit-elle en l'entraînant à l'ombre d'un bâtiment. Je ne sais pas ce qu'il fichent mais ça ne serait pas étonnant qu'ils te cherchent.

Ils glissèrent le long des habitations et des magasins, baguettes à la main. Kécile, l'oeil aux aguets, abattit un mangemort qui les avait vu mais n'eut pas le temps de les attaquer. Harry en désarma un autre au moment où ils tournaient à l'angle d'une ruelle. Le temps que le sorcier récupère sa baguette, ils étaient loin. Filez ! Lança-t-elle lorsqu'ils eurent quittés les lieux de la bataille à la sortie du village.

- Et toi ? Demanda Harry.

- Je retourne là-bas. Je peux aider.

- Si tu y vas, nous venons aussi, dit le gryffondor avec son meilleur air buté.

- Harry, je t'en prie, pas d'héroïsme déplacé ! Ameutez le château et les professeurs, ce sera beaucoup plus utile. Je suis formée. Pas vous. Ne vous inquiétez pas pour moi, je les connais sans doute tous, derrière leurs masques, je saurai me défendre. Mais on a besoin de renforts. Grouillez-vous !

Hermione, la plus sensée des trois, entraînait déjà les garçons vers Poudlard qui finirent par la suivre en courant et la dépasser rapidement pour donner l'alerte.

Kécile se précipita à nouveau vers les lieux des explosions. Le gérant de Derviche et Bang faisait rentrer précipitamment tous les élèves à proximité dans son magasin. Elle croisa le barman de la Tête de Sanglier qui abandonnait sa boutique pour venir prêter main forte, tandis que la plupart des clients transplannaient hâtivement. Et derrière son air débonnaire et sa barbe crasseuse, il savait visiblement se défendre car elle le vit faucher un mangemort en pleine course d'un geste sûr.

L'avantage avec les mangemorts, songea Kécile avec ironie, c'est qu'avec leurs masques d'argent, on ne pouvait pas les louper. Ils étaient nombreux. C'était la manique dans le village.

Elle se demanda un instant avec angoisse si son père était là, mais se rassura vite... Il ne participait généralement pas aux combats, laissant faire le travail à ses serviteurs.

Sa petite taille lui permit un moment de rester dans l'ombre. Elle abattit un mangemort aux prises avec Mme Rosmerta qui se battait vaillamment et protégeait avec deux autres sorciers l'entrée de son pub où devaient se trouver bon nombre d'élèves. La sorcière ne regarda même pas d'où venait l'aide et s'attaqua aussitôt à un autre mangemort qui venait de briser une fenêtre et tentait de passer par là. Un instant plus tard, Kécile percuta un mangemort qui déboulait à un angle de rue au même moment qu'elle. Elle se laissa rouler au sol pour éviter le jet violet qui partit aussitôt. Elle chercha refuge derrière une pile de cartons à l'entrée de Honeyduckes qui n'allaient malheureusement pas faire long feu. Un sort de fléchettes lui permit de dégager la voie, au moment où son refuge explosait en un nuage de cendres. Le cri que poussa son adversaire ne lui laissa aucun doute et elle préféra ne pas regarder ce que donnait le résultat. En fonction de ce que son sort avait atteint, les dégâts pouvaient n'être vraiment pas beaux à voir. Toussant et crachant tout ce qu'elle pouvait à cause des cendres qu'elle avait inhalées, Kécile traversa en courant la place centrale du village. Elle n'avait pas fait trois pas en dehors de l'ombre qu'une brusque douleur parcourut son bras gauche. Elle venait de recevoir un sortilège de découpe. Elle se retourna avec un cri de douleur. Elle reconnut aussitôt la carrure imposante du sorcier: Amycus Carrow. Il utilisait toujours la force brute et il lui faisait penser à un taureau lors de ses combats. Elle para ses sorts avec un bouclier-ouragan. Il dut le reconnaître car après un maléfice d'éventrement qu'absorba le bouclier, il changea d'angle de tir.

- Endoloris !

Kécile jeta contre le rayon noir son bouclier qui dévia vers le ciel le sortilège. Elle n'eut que le temps de rouler à terre : le rayon vert de l'avada lui passait au-dessus. Aux vues des sorts que Carrow utilisait, Kécile se dit que Harry n'était probablement pas la seule cible. Elle commença à sentir la peur monter en elle. Quelque chose gigotait dans son estomac. MacGonagal surgit dans son champ de vision et détourna l'attention du mangemort. Le professeur faisait pleuvoir sur lui divers sortilèges aux effets inattendus. Le sorcier était bien trop occupé à se protéger pour prêter attention à Kécile. Celle-ci en profita pour le stupefixier alors qu'il commettait l'erreur de lui tourner le dos. Au diable les principes ! Elle avait apprit à ne pas s'en occuper quand sa vie était en jeu.

Mais elle se sentit brutalement envoyée au sol, avec une violence qui lui coupa le souffle pendant quelques instants. Quelque chose de lourd pesait de tout son poids sur son corps. Elle aperçut avec horreur les yeux jaunes et injectés de sang de Greyback et put sentir son souffle laborieux contre son cou.

- Alors, ma jolie, on joue avec le feu ? On s'amuse à jouer sur le terrain des grands ? Je suppose que ton père ne verrait rien contre que je profite un peu de la situation, puisqu'il veut ta tête... Ça ne doit plus avoir grande importance.

Paniquée, Kécile chercha à tourner son poignet cloué au sol vers son agresseur, mais la poigne de celui-ci était trop puissante et elle sentit avec dégoût les dents du loup-garou se refermer sur la chair tendre de son épaule. « Pitié, non ! Un bon avada bien rapide, mais pas ça ! » hurla-t-elle en silence. Au même instant, une masse noire surgit sur le côté et boula avec Greyback quelques mètres plus loin. Le grand chien noir se débattit et mordit violemment le mangemort à la gorge avant de s'attaquer à un autre mangemort. N'attendant pas que le loup-garou se remette, Kécile le stupefixa et repartit aussitôt dans la bataille malgré sa main un peu tremblante. Quelques craquements de transplanage se firent entendre. Kécile comprit que les professeurs de Poudlard arrivaient. Et il y avait fort à faire. Ce n'était pas quelques mangemorts isolés que le Lord avait envoyé, mais une véritable milice. Ils devaient être au moins une quinzaine.

Alors qu'elle respirait profondément pour garder la tête froide et se remettre de sa frayeur, elle vit Fleur et Cédric un peu plus loin dos à dos avec quatre mangemorts. Elle se précipita à leur rescousse alors qu'une vitrine explosait derrière elle. Un peu plus loin Krum qui en faisait autant. Bien, un bon point pour lui, songea-t-elle.

Malheureusement pour Kécile, ils étaient tombés sur les trois Lestranges. On ne pouvait manquer Bellatrix avec son rire de folle, ni Rabastan avec son attitude bondissante. Le troisième devait être Rodolphus. Quand au petit teigneux, c'était certainement Gibbon, complexé par sa taille, mais d'autant plus redoutable qu'il était discret.

Fleur s'écroula sous un doloris de la folle, tandis que Krum se prenait une profonde entaille au visage, à peine le combat engagé contre Rodolphus.

- Alors, Bellatrix, je t'ai manqué ! Lança Kécile pour détourner l'attention de la mangemort.

- Gaunt ! Cracha Lestrange.

Elle se tourna aussitôt vers la Gryffondor qui lui faisait une proie bien plus délectable.

Kécile aurait bien aimé que les trois champions couvrent ses arrières, malheureusement ils étaient suffisamment occupés avec leurs propres adversaires.

Elle était bien mignonne, mais maintenant, elle faisait comment ? Aux dernières nouvelles, elle n'était pas capable de battre Bellatrix en duel... Sa seule chance était que la mangemort aimait bien jouer avec la nourriture...

xxx

Dumbledore vit arriver dans son bureau un Filius complètement paniqué qui s'exclama d'une voix perçante :

- Albus, les mangemorts attaquent à Pré-au-Lard ! Lança-t-il dans un cri perçant.

Dumbledore se dressa immédiatement, et ordonna d'une voix dure :

- Prévenez tous les professeurs. Il faut protéger les élèves avant toute chose.

Il prit une poignée de poudre de cheminette qu'il lança dans l'âtre et passa la tête dans les flammes vertes.

- Severus !

Son professeur sortait de son bureau, alerté par le bruit du feu.

- Que se passe-t-il, Albus ?

- Prévenez l'ordre. Tout le monde. Pré-au-Lard est attaqué par les mangemorts. Lorsque vous serez sûr que tout le monde a bien reçu l'appel, allez aider Mme Pomfresh, nous aurons sans doute besoin de vos compétences. Non, Severus, devança-t-il en le voyant ouvrir la bouche pour protester. Je ne veux pas vous voir sur le champ de bataille. C'est un ordre.

Et Dumbledore se retira sans attendre les récriminations. Filius était déjà parti, et il put voir par la fenêtre le professeur Sinistra et Burbage courir dans l'allée tandis que Mme Maxime avançait au pas de charge vers les grilles.

- Fumsec, emmène-moi là-bas, s'il-te-plaît.

L'oiseau s'élança dans les airs avec un trille mélodieux tandis que Dumbledore touchait le bout de sa queue et ils disparurent du bureau dans un flamboiement de plumes.

Lorsqu'il atterrit sur les lieux de l'échauffourée, il comprit tout de suite que les adversaires étaient bien plus nombreux que les victimes. Abelforth était aux prises avec deux mangemorts, Minerva et Mme Bibine avec deux autres, le professeur Vector gisait inconsciente un peu plus loin une jambe tordue dans un angle improbable.

- Dumbl...

Le mangemort qui tenta de donner l'alerte n'eut pas le temps d'achever. Il fut stupéfixié et ligoté solidement, et Dumbledore le démasqua d'un coup de baguette. Travers. Il travaillait au ministère... Mais ce n'était pas une surprise.

Alors qu'il se baissait pour éviter un rayon bleu qui fit tomber son chapeau et le consuma littéralement, il vit soudain avec horreur et fureur quatre élèves en sérieuses difficultés face à quatre autres mangemorts. Il abattit sans pitié celui qui venait de tenter de décapiter Cédric Diggory et se tourna vivement lorsqu'il reconnut le cri de Kécile. Celle-ci était sous le joug du doloris de Bellatrix qui semblait bien trop s'amuser pour avoir perçu sa présence. Il la désarma et l'immobilisa en trois coups de baguettes tandis que Fleur et Krum unissaient leurs efforts aidés par Kingsley et Tonks qui venaient de surgir, pour attraper les deux autres mangemorts.

- Les aurors arrivent, Dumbledore, annonça Kingsley lorsque Rodolphus et Rabastan Lestrange furent démasqués.

Le directeur hocha simplement la tête et se pencha vers Kécile.

- Peux-tu te lever ?

- Ça va aller, je crois, dit la jeune fille malgré ses jambes tremblantes.

- Rentre au château. C'est trop dangereux.

- Mais je peux aider ! Protesta la jeune fille.

- L'ordre est sur place, maintenant, dit Dumbledore.

Remus passait devant eux et prenait volontairement pour cible Greyback qui venait de bondir sur le dos d'une femme qui se battait déjà vaillamment contre deux autres mangemort. Sturgis avait entamé un combat sanglant avec un autre mangemort à la stature imposante.

- Emmène les autres avec toi, dit-il en désignant les trois champions qui reprenaient péniblement leur souffle et découvraient l'étendue des dégâts.

Kécile finit par hocher la tête et il la vit se fondre le long des bâtiments pour tenter de passer inaperçue entraînant à sa suite les trois champions.

De toutes manières, les mangemorts commençaient à comprendre que le vent avait tourné. Dumbledore en vit trois transplaner sans autre forme de procès, abandonnant en plein combat Dedalus, Hestia et Emeline.

Madame Maxime venait d'immobiliser un mangemort et était entrain de le pousser à l'écart du combat quand un sort l'atteignit dans le dos. Dumbledore la vit s'effondrer au sol et se retourna vivement pour voir le coupable s'enfuir.

Lorsque les aurors du ministère arrivèrent, les derniers mangemorts encore valides transplanèrent sans demander leur reste. Dumbledore eut le temps d'en abattre un dernier au moment où il amorçait le mouvement, et son masque roula au sol sous le choc. C'était Dolohov. Une bonne prise.

Il fallait espérer que cette attaque surprise aurait au moins permis de neutraliser quelques membres importants.

- Ils cherchaient quelque chose, Albus, dit Minerva en s'avançant vers lui, la mine échevelée, épongeant une vilaine entaille sur son cou.

- Ils cherchaient Harry. Où sont les autres élèves ?

- La plupart ont pu fuir au château et d'autres sont restés à l'intérieur des magasins.

- Occupez-vous de les ramener tous en sécurité au château, faites faire l'appel dans la grande salle que nous soyons certains que personne ne manque. Je vais aider à prendre en charge les blessés.

La femme attaquée par Greyback était entrain de soigner Remus. Dumbledore alla voir le professeur Vector et constata que son cas était sévère mais qu'elle était vivante. Il fit apparaître un brancard puis demanda à Flitwick de l'emmener jusqu'à l'infirmerie. Dedalus allait avoir besoin d'un séjour à Saint-Mangouste, Sturgis aurait sans doute des traces de cette bataille... mais il n'y avait pas de victimes au sein de l'ordre ni des élèves. Il vit en revanche Mme Rosemerta sangloter sur le corps d'un des serveurs des Trois Balais qui avait visiblement perdu la vie en défendant le pub et les élèves à l'intérieur.

Du côté des mangemorts non plus, il n'y avait pas de morts mais sur la bonne vingtaine qui avaient attaqué, dix avaient été capturés : Bellatrix et Gibbon, dont Dumbledore s'était occupé personnellement, Travers, qui avait tenté de donner l'alerte, Dolohov, qui avait essayé de fuir, les deux frères Lestranges, sutpéfixiés par Tonks et Kinglsey. Jugson fut retrouvé à l'angle d'une ruelle à moitié mort, le torse criblé de fléchettes d'acier, et il ferait sans doute un passage à Saint-Mangouste avant Azkaban. Rookwood avait été abattu par Hestia, Emmeline et Dedalus (ce dernier allait d'ailleurs en payer les conséquences), et deux autres, Rowle et Mulciber, arrêtés par les aurors.

- Dumbledore !

Le directeur se tourna vers Remus, le bras maintenant en écharpe. Il se tenait auprès de Madame Maxime avec la femme qu'il avait aidé et qui l'avait soigné en retour. Celle-ci sembla troublée en voyant le vieil homme approcher, mais retourna rapidement sa concentration sur la directrice de Beauxbâtons.

- Elle a subi un puissant maléfice de magie noire, dit-elle d'une voix un peu tremblante. Je crois qu'elle ne doit sa vie qu'à sa qualité de demi-géante... N'importe qui d'autre y aurait succombé.

Il l'entendit marmonner un sortilège runique accompagné de sa baguette, et une fumée noire commença à s'échapper doucement du corps de la victime. Comprenant ce qu'elle faisait, Dumbledore l'imita et ils parvinrent à épurer le corps de Mme Maxime. Dumbledore fit ensuite apparaître un brancard.

- Je l'emmène à l'infirmerie, dit-il. Elle aura besoin des potions de notre professeur... Venez avec nous, Mme Pomfresh pourra vous soigner, vous aussi, fit-il en désignant une blessure à la tête qui tâchait les cheveux blonds de la femme.

- Je vous remercie, monsieur, mais je pourrai m'en charger moi-même. Je crois que votre infirmière aura bien assez de patients comme cela.

Dumbledore hocha la tête, puis lui demanda son nom tandis qu'il faisait léviter le brancard.

- Madame Maxime vous doit très certainement la vie.

- Je suis Lucile de Visnel.

- Vous êtes Mlle de Visnel d'Haves ?

- De Visnel suffira, fit-elle avec un sourire. Je vois que Mme Maxime vous a transmis ma candidature. C'est bien aimable à elle. Si vous voulez bien nous envoyer de ses nouvelles à Beauxbâtons, nous serons tous soulagés. J'y retourne de ce pas.

La femme les salua et transplana.

Les derniers membres de l'ordre du phénix les rejoignirent, certains soutenant d'autres, et Remus, malgré son bras blessé aida Tonks qui boitait et marchait presque à cloche-pied.

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Severus avait tourné comme un fauve en cage pendant vingt minutes, avant de voir les premiers blessés arriver. Parmi eux, Kécile, soutenue par le professeur Chourave, s'effondra sans cérémonie sur un lit. Severus se précipita vers elle pour l'examiner. Son bras gauche était tailladé d'une plaie béante qui expliquait la robe imbibée de sang et aux vues de la profondeur de la blessure, des muscles avaient certainement été endommagés. Son épaule droite était marquée d'une trace de morsure qui avait mauvaise mine, et elle souffrait également de quelques légères contusions au crâne. Sans parler de ses tremblements convulsifs. La retombée de l'adrénaline sans aucun doute, mais...

- On vous a lancé le doloris, Kécile ? Demanda Severus tout en s'attaquant stopper le sang qui coulait toujours de la blessure au bras.

- Oui. Bellatrix. Elle était là avec les autres, dit-elle d'une voix hachée. Ils étaient nombreux. Et ce n'est pas des débutants qu'il a envoyé.

- Vous avez été folle de vous lancer comme cela dans la bataille, gronda-t-il.

- J'en ai abattu au moins deux. Je savais ce que je faisais. Vous m'y avez entraîné, fit elle avec un grimace tandis que Severus passait sa baguette au-dessus de la plaie pour la refermer partiellement.

- Qui vous a fait ça ?

- Un Mangemort.

Severus leva les yeux au ciel.

- Je m'en doute ! Vous devez vraiment être affaiblie pour me répondre une imbécillité pareille.

- Je crois que c'était Amycus, répondit Kécile d'une voix faible en fermant les yeux.

- Ne vous endormez pas ! S'exclama Severus. Buvez-moi ça avant, dit-il en lui tendant une potion qui lutterait contre les effets dévastateurs du doloris et une seconde qui aiderait à rétablir son muscle lacéré. Vous n'allez plus pouvoir vous servir de votre bras pendant quelques jours.

Kécile ne semblait pas vraiment s'en préoccuper. Apparemment, tout ce dont elle rêvait c'était qu'on lui fiche la paix et qu'on la laisse dormir.

Les blessés étaient nombreux, certains cas assez sévères comme celui du professeur Vector, Podmore ou Diggle que Mme Pomfresh avait envoyé à Saint-Mangouste aussitôt son état stabilisé. Parmi les élèves, beaucoup étaient en état de choc. La préfète en chef de Serdaigle mettrait elle-aussi quelques jours avant de pouvoir quitter l'infirmerie. La championne française avait apparemment essuyé le doloris de Bellatrix, mais les autres n'avaient au final que des blessures relativement légères.

Fudge vint faire un constat. Après la bataille, bien sûr. Le ministère ne se mouillait pas. Enfin songea Severus, il n'était probablement pas très juste, car les aurors avaient apparemment permis de mettre fin à la bataille.

- Un joli coup de filet que nous avons fait là ! Pérorait cependant l'insupportable personnage. Dix mangemorts capturés et pas des moindres ! Cette fois, je crois que leur groupe est définitivement maté.

- Comment pouvez-vous imaginer cela un instant, Cornelius ! S'indigna Dumbledore. Ne venez-vous donc pas d'avoir la preuve que Voldemort est toujours actif ? Cette attaque avait un but bien précis. Je suis persuadé qu'ils cherchaient Harry Potter.

- Oh, cela, je vous l'accorde, Albus. Ils devaient probablement s'imaginer qu'une sortie à Pré-au-Lard était le meilleur moment pour mettre la main sur le jeune homme. Peut-être voulaient-ils simplement venger leur maître, peut-être imaginaient-ils faire quelque pratique de magie noire avec le gamin qui aurait permis le retour de leur Maître. Mais je ne crois vraiment pas que cela aille plus loin, Albus. Dommage que nous n'aillons pas remis la main sur Black. Enfin... Vous m'excusez, Albus, mais je dois retourner au ministère pour une conférence de presse. Cet événement fera la une des journaux demain matin !

Seveurs eut le privilège d'apercevoir le directeur un instant ahuri, avant qu'ils n'échangent un regard désabusé