Je l'excuse pour mon long silence dû à la rentrée...
Je dois également vous annoncer que la rédaction de cette histoire est en pause jusqu'aux vacances de Nöel, car je passe tout mon temps libre à pratiquer l'anglais sous toutes ses formes.
Il reste encore un chapitre en réserve, le dernier de cette quatrième partie.
Le ton change dès ce chapitre et nous embarquons pour la période la plus sombre de la vie de Kécile.
Certains se demandaient si et comment j'allais intégrer Kécile à la scène du cimetière, et bien voici...
Chapitre LIX:Le sommeil du Maître
Coup de filet chez les mangemorts
Hier après midi, alors que les élèves de Poudlard jouissaient d'une journée de liberté au village de Pré-au-Lard, leur plaisir fut entaché par un événement qui aurait pu tourner à la tragédie. Surprenant tout le monde, une vingtaine de mangemorts a attaqué le village.
Témoignages de villageois encore sous le choc:
« Ils ont débarqués presque tous en même temps, en quelques minutes à peine dans tout le village. L'un d'entre eux à ordonner aux autres de fouiller les trois balais. Ils cherchaient quelque chose »
« Ils étaient effroyables avec leurs masques inhumains. Mais apparemment, ils ne voulaient pas perdre de temps, ils n'ont pas vandalisé gratuitement, et ils ignoraient les gens qui se cachaient. Mais plusieurs commerçants ont été gravement blessés en tentant d'interdire l'intérieur de leurs magasins où s'étaient réfugiés des élèves de Poudlard. »
« Nous avons protégé des élèves à l'intérieur du Bar, dit Mme Rosemerta, la patrone du célèbre pub les Trois Balais. Des mangemorts voulaient à tout prix y pénétrer, et ce cher Sébastien à perdu la vie en les en empêchant. »
Sébastien Plunge aura été l'unique victime de cet échauffourée qui aurait pu être bien plus dramatique avec la présence des élèves de Poudlard dans le village.
Les secours sont arrivés rapidement d'abord, de l'école puis de membres extérieurs et la débandade des mangemorts a été complète à l'arrivée des aurors. Aidés des villageois et de quelques élèves de Poudlard, dix mangemorts ont été capturés :
Bellatrix Lestrange, échappée durant son transfert à Azkaban après son procès en 1983, tout comme son mari Rodolphus Lestrange et le frère de celui-ci, Rabastan Lestrange ne seront désormais plus en cavale.
Augustus Rookwood, qui travaillait jusqu'à présent en temps que Langue de Plomb au ministère a été découvert derrière le masque des Mangemorts.
Antonin Dolohov, et Travers, introuvables depuis la chute de Seigneur Noir sont enfin derrière les barreaux d'Azkaban.
Même sort pour Mulciber, convaincu d'avoir soumis divers membres du ministère à l'Imperium il y a une quinzaine d'années.
Thorfinn Rowle, disparu depuis 17 ans et supposé mort, a apparemment retrouvé une seconde vie dans les rangs mangemorts, mais finira ses jours auprès des détraqueurs.
Jugson, employé au ministère au service des oubliators, a révélé son vrai visage derrière le masque argenté.
Gibbon, jugé lui aussi en 1983 mais libéré sous caution, a montré qu'il n'avait rien oublié de ses anciennes pratiques et subira dorénavant la même peine que les autres accusés.
Un joli coup de filet, donc pour le ministère qui a démantelé une bonne partie de l'ancien réseau avec bon nombre d'anciens mangemorts importants.
Cependant, nous pouvons nous inquiéter de ce que signifie cette attaque. Les témoignages des villageois indiquent qu'ils cherchaient quelqu'un. Des bruits courent que Harry Potter était la cible principale. Alors que croire ? Pourquoi les mangemorts qui jusque là n'ont attaqués que par petits nombres, gratuitement, la nuit, dans des coins reculés et préférablement peuplés de moldus ont-ils cette fois attaqué un village sorcier en plein jour ?
« Le ministère doit ouvrir les yeux, déclare un auror qui préfère garder l'anonymat. Depuis trois ans, nous avons affaire à une recrudescence des attaques de mangemorts qui sont toujours parfaitement organisées. Il faut accepter de voir que Celui-Don-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est entrain de préparer son retour. »
Interrogé sur le sujet, le Minsitre de la Magie, Cornelius Fudge déclare au contraire :
« Depuis la chute de Vous-Savez-Qui, nous avons régulièrement affaire à ce genre de troubles. Ils nous étaient difficile de les endiguer car les meneurs nous échappaient toujours. Aujourd'hui, trois des principaux chefs des rangs mangemorts, à savoir Lestrange, Dolohov, et Rookwood sont derrière les barreaux. Et tous les autres sont des membres importants de la secte. Je pense donc pouvoir dire sans trop m'avancer que nous avons porté un coup fatal, du moins sévère à l'organisation. Je ne pense pas qu'ils recommenceront de sitôt et si d'aventure ils retentent une offensive, nous serons préparé comme cette fois pour capturer d'autres coupables. Nous avons accomplis un grand pas vers le démantèlement de ce dangereux groupe. »
Dumbledore replia la Gazette avec consternation et retourna à ses œufs aux lards. Cela ne valait vraiment pas la peine de les laisser refroidir pour les imbécillités de Fudge. Quand est-ce que cet idiot accepterait donc les choses telles qu'elles étaient !
La salle des élèves grouillait de conversations plus ou moins excitées, mais une certaine fébrilité parcourait les maison, en raison principalement de l'absence de quelques personnes.
Dumbledore se leva pour faire une annonce et le silence se fit aussitôt parmi les élèves.
Il leur adressa un sourire rassurant avant de déclarer.
- Je pense qu'aucun d'entre vous ignore les événements d'hier durant la sortie de Pré-au-Lard. Fort heureusement, aucune victime n'est à déplorer parmi les habitants du château. Nous prendrons néanmoins les mesures nécessaires pour assurer une sécurité renforcée durant les prochaines sorties, ainsi qu'un moyen d'alerter immédiatement les professeurs restés aux château. Je dois remercier certains élèves parmi vous qui ont fait preuve d'un courage et d'une loyauté exemplaire pour protéger leur camarade. Tout d'abord, j'accorde 40 points à Miss Sayku notre préfète de Serdaigle, qui pourra rejoindre ses camarades mercredi. J'accorde également 40 point à notre préfet en chef, Mr Boulg de Gryffondor pour avoir assuré la sécurité des élèves aux trois balais et aidé Mme Rosermerta à tenir les mangemorts à distance. 40 points également à Cédric Diggory qui s'est battu vaillamment contre de redoutables adversaires. 40 points enfin à Kécile Gaunt qui a également abattu plusieurs mangemorts notoires. Pour terminer, je ne peux leur donner des points puisqu'ils ne font pas partie de notre école, mais je tiens à remercier très sincèrement et chaleureusement M. Victor Krum et Mlle Fleur Delacour pour leur vaillant combat auprès de Mr Diggory. Ils ont essuyé de rudes blessures pour protéger nos élèves. Je profite aussi de cette annonce pour rassurer les élèves de Beauxbâtons quand à l'état de votre directrice. Elle se réveillera probablement dans la matinée et vous adressera elle même un mot cet après-midi, ou au plus tard demain. Nous espérons tous qu'elle sera rapidement sur pied. Merci de votre attention et bonne journée à tous.
Comme Mme Pomfresh l'avait prévu, Mme Maxime se réveilla en fin de matinée, encore fragile physiquement, mais l'esprit alerte. Dès qu'il apprit son réveil, Dumbledore se rendit à son chevet.
- Je suis heureux de voir que vous allez mieux, ma chère Madame Maxime.
- Oui, Mme Pomfresh m'a expliqué que j'avais eu beaucoup de chance. Elle a parlé d'un de mes professeurs qui a su intervenir suffisamment tôt et efficacement pour m'éviter des séquelles. Qui est-ce ?
- Mlle de Visnel. Elle semble comme vous l'aviez dit douée en sortilèges.
- Oh, c'est une perle, mon cher Dumbledore. Mais je me demande bien ce qu'elle faisait là... Je vous parierais qu'elle a eu une prémonition.
- Vraiment ? Fit Dumbledore qui ne put cacher son air dubitatif.
- Et bien, je lui demanderai... mais je vous assure qu'elle a parfois des visions qui se révèlent tout à fait justes. Il faudra que je pense à la remercier.
- Vos élèves sont inquiets pour vous, Madame Maxime. Pourrez-vous leur adresser un mot ?
- Si votre dragon me laisse partir cet après-midi, ils se trouveront tout à fait rassurés.
- Fort bien ! Mlle Delacour a bien récupéré des sorts qu'elle a reçu, elle-aussi. Toute cette histoire se termine donc bien. Je dois dire que nous avons eu beaucoup de chance...
Kécile put retourner en cours le lundi, même si son bras gauche était toujours en écharpe et la lançait parfois assez douloureusement. Mais elle ne se plaignait pas trop. Elle était consciente d'avoir eu de la chance. Et les cours de Severus avaient porté leurs fruits.
A quelque chose malheur est bon, les trois filles du dortoir furent absolument ravies qu'elle soit obligée de laisser son hautbois dans sa boîte.
Au cours du rétablissement de sa camarade, Hermione eut quelques soucis avec des lectrices idiotes de la Gazette qui avaient pris pour argent comptant les bêtises de Skeeter à son sujet. Les garçons étaient de l'avis de laisser couler, mais la vindicte d'Hermione fut ravivée et elle commença à envisager toutes les solutions possibles et imaginables qui auraient pu permettre à cette journaliste de malheur d'en savoir trop. Kécile hésitait sur ce qu'elle devait penser. D'un côté, si Hermione pouvait l'arrêter, c'était l'idéal, mais de l'autre si Skeeter commençait à aller fouiner sur son propre compte... Hermione se fichait peut-être de ce que la journaliste pouvait dire sous prétexte que ses parents étaient moldus et ne lisaient pas la Gazette ou Sorcière-Hebdo. Kécile, elle, n'aurait pas aimé du tout qu'on s'intéresse à ses parents, justement...
Le lundi midi, après le cours d'étude des moldus (Susan lui avait d'ailleurs rapporté quelques détails croustillants des alcoves de la justice magique... Apparemment, un certain nombre d'employés étaient dans les ennuis jusqu'au coup pour avoir fourni des informations sans le savoir à Rookwood.), Kécile était à la table des gryffondors dans la grande Salle et bataillait pour couper son roast-beef avec une seule main, lorsque ses amis revinrent du cours de Soins aux Créatures Magiques.
- Je ne savais pas que l'or des farfadet disparaissait, grommelait Ron d'un air boudeur en s'asseyant à côté d'elle. Je croyais que je t'avais remboursé, ajouta-t-il à l'adresse de Harry. Tu n'aurais pas dû m'offrir ce chapeau des Canons de Chudley pour Noël.
Kécile se décida à sortir sa baguette.
- N'y pense plus, d'accord ? Dit Harry.
Un sort de découpe devrait faire l'affaire.
- J'ai horreur d'être pauvre.
- Ecoute, Ron, dit Kécile, je comprends ton désarroi, mais tu sais, moi ça fait deux ans que je vis de la charité de Dumbledore et de Severus, et je n'en fais pas tout un plat. Tu as ton propre argent au moins. Les cadeaux que j'ai fait à Noël, c'est avec l'argent que m'a donné Dumbledore. Tu vois si c'est glorieux...
Ah, elle n'avait pas prévu que la sauce giclerait comme ça. Maintenant, elle était décorée.
- Tergeo.
Hum... Les sorts de ménage n'étaient vraiment pas son fort. La prochaine fois qu'elle irait chez Mrs Weasley, il faudrait qu'elle lui demande de l'aider à les travailler.
Les semaines défilèrent sans heurts jusqu'aux vacances de Pâques. Kécile reprit son hautbois et ses leçons. Le professeur disait qu'elle avançait bien. Lavande et Parvatil réclamaient un sort d'insonorisation, Hermione fuyait à la bibliothèque quand elle travaillait, pour ne pas en rajouter. Parfois, Kécile allait donc travailler dans les appartements de Dumbledore. Et Dumbledore lui aurait bien suggéré d'aller travailler dans le parc, si ça n'avait pas été qu'il ne tenait pas à ce qu'elle soit seule dehors, et devienne une proie facile pour Karkaroff. Alors, en désespoir de cause, il fermait soigneusement la porte et jetait en cachette un sort d'impassibilité sur la porte et les murs. Pour se consoler, il se disait qu'au moins cela avait l'air de lui plaire...
Le 24 mai, Harry fut convoqué pour avoir des informations supplémentaires au sujet de la dernière tâche du tournoi. Et Kécile attendait impatiemment avec Ron et Hermione de savoir quel sot on lui réservait, lorsque Harry revint une bonne heure plus tard, l'air perturbé.
- Harry, ça va ? Demanda Hermione.
- Je ne sais pas, répondit Harry. Il faut que je vous raconte quelque chose. Il s'est passé un truc vraiment louche après que Ludo Verpey nous ait expliqué en quoi consiste la dernière tâche. Krum a demandé à me parler... à... à ton sujet Hermione.
Ron tourna aussitôt une tête soupçonneuse vers Hermione.
- Et là, on a vu surgir de la forêt interdite Bartemius Croupton.
- Mais, il n'est pas censé être malade ? Demanda Hermione
- Oh, il l'était, ça ne fait aucun doute. Il avait même l'air fou. Il parlait à tort et à travers. Je suis allé chercher Dumbledore. Et tu ne m'empêcheras pas de dire ça, Kécile, mais si ton imbécile de Severus n'avait pas décidé de m'enquiquiner une fois de plus, on serait peut-être arrivé à temps. Bref, j'ai fini par trouver Dumbledore, et quand on est retourné là-bas... on a trouvé Krum stupéfixié et Croupton... disparu.
- Hein ?
- Krum a dit que c'était Croupton qui l'avait agressé, mais... apparemment, il lui tournait le dos... en tout cas, c'est très bizarre. Et Dumbledore était très inquiet.
- Ça n'a pas de sens ! Pourquoi Croupton aurait-il attaqué un champion et se serait enfui s'il voulait voir Dumbledore ? S'exclama Kécile.
- C'était comme une urgence pour lui, souligna Harry. Presque vital, tu vois. J'aurais dû le conduire directement à Dumbledore. Mais j'avais peur de perdre du temps. Il avait tellement l'air faible et mal en point...
- Il n'y a que deux possibilités, dit Hermione en se frottant le front comme si cela pouvait faire surgir une explication. Ou bien c'est Mr Crouptin qui a attaqué Viktor ou bien c'est quelqu'un d'autre qui les attaqués tous les deux pendant que Viktor regardait ailleurs.
- C'est sûrement Croupton, affirma Ron. C'est pour ça qu'il n'était plus là quand Harry et Dumbledore sont arrivés. Il avait déjà fichu le camp.
- Je ne crois pas, répondit Harry. Il avait l'air très faible. Je ne pense pas qu'il ait été en état de transplaner ou de faire quoi que ce soit.
- On ne peut pas transplaner dans l'enceinte de Pouldard, combien de fois faudra-t-il que je vous le répète.
- Le transplanage n'est pas le problème en soit, rétorqua Kécile. Il aurait suffi qu'il s'enfonce un peu dans la forêt pour quitter les protections. Mais pourquoi aurait-il fait ça ?
- Attends, j'ai une autre théorie, s'exclama Ron. C'est Krum qui a attaqué Croupton et ensuite, il s'est stupéfixié lui-même.
- Et Croupton s'est volatilisé, c'est ça ? Répliqua Hermione d'un ton dédaigneux.
- Ouais, bon...
Il y eut un moment de silence tandis que tout le monde réfléchissait, puis Hermione demanda :
- Harry, qu'est-ce qu'a dit Croupton exactement ?
- Ça n'avait pas beaucoup de sens. Il disait qu'il voulait avertir Dumbledore de quelque chose. Il parlait de Bertha Jorkins comme si elle était morte. Il n'arrêtait pas de répéter que c'était sa faute... Il parlait aussi de son fils.
- Ça, c'était vraiment sa faute ! Répliqua Hermione.
- Il avait perdu l'esprit, poursuivit Harry. La moitié du temps, il semblait penser que sa femme et son fils étaient toujours vivants et il s'adressait à Percy pour lui parler travail et lui donner des instructions. Et puis, il paraissait plus lucide quand il parlait de Voldemort, en disant qu'il devenait plus puissant. Il avait du mal à aligner deux mots, mais c'était les seuls moments où il avait l'air de savoir où il se trouvait et ce qu'il voulait faire. Il répétait sans cesse qu'il devait absolument voir Dumbledore.
- Il y a des éléments qui ne trompent pas, réfléchit Kécile. De ce que tu en dit, il savait de quoi il parlait, Harry, j'en suis convaincue. Il était conscient que Voldemort est en train de préparer quelque chose et il voulait voir Dumbledore. Il devait savoir quelque chose. Il devait y avoir un troisième personne ce soir-là qui le suivait et qui a agressé Viktor pour kidnapper Croupton. Et Bertha Jorkins... Il disait qu'elle est morte ? Dumbledore est persuadé qu'elle l'est et d'après lui ce serait l'oeuvre de Voldemort ou de ses mangemorts. En quoi était-ce sa faute, par contre ?s'interrogea-t-elle songeuse. Et quel est le rapport avec son fils ? Si on en croit Sirius, il est mort depuis belle lurette.
- Je pense qu'il devait éprouver du remord et dire que c'est de sa faute s'il est mort lui aussi. Ou peut-être que c'est de sa faute qu'il soit devenu mangemort.
Kécile acquiesça.
- Tu dois avoir raison. Mais à mon avis, il en savait trop sur quelque chose. Comment, alors qu'il travaille dans un ministère qui se voile les yeux, c'est là la question... Et qui l'a attaqué ?
- C'était peut-être un mangemort, suggéra Hermione.
- Un mangemort ? Dit Kécile. Qui entrerait dans Poudlard sans que Dumbledore le sache ? J'ose espérer que ce n'est pas possible.
- Et pourquoi, si l'agresseur est lié à tu-Sais-Qui, ne s'en est-il pas pris aussi à Harry ? Demanda Ron.
- Il est peut-être arrivé une fois que tu es parti, Harry. Et il a dû filer juste après avoir agressé Viktor, suggéra Kécile.
- Le timing a dû être serré, fit remarquer Ron.
- Si Rogue ne m'avait pas retenu, dit Harry d'un ton amer, on aurait peut-être pu arriver à temps.
- Peut-être qu'il ne voulait pas que tu voies Dumbledore, s'exclama Ron. Peut-être que... attends... A ton avis, combien de temps il aurait fallu pour aller jusqu'à la forêt ? Tu crois qu'il aurait pu arriver là-bas avant vous ?
- Ron ! s'écria Kécile en lui lançant un regard noir. Laisse Severus un peu tranquille, tu veux !
- De toute manière, il n'aurait pas pu, répondit Harry. A moins de se transformer en chauve-souris...
- Ça ne m'étonnerait pas de lui, marmonna Ron.
Kécile ne put s'empêcher de rire discrètement en imaginant le tableau, même si les soupçons de Ron l'agaçaient.
A la suggestion d'Hermione, ils se rendirent au bureau de Maugrey durant la récréation du matin. Kécile n'aimait pas beaucoup le professeur, même si elle devait reconnaître que c'était un bon enseignant. Elle avait l'impression qu'il l'observait souvent avec un œil mauvais et de savoir qu'il l'aurait bien laissée derrière les barreaux d'Azkaban n'aidait pas à ce qu'elle se sente à l'aise en sa présence.
Dumbledore avait demandé au vieil auror de chercher Croupton, mais il n'avait rien pu trouver et n'était pas plus avancé qu'eux. Apparemment, le ministère était lancé sur l'affaire. Il leur conseilla de ne pas chercher une fois de plus à jouer les détectives, mais de plutôt se concentrer sur la troisième tâche.
Hermione, Ron et Kécile, s'attelèrent donc à faire apprendre à Harry le maximum de sorts possibles durant le mois qu'il restait avant la dernière tâche. Hermione avait trouvé un sort qui lui serait bien utile, Pointe au nord, qui agissait comme une boussole. Kécile lui apprit aussi quelques sorts de guérison de bases pour endiguer le saignement d'une plaie, par exemple, ou faire un bandage de fortune. Mais celui-ci, Harry n'arrivait pas à le mettre en pratique.
Kécile avait l'impression que tout le monde vivait dans un stress ambiant permanent, et trouvait cela très fatiguant. Elle appréciait d'autant plus les leçons de hautbois qui lui permettaient de penser complètement à autre chose.
Le professeur Colins fit une grimace.
- Vous n'avez pas l'impression d'oublier quelque chose, Miss ?
- Ah, oui, ces fichus dos dièses ! Il n'existe pas un sort pour les mettre automatiquement, demanda-t-elle en plaisantant.
- Je ne crois pas, non, répondit Mr Colins en souriant. La magie n'est pas d'une grande aide en musique.
- Oui, le professeur Dumbledore dit que c'est parce que la musique est elle-même une autre forme de magie.
- C'est très poétique. Et je ne peux que lui donner raison. Bien, malgré cela, il va falloir que vous me rejouiez cette phrase avec le do dièse, Miss...
Mr Colins trouvait réellement que ses progrès étaient tout à fait convenables. Mais les filles du dortoir trouvaient aussi qu'elle jouait toujours avec un abominable son de canard. Et apparemment, Dumbledore, s'il ne le lui disait pas, n'en pensait pas moins. Elle s'était rendue compte la semaine dernière qu'il posait des sorts pour ne pas l'entendre quand elle venait chez lui.
Avisant le parc, avec le soleil magnifique de ce mois de juin, Kécile prit la décision d'aller travailler tranquille sous un arbre. Au moins, elle ne dérangerait personne si elle s'éloignait suffisamment du carrosse de Beauxbâtons.
Dumbledore vit par la fenêtre de son bureau une silhouette bien reconnaissable, une mallette noire à la main, s'éloigner dans le parc. Se dressant aussitôt, il comprit que la jeune élève avait l'intention d'aller travailler son instrument dans le parc. L'imprudente ! Il lui avait pourtant demandé de ne pas aller seule dans le parc...
Dumbledore ferma son bureau et arpenta d'un pas vif les couloirs du château, provoquant quelques murmures curieux des portraits sur son passage. Il suivit dans le parc la direction qu'il avait vu prendre par la jeune fille. Mais lorsqu'il eut dépassé le carrosse de Beauxbâtons, il sut qu'il arrivait trop tard. Au loin, Kécile, jouait, le pupitre ouvert devant elle, et le vent apportait par bribe des échos de son morceau. Mais derrière elle une silhouette noire se dressait.
- Kécile ! Hurla-t-il.
Il était trop loin pour agir. Mais il put voir le sort partir, et la silhouette fila sans demander son reste. Il n'eut pas le temps de la rattraper. Lorsqu'il arriva auprès de son élève, Kécile gisait sur le ventre, les yeux clos, inerte et sans souffle, le pupitre effondré et le hautbois abandonné dans l'herbe.
Dumbledore songeait qu'il n'aurais jamais dû mettre ces sorts de silence sur son salon quand Kécile venait y travailler . Ça aurait évité cet événement dramatique. Il aurait mille fois préféré supporter les canards de l'enfant plutôt que de la voir sans vie dans ce lit blanc.
Severus l'examinait depuis un bon quart d'heure pour essayer de déterminer quel sort pouvait bien être cause de son état. Mme Pomfresh s'était trouvé désarmée et lui-même avait dû avouer son impuissance. Elle ne donnait aucun signe de vie, mais elle n'était pas morte. Son esprit n'était pas fermé, mais ils ne pouvaient y accéder. Ils retrouvaient aussitôt expulsés par une force étrangère.
- Je crois savoir ce qu'il se passe, dit enfin Severus.
Et en disant ces mots, il était très pâle.
- Ceci est la preuve qu'en dépit de tout ce qu'elle peut dire ou penser, le Seigneur des Ténèbres garde encore une forte influence sur elle. Je crois qu'elle est victime de ce qu'on appelle le Sommeil du Maître. Le nom de ce maléfice vient du fait qu'il ne prendra effet que si la victime considère celui qui dirige son sommeil comme son Maître. Et si c'est le cas, Voldemort a sa vie entre ses mains. Je n'ai connu qu'une seule personne victime de ce sort.
- Qui était-ce ?
- Gwendoline Grunt.
Dumbledore fronça les sourcils. Décidément, ce nom revenait sans cesse sur le chemin de Kécile.
- C'est d'autant plus ironique que c'est elle-même qui a crée ce sortilège... Une expérience rien de plus, mais quelques années plus tard, elle a servi de cobaye... et en est morte.
- Que fait donc ce sortilège ?
- Il contrôle son esprit à distance. Kécile va vivre en pensée avec le Seigneur des Ténèbres jusqu'à que celui-ci décide de la libérer... ou de l'éliminer.
- Je doute que Voldemort soit venu spécialement pour lui lancer ce maléfice, Severus.
- N'importe qui considérant le Lord comme son maître peut la lier à son esprit.
- Poudlard devrait la protéger de ce genre d'attaque ! S'exclama Mme Pomfresh
- J'imagine que pour n'importe qui d'autre, ce serait le cas. Mais il s'agit de sa fille, soupira Dumbledore.
- Mais pourquoi ne pas simplement l'avoir tué ? Demanda Mme Pomfresh.
- Il doit vouloir obtenir quelque chose d'elle, supposa Severus. Ou se venger. Il faudra être extrêmement prudent à son réveil... Si elle se réveille...
Le noir et le silence l'avait envahie depuis... elle ne savait quand. Elle n'entendait rien, ne voyait rien et ne pouvait pas bouger. Etait-ce cela la mort ? Le néant absolu, mais la conscience de ce néant ? Elle l'aurait pu, elle aurait frissonné. C'était horrible. Et plus le temps passait (mais peut-être qu'il n'y avait plus de temps non plus) et plus c'était épouvantable. Si c'était à cela que ressemblait l'éternité, Merlin, elle comprenait que Voldemort recherche l'immortalité.
- Ah... Tu penses enfin à moi.
Ce fut presque avec soulagement qu'elle perçut la voix pourtant tant redoutée.
- Suis-je morte ?
- Pas encore.
Elle n'arriva même pas à avoir peur. Elle fut juste soulagée. Bien, apparemment la mort ne ressemblait pas à cela alors.
- J'ai encore besoin de toi, avant que tu ne meures.
- Où suis-je ?
- Dans ton esprit. Et dans le mien également. Alors comme ça, tu pensais pouvoir te débarrasser de moi, ma petite Princesse. Maintenant, tu es en mon entier pouvoir. Tu n'entendras rien, si je le veux, et tu ne verras rien tant que je le voudrai pas... Tire en les conclusions sur qui tu dois suivre, Kécile.
Un rire glacial résonna encore, puis le silence l'envahit à nouveau.
Longtemps... Longtemps...
Parfois, elle avait l'impression de tomber dans ce noir.
Non, ce n'était même pas le noir.
Le noir cache quelque chose.
Il n'y avait juste rien.
Même ses pensées étaient vides.
Juste la peur.
La peur du néant.
Et cela durait.
Pourquoi avait-elle l'impression que même sa peur s'étirait ?
Que même sa conscience de la peur était hors du temps ?
Et cela durait toujours.
Comme un avant-goût d'éternité.
Mais l'éternité n'a pas de fin, n'est-ce-pas ?
Est-ce que ce supplice aussi n'allait jamais finir ?
Quelqu'un pouvait-il brisé ce silence ?
Ce néant pouvait-il être brisé par la plus minuscule lueur ?
N'importe qui ?
Même Voldemort.
N'importe quoi pour que cela s'arrête.
Tous ses sens revinrent à la vie en même temps. Brusquement elle eut froid, elle entendit la voix sifflante de son père, le vit lui et Queudver alors qu'elle prenait conscience qu'ils se trouvaient dans un cimetière et elle sentit l'odeur de la terre humide sous ses pieds.
Elle aurait pu être rassurée, mais le soulagement qu'elle en éprouva fut aussitôt remplacée par une autre angoisse, une nouvelle horreur. Cedric Diggory et Harry étaient eux aussi présents dans le cimetière.
- Harry ! Hurla-t-elle.
Elle avança, mais Harry ne semblait ni la voir, ni l'entendre.
- Inutile de t'époumoner, Kécile, ricana le Seigneur des Ténèbres. Tu es dans mon esprit. Je suis le seul à pouvoir t'entendre. Admire le spectacle. Avada Kedavra !
Cedric Diggory s'effondra, avant d'avoir compris ce qui lui arrivait. Harry fut immobilisé en un instant, et Queudver le traîna sur une tombe.
Kécile avança prudemment. Le Lord ne prêtait pas attention à elle. Rien d'étonnant si elle n'était en réalité présente que par l'esprit. Harry pourrait-il sentir la présence amie ? Elle vint auprès de lui.
- Harry, souffla-t-elle alors qu'une brusque envie de pleurer la submergeait.
Il se tenait sur la tombe d'un Tom Jedusor. Son propre grand-père.
Harry semblait tétanisé par la peur et fixait Voldemort et Queudver. Kécile reporta son attention sur les deux hommes. Le rat alimentait un immense chaudron et le Seigneur des Ténèbres y versa le contenu noir d'une fiole.
La scène qui suivit était digne du pire des cauchemars. Le Maître se déshabilla, mais fut presque aussitôt enveloppé dans une brume nébuleuse qui semblait provenir de la vapeur du chaudron. Il entra dans l'eau noire et bouillonnante qui devint aussitôt brillante comme un diamant. La brume sembla alors l'engloutir totalement, et il disparut à leur yeux. Kécile se sentit brusquement malade, et suffocante comme si on tentait de l'étouffer ou de la noyer.
Queudver prononça alors une incantation tout en dirigeant sa baguette vers la tombe où se tenait Harry.
« Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils. »
Une fine poudre s'envola de la tombe profanée. Au moment où elle atteignit la surface, alors que des étincelles jaillissaient du chaudron, Kécile hurla de douleur et s'effondra au sol, convaincue cette fois que sa dernière heure était venue. Et elle perdit conscience.
Lorsqu'elle revint à elle _ou plutôt, lorsque son esprit se réveilla à nouveau_ elle était toujours dans le cimetière. Harry était libéré de ses liens, Queudver sanglotait sur un moignon sanglant, et Voldemort... Kécile eut un mouvement de recul en le voyant. Ce n'était plus son père au visage charismatique, c'était un homme effroyable au visage de serpent, et aux yeux rouges. Un homme au visage inhumain.
Incapable de réagir, Kécile vit les mangemorts transplaner les uns après les autres. Tous les anciens. Ce devait être un grand rassemblement. Mais que s'était-il passé ?
Ils formèrent un cercle autour du Maître, laissant des espaces vides entre eux, comme pour souligner la présence des absents.
- Ici manque 16 mangemorts de l'époque de mon ancienne gloire, déclara enfin le Seigneur des Ténèbres en parcourant du regard le rang de ses fildèles. Trois sont morts à mon service, un autre a été trop lâche pour revenir ou m'a quitté définitivement. Il le paiera. Dix sont, par votre incapacité et votre bêtise, derrière les barreaux d'Azkaban. Nous les en ferrons sortir. Quant aux deux derniers, ils travaillent déjà pour moi, et l'un d'entre eux est et restera mon plus fidèle serviteur. Il se trouve à Poudlard et c'est grâce à ses efforts que notre jeune ami est arrivé ce soir... dit-il en désignant Harry.
- Voici donc l'heure de votre renouveau, Maître.
- Oui, Lucius. Ce soir, Lord Voldemort et vous même fidèles mangemorts, pourront enfin nous afficher à la tête du monde après treize longues années d'attente. Harry Potter a eu l'amabilité de se joindre à nous pour fêter ma renaissance. On pourrait même aller jusqu'à le considérer comme mon invité d'honneur.
Il s'avança vers Harry et posa un doigt sur son front alors que Harry hurlait comme sous l'emprise d'un doloris.
- Ce soir, j'ai accompli un nouveau pas vers l'immortalité. Dorénavant, je peux le toucher. Dorénavant, la protection de sa mère coule dans mes veines. Dorénavant, je peux le tuer sans crainte que le tragique événement d'il y a treize ans ne se reproduise. Que personne ne s'y trompe : seule la chance a permis à Harry Potter de m'échapper. Et je vais faire la démonstration de mon pouvoir sur lui en le tuant ici même, sous vos yeux. Cette fois, Dumbledore ne pourra pas l'aider et sa mère ne sera pas là pour mourir à sa place. Mais je vais quand même lui donner sa chance. Il aura le droit de combattre, et vous saurez alors lequel de nous deux est le plus fort. Il faudra attendre encore quelques instants, Nagini, murmura-t-il à l'intention du serpent qui tournait autour d'eux. A présent, détache-le, Queudver, et rends-lui sa baguette magique.
« Regarde, Kécile, et vois le sort qui t'attend si tu ne te soumets pas à moi. »
Tandis que le Seigneur des Ténèbres jouait avec Harry comme un chat avec une souris, sous les rires gras des mangemorts, Kécile aurait donné cher pour le faire fuir.
Car c'était fini. La première barrière qui les protégeait tous du retour définitif du Lord allait tomber ce soir. Combien de temps lui faudrait-il ensuite pour abattre Dumbledore ?
« Tant que Dumbledore sera là, je ne me rendrai pas. » pensa Kécile.
« Alors, tu ne te réveilleras plus, jusqu'à ce que tu sombres dans la folie et que ton corps meurt. »
Le Seigneur des Ténèbres avait décidé d'en finir. Son sort était réglé et celui du Survivant allait l'être aussi.
- Avada Kedavra !
- Expelliarmus !
Le sort de Harry heurta celui du Lord et pour la première fois de sa vie, Kécile vit la surprise sur son visage dénaturé.
Ce fut la première fois aussi, où elle entendit la peur dans la voix de son père. Ce fut l'une des rares fois, où il ne semblait plus rien maîtrisé tandis qu'avait lieu la remontée des sortilèges. Pourquoi ? Comment ? Ni l'un ni l'autre n'avait lancé le priori Incantatum. Et ce sort ne créait pas habituellement ce dôme doré qui isolait les deux combattants.
Ce fut aussi l'une des rares fois où Kécile entendit le Seigneur des Ténèbres hurler alors que Harry prenait la fuite. Ce fut la seule fois où elle l'entendit presque hystérique en se lançant à la poursuite du Survivant.
Ecartez-vous ! Je vais le tuer ! Il est à moi !
Ce fut également la première fois qu'elle vit une victime désignée filer ainsi entre les doigts du Lord.
« Tu as de la chance, Kécile. Potter vient de signer ton sursis. Tu vas retourner auprès de lui. Qu'importe que tu sois des nôtres ou non. Tu le tueras pour moi. »
