La Loi de Murphy Devenue Réalité (Ou L'incarnation de la Chance Potter)
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Disclaimer : Rose Potter est à moi, c'est à peu près tout. Les personnages de Final Fantasy VII appartiennent à Square Enix pour les jeux,Tetsuya Nomura, Takeshi Nozue, Yusuke Naora, Yoshinori Kitase et Shinji Hashimoto pour Advent Children. L'univers de Harry Potter appartient à J.K. Rowling.
AVERTISSEMENT : cette histoire aura beaucoup de contenu mature, comprenant notamment du sexe et le viol d'une enfant (cette partie ne sera probablement jamais trop détaillée, plus résumée probablement), alors soyez prévenus! Si vous n'aimez pas ces sujets, ou, Dieu vous en préserve, avez été victime vous-même, veuillez lire quelque chose d'autre. Merci.
Cast :
Auteur : Fumseck73
Bêta-lectrice/traductrice : Dragonqueen909 (Anglophone)
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Résumé : Les âmes sœurs sont considérées comme une légende. Pourtant, même à travers des mondes différents, elles peuvent se trouver, et, parfois, surtout lorsque les Déesses sont d'accord, se rencontrer. Certaines sont tellement brisées que seule le lien peut leur permettre de tenir… surtout quand les rêves sont le seul moyen de communiquer.
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Prologue : Rêves mystérieux
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Rose avait toujours su qu'elle était différente. Pas forcément de la façon dont sa « famille » le disait, par contre. Ils haïssaient tout ce qui ne correspondait pas à leur définition de « normal »… et ça incluait la magie. Ils l'avaient maltraitée depuis le premier jour où elle avait atterrit chez eux, la rendant responsable de tout ce qui n'allait pas dans leur vie, se servant d'elle pour se défouler.
Quand elle avait sut qu'elle était une sorcière, elle avait ressentit un certain soulagement. Parce que ça expliquait les phénomènes bizarres qui se produisaient autour d'elle. Ça n'expliquait pas les rêves, par contre. Des rêves d'argent et de glace, de rouge et de feu, et de noir et de plantes. Ils n'étaient jamais clairs de toute façon, et elle s'était résignée à ne jamais avoir de réponses.
Ce qu'elle ignorait… c'est que le destin avait parfois de bien curieuses façon de fonctionner… surtout quand de vieux boucs manipulateurs décidaient de s'en mêler « pour le bien de tous ».
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Rose Iris Potter, alias la Fille-Qui-A-Survécu, alias Freak pour son « aimante » famille, ou Rose, ou encore « Pup » pour son parrain, était d'une humeur massacrante. Comme si ce qu'elle subissait à l'école ou dans sa « maison » ne suffisait pas, le fait que son âme avait été quasiment dévorée par un Détraqueur avait provoqué le réveil des souvenirs de sa vie précédente. Et bordel, elle avait envie d'insulter les Nornes, ou quiconque était responsable du fait qu'elle s'était réincarnée en la version féminine de HARRY POTTER. Le seul problème, c'était qu'il y avait un trou dans sa mémoire entre le moment où elle se rappelait avoir vu le camion perdre le contrôle et foncer dans sa direction, et celui où elle se rappelait de la mort de ses parents dans cette vie. Si quelqu'un était effectivement responsable de sa situation… il ou elle avait nettement couvert ses traces.
Elle se laissa aller dans le lit avec un soupir. Ron était apparemment plus ou moins en état de choc, Hermione s'était endormie, et elle… elle n'arrivait juste pas à s'endormir, les nerfs encore tendus comme des cordes de guitare. En même temps, elle avait passé l'année à faire des cauchemars sur la mort de ses parents, surtout quand le souvenir s'était fait de plus en plus clair à cause de son entraînement avec l'Épouvantard du Professeur Lupin.
Rose fronça les sourcils en pensant à lui. Il faudrait qu'elle trouve le moyen de contourner les plans de ce vieux bouc de Dumbledore… parce qu'elle était certaine qu'il avait tout fait pour qu'elle soit isolée et dépende de quelques personnes soigneusement choisies pour tout ce qui concernait le monde sorcier. Toutes ces fanfictions qu'elle avait lue dans sa vie précédente ne l'aidaient pas vraiment à avoir confiance dans le vieux sorcier. Elle allait devoir trouver le moyen de se rendre à Gringotts, se dit-elle, grommelant en se tournant une nouvelle fois sur le côté. Si seulement elle pouvait dormir un peu… elle était tellement épuisée.
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Le silence régnait dans la plaine. Celle-ci s'étendait à perte de vue, et était couverte d'une herbe vigoureuse, dans laquelle poussait ce qui ressemblait à des lys jaune et blancs, mais qui n'auraient eut qu'une seule fleur au bout de leur tige. Le ciel était le plus étrange, composé de filaments lumineux d'un vert pâle, autour desquels flottaient de petits points lumineux.
Rose n'était pas fâchée de cet endroit, même si elle ignorait pourquoi elle en rêvait. C'était toujours mieux que les cauchemars. Par contre, la voix qui s'éleva soudain dans son dos la fit sursauter de surprise.
–Étrange, comme endroit.
La voix était clairement masculine, et elle réalisa qu'il s'agissait de ce qu'elle avait cru être un support inanimé dans son dos. Elle cligna des yeux, étonnée, en réalisant qu'il lui parlait peut-être. Haussant vaguement les épaules, elle décida de répondre.
–Personnellement, j'aime bien. C'est toujours mieux que mes cauchemars.
Son interlocuteur se raidit, visiblement surprit, et ne s'attendant clairement pas à ce que quelqu'un lui réponde. Elle retint une envie de ricaner, ne voulant pas le vexer. Manifestement, il avait parlé pour lui-même.
–Vous ne vous attendiez pas à ce qu'on vous réponde, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle sans cacher son amusement.
Il y eut un moment de flottement, et l'homme derrière elle reprit la parole. Il lui donnait l'impression d'être plus âgé qu'elle, à la fois à cause de sa voix et sa taille… même si ce n'était pas difficile sur ce point, « grâce » à sa famille. En tout cas, il arrivait à rapidement se reprendre.
–Pas vraiment, non. Qui êtes-vous ?
–**** ******.
–Pardon ? Demanda-t-il, visiblement surprit.
Rose cligna des yeux à plusieurs reprises, tout aussi perplexe. Quand elle avait donné son nom… tout ce qu'elle avait entendu était un son brouillé, comme lorsque Zangetsu s'était présenté à Ichigo, dans Bleach. C'était quoi cette histoire ? Elle tenta à plusieurs reprises de donner son nom, pour avoir toujours le même résultat. Elle laissa échapper un soupir agacé, alors même que son interlocuteur donnait l'impression de ricaner doucement dans son dos, si les tressaillements qu'elle ressentait étaient d'une quelconque indication.
–Pourquoi vous ne tenteriez pas le coup ? Demanda-t-elle finalement, exaspérée.
Il renifla avec amusement, avant de lui répondre.
–*********.
Ce fut à son tour de se mettre à ricaner, et elle ne chercha même pas à s'en cacher.
–Très drôle, vraiment, dit-il sur un ton quelque peu sarcastique après plusieurs tentatives comme elle.
Elle haussa les épaules en réponse.
–Vous m'excuserez, mais j'ai eut très peu d'occasion de rire cette année, expliqua Rose une fois qu'elle eut reprit son sérieux. Alors je fais avec ce que je peux.
–Mauvaise année ? Demanda-t-il, son ton non dépourvu d'une certaine compassion.
Il connaissait le problème. Ses journées étaient au mieux chargées, et au pire, il ne savait plus où donner de la tête. Et c'était sans compter quand le Chiot décidait de faire l'andouille. Il comprenait mieux pourquoi certains parlaient de s'arracher les cheveux. Son interlocutrice lui paraissait bien jeune pour avoir ce genre de problèmes, cependant, s'il se fiait à ce qu'il avait observé. Celle-ci soupira en réponse.
–J'ai eut droit à des démons qui font remonter vos pires souvenirs à la surface, répondit-elle sombrement.
–Ce genre de créatures existent ? Demanda-t-il, dégoûté.
Il n'en avait jamais entendu parler, mais il ne doutait pas qu'ils puissent exister quelque part. Après tout, on découvrait de nouvelles espèces tous les jours… ou le cinglé dirigeant le département scientifique en créait. La jeune fille… ou adolescente, peut-être, s'il se fiait à sa voix, soupira.
–Malheureusement oui. Je ne sais pas pourquoi personne n'a encore tenté de les exterminer, ronchonna-t-elle. Ce n'est pas parce qu'ils font soit-disant de bon gardes pour la prison que c'est une bonne raison pour continuer à les supporter.
–Des gardes ? Demanda-t-il, horrifié, en entendant ça. Des gens les utilisent comme gardes ? Avec l'effet qu'ils ont sur les humains apparemment ?
Rose répondit par un rire amer.
–Les prisonniers sont enfermés sur une petite île… mais les murs ou la mer ne sont pas vraiment nécessaires, car les prisonniers sont littéralement enfermés à l'intérieur de leur propre tête. La plupart… deviennent fous rapidement, et peu survivent très longtemps. Depuis que cette île est utilisée comme prison, il n'y a quasiment eut aucune évasion.
–Et quel souvenir font-ils remonter chez vous ? Si cela ne vous dérange pas d'en parler, ajouta-t-il, se rappelant de brides de conversations avec ses amis sur ce qui était acceptable de dire ou ne pas dire avec des inconnus. Je ne veux pas vous forcer.
Rose resta silencieuse un moment, réfléchissant à comment répondre. Elle pouvait difficilement parler de sa mort dans sa vie précédente, rêve ou pas. Elle décida de parler du sujet le moins « risqué » en un sens.
–L'assassinat de mes parents, répondit-elle simplement. Ils ont été tués sous mes yeux quand j'étais petite. Et avec mon enfance… ces saloperies sont particulièrement attirées par moi.
Il secoua la tête en réponse, chagriné pour elle en un sens. Il n'avait pas connu sa mère, et quant à son père… moins il le croisait, mieux il se portait. Il savait que ses amis avaient parfois des relations conflictuelles avec leur familles… mais que, malgré tout, ils ne s'en sépareraient pas s'ils le pouvaient.
–Vous aviez quel âge, pour arriver à vous en souvenir ? Demanda-t-il doucement.
–Quinze mois. Et oui, je suis au courant que normalement, je ne devrais pas être capable de m'en souvenir. Sauf que le traumatisme a laissé des traces dans ma mémoire. Assez pour que ces horreurs fassent remonter ce souvenir en particulier. J'ai pas arrêté de faire des cauchemars toute l'année scolaire sur ce sujet à cause d'eux.
–Je suis désolée, dit-il doucement, ayant l'impression d'avoir été beaucoup trop curieux.
Rose renifla en réponse.
–Vous n'êtes pas responsable de leur mort, que je sache. Et je ne me souviens pas vraiment d'eux, à part ce fragment de souvenir. Vous n'y êtes pour rien, dit-elle avec un soupir, se frottant le visage. Et je préfère encore parler avec vous plutôt que de faire des cauchemars sur leur mort.
–Je peux imaginer, dit-il doucement en réponse. Je suppose… que vu ma vie jusqu'ici, je serais probablement sujet aux mêmes problèmes que vous.
Elle ricana avec une certaine amertume.
–Il faut aussi savoir que je perds connaissance quand ils s'approchent de moi, et que je n'arrive pas à lancer le sort pour me protéger. Ou alors j'ai un mal fou à le faire. Ça a d'ailleurs faillit me coûter la vie cette histoire, maugréa-t-elle. Heureusement que ce vieux bouc m'a sauvé la peau.
Il fronça les sourcils en entendant ça. Elle sonnait trop jeune pour avoir ce genre de problèmes. Elle sonnait… comme lui. Amère et désillusionnée, même si elle ne le montrait pas forcément, comme lui. Il n'osait pas se retourner pour lui parler, cependant. Quelque chose… lui disait que s'il le faisait… le rêve s'interromprait.
Rose l'ignorait, mais elle partageait les mêmes pensées que son interlocuteur. Elle n'avait cependant pas à se tourner pour distinguer quelque chose de lui. Elle pouvait sentir quelque chose de long et fin tomber derrière elle, entre leurs dos, qui ressemblait fortement à des cheveux. Et, plus loin, quelque chose qui avait l'air d'être un bras, habillé de cuir noir.
D'un accord tacite, tous deux se réfrénèrent d'essayer d'avoir un meilleur aperçu de l'autre, et continuèrent à parler de tout et de rien tant que le rêve se poursuivit. Il n'était pas plus doué qu'elle pour ça, mais donner de petits indices sur leurs vies respectives était possible. Aucun nom par contre, toute tentative de parler de ça était apparemment bloquée par la force qui leur permettait de communiquer ainsi.
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Il abattit brutalement sa main sur son réveil, le son strident l'ayant réveillé en sursaut et mit d'une humeur massacrante. Normalement, il se réveillait toujours avant la sonnerie, cette dernière n'étant là qu'au cas où. C'était bien la première fois qu'il ne se réveillait pas le premier.
Il grogna, cependant, en réalisant qu'il avait cogné suffisamment fort sur l'appareil pour le démolir. Ce qui voulait dire qu'il devrait en demander un autre. Tout le problème… c'était que ça faisait des années que ce genre de choses lui était arrivé. Alors en demander un nouveau aller faire poser des questions auxquelles il aurait du mal à répondre. Dire que c'était parce que le premier rêve un tant soit peu agréable qu'il avait depuis des années avait été interrompu par son réveil ? Il était peut-être handicapé socialement, mais pas à ce point. Quoique c'était quand même un rêve étrange.
Habituellement, quand il ne rêvait pas des laboratoires (et ô combien il en faisait des cauchemars)… il rêvait d'une fleur. Il ne s'était trop jamais trop intéressé à la botanique, aussi ignorait-il le nom de celle-ci, mais ses rêves avaient commencé quand il était enfant… peut-être vers ses trois ou quatre ans ? Les pétales étaient noirs comme le jais, et les feuilles d'un vert éclatant, plus sombre que ses propres yeux.
Au début, la fleur était fermée, comme le sont certaines fleurs la nuit, ou comme lorsqu'elles sont encore en boutons. Et plus le temps avait passé… plus la fleur avait semblé… malade ? En tout cas, elle avait commencé à flétrir très rapidement dans ses souvenirs. Parfois, il était arrivé à lui redonner des forces, mais il n'avait jamais vraiment réussi à comprendre comment. Et les symboles qui étaient gravés sur les feuilles lui donnaient envie de trouver la personne responsable… et de la massacrer. Il n'arrivait pas à les déchiffrer… mais il sentait instinctivement qu'ils n'étaient pas bons pour la fleur. Et pourtant… elle continuait à… garder la tête haute ? En tout cas, c'était l'impression qu'il avait. Elle avait commencé à s'ouvrir ces dernières années, malgré son état maladif. Et malgré cela… elle semblait… prospérer ? Comment ?
Il s'obligea à garder son calme en repensant à un rêve qu'il avait fait l'an dernier ou il y a deux ans. La fleur… il ne savait pas ce qu'il lui était arrivé, mais la fleur s'était mise à… pleurer ? Elle avait en tout cas émit des gémissements de douleurs (et ô combien il était familier avec ce son…), et les pétales avaient été comme… déchiquetés, laissant échapper du sang. Il se rappelait encore de son état de fureur glaciale quand il s'était réveillé. Même le lunatique du département scientifique l'avait pour une fois laissé en paix, alors qu'il avait un rendez-vous ce jour-là. Une des rares miséricordes de l'univers. Il lui avait fallu tuer des dragons à répétition dans une salle de réalité virtuelle pendant plusieurs heures avant de se sentir assez calme pour faire face au monde. Malheureusement… il l'avait également sérieusement endommagée au passage, la mettant hors service pendant presque deux semaines. Par chance, personne ne l'avait approché de la journée à part ses amis, et ils l'avaient surtout laissé en paix, lui offrant simplement leur présence silencieuse en support.
Avec un soupir, il se leva et commença à se préparer pour la journée. Au moins… malgré le réveil brutal, son rêve l'avait mit de meilleure humeur que ce qu'il aurait été après une journée passée dans les laboratoires.
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Rose se réveilla en sursaut, maudissant le son strident qui avait coupé le rêve. Enfin, elle avait au moins passé une meilleure nuit que ce à quoi elle s'attendait après avoir sauvé Sirius de tous ces Détraqueurs. C'était toujours ça de prit.
Maintenant, il s'agissait de survivre à l'été après avoir été expédiée chez ses geôliers. Joie. Avec un soupir, elle se leva, se passant la main dans les cheveux en une vaine tentative de les aplatir. Comme d'habitude, ça échoua, et elle se résigna à ce que sa chevelure ressemble à un nid d'oiseau.
Pensivement, elle se demanda si elle pourrait trouver de l'aide chez les Goblins pour protéger son esprit. Rose ne tenait pas à ce que Dumbledork (comme elle décida de l'appeler dans son esprit) trouve qu'elle était une réincarnation venant d'un autre monde et savait à peu près ce qu'il se passerait dans le futur… ainsi que ses machinations la concernant. Et protéger son esprit de Voldemort était aussi très attirant… mais peut-être impossible vu le lien qu'ils partageaient. Au moins, elle était à peu près sûre qu'il était à sens unique, de lui vers elle, et seulement quand il ressentait de violentes émotions. Rose frissonna à ça. L'idée d'avoir un aperçu des pensées de Voldemort était absolument terrifiante, même en sachant à quoi s'attendre.
Maintenant… comment convaincre Remus d'accepter de l'aide ? Se demanda-t-elle tout en s'habillant. Ça allait être compliqué de le convaincre d'accepter sans qu'il ait l'impression de recevoir de la charité… ou d'aller voir Dumbledork. Elle voulait vraiment éviter de mettre la puce à l'oreille de ce vieux bouc.
Rose laissa échapper un soupir. La stratégie n'avait jamais été son point fort dans sa vie précédente, et même dans celle-ci, c'était compliqué. Elle décida d'aller voir les Goblins dès qu'elle pourrait. Et peut-être même prendre Dobby à son service, juste au cas où. Tout le problème, ce serait de convaincre Hermione de ne pas péter un câble. Elle fronça les sourcils, se demandant si Dumbledork n'était pas par hasard responsable de son changement de comportement lors de l'année qui venait. L'obsession d'Hermione à… libérer les elfes de maison était extrême, et, de ce qu'elle se souvenait avoir lu dans les livres, effleurait à peine la surface du sujet. Elle n'avait même pas parlé à un elfe de maison en dehors de Dobby et Winky, et à peine !
Est-ce que Dumbledork aurait utilisé des sorts pour… altérer ou trafiquer le comportement de son amie ?
Rose se résolut à demander des amulettes pour protéger les gens de ce genre de choses aux Goblins, s'ils savaient les fabriquer ou alors où les acheter sans que personne ne pose de questions.
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Rose devait lutter contre la frustration après sa conversation avec Remus. Il lui avait fallu une demi-heure pour le convaincre de ne pas aller voir Dumbledork. Et pour le reste… autant parler à un mur. Elle commençait à soupçonner que lui aussi était sous l'influence de sortilèges altérant son jugement. Donc ça voulait dire une amulette de plus pour lui aussi… et, tant qu'à faire, une pour Sirius aussi, on ne sait jamais.
Avec un soupir, elle se massa les tempes. Sa vie était encore plus compliquée que ce qu'elle aurait cru en se réveillant. Au moins, Ginny n'était pas une fangirl obsédée par elle au point de vouloir absolument l'épouser. Et si elle parvenait à tuer dans l'œuf la jalousie de Ron… peut-être que l'année prochaine serait plus supportable. Rose prit tout de même note de rechercher les différentes formes de serment magique. Histoire de ne pas être traitée comme une paria tout au long de l'année… et si elle pouvait arriver à sauver Cédric, ce serait encore mieux.
Avec un soupir, elle s'écroula sur les couvertures. Au moins, elle savait où se trouvaient tous les Horcrux de cet enfoiré de Voldemort. Elle prit mentalement note de parler de ça aux Goblins au passage. On ne savait jamais, ils pourraient peut-être faire quelque chose pour celui qu'elle avait dans sa tête, pensa-t-elle en fronçant les sourcils, frottant sa cicatrice. En espérant que ça soit plus sûr que le venin de Basilic, se dit Rose en frissonnant, repensant au serpent géant. Elle n'était pas sûre que quelque chose puisse être pire que ça ou un dragon.
Secouant la tête, elle se changea rapidement, répondant distraitement à Hermione quand celle-ci lui demanda comment Remus allait faire dans le futur, et quel genre de professeur elles auraient l'année prochaine. Rose pouvait difficilement dire que ce serait un Mangemort échappé d'Azkaban grâce à son père, aussi répondit-elle qu'elle n'en avait aucune idée. Tirant les draperies autour de son lit, elle lança un sort de silence dessus. Le problème avec Parvati et Lavander, c'étaient qu'elles parlaient dans leur sommeil… et tenaient parfois des conversations en dormant ! Elle avait trouvé drôle les premières fois… avant d'en avoir marre et de chercher un moyen de bloquer ça.
Avec un soupir, elle se glissa sous les couvertures, se tournant sur le côté. Elle avait toujours eut du mal à s'endormir à cause des Dursleys, mais là, elle attendait le sommeil presque avec impatience. Parce que son rêve avec cet inconnu… avait été agréable. Il avait clairement remarqué qu'elle était plus jeune que lui, oui, mais n'avait pas fait de commentaire là-dessus. Il l'avait traitée comme une adulte… et c'était rafraîchissant après la façon condescendante dont Dumbledork la traitait. Oh, il cachait bien son jeu, mais… on sentait qu'il ne la voyait que comme un pion à sacrifier. Dommage pour lui, l'agneau sacrificiel n'avait pas l'intention d'accepter bien gentiment d'aller à l'abattoir.
Se tournant sur le côté, elle se laissa doucement glisser dans le sommeil. Cet inconnu… il faudrait qu'elle lui trouve un surnom. Quelque chose en rapport avec la glace peut-être ? Elle se rappelait avoir senti une odeur de glace, comme le Lac Noir en hiver, et de cuir dans le rêve. Quelque chose en rapport avec ça… se dit-elle tout en s'endormant.
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Rose cligna des yeux, un peu étonnée. Le rêve… était différent de celui de la dernière nuit. Le paysage était le même, ainsi que le fait qu'elle soit dos à quelqu'un, mais tout le reste était différent. Cette fois… c'était une odeur de pomme et de feu de bois qui flottait dans l'atmosphère. La personne à laquelle elle était adossée était différente aussi. C'était subtil, et elle aurait été incapable de dire en quoi elles étaient différentes, mais elle le sentait. La voix de son compagnon s'éleva dans les airs, ses inflexions douces et gracieuses comme celles d'un poète :
–Joli paysage… mais pourquoi suis-je ici ?
Rose ricana, le faisant sursauter de surprise.
–C'est la question à un million, mon bon monsieur. Personnellement, je ne cherche pas à comprendre. Toujours plus agréable que mes cauchemars.
Son interlocuteur resta silencieux, avant de bouger, comme s'il voulait se retourner, et Rose l'arrêta immédiatement.
–Si j'étais vous, j'éviterais de faire ça. Je suis quasiment sûre que ça interromprait le… rêve ? Notre discussion en tout cas.
L'homme s'immobilisa, avant de reprendre la parole, sonnant sceptique :
–Comment vous le savez ?
Son rire avait une teinte amère cette fois.
–L'instinct, je dirais. J'ai appris à le suivre, même si j'ai aucun instinct de survie. Et je sens… que si l'un de nous se retourne, notre… rencontre s'arrêtera. Pourtant, c'est pas l'envie qui me manque de voir à quoi vous ressemblez.
–Intéressée ? Demanda-t-il, sonnant presque amusé. Vous semblez un peu jeune pour ça, pourtant.
Rose roula des yeux.
–Vous me faites penser à mon professeur de défense de l'an dernier quand vous dites ça. Sauf que lui était un crétin incompétent.
Son interlocuteur laissa échapper un son outré, visiblement offensé.
–Je me sens insulté d'être comparé à un incompétent ! Je suis bien trop fabuleux pour cela ! Et surtout, je ne suis pas incompétent !
–J'espère pour vous, répondit Rose avec amusement.
–Pourquoi est-ce que vous le qualifiez d'incompétent, d'ailleurs ? Demanda-t-il, sonnant sincèrement intrigué.
Rose roula des yeux devant ce drama queen. Au moins il avait l'air compétent, pas comme Lockhart.
–Cet idiot était bon à une chose seulement, interroger ses victimes pour savoir exactement ce qu'elles avaient fait… avant de leur effacer la mémoire et de s'attribuer leurs exploits. Jouer les paons, ça il savait faire. Par contre, agir, nada. Il a actuellement essayé de fuir quand moi et un de mes amis sommes allé le voir, pour essayer d'obtenir son aide concernant notre petit problème de serpent qui se baladait dans l'école.
–Petit problème de serpent ? Demanda-t-il sur un ton mi-amusé mi-perplexe. Pourquoi ai-je l'impression que c'est plus grave que ça ?
–Considérant le fait que le serpent en question devait dépasser les 30 mètres… oui, plutôt. Et pourtant, j'ai pas eut le temps de prendre ses mesures, j'étais un peu trop occupée à essayer de pas me faire me bouffer.
Il y eut un blanc pendant quelques secondes, puis il reprit la parole, sonnant incrédule.
–Vous aviez un ***** ** ****** dans votre école ?! Mais comment il est arrivé là ?
–J'ai pas pu comprendre le nom que vous avez donné, mais d'après ce que je sais, cette foutue ******* était là depuis la fondation de mon école, y a environ un millénaire.
Il resta sans voix, interloqué. Pas tant à cause du fait que les noms soient bloqués, mais plus à cause du fait qu'un serpent géant s'était apparemment baladé dans une école au milieu d'enfants… et surtout qu'il aurait eut une espérance de vie de presque un millénaire.
–Et il n'y a pas eut de morts ? Demanda-t-il avec une certaine inquiétude dans sa voix.
–Pas cette fois-ci. Il y a eut une personne qui est morte y a environ cinquante ans… et elle hante toujours les toilettes où elle est morte, d'ailleurs. Ceci dit, ça fait un bon endroit où comploter, vu que personne ne veut y aller, dit Rose avec un certain amusement. Heureusement, elle était pour autant que je sache la seule représentante de son espèce actuellement en vie, et maintenant que j'ai tué ce foutu serpent géant, il n'y en a pas d'autre. Normalement. Par contre, sa carcasse doit valoir son poids en or, il va falloir que je me renseigne pour la vendre.
–Matérialiste ? Demanda-t-il, sarcastique.
–On ne peut jamais savoir ce que le futur vous réserve, répliqua-t-elle du tac au tac. Et surtout… j'ai beau descendre d'une famille plus qu'aisée… j'ai des mauvais pressentiments au sujet de mes finances.
Il fronça les sourcils.
–Vous n'avez pas de famille ?
Rose soupira en réponse.
–Mes parents… ont été assassinés sous mes yeux quand j'étais bébé. Les personnes chez qui je vis… ne voulaient pas de moi, ou de ce que je représente. Si je le pouvais, je les abandonnerais bien volontiers à leur sort.
–Mais vous ne le faites pas, remarqua-t-il. Pourquoi ?
–Un vieux bouc qui a décidé de contrôler ma vie, répondit-elle avec amertume. Mon parrain… la personne qui aurait dû s'occuper de moi s'il arrivait quelque chose à mes parents… a passé une putain de décennie en prison pour un crime qu'il n'a pas commis ! S'exclama-t-elle avec colère. Le pire, c'est que la personne responsable de ce crime a vécu la vie de pacha pendant tout ce temps, avant de fuir quand il a été exposé ! Le jour où je vais lui mettre la main dessus, je me ferais un plaisir de demander à ce qu'il ait l'ancienne cellule de mon parrain ! Ce dernier a dû s'évader de prison pour essayer de me protéger !
Son interlocuteur frissonna devant son ton vindicatif… même s'il pouvait vaguement le comprendre. Passer une décennie en prison pour un crime que l'on avait pas commis… c'était une idée horrible. Et elle avait dit qu'il s'était évadé ? Comment ?
–Votre parrain… s'est évadé ? Demanda-t-il, intrigué. Comment ? Et pourquoi ?
Rose soupira en réponse. Elle ne pouvait quand même pas dire qu'ils étaient des Animagus illégaux.
–Les… gardiens de la prison où il était enfermés… sont des démons, littéralement, aveugles. Alors il a profité de ça pour s'évader… et nager jusqu'à la rive, parce que oui, la prison est située sur une île en pleine mer. Et vous savez la meilleure ?
–Non ? Demanda-t-il avec une certaine hésitation.
–Mon parrain, le traître qui a vendu mes parents et mon professeur de défense cette années étaient des amis ! S'exclama-t-elle avec colère. Ils formaient un petit groupe d'amis à l'école, qui s'étaient jurés d'être toujours là pour les autres. Sauf que ce putain de traître a trahi mes parents en menant à eux un terroriste qui était après ma putain de peau ! Ils sont morts en essayant de me protéger !
Son interlocuteur cligna des yeux, choqué, en entendant ça. Ses parents… avaient été assassinés devant elle ? En essayant de la protéger ? Un terroriste était après eux ? Ou, plutôt, après elle, de ce qu'elle disait ?
–Vous aviez quel âge ? Demanda-t-il avec étonnement et perplexité. Et pourquoi est-ce qu'il vous en voulait ?
Rose renifla avec ironie.
–Quinze mois. Et ce taré a entendu une « prophétie » prédisant que je pourrais soit-disant le vaincre. Et ce timbré a décidé de venir m'assassiner quand j'étais bébé, parce qu'il ne supporte pas la concurrence !
Il secoua la tête, écœuré.
–Certains sont fous, dit-il avec une certaine amertume. S'en prendre à un bébé ? Mais quel genre de fou furieux fait cela ?
Rose ricana avec amertume.
–Le genre qui est tellement terrifié par la mort qu'il préfère déchiqueter son âme pour atteindre « l'immortalité », ou, en tout cas, une forme de celle-ci.
Il renifla avec ironie.
–Des rêves de lendemain hantent l'âme blessée, murmura-t-il pour lui-même plus qu'autre chose. Rien n'est immortel. Et quelle idée de mutiler son âme comme ça ?
Rose haussa les épaules en réponse.
–Il est cinglé, qu'est-ce que vous voulez. Et il en a après ma peau, malheureusement. Ce taré est particulièrement mauvais perdant. Il a essayé de me tuer à quinze mois, quand j'avais onze ans en possédant un de mes professeurs, l'an dernier via un journal intime, et je sais qu'il va recommencer l'année qui vient. J'ai pas l'intention de lui faciliter la tâche, mais avec le vieux bouc qui me sert de directeur, c'est pas gagné.
–Pourquoi ?
–Parce que ce vieux connard a décidé de faire de moi une martyr. Chaque fois que je lui ait demandé de l'aide, ou pourquoi ce taré en avait après moi, il m'a envoyée au lit comme un petit enfant, sans rien me dire. Il ne veut pas que je m'entraîne au combat pour savoir me défendre, parce que je suis « trop jeune pour ça » selon lui. Hé oh ! J'ai un psychopathe après mes fesses, qui veut ma mort ! Si possible dans d'atroces souffrances !
Il fronça les sourcils.
–Ce vieil homme a un sérieux problème, visiblement.
–Non, sans rire ? Questionna-t-elle avec ironie. Et bien sûr, j'ai pas droit à de l'aide quand j'ai des problèmes ! Faut que je règle tout toute seule, ou presque ! Mes amis ont toutes les peines du monde à rester avec moi pour m'aider, et pourtant, c'est pas faute d'essayer !
–Vous avez au moins des amis fidèles, remarqua-t-il.
–Oui. Même si l'une aurait besoin de se distancer un peu des livres. Ils sont écris par des humains, et peuvent mentir aussi. Quand à l'autre… il a bien besoin d'une paire de claques pour se remettre les idées en place et calmer sa jalousie maladive.
–Pourquoi ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
–Il est jaloux de moi pour de mauvaises raisons… et je suis aussi jalouse de lui, même si pas pour les mêmes raisons. Elles sont peut-être plus saines, mais…
–Mais ? Demanda-t-il doucement, bien loin de son côté flamboyant habituel.
–Il est jaloux de moi parce que je suis célèbre pour avoir soit-disant vaincu le terroriste qui a assassiné mes parents, répondit-elle avec amertume. Moi… je suis jalouse du fait qu'il ait une vraie famille. L'argent ne signifie pas grand-chose pour moi. Je donnerais tout l'or que j'ai à la banque pour une chance de retrouver mes parents. Mais j'ai du mal à lui enfoncer ça dans le crâne. Être un héros, ça n'a rien de génial, bien au contraire. Tout le monde attend tellement de vous que vous ne pouvez juste pas contenter tout le monde. Et qu'est-ce que vous récoltez à la fin ? Rien, si ce n'est la solitude. Faut vraiment aimer les fins merdiques pour vouloir être un héros.
Outré, son interlocuteur voulu se retourner pour protester contre cette vision pessimiste de son propre rêve…
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Pour tomber brutalement de son lit, se cognant la tête contre sa table de nuit. Les larmes aux yeux sous l'effet de la douleur, il mit plusieurs secondes avant de réaliser qu'il était dans sa chambre… et que ce qui venait de se passer n'était qu'un rêve. Avec un grognement exaspéré, il se redressa, se remettant correctement sur le lit. Se frottant le front, il fronça les sourcils, réfléchissant à ce rêve étrange.
Depuis aussi loin qu'il s'en souvenait… il rêvait d'une fleur. Cependant... malgré toutes ses recherches, il n'avait jamais trouvé de quelle espèce il s'agissait. Les pétales étaient noirs comme le jais, et les feuilles d'un vert éclatant.
Au début, la fleur était fermée, comme le sont certaines fleurs la nuit, ou comme lorsqu'elles sont encore en boutons. Et puis, plus le temps avait passé… plus la fleur avait semblé… malade ? En tout cas, elle avait commencé à flétrir très rapidement dans ses souvenirs.
Parfois… il se souvenait qu'elle s'était retrouvée avec de la neige sur elle, paraissant se recroqueviller sous l'effet du froid. Lorsque c'était arrivé au début… il s'était efforcé de la prendre contre lui pour la réchauffer. Il avait béni le jour où il avait trouvé le moyen de faire du feu autour d'elle. Chaque fois qu'il avait vu le froid commencer à l'affecter dans ses rêves, il s'était empressé de la réchauffer de son mieux. Les symboles qui étaient gravés sur les feuilles, par contre… ils lui donnaient envie de trouver la personne responsable… et de la brûler vive. Il n'arrivait pas à les déchiffrer (et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir cherché…), mais il sentait instinctivement qu'ils n'étaient juste pas bons pour la fleur.
Et pourtant… elle continuait à… refuser de se laisser abattre ? En tout cas, c'était l'impression qu'il avait. Elle avait commencé à s'ouvrir ces dernières années, malgré son état maladif. Et malgré cela… elle semblait… tenir le coup ? Comment ?
Son train de pensées l'amena au rêve qu'il venait de faire. Étrangement… cette fille avec qui il venait de parler dans ce rêve… lui faisait penser à cette fleur. Affaiblie, amère… mais refusant de renoncer. Malgré les obstacles auxquels elle faisait face.
La seule chose qui lui posait réellement problème en fait… c'était cette vision pessimiste du statut de héros qu'elle semblait avoir. Et le pire… c'était qu'elle semblait parler d'expérience. Comme si elle le vivait. Pour quelles raisons ? Et surtout… comment est-ce qu'une enfant savait ou pensait ce genre de choses ? Il lutta contre l'envie de mettre le feu dans sa chambre en se souvenant d'un rêve qu'il avait fait l'an dernier ou il y a deux ans. La fleur… il ne savait pas ce qu'il lui était arrivé, mais elle s'était mise à… pleurer ? Elle avait en tout cas émit des gémissements de douleurs (et comment il avait le pressentiment qu'il s'était passé quelque chose de terrible…), et les pétales avaient été comme… déchirés, laissant échapper un liquide identique au sang. Il se rappelait encore de son état de fureur brûlante quand il s'était réveillé.
Personne n'avait osé l'approcher de la journée, encore plus que d'habitude, surtout étant donné qu'il avait carbonisé la machine à café de l'étage après qu'elle ait avalé sa monnaie sans lui donner son café habituel. Il lui avait fallu carboniser des monstres à répétition dans une salle de réalité virtuelle pendant plusieurs heures avant de se sentir assez calme pour faire face au monde. Son ami d'enfance avait été le seul à être assez courageux pour l'approcher durant cette journée où il avait été encore plus… explosif que la normale. Il avait littéralement fulminé de rage pendant une bonne partie de la journée, même après s'être défoulé dans la salle de réalité virtuelle jusqu'à la carboniser suffisamment pour la mettre hors service pendant plusieurs jours. Il se rappelait encore de ce groupe de soldats et de cadets qu'il avait croisés. Ces derniers s'étaient littéralement pissés dessus de terreur, surtout en voyant les vagues de chaleur qui émanaient de lui, et le fait qu'il avait carbonisé tout ce qu'il touchait. L'un des soldats avait dû être envoyé à l'infirmerie après qu'il ait eut le malheur de lui demander pourquoi il avait parlé de fleur qui saignait. Une fleur ne saigne pas ! Avait-il dit. Avant de hurler de terreur quand la colère du pyromane s'était focalisée sur lui, impatiente de trouver une cible sur laquelle se défouler. Améliorations ou non, il y avait des limites à ce que le corps humain pouvait supporter. Et disons qu'il n'avait pas lésiné sur la puissance de ses boules de feu. Malgré le fait qu'il soit un peu fatigué d'avoir carbonisé la salle de Réalité Virtuelle, il avait littéralement trouvé un second souffle quand il s'était agit de se défouler sur ce pauvre soldat. Ça n'avait pas aidé sa réputation, par contre. Mais il s'en moquait.
Jetant un coup d'œil à son réveil, il grogna en réalisant que c'était toujours le milieu de la nuit. Beaucoup trop tôt pour se lever. Avec un soupir agacé, il se rallongea, se remettant sous les couvertures. Ils avaient une mission importante le lendemain, et il avait une réputation à tenir. Il était peut-être un pyromane invétéré… mais on ne pouvait pas lui reprocher de bâcler ses tâches. Même les plus ennuyeuses.
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Rose se réveilla en sursaut, et ne put s'empêcher de maudire l'andouille de son rêve. Il avait fallu qu'il essaie de se retourner ! Tâtonnant pour trouver sa baguette et sa montre, elle murmura un Lumos pour voir l'heure. Avant de grogner. À peine trois heures du matin. Ce qui voulait dire un ou plusieurs cauchemars en perspective si elle arrivait à se rendormir. Mais elle avait besoin de dormir. Encore heureux que les cours soient finis, pense-t-elle avec frustration. Au moins elle n'avait pas à craindre pour ses notes.
Avec un grognement agacé, elle reposa sa montre ainsi que sa baguette après avoir murmuré Nox pour éteindre la lumière. Elle se retourna dans le lit, essayant de retrouver le sommeil. Pas gagné, avec sa vie et les Détraqueurs qui l'avaient harcelée cette année.
Rose avait eut raison de penser que le reste de la nuit serait agité. C'était même un euphémisme. Elle passa le restant de celle-ci à se réveiller toutes les cinq minutes (ou, du moins, ce fut son impression) à cause de cauchemars sur la mort de ses parents ou la sienne.
Elle avait des cernes énormes sous les yeux le lendemain matin, mais parvint à faire passer ça pour un restant de l'effet des Détraqueurs aux autres occupantes du dortoir. Seule Hermione eut l'air quelque peu sceptique, mais, heureusement, elle ne dit rien. Rose déclina cependant l'offre de Parvati et Lavander pour cacher ses cernes. Même dans sa vie précédente, elle avait détesté le maquillage. Alors dans celle-ci…
Elle parvint plus ou moins à survivre à sa journée, même si elle aurait été incapable de dire comment plus tard. Tout ce qu'elle se souvenait, c'était d'avoir fait une sieste dans la journée, lors du cours de Divination. Elle avait été plus réveillée après ça, mais elle attendait le soir avec impatience. Comme Ron l'avait remarqué, rien ne valait son lit pour dormir. Surtout que la salle de Divination était étouffante, et seule la fatigue lui avait permise de s'y endormir. Par chance, Ron avait distrait Trelawney lorsqu'elle avait tenté de parler à Rose, et cette dernière était immensément reconnaissante envers son ami, se promettant de lui offrir quelque chose de bien dès qu'elle le pourrait.
Elle salua son lit avec bonheur, se laissant tomber sur le matelas avec un soupir épuisé. En d'autres temps, elle aurait fait une comparaison avec un cachalot échoué. Sauf que ça serait se comparer à son oncle obèse. Rose frissonna en pensant à lui, enfouissant certains souvenirs au plus profond de son esprit. Au moins, avec Sirius, elle devrait avoir la paix cette année.
Se mettant en pyjama, elle rampa sous les couvertures, formant une grosse masse informe. Elle prit tout de même la peine de fermer les draperies et lancer le sort de silence sur ces dernières. Elle ignorait de qui elle rêverait cette nuit… vu que, apparemment, ça faisait deux nuits de suite qu'elle rêvait de personnes différentes. Et quelle pouvait être la signification de ses rêves ? En tout cas, elle espérait que si ça retombait encore sur Mr Pommes et Fumée, qu'il se retiendrait de se retourner pour essayer de la voir.
Elle glissa dans le sommeil sans même s'en rendre compte, trop épuisée par sa nuit épouvantable.
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Loin de là, un vieil homme contemplait la scène avec un certain amusement, ses yeux rubis scintillant avec humour et une certaine joie devant ce qui se passait. Il ne doutait pas qu'il serait probablement maudit si jamais son rôle dans cette histoire venait à être sut, mais… il tirait bien trop d'amusement à contempler les plans d'un autre vieil homme tomber en pièces petit à petit. Maintenir la connexion ouverte ne lui demandait pas de grand effort, et il devait avouer apprécier de voir le destin changer devant ses yeux. Après tout… ces trois frères avaient été ses seuls apprentis réussis… même si on pouvait argumenter sur ce dernier point. Après tout… la santé mentale de ses apprentis étaient généralement discutable quand il en avait fini avec eux.
Gloussant doucement, il porta son attention sur d'autres événements, respectant la vie privée des personnes qu'il avait mit en contact. Quoi qu'on puisse dire sur lui… il n'était pas un voyeur. Un troll, oui. Mais un voyeur ? Certainement pas. Et c'était plus drôle de garder une part de mystère.
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–Encore ? Grogna Rose, exaspérée.
Une nouvelle fois, la plaine fleurie s'étendait autour d'elle… et encore une fois, elle était avec une personne différente. Ça s'arrêtait quand cette histoire ? Ce coup-ci… c'était une odeur de terre et de plantes qui flottait dans l'air. Et le dos contre lequel elle était appuyée était large et solide, encore plus que les deux autres. La personne en question prit la parole à son tour, semblant embarrassé.
–Encore ? Que voulez-vous dire par là ? Demanda-t-il avec hésitation, semblant réaliser son état d'humeur.
Rose laissa échapper un soupir en réponse. Il n'avait pas à subir sa mauvaise humeur après tout, lui n'y était certainement pas plus pour quelque chose qu'elle.
–Désolée, dit-elle plus calmement. C'est juste que depuis deux nuits… je fais ce rêve, mais jamais deux fois avec la même personne. Vous êtes juste le troisième à qui je parle… et dont j'ignore l'identité.
Il cligna des yeux, étonné, avant de reprendre la parole.
–Je m'appelle ****** ******, et vous ? Dit-il, avant de cligner des yeux avec incrédulité, tandis que Rose éclatait de rire.
–Désolée, dit-elle lorsqu'elle put reprendre son sérieux. Mais les noms, qu'ils soient d'espèces ou nos propres noms, sont apparemment bloqués. Et si vous vous retournez, ça interrompra le rêve. J'ai pu le vérifier la nuit dernière.
–Donc… impossible de donner nos noms ? Demanda-t-il, perplexe et un peu ennuyé devant ça. Et un surnom ?
Rose pencha la tête pensivement. L'idée avait du mérite, effectivement. Pourquoi ne pas essayer ?
–Et quel genre de surnom vous me donneriez ? Demanda-t-elle, curieuse.
Il ne semblait pas être du genre à lui donner un nom ridicule, de ce qu'elle ressentait. Elle avait une impression… d'honneur venant de lui. Ce dernier pencha pensivement la tête, réfléchissant. Son interlocutrice lui paraissait… assez jeune, de ce qu'il entendait et ressentait dans son dos. Et l'air… sentait comme une fleur. Pas une qu'il connaissait, cependant, mais une odeur douce de fleur.
Après quelques minutes de réflexion, il finit par proposer quelque chose :
–Quelque chose comme… Petite Fleur ? Tenta-t-il, un peu hésitant.
Rose cligna des yeux, avant de pouffer légèrement, amusée.
–Adapté, dit-elle, incapable de garder le sourire hors de sa voix, étant donné que mes prénoms font référence à des fleurs.
Un sourire lui échappa à son tour. Il avait mit moins de temps à trouver un surnom pour ce gamin hyperactif qu'il avait décidé de prendre sous son aile, mais tout le monde l'avait adopté immédiatement, tant il était adapté. Entre son caractère hyperactif et son attention aussi limitée que celle d'un chiot… le surnom était juste parfait. Et celui qu'il avait trouvé pour cette jeune adolescente… était tout aussi parfait. Il était assez ennuyé de ne pas pouvoir avoir son vrai nom, mais le surnom était suffisamment adorable et respectueux. Reprenant la parole, sa voix grave et assurée résonna doucement dans cet endroit étrange.
–Et vous, quel surnom me donneriez-vous ? Demanda-t-il, sincèrement curieux.
Rose pencha la tête sur le côté à son tour, pensive. Elle n'était pas vraiment douée pour donner des surnoms aux gens, et même dans ses jeux, les noms donnés aux personnages ou bestioles (ou Pokémons), ou ceux de ses chevaux, n'étaient pas forcément terribles. Elle fit défiler des noms possibles dans sa tête, essayant d'en trouver en rapport avec les odeurs qui flottaient dans l'air. Terre et plantes principalement, avec un arrière-ton minéral, comme les pierres. Terra ? Non, pensa-t-elle en secouant la tête. Il n'avait aucun rapport avec le personnage de Kingdom Hearts. Golem ? Elle grimaça. C'était déjà mieux, mais pas encore adapté. Finalement, un nom ressortit parmi tous ceux auxquels elle pensait. Groot. Le nom de la plante humanoïde dans les Gardiens de la Galaxie. Le personnage était assez ridicule en lui-même, du peu qu'elle avait vu du film (elle n'avait jamais regardé plus que le début avant de mourir), mais avec les odeurs de plantes… c'était celui qui la frappait le plus. Par contre… pourquoi il avait fini en bébé plante en pot à la fin ?
Finalement, elle réalisa que son compagnon attentait patiemment une réponse, et se reprit. Elle avait assez digressé comme ça.
–Groot ? Suggéra-t-elle avec hésitation.
–Groot ? Répéta-t-il, perplexe. Il y a une raison à ça ?
–Hé bien… dit-elle, embarrassée, il s'agit d'une grande plante humanoïde. Et comme je sens une odeur de plantes et de terre…
Il renifla avec un certain amusement en entendant ça. Il était connu pour avoir la main verte parmi ses compagnons, et même si son ami d'enfance pestait contre sa tendance à faire pousser des plantes dans leur appartement commun… il arrivait à faire pousser des plantes dans la tour, ce qui était déjà un exploit, considérant l'état des plaines autour de la ville. Alors avoir un surnom en rapport avec les plantes ? Ça ne le dérangeait pas. Même s'il avait du mal à imaginer un arbre humanoïde.
Rose laissa échapper un discret soupir de soulagement en réalisant qu'il n'était pas vexé par le nom. C'était déjà ça. Elle n'avait pas vraiment envie de se retrouver à faire de nouveau des cauchemars. Elle laissa échapper un bâillement fatigué, encore épuisée de sa mauvaise nuit.
–Mauvaise nuit ? Demanda « Groot » gentiment.
Rose secoua la tête en réponse, se laissant aller contre le dos large et rassurant. La chaleur qui émanait de lui était agréable, et elle voulait en profiter le plus possible.
–J'ai passé l'année à faire des cauchemars sur l'assassinat de mes parents, répondit-elle sombrement. On a eut droit à des démons qui font remonter vos pires souvenirs à la surface. Je ne pouvais même pas prendre le risque de sortir de l'école, sinon je risquais de me faire attaquer par ces saloperies ! Soit-disant qu'elles étaient là pour notre protection ! Mon cul, oui !
–Votre protection ? Questionna-t-il, à la fois choqué et furieux. Protection contre quoi ? Et pourquoi personne n'a rien fait contre eux ?
Rose rit avec amertume, avant de commencer à lui expliquer son histoire. Elle ne parla pas des Dursleys, mais lui raconta ce qu'elle savait de son histoire, et ce qu'il était arrivé avec Sirius. La trahison de Pettigrew, l'assassinat de ses parents sous ses propres yeux quand elle était bébé, l'enfermement de Sirius, et son évasion en apprenant que Wormtail était dans la même école qu'elle… et surtout la même Maison.
Groot était furieux en entendant ça. Comment est-ce que les gens pouvaient être assez bêtes pour croire qu'un bébé aurait pu vaincre un terroriste adulte ? Et surtout… comment est-ce qu'ils avaient pu la traiter comme ça ? Un moment elle était leur Sauveuse, un objet de vénération, et l'autre, elle était l'incarnation de ce terroriste ! S'il avait été là… il leur aurait laissé savoir sa manière de penser concernant leur traitement de cette enfant ! Il était connu pour ses discours sur l'honneur dans l'armée… et surtout, son dégoût du harcèlement, comme un de ses amis. Il n'y avait aucun honneur à s'en prendre à plus faible que soi, ou quelqu'un d'aussi isolé qu'elle.
Il lui fit savoir, et Rose rit avec amertume.
–Les gens sont des crétins avec une mentalité de mouton. L'éducation n'aide pas, je l'admets, mais ils préfèrent croire ce qui est publié dans la presse ou que leurs « leaders » profèrent, sans penser par eux-mêmes. Aussi, ils sont des lâches qui préfère faire ce qui est facile plutôt que ce qui est juste. Les terroristes opéraient généralement à un contre dix, parfois plus, et avaient les rapports de force contre eux. Mais les gens étaient trop lâche pour vouloir se battre, et ils ont préféré garder la tête dans le sable plutôt que de faire face à la réalité… et si leur chef ne m'avait pas attaquée… le gouvernement serait tombé dans les semaines qui auraient suivies.
Il secoua la tête avec dégoût.
–Et que comptez-vous faire ? Demanda-t-il.
Rose soupira.
–Honnêtement… une partie de moi envisage sérieusement de tout plaquer et de les abandonner à leur sort. La seule raison pour laquelle je ne le fais pas… c'est que le terroriste en chef est toujours en vie, et qu'il ne me lâchera pas la grappe. De plus… j'ai quelques personnes auxquelles je tiens dans ce monde de tarés. Et je n'ai pas l'intention de laisser le meurtre de mes parents impuni. Je n'ai pas envie de tuer, mais…
–Comment ça ? Demanda Groot, perplexe et furieux. Vous n'êtes pas en train de me dire que les gens s'attendent à ce que vous tuiez quelqu'un de vos propres mains ? Vous n'êtes même pas une guerrière, ni même une adulte !
Rose ne put retenir l'amertume et la colère dans sa voix.
–Ils s'en foutent. Tout ce qu'ils veulent… c'est un bouc émissaire à blâmer quand les choses vont mal, et un agneau sacrificiel pour le reste. Oh, je ne doute pas qu'ils me feront des funérailles grandioses si je viens à claquer « héroïquement » en tuant ce taré… mais ça me servira à quel dalle. J'ai pas envie de crever, ou de devenir une meurtrière, mais les adultes refusent de prendre les choses en main. Alors j'ai pas trop le choix.
Groot partageait sa colère. S'il avait été là, il aurait tout fait pour qu'elle ne soit pas obligée d'en arriver là. Fermant les yeux, il respira à fond pour reprendre son calme. Ce n'était pas comme s'il pouvait faire quelque chose pour l'aider… si ce n'est lui offrit son soutien et sa présence. Après tout… ce n'était qu'un rêve.
Délibérément, il détourna le sujet pour parler d'autres choses, essayant de la distraire et de lui remonter le moral. Ça sembla fonctionner, au moins en partie, parce que sa voix se fit plus légère et plus heureuse. L'amertume ne disparut pas totalement, mais il sentit qu'elle appréciait ses efforts pour la distraire.
Au bout d'un moment, il remarqua que ses réponses se faisaient de plus en plus espacées et distraites, jusqu'à s'arrêter complètement. Il mit quelques instants avant de réaliser qu'elle s'était endormie, et secoua la tête avec tristesse et amusement. Visiblement… elle avait encore plus mal dormi que ce qu'il pensait. Laissant échapper un léger soupir, il décida de la laisser dormir… si toutefois on pouvait dormir dans un rêve.
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Il ouvrit un œil, mal réveillé, avant de soupirer, voyant l'heure. Il fallait qu'il se lève pour préparer le petit déjeuner pour ses amis, même s'il aurait aimé continuer à parler avec Fleur. Sur ses deux amis… l'un était un pyromane invétéré, et l'autre n'était pas un grand cuisinier. Oh, il était capable de faire à manger, pas de problème de ce côté-là, mais il n'y prenait guère de plaisir. Et il avait assez à faire comme ça. Le concernant… ça ne le dérangeait pas de cuisiner, et il aimait même ça. Et même le gamin hyperactif qu'il avait pris sous son aile adorait sa cuisine.
Il se leva avec un grognement, s'étirant pour dénouer ses muscles. Se dirigeant vers la cuisine, il se prit à réfléchir à ce gamin hyperactif. Il avait à peine l'âge requis pour entrer dans l'armée (et il était quasiment certain qu'il s'était enfuit de chez lui), mais… il sentait le potentiel dans ce gamin. Il l'avait vu avec une épée en main… et par la Déesse, le gosse avait du talent. Hyperactif, certes, et avec une attention encore pire que celle d'un chiot, mais un talent rare, du genre qu'on trouvait une fois sur mille.
Et il n'avait pas l'intention de voir ce talent être perdu juste parce que les instructeurs n'arrivaient pas à suivre avec ce gamin. L'apprentissage était peut-être une pratique qui se perdait… mais s'il le prenait sous son aile… il voyait bien le garçon progresser à une vitesse jamais vue.
Son esprit dériva de nouveau, et il se prit à repenser aux rêves qu'il faisait jusque-là.
Depuis aussi loin qu'il s'en souvenait… il rêvait d'une fleur. Cependant... malgré toutes ses recherches, il n'avait jamais trouvé de quelle espèce il s'agissait. Les pétales étaient noirs comme le jais, et les feuilles d'un vert éclatant. Au début, la fleur était fermée, comme le sont certaines fleurs la nuit, ou comme lorsqu'elles sont encore en boutons. Et puis, plus le temps avait passé… plus la fleur avait semblé… malade ? En tout cas, elle avait commencé à flétrir très rapidement dans ses souvenirs.
Parfois… il se souvenait qu'elle se recroquevillait, comme si elle manquait de nutriments. Le sol sur lequel elle semblait pousser paraissait pourtant fertile, mais… c'était comme si quelqu'un bloquait les nutriments, les empêchant de l'atteindre. Comme si on lui refusait l'engrais dont elle avait cruellement besoin. Et il était impuissant à l'aider. Et les symboles qui étaient gravés sur les feuilles… ils lui donnaient envie de trouver la personne responsable… et de lui faire savoir sa façon de penser. Il n'arrivait pas à les déchiffrer (et pourtant, il avait cherché…), mais il sentait instinctivement qu'ils n'étaient juste pas bons pour la fleur.
Et pourtant… elle continuait à… refuser de se laisser abattre ? En tout cas, c'était l'impression qu'il avait. Elle avait commencé à s'ouvrir ces dernières années, malgré son état maladif. Et malgré cela… elle semblait… tenir le coup ? Comment ? Il lutta pour garder son calme en repensant à un rêve qu'il avait fait l'année dernière. La fleur… il ne savait pas du tout ce qu'il lui était arrivé, mais elle s'était mise à… pleurer ? Elle avait en tout cas émit des gémissements de douleurs (et ô combien il avait senti qu'il s'était passé quelque chose de très, très grave…), et les pétales avaient été comme… lacérés, laissant couler du sang. Il se rappelait encore de son état de fureur quand il s'était réveillé. Personne n'avait osé l'approcher de la journée, les gens trop effrayés par sa colère incompréhensible et sans aucune cause apparente, surtout étant donné qu'il avait totalement détruit une salle de réalité virtuelle avec son épée, tellement il avait été furieux. Il se contrôlait normalement beaucoup mieux que ça, et il en fallait habituellement beaucoup pour lui faire perdre son calme. Mais là… Il avait été incapable de retenir sa force, et au lieu de simplement détruire les monstres auxquels il faisait face, il en était arrivé au métal, tant il avait frappé fort. Personne n'avait rien osé lui dire, cependant, tant cette colère était hors de caractère pour lui. Qu'est-ce qui avait put arriver à cette fleur ?
Son train de pensées l'amena au rêve qu'il venait de faire. Étrangement… cette fille avec qui il venait de parler dans ce rêve… lui faisait penser à cette fleur. Affaiblie, amère… mais refusant de renoncer. Malgré les obstacles auxquels elle faisait face.
Groot se mit à siffloter tout en préparant le petit déjeuner, essayant délibérément de penser à ce gamin qu'il voulait entraîner, sachant que son ami d'enfance serait très vite attiré par les odeurs de nourritures (on pouvait lui ajouter l'étiquette de ventre à pattes en plus de pyromane, se dit-il avec amusement en le voyant entrer dans la cuisine, les yeux à moitiés fermés), et que leur autre ami viendrait prendre une nouvelle tasse de café d'ici peu, avec des pancakes pour la faire passer et tenir jusqu'au repas de midi.
Tout le problème… ça serait de convaincre son ami d'enfance de ne pas donner cours à sa jalousie en voyant qu'une autre personne rejoignait leur petit groupe. Mais il avait ses méthodes. Et puis ce n'était pas comme s'il allait le négliger. Il ne perdrait pas sa place dans son cœur, même si une autre personne venait s'y ajouter.
Saluant leur ami, il commença la longue et difficile tâche d'expliquer à son ami d'enfance sa décision de prendre un apprenti. Bien sûr, comme il s'y attendait, sa réaction fut exagérée et très théâtrale. Le truc était de l'empêcher de prendre de la vitesse et de le stopper le plus rapidement possible. Ça n'empêchait pas qu'il devrait recommencer régulièrement, jusqu'à ce que ça pénètre dans son crâne épais.
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Rose se réveilla doucement, et mit un certain temps avant de réaliser qu'elle était de retour dans son lit, et plus dans cette plaine étrange. Bâillant, elle se leva, son esprit toujours sur ses rêves. Étrangement… ça lui rappelait cet endroit où Aerith parlait à Cloud, la Rivière de la Vie. Elle renifla avec ironie en pensant à ça. C'était pas comme si elle pouvait communiquer avec un tout autre fandom ! Rose secoua la tête avec un certain chagrin en pensant à ça. La puissance nécessaire pour passer d'un univers à l'autre était énorme, si elle se fiait à Stargate SG1. Ils s'étaient carrément servi d'un trou noir pour connecter les univers ! Par contre… comment le miroir quantique pouvait fonctionner dans ce cas ?
Son esprit continua à tourner sur ces traces pendant toute la journée, la distrayant. De toute façon, maintenant que les examens étaient passés… elle était tranquille. Plus besoin de prêter autant attention. Bien sûr, Hermione n'était pas vraiment de cet avis, mais si Rose était plus détendue… ça ne voulait pas pour autant dire qu'elle se relâchait. Juste… qu'elle ne se prenait plus autant la tête.
Ron, de son côté, semblait étrangement pensif, à la plus grande perplexité de Rose. Pourquoi ? Elle se demanda si ça voulait dire qu'il avait pris conscience de quelque chose, avant de secouer la tête. Faut pas rêver, se dit-elle en reniflant. Elle n'était pas aussi chanceuse.
La journée se déroula sans anicroches, et, sans qu'elle ait vu le temps passer, se retrouva le soir. Comme d'habitude, Rose se prépara pour la nuit, se demandant à qui elle parlerait cette fois, ou si elle allait faire des cauchemars. Elle soupira avec lassitude. Une partie d'elle espérait pouvoir parler avec Mr Glace et Cuir, ou alors avec Groot. Mr Pomme et Fumée, par contre… elle était moins sûre de ça. Il n'avait pas l'air désagréable, mais… il semblait un peu… décalé. Et il lui faisait vaguement penser à Ron sur les bords. En moins grave, mais quand même.
Tirant les draperies autour d'elle, elle se blottit sous les couvertures avec un soupir. Une partie d'elle… ne voulait pas dormir seule. Elle… aurait aimé dormir contre quelqu'un qui la protégerait contre les mauvais rêves. Comme Groot. Il… lui avait donné l'impression d'être en sécurité. Les deux autres aussi, maintenant qu'elle y réfléchissait. Pas tout à fait de la même façon… mais elle s'était sentie en sécurité avec eux aussi. Un reniflement lui échappa. C'était pas avec les Dursleys qu'elle ressentirait ça.
Secouant la tête, elle se tourna de l'autre côté, tirant les couvertures pour cacher sa tête. Les Dursleys… n'étaient pas une famille pour elle. Pas de la même façon que ce qu'elle voyait au Burrow, avec les Weasleys. Ces gens… étaient seulement des personnes avec qui elle avait le malheur d'être apparentée. Et pour ces… « personnes », il était clair que ça ne signifiait rien.
Rose s'obligea à penser à autre chose. Ce genre de pensées… était garanti de lui faire passer une très mauvaise nuit. Mais jusqu'à maintenant… elle n'avait jamais consciemment pensé à ça. Parce qu'en tant que Rose… elle n'avait jamais connu rien d'autre. C'était seulement grâce à sa vie précédente qu'elle savait que ce qui se passait avait des connotations bien plus sinistres que ce qu'elle avait pensé.
Elle soupira, et essaya de vider son esprit pour arriver à s'endormir. Malgré tout, son esprit ne cessait de revenir à ces trois personnes avec qui elle parlait. Qui étaient-ils ?
Le sommeil finit par s'emparer d'elle sans même qu'elle s'en rende compte, et l'emmena vers une nouvelle rencontre… qui serait la dernière.
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Encore ? Pesta Rose dans son esprit, exaspérée. J'en ai marre de ces conneries moi !
Une nouvelle fois, la plaine fleurie s'étendait autour d'elle… et encore une fois, elle était avec une personne différente. Bordel, ça faisait au moins la quatrième personne avec qui elle se retrouvait dans ce rêve ! Cette fois, cependant… était légèrement différente, avait-elle l'impression. Pour commencer… la personne avec elle (encore un homme apparemment) était plus petite que les trois autres avec qui elle avait parlé jusque-là. Est-ce qu'il était plus jeune ? De plus… il vibrait presque littéralement dans son dos, comme un chiot surexcité.
Elle fronça les sourcils, un peu perplexe. Elle n'arrivait pas vraiment à reconnaître les odeurs présentes cette fois-ci. Il y avait comme une odeur de… forêt humide ? En tout cas, ça ressemblait à ces fois où elle s'était retrouvée en forêt après une pluie. Il y avait aussi une autre odeur qui flottait dans l'air… une odeur étrangement fruitée et douce, presque sucrée. Elle n'arrivait pas à la reconnaître par contre. Peut-être un fruit exotique ?
Elle soupira tout doucement. Les Dursleys refusaient de manger des fruits trop « exotiques », parce que ce n'était pas quelque chose que les gens « normaux » mangeaient… sauf quand ils coûtaient cher. Et quand c'était le cas, elle pouvait toujours rêver (littéralement) pour goûter ça.
Un peu ennuyée par la personne (le garçon ?) qui vibrait dans son dos, elle prit la parole :
–Vous voulez pas vous calmer un peu ? On dirait un chiot surexcité !
Son interlocuteur se figea, visiblement surpris, avant de geindre (vraiment comme un chiot) :
–Pas encore ! Mais pourquoi tout le monde n'arrête pas de me comparer à un chiot ? Gémit-il d'un air dépité.
Rose ne put s'empêcher de rire en entendant ça.
–Vraiment ? Qui d'autre vous appelle comme ça ?
–Mon mentor, ****** ******, il est… Quoi ?
Rose se remit à rire.
–Désolé mon grand, mais impossible de donner des noms ici. C'est un peu pénible, mais on fait avec !
–Comment vous savez ça ? Demanda-t-il avec curiosité.
Il mourait d'envie de se retourner pour voir à qui il parlait, mais quelque chose l'en empêchait. Il sentait que s'il le faisait, le rêve s'interromprait. Et il n'avait pas vraiment envie de ça. Il se demanda quelle âge elle pouvait avoir. De ce qu'il sentait dans son dos et sa voix, elle devait être à peine plus jeune que lui. Il la sentit hausser les épaules, s'appuyant contre lui.
–Déjà rêvé de trois autres personnes, et pas moyen de donner mon nom… ou d'avoir le leur, même si l'un d'eux était une andouille et a essayé de se retourner. Spoiler, ça a arrêté le rêve direct !
Le garçon renifla.
–Quel idiot. Il savait que ça allait faire ça au moins ?
–Ouaip, mais ça l'a pas arrêté ! Pourtant, je l'avais prévenu. Après, il n'avait pas l'air d'apprécier ma vision du statut de héros.
–Comment ça ? Demanda-t-il, mi-vexé mi-perplexe.
Elle avait quoi contre le statut de héros ? C'était son rêve en plus… enfin, pas celui dans lequel il se trouvait actuellement, mais ce qu'il rêvait de devenir. Il la sentit soupirer, soudain lasse et amère.
–Être un héros, ça n'a rien de génial, bien au contraire. Tout le monde attend tellement de vous que vous ne pouvez juste pas contenter tout le monde. Et qu'est-ce que vous récoltez à la fin ? Rien, si ce n'est la solitude. Faut vraiment aimer les fins merdiques pour vouloir être un héros.
–Vous le pensez vraiment ? Questionna-t-il, étonné et attristé pour elle.
Pourquoi est-ce qu'elle était aussi pessimiste ? Être un héros ce n'était pas si mal… non ? Non ? Il l'entendit soupirer, comme si elle avait la misère du monde sur ses épaules.
–De mon expérience personnelle… oui. Je suis célèbre pour avoir soit-disant vaincu le terroriste qui a assassiné mes parents, répondit-elle avec amertume. Comme si un bébé de quinze mois était capable de faire ça ! Mais non, puisque ma mère avait des parents qui n'avaient pas de magie, elle ne pouvait pas faire ça ! Les gens sont des crétins avec une mentalité de mouton. Ils préfèrent croire que j'aurais été capable de faire ça, plutôt que d'accepter que ma mère ait trouvé le moyen de faire quelque chose pour me protéger !
Il secoua la tête, écœuré. Pourquoi certains étaient aussi idiots ? Quoique là, de ce qu'elle disait, c'était plutôt la société entière qui avait un problème. Il décida de changer le sujet, voulant la tirer de ses pensées déprimantes.
–Et du coup… si on ne peut pas donner nos noms… est-ce qu'un surnom est possible ?
Rose pouffa.
–Un surnom c'est tout à fait possible. Une des personnes avec qui je parlait… m'a surnommée Petite Fleur.
Il cligna des yeux, avant de pouffer à son tour.
–C'est joli, dit-il avec amusement. Et vous me donneriez quoi comme surnom ? Pas Le Chiot j'espère !
Rose éclata de rire en réponse.
–Mais c'est pourtant tellement adapté ! Vous vibrez comme un chiot !
–Maieuh ! Gémit le concerné, secrètement heureux malgré tout d'arriver à la faire rire. C'est pas juste, tout le monde m'appelle déjà comme ça !
–On se demandera pas pourquoi ! Répliqua Rose, amusée.
Le rêve continua ainsi, les deux adolescents se chamaillant gentiment, mais sans chaleur. Plus comme deux adolescents venant de se rencontrer, et qui se sont rendus compte qu'ils étaient parfaitement compatibles. Rose… appréciait cette nouvelle rencontre. Son interlocuteur était fun, gentil, et juste adorable de manière générale. Au point que, très rapidement, ils se mirent d'accord pour se tutoyer. En plus, ils semblaient avoir le même âge, à peu de choses près. Son enthousiasme… remontait réellement le moral de Rose… et ô combien elle en avait besoin avec sa vie.
Rose ne regrettait qu'une seule chose avec ces rêves… c'était qu'ils ne lui permettaient pas de voir à qui elle parlait.
U.
oOo
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Le garçon se réveilla en sursaut lorsque la sonnerie du réveil résonna dans le dortoir, et grogna avec désespoir. Pourquoi il fallait toujours que les rêves s'arrêtent au meilleur moment ? Il ne mit pas très longtemps à rebondir, par contre, son caractère enjoué et pétillant reprenant rapidement le dessus.
Cependant… il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce que Petite Fleur (il décida rapidement de l'appeler simplement Fleur dans son esprit) avait dit en parlant du statut de héros. Pourquoi était-elle aussi pessimiste ? Qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver pour qu'elle soit comme ça ? Et pourquoi il n'avait pas rêvé de la fleur comme d'habitude ? Les pétales de celle-ci étaient noirs comme le jais, et les feuilles d'un vert éclatant, et elle ne ressemblait à aucune fleur qui poussait autour du village. Chiot se demanda si elle allait bien. Depuis aussi longtemps qu'il s'en souvienne… la fleur lui avait donné l'impression d'être… malade ? En tout cas, en mauvaise santé. Parfois… elle lui avait donné l'impression de flancher sous l'effet de l'épuisement, comme si elle était forcée de continuer à faire des corvées alors même qu'elle était déjà fatiguée. Et ces étranges symboles qui étaient gravés sur les feuilles… le Chiot n'avait aucune idée de ce qu'ils signifiaient (et pourtant il savait parfaitement lire, quoi que puissent dire les mauvaise langues), mais quelque chose lui disait qu'ils étaient responsable de l'état de la fleur.
Et ça le mettait en colère. Parce qu'il ne fallait pas être un génie pour deviner que si ça continuait… la fleur risquait de mourir un jour. Le Chiot avait envie de voir la fleur en pleine santé. Parce qu'elle était quand même belle, malgré son état de santé maladif. Et si les symboles pouvaient disparaître… il était certain qu'elle serait absolument magnifique. Une pure merveille à contempler.
Il gronda avec colère en repensant à un rêve qu'il avait fait juste après être entré dans le programme de l'armée. La fleur… il ne savait pas ce qu'il lui était arrivé, mais la fleur s'était mise à… pleurer ? Elle avait en tout cas émit des gémissements de douleurs (et ô combien il sentait que quelque chose de vraiment horrible était arrivé), et plusieurs pétales avaient été déchiré, faisant saigner la fleur. Il se rappelait encore de son état de fureur brûlante quand il s'était réveillé. Il avait été le dernier à se réveiller, et avait terrifié les autres occupants du dortoir en se réveillant avec une lueur de meurtre dans les yeux. Il était à peu certain qu'au moins quelques-uns s'étaient pissés de trouille quand il s'était assit brutalement en grondant de rage, soudain parfaitement réveillé… et très énervé. C'était tellement peu en rapport avec son caractère que tous les autres occupants du dortoir l'avaient regardé avec de grands yeux effrayés, un seul assez courageux pour lui demander si tout allait bien. Il n'avait pas pu s'empêcher de feuler que non, ça n'allait pas, et que s'il trouvait celui qui avait fait saigner la fleur, il allait lui faire bouffer une épée par l'anus !
Les autres l'avaient regardés avec un mélange de peur et d'incompréhension, surtout en voyant que sa colère ne se calmait pas… et qu'il arrivait à soulever une épée presque aussi lourde que celle d'un des commandants, détruisant d'un coup d'épée les mannequins d'entraînement, au point qu'ils avaient dû être mis à la poubelle. Finalement, sa colère était retombée, et son caractère naturel avait reprit le dessus. Mais il avait quand même fallu des semaines pour qu'ils arrêtent de le regarder avec inquiétude. Le souvenir était resté, et personne n'avait osé faire de commentaire sur la fleur par la suite, surtout en voyant que ça faisait remonter la colère à la surface. Moins violente que la première fois, mais assez pour que tout le monde évite le sujet s'ils pouvaient. Convenant tacitement qu'il s'agissait d'un sujet tabou.
Il rejoignit les autres occupants de son dortoir dans la cafétéria, ignorant les regards jaloux et les murmures dans son dos avec son enthousiasme habituel. Être repéré par un des Commandants était le rêve de tous les cadets (sauf concernant le pyromane, tous préféraient éviter d'attirer son attention, et par la même les boules de feu qu'il balançait comme des confettis), et lui avait réussi ça en à peine quelques semaines. Il savait que les instructeurs peinaient à le suivre, et pourtant, il faisait son possible. Mais il n'arrivait juste pas à focaliser son attention plus de cinq minutes (son record était de 8, et parce qu'il voulait absolument apprendre ces katas à l'épée), et pourtant c'était pas faute d'essayer.
Pourtant… quand il avait… partagé ? Son énergie avec la fleur… sa concentration s'était améliorée. Pas longtemps, mais il se souvenait que quant il lui partageait son énergie… il était mieux arrivé à se concentrer. Ça n'avait pas duré plus d'un jour ou deux, au grand chagrin de ses parents, mais il se rappelait bien de ces épisodes. Le problème… c'est qu'il n'avait jamais compris comment faire. Et pourtant, il aurait aimé continuer. Pas tant pour lui.. que pour la fleur. Il avait la vague impression qu'elle allait en avoir besoin. Impossible de savoir pourquoi, par contre. Et ça le rongeait vaguement, entre deux pensées distraites.
Avec un soupir, il essaya de se concentrer sur les cours. Mais il n'arrivait pas à ôter la fleur (et Fleur) de son esprit. Pourquoi ça lui paraissait aussi important ?
U.
oOo
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Rose se réveilla en sursaut… et maudit une nouvelle fois le réveil qui avait sonné au milieu du rêve. Ça faisait déjà la deuxième fois que ça arrivait ! Elle soupira avec agacement en se frottant le visage.
Ces rêves étaient vraiment bizarres. À qui elle pouvait bien parler ? Et surtout, pourquoi quatre personnes ? Si ça continuait, elle allait finir en polygamie avec ces quatre-là. Ou est-ce que c'était appelé de la polyandrie ? Se demanda-t-elle en fronçant les sourcils. Elle se rappelait vaguement avoir lu quelque chose là-dessus dans son ancienne vie.
Un reniflement ironique lui échappa en pensant aux Dursleys. Pour eux, ça serait une nouvelle preuve de son « anormalité ». Déjà qu'ils ne pouvaient pas la voir en peinture, elle doutait qu'ils hésitent à la traiter de pute s'ils venaient à apprendre ça. Leur avis lui importait peu, désormais, pour être honnête. Même s'il était difficile de surmonter des années de conditionnement.
Avec un soupir, elle se leva, se préparant pour la journée à venir. Elle pouvait à peine attendre que l'année soit finie. Elle voulait absolument échapper à Dumbledork. Son esprit n'appartenait qu'à elle, et Rose avait déjà assez d'un taré pouvant potentiellement fouiller dans son esprit via leur lien. Elle avait assez à faire comme ça !
–Si j'étais vraiment l'héritière de Slytherin, maugréa Rose pour elle-même, je demanderais bien à Hogwarts de faire en sorte que Dumbledork ne puisse pas se rendre compte que je commence à lui échapper. J'ai pas encore envie de le virer, ce vieux bouc peut toujours servir, ne serait-ce que comme épouvantail face à Voldy. J'aimerais aussi pourvoir récupérer la carcasse du Basilic, pas question que ce vieux schnock se remplisse les poches avec l'or, après tout c'est moi qui ait risqué ma peau pour la tuer !
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oOo
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Rose l'ignorait, mais ses mots avaient été entendus par l'école. Et dire que cette dernière n'était pas satisfaite des actions de son directeur revenait à dire que l'océan était humide. Un euphémisme de proportion gargantuesque.
Cependant… Hogwarts avait également conscience que Riddle, alias Voldemort, représentait une menace encore plus grande pour les enfants… même si la qualité toujours décroissante de l'éducation lui posait également problème. Après tout… le but d'une école était de préparer les enfants à rejoindre la vie active. Et il y avait eut suffisamment de professeurs dévoués à leur profession pour imprégner ce désir d'apprendre et d'enseigner dans les murs même du château.
La protection des enfants, et plus encore des héritiers, était également quelque chose que les Fondateurs avaient littéralement gravés dans l'école, et de telle façon que Dumbledore avait été incapable de la retirer sans encourir la colère de l'école. Oh, il avait fait son possible pour affaiblir les protections (un exemple flagrant était le troll deux ans auparavant, ou le journal l'année précédente), sans compter son refus de laisser l'école s'occuper de la malédiction sur le poste de Défense.
Et plus le temps passait, moins Hogwarts éprouvait de patience envers ses actions. Le coup de grâce avait commencé avec l'arrivée de Rose dans l'école. Ce que le Choixpeau avait découvert dans l'esprit de l'enfant… avait été source de fureur pour la conscience de l'établissement. Hélas… elle ne pouvait pas agir d'elle-même. Une sécurité mise en place par ses créateurs… au cas où. Même si Rose n'en avait pas eut conscience… ses mots avaient activé une sécurité mise en place par les Fondateurs, au cas où le Directeur viendrait à représenter une menace pour les élèves alors qu'il y avait un Héritier présent. Si jamais l'Héritier venait à exprimer des inquiétudes concernant sa propre sécurité, ou celle des élèves, l'école pouvait prendre des mesures pour corriger ça.
En l'occurrence, Rose ayant exprimé une inquiétude pour sa propre sécurité, Hogwarts était libre de faire en sorte que Albus Dumbledore ne se rende compte de rien. Et d'employer toutes les méthodes nécessaires pour ça. Pour le moment, elle ne pouvait pas faire grand-chose, étant donné qu'il n'avait encore fait aucun mouvement hostile envers Rose. Mais elle pouvait… freiner l'effet des sortilèges apposés sur Rose. Pas les détruire complètement, hélas, pas sans une demande de Rose elle-même, mais elle pouvait en atténuer les effets. De plus, elle pouvait refuser l'entrée de la Chambre des Secrets à Dumbledore, quoi qu'il fasse. Rose était désormais la seule à pouvoir entrer.
Et le jour où Rose donnerait le feu vert pour se débarrasser de Dumbledore/la malédiction de Voldemort… les portes de l'enfer s'ouvriraient. Et Hogwarts prendrait plaisir à éjecter le vieux bouc hors de son enceinte… sans compter lui refuser un portrait dans le bureau du Directeur. Minerva McGonagall ferait une bien meilleure Directrice… si elle acceptait de déléguer quelques-une de ses responsabilités.
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À suivre…
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Étant donné que Renaissance du Cauchemar n'avait pas envie de coopérer, pas plus que le Préquel, j'ai commencé cette histoire, dont le plot bunny refusait de me laisser en paix. Je reviendrais sûrement en direction des deux autres à un moment ou à un autre.
Tant que j'y pense… si l'histoire ne vous plaît pas (ou le pairing), barrez-vous, et ne revenez pas, merci. Les critiques négatives non constructives finiront au feu virtuel, merci, ça me réchauffera.
Les prochains chapitres seront chacun consacrés à un personnage, avec des rêves comprenant Rose entre deux.
À la prochaine, et bonne lecture ! o/
