Bonjour à tous!
Petit rappel de ce qui c'est passé aux précédents chapitres:
Kécile s'est fait attaquer début juin par un mangemort dans Poudlard et a sombré dans un sommeil magique. La dernière tâche est sur le point de commencer et elle ne se réveille toujours pas. Au contraire, c'est à ce moment là que Voldemort l'atteint par l'esprit alors qu'il s'apprête à prendre possession de la protection que Lily a donné à Harry dans le rituel du cimetière. Il tente de la faire revenir de son côté. Face à son refus, il la comdamne à ne jamais se réveiller et donc à mourir dans une longue agonie. Mais Harry réussit à s'échapper du cimetière et à retourner à Poudlard. Voldemort donne donc un sursis à Kécile. Elle doit lui êtr encore utile. Elle tuera Harry.
Chapitre LX : La mission de Rogue
Kécile ouvrit les yeux d'un coup, et elle eut l'impression de respirer pour la première fois depuis une éternité. Elle reconnut immédiatement l'infirmerie et un immense soulagement aurait dû la saisir. Au lieu de cela, elle se dressa sur son séant, tremblant de tout son corps. Comment avait-il pu l'atteindre ? Comment ? Elle n'était pas protégée. Elle avait raison, elle était un danger pour les autres ! Il avait dit qu'elle tuerait Harry. Elle ne savait pas comment Il allait s'y prendre pour l'y forcer, mais elle n'avait aucun doute : Il parviendrait à ses fins.
Elle bondit brusquement hors du lit et se retint de ne pas hurler à l'aide. Au même moment, des clameurs inhabituelles lui parvenaient du stade de Quidditch. Elle en était sure. Ils avaient découvert la mort de Diggory.
Sans écouter Mme Pomfresh qui surgissait de son bureau, elle se rua hors de l'infirmerie. Il fallait qu'elle trouve Dumbledore ou Severus. Il fallait qu'elle leur dise. Ils devaient savoir. A n'importe quel moment, le Seigneur des Ténèbres pouvait reprendre le contrôle de son esprit. Et alors, que lui ferait-il faire ? Qu'est-ce qui lui disait qu'il ne maîtriserait pas aussi son corps ?
Elle trébucha dans les escaliers et se raccrocha à la rampe, tellement ses jambes tremblaient, mais elle continuait de courir. Elle ne voulait plus être seule. Elle voulait qu'ils sachent. Elle voulait que ce soit Dumbledore et Severus qui sachent, qui lui promettent qu'ils la surveilleraient, qu'ils ne la laisseraient pas devenir une meurtrière... à nouveau.
Au moment où elle bondissait dans le parc, elle croisa Maugrey et Harry, l'air hagard et en piteux état. Elle ne devait pas rester près de lui . Et si le Seigneur des Ténèbres en profitait ? Elle continua sa course en direction du stade. Pourtant, ses jambes restées immobiles sans doute plusieurs jours commençaient à se dérober sous elle. Il fallait qu'elle s'arrête, mais elle voulait à tout prix trouver Dumbledore avant. Au moment où elle sentait qu'elle n'allait plus pouvoir tenir, en vue du stade, alors qu'elle cherchait l'énergie au plus profond d'elle-même, elle le vit enfin. Avec Severus et McGonagall. Leur visage laissa transparaître leur surprise à la voir debout hors de l'infirmerie, mais ils avaient apparemment des choses plus urgentes à faire que de s'occuper d'elle.
- - Voldemort..., il va...
Nous savons, Kécile, coupa Dumbledore d'un ton sec. Retourne à l'infirmerie.
- Severus, dit Kécile en se tournant vers le professeur de potion, il faut que vous m'aidiez, il...
- Pas, maintenant, Kécile, insista Severus. Ne restez pas dehors, nous vous rejoignons à l'infirmerie.
Et il l'écarta de son chemin pour suivre les deux autres professeurs qui montaient déjà les marches du château.
Désemparée, livrée à elle-même, Kécile s'effondra dans l'herbe en gémissant, terrorisée à l'idée de rester seule. Ils ne comprenaient pas ! Il était là, tapi dans son esprit ! Elle avait besoin d'eux, elle pouvait être dangereuse et...
- Kécile ?
Elle se retourna pour voir Ron et Hermione, cette dernière le visage strié de larmes, qui revenaient vers le château.
- Kécile, Cédric a été tué et Harry...
- Je sais, murmura-t-elle, l'air hagarde. Je l'ai vu...
- Allons retrouver Harry, dit Ron, vaguement inquiet de la voir ainsi, en l'aidant à se lever.
Elle semblait dans un état à peine mieux que Harry.
- Il doit être à l'infirmerie, viens, ajouta-t-il en l'entraînant alors que sa camarade tentait de résister.
- Je ne peux pas !
- Kécile, tu ne peux pas rester là, tu trembles, tu dois être malade. Viens.
Tant bien que mal, Ron et Hermione qui tremblait elle aussi, guidèrent Kécile jusqu'à l'infirmerie.
Elle fut soulagée de constater que Harry n'y était pas.
- Miss Gaunt ! S'exclama Mme Pomfresh en fondant vers elle tel un vautour. Etes-vous folle de partir ainsi comme une furie ? Venez vous rallonger que je vous examine.
- Je dois voir le directeur! s'écria Kécile en s'agitant subitement. Je dois voir Severus. Ils doivent savoir.
- Vous avez avant tout besoin de repos, Miss Gaunt. Vous tremblez comme une feuille. Buvez-moi ça, dit-elle en lui tendant une potion de Sommeil sans rêve.
- Non ! S'exclama Kécile, paniquée à l'idée de dormir. Il pourrait revenir ! Il va m'obliger à...
- Miss Gaunt, fit Mme Pomfresh qui constatait l'état perturbée de sa patiente avec quelques inquiétude. Ne m'obligez pas à vous faire avaler cette potion de force.
- Mais vous ne comprenez pas ! Hurla Kécile, perdant tout contrôle sur ses nerfs alors que le gobelet que tenait l'infirmière explosait. S'il-vous-plaît, finit-elle en gémissant.
Et elle se roula en boule sur un lit, le regard fixé sur le mur en face d'elle, décidée à ne plus bouger tant que l'un des deux hommes ne viendrait pas.
XXXX
Severus regardait Barty Junior Croupton et l'elfe qui sanglotait auprès de lui avec un dégoût non feint.
- Severus, dit Dumbledore, et il pouvait voir que le directeur faisait de louables efforts pour contenir sa fureur, pourriez-vous demander à Mme Pomfresh de descendre ici ? Il faut transporter Alastor Maugrey à l'infirmerie. Vous irez ensuite chercher Cornelius Fudge dans le parc et vous le ramènerez dans ce bureau. Il voudra sûrement interroger Croupton lui-même. S'il a besoin de moi, dîtes-lui que je serai à l'infirmerie dans une demi-heure environ.
Severus acquiesça et quitta la pièce sans un mot.
Ainsi, on y était. Voldemort avait l'intention de réapparaître au grand jour. Quoiqu'il pensait aussi se débarrasser du garçon, un pan important de son plan qui avait échoué. Mais maintenant, le ministère ne pourrait plus nier et rien ne servirait alors de continuer à se cacher. C'était la guerre ouverte.
Le professeur de potions venait d'atteindre l'infirmerie et fut tiré de ses pensées par un cri.
- Severus !
Il eut à peine le temps de voir Kécile se précipiter vers lui qu'elle s'était jetée contre lui et s'agrippait à sa robe comme si elle allait se noyer tout en sanglotant.
- Severus ! Il va m'avoir ! Il veut que je tue Harry ! Il me l'a dit !
Bien, il était peut-être temps qu'il prenne quelques minutes pour s'occuper d'elle. Le sort qu'elle avait subi, du peu qu'il en savait, était assez terrible. C'était déjà un immense soulagement de la voir vivante, et s'il n'y avait pas eu tous ses terribles événements ce soir, il aurait sans doute pu le ressentir plus vivement. Mais la jeune fille semblait complètement perdue et il était temps que quelqu'un prenne un peu de temps pour la rassurer.
- Mme Pomfresh, le directeur veut vous voir dans le bureau du professeur Maugrey. Et si vous pouviez trouver quelqu'un pour aller chercher le Ministre et l'y mener également, ce serait aimable à vous. Je vais m'occuper de Miss Gaunt.
- Oh, fit Mme Pomfresh avec un certain soulagement. Elle vous réclame depuis plus d'une demi-heure. Je monte alors.
- Severus, Harry est en danger.
- Chut, Kécile, calme-toi, dit Severus en la ramenant vers son lit. Harry est revenu sain et sauf et il est en sécurité avec le professeur Dumbledore pour l'instant.
- Mais vous ne comprenez pas ! Il va m'obliger à le tuer ! Hurla-t-elle.
- J'ai bien compris, Kécile. Mais pour l'instant, il ne risque rien, et tu vas essayer de te calmer. Dois-je te donner un philtre pour t'y aider ?
- Non.
Et elle vint se blottir contre lui comme jamais encore elle ne l'avait fait. Il ne savait trop comment réagir, mais la laissa faire. Ils étaient seuls dans la pièce. Il la sentait inspirer profondément pour se calmer. Il finit par l'entourer de ses bras et sut que c'était ce qu'elle attendait car la tension de ses épaules se relâcha. Il aurait peut-être dû réaliser plus tôt à quel point elle était terrifiée.
- Ça va aller, maintenant, Kécile, dit-il d'une voix qui se voulait rassurante.
- Je ne pouvais rien faire.
- Je sais. Tu as été inconsciente pendant une semaine. Nous ne pouvions rien faire qu'espérer que Voldemort relâcherait son emprise sur ton esprit.
- Il me tenait. La plupart du temps, dans le noir. Il n'y avait rien. Juste le noir et le silence. C'était horrible. Et puis je l'ai vu. Dans un cimetière. Avec les mangemorts. Et Harry. Il a fait quelque chose d'horrible. Une potion. Il est effroyable maintenant. Il ressemble à Nagini. Il a tué Cédric Diggory. Il voulait tuer Harry. Et quand Harry c'est enfui... il... Il m' a dit...
Kécile se détacha finalement de l'étreinte rassurante de son professeur et dit en le regardant dans les yeux, avec une lueur désespérée.
- Il voulait que je le rejoigne, Severus. Il semblait me donner une autre chance. Mais j'ai refusé alors il m'a dit que j'allais mourir. Mais quand Harry lui a échappé, il a trouvé plus utile de me laisser la vie pour l'instant. Pour que je tue Harry. Pour lui.
- Nous ne laisserons pas cela arriver, Kécile.
- Mais il me contrôle ! Il peut faire ce qu'il veut de moi.
- Non, Kécile. Il le pouvait, tant qu'il te gardait sous l'emprise de ce sommeil. Mais il t'en a libéré.
- Il ne m'en aurait pas libéré s'il savait qu'il perdrait son influence en faisant cela.
- Tu as été victime d'un sort, Kécile. Voldemort, tout puissant qu'il soit ne peut pas contrôler ton esprit à distance comme cela, surtout au sein de Poudlard. Et par le biais de ce sort, il ne pouvait contrôler que ton esprit. Et cela même il ne pouvait le faire que tant que tu restais dans ce sommeil magique déclenché par ce sort.
- Alors comment veut-il me soumettre ?
- Par la peur. Ne te laisse pas terroriser ainsi. Il n'y a aucun moyen qu'il t'oblige à faire quoi que ce soit contre ta volonté tant que tu restes en sécurité à Poudlard. Il n'y a plus de mangemort à Poudlard. Tu ne crains plus rien. Maintenant, il est temps que tu dormes.
Kécile n'était pas entièrement rassurée, mais elle finit par accepter de prendre un potion de sommeil sans rêve, une fois que Severus lui eu assuré que Voldemort ne pourrait pas à nouveau l'atteindre dans son sommeil...
Enfin, ça, il l'espérait. Parce que quoi qu'il ait dit à Kécile, personne ne savait rien de ce sortilège. La seule autre victime et inventrice dans le même temps en était morte depuis longtemps.
Kécile fut réveillée malgré la potion quelques heures, ou quelques minutes plus tard, elle n'aurait su dire. Des gens se disputaient et quelqu'un entrait dans l'infirmerie en ouvrant la porte sans précaution.
- Où est Dumbledore ? Demanda quelqu'un.
Elle connaissait cette voix... Elle ne l'aimait pas et... Oh, non ! Fudge ! Il fallait toujours qu'il soit là dans les pires moments celui-là !
Elle se dressa péniblement dans son lit en ouvrant les yeux au moment où Mrs Weasley envoyait promener le Ministre. Mais qu'est-ce qu'elle faisait là, elle aussi ? Ce n'est pas qu'elle n'appréciait pas sa compagnie, mais... Harry aussi était dans un lit non loin d'elle. Bien, au moins elle ne l'avait pas attaqué dans son sommeil. Elle se sentait l'esprit plus clair maintenant.
Dumbledore arriva à son tour, l'un mécontent. Et Kécile n'aimait pas du tout quand le directeur avait cet air. Severus aussi était là, et lui aussi avait l'air en colère. En fait, tout le monde semblait avoir une dent contre Fudge. Une situation plutôt appréciable au goût de Kécile.
- Je lui ai dit que vous ne seriez pas d'accord, Dumbledore ! Criait le professeur McGonagall d'une voix presque hystérique. Je lui ai dit que vous n'accepteriez jamais de voir un Détraqueur pénétrer dans le château, mais...
- Chère Madame, rugit Fudge, en tant que Minsitre de la Magie, je suis en droit de décider s'il convient d'assurer ma protection lorsque je dois interroger quelqu'un qui présente un danger potentiel.
Décidément, à chaque fois qu'elle croisait la route de ce personnage, un détraqueur était dans les parage. Et apparemment, il avait embrassé quelqu'un. Barty Croupton ? Mais il n'était pas déjà mort, celui-là ? Coupable ? De quoi ?
- Il ne pourra plus expliquer pourquoi il a tué tous ces gens. Déclara Dumbledore qui était dans une colère froide impressionnante.
- Pourquoi il les a tués ? Il n'y a aucun mystère là-dedans, s'exclama Fudge. C'était un fou furieux ! D'après ce que Minerva et Severus m'ont dit, il semblait persuadé d'avoir agi sur les ordres de Vous-Savez-Qui !
- Lord Voldemort lui a bel et bien donné des ordres, Cornelius. La mort de ces gens n'a été qu'un effet secondaire du plan qui visait à redonner à Voldemort toute sa force. Et ce plan à réussi. Voldemort est prêt à revenir.
- Vous-Savez-Qui... est revenu ? Ridicule. Allons, Dumbledore, reprenez-vous...
- Ainsi que Minerva et Severus vous l'ont sans doute rapporté, reprit Dumbledore, nous avons entendu la confession de Barty Crouptin . Sous l'effet du Veritaserum, il nous a révélé comment il avait réussi à s'échapper d'Azkaban et commet Voldemort , apprenant par Bertha Jorkins qu'il était toujours en vie, l'a libéré de son père et s'est servi de lui pour capturer Harry.
- Voyons, Dumbledore, répliqua Fudge avec un léger sourire. Vous ne pouvez sérieusement croire cela. Croupton a certainement cru lui-même qu'il agissait sur ordre de Vous-Savez-Qui, mais comment pouvez-vous croire un personnage aussi fou, Dumbledore ?
- Harry a assisté à la renaissance de Lord Voldemort.
- Vous êtes... heu... prêt à croire Harry sur parole, Dumbledore ?Vous êtes prêt à croire que Vous-Savez-Qui est revenu simplement parce que vous l'avez entendu dire par un fou assassin et un garçon qui...
Fudge coula un regard vers Harry, qui semblait avoir compris ce que celui-ci sous-entendait puisqu'il s'exclama :
- Vous avez lu l'article de Rita Skeeter, Mr Fudge...
Quoi, cette pie avait encore frappé ? Kécile réalisait qu'elle avait manqué un certain nombre de choses durant son « sommeil ». Mais après l'expérience qu'elle venait de vivre, l'entêtement de Fudge à refuser d'entendre la vérité la faisait bouillir, et apparemment, elle n'était pas la seule.
- Ecoutez s'écria Harry. J'ai vu Voldemort. J'ai vu les Mangemorts ! Je peux même vous donner leurs noms ! Lucius Malfoy...
- Malfoy a été innocenté ! Protesta Fudge avec une mine offensée.
- Ah, oui ! Intervint enfin Kécile. Il s'est repenti, n'est-ce pas ? Tellement, qu'il y a quatre ans encore, à cette même époque, il m'enseignait des sorts de magie noire dans le Manoir du Seigneur des Ténèbres. Très innocente la famille Malfoy, elle qui m'a élevée pendant six ans sur ordre du Lord.
- Vous, vous devriez être à Azkaban, je ne peux pas vous écouter., répliqua le ministre avec un regard féroce.
- Je ne suis pas la seule qui devrait être à Azkaban et que vous écoutez pourtant...
- Macnair ! Poursuivit Harry qui semblait encouragé par le soutien de Kécile.
- Lui aussi a été innocenté ! Il travaille pour le ministère maintenant.
- Le ministère a découvert que Rookwood aussi était un magemort., coupa à nouveau Kécile. Je peux vous donner d'autres noms qui travaillent soi-disant pour le ministère ! Selwyn ! Brillant, le service de justice qui couvre un magemort. Yaxley. Il travaille dans quel service lui ? Les transports magiques, non ? Sur les bons conseils de votre ami Lucius, n'est-ce pas ?
- Et il y en a d'autres, reprit Harry Avery, Nott, Crabbe, Goyle...
- Tu ne fais que répéter les noms de ceux qui ont été acquittés il y a treize ans.
Kécile envisagea un instant l'idée que Fudge soit lui-même un mangemort. Cela aurait expliqué son obstination et son aveuglement. Malheureusement, elle pensait vraiment qu'elle aurait eu vent de cela lorsqu'elle était encore dans les rangs du Seigneur des Ténèbres, si un personnage aussi haut placé les avait rejoint. A moins que cela ne date que des deux dernières années...
- J'ai l'impression que vous êtes tous décidés à provoquer un mouvement de panique qui va déstabiliser tout ce que nous avons construit au cours de ces treize dernières années ! Éructait Fudge.
- Ah, ça ! Fit Kécile avec un reniflement méprisant, c'est plus que déstabilisé que nous serons rapidement si vous persistez dans votre ignorance
- Voldemort est revenu, dit Dumbledore. Si vous acceptez ce fait tel qu'il est et si vous prenez les mesures nécessaires, nous avons encore une chance de sauver la situation.
Mais Fudge semblait vouloir faciliter le travail du Seigneur des Ténèbres
Kécile et Severus échangèrent un regard. Si le ministère restait aveugle, Lord Voldemort resterait sans doute dans l'ombre, et la population serait une proie facile. On lui laissait le temps de recruter d'autres mangemorts pour ses rangs. Et alors, lorsqu'enfin il se déciderait à apparaître... Il serait trop tard pour l'arrêter.
- Si votre obstination à fermer les yeux vous mène aussi loin, Cornelius, conclut Dumbledore, nous avons atteint la croisée des chemins. Vous agirez comme vous le jugerez bon. Et moi aussi, j'agirai comme je le jugerai bon.
Cela ne plus pas du tout au Ministre qui dût se sentir bafouer dans son autorité. Il jeta la récompense du tournoi à Harry avant de partir. Kécile comprit ainsi que c'était lui le vainqueur du tournoi. En d'autres temps, elle aurait pu s'en réjouir, et apprécier l'ironie de la situation. Mais plus maintenant.
Dumbledore donnait déjà des ordres aux membres de l'Ordre du Phénix présents, y compris à Sirius Black qui avait repris forme humaine sous le regard furieux de Rogue. Kécile savait déjà qu'ils ne se portaient pas dans le cœur l'un de l'autre, mais elle réalisa alors que c'était pire que cela. Ils se haïssaient véritablement.
Bientôt, il ne resta plus que Dumbledore, Severus, et Harry dans la pièce avec Kécile.
- Severus, dit alors le vieil homme en se tournant vers son professeur. Vous savez ce que je dois vous demander. Si vous êtes prêt...
Il y eut un court moment de silence pendant lequel Kécile comprenait ce que les paroles de Dumbledore voulaient dire tandis que Severus semblait prendre son courage à deux mains.
- J'y suis prêt.
- Non ! Cria Kécile en se précipitant vers lui. Vous ne pouvez pas faire ça ! Il vous tuera.
- C'est ce qui m'attend normalement et c'est pour cela qu'il doutera. Je vais devoir le convaincre, mais il ne me tuera pas.
- Non, Severus, non ! Gémit Kécile qui semblait au bord des larmes. Vous ne pouvez pas lui demander de faire cela, Dumbledore, cria -t-elle en se tournant vers le directeur avec des yeux étincelants de colère. N'est-il donc qu'un pion ?
- Je suis désolé, Kécile, mais il n'y a que Severus qui puisse le faire. Et nous avons besoin de ses informations. Cependant, vous êtes libre de votre décision, Severus, ajouta-t-il en regardant son professeur.
- Non, je suis prêt.
- Alors bonne chance.
Sous le regard désespéré de Kécile, Severus quitta donc la pièce. Et lorsque la porte se referma, Kécile eut la certitude qu'elle ne le reverrait plus.
XXX
Severus s'arrêta un moment devant les portes closes. Il ferma les yeux et se concentra. Il devait refouler sa peur. Il devait fermer son esprit. C'était sa vie qui était en jeu. Et bons nombres des secrets de Dumbledore.
Les mangemorts présents au Manoir s'étaient regroupés derrière lui. Ils ne l'arrêteraient pas. Ils voulaient voir dans quel était il sortirait de cette pièce. Une chance sur deux que ce soit les pieds devants.
Et il toqua à la porte.
- Entrez.
Plus moyen de reculer maintenant. Que Merlin le protège.
Il ouvrit la porte et pénétra dans la pièce sombre.
Le Lord se tenait au fond, sur l'habituelle estrade. Il pouvait deviner les yeux rouges qui le fixaient.
Il referma la porte derrière lui en un bruit sourd, avec la désagréable impression de fermer la porte de sa prison ou de son tombeau. Le silence lui sembla plus lourd ici que n'importe où ailleurs.
Alors qu'il s'avançait sur le sol dallé, ses pas résonnaient comme un glas. Le Lord restait parfaitement immobile et le regardait s'avancer sans laisser paraître la moindre expression sur son visage. Attendait-il son retour ?
Severus s'inclina au pied de l'estrade. Et attendit.
- Endoloris.
Merlin, il avait oublié à quel point c'était insupportable. Il se sentait se convulser sur le sol gelé alors qu'il mordait ses lèvres jusqu'au sang pour ne pas laisser échapper un cri. Ses entrailles le brûlaient et semblaient se consumer lentement. Sa peau était comme recouverte de plomb fondu et semblait se liquéfier sur place. Lorsque le Maître en aurait fini avec lui, que resterait-il de lui ? Plus grand chose. Il ne mourrait pas d'un simple avada kedavra. Ce serait trop simple. Il mourrait dans une lente agonie sous la baguette du Lord jusqu'à ce que son esprit ou son corps lâche. Il n'aurait même pas le temps de s'expliquer. Il n'aurait pas la moindre chance.
L'obscurité le prit.
Lorsqu'il revint à lui, il se trouvait dans le noir et il avait froid. Le sol rugueux sous son corps meurtri ne lui laissa aucun doute sur le lieu où il se trouvait. La bonne nouvelle, c'était qu'il n'était pas mort. Pas encore. La mauvaise, c'est que le Lord avait visiblement l'intention de jouer avec lui avant de l'achever.
Il n'eut aucun moyen de savoir combien de temps il fut tenu dans l'obscurité avant que deux mangemorts masqués ne viennent le chercher et le conduisent devant le Seigneur des Ténèbres. Il s'agenouilla à nouveau, espérant qu'on l'inviterait à parler cette fois. Mais il n'y eut que cette douleur viscérale, à nouveau, toujours plus violente, gratuite. Etait-ce pire que la dernière fois ou son corps le ressentait-il juste plus vivement ? Bientôt incapable de la moindre pensée cohérente, son esprit sombra à nouveau dans l'inconsciente.
Trois fois le même rituel se reproduisit. Si ce n'était pas la souffrance qui le tuait, ce serait la faim ou la soif.
Enfin, le Lord sembla satisfait lorsque sa victime fut incapable de faire le moindre geste seul. Il ne lui parla pas. Il prit sa tête entre ses mains glacées et l'obligea à le regarder tandis qu'il pénétrait son esprit.
- Et qui donc a écrit la lettre? Ou bien est-ce vous qui lui avez fait rajouter cette phrase: Je vous informe de plus que vous ne reverrez plus dans vos rangs Severus Rogue, espion de Dumbledore et principal responsable de mon changement de camp.?
- Non, elle l'a écrite de sa propre initiative, répondait le directeur
- Vous voyez! s'exclamait Severus avec colère. Cette gamine a pris la décision sans même me demander mon avis.
- Elle a cru que vous vous étiez rangé à notre avis, ce qui était la décision la plus raisonnable.
- Elle savait, tout comme vous, que je ne serais pas d'accord. Et comme vous, elle est passée outre. Mais je ne vais pas me laisser dicter ma conduite par une gamine, fut-elle l'ex-Princesse! Qu'elle cesse de se croire tout permis.
XXXXX
- A quoi jouez-vous Miss Gaunt? Demandait-il d'un ton abrupt.
- Que voulez-vous dire, professeur?
- D'abord vous fréquentez Malfoy et ensuite vous aidez Londubat! Demandez Potter en mariage et la mesure sera comble !
- Vous voyez le mal là où il n'y en a pas. J'ai été élevée avec Drago, Neville n'est pas méchant et Harry ne vous a rien fait, que je sache. Je pourrais vous demander à vous pourquoi vous vous acharnez sur ces deux Gryffondors en particulier et continuez à favoriser Malfoy après tout ce qu'il s'est passé!
- Je n'ai pas de compte à vous rendre, Miss Gaunt.
XXXX
- Ainsi, ce que Bellatrix tentait vainement de vous enseigner, vous l'avez mis en œuvre.
- Etre sans pitié? Oui. Mais pourquoi Severus? Interrogeait Kécile avec trouble. Je sais que c'est ridicule de dire ça mais... Je ne comprends pas ma réaction. Je n'avais pas à me venger de quoi que ce soit!
- Vous avez à prouver dans quel camp vous êtes. Quoi de mieux que d'éliminer un mangemort? Vous avez été formée pour vous débarrasser de ceux qui se mettent sur votre chemin. Votre attitude ne m'étonne pas.
- Le camp dans lequel je suis n'apprécierait pas, répondit Kécile en baissant la tête.
- Heureux que vous vous en rendiez compte! Maintenant, vous allez devoir faire avec. Croyez-moi lorsque je vous dis qu'on ne passe pas des méthodes du Seigneur des Ténèbres à celles de Dumbledore en quelques mois, ni même en quelques années. Je ne me suis toujours pas fait à celle du directeur, ne lui en déplaise. Et il fait avec.
XXXXXX
- Miss Gaunt, ne vous avisez plus de me parler sur ce ton. Ce n'est pas parce que vous êtes la fille du Seigneur des Ténèbres...
- Oh, je vous en prie, Severus ! Ne me refaites pas ce coup là, ça ne marchera pas.
- Silence, Gaunt, vous oubliez que je suis avant tout votre professeur.
- Et bien comportez vous comme tel !Honnêtement, Severus, pourquoi faut-il que vous vous comportiez comme un adolescent à chaque fois qu'il s'agit de Harry. Enfin zut ! Vous êtes sur la même barque...
- Votre impertinence coûtera vingt points à Gryffondor, Gaunt.
XXXXX
- Je n'avais aucune preuve pour démontrer au Lord que c'était faux. Et Dumbledore aurait immédiatement compris la vérité s'il avait su que je continuais à me rendre auprès de lui. Mets-toi à ma place, Igor. Je connais la Princesse depuis sa naissance. Je suis professeur ici depuis des années et Dumbledore m'a connu avant le Seigneur des Ténèbres. J'aurais dû réaliser que la Princesse changeait de camp et en avertir le Lord. Ça n'a pas été le cas. Je passe le plus clair de mon temps avec ces deux-là. Bien plus qu'avec les Mangemorts. Et du jour au lendemain, le Maître apprend ma trahison. Qu'est-ce qui est le plus probable ? Que le directeur a réussi à me faire changer de camp ou que tout est faux malgré les apparences ?
- Je vois... Je te croyais plus courageux. Je n'aurais vraiment pas imaginé une telle faiblesse de ta part.
- C'est pour cela que c'est trop tard. Le Lord non plus. Il ne me croira pas. Je suis obligé de rester ici, maintenant.
XXXXX
Et pour la première fois depuis il ne savait combien de jour, le Seigneur des Ténèbres parla.
- En effet, mon cher Severus... Je ne peux pas te croire.
Le coup de poker. Il n'avait plus rien à perdre maintenant.
- Je le sais, Maître, parvint-il à articuler péniblement d'une voix brisée. Je suis ici sur l'ordre de Dumbledore. Il m'a demandé de vous espionner.
- Et tu es venu... murmura le Lord.
- Si je n'étais pas revenu maintenant, je ne l'aurais jamais fait.
Severus se tut, la gorge en feu d'avoir autant parlé après les hurlements qui lui avaient échappés ces derniers temps.
Le Seigneur des Ténèbres resta silencieux un long moment à déterminer ce qu'il devait penser de l'attitude de son ancien serviteur.
- Ainsi, tu es resté dans la place par la force des choses et tu pourrais me donner, je le suppose des informations que personne d'autre ne possède.
- Je répondrai à toutes vos questions. J'ignore ce que vous savez grâce à Bartemius Croupton, Maître.
- Que lui est-il arrivé ?
- Il s'est fait prendre, Maître. Lorsque Potter est revenu à Poudlard. Il a tenté de l'éliminer et Dumbledore l'a découvert.
- Cet espion ne pourra donc plus rien révéler. Mais toi, parle.
- Dumbledore est entrain de remobiliser l'ordre. Ils ont quelques nouvelles recrues parmi les aurors. C'est pour cela que le ministère est intervenu si vite lors de l'attaque de Pré-Au-Lard
- Leurs noms.
- Kingsley Shacklebolt et Nymphadora Tonks, Maître.
- Continue.
- Il a aussi conseillé à Fudge de retirer les détraqueurs d'Azkaban. Mais le Ministre n'a rien voulu entendre. Il veut aussi envoyer des émissaires aux géants.
- Black ?
- A rejoint l'ordre. Il est aussi décidé à avoir la peau de Pettigrow.
- Kécile ?
- Elle est protégée par Dumbledore. Elle est cependant terrifiée par votre dernière expérience. Elle a quitté Poudlard quelques temps l'été dernier. Mais je ne pense pas que Dumbledore renouvellera l'expérience cette année. Et elle a cassé la baguette de Gwendoline Grunt.
Une ombre passa sur le visage du Lord.
- Quand cela ?
- L'année dernière.
- Volontairement ?
- Non, Maître.
- Que sait-elle de Grunt ?
- Peu de choses, Maître. Elle ne s'en occupe pas. En revanche, Dumbledore est très intrigué par l'importance qu'a eu cette sorcière auprès de vous durant votre ascension. Il sait qu'elle a contribué à votre immortalité. Il a cherché à se procurer les archives de la perquisition dans l'habitation de Gwendoline Grunt. Mais comme vous le savez, Maître, il n'y avait rien.
A nouveau, le silence. A nouveau cette incertitude. Mais il avait bien joué. Si ça ne marchait pas, il ne pouvait pas faire mieux. Il n'aurait pas de regrets. Pas là-dessus, dans tous les cas.
- Tu as de la chance, Severus... Beaucoup de chance... Croupton n'aurait pas été découvert, je t'aurais éliminé sans autre forme de procès. Mais j'ai besoin d'un informateur au sein de Poudlard. Je te surveillerai, Severus. Et au moindre faux pas...
- Merci, Maître. Je ne vous décevrai plus.
- Cela vaut mieux pour toi, en effet. Pars maintenant.
XXXXX
Severus s'effondra sur son lit, sans même prendre la peine de se déshabiller. Il avait réussi. Dans son supplice, il était parvenu à rester concentré sur les souvenirs qu'il voulait montrer au Seigneur des Ténèbres. Le Lord l'avait affaibli jusqu'à être persuadé qu'il n'aurait plus la force de dissimuler son esprit. L'ombre d'un sourire effleura le visage de Severus.
S'il y avait bien une chose dont il pouvait être fier, c'était son habileté d'occlumens. Son corps était rompu, mais son esprit avait gardé quelque clarté.
Il fallait qu'il aille faire son rapport à Dumbledore. Lui dire qu'il était vivant, mais à un certain prix. Il avait dû donner des noms. Shacklebolt et Tonks étaient en danger. Il ne pourrait également plus être aussi proche de Kécile. Des scènes du genre de celle de l'infirmerie récemment étaient à proscrire. Habile occlumens ou non, il allait devoir limité les risques de bévues. La moindre erreur lui serait fatale.
Il avait toujours risqué sa vie en tant qu'espion. Mais maintenant, chaque seconde en présence du Seigneur des Ténèbres serait un flirt avec la mort.
J'espère pouvoir me remettre à écrire à Noël. D'ici là, je n'ai ni le temps, ni surtout l'esprit à cela. Le plan de la partie 5 est prêt. Une vingtaine de chapitre vous attendent d'ici à la fin de la cinquième année scolaire. Au programme, du Ombrage, du Voldemort, quelques surprises... et pas vraiment des moments très joyeux pour Kécile...
J'attends vos commentaires avec impatience!
