Réponses aux Review :

Ange : merci ^^ Oui, moi aussi je déteste ce Dumbledore. Héhé, oui, les pauvres ont des problèmes par-dessus la tête. La suite arrive une fois la traduction du chapitre finie ^^ Donc ça peut parfois prendre un peu de temps.

.

.

Chapitre 2 : Fragments de Glace – Partie 2

.

.

Sephiroth fronça les sourcils devant le rêve. C'était encore une fois un souvenir… et il concernait manifestement la Deuxième Tâche. Fleur se trouvait devant une étendue d'eau lisse, frissonnant dans le froid glacial du mois de Février. Les autres champions se trouvaient à côté d'elle, et il pouvait entendre les voix enthousiastes des élèves résonner sur la surface de l'eau. Il regarda l'homme habillé d'une ridicule robe rayée jaune et noire, son ventre tendant sérieusement le tissu, le faisant renifler avec mépris. On voyait bien qu'il s'était plus que laissé aller, se dit-il. Ce dernier disposa les champions à environ trois mètres les uns des autres, prêtant une attention spéciale à Fleur, qui répondit d'un ton pincé qu'elle savait très bien ce qu'elle avait à faire.

Ignorant les autres champions, qui s'étaient précipités dans l'eau au coup de sifflet, Fleur retira rapidement ses chaussures et chaussettes, avant de placer une boule d'herbes visqueuses (et Sephiroth ne put retenir un hoquet dégoûté, elles ressemblaient à des queues de rats enchevêtrées) dans sa bouche et de commencer à mâcher, avançant en même temps dans l'eau glacée. Le lac était si froid qu'il avait l'impression qu'on brûlait la peau des jambes de Fleur. À mesure qu'elle s'enfonçait, sa robe mouillée pesait de plus en plus lourd. L'eau lui arrivait à présent au-dessus du genou et ses pieds engourdis glissaient sur des pierres plates, recouvertes de vase et de limon. Fleur continuait à mâcher la plante qui avait une consistance visqueuse, caoutchouteuse, comme des tentacules de pieuvre. Sephiroth était au moins soulagé de sentir que la plante n'avait quasiment aucun goût. Enfoncée jusqu'à la taille dans l'eau glacée, elle s'arrêta, avala, et attendit manifestement que quelque chose se passe.

Sephiroth aurait volontiers étranglé l'idiot qui avait décidé qu'une Tâche se déroulerait enplein hiver dans un lac ! C'était un coup à ce que l'un d'entre eux attrape une pneumonie ! Il pouvait entendre les élèves rire alors que Fleur tremblait de froid dans l'eau glacée. Oui, décidément, il avait deux mots à dire à celui qui avait organisé ça ! À moitié immergé, une brise cruellement glacée ébouriffant ses cheveux, Fleur tremblait de la tête aux pieds. Elle évitait de regarder en direction des tribunes. Les rires étaient de plus en plus bruyants, certains la sifflaient et se moquaient d'elle

Puis, brusquement, il eut l'impression qu'on lui plaquait un oreiller invisible sur la bouche et sur le nez. Fleur essaya de reprendre sa respiration, mais ses efforts lui donnèrent le tournis. Ses poumons étaient vides et elle éprouva soudain une douleur fulgurante de chaque côté du cou.

Fleur porta ses mains à sa gorge et Sephiroth sentit sous ses oreilles deux larges fentes dont les bords palpitaient dans la brise froide… Elle avait à présent des… branchies ?! Sans hésiter une seconde, elle se jeta dans le lac. Pendant une minute, Sephiroth paniqua totalement. Il ne savait pas nager lui-même, et il ignorait totalement si c'était le cas de Fleur. S'agitant dans tous les sens mentalement à cause de la panique, il mit un certain temps avant de réaliser que Fleur savait nager.

La première gorgée d'eau glacée lui sembla comme un souffle de vie. La tête cessa de lui tourner. Elle avala à nouveau une longue gorgée d'eau qu'il sentit ressortir doucement par ses branchies en envoyant au passage de l'oxygène dans son cerveau. Lorsqu'elle tendit les mains devant elle, il s'aperçut qu'elles avaient pris une teinte verdâtre, fantomatique, et que ses doigts étaient palmés. En tournant la tête, il vit que ses pieds s'étaient allongés et que ses orteils, eux aussi, étaient palmés. On aurait dit que des nageoires lui étaient poussées.

L'eau avait cessé d'être glacée… Elle semblait au contraire agréablement fraîche et légère… Fleur continua d'avancer, et Sephiroth s'émerveilla presque de la vitesse à laquelle ses pieds en forme de nageoire la propulsaient dans l'eau. Il remarqua aussi qu'elle arrivait à voir clairement autour d'elle sans avoir besoin de cligner des yeux. Bientôt, elle eut nagé si loin qu'il ne distinguait plus le fond du lac. Fleur bascula alors verticalement et s'enfonça dans les profondeurs.

Le silence devenait de plus en plus épais tandis qu'il découvrait un étrange et sombre paysage nimbé de brume. À présent, sa visibilité était réduite et à mesure que Fleur avançait, de nouveaux contours se dessinaient dans les ténèbres : de véritables forêts de plantes aquatiques ondulaient lentement, de larges étendues de boue qui étaient jonchées de pierres miroitant faiblement dans la pénombre. Elle descendit de plus en plus loin vers le cœur du lac, scrutant ses profondeurs grises et inquiétantes, essayant clairement de percer le mystère de ses ombres, là où l'eau devenait opaque. Manifestement, si elle avait visiblement une idée de la direction générale dans laquelle aller, elle n'était pas totalement certaine non plus.

De petits poissons frétillaient autour de Fleur, comme des fléchettes d'argent. Par deux fois, il crut voir quelque chose de plus grand bouger un peu plus loin mais, lorsque Fleur s'en approcha, il ne découvrit qu'un gros morceau de bois noirci et un enchevêtrement particulièrement dense de plantes aquatiques. Il n'y avait pas trace d'autres champions, ni d'homme-poisson, ni de son ami. Rien que le silence des profondeurs, qui commençait honnêtement à le stresser.

Des herbes d'un vert pâle, d'une cinquantaine de centimètres de hauteur, s'étendaient devant lui, aussi loin que portait son regard, comme une prairie luxuriante. Les yeux grands ouverts, Fleur essayait clairement de distinguer des formes dans l'obscurité, s'il en jugeait par la manière dont elle regardait autour d'elle… mais soudain, il sentit quelque chose lui saisir la cheville.

Fleur se retourna et Sephiroth vit un être qu'il n'avait encore jamais vu avant, une sorte de petit démon des eaux doté de petites cornes, qui venait de surgir d'entre les herbes. Ses longs doigts étaient étroitement serrés autour de sa jambe, et il montrait ses dents pointues. Fleur glissa sa main palmée dans sa poche, à la recherche de sa baguette magique. Lorsqu'elle eut enfin réussi à la saisir, deux autres démons des eaux avaient jailli des herbes et s'étaient accrochés à sa robe, essayant de l'attirer vers le fond.

Une grosse bulle s'échappa d'entre ses lèvres à l'incantation, que Sephiroth ne put entendre, et la baguette magique projeta sur les démons quelque chose qui ressemblait à un jet d'eau bouillante, car des taches rouges apparurent sur leur peau verte, comme des marques de fureur. Fleur arracha sans hésiter sa cheville à l'étreinte de la créature et se mit à nager aussi vite qu'elle le pouvait, envoyant régulièrement d'autres jets d'eau bouillante par-dessus son épaule, sans prendre la peine de viser. De temps à autre, il sentait un démon lui attraper à nouveau la cheville et elle donnait de grands coups de pieds en réponse pour s'en débarrasser. Finalement, il sentit son pied toucher une tête cornue Fleur se retourna brièvement et Sephiroth put voir un petit démon étourdi dériver en zigzag, le regard brouillé, tandis que ses congénères menaçaient Fleur du poing avant de disparaître à nouveau parmi les herbes.

Fleur ralentit un peu l'allure, remit sa baguette dans sa poche et regarda autour d'elle, l'oreille aux aguets, en décrivant un cercle complet dans l'eau. Cherchant clairement à s'orienter. Un silence pesant oppressait ses tympans engourdis. Il savait qu'elle devait se trouver à une profondeur encore plus grande mais rien ne bougeait, à part les herbes aquatiques qui ondulaient lentement. Il aurait tellement aimé la guider et la protéger sous l'eau… même si l'eau était différente de la glace, Sephiroth se sentait dans son élément.

Alors, ça marche ?

Sephiroth crut qu'il allait avoir une crise cardiaque. D'où venait cette voix ? Fleur était sous l'eau ! À au moins une trentaine de mètres de profondeur, si ce n'est plus ! Fleur pivota brusquement et se retrouva face à face avec la silhouette floue d'un… fantôme ? qui flottait devant elle en la regardant à travers ses épaisses lunettes, brillantes comme des perles. Mais que… qu'est-ce qu'elle faisait là ? Sephiroth sentit Fleur essayer de parler, mais, cette fois encore, seule une très grosse bulle sortit de sa bouche.

Le fantôme, en revanche, parvint à pouffer de rire. Évidemment, vu qu'elle n'était qu'un esprit, elle n'était plus liée par les lois de la physique.

Tu devrais essayer là-bas ! Dit-elle en pointant le doigt. Je préfère ne pas venir avec toi, je ne les aime pas beaucoup. Ils me nagent toujours après quand je m'approche…

Fleur leva le pouce pour la remercier et suivit la direction indiquée, en prenant clairement soin de nager plus haut au-dessus des herbes afin d'éviter les démons qui s'y cachaient. Sephiroth avait juste des envies de meurtre de plus en plus violentes. C'était quoi cette idée, franchement ?

Finalement, une bonne vingtaine de minutes plus tard, Sephiroth commença à entendre des voix qui chantaient, et il sentit Fleur soupirer de soulagement. Elle approchait enfin de son but, comme le prouvait le gros rocher couvert de gravures d'hommes-poissons… et est-ce que c'était une pieuvre géante qui était gravée à côté ? Des bâtiments grossiers en pierres brutes commencèrent à apparaître de tous les côtés dans la pénombre, leurs murs couverts d'algues. Sephiroth cligna des yeux, surpris, maudissant à moitié la vision de Fleur, inférieur à la sienne malgré l'effet de la plante qu'elle avait avalée. Parce que soit il rêvait… littéralement dans ce cas… soit il voyait des visages dans l'encadrement sombre des fenêtres. Ces êtres avaient la peau grise et de longs cheveux hirsutes d'une couleur vert sombre. Leurs yeux étaient jaunes, tout comme leurs dents cassées, et ils portaient autour du cou de grosses cordes fabriquées avec des cailloux. Ils lancèrent à Fleur des regards mauvais comme elle passait, et un ou deux d'entre eux sortirent de leurs repaires pour l'observer de plus près, une lance à la main, leurs puissantes queues de poisson argentées battant l'eau avec force.

Fleur nagea encore plus vite en réaction, et, bientôt, les abris de pierre devinrent de plus en plus nombreux. Certains étaient entourés de jardins de plantes aquatiques et il vit même un petit démon apprivoisé, attaché à un piquet, comme un chien devant une porte. Les êtres de l'eau sortaient de tous les côtés, à présent. Ils la regardaient avec avidité, montraient ses mains palmées et ses branchies, échangeaient des remarques sur son passage, la main devant la bouche. Fleur accéléra l'allure, les ignorant, et un très étrange spectacle s'offrit alors à ses yeux et à ceux de Sephiroth par procuration.

Une véritable foule était rassemblée devant les bâtisses qui délimitaient une sorte de place de village aquatique. Un chœur composé d'êtres de l'eau chantait au milieu de la place, invitant les champions à s'approcher. Derrière le chœur, grossièrement taillée dans un bloc de rocher, s'élevait une gigantesque statue qui représentait une de ces créatures. Quatre personnes étaient solidement attachées à la queue de poisson de la statue.

Sephiroth étrécit les yeux en voyant le spectacle. Décidément… on sentait qu'ils avaient décidé d'y aller pour le côté spectaculaire, sans aucune considération pour la santé des otages. Enfin, spectacle pour les champions, se dit-il. D'après Fleur, les spectateurs se gelaient le cul à la surface à contempler le lac, sans avoir la moindre idée de ce qui se passait dessous. Décidément, Fleur avait raison. Les sorciers avaient échangé le sens commun pour avoir la magie. Il en avait la preuve sous les yeux.

L'ami rouquin de Fleur était ligoté entre la génie (peut-être devrait-il l'appeler Érudite?) et une autre fille, celle qui avait accompagné un des champions au bal (peut-être sa petite amie?). La dernière personne était une enfant, et il pouvait voir la ressemblance avec la championne hautaine au bal. Ses longs cheveux d'un blond argenté flottaient autour d'elle, et, tout comme les autres, un mince filet de bulles s'échappait de ses lèvres. Ils ne semblaient pas se noyer, et Sephiroth eut l'impression que c'était dû au sortilège qui leur permettait de dormir sous l'eau.

Fleur sortit sa baguette de nouveau, et il vit la pointe de cette dernière décrire des mouvements (lançant probablement un sort s'il se fiait aux bulles sortant de la bouche de Fleur), dirigée sur la fillette. Sa vue fut brièvement masquée par des bulles comme elle semblait jurer furieusement aux résultats affichés, et que Sephiroth ne put comprendre, à sa plus grande frustration. Mais il n'y avait pas besoin de savoir lire la langue pour savoir que le rouge n'était pas bon du tout. L'adolescente remit sa baguette dans sa poche, sortant à la place un couteau à lames multiples. Sélectionnant une lame en particulier, elle se mit à scier les algues tressées en corde qui retenaient les otages. Ces dernières étaient assez épaisses et visqueuses, et Sephiroth pouvait imaginer son dégoût à la sensation. Lui-même en avait des frissons au contact.

Elle mit de longues minutes avant de parvenir à trancher la corde d'algues, et il la sentit soupirer de soulagement comme son ami se mettait à flotter, dérivant légèrement dans l'eau. Sephiroth remarqua qu'elle regardait ensuite autour d'elle, cherchant manifestement des traces des autres champions. Ceux-ci n'étaient pas encore arrivés, ce qui commençait à inquiéter l'argenté. Qu'est-ce qu'ils faisaient ? D'autres bulles sortirent de la bouche de Fleur, donnant l'impression qu'elle jurait. Elle nagea ensuite en direction des autres otages, et particulièrement de la fillette, qui était clairement la plus en danger. Sephiroth pouvait voir que sa peau était anormalement pâle, beaucoup plus que ce qu'elle aurait dû.

Fleur venait à peine de s'attaquer aux liens retenant la fillette lorsque des mains solides à la peau grise s'emparèrent d'elle, l'éloignant des otages. Ils riaient au éclats devant Fleur qui se débattait, visiblement en colère, secouant la tête.

Tu prends ton propre prisonnier, dit l'un d'eux, et tu laisses les autres…

Certainement pas ! Répliqua Fleur avec fureur, mais seules deux grosses bulles sortirent de sa bouche.

Sephiroth pouvait plus ou moins entendre ce qu'elle disait cependant, et il se demandait comment c'était possible. Enfin, il rêvait de ce qu'elle avait vécu, donc il n'y avait plus grand-chose qui l'étonnait à ce stade… même pas la stupidité crasse des sorciers.

Tu as pour mission de délivrer ton ami… Les autres, tu les laisses…

Fleur émit comme un grognement, qui se traduisit par une suite de bulles.

Cette enfant est en danger de mort, insista Fleur avec colère, désignant la fillette. L'eau n'est PAS son élément !

Ses mots avaient beau sortir de sa bouche sous forme de grosses bulles, mais, visiblement, ils n'avaient aucune peine à la comprendre, car ils continuèrent à rire pour la plupart, l'un reniflant avec mépris.

En quoi la mort d'une fille du feu peut nous importer ? Demanda-t-il, exposant ses dents jaunâtres et cassées.

Il sentit Fleur étrécir les yeux, certainement aussi furieuse que lui. Elle baissa les yeux en direction de sa montre, sans doute pour voir le temps qu'il lui restait, mais celle-ci s'était arrêtée. Une nouvelle bulle sortit de la bouche de Fleur, contenant certainement un juron, mais Sephiroth ne le compris pas.

Soudain, les êtres de l'eau pointèrent le doigt au-dessus d'elle, l'air surexcité. Fleur leva les yeux, et Sephiroth vit un garçon qui nageait vers eux. Il avait autour de la tête une énorme bulle qui élargissait étrangement son visage en déformant ses traits. Il cligna des yeux en voyant ça. Décidément… il allait de surprises en surprises avec la magie de chez Fleur. Il commençait même à s'attendre à tout, désormais.

Me suis perdu !

Aucun son n'était sorti de sa bouche, mais Sephiroth avait put lire sur ses lèvres. Le garçon avait l'air paniqué.

***** et **** arrivent !

Sephiroth pouvait imaginer l'immense soulagement de Fleur en voyant ça. Il regarda le garçon à la bulle sortir un couteau de sa poche, trancher la corde qui retenait sa petite amie prisonnière, puis l'emmener et disparaître dans l'obscurité du lac.

Où étaient les deux autres ? Il ne restait plus beaucoup de temps et, si l'on en croyait les paroles de la chanson, au bout d'une heure, les prisonniers seraient perdus…

Brusquement, les êtres de l'eau se mirent à pousser des cris perçants. Ceux qui tenaient Fleur relâchèrent leur étreinte en regardant par-dessus leur épaule. Celle-ci se retourna et vit une créature monstrueuse foncer droit sur eux : elle avait un corps humain vêtu d'un maillot de bain et une tête de requin… C'était sans doute le garçon grincheux qu'il avait aperçut au bal. Apparemment, il avait essayé de se métamorphoser mais n'avait pas très bien réussi. Sephiroth préférait encore se faire toucher par Grenouille. Au moins il n'avait pas l'air aussi ridicule… même si c'était apparemment efficace.

L'homme-requin nagea droit sur Érudite, et commença à ronger la corde qui l'attachait à la statue. Mais les nouvelles dents du garçon n'étaient pas très pratiques pour mordre quelque chose de plus petit qu'un dauphin et Sephiroth se demanda s'il n'allait pas finir par couper la pauvre fille en eux. Fleur se précipita vers eux, et donna un grand coup sur l'épaule de du garçon, lui tendant le couteau. Le garçon le saisit et entreprit de sectionner la corde. Il y parvint en quelques secondes, attrapa Érudite par la taille, lâchant le couteau que Fleur récupéra de justesse, et, sans un regard en arrière, la remonta rapidement en direction de la surface.

Et maintenant ? Se demanda Sephiroth. Où était la sœur de la fillette ? Il n'y avait toujours aucun signe d'elle. Il fallait faire quelque chose, et vite, car plus le temps passait… plus elle avait l'air mal. Heureusement, Fleur était de son avis, car elle se dirigea en direction de la fillette, mais les êtres de l'eau s'avancèrent vers elle et entourèrent son ami et la fillette en secouant la tête.

Fleur brandit sa baguette magique avec colère. Pas besoin de savoir ses pensées pour savoir ça.

Fichez le camp !

Cette fois encore, il ne sortit que des bulles de sa bouche, mais Sephiroth eut la très nette impression que les êtres de l'eau l'avaient comprise, car ils cessèrent soudain de rire. Leurs yeux jaunâtres fixés sur sa baguette, ils semblaient avoir peur. Ils étaient sans nul doute beaucoup plus nombreux qu'elle mais Sephiroth devinait, d'après l'expression de leurs visages, qu'ils n'en savaient pas plus en matière de magie que la pieuvre géante.

Je compte jusqu'à trois ! Cria Fleur.

Seules de grosses bulles sortirent de sa bouche, mais ça attira l'attention des hommes-poissons, qui fixèrent soudain quelque chose derrière elle, paraissant terrifiés désormais. Fleur cligna des yeux, et jeta un regard derrière elle, manifestement perplexe. Il n'y avait absolument rien dans son dos, mais à en juger par la vitesse à laquelle ils s'éloignèrent d'elle, c'était comme si le Faucheur en personne s'était trouvé dans son dos. Fleur ne se posa visiblement pas de questions, et repartit à scier la corde retenant la fillette, les hommes-poissons se tenant le plus loin possible d'elle.

Une fois la gamine libérée, Fleur plongea de nouveau la main dans sa poche, en sortant un objet étrange, ressemblant presque à une espèce de petit boudin jaune et gris. Le touchant de sa baguette, l'objet gonfla instantanément pour atteindre une taille d'environ 70 centimètres. Elle remit sa baguette dans sa poche, et sortit une corde, s'en servant pour attacher son ami et la fillette à elle. Fleur attrapa ensuite une petite corde du côté gris (Sephiroth réalisant à cet instant qu'il s'agissait d'un cylindre de gaz) et tira d'un coup sec dessus. Un sifflement étouffé par l'eau s'éleva instantanément, et elle se cramponna à une corde courant sur le côté de l'objet.

Sephiroth ne mit pas très longtemps à comprendre pourquoi elle avait fait ça : le gaz était en train de gonfler un canot de sauvetage, et, par l'effet de flottaison, les faisait remonter à la surface beaucoup plus rapidement que si elle avait dû nager en les traînant derrière elle. Fleur aidait le phénomène en agitant les jambes, accélérant leur remontée. Elle ignorait les hommes et femmes-poissons qui tournaient autour d'eau, nageant craintivement à distance, mais avec une grâce qu'elle ne pourrait jamais espérer égaler.

Sephiroth réalisa brusquement qu'elle commençait à avoir du mal à respirer, et un coup d'œil à ses mains palmées lui apprit que la palmure avait commencé à se réduire, ce qui indiquait que l'effet de la plante touchait à sa fin. Malgré le fait qu'il savait que ce n'était qu'un souvenir, il ne put s'empêcher de l'encourager. L'argenté pouvait voir que l'eau devenait de plus en plus claire, et il ressentit un profond soulagement en réalisant que la surface était proche.

Finalement, la tête de Fleur creva la surface juste à côté du canot gonflable, et elle respira profondément, son soulagement palpable. Sur la fin de la remontée, elle s'était débrouillée pour retourner le canot, de sorte à ce qu'il soit dans le bon sens. Avec un grognement d'effort, elle tira la fillette hors de l'eau, cette dernière se réveillant en sursaut et commençant immédiatement à paniquer. Fleur la calma gentiment de quelques mots qu'il ne compris pas, avant de l'aider à grimper dans le canot.

Elle s'occupa ensuite de son ami, qui lui passa un savon en réalisant qu'elle était restée en bas pour aider quelqu'un d'autre que lui, insistant sur le fait qu'ils n'étaient pas en danger… avant d'injurier les organisateurs en apprenant que la fillette était en danger de mort à cause de son héritage. Fleur l'aida à grimper dans le canot, et y monta à son tour avec quelques difficultés, aidée par son ami. D'une incantation, elle fit disparaître l'eau qui se trouvait dans le fond, avant de faire en sorte qu'ils soient secs et à peu près chaud. Elle tapa ensuite le boudin à côté d'elle, murmurant quelque chose. Visiblement, c'était pour le faire avancer, car le canot se mit ensuite à glisser à la surface de l'eau, tirant des gloussement de joie à la fillette. Sephiroth avait presque envie de sourire en voyant ça.

Il fronça les sourcils, cependant, en voyant la réaction des élèves sur les stands. Il en émanait un tumulte pas possible, comme s'ils avaient pensés que les deux otages étaient morts sous l'eau. Sephiroth renifla avec mépris. Une heure plus tôt, ils traitaient Fleur comme de la merde. Et maintenant, ils l'acclamaient ?

Sephiroth pouvait voir qu'un véritable comité d'accueil les attendait à la rive. Le Vieux Bouc, la femme géante, la sœur de la fillette (la géante avait toutes les peines du monde à la retenir, cette dernière était visiblement malade d'inquiétude pour sa sœur, même s'il n'avait quasiment rien compris à ce qu'elle disait), une femme qui était habillée d'un uniforme d'infirmière dépassé depuis un bon demi-siècle, facilement, le rouquin qu'il avait vu au bal, et qui paraissait extrêmement pâle, et enfin l'abruti vêtu de ses robes jaunes et noires. Sephiroth cligna des yeux, essayant de tenir le compte des rouquins. Il y avait la gamine qu'il avait vu au bal, l'ami de Fleur (Chessmaster ? Ça pouvait faire un bon surnom), les jumeaux, et lui. Ça faisait déjà cinq enfants, et c'était s'il n'y en avait pas plus. Il avait pitié pour leur mère, surtout avec les jumeaux.

Le canot gonflable toucha la rive, et Fleur se releva avec lassitude, aidant la fillette à débarquer. Le rouquin se précipita vers son frère, le tirant en direction de l'infirmière, ignorant ses protestations. La sœur parvint finalement à se dégager et se précipita vers sa sœur, la serrant contre elle en pleurant à moitié, et babillant des remerciements envers Fleur, expliquant qu'elle s'était faite attaquer par les démons des eaux, la contraignant à abandonner.

Fleur lui assura que ce n'était rien, balayant ses remerciements d'un geste de la main, avant de se tourner vers les juges, glaciale. Elle entreprit ensuite de les flageller verbalement, furieuse, demandant au nom des anciens dieux pourquoi ils avaient cru bon de placer une descendant de non-humains (et la frustration que Sephiroth ressentit en ne pouvant pas comprendre le nom de la race en question avait beau devenir une habitude, cela ne la rendait pas moins agaçante) sous l'eau glaciale pendant une période prolongée. Vieux Bouc essaya de prétendre qu'ils avaient pris toutes les précautions nécessaires pour qu'il n'arrive rien aux otages, et Fleur le traita de crétin sénile, laissant les personnes autour sans voix.

Sephiroth remarqua avec étonnement que les juges étaient devenus très pâles au cours de son discours furieux, reculant instinctivement. Même la championne regardait Fleur avec une expression où se mêlait la gratitude, la peur et l'incompréhension. Chessmaster la regardait aussi avec de grands yeux, de ce qu'il put voir du coin de l'œil. Finalement, après leur avoir rappelé que certains pouvaient avoir du sang non-humain dans les veines, et que celui-ci pouvait constituer un danger pour eux dans certaines circonstances, et que si elle n'avait pas sortit la fillette aussi rapidement, elle aurait probablement été morte ou handicapée à vie le temps que les hommes-poissons la sortent de l'eau (s'ils avaient acceptés), elle se calma et autorisa l'infirmière à s'occuper d'elle, l'enveloppant d'une couverture particulièrement serrée et lui faisant boire quelque chose d'horriblement pimenté, et Sephiroth manqua éclater de rire (malgré sa propre colère) en voyant qu'il y avait de la vapeur qui lui sortait des oreilles.

Il remarqua que Vieux Bouc était accroupit au bord de l'eau, parlant manifestement avec un des hommes-poissons, s'il se fiait aux cris aigus qu'il émettait. Ce dernier parlait presque frénétiquement, semblant vouloir convaincre Vieux Bouc de quelque chose. Celui-ci ne semblait pas le croire, cependant, ce qui ne surprenait pas Sephiroth. Le vieil homme le frappait comme étant un homme arrogant qui n'écoutait personne, et utilisait les autres comme des pions. De ce que Fleur lui avait raconté, s'il comparait sa vie à une partie d'échec avec elle dans la position de la reine… tous les mouvements de Vieux Bouc l'avaient laissée exposée et vulnérable, dépendant de quelques personnes soigneusement choisies pour les informations dont elle avait besoin. Elle était comme un appât jeté à l'eau pour attirer un requin. Gardé en vie parce qu'elle l'attirerait plus vite comme ça, mais destinée à être sacrifiée.

Fleur échangea quelques mots avec les autres champions et Érudite, avant que le rêve ne s'interrompe, juste après que les notes aient été données. Sephiroth aurait eut deux mots à dire au crétin au bouc, parce qu'il était clairement biaisé, donnant la note maximale à son champion et la minimale à Fleur. Tout ça parce qu'elle s'était servie de moyens non magiques pour remonter à la surface ! Il aurait aimé entendre la réplique cinglante de Fleur, il était sûr qu'il aurait bien rit.

.

oOo

.

Sephiroth ouvrit les yeux, fixant le plafond pensivement. Désormais… il ne restait qu'une seule Tâche dans le Tournoi. Fleur… lui avait fait savoir que le terroriste ayant assassiné ses parents l'attendait au bout de celle-ci, histoire de récupérer son corps. Elle n'avait pas envie de le laisser faire, mais pour pouvoir le tuer, avait-elle expliqué, elle avait besoin qu'il reprenne forme physique et surtout qu'il fasse certaines actions. Le laisser tuer des gens la répugnait, mais elle ne voulait pas qu'il se doute qu'elle en sache trop, et, surtout, qu'il la prenne au sérieux. Il sous-estimait Fleur pour le moment, et il savait qu'elle voulait qu'il continue à en être ainsi. Il soupçonnait probablement qu'elle savait des choses, mais pas autant que ce qu'elle savait réellement.

Avec un soupir, il se leva. Il devait lutter contre l'envie de tout détruire autour de lui, sachant que ça n'aiderait pas Fleur. Pas d'aussi loin. Comment pouvait-il l'aider à distance ?

Il aurait vraiment tout donné pour pouvoir la rejoindre et laisser les laboratoires derrière lui. Même s'il y avait des crétins là-bas aussi, ils n'étaient pas pire qu'ici… enfin, ça dépendait des choses.

Une nouvelles fois, les semaines défilèrent lentement. Deux mois pouvait paraître une courte durée, mais avec tout ce que Fleur subissait, ça lui donnait l'impression que le temps passait beaucoup plus lentement que ce qu'il devrait. De plus, l'un des juges (soit-disant malade apparemment) avait refait une apparition en pleine soirée, paraissant complètement fou, balbutiant qu'il devait aller voir Vieux bouc un instant, et se croyant à son bureau le suivant. Malheureusement, Fleur n'était pas parvenue à le sauver (pas qu'elle l'aimait plus que ça, mais elle voulait perturber le plus possible les plans de son ennemi et de Vieux Bouc), et il avait de nouveau disparut (tué, apparemment, par son propre fils, qui posait comme le professeur actuel de défense). En revanche, elle avait bien rit quand il lui avait donné le surnom qu'il avait choisit pour son directeur. C'était tout à fait adapté, avait-elle dit, surtout sachant que son frère aurait été apparemment surpris en position compromettante… avec des chèvres. Sephiroth n'avait pas voulu en savoir plus, la faisant rire de plus belle.

À part ça, elle avait été en contact avec son parrain, qui s'inquiétait pour elle, mais était incapable de faire quoi que ce soit, étant un criminel recherché. Elle s'entraînait dur aussi pour la Troisième Tâche, cherchant à être le plus préparée possible pour affronter son ennemi. Mais les rêves qu'elle faisait sur les actions de son ennemi ne la rassuraient pas. Le voir torturer quelqu'un, même si c'était le traître qui avait vendu ses parents, n'était juste pas agréable. Sephiroth lui avait demandé, inquiet, s'il n'y avait pas moyen de bloquer la connexion. Fleur avait soupiré, avant de lui expliquer que ce n'était pas possible, hélas. L'amulette ne permettait que de protéger des attaques mentales directes, ou des compulsions destinées à altérer le comportement. Cette… connexion qu'elle avait avec l'assassin de ses parents était très différente, et, pour des raisons évidentes, refusait d'en parler, même en rêve. Elle était aussi à sens unique, en tout cas elle en était à peu près sûre, de lui vers elle. Ses banquiers (et ô combien il avait été étonné de savoir que ses banquiers pouvaient faire beaucoup de choses, pourvu qu'elle y mette le prix) étaient toujours à la recherche d'un moyen sûr de rompre la connexion… mais ce n'était pas gagné. Il existait des rituels, bien sûr, mais ils étaient conçus pour des objets, pas des êtres vivants, et ses chances d'y survivre étaient au mieux de 30 %.

Tous les deux avaient convenus que ces rituels seraient utilisés en dernier recours, si elle épuisait toutes les autres solutions. Pour le moment… elle faisait avec. Les procès qu'elle lui avait rapportés, en revanche, l'avaient fait froncer les sourcils. Les sorciers semblaient tellement sortis tout droit du moyen-âge qu'il n'aurait pas été surpris qu'ils croient encore que la torture était un moyen fiable d'obtenir des informations. Il leur aurait volontiers dit que c'était des conneries… mais pas dit qu'ils l'écoutent. Fleur avait lâché un rire amer quand il avait dit ça, avant de lui dire qu'ils avaient facilement un siècle de retard sur les Moldus, ou non-sorciers, tout en étant persuadés d'êtres supérieurs à eux, surtout les plus consanguins. Au moins, sa propre famille avait eut l'intelligence d'ajouter régulièrement du sang neuf à leur lignée.

Fleur était de plus en plus stressée à mesure que la dernière Tâche se rapprochait, malgré le fait que, pour une fois, elle serait à peu près préparée pour ça. Sephiroth faisait de son mieux pour l'aider, mais le fait que les magies soient si différentes n'aidait pas, et ça le rendait presque fou de se sentir aussi inutile. Fleur n'était pas d'accord, cependant. Elle lui expliqua gentiment que rien que sa présence était déjà quelque chose, et ça la réconfortait de pouvoir parler à quelqu'un qui pouvait comprendre ce qu'elle avait vécu. Et se sentir concerné. Ses amis… ne comprenaient pas complètement, hélas. Oh, ils essayaient… mais seul quelqu'un ayant vécu des expériences un tant soit peu similaires pouvait comprendre. Et être jeté en pâture à des monstres était quelque chose qu'il comprenait parfaitement… même si les siens étaient rarement humains.

Il soupira, se massant les tempes tout en jetant un œil à la date. 24 juin. Les niveaux de stress de Fleur crevaient désormais le plafond, et elle peinait à ne serait-ce qu'avaler la moindre chose. Savoir ce qui l'attendait était presque pire que de ne pas savoir, lui avait-elle dit la veille. Parce qu'elle pouvait s'imaginer ce qui allait se passer. Et se retrouver face à face avec son ennemi… était terrifiant. Parce qu'il était plus vieux qu'elle, plus expérimenté… et surtout sans le moindre scrupule.

Il soupira en pensant au stress de Fleur. Le sien n'était guère mieux, parce qu'en plus de son propre travail (déjà horriblement monstrueux), il s'inquiétait aussi pour elle. Il comprenait ce qu'elle voulait dire en disant que, parfois, il ne valait mieux pas savoir. Le stress était tel qu'il en arrivait à devoir se masturber plusieurs fois par jour, encore plus qu'avant, pour essayer de le faire retomber un minimum. Sans grand effet, hélas. Et la frustration le rendait encore plus cassant que d'habitude, terrifiant les cadets. Le seul bon côté de la chose (si on pouvait dire ça), c'était que les harceleurs se tenaient à carreau. Il n'avait eut que trois cas au cours du mois de juin, alors que d'habitude, il en avait au moins une douzaine. Par semaine.

Sephiroth sortit de la douche en se frottant les cheveux, fortement agacé. Tout ce qu'il désirait, c'était être satisfait. Mais impossible d'y arriver. Jetant sa serviette dans le panier de linge sale, il s'allongea sur son lit avec un soupir, entièrement nu. Certains soirs… particulièrement quand il faisait chaud, il préférait dormir nu. La température corporelle plus élevée des SOLDATS était à la fois une bénédiction et une malédiction. C'était utile en hiver, oui, quand ils étaient dans des environnements froids. Mais en été ? Sous une chaleur étouffante ? Ils étaient généralement très susceptibles aux coups de chaleur. Et ce n'était pas parce que leur corps se remettait plus vite de la plupart des choses que c'était agréable.

Sephiroth se frotta le visage avec un grognement, remerciant le fait que leur appartement ait une salle de bains par chambre. Ça évitait les situations gênantes du genre se retrouver face à face avec les autres quand ils étaient nus (même si c'était parfois arrivé quand une des salles de bains avait un problème, généralement la sienne à cause de ses cheveux si longs), chacun ayant son propre espace pour se laver. Il ferma les yeux, essayant de distraire son esprit. Il voulait éviter de devoir retourner se masturber dans la douche, et penser à ces fois où il était tombé sur Genesis ou Angeal nu était un moyen assuré de se retrouver avec une nouvelle érection dont il devrait s'occuper pour pouvoir dormir. Mais par la Déesse… les deux autres étaient vraiment bien bâtis physiquement… y compris dans leur virilité.

Il réussit cependant à détourner son esprit de ces pensées, préférant plutôt se concentrer sur Fleur. La pauvre… était vraiment en sérieux danger. Tout ce qu'il espérait… c'était qu'elle survivrait à la dernière épreuve qu'on lui avait collé sur le dos.

Sephiroth utilisa des méthodes de méditation Wutaïennes pour se centrer et arriver à se calmer assez pour dormir. Il savait qu'il ne parlerait pas avec Fleur ce coup-ci, ce serait pour la prochaine nuit. Mais il ne savait pas s'il ne verrait pas ce qu'il lui arriverait dans le labyrinthe. Et il n'était pas certain de le vouloir… parce qu'il sentait qu'elle allait encore subir une nouvelle épreuve, probablement aussi horrible que les autres. Et le fait de savoir qu'elle était obligée de le laisser récupérer un corps pour pouvoir le vaincre… ne l'aidait pas à se calmer.

.

oOo

.

Sephiroth étudia ce qui se trouvait devant lui avec attention.

La haie qui formait le labyrinthe devait bien faire six mètres de haut, plus qu'assez pour empêcher les champions de voir par-dessus, ou qui que ce soit d'autre. L'argenté roula des yeux devant tant de stupidité de la part des sorciers. Tout comme la Seconde Tâche, il leur serait impossible de voir quoi que ce soit. L'ouverture dans la haie n'offrait qu'un chemin sombre et inquiétant… surtout sachant ce qui attendait Fleur au bout. Elle lui avait dit qu'elle voulait éviter d'entraîner quelqu'un d'autre avec elle dans cette histoire, mais si le vrai champion de l'école atterrissait avec elle face au terroriste, elle essaierait de le sauver si elle pouvait. De plus, il ferait certainement un bon témoin visuel… s'il n'était pas harcelé au point de renoncer à dire la vérité. Mais sa « Maison » plaçait une importance spéciale sur la loyauté et le travail acharné, même si elle était regardée de haut par les autres.

Par curiosité, Sephiroth avait demandé des explications à Fleur sur le sujet. Et il avait ricané devant certaines descriptions. Les noirs et jaunes qu'elle avait décrit iraient comme un gant à Angeal, surtout considérant que leur Directrice s'occupait de plantes. Genesis s'entendrait parfaitement avec les bleus et bronze, vu que cette Maison était considérée comme un repaire d'Érudits (et pourquoi Érudite n'y était pas allée?). Lui-même aurait été à son aise chez les verts et argent. Quant à Zack… il le voyait tout à fait se retrouver dans celle de Fleur. Il adorait d'ailleurs les couleurs rouge et or, et déplorait que les seuls autorisées pour le SOLDAT soient du violet, bleu ou noir. À moins d'être 1ère Classe.

Secouant la tête, Sephiroth observa les personnes qui approchaient. Le géant, l'imposteur, un… nain ? Une femme à l'allure stricte, et l'idiot aux robes jaunes et noires. À part l'idiot, les quatre autres arboraient une grosse étoile rouge brillante sur leur chapeau pointu… sauf le géant, qui la portait dans son dos. La femme stricte leur expliqua qu'ils patrouilleraient autour du labyrinthe, et que si jamais ils étaient en difficulté, ils n'avaient qu'à envoyer des étincelles rouges dans le ciel pour être secourus. Cependant, ils seraient disqualifiés si c'était le cas.

L'idiot fit ensuite quelque chose pour amplifier sa voix (et Sephiroth était très intéressé de savoir comment, ça lui éviterait tellement de s'égosiller envers les cadets qui faisaient les idiots), avant d'annoncer joyeusement (beaucoup trop à son goût) que la dernière Tâche allait commencer. Il fit ensuite un rapide récapitulatif des points des champions, avant de lancer un bref coup de sifflet, envoyant Fleur et son condisciple dans le labyrinthe.

Presque instantanément, ce fut comme si Fleur était retournée sous l'eau. Probablement un sortilège, estima Sephiroth. Le silence était presque troublant, mais il pouvait dire que Fleur était soulagée d'être à l'abri des regards de la foule, s'il se fiait à la manière dont ses muscles se détendirent. Imitée par son condisciple, elle sortit sa baguette, allumant l'extrémité d'un mot. Ils se séparèrent assez rapidement, le premier embranchement n'étant pas très loin de l'entrée, après s'être mutuellement souhaités bonne chance.

Sephiroth n'aimait pas du tout cet endroit. Ça lui rappelait furieusement les embuscades lors de la guerre de Wutaï. Enfin, de ce qu'elle lui avait expliqué, elle marchait volontairement dans une embuscade. Ça ne le rendait pas moins inquiet. Il prêta à peine attention aux deux autres coups de sifflet indiquant que les autres champions étaient tous entrés dans le labyrinthe. L'argenté remarqua qu'elle ne cessait de jeter des coups d'œil derrière elle, se sentant visiblement observée, s'il en jugeait par la manière dont il sentait les fins cheveux de sa nuque se hérisser.

Le labyrinthe continuait à s'assombrir, la nuit affermissant son emprise, et Fleur dépendait désormais presque entièrement de sa baguette pour s'éclairer. Finalement, elle arriva à une intersection, et la posa à plat sur sa main, murmurant quelque chose ressemblant à « pointe au nord ». La baguette tourna sur elle-même sur sa paume, avant de pointer sur sa droite, vers la haie. Elle grogna avec agacement, lui montrant qu'elle avait besoin d'aller dans cette direction pour atteindre le centre. Avec un soupir, elle reprit sa baguette en main pour avancer. Pour le moment, elle ne pouvait aller que sur sa gauche, en attendant de pouvoir tourner à droite dès que possible. Ce chemin-là était également désert.

Bientôt, Fleur atteignit une autre bifurcation qui lui permit d'aller à droite. Là encore, la voie était libre. Sephirothétait rendu très nerveux par cette absence d'obstacles, qui le mettait mal à l'aise. Normalement, quelque chose aurait dû lui barrer le chemin. Cependant… même s'il avait l'impression que le labyrinthe essayait de lui donner un faux sentiment de sécurité, il savait la vraie raison pour laquelle Fleur ne rencontrait aucun obstacle. Elle lui avait dit que l'imposteur ferait de son mieux pour s'assurer que le chemin qu'elle empruntait serait libre. En un sens, cela arrangeait Fleur, car ça lui permettait d'économiser ses forces. Il entendit alors un mouvement derrière elle. Fleur brandit sa baguette par précaution, prête à attaquer, mais ce fut le garçon de son école qui apparut dans le rayon lumineux. Il venait de surgir du chemin de droite. Il avait l'air sérieusement secoué et de la fumée s'élevait de sa manche.

Les ******** à ****** de ****** ! Dit-il d'une voix sifflante. Ils sont énormes ! Je viens de leur échapper !

Il hocha la tête et disparut le long d'un autre chemin. Sephiroth sentit Fleur frissonner à ses propos. Manifestement, elle savait de quoi il parlait, et n'avait clairement pas envie de s'attarder, car elle repartit d'un pas précipité. Quoi que soit, elle savait visiblement ce que c'était, et n'avait pas envie de se retrouver face à face avec.

Soudain, au détour d'un virage, il vit… un homme ? Sephiroth fronça les sourcils, perplexe, devant la réaction de Fleur. La manière dont son corps s'était raidit sous l'effet de la terreur… et ses tremblements… tout pointait vers la conclusion qu'elle connaissait cet homme… et qu'elle le craignait. Il n'était pas très impressionnant du point de vue du guerrier même Palmer était plus impressionnant ! L'homme était plus qu'obèse, et arborait une épaisse moustache blonde, tout comme ses cheveux. Sephiroth se demanda distraitement comment il faisait pour ne pas être mort d'une crise cardiaque, surtout avec la couleur violacée de son visage. Ses yeux étincelèrent de colère, cependant, en le voyant défaire sa ceinture, une lueur mauvaise dans ses yeux. Il n'avait pas l'intention de faire ce qu'il pensait ? Se demanda l'argenté, furieux.

Sauf que s'il se fiait à la manière dont Fleur tremblait, il l'avait déjà fait. Et plusieurs fois, sans doute. Sephiroth aurait volontiers étranglé l'homme qui faisait face à Fleur, avançant d'un air menaçant, même s'il ne savait pas comment il avait fait pour atterrir dans le labyrinthe. Cette dernière murmurait doucement « il n'est pas réel, il n'est pas réel… » d'une voix tremblante, essayant visiblement de se convaincre de ce fait et de se débarrasser de lui… du moins il l'espérait. Soudain, l'homme se figea, son visage perdant sa couleur violacée pour devenir d'un blanc de craie. Il se mit brusquement à reculer, tombant sur son arrière-train et se mettant à rétrécir, à la plus grande surprise de Sephiroth et, sans doute de Fleur. Continuant à reculer à quatre pattes et rétrécir, il finit par se retrouver acculé contre la haie… ne ressemblant plus à rien de connu.

Sephiroth aurait presque comparé la créature tremblant de terreur contre la haie à un Goblin, mais à part la taille, il n'y avait rien en commun. La peau de la créature était grisâtre, des symboles blancs peints sur son visage et ses membres, du peu qu'il pouvait voir. Ses longues oreilles pointues avaient des boucles d'oreilles bleues claires, deux pour chaque oreilles, et un chapeau pointu, dans les mêmes tons bruns clairs que le reste de ses habits. Des feuilles mortes et d'autres plus vertes étaient attachées à sa ceinture en alternance, et d'autres insérées dans le bandeau de son chapeau pointu. L'argenté fut surpris d'entendre Fleur murmurer, totalement perplexe :

Mais… attendez une minute, les ***********… ce serait des ******** ?

Il la sentit soupirer, se passant la main sur la figure, marmonnant :

Oh et puis merde, je veux pas savoir. Dégage de là, toi, soupira-t-elle en direction de la créature, qui continuait à trembler de peur. Et ne reviens jamais ici, compris ?

Le petit être tremblant, à peine de la taille d'une poupée, hocha frénétiquement la tête, avant de disparaître dans un tourbillon de feuilles mortes, faisant secouer la tête à Fleur. Manifestement, elle avait reconnu la créature, quoi qu'elle fut en réalité, et la craignait visiblement moins que l'obèse dont il avait prit la forme. Sephiroth prit mentalement note de l'homme en question, gravant son visage dans sa mémoire. Il la sentit respirer à fond, sans doute pour se remettre de ses émotions, avant de repartir. Tenant sa baguette au-dessus de sa tête pour s'éclairer, elle avançait aussi rapidement et silencieusement que possible.

À gauche… à droite… encore à gauche… Par deux fois, elle se retrouva dans un cul-de-sac. Fleur utilisa une nouvelle fois sa baguette comme boussole, et Sephiroth réalisa qu'elle était apparemment allée trop loin vers l'est, puisqu'elle disait toujours « au nord » quand elle la posait. Fleur grogna avec frustration, avant de revenir sur ses pas, prenant un chemin sur sa droite, et tomba alors sur une étrange brume dorée qui flottait à quelques mètres devant elle.

Fleur s'en approcha avec prudence en l'éclairant de son faisceau lumineux. Il s'agissait sûrement d'un piège et il se demanda si elle allait pouvoir le faire disparaître. Il la sentit soupirer avec un grognement exaspéré.

J'ai pas le temps de m'occuper de ces conneries… grommela-t-elle.

Un hurlement féminin déchira soudain le silence, la faisant sursauter et jurer. Sephiroth la comprenait. S'il se fiait à la voix, il s'agissait de la championne de l'une des écoles rivales, celle dont la directrice était une géante. Il entendit Fleur crier quelque chose, probablement le nom de la fille en question étant donné qu'il était bloqué, mais sans résultat. Le cri n'avait pas résonné très loin, de plus, mais la brume dorée était sur son passage. Murmurant une nouvelle grossièreté, elle se mit à agiter sa baguette, ses gestes fluides mais manquant d'assurance, comme si elle pratiquait ce sort pour la première fois en conditions réelles. Sephiroth ne put entendre l'incantation, à sa plus grande frustration, mais il put en voir l'effet immédiatement. La brume dorée se dissipa en quelques secondes, et Fleur reprit sa route, courant presque. Finalement, elle arriva à un autre croisement, dont la branche de droite menait dans la direction où elle allait.

Elle s'arrêta quelques secondes, haletante, étudiant les embranchements. Sephiroth pouvait la sentir hésiter. Est-ce que la championne allait bien ? Il était de plus en plus frustré de voir les événements par ses yeux, car cela voulait dire qu'il n'avait accès que à ce qu'elle pouvait elle-même voir. Au bout de quelques instants, elle finit par reprendre son chemin, regardant de tous les côtés, peut-être dans l'espoir de voir la championne.

Pendant presque dix minutes, tout ce que Sephiroth vit fut les murs végétaux l'entourant. Les seuls obstacles sur le chemin étaient les embranchements, et Fleur utilisait à chaque fois sa baguette pour déterminer la bonne direction. Malgré ça, elle se trompa encore deux fois, avant de finalement tomber sur un chemin menant droit au nord-ouest. Avec un murmure victorieux, elle se précipita dans cette direction, tournant un angle… avant de freiner en catastrophe, lâchant ce qui devait être un juron devant la chose qui lui faisait face. Et il la comprenait.

La… chose qui lui faisait face devait aisément dépasser les trois mètres. Elle ressemblait vaguement à un Ongle Gelé (s'il se fiait aux documents qu'il avait consultés) ou à ce monstre baptisé Gardien de Matéria, mais qui aurait eut des pattes sortant un peu sous tous les angles… et une queue de scorpion à l'avant comme à l'arrière. La carapace d'un noir de jais brillait sous la lumière de la lune, le rendant encore plus inquiétant. Sephiroth cligna des yeux avec surprise quand la chose émit un jet de feu, se propulsant en avant et en direction de Fleur. Cette dernière se jeta en arrière sans hésiter, atterrissant sur le dos. Elle pointa ensuite sa baguette sur le ventre du monstre (Sephiroth réalisant à cet instant que le dessous de la chose n'avait pas la même couleur que le reste de la carapace, et paraissait plus mou), criant une incantation.

Le scorpion géant s'immobilisa, et Fleur en profita pour ramper en sécurité, avant de faire demi-tour et de continuer à courir. Sephiroth laissa échapper un soupir de soulagement dans son esprit, la félicitant d'avoir su garder la tête froide malgré le stress de se retrouver face à une chose pareille. Savoir ce sur quoi on allait tomber était une chose, se retrouver face à face avec un monstre pareil, même en sachant à quoi s'attendre, et réussir à garder son calme malgré tout, en était une autre.

Arrivée au croisement précédent, elle reprit son souffle, avant de choisir un chemin partant sur sa gauche cette fois-ci. Elle jura en se retrouvant dans un cul-de-sac, faisant demi-tour. Le chemin suivant s'avéra être lui aussi un cul-de-sac, et elle grogna de frustration. Pour sa troisième tentative, elle revint plus en arrière, et trouva enfin un chemin allant vers le nord-ouest.

Sephiroth avait l'impression que ses nerfs allaient le lâcher sous l'effet de la tension. L'absence d'obstacles était presque pire que d'en rencontrer tout le temps, car il ne fallait pas être un génie pour se rendre compte qu'il s'agissait d'un piège. Et à en juger par la manière dont Fleur regardait régulièrement autour d'elle, elle le savait aussi.

Il ne se passa rien pendant plusieurs minutes, puis Sephiroth entendit une voix de l'autre côté de la haie. C'était celle du champion officiel de l'école, son ton sonnant à la voix perplexe, nerveux et inquiet.

Qu'est-ce que tu fais ? S'écriait celui-ci. Qu'est-ce qui te prend ? Tu es fou ?

La voix du champion masculin de l'autre école s'éleva alors, prononçant un mot (une incantation?) de sa voix accentuée. Les hurlements du garçon s'élevèrent alors dans l'air nocturne, et Fleur jura à mi-voix. Pointant sa baguette en direction de la haie, elle gronda une incantation, brûlant la haie. Elle dû s'y reprendre à plusieurs reprises pour arriver à brûler un trou assez grand pour pouvoir passer (et pourtant elle n'était pas grande), mais pas sans s'écorcher au passages sur les branches. Elle tomba sur le champion de son école, qui se tordait de douleur au sol, le champion de l'autre école se tenant au-dessus de lui. Sans hésiter, Fleur utilisa un sortilège envoyant un jet de lumière rouge, et le champion adverse s'écroula au sol, inconscient.

Elle se précipita ensuite vers son condisciple, manifestement inquiète.

Ça va ****** ?

Il hocha la tête, son corps toujours saisit de tremblements, alors qu'elle l'aidait à se redresser.

Oui, répondit-il, le souffle court. Oui… Je n'arrive pas à y croire… Il s'est approché de moi par-derrière… je l'ai entendu, je me suis retourné et il a pointé sa baguette sur moi…

Fleur secoua la tête.

Même si je n'ai pas eut l'occasion de beaucoup lui parler, je doute qu'il l'ait fait de son plein gré.

À cause de ce que tu as dis avant le tournoi ? Demanda-t-il en se relevant.

Elle opina.

Si *********… arrête de sauter à ce nom stupide, dit-elle sur un ton ennuyé, n'est pas derrière mon entrée dans cette farce, ma mère était une *****, répondit-elle avec sarcasme.

Il renifla avec une certaine ironie en réponse.

Qu'est-ce qu'on fait ? On le laisse ici ? Demanda-t-il.

Non, je crois qu'on devrait envoyer des étincelles rouges. Quelqu'un viendra le chercher… Sinon, il risque de se faire dévorer par un *******.

Il ne mérite pas mieux, marmonna le garçon, mais il leva malgré tout sa baguette et projeta dans les airs une gerbe d'étincelles rouges qui restèrent suspendues en l'air pour indiquer l'endroit où se trouvait leur opposant.

Ils restèrent encore un instant côte à côte dans l'obscurité, jetant des regards autour d'eux.

On ferait peut-être bien d'y aller, dit enfin son compagnon.

Quoi ? Fit Fleur, manifestement tirée de ses pensées. Ah, oui… tu as raison…

Sephiroth pouvait sentir qu'elle voulait attendre que quelqu'un arrive, mais ils ne pouvaient pas non plus s'attarder trop longtemps. Ils reprirent leur chemin, avant de se séparer à la première intersection. Fleur avait prit le chemin de gauche, et, très rapidement, il n'entendit plus les pas de l'autre garçon. Fleur utilisa de nouveau sa baguette pour s'orienter, accélérant le pas. Au moins, s'il se fiait à l'obscurité grandissante, elle approchait du cœur du labyrinthe. Malgré les quelques culs-de-cas dans lesquels elle se trouva, elle avançait manifestement.

Sephiroth cligna des yeux avec surprise devant l'obstacle suivant sur sa route. Une… créature qui ressemblait à ce que Hojo aurait pu créer : un corps félin (ou ressemblant à celui d'un Goût de Sang) immense avec une tête humaine, arborant une espèce de… coiffe sur la tête. La créature tourna ses grands yeux en amandes en direction de Fleur, qui laissa échapper un soupir.

Elle bloquait le passage en marchant d'un bord à l'autre du chemin mais ne semblait pas avoir d'intentions agressives.

Tu es tout près de ton but, dit alors la créature d'une voix grave et rauque. Le moyen le plus rapide d'y arriver, c'est de passer devant moi.

Dans ce cas… vous voulez bien me laisser passer, s'il vous plaît ? Demanda Fleur, mais son ton montrait clairement qu'elle savait très bien ce que serait la réponse.

Non, répondit la créature en continuant de faire les cent pas. À moins que tu saches résoudre mon énigme. Si tu donnes la bonne réponse, je te laisserai passer, si ta réponse est mauvaise, je t'attaquerai férocement. Enfin, si tu ne dis rien, tu pourras repartir sans dommage dans la direction opposée.

Je hais les énigmes autant que les labyrinthes, maugréa Fleur, agacée, avant de soupirer. D'accord. Est-ce que je peux l'entendre ?

Sephiroth comprenait son raisonnement. Si elle ne disait rien, elle pourrait faire demi-tour sans danger. Tout le problème était que ça lui ferait perdre du temps. Mais c'était toujours préférable au fait de se faire attaquer par ces griffes, se dit-il en contemplant les imposantes pattes de la créature. Cette dernière s'assit au centre du passage, et commença à réciter… des vers ?

On m'a donné beaucoup de noms

Mais tous signifient la même chose.

Je manie le plus tranchant de ce qui jadis coupait les céréales et l'herbe.

Je vis, bien que je n'ai pas de chair.

Enfin qu'est-ce qui est toujours là

Mais pas toujours vu

Et qui vous prendra tout à la fin?

Qui suis je ?

Sephiroth sentit Fleur cligner des yeux à plusieurs reprises, visiblement surprise. Elle murmura « j'aurais dû m'y attendre que l'énigme serait différente », avant de soupirer. Elle se mit à faire les cents pas en marmonnant, avertissant la créature qu'elle réfléchissait à voix haute. Finalement, elle s'immobilisa et la regarda avec hésitation.

La mort ? Dit-elle d'un ton incertain.

Le sourire de la créature fit se détendre les muscles de Fleur, et Sephiroth réalisa qu'elle devait avoir la bonne réponse, surtout quand elle s'étira et se décala pour laisser passer l'adolescente, déclarant :

Correct, tu peux passer indemne.

Fleur laissa échapper un soupir, et reprit son chemin, courant presque pour passer la créature, laquelle laissa échapper un soudain hurlement aigu, comme un chat qui se noierait, faisant faire un bond de surprise effrayée à Fleur, laquelle entendit à peine la créature murmurer, apparemment terrifiée :

Oui, toujours présent.

Fleur décida probablement de ne pas se poser de questions, et continua à courir. Sephiroth espérait vraiment qu'elle approchait du cœur du labyrinthe, cette attente le tuait. Arrivée à une nouvelles intersection, elle se servit de sa baguette pour déterminer la direction. Cette dernière pointa vers le chemin de droite, et Fleur se précipita dans cette direction. L'argenté ne tarda pas à repérer une lueur dorée droit devant, et, peu de temps après, il aperçut une grande coupe en or posée sur un piédestal.

Fleur se mit à courir dès qu'elle l'eut repérée, et Sephiroth put voir son condisciple surgir d'un chemin sur le côté, se précipitant également vers la coupe. Il entendit Fleur jurer en réalisant qu'elle ne pourrait pas arriver à temps, le garçon était plus grand et avec des jambes plus longues. Sephiroth aperçut soudain quelque chose qui bougeait dans un chemin parallèle, dépassant de la haie. Il n'osait guère imaginer la taille de la chose, ou son apparence, mais si le garçon continuait ainsi, il allait la percuter de plein fouet. Et son regard étant fixé sur le trophée, il n'avait rien vu.

Attention, à gauche ! S'exclama Fleur, le souffle court.

Le garçon tourna la tête juste à temps pour se jeter en avant et passer de justesse devant la chose en évitant la collision mais, dans sa précipitation, il trébucha. Sa baguette magique lui échappa des mains tandis qu'une araignée géante surgissait sur le chemin et fonçait sur lui. Sephiroth n'avait pas peur des araignées, pas plus qu'elles ne le dégoûtaient… à une taille normale. Là, elle devait faire celle d'un camion ! Fleur utilisa un sortilège, probablement dans l'espoir de la distraire de son condisciple, étant donné que vu sa taille, elle serait probablement insensible aux sorts. Et en effet, malgré plusieurs sortilèges lancés par Fleur, l'araignée géante se précipita sur elle.

Sephiroth eut tout juste le temps d'apercevoir ses huit yeux noirs étincelants et ses pinces tranchantes comme des rasoirs avant qu'elle soit sur Fleur. Il la sentit être soulevée en l'air par les deux pattes avant de l'araignée, et l'adolescente se débattit comme une folle, manifestement paniquée, en essayant de lui donner des coups de pied. Sa jambe heurta alors une des pinces et il ressentit une terrible douleur. Il entendit le garçon crier à son tour un sortilège, mais, cette fois encore, le sortilège resta sans effets. Fleur leva sa baguette magique au moment où l'araignée ouvrait à nouveau ses pinces et cria quelque chose. Sephiroth ressentit un intense soulagement en voyant que celui-ci se révélait efficace, et l'araignée la lâcha, mais Fleur fit une chute de près de quatre mètres et tomba sur sa jambe déjà blessée qu'il sentit céder sous elle. Et sans avoir l'air de prendre le temps de réfléchir, elle pointa sa baguette magique sur le ventre de la créature, comme elle l'avait fait pour le scorpion, et hurla un sort au moment précis où le garçon lançait le même cri.

Les deux sortilèges combinés eurent enfin l'effet escompté : l'araignée s'effondra sur le côté, écrasant une haie proche, dans un enchevêtrement de pattes velues qui s'étendirent en travers du chemin.

**** ! S'écria le garçon. Ça va ? Elle n'est pas tombée sur toi ?

Non, répondit Fleur, la respiration haletante, son regard se portant sur sa blessure.

Sephiroth grimaça en voyant sa jambe. Elle saignait abondamment et il vit sur l'étoffe de sa robe une sorte de sécrétion épaisse et gluante qui provenait très certainement des pinces de l'araignée. Fleur essaya de se relever mais sa jambe tremblait et refusait de supporter son poids. Elle s'appuya contre la haie, essayant de reprendre sa respiration, et se tourna vers l'adolescent avec elle.

Celui-ci n'était plus qu'à un ou deux mètres du trophée qui scintillait derrière lui. L'argenté pouvait imaginer le désespoir de Fleur. Arriver aussi loin, presque sans fautes, et échouer aussi près du but. Il savait que Fleur voulait lui sauver la vie, sachant que ce qui les attendait s'ils trouvaient le trophée était une embuscade avec l'assassin de ses parents. Si jamais il prenait seul le trophée… c'était la mort assurée pour lui. Cependant… si ce que Fleur avait dit était juste… son sens du fair-play refuserait de le laisser prendre seul le trophée, malgré le fait qu'il soit à porté de mains.

Son regard alternait entre Fleur et le trophée, montrant clairement son dilemme intérieur. Le désir de le prendre et de clamer la victoire pour sa Maison était littéralement inscrit sur son visage. Finalement, il prit une grande inspiration, et s'adressa à Fleur.

Si je prend le trophée, il va m'arriver quelque chose c'est ça ? Demanda-t-il, mi-résigné mi-désespéré.

Fleur laissa échapper un reniflement ironique.

Cet enfoiré qui a assassiné mes parents m'attends à l'autre bout. Il veut récupérer son corps, et il n'a besoin que de mon sang pour ça. Si tu te pointes… il te tuera sans hésiter.

Mais pas toi ? Demanda-t-il, reculant d'un pas, comme pour ne pas céder à la tentation.

Elle soupira, secouant la tête.

Pas dans l'immédiat, en tout cas. Il va faire un rituel, puis un grand discours grandiloquent devant ses esclaves, même s'il ne leur a pas dit ça quand il les a asservit. Après il va vouloir m'affronter, et c'est là que j'aurais une chance de m'enfuir.

L'adolescent la regarda avec incrédulité.

Et tu crois que je vais te laisser affronter Tu-Sais-Qui toute seule, **** ? Ça va pas la tête ?

******, tu vas te faire tuer si tu viens, répondit-elle avec colère en essayant de faire un pas.

Sa jambe faillit s'effondrer sous elle, tremblant sous son poids, et elle se rattrapa de justesse à la haie, jurant à mi-voix. Sephiroth estima qu'elle avait sans doute dû se fouler la cheville en tombant, s'il se fiait à l'intensité de la douleur. Heureusement, elle n'avait pas l'air cassée. Malgré tout, elle ne pouvait pas avancer seule, et Sephiroth ressentit une intense envie de découper l'araignée en rondelles. Le combat contre l'araignée avait laissée Fleur pantelante, endolorie des pieds à la tête, et sa jambe la faisait atrocement souffrir.

Dans l'état où elle était, elle était atrocement vulnérable. L'adolescent s'approcha d'elle, contournant prudemment l'araignée, et grimaça en voyant la plaie sanglante.

Faut faire quelque chose pour ça, murmura-t-il, avant de dire doucement quelque chose.

Des bandages surgirent de sa baguette, s'enveloppant autour de la jambe de Fleur tout en faisant apparaître une attelle, stabilisant sa jambe. L'adolescente put enfin se tenir debout seule, l'attelle apparemment suffisante pour l'aider. Elle leva les yeux en direction de l'adolescent, visiblement sceptique.

Tu as vraiment l'intention de jouer les chevaliers nobles et généreux, c'est ça ? Demanda-t-elle, non sans dérision.

Il renifla, rangeant sa baguette.

Tu connais le moto des **********, ****. Loyauté et travail dur sont au cœur de nos valeurs. Et pas question que je laisse une élève plus jeune que moi face à un monstre pareil.

Fleur soupira avec lassitude. Visiblement, il n'y avait pas moyen de le convaincre de renoncer. Sephiroth se demanda si elle allait l'assommer lui aussi, avant de réaliser que, si elle parvenait à le cacher, il pourrait peut-être survivre. Peut-être servir de témoin ?

Crétin suicidaire de ********, murmura-t-elle. Ensemble, alors ? Demanda-t-elle, levant les yeux dans sa direction.

Il cligna des yeux, visiblement surpris de la voir capituler aussi facilement.

Tu renonce aussi facilement que ça ? Demanda-t-il, visiblement sceptique.

Sephiroth la sentit hausser les épaules.

Le seul moyen pour t'arrêter c'est de t'assommer, pointa-t-elle avec ironie. Et c'est pas comme si je pouvait t'en empêcher physiquement. De plus… si on fait ça, ça restera techniquement une victoire de ********, non ? De cette façon, tu garderas quand même la gloire. Moi j'en veux pas de cette foutue gloire, maugréa-t-elle. J'en ai jamais voulu.

Il parut mal à l'aise, mais l'aida à avancer en boitillant jusqu'au trophée, la soutenant sous un bras. Tous deux tendirent alors la main vers chacune des anses de la coupe qui scintillait sous leurs yeux.

À trois, d'accord ? Dit doucement Fleur. Un… Deux… Trois…

D'un même geste, ils saisirent chacun une anse du trophée.

À cet instant, Sephiroth ressentit une secousse quelque part au niveau du nombril. Ses pieds avaient quitté le sol et Fleur n'arrivait clairement plus à lâcher le Trophée, qui l'entraînait comme une tornade dans un tourbillon de couleurs, son condisciple toujours à côté d'elle.

Sephiroth sentit les pieds de Fleur toucher brutalement le sol, sa jambe blessée s'effondrant sous son poids, envoyant une onde de douleur dans tout son corps, et elle laissa échapper un grognement de douleur.

Où est-ce qu'on est ? Demanda son compagnon, l'aidant à se relever.

Fleur murmura quelque chose en réponse, probablement le nom de l'endroit s'il se fiait au « où ça ? » prononcé sur un ton perplexe par l'adolescent. Elle ajouta ensuite :

Désolée, ******.

Suivit de ce qui devait probablement être un sort pour l'immobiliser et l'appuyer sur une pierre tombale, avant de murmurer quelque chose d'autre, le faisant progressivement disparaître de sa vue. L'argenté approuvait en partie ses actions, sachant que si elle n'avait rien fait, il aurait probablement été tué dès qu'ils auraient été repérés. Elle venait juste de murmurer un dernier sort lorsque ses oreilles captèrent un son.

Sephiroth ne distinguait pas grand-chose autour de lui, mais assez pour savoir qu'ils étaient maintenant très loin de l'école. De toute évidence, ils avaient parcouru des kilomètres – peut-être même des centaines de kilomètres, car les montagnes qui entouraient le château avaient disparues. Ils se trouvaient à présent dans un cimetière obscur, envahi par la végétation. À leur droite, derrière un grand if, se dessinaient les contours d'une petite église. À leur gauche s'élevait une colline et Harry distingua la silhouette d'une belle maison ancienne qui se dressait à son sommet.

Scrutant l'obscurité, elle finit par distinguer la silhouette d'un homme qui s'approchait d'elle et du garçon dissimulé en marchant parmi les tombes d'un pas assuré. Sephiroth n'arrivait pas à apercevoir son visage mais, à en juger par sa démarche et la manière dont il tenait les bras, il portait visiblement quelque chose devant lui. De petite taille, il était vêtu d'une cape avec un capuchon rabattu sur la tête pour cacher son visage. Lorsqu'il se fut approché davantage, l'argenté eut l'impression que c'était un bébé qu'il portait dans les bras… Ou peut-être s'agissait-il d'une simple robe de sorcier roulée en boule ?

L'homme s'arrêta à côté d'une haute pierre tombale en marbre qui n'était qu'à deux mètres d'eux. Pendant un instant, Fleur resta parfaitement immobile face à la silhouette encapuchonnée qui la regardait. Elle semblait hésiter sur la marche à suivre, comme si elle réfléchissait à ce qu'elle devait faire. Ou comment le faire.

Puis, sans le moindre signe avant-coureur, Sephiroth ressentit brusquement une douleur si insoutenable qu'il eut l'impression que la cicatrice de Fleur explosait. De sa vie, il n'avait éprouvé une telle souffrance. Même les expériences de Hojo ne s'en approchaient pas. Fleur laissa tomber sa baguette, couvrant son visage de ses mains. Ses genoux fléchirent et elle se retrouva à terre, incapable de voir quoi que ce soit. C'était comme si sa tête était sur le point de se fendre en deux.

Une main la saisit brusquement par le bras, la tirant avant qu'elle ait eut le temps de se remettre, avant de la plaquer contre une pierre tombale. Sephiroth n'eut pas le temps de lire le nom inscrit dessus, la personne malmenant Fleur ayant fait apparaître des cordes pour la ligoter des pieds à la tête. Sephiroth pouvait entendre la respiration haletante de la personne sous le capuchon, et il espérait presque voir son visage, pour le graver dans sa mémoire, dans l'opportunité improbable où il le croiserait un jour. Fleur se débattit brièvement, et l'homme la frappa du revers de la main. L'argenté nota avec intérêt qu'il manquait un doigt à cette main. Un moyen de l'identifier, donc.

Vous, gronda Fleur avec colère.

Il se rendit compte qu'elle le connaissait manifestement, et il se demanda s'il ne s'agissait pas du fameux traître qui avait vendu ses parents. L'homme ne répondit pas, occupé à vérifier la solidité des liens, ses doigts saisis de tremblements incontrôlables tripotant maladroitement les nœuds. Lorsqu'il fut certain que Fleur ne pouvait plus faire le moindre mouvement, il tira de sa cape un morceau d'étoffe noire qu'il lui fourra dans la bouche en guise de bâillon. Puis, sans un mot, il s'éloigna. Sephiroth lutta contre l'envie de jurer. Elle n'entendait plus rien, et ne pouvait rien voir. Il ne savait pas où l'homme était allé et elle n'arrivait même pas à tourner la tête pour regarder derrière la pierre tombale. Fleur ne pouvait voir que droit devant elle.

La robe de sorcier roulée en boule qu'il avait tout d'abord prise pour un bébé se trouvait près de la tombe. À l'intérieur, quelque chose semblait s'agiter et Sephiroth sentit la cicatrice Fleur lui faire à nouveau mal… Il sut alors qu'il ne voulait surtout pas voir ce qui se cachait dans cette robe… Il ne voulait pas qu'on la déplie devant elleil ignorait ce qu'elle contenait… et, presque étrangement, il ne voulait pas savoir.

Il y eut soudain un bruit à ses pieds, faisant baisser les yeux à Fleur, qui vit un gigantesque serpent qui ondulait dans l'herbe, autour de la pierre tombale à laquelle elle était attachée. Sephiroth savait qu'elle n'avait pas peur des serpents, pouvant leur parler, mais il la sentit frissonner quand même. Lui faisant comprendre qu'il ne s'agissait pas d'un serpent ordinaire. Il entendit la respiration sifflante et saccadée de l'homme encapuchonné s'approcher à nouveau, accompagné d'un raclement. On aurait dit qu'il traînait derrière lui quelque chose de très lourd. Il revint alors dans le champ de vision de Fleur, qui le vit pousser un chaudron de pierre contre la tombe. L'argenté cligna des yeux avec incrédulité, il n'avait jamais vu un chaudron aussi grand. C'était un énorme récipient de pierre, arrondi comme un ventre, dans lequel un homme adulte aurait eu la place de s'asseoir. Apparemment, il était rempli d'eau – Fleur pouvait l'entendre clapoter.

La chose qu'enveloppait la robe roulée en boule s'agitait avec de plus en plus d'insistance, comme si elle essayait de se libérer. À présent, l'homme au capuchon, une baguette magique à la main, s'affairait autour du chaudron. Soudain, des flammes crépitèrent sous l'énorme récipient et le grand serpent s'éloigna en ondulant dans l'obscurité.

Le liquide qui remplissait le chaudron semblait chauffer très vite. Il se mit à bouillonner en projetant des étincelles enflammées comme s'il avait pris feu. Il s'en échappait une épaisse vapeur, estompant la silhouette de celui qui entretenait les flammes. Le ballot d'étoffe parut s'agiter de plus en plus et Sephiroth entendit une voix aiguë et glacée, atrocement familière :

–Dépêche-toi, dit-elle.

L'argenté serra les dents. La dernière fois qu'il avait entendue cette voix dans un souvenir de Fleur… elle avait faillit y laisser la vie. Il pressentait qu'encore une fois, ce serait le cas. À présent, toute la surface du liquide projetait des étincelles, comme si elle était incrustée de diamants.

C'est prêt, Maître, dit une voix tremblante et aiguë, appartenant à l'homme.

–Maintenant…, dit la voix glacée.

L'homme au capuchon déplia alors la robe, révélant son contenu, et Sephiroth laissa échapper un hurlement dégoûté dans son esprit, celui de Fleur étouffé par le morceau de tissu qui la bâillonnait.

C'était comme si l'homme avait soudain renversé une pierre sous laquelle se cachait une chose repoussante, visqueuse, aveugle – mais ce que Sephiroth voyait à travers les yeux de Fleur était pire encore, cent fois pire. La chose avait la forme d'un enfant accroupi et pourtant, rien n'aurait pu paraître plus éloigné d'un enfant. C'était un être entièrement chauve, recouvert d'écailles grossières, d'un noir rougeâtre. Il avait des bras et des jambes frêles, graciles, et un visage plat, semblable à une tête de serpent, avec des yeux rouges et flamboyants – jamais un enfant n'aurait pu avoir un tel visage.

La créature semblait tout juste capable de faire quelques gestes. Elle leva ses bras minces et les passa autour du cou de l'homme, qui la souleva. Dans le mouvement, son capuchon glissa en arrière et Sephiroth put voir à la lueur des flammes le visage blafard et souffreteux de l'homme exprimer sa révulsion tandis qu'il transportait la chose auprès du chaudron. Pendant un instant, la tête aplatie, maléfique, fut éclairée par les étincelles qui dansaient à la surface du liquide, puis il déposa alors la créature dans le chaudron. Il y eut un sifflement et elle disparut sous la surface. Sephiroth put entendre son corps frêle heurter avec un bruit sourd le fond du récipient de pierre.

Une partie de lui priait de toutes ses forces pour que cette… chose se noie dans le chaudron. Une abomination pareille… ne devrait pas exister. La cicatrice de Fleur… était plus douloureuse que jamais. Mais il savait que la pauvre ne serait pas aussi chanceuse. Sa chance… était généralement atroce. Elle s'en sortait toujours en vie, oui, mais jamais indemne. Il fut tiré de ses pensées par la voix de l'homme, tremblante et sonnant terrifiée. Il prêta à peine attention à ses mots, plus intéressé par le déroulement des événements. Une fine poudre s'éleva de sous les pieds de Fleur, atterrissant dans le chaudron. Le guerrier ne put retenir une grimace de dégoût, cependant, en réalisant que l'homme s'était tranché la main droite, avant de la laisser tomber dans la potion, s'il se fiait au bruit d'éclaboussure qui suivit. La lumière qui traversait les paupières de Fleur (qui avait fermé les yeux juste avant qu'il ne se coupe la main) était désormais d'un rouge vif.

Elle rouvrit brusquement les yeux, cependant, lorsque la respiration haletante et douloureuse de son tortionnaire (Sephiroth n'arrivait pas à penser à lui d'une façon différente) se rapprocha d'elle. Fleur se débattit malgré les liens, refusant de se laisser faire, mais c'était à peine si elle pouvait se tortiller. L'argenté sentit l'envie de meurtre monter de nouveau lorsqu'il se servit du couteau qu'il avait en main pour entailler le bras de l'adolescente, sans avoir l'air de prêter attention à ses tortillements. Il put sentir le couteau s'enfoncer dans sa chair, et le sang couler le long de son bras. L'homme encapuchonné, haletant de douleur, fouilla ses poches de sa main valide, avant de sortir une petite fiole et d'en appuyer le goulot contre la blessure.

Après avoir récolté assez de sang, il tituba en direction du chaudron, versant le liquide écarlate à l'intérieur, avant de s'écrouler au sol, sanglotant. Sephiroth n'éprouvait aucune pitié pour lui, cependant. Il avait vendu les parents de Fleur à un monstre, s'était dissimulé sous l'apparence d'un rat pendant des années, et avait fuit à la première occasion. Une petite partie de son esprit se demanda s'il devrait demander à Fleur comment c'était possible. Ça serait un avantage tactique indéniable, surtout si la forme était de taille à combattre.

Le liquide devint d'un blanc aveuglant, n'aidant pas la douleur qu'éprouvait Fleur, et que Sephiroth ressentait en écho. Le chaudron bouillonnait, projetant des étincelles dans tous les sens, semblables à des diamants et si brillantes que tout le reste paraissait noir par comparaison. Pendant un long moment, rien ne se passa…

Puis les étincelles disparurent soudain, plongeant la zone dans une obscurité presque totale, aggravée par l'épaisse fumée qui se répandit du chaudron. Mais bientôt, une vague de frissons secoua Fleur des pieds à la tête : à travers le nuage de vapeur, elle venait d'apercevoir la silhouette sombre d'un homme grand et squelettique qui s'élevait lentement du chaudron.

Habille-moi, dit la voix aiguë et glacée au milieu du panache de vapeur.

Secoué de sanglots, l'homme, tenant toujours contre lui son bras mutilé, ramassa la robe noire étalée par terre. Il se releva et, de sa main unique, passa la robe sur la tête de son maître.

L'homme squelettique sortit alors du chaudron. Il regarda Fleur… et elle regarda en face le visage qui avait certainement hanté ses cauchemars pendant trois ans. Plus livide qu'une tête de mort, les yeux écarlates et grands ouverts, le nez plat, avec deux fentes en guise de narines, à la manière des serpents…

L'assassin des parents de Fleur et de tant d'autres venait de retrouver son corps.

Dans un recoin de son esprit, Sephiroth ne put s'empêcher de trouver tout le processus atrocement cliché. La seule bonne nouvelle, c'était que le garçon qui avait accompagné Fleur était plus ou moins à l'abri, paralysé et invisible. Mais il n'osait pas imaginer ce qu'il devait ressentir. Il était probablement terrifié, surtout sachant qu'il était en plus incapable de se défendre à cet instant.

L'homme pâle comme un mort détourna rapidement le regard, ignorant Fleur. Cette dernière profita de sa distraction pour recracher le tissu que le traître lui avait fourré dans la bouche, avant d'essayer d'humecter sa bouche asséchée. Pendant ce temps, le terroriste commença à examiner son propre corps. Il contempla ses mains, semblables à de grandes araignées blafardes, puis caressa de ses longs doigts blanchâtres sa poitrine, ses bras, son visage. Ses yeux rouges, aux pupilles verticales comme celles d'un chat, paraissaient encore plus brillants dans l'obscurité. Il tendit les mains devant lui, plia et déplia les doigts avec une expression de ravissement. Il n'accorda pas le moindre regard à l'homme qui se tortillait sur le sol, le bras ruisselant de sang, ni au serpent qui était revenu et sifflait en décrivant des cercles autour de Fleur. Voldemort glissa dans une poche de sa robe une de ses mains aux doigts d'une longueur surnaturelle et en sortit une baguette magique. Il la caressa doucement, la leva et la pointa sur la loque sanglotant au sol, qui fut soulevé du sol et projeté contre la pierre tombale à laquelle l'adolescente était attachée. Il s'effondra par terre et resta là, recroquevillé, gémissant. Voldemort tourna alors ses yeux écarlates vers Fleur et éclata d'un rire aigu, glacial, sans joie.

Sephiroth avait de plus en plus envie de le découper en morceaux. Ce mégalomane lui rappelait furieusement Hojo, en pire, car il avait du pouvoir, et savait s'en servir, là où le scientifique n'avait guère de force physique et le peu de pouvoir que lui accordait le Président. Mais au sein de son domaine, il était plus ou moins tout-puissant, comme avait pu le constater Sephiroth à ses dépends quand il était enfant. Désormais… un seul faux pas du scientifique se prétendant être son père… ou la révélation qu'il ne l'était pas… et le guerrier se ferait un plaisir de le jeter en pâture à ses créations.

Il contempla la scène qui suivait, ses yeux étrécis en arrière-plan, attentif et enregistrant tout ce qu'il voyait. Le guerrier le regarda remonter la manche du couard (Wormtail sonnait malheureusement plus comme un surnom que comme un nom, mais il savait au moins comment l'appeler désormais), dévoilant un tatouage hideux, qui formait une tête de mort de laquelle sortirait un serpent, d'une couleur rouge vif sur la peau blafarde. L'argenté fulmina de rage impuissante lorsque la cicatrice de Fleur se remit à la faire souffrir atrocement quand il posa le doigt sur le tatouage, le faisant tourner au noir de jais, accentuant le contraste avec la peau. L'expression cruelle et satisfaite du terroriste fit grincer des dents de colère à Sephiroth, surtout quand il se mit à monologuer, parlant de ses parents et de ceux de Fleur.

Il renifla avec mépris en l'entendant parler de sa « vraie famille ». Les hommes qui étaient apparus les uns après les autres dans le cimetière n'étaient certainement pas une famille pour lui. Tout juste de la chair à canon. Certains plus utiles que d'autres, mais c'est tout. Les bruissements d'étoffes s'interrompirent assez rapidement, et le silence retomba très vite. Sephiroth ressentit un profond dégoût en les voyant approcher le… monstre, qui se tenait devant eux, rampant jusqu'à l'atteindre et embrassant le bas de sa robe, avant de se relever et de rejoindre les autres, formant un cercle lâche. Il y avait des espaces dans ce cercle, comme s'il manquait des personnes, et l'argenté rangea ce renseignement dans un coin de son esprit.

Il regarda ensuite, impassible, le monstre à forme humaine parader dans le cercle, ôtant les masques et appelant certains de ses esclaves par leurs noms… bloqués, à sa plus grande frustration. Le terroriste tortura quelques-uns de ses subordonnés, interrompant à peine son discours. La main d'argent qu'il offrit à Wormtail le surprit, honnêtement. Cependant… l'argenté n'était pas assez stupide pour ne pas se douter qu'il y avait une arrière-pensée derrière. Une sécurité pouvant coûter la vie du lâche. Il le contempla raconter ce qu'il s'était passé. Comment il était revenu dans le pays, utilisant Wormtail, et l'appelant un médiocre sorcier. Sephiroth ne pouvait qu'être d'accord. C'était à se demander comment il avait pu maîtriser la transformation en animal. Finalement, il se tourna vers Fleur, une lueur sadique dans le regard, et l'argenté eut un mauvais pressentiment, qui fut confirmé quelques secondes plus tard lorsqu'il leva sa baguette en direction de l'adolescente, avant de prononcer un mot, une incantation.

Instantanément, il eut l'impression qu'il venait de plonger Fleur dans de la Mako pure. Ses cris de douleur résonnèrent dans le cimetière, et jamais Sephiroth ne s'était sentit aussi impuissant. C'était comme si son système nerveux était en feu, un volcan de souffrance en éruption dans chaque nerf. Finalement, la souffrance s'arrêta, et il laissa échapper un soupir de soulagement mental. Fleur… ne méritait pas ça, se dit-il avec colère. Personne ne méritait ça !

Il prêta à peine attention à l'aura qui avait commencé à envahir le cimetière quand le monstre avait commencé à torturer Fleur. Froide, glaciale même, et implacable, elle fit remuer nerveusement les suivants du monstre, qui regardèrent autour d'eux, méfiants et inquiets. Mais aucun d'eux ne fit un geste. Fleur sanglotait à moitié à cause de la souffrance, et les cordes étaient désormais la seule chose qui la tenaient debout. Elle peinait à respirer, le souffle court et la gorge cassée à cause de ses cris.

Et le monstre… riait ! Il riait de ce rire aigu et glacial, semblant trouver amusant de torturer une enfant immobilisée, blessée, qui ne pouvait pas se défendre ! Dans l'esprit de Sephiroth, cela ne faisait que renforcer la ressemblance avec Hojo. Même ses suivants riaient devant la souffrance de Fleur. Il s'approcha ensuite doucement, parlant du sacrifice de la mère de cette dernière, et comment il l'avait protégée, faisant rebondir le sort sur lui. La seule chose à laquelle Sephiroth arrivait à penser, à cet instant, comme sa présence aggravait la souffrance dans la tête de Fleur, c'était que s'il levait la main sur elle, il se ferait un plaisir de lui apprendre ce que c'était que souffrir… et qu'il y avait bien pire que la mort.

Alors même qu'il pensait ça, le monstre leva un long doigt pâle, s'apprêtant à toucher la joue de Fleur… avant de devoir faire un bond en arrière, son expression choquée, lorsque quelque chose frôla sa tête, le manquant de peu. Sephiroth vit Fleur cligner des yeux, essayant visiblement de chasser le brouillard qui semblait s'être installé, relevant la tête. Pour cligner de nouveau des yeux, comme pour vérifier qu'elle ne rêvait pas. Le guerrier comprenait pourquoi.

À côté d'elle se tenait une grande statue, représentant probablement la Faucheuse s'il se fiait à la faux qu'elle tenait entre ses mains osseuses, la capuche rabattue sur son crâne, dans les orbites duquel brûlaient deux flammes vertes pâles à la place des yeux. La statue fit un nouveau geste de sa faux, tranchant les cordes retenant Fleur, et la rattrapant délicatement lorsqu'elle s'effondra, l'aidant à s'asseoir au sol. Une faible lueur verte l'enveloppait, les plis sculptés dans la pierre donnant presque l'impression d'être un véritable tissu quand elle bougeait. Sephiroth ne put s'empêcher de frissonner en sentant l'aura de la statue. Une colère glaciale. Pure et simple, et d'une telle intensité que tous les suivants du monstre reculèrent en même temps, apparemment terrifiés. Même le monstre ne semblait pas à son aise, surtout quand la statue bondit dans sa direction, abattant sa faux sur lui pour essayer de le détruire.

Sephiroth sentit Fleur émettre un reniflement presque amusé en le voyant esquiver les attaques de la statue. Lui-même même ressentait un certain amusement, c'était presque le karma à ce niveau-là. Malheureusement, la statue étant faite de pierre, et de grande taille qui plus est, elle était plus lente que sa cible, agile et mobile. Finalement, le monstre parvint à la détruire d'un sortilège, mais il ressentit une certaine satisfaction à le voir ainsi hors d'haleine. Le monstre se tourna ensuite vers Fleur, qui avait suffisamment récupéré pour se remettre debout, la fixant en fronçant les sourcils.

Dis-moi, **** ******, pourquoi n'es-tu pas plus surprise par le fait que cette statue ait bougée d'elle-même ?

Sephiroth pu presque la sentir rouler des yeux.

Sincèrement, ***, cette connerie ne vaut même pas un 8/10 sur mon bizarromètre personnel, répondit-elle d'un ton pince-sans-rire.

Un reniflement amusé lui échappa malgré lui, surtout en voyant l'expression furieuse de son opposant. Malgré tout, il avait l'impression que Fleur était soit suicidaire, soit n'avait aucun instinct de survie. Peut-être un peu des deux, se dit-il avec une certaine exaspération comme elle faisait un doigt d'honneur insolent à son adversaire, avant de se jeter sur le côté pour esquiver un sortilège. Elle n'eut malheureusement pas le temps de se redresser avant de se prendre de nouveau un sortilège la faisant souffrir, et ses cris s'élevèrent de nouveau dans la nuit, sous les ricanements des suivants. Ils ne valaient vraiment pas mieux que leur maître, se dit Sephiroth, écœuré.

Finalement, la douleur cessa, et Fleur put reprendre son souffle. Les larmes coulaient librement sur ses joues, mais à part ça, elle ne montrait aucun signe que ce qui venait de se passer l'avait atteinte. Elle se remit debout de nouveau, handicapée par sa jambe, et il fronça les sourcils, réalisant qu'elle semblait trop bien savoir comment éviter d'aggraver sa blessure, faisant porter le plus gros de son poids sur sa jambe valide. Quelque chose lui disait que s'il croisait les gens chez qui elle vivait… il y aurait du sang et des morceaux de corps sur les murs. Et Sephiroth doutait que Fleur l'arrête. Il n'y avait aucune chaleur dans sa voix quand elle parlait d'eux.

Le monstre rit doucement, avant de déclarer qu'il allait affronter Fleur, ici et maintenant, et renvoyer son corps à l'école. Une démonstration de pouvoir ? Sephiroth renifla avec mépris. Ce n'était pas une démonstration de pouvoir, mais de cruauté gratuite, se dit-il avec colère. Affronter une enfant en duel, alors qu'il avait des décennies de savoir en plus par rapport à elle… c'était un massacre programmé. Il lui aurait volontiers montré ce que c'était d'affronter un vrai guerrier. Quelqu'un entraîné au combat depuis son plus jeune âge.

Sephiroth sourit légèrement à la réponse de Fleur à sa question de savoir si elle avait apprit à se battre en duel :

Me battre en duel ou combattre ? Y a une différence, sachant que grâce à ce vieux bouc, j'ai dû me battre depuis quatre ans contre toi. Quant au duel… le seul cours de duel que j'ai eut était fait par un abruti incompétent, qui a trouvé le moyen d'effacer sa propre mémoire à la fin de l'année. Donc pas appris grand-chose, ***.

Elle ignora Wormtail qui lui mettait sa baguette dans la main, avant de rejoindre le cercle des serviteurs, qui s'était resserré. Fleur restait à peu près calme malgré tout, se baissant juste pour esquiver un sortilège. Son ennemi plissa les yeux, visiblement frustré devant ses actions. Il insista pour respecter les formes, et se saluer avant le duel, avant de se montrer frustré devant son refus. Il pointa sa baguette dans sa direction, insistant, et ce fut comme si une main géante appuyait dans son dos, la forçant à courber l'échine, sous les rires des « spectateurs ». Fleur renifla avec mépris quand il la laissa se redresser.

Toujours aussi mauvais perdant, *** ? Je te signale que vu le peu de respect que tu m'as montré jusqu'ici, je ne vois pas pourquoi je t'en témoignerais. Tu es un lâche capable de t'en prendre à un bébé sans défense, alors pourquoi je te respecterais ?

Sephiroth hésitait sincèrement entre l'applaudir pour ses tripes, et l'attraper pour la mettre à l'abri derrière lui, surtout quand son ennemi utilisa de nouveau le sortilège de douleur. Fleur se tordit de douleur au sol, la douleur encore pire qu'avant. Finalement, la souffrance s'arrêta, et elle parvint à se relever, tremblant de tout son corps.

On va faire une petite pause, dit le sadique, ses narines de serpent dilatées par l'excitation. Ça t'a fait mal, n'est-ce pas, **** ? Tu n'aimerais pas que je recommence, je crois ?

Fleur ne répondit pas. Sephiroth pouvait presque entendre ce qu'elle pensait. Elle allait mourir comme ses parents, il le voyait dans ces yeux rouges au regard impitoyable… Elle allait mourir et ne pourrait rien faire pour échapper à son sort… mais elle n'avait clairement pas l'intention de laisser Voldemort jouer avec elle. Elle ne comptait pas lui obéir… Elle n'allait pas le supplier, et Sephiroth respectait son courage pour ça.

Je t'ai demandé si tu aimerais que je recommence ? Reprit-il. Réponds-moi ! ******* !

Et, à la plus grande surprise de Sephiroth, il entendit une petite voix murmurer dans ses oreilles. Réponds « non »… Un simple « non »… Réponds simplement « non »…

La voix était à peine audible par-dessus un bruit de statique, comme une radio mal réglée.

Réponds simplement « non »…

Sephiroth avait la nette impression qu'elle était supposée obéir à ce qu'elle entendait, mais, manifestement, le murmure n'avait pas le pouvoir qu'il aurait dû avoir. Il pouvait également voir qu'elle étudiait attentivement ses alentours, cherchant clairement une porte de sortie. Sur sa gauche, le cercle était plus lâche, et, si elle se débrouillait bien, elle pourrait peut-être s'échapper.

Réponds simplement « non »…

JE NE RÉPONDRAI RIEN DU TOUT ! Cria-t-elle brusquement, brisant immédiatement le sortilège utilisé.

Ces mots avaient brusquement jailli de sa bouche. Ils se répercutèrent en écho dans tout le cimetière et ce fut comme si on lui avait versé de l'eau glacée sur la tête. Sephiroth ressentait à nouveau les courbatures qu'avait laissées dans tout son corps le sortilège douloureux… Quoi qu'il ait fait, ça avait provisoirement bloqué la douleur. Un répit bien trop bref, aux yeux de l'argenté. Surtout considérant ce qu'elle fit ensuite.

C'est le mieux que tu puisse faire ? Même le Professeur Fol Œil peut faire mieux ! Demanda-t-elle en lui faisant un doigt d'honneur insolent.

Tu ne veux pas répondre ? Reprit le terroriste d'une voix très calme. Tu ne veux pas répondre « non » ? ****, l'obéissance est une vertu que je vais devoir t'enseigner avant de te tuer… Encore une petite dose de douleur ?

Il leva sa baguette mais, cette fois, Fleur se tenait prête. Avec une rapidité de réflexe qui lui venait de la pratique de son sport, elle se jeta de côté sur le sol, roula derrière la pierre tombale et entendit le sortilège fendre le marbre sans l'atteindre.

On ne joue pas à cache-cache, ****, dit la voix calme et glacée du terroriste qui se rapprochait.

Les « spectateurs » avaient recommencé à rire.

Tu ne vas quand même pas te cacher ? Cela voudrait-il dire que tu en as déjà assez de notre duel ? Tu préfères peut-être que j'en finisse dès maintenant avec toi ? Allez, sors de là, ****… Sors de là et joue le jeu… Ce ne sera pas long… Peut-être même que tu ne souffriras pas… Je n'en sais rien… Je ne suis jamais mort…

Sephiroth l'aurait volontiers étranglé à cet instant. Il jouait clairement avec elle, comme un chat joue avec une souris. Fleur n'était pas stupide, il le savait, mais contre un adversaire aussi expérimenté… elle ne faisait que retarder l'inévitable. Et il avait conscience qu'elle le savait aussi.

Elle bondit soudain en avant, ignorant la douleur de sa jambe, prenant les serviteurs de son ennemi par surprise en passant entre deux d'entre eux, s'éloignant dans la nuit. Elle ne pouvait pas aller très loin, Sephiroth le savait, mais ne plus être encerclée par les ennemis était déjà un plus. Elle courait en zigzag, essayant d'esquiver les sorts qui fusaient dans sa direction, sans parvenir à tout éviter, même si elle en lançait quelques-uns de son côté. Au bout de quelques minutes, hors d'haleine, elle s'arrêta brusquement, et se retourna, faisant face à son ennemi, qui l'avait suivie. Remettant sa baguette dans sa poche, elle fit soudain quelque chose que seul Genesis avait réussis jusque-là, à la plus grande surprise de l'argenté.

Ramenant sa main droite par-dessus son épaule, elle envoya des boules de feu d'un vert clair en direction de son ennemi, le prenant clairement par surprise, s'il en jugeait par la façon dont ses yeux s'agrandirent de façon presque comique, avant qu'il ne soit forcé de plonger sur le côté à son tour pour esquiver, les boules de feu n'étant apparemment pas bloquées par le sortilège quelconque qu'il avait utilisé.

Sephiroth ne put s'empêcher de frissonner, cependant, en sentant l'aura des boules de feu. Similaire à celle de la statue… en bien, bien pire. La colère qui en émanait était presque suffocante… sans compter l'impression de mort imminente qu'elles dégageaient. Il entendit Fleur murmurer « encore ? », son ton agacé et exaspéré… et plus qu'un peu perplexe. Donc, c'était le même feu qu'elle avait utilisé contre le dragon… en plus puissant, remarqua l'argenté, voyant les traces qu'il laissait sur la pierre.

Son adversaire se redressa prudemment, la regardant en fronçant ses sourcils quasi inexistant.

Tiens tiens… la Sauveuse du monde sorcier qui utilise du feu de Nécromancien ? Que dirait les masses en apprenant que tu utilise une magie interdite, **** ? La nargua-t-il.

Fleur émit un soupir exaspéré.

Pour la dernière fois, ***… JE NE SAIS PAS CE QUI SE PASSE ! Aboya-t-elle, lui faisant hausser un sourcil surpris. Mon but c'était de te cramer la gueule ! Pas d'utiliser une magie soit-disant interdite parce que ces abrutis du Ministère veulent abrutir les foules pour mieux les contrôler ! Je sais même pas comment je fais !

Il la regarda quelques secondes, avant de se mettre à rire, de ce rire aigu et glacial qui mettait les nerfs de Sephiroth à vif. Il finit par se calmer, la regardant d'un air malsain.

Très bien, si tu le dis. Assez joué, cependant. Il est temps de conclure ce duel… ***** ******* ! Aboya-t-il sans prévenir, pointant sa baguette devant lui, en direction de Fleur.

************ ! Cria Fleur au même moment.

Sephiroth observa les deux jets de lumières foncer l'un vers l'autre, le premier du même vert pâle que l'aura de la statue ou les boules de feu lancées par Fleur, et le sortilège provenant de sa propre baguette d'un rouge écarlate. Cependant… leur rencontre créa, à sa grande surprise, un long fil de lumière dorée, reliant leurs deux baguettes, malgré le fait que les jets de lumières aient depuis longtemps quitté les focus. Ces derniers vibraient comme s'ils avaient été parcourus d'un violent courant électrique, et la main de Fleur était comme collée au bois, l'empêchant de la lâcher.

Soudain, à la plus grande surprise de Sephiroth, les deux combattants furent littéralement soulevés du sol, flottant dans les airs comme si une plaque de verre invisible s'était trouvée sous leurs pieds et s'était élevée dans les airs. Ils s'envolèrent lentement au-dessus de la pierre tombale et atterrirent sur un carré d'herbe nue, dépourvu de tombes… Les serviteurs du monstre s'étaient mis à crier, lui demandant ce qu'ils devaient faire. Ils se rapprochèrent, reformant le cercle autour de Fleur et de leur maître, le serpent se tortillant à leurs pieds. Certains d'entre eux avaient sorti leur baguette magique.

Le fil d'or qui unissait Fleur et le terroriste se morcela soudain. Leurs baguettes restèrent liées l'une à l'autre, mais des milliers d'autres traits de lumière furent projetés dans les airs, dessinant une multitude d'arcs entrecroisés au-dessus de leurs têtes. Bientôt, ils se retrouvèrent enfermés sous un dôme d'or, semblable à une immense toile d'araignée lumineuse, au-delà duquel les spectateurs resserraient leur cercle, tels des chacals, leurs cris étrangement assourdis…

Ne faites rien ! S'écria le terroriste d'une voix perçante.

Sephiroth voyait ses yeux rouges s'écarquiller de stupéfaction devant ce phénomène. Il le vit s'efforcer de rompre le fil de lumière qui reliait toujours les deux baguettes magiques mais Fleur serra sa baguette de plus en plus fort, des deux mains à la fois, et le fil d'or resta intact. Sephiroth avait la vague impression qu'elle savait à quoi s'attendre, et refusait de renoncer.

Ne faites rien tant que je ne vous en aurai pas donné l'ordre ! Cria son ennemi à ses fidèles.

Alors, un son magnifique et surnaturel s'éleva dans les airs… Il émanait de chaque fil de la toile lumineuse qui vibrait autour d'eux. Sephiroth ne l'avait encore jamais entendu, mais Fleur si, s'il se fiait à la manière dont il la sentit soupirer légèrement, presque de soulagement ? La mélodie était étrange, presque effrayante, provoquant des frissons dans son dos, et pourtant… contenait quelque chose comme… de l'espoir ? Dans tous les cas, c'était le plus beau son que l'argenté ait jamais entendu.

Ne brise pas le lien.Sembla alors chuchoter une voix à son oreille.

« Je sais, » répondit fleur à voix basse, comme si elle s'adressait à la musique, « je sais que je ne dois pas le briser…» Mais à peine avait-elle murmuré ça qu'il lui devint de plus en plus difficile d'y parvenir. Sa baguette se mit à vibrer avec plus de force que jamais… et le rayon lumineux qui l'unissait à celle de son adversaire se transforma lui aussi… On aurait dit que de grosses perles de lumière glissaient dans les deux sens le long du fil d'or. Sephiroth sentit la baguette de Fleur trépider entre ses mains tandis que les perles avançaient lentement dans sa direction… Peu à peu, les perles ne glissèrent plus que dans un seul sens, de son ennemi vers elle, et sa baguette se mit à trembler avec fureur…

À mesure que la plus proche des perles de lumière avançait vers Fleur, il sentait le bois de sa baguette magique devenir si brûlant qu'il eut peur de la voir s'enflammer. Il la sentit inspirer profondément, avant de fixer intensément les perles de lumière. Lentement, très lentement, les perles de lumière s'immobilisèrent dans un frémissement, puis, tout aussi lentement, commencèrent à glisser dans l'autre sens… à présent, c'était la baguette de son adversaire qui vibrait avec une incroyable intensité… celui-ci semblait abasourdi, presque apeuré, en voyant l'une des perles de lumière trembloter à quelques centimètres de sa baguette magique…

Sephiroth ne comprenait pas pourquoi elle agissait ainsi, il ne savait pas à quoi cela pourrait bien aboutir… mais il voyait bien qu'elle se concentrait comme jamais pour forcer cette perle à retourner dans la baguette de son ennemi… Toujours avec la même lenteur… elle avança peu à peu le long du fil d'or… trembla pendant un moment, puis toucha enfin la baguette…

Aussitôt, la baguette magique de son ennemi émit des hurlements de douleur… Un instant plus tard – les yeux rouges du monstre s'écarquillèrent devant cette vision –, une épaisse fumée en forme de main jaillit à l'extrémité de la baguette et disparut… c'était comme un fantôme de la main qu'il avait offerte à Wormtail… il y eut à nouveau des cris de douleur… Puis quelque chose de beaucoup plus grand s'éleva de la baguette, comme une fumée grise d'une telle densité qu'elle paraissait solide… Une tête se dessina… puis un torse, des bras…

Sephiroth cligna des yeux avec ahurissement en voyant la silhouette se poser au sol. Donnant l'impression de s'extraire d'un tunnel très étroit. Le… fantôme ? Paraissait presque solide, et pourtant, donnait l'impression d'être fait de fumée. Appuyé sur une canne, il regardait la scène avec attention, visiblement déconcerté, avant de porter son regard sur Fleur.

Il était donc vraiment sorcier ? Dit le vieil homme en regardant le monstre à visage de serpent. C'est lui qui m'a tué… À toi de le combattre, mon enfant…

Sephiroth cligna des yeux, cependant, voyant qu'une autre forme sortait déjà de la baguette. Il s'agissait d'une femme cette fois, dont la voix résonnait en écho elle aussi. Elle encouragea Fleur, tout comme le vieil homme, alors même que l'homme à face de serpent paraissait presque terrifié. L'argenté cligna des yeux, cependant, remarquant ce qui semblait être une marque suspecte sur la robe de son ennemi. Est-ce… qu'il s'était pissé dessus ? Se demanda-t-il avec amusement. De son point de vue, c'était amplement mérité.

Les « fantômes » tournaient autour des deux combattants, lançant des encouragements à Fleur, et sifflant des propos incompréhensibles à son ennemi, peut-être des menaces. Une nouvelle silhouette commença à sortir de la baguette de ce dernier, une autre femme. Ses longs cheveux ondulés cascadaient sur ses épaules, et il ne put qu'admirer sa beauté. Le « maman… » murmuré par Fleur le surpris. Il s'agissait de sa mère ? Une partie de lui espérait pouvoir rencontrer un jour Fleur. Si elle tenait autant de sa mère qu'il en avait l'impression… elle devait être belle. La voix de la mère de Fleur résonna en écho dans le dôme, alors qu'elle s'adressait à sa fille. Lui disant que son père arrivait bientôt. Il la sentit hocher la tête, luttant pour tenir la baguette à peu près immobile.

Quelques secondes plus tard, une autre silhouette se forma. Grand, les cheveux en batailles, un homme déploya sa silhouette immatérielle, se posant délicatement au sol. Le père de Fleur s'approcha d'elle, lui parlant à voix basse, ignorant presque son ennemi, dont la pâleur devait désormais être due plus à la peur qu'à son nouveau corps.

Lorsque le lien sera rompu, dit-il, nous ne resterons que quelques instants… Mais nous te donnerons le temps… Il faut que tu retournes auprès du *********, il te ramènera à ********… Tu as compris, **** ?

Fleur hocha la tête, transpirant sous l'effort requis pour garder les baguettes alignées. Sa mère reprit doucement la parole, ses propos étrangement inquiétants de son point de vue.

N'oublie jamais une chose, ****, ton Familier est toujours à tes côtés… il te protégera de son mieux.

Il la sentit cligner des yeux, visiblement déconcertée, mais elle hocha la tête sans répondre, conservant son énergie. Son père ajouta quelque chose, et Sephiroth eut l'impression qu'elle retenait un violent désir de se frapper.

Surtout, n'oublie pas ce garçon qui est venu avec toi, dit-il doucement. Tes sorts ne le cacheront pas éternellement.

D'accord, dit Fleur, sur un ton crispé.

Sephiroth pouvait cependant comprendre qu'elle l'ait oublié, avec tout ce qui s'était passé. Lutter pour sa vie avait cet effet, avait-il remarqué.

Vas-y maintenant, murmura la voix de son père. Tiens-toi prêt à t'enfuir… Maintenant…

MAINTENANT ! S'écria Fleur.

Elle leva brutalement sa baguette, de toutes ses forces, et le fil d'or se brisa. Le dôme de lumière s'évanouit aussitôt, le chant s'interrompit – mais les silhouettes fantomatiques des victimes de son ennemi étaient toujours présentes et entouraient leur assassin, dérobant Fleur à son regard…

Fleur courut alors comme elle n'avait jamais couru dans sa vie, renversant au passage deux suivants abasourdis. Elle courut en zigzag parmi les tombes, sentant derrière elle les sortilèges qu'ils lui lançaient et qui s'écrasaient contre les pierres tombales. Elle se précipitait vers l'endroit où elle avait caché le garçon, tellement concentrée sur son but qu'elle ne ressentait même plus aucune douleur à sa jambe.

**********-la ! Cria la voix du terroriste derrière elle.

Parvenue à trois mètres de son condisciple, Fleur dû plonger derrière un angelot de marbre pour éviter les jets de lumière rouge et Sephiroth vit une aile de la statue se fracasser sous le choc des sortilèges. La main serrée sur sa baguette, Fleur se rua en avant, lançant un sortilège à l'aveuglette derrière elle. Un cri étouffé leur apprit qu'au moins un de ses adversaires avait été touché, mais elle ne s'arrêta même pas pour vérifier.

Elle plongea en avant par-dessus le trophée, effectuant une roulade pour se relever. Elle dû cependant se plaquer à terre pour esquiver des sortilèges, et répliqua avec quelques-uns des siens, envoyant même une ou deux boules de feu vert pour les calmer.

Fleur s'empara du bras du garçon, avant de pointer sa baguette en direction du trophée, criant quelque chose. Ce dernier vola dans les airs, comme si elle avait tiré sur une corde pour l'attirer dans sa direction. Elle l'attrapa par l'anse, et la dernière chose qu'elle vit fut l'expression enragée de son ennemi, alors même qu'elle était emportée par un tourbillon de couleurs, comme un crochet donnant l'impression de s'être planté derrière son nombril.

Elle atterrit le visage dans l'herbe, avec l'impression d'être placée sur une toupie, s'il se fiait à la manière dont le monde donnait l'impression de tourner follement autour d'elle. Fleur gardait les yeux fermés, comme pour essayer de diminuer le vertige. Elle finit par lever la main tenant sa baguette, la pointant en direction du garçon, dont elle tenait toujours le bras, et murmura quelque chose, dont l'effet devait être similaire à AntiSort, car il sentit immédiatement l'autre réagir.

Sephiroth était au moins soulagé de voir qu'il était toujours en vie, et qu'il n'avait rien, même s'il se serait passé du fait qu'il secouait Fleur d'un air paniqué. La pauvre avait déjà la tête qui tournait assez comme ça ! Encore heureux qu'il reste respectueux d'elle, mais Sephiroth aurait aimé être là. Pour la tenir contre lui, et la réconforter. Surtout que sa cicatrice continuait à la brûler douloureusement.

Soudain, ce fut comme si quelqu'un avait remis le son du monde… et l'avait réglé à fond. Il sentit Fleur se crisper, surtout quand quelqu'un la retourna sur le dos. Elle se força visiblement à ouvrir les yeux, et cligna des paupières à plusieurs reprises pour clarifier sa vue, et fit le point sur le visage de la dernière personne que Sephiroth aurait voulu la voir approcher. Le vieux bouc avait une expression étrange, quelque chose entre l'inquiétude et la satisfaction, mais trop bien cachée pour que Fleur s'en rendre compte. Sans compter que l'inquiétude sonnait faux à ses yeux.

L'argenté remarqua la manière dont Fleur regardait autour d'elle, semblant chercher quelqu'un du regard. Elle laissa échapper un gémissement de protestation quand le vieux bouc la releva soudain, et vacilla, le cœur au bord des lèvres. Il la sentit lever la main devant sa bouche, luttant contre la nausée, une sensation bien trop familière pour le survivant des laboratoires qu'il était. Certaines injections… le mettaient dans cet état pendant des jours, surtout plus jeune, ce qui était un exploit considérant sa constitution. Par contre… depuis que les rêves avaient commencé… il n'entendait plus ce vague murmure en arrière-plan. Cette étrange voix qui essayait de le convaincre qu'elle était sa mère.

Il fut distrait de ses pensées par le garçon, qui argumentait particulièrement bruyamment avec un homme vêtu de vert, et qui secouait furieusement sa tête coiffée… d'un chapeau rond ? En réponse à ce qu'il disait. Comme quoi le terroriste qui avait tué les parents de Fleur ne pouvait pas être revenu. Il était mort. Sephiroth renifla mentalement avec mépris. Et ses cheveux étaient d'un noir de jais, pensa-t-il, sarcastique. Le condisciple (et concurrent de Fleur) refusait de se laisser intimider, cependant. Sephiroth l'appréciait pour ça… et il n'avait guère de doutes sur le fait qu'Angeal l'aurait également apprécié, ne serait-ce que pour la loyauté qu'il montrait.

La voix de Fleur s'éleva dans l'air, toujours tremblante mais clairement déterminée à se faire entendre, appuyée contre le vieux bouc qui l'aidait à tenir debout, demandant si quelqu'un avait vu un professeur… Fol Œil ? Le même dont elle avait parlé dans le cimetière ?En étant questionnée sur la raison pour laquelle elle demandait ça, elle révéla que le Fol Œil en question l'avait aidée tout au long de l'année au sujet des Tâches, malgré le fait que personne n'était supposé l'aider (en tout cas, aucun des professeurs) et qu'elle se demandait s'il n'était pas derrière tout ça. Après qu'on lui ait dit que c'était impossible, elle demanda sur un ton impassible si quelqu'un aurait put prendre sa place, utilisant une potion… et n'avait pas tenté de s'enfuir.

Le vieux bouc envoya des personnes à la recherche du fameux professeur, avant de l'emmener avec lui, ignorant ses protestations épuisées, et le fait qu'elle voulait aller à l'infirmerie soigner sa jambe. Malheureusement, elle était clairement trop faible pour résister, et elle était incapable de tenir debout sans aide. Le pic d'adrénaline passé, sa jambe s'était remise à la faire souffrir, et elle voyait les choses comme à travers un brouillard. Il la mena à travers tout le château, Sephiroth s'efforçant de mémoriser le chemin… mais comment les escaliers pouvaient-ils bouger ? Se demanda-t-il distraitement, alors que Fleur et Vieux Bouc attendaient patiemment qu'ils s'arrêtent, l'adolescente appuyée contre la rambarde, ayant arrêté de protester en voyant que ça ne servait à rien.

Finalement, ils arrivèrent devant une gargouille de pierre, et Sephiroth cligna des yeux, surpris et dégoûté devant le mot de passe. Nid de cafard ? S'il se souvenait bien, Fleur lui avait dit que le mot de passe pour le bureau du directeur de l'école (l'actuel en tout cas) était des noms de sucrerie. Mais une sucrerie appelée Nid de Cafard ? Beuârk. Au moins, Fleur n'eut pas à monter les escaliers avec sa jambe douloureuse, ceux-ci bougeant tous seuls. En entrant dans le bureau, la première chose que Sephiroth remarqua, avant même l'oiseau rouge et or sur sa perche, ce fut l'homme émacié qui se tenait dans la pièce, et se précipita vers Fleur, visiblement dévoré d'inquiétude. Les mains tremblantes, il l'aida à s'asseoir sur la chaise, gardant une main sur son épaule.

Sephiroth ignorait qui il était, mais l'adolescente lui faisait clairement confiance, s'il en jugeait par la manière dont elle restait détendue en sa présence. L'inspiration le frappa, ou plutôt la réalisation qu'il s'agissait probablement du fameux parrain qui s'était évadé de prison pour elle. De plus, l'inquiétude qu'il manifestait envers Fleur était à elle seule un gros indice. Il demanda ce qui s'était passé, et Fleur soupira avec lassitude. Elle commença lentement à résumer ce qu'il s'était passé, grimaçant de douleur quand le vieil homme commença à défaire le bandage, mais ne s'interrompit pas. Elle montra la plaie sur son bras, là où le rat (et Sephiroth aimait ce surnom pour lui) lui avait prit du sang, tressaillant à peine lorsque l'oiseau rouge et or vint se percher sur ses genoux, dégageant une chaleur agréable.

Il sentit ses lèvres s'étirer sur un sourire, et elle salua doucement l'oiseau, commençant à le caresser distraitement. Son parrain protesta de nouveau sur le fait de lui faire tout revivre, mais Sephiroth pouvait comprendre le raisonnement du vieil homme, à défaut de l'accepter lui aussi. Raconter les événements maintenant serait dur, émotionnellement parlant, mais comme ils étaient encore frais dans sa mémoire, les risques qu'elle oublie un détail étaient moins importants. L'oiseau laissa échapper une note douce, et ce fut comme si Fleur avait avalé une gorgée d'un liquide tiède, lui redonnant des forces. L'argenté se demanda s'il ne s'agissait pas d'un Phénix, vu la coloration enflammée et le chant revigorant.

Fleur laissa échapper un soupir devant la lueur triomphante dans le regard du Vieux Bouc quand il apprit pour le sang qui lui avait été prit, avant que celle-ci ne soit remplacée par une expression où se mêlaient choc et panique quand elle décrivit la statue qui s'était animée, venant à sa défense. À part quelques questions ici et là, le vieux schnock n'interrompit pas Fleur, après son examen de la plaie sur son bras. Son récit du filament de lumière fut accueillit avec choc par son parrain, mais pas le vieil homme. Les mots prononcés par l'ancêtre furent bloqués, à la plus grande frustration de l'argenté, mais pas l'explication sur le phénomène. Le fait que la baguette de son ennemi ait été forcée de se soumettre à celle de Fleur était une information intéressante, que Sephiroth rangea soigneusement dans un coin de son esprit.

Les informations sur les… « échos », comme il les appelaient, étaient également intéressantes, même si un peu inutiles de toute façon. Fleur raconta ce qu'ils avaient fait, passant sous silence son nouvel usage du Feu de Nécromancien. Elle n'avait pas besoin de ça, et Sephiroth approuvait. Elle passa également sous silence les mots de sa mère, rapportant juste ce que son père lui avait dit, de ne pas oublier le garçon.

Un mouvement du côté de sa jambe attira son attention, et elle baissa les yeux, pour voir que le Phénix avait quitté ses genoux, et s'était posé au sol, sa tête appuyée contre la plaie. L'argenté pouvait voir les grosses larmes gris perle tomber sur la blessure, et celle-ci se referma en quelques instants sans laisser de cicatrice. Fleur laissa échapper un soupir de soulagement à la disparition de la douleur alors que l'oiseau reprenait son envol, retournant sur son perchoir.

Elle renifla discrètement quand il loua son courage et sa détermination, et il approuvait. Le Vieux Bouc lui refusait tout entraînement sous prétexte qu'elle devait « apprécier son enfance » et l'envoyait littéralement à la mort. Il roula des yeux quand, finalement, le vieux schnock décida que Fleur devait aller à l'infirmerie… avant de cligner des yeux, incrédule, comme son parrain changeait soudain de forme pour devenir un gros chien noir hirsute. Il soupira mentalement, secouant la tête. Après tout… Fleur avait dit que le traître se changeait en rat, alors pourquoi un autre sorcier ne pouvait pas se changer en chien ?

Cependant… s'il se fiait à la symbolique des deux animaux… ça donnait de sérieux indices sur les caractères respectifs des deux personnes. La lâcheté du rat… et la loyauté du chien, jusqu'à la mort. Sephiroth se souvenait que Fleur lui avait expliqué, quand il lui avait demandé des précisions sur l'évasion de son parrain, que celui-ci avait nagé pendant des heures dans l'eau glaciale. Même s'il s'était évadé en été… la mer restait très froide à la latitude où se trouvait la prison. Et quand on pensait qu'il n'était qu'un humain sans aucune amélioration… ou un chien à ce moment-là… Sephiroth ne pouvait que respecter son courage et sa détermination. Certes, il avait commis des erreurs… mais de ce qu'elle lui avait dit… le chagrin et la colère poussaient la plupart des gens à commettre des erreurs de jugement… comme partir à la poursuite d'un traître à la mort de la personne qu'il considérait comme un frère. Le fait qu'il l'avait prit par surprise n'était pas honteux non plus, du point de vue de l'argenté. Même s'il le connaissait bien… il n'était pas à l'abri d'une surprise.

Perdu dans ses réflexions, Sephiroth ne réalisa qu'ils avaient bougé que lorsqu'une porte s'ouvrit et que la voix stridente d'une harpie s'éleva dans les airs, prononçant le nom de Fleur. Elle voulut se précipiter vers elle, mais Vieux Bouc leva la main, lui demandant de se calmer et lui expliquant que l'adolescente avait eut une nuit particulièrement pénible, et qu'elle avait besoin de se reposer. Il sentit Fleur se détendre, sans doute soulagée. Il fronça les sourcils, cependant, en observant les regards discrets mais calculateurs de la femme envers Fleur et Chessmaster, probablement son fils s'il se fiait à la ressemblance.

Il renifla, cependant, en la voyant siffler envers son fils et Érudite, comme si elle était la maîtresse de l'endroit, et il secoua la tête, dégoûté. Cette femme… annonçait des problèmes, il en aurait parié Masamune. Il sourit avec amusement, cependant, en voyant l'infirmière s'inquiéter de la présence du chien. Une bonne infirmière, se dit-il avec approbation, avant de ricaner quand Vieux Bouc lui assura que l'animal était très propre. Il détourna son attention, cependant, lorsque Fleur se changea, se mettant en pyjama avec lassitude, les événements de la soirée commençant à la rattraper. Il n'était pas un voyeur, et la respectait trop pour l'espionner dans ce genre de moments.

Son parrain sous forme canine vint s'asseoir à côté d'elle quand elle eut fini, posant sa tête sur le bord du matelas, à portée de la main de Fleur, qui le caressa avec un sourire las et reconnaissant. Ses autres amis s'assirent sur les côtés aussi, juste avant que l'infirmière ne revienne avec un gobelet de potion violette non identifiable, mais apparemment pour dormir d'un sommeil sans rêves. Sephiroth n'était pas certain qu'il s'agisse d'une bonne idée, surtout sur le long terme, mais là tout de suite il s'agissait probablement de ce dont elle avait besoin.

Il la contempla avaler la potion en quelques gorgées, pour s'endormir comme une masse avant même d'avoir fini d'avaler.

.

oOo

.

Sephiroth ouvrit les yeux avec un grondement sourd en se réveillant. Sa mauvaise humeur déjà conséquente fut encore aggravée par son alarme qui sonna au même moment, et son regard se focalisa dessus. Il avait le choix entre détruire son réveil ou la petite statuette de chat qui levait la patte, mais ce n'était pas réellement un choix à faire.

Sans hésiter une seconde, il invoqua Masamune, tranchant le réveil en deux, avant de le lancer en direction du mur, le regardant éclater en morceaux avec une certaine satisfaction furieuse. Mais ce n'était pas suffisant pour le défouler, et il se leva, continuant à gronder sourdement dans le fond de sa gorge. Prenant à peine le temps de s'habiller, il se dirigea à grands pas vers la salle de Réalité Virtuelle la plus proche, fulminant de colère impuissante. Il ne prêta aucune attention au personnel de ménage et autres vigiles, les seules personnes déjà debout à une heure aussi matinale, qui se plaquèrent contre les murs en le croisant pour libérer son chemin, terrifiés par son aura furieuse, et voyant qu'il laissait du givre sur la moquette derrière lui, là où ses pieds s'étaient posés.

Hojo eut la malchance d'apercevoir Sephiroth dans cet état de fureur, et la chance que celui-ci ne l'ai pas remarqué avant d'entrer dans la salle de Réalité Virtuelle. Le scientifique se demanda brièvement ce qui avait put mettre son SOLDAT parfait dans un tel état de fureur, avant de décider qu'il tenait trop à la vie pour poser la question. La dernière fois que son sujet d'expérimentation « préféré » avait été dans un état similaire, il avait démoli une salle de Réalité Virtuelle… et il voyait bien celle-ci subir le même sort. Il fit discrètement demi-tour pour retourner dans son laboratoire, histoire de se changer. Les traces de sang sur la blouse étaient acceptable. Le pantalon portant une tâche suspecte à l'entrejambe ? Beaucoup moins.

Il faillit faire une attaque cependant, lorsque le Commandant Rhapsodos passa près de lui, fulminant littéralement de colère (Hojo pouvait voir et sentir les vagues de chaleur qui émanaient de son corps), sans paraître le voir non plus. Le scientifique était déjà sérieusement perturbé par ces deux rencontres (le phénomène était rare, mais pouvait arriver de temps à autres), quand il croisa le Commandant Hewley.

Alors, normalement, il n'éprouvait que mépris pour les sujets d'expérimentation ratés de Hollander. Mais là… Rhapsodos était encore plus… enflammé (sans mauvais jeux de mots) que d'habitude, comme pouvaient en témoigner les morceaux de moquette carbonisés en forme d'empreintes de pas, formant littéralement une piste derrière le Commandant Écarlate. Et Hewley ? En temps normal, il était considéré comme un gentil géant, calme et posé. Pas ce matin-là. Les plantes en pots des couloirs frémissaient littéralement à son passage, et s'il aurait aimé étudier le phénomène de plus près, ses instincts (aussi atrophiés qu'ils soient, Hojo avait tout de même un instinct de survie correct) lui hurlaient de se tenir le plus loin possible de la Sainte Trinité, comme les trois 1ères Classes étaient surnommés.

Et c'était sans compter le gamin.

Le gosse hyperactif était passé en courant presque à côté d'Hojo, et le scientifique avait sentit ses sphincters se relâcher complètement. Il avait seulement prévu de changer de pantalon à la base, mais l'expression du visage du gamin l'avait terrifié au point qu'il s'était chié dessus. Il savait vaguement que Fair, que Hewley avait prit sous son aile, avait apparemment beaucoup de potentiel… si on passait le côté jeune chiot foufou. Mais là, il n'y avait eut aucune trace du gamin en permanence joyeux et amical. Non, là, ça avait été un Loup de Nibel enragé (malgré le fait qu'il soit originaire de Gongaga). Et qui n'avait pas de cible pour relâcher sa colère.

Hojo était peut-être cinglé, mais pas idiot. Heureusement pour lui, son laboratoire avait des douches et une pièce dans laquelle il pouvait dormir entre deux expériences (alias tortures). Avec un frigo, qu'il espérait être plein. Parce qu'il était hors de question qu'il mette le nez dehors avant que la Sainte Trinité et le Chiot se soient calmés.

.

oOo

.

Reno avait les yeux qui piquaient, et il grommelait à moitié dans sa barbe absente, mal réveillé. Tseng était vraiment un enfoiré pour l'avoir fait prendre le premier tour de garde dans le QG des Turks, à surveiller les caméras de sécurités. D'accord, il avait été la victime de la blague prévue pour Balto, mais c'était pas une raison ! Quoique voir Tseng avec les cheveux verts pétants valait le coup d'œil, pensa-t-il avec un certain amusement, luttant contre l'envie d'aller prendre une tasse de café pour émerger.

Tseng l'interrogerait à son arrivée sur ce qu'il avait vu, et s'il ne pouvait pas répondre à la satisfaction du Wutaïen… Reno frissonnait rien qu'à imaginer les « entraînements » qu'il subirait.

Le rouquin fut soudain tiré de sa torpeur par un visage familier sur un des écrans… mais l'expression n'était pas du tout familière par contre. Sephiroth avançait à grands pas dans les couloirs, son expression furieuse et absolument terrifiante. Reno ne se souvenait l'avoir vu comme ça qu'une seule fois… et il avait fallu réparer la salle de Réalité Virtuelle qu'il avait utilisé ce jour-là, ce qui avait prit plusieurs jours s'il se rappelait bien. Presque deux semaines même.

Son regard se promena sur les autres écrans de surveillance… et il déglutit nerveusement en voyant les deux autres membres de la Sainte Trinité… qui avaient l'air tout aussi enragés que l'argenté. Genesis ? Les gens avaient l'habitude de son caractère explosif, aussi se tenaient-ils généralement à carreau quand il avait l'air un tant soit peu de mauvaise humeur. Mais Angeal ? Son expression rivalisait avec celle de ses amis, et c'était juste terrifiant à contempler. Parce que même les pires idiots de cadets n'avaient jamais provoqué une telle expression de fureur. Il était connu pour garder son calme en toutes circonstances, comme Sephiroth, alors le voir en colère…

Pas normal, pas normal du tout, pensait le rouquin en frissonnant. L'impression de fin du monde imminente se retrouva confirmée quand il vit Zack par accident sur un autre écran. Le Chiot avait juste l'air d'avoir évolué en Loup de Nibel enragé… et, s'il ne se trompait pas, Dr Creepy venait de se chier dessus.

Ce fut le coup de grâce pour Reno, qui sortit son PHS et se lit à pianoter frénétiquement dessus, envoyant un texto à tous les Turks qui devaient travailler (et même ceux qui ne travaillaient pas aujourd'hui).

Mayday, mayday, planquez-vous, on a une Trinité enragée et un Chiot prêt à arracher la tête de tous ceux qui le contrarient !

Reno espérait juste qu'il serait prit au sérieux, il ne voulait pas qu'un autre Turk se fasse arracher la tête par un membre enragé de la Trinité ou un Chiot qui voulait se défouler sur quelqu'un. Le souvenir du SOLDAT qui avait fini à l'infirmerie pour cause de boules de feu traînait encore dans la mémoire du rouquin.

Une notification sur son PHS le fit sursauter, et il le sortit, pour voir que Cissnei avait envoyé un autre texto en réponse au sien.

Reno ne plaisante pas, je viens de croiser Zack dans le couloir… et je pense que je vais aller changer mes sous-vêtements. Restez loin de la Tour si vous le pouvez… et si vous ne pouvez pas, évitez les salles de Réalité Virtuelle. À mon avis, on ne va pas en avoir qu'une seule HS cette fois-ci.

Tseng envoya ensuite un message, confirmant les informations, et ordonnant à tous les Turks de faire profil bas. Un SOLDAT pouvait survivre aux boules de feu de Genesis, pas un Turk. Presque comme une arrière-pensée, il envoya ensuite un message à Balto, occupé à garder un œil sur Rufus, lui ordonnant de garder le jeune héritier loin de la Tour pour les prochains jours.

Tour qui se vida en quelques minutes de manière suspecte, les rumeurs fonctionnant à plein régime.

.

.

À suivre…

.

.

Deuxième chapitre fini o/

Et voici la conclusion de la dernière Tâche. Les premières vaguelettes du changement ont commencé à se former, dans les deux mondes.

Le prochain chapitre ? Notre pyromane préféré bien sûr !