La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).
Cependant, l'histoire m'appartient.
Reborn et Tsunayūki suivirent silencieusement le petit oiseau jaune qui indiquait la sortie. Ils se dépêchèrent de rattraper le petit Hibird ; cependant, ils ralentissaient le rythme à chaque fois que Tsuna manquait de trébucher sur les pierres qui étaient parsemées sur le chemin. Son bras lui faisait de plus en plus mal, mais elle avait préféré accompagné le Dragonnier à retrouver ses amis plutôt que de rester avec Irugorn et Fūta pour retenir le géant au cas où celui-ci se réveillait. Elle devait s'assurer que tout le monde aille bien par elle-même...
Après avoir zigzagué pendant cinq minutes, ils arrivèrent dans la même intersection où ils s'étaient retrouvés tout à l'heure : ce coup-ci, ils prirent à gauche. Les chandelles qui étaient accrochées tout le long du mur guidaient plus facilement les deux acolytes - leurs yeux avaient eu du mal à s'adapter à une lumière artificielle forte à un lieu totalement dans l'obscurité -. Dans le couloir Reborn sentait les odeurs qui avaient été présents ici : celui du petit oiseau mais en puissance mille, celui de la goule, d'un humain qui sentait franchement pas bon - et qu'il écrasa par inadvertance -, et celui du dragon. L'homme au féodora en conclut qu'à un moment donné, ils n'avaient pas été si loin l'un de l'autre. Malheureusement, ni l'un ni l'autre ne l'avait remarqué.
En pleine dans la course, l'ange se saisit du bras de son coéquipier pour le forcer à s'arrêter. Celui-ci la fixa devant cette attitude.
- Je sens la présence de quelqu'un, expliqua Sawada. Elle vient vers nous : il faut nous ca…
- Reborn ! Tsuna ! Est-ce vous ?! demanda la voix que seul le Dragonnier arriva pour l'instant à percevoir.
Celui-ci fit signe à l'ange de ne pas paniquer : c'était en fait Ryuko qui venait les rejoindre. Il avait l'air d'aller bien et arrivait encore à sourire, mais il était blessé aux bras et au visage. Tsunayūki fut rassurée de suite de voir quelqu'un qui était en forme. La joie semblait réciproque.
- Enfin, je retrouve quelqu'un ! s'exclama Ganka. J'ai traîné dans ses couloirs je ne sais combien de temps, mais je commence à m'en lasser !
- T'es sûr que tu vas bien, Ryuko ? s'assura l'homme au fédora en voyant les blessures. C'est la goule qui t'a mis dans cette état ?
- Oui, un peu, en effet… avoua le Bosatsu. Mais j'ai réussi à la mettre hors d'état de nuire. En fait, vous savez où est le khakkhara ? Il me semblait pourtant l'avoir sur moi…
- C'est Iru qui l'a : je pense que lorsqu'il a réussi à abattre sa goule, il a réussi à récupérer ton arme en même temps. Mais il n'est pas avec nous.
- Bon, j'aurai préféré le reprendre, mais ça pourra attendre : Chrome, Ryohei et Lambo courent un très grand danger. Il faut à tout prix aller les aider !
Tsuna sentit son cœur se secouer violemment dans sa poitrine : des amis étaient en ce moment en danger ! Elle voulut courir les porter à la rescousse, mais Reborn la retint.
- Pars pas à l'aveuglette, Tsuna. Ryuko, tu sais où ils sont, je suppose.
- Oui : j'ai préféré chercher de l'aide plutôt que d'agir inconsciemment sur le coup, affirma Ryuko. On peut y aller de suite.
- Très bien.
Les trois repartiront avec entrain, suivi de loin par le Hibird qui se sentit perdu devant la situation.
...
Malgré sa répugnance à voler, Bianchi était haut dans le ciel pour deux raisons : la première - la plus dure à accepter -, la joueuse de flûte avait disparu suite à son combat. Elle essayait donc de la retrouver. Deuxième chose : la pluie tombait avec force et les choses commençaient à bouger sérieusement vers l'ouest : la succube sentait d'ici une force mystérieuse se manifester. Ça devait sûrement être les ennemis qui doivent utiliser leur boîte secrète. Mais avant de se préoccuper davantage sur ça, elle voulut d'abord s'assurer que son petit frère soit encore vivant. Elle plana au-dessus du domaine et distingua deux formes humaines au sol. Elle se rapprocha de ces formes et aperçut alors Yamamoto penché sur Gokudera, inconscient. Le zombie semblait vérifier les blessures du chat-garou. Il sentit la présence de Bianchi et se retourna vers elle avec le sourire.
- Yo ! Tout va bien ?
Mais la succube ne répondit pas et prit le visage de Hayato entre ses mains pour s'assurer que tout allait bien. De suite après, le chat-garou se réveilla et avait l'air de mourir sur place. La femme savait que lorsqu'il réagissait comme ça, c'était qu'il allait bien - il était juste trop sensible à son parfum -. Elle reposa son visage au sol doucement pour le blesser le moins possible. Il avait l'air encore vivant, mais il avait de multiples blessures sur tout son corps. S'en était de même pour Takeshi qui, lui, continuait à rester debout.
- Takeshi, qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Bianchi.
Le zombie mit un peu de temps avant de répondre.
- Hm ? Eh ben… on a rencontré un type de l'ennemi, un certain Ken, je crois, et il nous a attaqués avec des loups. Je comprends pas très bien son pouvoir.
- Ah !
Gokudera se redressa subitement, sans se soucier de ses douleurs. Il se saisit du bras du zombie avant de le tirer dessus : les deux autres l'observèrent avec inquiétude, avant que le zombie ne retire brusquement son bras. Le chat-garou était choqué et ses yeux auraient sorti de leur orbite si ça de pouvait.
- Enfin, Gokudera, qu'est-ce qui te prend ? demanda Yamamoto. Tu veux me dire quelque-chose ?
- Ton… ton bras ! s'exclama Hayato.
- Oui, j'ai deux bras : c'est des choses qui arrivent.
- Mais… enfin… je t'ai vu te faire couper le bras, tout à l'heure !... argh !
- Calme-toi, Gokudera, insista la succube.
Pourtant, dans la tête d'Hayato, il revoyait distinctement ces images : lorsqu'ils se battaient contre l'autre blond et avec ces stupides loups, lorsqu'il s'était fait avoir par lui, lorsque Yamamoto se fit arracher le bras…
Mais comme pour le ramener à la réalité, Takeshi secoua sa main devant son visage.
- Allons, ne panique pas : je ne sais pas ce que tu as vu, mais moi, je suis toujours en un seul morceau. Tu le vois bien, non ?
- Qu'est-ce qui s'est passé, alors ?
- Quand il y a eu tout ces loups sur moi, j'ai de suite fait le mort : j'ai réussi à tromper leur sens, puis je crois que tu t'es évanoui de ton côté, et Ken est finalement parti. Tout est bien qui finit bien…
- Non, c'est pas encore terminé, coupa Bianchi. Là-bas, j'ai senti une énorme puissance : j'ai bien peur que l'ennemi ne cède pas de suite…
- Oh ! Mais c'est par là-bas que Chrome est partie ! se rappela Yamamoto. Il faut de suite aller la sauver ! Enfin… toi, ça va, Gokudera ? Tu préfères venir avec nous ou rester ici te reposer ?
- Non, c'est bon, stupide décérébré : je peux très bien encore me lever et me battre ! contesta le chat-garou.
Takeshi fronça les sourcils quelques secondes avant de sourire de nouveau.
- Bon, alors, allons-y ! Avec un peu de chance, on retrouvera les autres en même temps…
...
Tsunayūki ne se rappelait pas d'avoir couru autant dans toute sa vie. Le chemin qu'ils prenaient tournait tout le long et elle aurait eu le mal au cœur si elle n'avait pas pensé à ses amis pendant tout ce temps. La peur et la rage de ne rien n'avoir pu faire pour eux lui donnaient la force nécessaire pour suivre le rythme des deux garçons - ils avaient passé tout leur vie à courir ou quoi ?! -, et heureusement, pour le moment, sa douleur au bras semblait avoir disparu. Cependant, elle savait que cette sensation disparaîtra lorsqu'elle se retrouva face à un de situation critique et qu'elle ne sera plus qu'un boulet à ce moment-là…
Enfin, ils sortirent du bâtiment, essoufflés. Tsuna regarda le ciel se déchaînait et avait l'impression que la nature elle-même lui voulait sa mort. Les gouttes de pluie tombaient violemment des nuages sombres et menaçants ; les rafales de vent tentaient de malmener la jeune femme et elle voyait même au loin une source de lumière qui ressemblait énormément à des flammes. L'ange voulait tout sauf aller par là-bas, sauf que son intuition et Ryuko furent d'un autre avis.
- Oh oh, la situation s'est aggravée depuis tout à l'heure ! cria le Bosatsu pour couvrir le vent. On doit au plus vite rejoindre Chrome : la dernière fois que je l'ai vue, elle était la seule encore consciente du groupe.
- Onii-san et Lambo-kun… inconscients ? répéta l'ange.
- Chrome est seule à se battre ? Ça aurait pas été plus judicieux de l'aider sur le coup qu'aller nous chercher ? remarqua Reborn.
- Dans tous les cas, on pourrait me reprocher dans tous les cas : aurais-je dû rester avec elle sans mon khakkhara, donc être totalement inutile, et sans main d'œuvre en plus ? Ou aurais-je dû partir des renforts mais la laisser toute seule ? J'ai pesé le pour et le contre, et je pense avoir fait le choix le plus logique, même si je le regrette au fond.
- Maintenant que c'est fait, ça ne sert à rien d'avoir des regret, intervint Tsuna qui sentait que la discussion pourrait durer une éternité. Il faut être efficace pour que le choix que tu as fait soit le meilleur. Alors en route !
- Bien dit.
Des qu'elle avait entendu que ses amis avaient perdu connaissance, Tsuna ne pensait plus qu'à eux et à les sauver. Alors ils se dirigèrent à pas de course vers la colonne de flamme qui apparaissait sur le fond nuageux.
Maintenant, à une centaine de mètres du combat qui se déroulait sous leurs yeux, ils comprirent davantage l'ampleur de la situation : déjà, ils se rendirent compte que les deux adversaires étaient en réalité la cause de ces catastrophes naturelles. Près d'eux, le temps sombrait encore plus qu'au alentour et les vents se montraient encore plus dévastateurs qu'auparavant. Aussi, ils avaient en face d'eux une armée d'enfants, filles ou garçons, qui semblaient être transparents, se mêlaient eux aussi au combat. Enfin, l'autre élément - qui était le plus important aux yeux de l'ange - c'était que le celui qui a crée cette cataclysme n'était pas l'ennemi : celui-ci tentait tant bien que mal à se protéger face à son adversaire.
Non, la véritable responsable de ce déluge était en fait Chrome.
Elle ne se contentait que de maintenir son khakkhara au sol, comme si c'était cet objet qui débordait d'une puissance incontrôlable, mais Tsuna sentait de là toute l'énergie qui sortait de l'apprentie exorciste. Son bandeau qui protégeait normalement son œil était tombé : son œil droit était rouge sang avec le kanji six à place de sa pupille - 六 -. Une flamme bleue foncée vacillait autour d'elle et prenait de plus en plus d'ampleur. Elle ne semblait plus être elle-même. Elle hurlait de toute ces forces. Près d'elle, les corps inertes de Ryohei et de Lambo étaient allongés par terre. Ryuko courut vers eux pour les mettre en sécurité.
Cependant, même si elle semblait être encore debout, Tsunayūki savait que cette situation ne durerait pas des heures : l'aura de Dokuro qu'elle employait en ce moment était sa flamme de dernière volonté, et pour un humain normal, utiliser excessivement sa flamme était mortel - dans le cas de Reborn, il était lié avec Irugorn, ce qui fait qu'il avait une plus grande résistance que la plupart des humains, même si plus vulnérable que les Élus -. Alors, Sawada utilisa ses dernières forces pour s'interposer dans le combat.
- Chrome, arrête ! hurla-t-elle. Tu vas mourir !
Cet instant suffit à l'apprentie exorciste de se réveiller de son état actuel. Le temps cessa d'être aussi catastrophique et les fantômes-enfants disparurent à leur tour. Elle se rendit alors compte de ce qui l'entourait et elle lâcha son sceptre, effrayée. Elle mit sa main à la bouche pour éviter de vomir, puis elle tomba à genoux à terre. L'ange courut la rejoindre pour la rassurer. Près d'elle, le Dragonnier s'assura que leur adversaire n'était plus une menace : hélas, ce fut encore le cas. L'homme blasé se relevait tant bien que mal et avait encore plusieurs tours dans sa manche : il lança une bombe lacrymogène qui aveugla tout le monde. Sawada prit Chrome dans ses bras pour la protéger d'une nouvelle attaque. Cependant, c'était Reborn qui les protégea toutes les deux des épines empoisonnées envoyés par l'autre. Quand la fumée partit pour de bon, leur adversaire se retrouva à l'exact opposé où il était avant. L'homme au fédora se prépara au duel.
- Tsuna, emmène Chrome et les autres d'ici ! ordonna-t-il. Moi, je m'occupe de le…
Mais à peine qu'il activa une nouvelle fois ses flammes jaunes qu'il tomba la tête première par terre, inconscient. Tsuna fut prise de panique. Le blasé remonta ses lunettes tout en l'observant avant de soupirer.
- On lui a jamais dit qu'utiliser ses flammes à grand échelle n'était pas sans risque ? se demanda-t-il. Mais bon, ça fait déjà un de moins…
Il jeta un coup d'œil à la jeune femme qui s'était relevée courageusement, le mode dernière volonté activé. Elle ne comptait pas se laisser faire.
- Qu'est-ce que tu veux ?! cria-t-elle.
- Ton amie, répondit-il. Mais tu voies bien que jusqu'à maintenant, personne n'a vraiment réussi à m'arrêter, et ça ne sera pas toi avec ton bras en compote et ta flamme de dernière volonté vacillante. Je te conseille donc de me laisser l'emmener si tu veux pas que j'empire ton état.
- Je ne compte pas te laisser faire ! Tout le monde s'est battu : je compte en faire de même !
Alors qu'elle se jetait sur lui, un poids atterrit sur son dos et elle tomba la tête première dans la boue. En tournant la tête, elle vit que c'était la joueuse de flûte qui l'écrasait en ce moment et qui tordait le poignet de Chrome pour l'empêcher de s'échapper. Elle avait l'air d'être en pleine forme, malgré le fait qu'elle n'ait plus la flûte de Hamelin dans sa main. Tsuna s'inquiéta encore plus : qu'était-il arrivé à Bianchi ? Avait-elle réussi à l'arrêter comme elle avait promis ?
- Dis donc, Kakimoto, dépêche-toi un peu de faire ta part du boulot ! s'indigna-t-elle. Il pleut comme une vache qui pisse : mes vêtements vont être trompés !
- Et ta part du boulot, M.M, c'était pas d'arrêter le Dragonnier et l'ange ? remarqua le blasé. Ils n'auraient pas été là, j'aurai déjà terminé.
- Il y a eu des quelques désagréments, mais finalement, ils sont pas mal, dans la terre…
Tsunayūki ne s'était jamais sentie impuissante jusqu'à maintenant : qu'avait-t-elle réussi à faire jusqu'à maintenant ? Ils allaient emmener Chrome sans qu'elle puisse faire la moindre chose.
Cependant, rien n'était encore terminé : Ryuko fit basculer M.M en avant et la fit lâcher l'apprentie exorciste. Il aida ensuite l'ange à se relever. Kakimoto fixa le Bosatsu avec une colère refoulée.
- Ce n'est pas fini, Tsuna : on doit y arriver !
Tsunayūki hocha la tête, retenant mal les larmes de couler sur sa joue.
Pourtant, tout espoir s'acheva en cet instant.
La joueuse de flûte s'était relevée rapidement et donna un coup de pied dans le ventre de Ganka qui fut envoyé quelques mètres plus loin. Tsuna s'angoissa : elle était vraiment aussi forte que ça ? Est-ce que c'était pareil pour les autres ? Par la suite, M.M s'assura que le Bosatsu ne puisse plus rien faire en le menaçant avec la lame d'un couteau qu'elle cachait depuis tout ce temps.
- Pff… j'en ai marre que les choses s'éternisent comme ça, soupira le blasé avant de s'adresser plus particulièrement à l'ange. Bon, toi, tu veux toujours défendre ton amie ?
- Arrêtez !
Chrome reprit enfin la parole depuis un moment : elle était en train de pleurer et elle se mit devant Sawada pour la protéger.
- S'il vous plaît, arrêtez ! supplia Chrome. Je… je vous suis ! Je vous promets de vous obéir ! Mais s'il vous plaît, ne leur faites plus de mal, je vous en supplie !
- Mais… Chrome-chan ! Je ne peux pas te laisser faire ça ! intervint Tsunayūki. Ne va pas les suivre !
- Je… je suis désolée, Tsuna-chan… pleura l'apprentie exorciste. Vous êtes tous blessés… tous à cause de moi… même Ryohei-san a laissé sa vie à cause de moi…
- Pardon ?
Son cerveau refusait d'assimiler la nouvelle qu'elle venait d'entendre, mais les larmes coulaient déjà avant même qu'elle ne s'en rende compte.
- Il… il faut, qu'au contraire, tu ne te laisses pas faire ! trancha l'ange. Il ne faut pas que son sacrifice soit vain !
- Bon, rappela M.M, lui, je l'égorge comme un porc ou pas ?
- Tsuna-chan, je ne peux pas les laisser leur laisser faire plus de mal ! Trop de gens sont morts autour de moi ; je porte malheur ! Je n'en peux plus, je ne veux plus que quelqu'un meurt à cause de moi…
- Bon, vous vous êtes tranchées ~ ? demanda la joueuse de flûte avec sarcasme. Sans aucun mauvais jeu de mots, évidemment…
Kakimoto regarda tout autour avant d'avancer et de saisir le poignet de Chrome pour l'entraîner avec lui.
- Viens, M.M : on a fini. On rentre au quartier général.
- Enfin ! se réjouit-elle en laissant Ryuko à terre. A plus tard, les nuls ~ !
Puis les trois disparurent. La pluie disparut, aussi ; le soleil était bien bas, maintenant. Tsuna n'avait plus de force dans les jambes et se laissa tomber, trop fatiguée pour faire quelque-chose. Au loin, elle voyait trois silhouettes courir vers eux : elle reconnaîtra plus tard que c'était Bianchi, Yamamoto et Gokudera. Les renforts arrivaient, mais trop tard. Alors qu'elle sentait que quelqu'un la secouait pour la réveiller, elle n'eut plus de force de supporter la réalité - un ami mort, deux dans l'inconscience, elle dans l'inutilité la plus totale - et elle sombra dans l'inconscience.
...
Ça faisait longtemps que cette sensation de chaleur le quittait aussi rapidement, signe que son niveau de flamme de dernière volonté n'avait jamais été aussi bas. Mais en se réveillant, Reborn se sentit en fait assez bien, dans ce lit pour hospitalisés. D'ailleurs, avec sa mémoire eidétique, il se rappela rapidement qu'il était dans la salle où soignait généralement l'Alchimiste. Ça signifiait qu'il était maintenant à Zanju et plus à Yoko. Il entendait sur le côté les bips réguliers des battements de son cœur et la courbe qu'elle en dessinait. De l'autre côté il avait deux seringues qui lui avaient donné l'énergie qu'il avait besoin pendant qu'il était dans les vapes. Les souvenirs se revinrent petit à petit dans sa tête…
Soudain, la porte claqua tellement elle s'était ouverte violemment et ses connaissances entrèrent un par un dans la salle : la première, Bianchi, alla pleurer à son lit quand elle arriva. Petit à petit, les autres rentrèrent, en ayant un air inquiet sur leur visage. Yamamoto tenait un Lambo fatigué dans ses bras. Les pansements couvraient à plusieurs endroits le corps de Gokudera. Malgré son attelle pour son bras, Tsuna n'avait pas les larmes aux yeux pour ses blessures, comme le devina facilement l'homme au fédora. Ceux qui ont le moins de blessure étaient Ryuko et Iru. D'ailleurs, celui-ci fixa le Dragonnier avec un regard noir que l'humain ne comprit pas la raison sur le coup. À la fin, le docteur Shamal rentra en dernier, avec à la main Fūta. L'étoile courut à son tour vers Reborn, inquiet ; celui-ci lui frotta la tête pour le rassurer.
- T'inquiètes pas : je vais bien, assura-t-il.
- Oui... bien sûr..., renifla l'étoile pour se calmer. Mais comme on arrivait pas à te faire réveiller...
Reborn haussa un sourcil avant de se tourner vers les autres.
- J'ai dormi combien de temps ?
- Deux jours, répondit Shamal.
Il comprit maintenant pourquoi les autres le regardaient aussi anxieusement.
- Hein ? Aussi longtemps ? Comment ça se fait ?
- T'as utilisé trop de ta flamme de dernière volonté, Chibi, répondit froidement le dragon. Ton corps n'a plus été en état de se maintenir éveillé.
Ok. Il savait maintenant pourquoi Iru semblait avoir de la rancoeur envers lui.
- Tu sais, c'est pas si grave, non plus, remarqua silencieusement le Dragonnier au dragon. J'ai déjà perdu connaissance à cause de ça, dans le passé.
- Mais ça, c'était il y a longtemps, lorsque tu ne savais pas manipuler ta flamme, rappela le dragon. D'autant plus qu'avant, tu n'étais pas en danger de mort comme ça ! Tu te souviens qu'on arrive à se sentir grâce aux flammes, même lorsqu'on est éloigné ? Ben là, j'ai été un peu perdu, ces derniers jours...
- ... désolé, murmura-t-il malgré lui-même.
- Hm ? Tu t'excuses de quoi, Reborn ? interrompit Shamal avec le sourire, se doutant de ce qui se passait.
L'homme au fédora se rendit compte qu'il venait de parler à voix haute, alors que les autres le fixaient, surpris. Il toussota un peu avant de se reprendre.
- Je disais que j'étais désolé de vous avoir fait inquiété pour rien, déclara-t-il.
- Ah : profitez de cet instant, car ça n'arrivera pas tous les jours, se moqua Iru.
- La ferme.
- Tant mieux que tu ailles bien, Reborn, se força de sourire Tsuna.
Cependant, des larmes coulaient encore de sa joue malgré son réveil et Gokudera la prit dans ses bras pour la consoler. Tout le monde garda le silence, les quelques ayant eu le sourire le perdant tout aussi rapidement. Même le yokaï commençait à pleurer.
- Il y a quelque-chose qui ne va pas ? demanda finalement le Dragonnier.
- Il faut que tu saches quelque-chose, approuva l'Alchimiste. Ryohei s'est fait tuer durant les combats. Ça fait trop longtemps qu'il est mort : je ne peux plus rien faire pour lui.
Reborn ne laissa qu'un soupir s'échapper. Il comprenait maintenant pourquoi le cyborg n'était avec eux lorsqu'il s'était réveillé. Mais quand même... il leur avait vraiment quitté maintenant, après tout le temps qu'ils avaient passé ensemble ? Il avait beau se convaincre que c'était fini, il ne pouvait s'empêcher de réfléchir s'il y avait un moyen de le ramener...
- Il est mort comment ? questionna-t-il.
À son étonnement, quelques regards braquèrent vers le petit yokaï qui pleurait de plus en plus fort.
- Apparemment, Lambo aurait provoqué une décharge d'un éclair sur Ryohei, répondit le Bosatsu. Sans le faire exprès, évidemment.
- Bouh... Lambo... Lambo-san n'a pas fait exprès ! pleura de plus en plus fort le yokaï. Lambo-san voulait encore jouer avec Ryohei ! Lambo-san ne voulait pas le tuer ! Lambo-san veut seulement tuer Reborn !
La dernière remarque aurait presque était attendrissant, mais l'homme au fédora venait de penser à autre chose.
- Pardon ? menaça Bianchi de la voix, suite aux paroles de Lambo.
- Shamal, où t'as mis son corps ? coupa net Reborn.
- Chambre d'à côté, indiqua celui-ci sans comprendre où il voulait en venir.
- Ramène-le ici : on peut peut-être faire quelque-chose.
- … bon, j'imagine que ça ne sera pas de trop, de toute façon.
L'alchimiste s'en alla de suite et chercha le corps de Sasagawa. Pendant ce temps, Reborn se tourna vers Lambo.
- Oh, le gosse, l'interpella-t-il. Lorsque t'as lâché ton éclair, tu voulais faire quoi, à ce moment-là ?
Tsuna fut choquée : c'était la première fois qu'elle le voyait s'adresser directement au stupide bovin - mais apparemment, il avait bien voulu jouer avec lui il y a quelques jours... -. À côté, Iru commençait à comprendre ce qu'il voulait faire.
- Lambo-san voulait sauver Chrome ! s'exclama-t-il.
- Attends deux secondes, Chibi, s'interposa le dragon. Tu penses sérieusement qu'en essayant de le ranimer avec de l'électricité, ça marcherait ? Ça fait des journées qu'il nous a quittés. Il faut se rendre à l'évidence.
- Ryohei est un cyborg, rappela le Dragonnier, sûr de lui. Ce qui signifie que son organisme ne fonctionne pas comme le nôtre. Et qu'en plus, ça marche partiellement à l'électricité. Donc, on a encore un peu d'espoir que ça marche. Juste un petit peu...
- Je suis de retour, annonça le docteur Shamal en adressant un clin d'œil aux filles pour les draguer - sans effet, évidemment -.
Malgré tous le morts qu'il avait pu croiser dans sa vie, voir le corps inerte du cyborg avec un visage aussi pâle fit bizarre au Dragonnier qui dû se ressaisir rapidement.
- Bon... Tsuna, tu peux venir me faire des tartines ici, s'te plaît ? J'ai faim.
- T'es gonflé, quand même, remarqua-t-elle.
Cependant, sans contester, l'ange partit à son tour, suivi de l'Alchimiste qui lui passa le couteau et les ingrédients dans la cuisine. Il l'a garda encore quelques instants hors de la salle de repos.
- Je préfère te mettre en garde ici, déclara Shamal sérieusement. Je pense savoir où veut en venir Reborn et je te préviens de suite : garde ton calme mais fais semblant d'être paniquée. Ok ?
- Euh... ouais ? affirma la jeune femme sans rien comprendre.
Une fois de retour, ils avaient mis le yokaï sur le torse du cyborg. L'homme au fédora insista l'ange pour faire les tartines près de lui et il entama une avant de d'indiquer les ordres suivants.
- Bon, le gosse, essaye de balancer autant de décharge qu'avant.
Lambo le fixa quelques instants avant de concentrer au bout de ses doigts une légère flamme verte avec du courant à l'intérieur. Tout cela n'était pas très convaincant.
Reborn changea alors radicalement son plan : il vola le couteau à Tsuna et le plaça sous sa gorge. Les autres prient un air paniqué, mais aucun ne voulut s'approcher d'eux sous peine que Reborn mette sa menace à exécution. Tsunayūki, elle, n'arrivait pas à placer les informations dans l'ordre : comment s'était-elle retrouvée dans cette situation ? Et pourquoi Reborn lui faisait ça ?!
« Garde ton calme mais fais semblant d'être paniquée »
Elle ne comprenait que maintenant où il voulait en venir - mais elle trouva quand même que les moyens du bord étaient un peu exagérés -.
- Euh... quelqu'un pourrait venir m'aider, s'il vous plaît ? supplia-t-elle alors qu'elle avait des larmes aux yeux.
- Ah ah ! Reborn est en fait un méchant ! accusa directement Lambo.
- Eh oui, et je compte bien la tuer, déclara théâtralement le Dragonnier. Et ce n'est pas pour rire.
Tsuna sentait la lame appuyée contre sa pomme d'Adam. Bon sang, il s'était entraîné à menacer les gens dans le passé ou c'était juste qu'il avait un don pour le terrorisme ? En face d'elle, le yokaï commençait à trembler de tous ses membres.
- Je comprends maintenant pourquoi Chrome s'est faite capturer, enchaîna-t-il sombrement : t'as complètement servi à rien. Tu veux protéger Tsuna ? Alors essaye de faire quelque-chose.
Le garçon recommença à pleurer et l'électricité se forma entre ses deux cornes. Sans un ordre, chacun s'écarta de lui et de Sasagawa : le courant se propagea partout dans le pièce, évitant soigneusement les personnes à part Ryohei. À la fin, la lampe de la pièce, déjà éteinte, s'alluma une dernière fois avant d'exploser en mille morceaux, alors que Shamal se plaignait de changer d'ampoule si rapidement.
Soudain, le torse de Ryohei se bomba brutalement et il commença à respirer rapidement. Tous les regards se tournèrent vers lui. Tous ses muscles se crispaient et ses yeux se révulsaient. Puis, enfin, il se calma brutalement. Il ouvrit prudemment les yeux et voyait tout ce monde autour de lui. Il se redressa avant de voir que Reborn aussi était allongé.
- Euh... il se passe quoi, à l'extrême limite ? demanda-t-il finalement.
Tout le monde s'autorisa à soupirer de joie lorsqu'il reprit connaissance. Chacun lui demanda comment il allait ; il répondit simplement qu'il voulait manger. Mais ce coup-là, Shamal se rendit compte qu'il en avait assez fait pour les garçons et refusa net de lui apporter à manger.
- Misandre à l'extrême limite... insulta à voix basse le cyborg.
Et malgré le manque d'envie que la plupart avait, ils remercièrent ensuite le petit yokaï. Celui-ci se prit alors pour le plus grand héros et ne manqua pas de se vanter. Sawada le prit dans ses bras et lui fit affectueusement un câlin en retour - c'était le meilleur cadeau qu'on pouvait donner au petit garçon -, et contre toutes les attentes de Reborn, il se retrouva lui aussi embarquer dans le câlin. Il lâcha un grognement d'aversion car il en avait tout simplement horreur - en plus que le stupide bovin continuait de gueuler près de lui -.
- Merci beaucoup, vous deux, remercia-t-elle chaleureusement.
- Ouais ! Vous avez assuré à l'extrême limite, apparemment ! sourit Ryohei.
- Reborn et Lambo... réfléchit Irugorn avec un sourire espiègle. C'est le meilleur duo qu'on n'aura jamais connu...
- Je n'ai jamais connu une pareille insulte ! s'offusqua le Dragonnier.
Alors que le moment fut rempli de joie et d'émotions, ce n'était pas pareil, autre part...
...
- Ku fu fu... c'est l'heure de te réveiller, ma petite Chrome. C'est l'heure pour toi de te rappeler de la vérité.
Bien bien bien... sans faire de spoil, dans le prochain chapitre, Chrome va apprendre la vérité. Mais quelle(s) vérité(s) ?
Remerciements : merci à Lyanna Potter pour le favori + follow ; à rhuz70 et lilylys pour les favoris ; et à Tsuki Banritt pour le dernier commentaire ^^
Irugorn : En fait, la scène qui t'a fait rire, c'est lors du prodigieux classement de Fūta ou quand ces deux-là ont été incapables de se retrouver sans le Hibird ?
Reborn : Prodigieux, prodigieux... plutôt foireux, le dernier classement !
Tsuna : Mais comment tu es au courant, Irugorn-san ? Vous n'étiez pas là, à ce moment-là, non ?
Irugorn : Tu sais, nous partageons nos souvenirs, Chibi et moi. Et puis, j'aime bien le petit numéro 1 ~
Reborn & Tsuna *rougissent* : N'importe quoi !
Moi : Allez, bye bye ^^
