Réponses aux Review :
Luna Park : Héhéhéhé, merci ! Pour le reste, je ne peux rien dire… sinon que tu le sauras bien assez tôt !
Polskabi : oui, il fallait bien un peu d'humour pour contrebalancer ça, non ? XD et ne t'inquiète pas, du côté de Genesis aussi ça sera gratiné ce passage… même s'il sera plus loin, vu que cette Diva a décidé qu'il lui faudrait trois chapitres ×
Ange : Héhéhéhé, maintenant tu comprends ce qu'ils ressentent. Ne t'inquiète pas pour l'épouvantard, tu le sauras bien assez tôt ^^ et tout sera dévoilé en temps voulu ;)
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Chapitre 3 : Fragments de Feu – Partie 1
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Genesis émergea en clignant des yeux, avant de jeter un regard noir à son réveil. Il détestait se lever aussi tôt, étant donné qu'il n'était vraiment pas du matin. Angeal le traitait parfois de Cœurl, plaisantant sur le fait qu'il se comportait comme un chat… souffrant de pyromanie. Généralement, la seule réaction du rouquin était de lui faire un doigt d'honneur. Il appréciait trop son ami d'enfance pour lui balancer des boules de feu à la tronche comme il le faisait aux autres.
Avec un grognement agacé, il se leva, passant la main dans ses cheveux pour les dompter un minimum. Le geste restait cependant distrait, alors même qu'il entrait dans sa salle de bain, son esprit continuant à dériver en direction de la gamine avec qui il avait parlé dans son rêve. Est-ce qu'il y avait un rapport avec le fait qu'il ne rêvait plus de la fleur comme d'habitude ? Enfin, plus rêvé de la fleur… il avait bien rêvé d'un buisson de fleurs la nuit suivante. Dans un château. Tu parles d'un cliché, pensa-t-il avec ironie. Par contre… c'était quoi ce bouc qui essayait de s'en prendre aux fleurs ? Se demanda-t-il avec frustration. Parce que les buissons… avaient l'air malades, et en piteux état. Il avait sortit sa Rapière, furieux, et avait fait son possible pour découper en rondelles le bouc, mais ce dernier était suffisamment rapide et malin pour l'esquiver, à sa plus grande frustration.
Sérieusement, il ne pouvait pas rester en place cinq secondes, qu'il se charge de son cas ? Pensa-t-il distraitement tout en s'habillant. Ça lui faisait penser au Chiot. Genesis ne pouvait empêcher la pointe de jalousie qui traversait son cœur à chaque fois qu'il pensait au gamin hyperactif. Le gosse était malgré tout… assez adorable, avait-il remarqué. Une disposition rayonnante, et un caractère enjoué, qui prenait plaisir à aider ceux dans le besoin. Il rêvait aussi d'être un héros, comme Genesis, et ce dernier ne pouvait que l'admirer pour son courage.
Ces pensées l'amenèrent à repenser à la gamine dont il avait rêvé. Son… pessimisme et cynisme au sujet du statut de héros, maintenant qu'il avait eut un peu de temps pour y réfléchir… l'inquiétaient, pour être honnête. Qu'est-ce qu'elle avait pu vivre pour être aussi cynique ? Certes… elle lui avait dit qu'elle était orpheline, comme lui… et que quelqu'un en voulait à sa vie, tandis qu'un autre refusait de l'aider. Quand à la jalousie de son ami dont elle avait parlé… pourquoi ça touchait une corde en lui ?
Il entra dans la cuisine, pensif, s'asseyant à sa place habituelle. Le Chiot était calme pour une fois, respectant le fait que Genesis ne soit pas du matin. Il tenait à peine en place, bien sûr, mais il montrait clairement qu'il était intelligent et suffisamment empathique pour réaliser que certains n'étaient pas capables de fonctionner avant une certaine heure. Et ça faisait monter l'estime du rouquin pour le gosse. Même s'il ne pouvait pas s'empêcher d'être jaloux du fait qu'il prenait une grande partie du temps libre d'Angeal.
Sephiroth avait au moins eut raison sur un point, à part l'épée (et il voyait bien le gamin utiliser le même genre que celle d'Angeal dans le futur), Zackary Fair n'avait pas encore montré de réelles préférences pour la magie ou l'épée. Il semblait correct (pas extraordinaire, mais pas mauvais comme Angeal non plus) avec les Matérias, et avait un certain potentiel. Genesis avait vu des recrues avec plus de potentiel, mais très peu. Et une bonne partie de ces dernières avaient finies renvoyées pour des faits de harcèlement.
Le rouquin secoua la tête, dégoûté. Il détestait lui-même le harcèlement, en ayant été victime quand il était enfant. Son côté rat de bibliothèque lui avait attiré nombre de moqueries de la part des autres enfants de Banora, jusqu'à ce qu'Angeal vienne à son secours. Et pas parce qu'il voulait faire copain-copain avec le fils du maire de la ville, avec accès à ses finances ou autres (comme certains qui avaient voulus qu'il leur paie des choses… ces derniers avaient vite dégagés, et rejoint les rangs des harceleurs par dépit), non. Juste parce que c'était la chose à faire. Genesis ne le connaissait pas avant, ou à peine de vue, mais il savait qu'il était l'un des plus pauvres de la ville. Et pourtant… Angeal n'avait rien demandé en échange, Genesis avait été celui qui lui avait offert des Banora White.
Il laissa échapper un soupir, son esprit continuant à penser à ce que la fille avait dit dans leur discussion. Pourquoi était-elle aussi pessimiste sur le statut de héros ? Qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver pour qu'elle soit aussi cynique ? Se demandait-il, incapable de détourner son esprit de cette discussion les jours suivants.
Ses réflexions lui prenaient tellement son attention, parfois, qu'il était complètement perdu dans ses pensées. Et même Sephiroth, qui semblait totalement déconnecté socialement, s'en était rendu compte, apparemment. Même si Angeal avait été celui qui lui avait demandé à quoi il pensait parfois, sans pour autant savoir quoi répondre à sa question de savoir si c'était mal de vouloir être un héros. Il n'avait pas réellement été capable de donner une réponse claire, cependant. Mais… il lui avait dit quelque chose d'intéressant… et de similaire à ce que elle avait dit. Qu'on ne pouvait pas être le héros de tout le monde… et qu'on ne pouvait pas mettre tout le monde d'accord avec ses actions.
Il n'avait pas osé dire que c'était quelqu'un avec qui il parlait dans ses rêves qui lui avait dit ça, par contre. Plutôt prétendre que c'était quelqu'un avec qui il correspondait, même si c'était peu probable. Et il espérait que ses fans-clubs n'entendraient jamais parler de ça. Il aimait l'adoration de la foule, oui, mais certaines étaient vraiment trop folles à son goût. Comme celles qui envoyaient des culottes usagées… de tout types. Rien que le souvenir le faisait frissonner, même s'il se rappelait avoir rit légèrement jaune quand c'était arrivé à Sephiroth au début. Et il avait encore plus rit quand ce dernier avait trouvé la solution parfaite pour punir certains SOLDATS. Leur faire ouvrir leur courrier de fan et trier les lettres. Tout ce qui était inutile ou franchement au-delà du raisonnable finissait au feu… et ça incluait les culottes sales. Et comme ça ils n'avaient pas à subir ça.
Genesis avait quand même hâte de voir arriver ça au Chiot, juste pour avoir l'occasion de se foutre de sa gueule. Mais s'il connaissait Sephiroth comme il le pensait, le jour où le gosse aurait son propre fan-club comme eux, l'argenté l'ajouterait au planning des dépouilleurs du courrier. Les SOLDATS qui se retrouvaient dans ces équipes faisaient en général de leur mieux pour éviter de subir cette punition de nouveau.
Ses lèvres tressaillirent avec amusement comme son crayon courait sur la feuille, ajoutant des détails ici et là. Lire Loveless n'était pas son seul moyen de détente, c'était juste le plus facile à transporter et ranger rapidement. Il aimait aussi dessiner, même si beaucoup l'auraient regardé avec ahurissement en voyant que oui, il avait la patience nécessaire pour dessiner. Angeal était probablement le seul à savoir qu'il savait dessiner, et bien en plus de ça. Genesis pencha la tête sur le côté, fronçant les sourcils comme il s'emparait de la gomme pour enlever un trait mal fait sur un bord du dessin.
Il avait plusieurs gommes, chacune avec leur degré de dureté et des tailles différentes pour chaque type. Certaines étaient larges et très abrasives, d'autres plus fines mais tout aussi abrasives, d'autres encore larges et assez molles quand il avait besoin d'effacer une zone importante, ou bien de créer des ombres en étalant le crayon. Même chose concernant le matériel de dessin, d'ailleurs. Il avait de tout, différents types de feuilles, des crayons de papiers de différents types aux stylos, et mêmes aux peintures (gouache ou à l'huile), ou crayons de couleur. Tout était soigneusement rangé dans un des tiroirs de sa commode, et il prenait toujours grand soin de bien les remettre en place. Pas qu'il ait honte de son hobby, mais il aimait pouvoir dessiner en paix.
Ricanant comme un Béhémoth, il ajouta la touche finale à son dessin. Le Chiot, avec des oreilles de chien et une queue qui s'agitait une centaine de fois par minute… ou qui en donnait en tout cas l'impression, avec les multiples images de queues derrière lui, des traits les reliant pour donner une impression de mouvement. Il posa le crayon à côté du dessin, le fixant avec amusement. Oui, c'était juste parfait. Maintenant, il ne restait plus qu'à l'encrer et ajouter un peu de couleur au niveau de la peau et des yeux…
Genesis fronça les sourcils, cependant, en réalisant qu'il n'avait plus d'encre de Wutaï dans la bouteille. Il jura doucement à mi-voix, surtout en réalisant qu'il n'avait presque plus de gouache de certaines couleurs, notamment le bleu et le rouge. Et s'il voulait pouvoir colorer les yeux du chiot de la bonne couleur, il devrait faire des expériences en mélangeant ces deux couleurs pour obtenir la bonne nuance.
Avec un soupir agacé, il rangea son dessin dans son carton à dessin qu'il réservait pour ceux qui étaient encore inachevés. Il en avait un bon paquet, pour chaque taille ou presque, et en deux exemplaires : un pour ceux qui étaient finis, et l'autre pour ceux qui ne l'étaient pas. Que ce soit parce qu'il n'avait pas d'encre/crayons/peinture de la bonne couleur, ou parce qu'il leur manquait un détail, ou qu'il n'en était pas satisfait. Parfois… il lui arrivait de recommencer un dessin une bonne dizaine de fois, jusqu'à trouver le bon coup de crayon.
En parlant de ça… Genesis sortit son exemplaire de Loveless, celui qu'il avait toujours sur lui, et qui était devenu aussi iconique de son personnage que son épée et son manteau écarlate. Ça le faisait presque rire de savoir que cette édition, à la base décriée à cause de sa couleur rose pâle, valait désormais une fortune parce que ses fans se l'arrachaient… et tout ça parce qu'il la gardait toujours sur sa personne. Alors que c'était l'édition la moins chère, et que Angeal lui avait offerte pour un de ses anniversaires, après avoir travaillé dur dans les plantations pour être en mesure de lui offrir.
Ouvrant le livre, il regarda le dessin glissé à l'intérieur, protégé par un film de plastique. La fleur était magnifique, mais il n'avait jamais réussi à savoir ce que c'était. Avec un soupir, il rangea son matériel, et remit le livre dans la poche de son manteau, se déshabillant.
Ses rêves… avaient changés. Désormais… ce n'était plus juste la fleur qu'il voyait. Maintenant… soit il parlait avec cette fille (il devait l'admettre, Fleur était un surnom qui lui allait bien, même s'il aurait aimé qu'elle trouve autre chose que Mr Tarte aux Pommes ou Mr Pommes et Fumée comme surnom pour lui), soit il rêvait de ce château ou de ce qui était apparemment la région où elle vivait (avec les bestioles locales), voire ses souvenirs à elle. Et par la Déesse… il aurait tellement aimé étrangler la personne qui l'avait apparemment enfermée dehors en plein hiver ! Est-ce que ça avait un rapport avec la fleur couverte de neige dont il avait rêvé une fois ?
Genesis se passa la main dans les cheveux avec frustration. Tant de questions… et si peu de réponses.
Le rouquin secoua la tête avec agacement, se glissant sous les couvertures avec un soupir. Son côté érudit le rendait parfois fou, surtout quand il y avait des énigmes insolubles comme celle-ci. Et surtout… comment était-il possible de parler avec quelqu'un dans ses rêves ? Parce que ces rêves et les détails qu'ils avaient étaient bien trop complexes, détaillés et surtout logiques pour n'être que des rêves.
Fermant les yeux, il se laissa aller, glissant doucement dans le sommeil. Pourquoi… Fleur subissait tout ça ? Se demanda-t-il tout en s'endormant. Personne ne méritait de vivre ça !
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Genesis haussa un sourcil devant le rêve. C'était quoi cet endroit ? Se demanda-t-il, assez intrigué.
La pièce était assez sombre, et il y avait des… aquariums ? dans les murs. Il mit un certain temps avant de réaliser qu'il s'agissait en fait de vivariums, dans lesquels se trouvaient des reptiles. Probablement un zoo quelconque, se dit-il en voyant toutes les personnes autour de Fleur. Il n'y en avait que très peu sur Gaïa, et la plupart étaient réservés aux nobles (CAD les riches), ou alors au SOLDATS, afin que les nouveau 3èmes Classes puissent observer les monstres en toute sécurité, en même temps que leurs instructeurs leurs expliquaient les points faibles des différents monstres, où trancher et/ou transpercer ces derniers pour les tuer le plus vite possible et avec un minimum de risques pour sa personne.
Genesis avait religieusement assisté à toutes les classes obligatoires pour les 3èmes Classes, et même celles non obligatoires, afin d'avoir un maximum de connaissances sur les monstres. Le rouquin avait pertinemment conscience qu'en savoir le plus possible sur les points faibles des monstres pouvait sauver la vie de quelqu'un, ou des subordonnés si la personne montait en grade. Et Genesis avait eut toutes les intentions d'être un bon supérieur. Pyromanie ou pas. Et maintenant qu'il était un Commandant… il prenait son devoir très sérieusement, et ça incluait protéger ses subordonnés. Oh, s'ils faisaient les idiots et ne prêtaient pas attention aux leçons, il les laissait se faire un peu taper dessus par les monstres avant d'intervenir. Jamais de quoi mettre leur vie en danger, mais assez pour faire passer le message. Généralement, ils recommençaient rarement, et la plupart demandaient même à refaire les cours où ils n'avaient pas prêté attention.
Cependant… les zoos avec uniquement des animaux ordinaires étaient très rares. Surtout parce qu'ils rapportaient moins d'argent que les autres, et pouvaient être qualifiés de « collections privées ». Chez Fleur… les choses étaient différentes, visiblement. Il n'avait toujours pas vu de monstres, et peut-être n'y en avait-il pas ?
Il fut tiré de ses pensées par un garçon obèse, qui insistait pour qu'un serpent fasse quelque chose. Même son… père, s'il se fiait à la ressemblance, tenta de faire réagir le reptile. C'était apparemment le plus gros de la pièce, mais il semblait préférer dormir plutôt que de réagir à cet idiot ou son ami. Genesis renifla avec mépris. S'il avait été là… il leur aurait volontiers balancé une boule de feu dans les cheveux pour leur apprendre les bonnes manières. Pyromane ou pas… il avait été éduqué correctement, et surtout, on lui avait inculqué de bonnes manières. Pas comme ces deux idiots.
Ses sourcils grimpèrent, disparaissant presque dans sa frange, cependant, lorsque Fleur se mit à parler avec le serpent. Et le reptile… semblait la… comprendre ? La discussion le fit ricaner… jusqu'à ce qu'un hurlement la fasse sursauter. Genesis aurait volontiers attrapé le gamin pour lui coller une fessée s'il avait été là (chose dont le gamin avait clairement manqué en grandissant), parce que frapper sa propre cousine (et Fleur avait été plutôt douce en le traitant de boule de graisse dans ses descriptions) pour l'écarter de la vitre n'était pas correct.
Par contre, la vitre qui disparaissait toute seule… c'était bizarre, impossible de le nier. Mais au point de se mettre en colère contre elle, alors qu'elle n'avait clairement aucune idée de ce qui s'était passé ? Et cette voix qui s'était élevée lorsque le serpent était passé à côté de Fleur ? Ce n'était quand même pas lui qui avait parlé, non ? Et ça voulait dire quoi « menina » ?
Et surtout… envoyer une enfant dans un placard (qui avait tout d'une chambre) ? Genesis avait la folle envie de carboniser la maison… avant de pisser sur les cendres après-coup. Et il lui importait honnêtement peu que les occupants (à l'exception de Fleur) soient là ou pas. Tout ça juste parce qu'elle aurait parlé au serpent ? C'était inhabituel, d'accord, mais à ce point-là ? Et la manière dont elle était allée dans le placard… il y avait eut une telle sensation de… résignation que Genesis avait eut envie de la prendre contre lui pour la réconforter… surtout quand son… pas oncle, mais tortionnaire, lui avait dit d'aller se coucher sans manger.
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Genesis se réveilla en grondant de colère. Il n'était pas aussi furieux que le jour où il avait vu la fleur saigner, mais il était malgré tout de très mauvaise humeur. Quel… sadique privait un enfant de nourriture ?! De plus… s'il se fiait à ce qu'il avait sentit… Fleur était anormalement petite pour son âge.
Lorsqu'il lui avait demandé quel âge elle avait… il avait été choqué d'apprendre qu'elle allait avoir 14 ans cet été. Sauf qu'elle ne devait même pas lui arriver à l'épaule s'il se fiait à la hauteur à laquelle sa tête touchait son dos ! Elle devait à peine arriver à ses omoplates ! Et pour couronner le tout, il n'avait pas encore tout à fait fini de grandir, même s'il estimait qu'il atteindrait un bon mètre quatre-vingt à quatre-vingt-cinq environ. Peut-être un peu plus.
Fronçant les sourcils, Genesis se leva, se préparant pour la journée. Son esprit avait beau retourner la situation de Fleur dans tous les sens… la seule conclusion à laquelle il arrivait était qu'elle était sérieusement maltraitée chez ces gens. Et ça, c'était le meilleur scénario. Il comprenait en tout cas pourquoi elle ne les considérait pas comme étant de sa famille, si les brides de souvenirs qu'il avait vues jusque-là étaient un tant soit peu représentatives de ce qu'elle subissait là-bas. Et pourquoi elle ne les abandonnait pas ? Se demanda-t-il tout en prenant son petit déjeuner, perdu dans ses pensées. Même si un vieux schnock voulait contrôler sa vie… il y avait quelque chose de louche là-derrière. Il faudrait qu'il lui pose la question.
Avec un soupir, Genesis se dirigea vers son office. Il avait du travail à faire, même s'il détestait la paperasse… et encore, il en avait bien moins que Sephiroth. Il évitait soigneusement de penser à ce que la fleur en sang pouvait bien signifier, si elle était bel et bien en rapport avec Fleur. Parce que les images qui lui venaient à l'esprit… était du genre à lui redonner envie de tout carboniser sur son passage.
Lazard avait moyennement apprécié de devoir faire réparer la salle de Réalité Virtuelle pour la deuxième fois en un an. Les rumeurs disaient également que Angeal avait défoncé la même salle quelques mois plus tard… et Sephiroth aurait été le premier à la mettre hors service. Genesis n'avait pas pu s'empêcher de lui demander s'il préférait plutôt qu'ils mettent chacune une salle de Réalité Virtuelle hors service, ou qu'ils s'acharnent sur la même. La tête de Lazard avait valu son pesant d'or, et même s'il avait été coincé pendant un mois à apprendre aux Cadets les bases de l'usage des Matérias à la place de Sephiroth, Genesis continuait à maintenir que ça valait le coup.
Il ricana de nouveau en se rappelant de l'expression du blond. Non, vraiment, il regrettait de ne pas avoir eut d'appareil photo sous la main.
S'installant à son bureau avec une grimace devant les piles de papiers, il attaqua la longue tâche de tenter de se débarrasser de la paperasse. Heureusement, sa réputation de pyromane explosif empêchait la plupart des gens de venir lui coller plus de documents toutes les cinq minutes, à moins qu'ils ne soient réellement importants. C'était Sephiroth qui subissait le plus gros de la paperasse administrative en relation avec les demandes pour le SOLDATS, surtout concernant les missions. Lazard gérait le reste.
Genesis fronça les sourcils, tapotant pensivement du stylo sur le bureau. Il avait fait des recherches, mais même avec l'autorité dont il disposait, il n'avait pas pu trouver d'indice sur Fleur. À croire qu'elle n'existait pas… et qu'il avait tout inventé. Le problème avec cette théorie… c'était que ça ne collait pas avec ce qu'il avait observé. Trop de détails, et surtout c'était bien trop logique. Pas comme ces voix qu'il se rappelait avoir entendu après certaines injections.
Il frissonna à ce souvenir. Les douleurs dans son épaule gauche restaient présentes après certaines des « injections spéciales » de Hollander, mais les hallucinations semblaient avoir… disparues, faute d'un autre terme, depuis qu'il parlait avec Fleur… ou voyait sa vie/son pays. Plus de murmures d'une voix féminine tentant de se faire passer pour sa mère. Il pinça ses lèvres en pensant à ça.
Il n'avait jamais connu ses parents biologiques… et même ses parents adoptifs ne savaient rien sur eux. Tout au plus que sa mère serait apparemment morte en lui donnant naissance. Et qu'ils l'avaient adopté alors qu'il n'avait que quelques semaines. Genesis ferma les yeux en repensant à son enfance. Jusqu'à « rencontrer » Fleur, il ne l'aurait jamais qualifiée d'idyllique. Oh, il avait été traité correctement, oui, et avait reçu la meilleur éducation que l'argent pouvait offrir. Mais durant sa petite enfance… il avait été fortement négligé émotionnellement par ses parents adoptifs. Ils l'avaient presque totalement ignoré, confiant son éducation aux serviteurs, et ce n'était que parce que ces derniers insistaient que les Rhapsodos étaient ses parents qu'il avait un tant soit peu intégré cette notion. Pour lui… jusqu'à ses 10/12 ans environ, ils avaient été des personnes avec qui il vivait. Presque des étrangers. Même maintenant… leurs relations restaient extrêmement distantes.
Et pourtant… après avoir commencé à parler avec Fleur… il réalisait que si son enfance n'avait pas forcément pu être qualifiée de « sympa »… elle était idyllique par rapport à la sienne, s'il se fiait aux indices qu'elle avait laissé échapper… et aux brides de souvenirs qu'il avait pu entrapercevoir. Lui, au moins, n'avait pas été frappé ou affamé, ni enfermé dehors parce qu'elle avait fait brûler le petit déjeuner… à l'âge de six ans !
Genesis jura brusquement lorsque le stylo prit feu dans sa main, et le jeta précipitamment dans la poubelle, vidant une bouteille d'eau dessus pour arrêter le départ de feu le plus vite possible. Il préférait éviter de déclencher l'alarme incendie ou le système anti-incendie, parce que ça voulait dire refaire les papiers qu'il venait juste de faire. Il laissa échapper une quinte de toux en allant ouvrir la fenêtre, l'odeur de plastique brûlée était atroce. Celle de pollution venant de l'extérieur n'était pas mieux, se dit-il avec une grimace, mais c'était le meilleur moyen pour faire disparaître l'odeur de brûlé à l'intérieur. Il enclencha le ventilateur pour faire partir la fumée, et, pas pour la première fois, fut mi-content mi-agacé par les précautions prises dans son bureau contre les incendies.
Sa pyromanie était tellement connue des services de la Shinra que lorsqu'il avait été promu commandant, son bureau avait été spécialement conçu pour résister aux incendies, s'il se fiait aux commères de la compagnie (les secrétaires devraient vraiment faire autre chose de leur temps que de cancaner, se dit-il avec un amusement exaspéré). Le sol était carrelé, les murs couverts de peinture résistante au feu (jusqu'à un certain point), il y avait toujours une bouteille d'eau à portée de main au cas où, sa corbeille à papiers était en métal et non en plastique comme celle de Sephiroth ou Angeal, les étagères de la bibliothèque étaient couvertes de runes anti-feu… et le système anti-incendie ne se déclenchait que si des flammes étaient détectées sur les capteurs. Ce qui arrivait rarement. En général, les boules de feu restaient à hauteur d'homme.
Le ventilateur était plus là pour aider à dissiper les odeurs de fumée rapidement. Le reste du temps… il ne s'en servait pas. À moins que l'air conditionné soit en panne, ce qui arrivait très rarement. Genesis referma la fenêtre dès que ce fut possible, mais ne retourna pas immédiatement à son bureau. À la place, il resta appuyé contre le bord de la fenêtre, perdu dans ses pensées. Fleur y occupait une place proéminente, il n'avait pas honte de se l'avouer. Le peu qu'elle lui avait dit de sa vie… l'inquiétait. Il était peut-être un connard arrogant et pyromane (comme le surnommaient certains dans son dos, sans que ça le dérange), mais il avait des manières, et il n'était pas un salopard. Les autres SOLDATS s'accordaient tout de même sur ce point. Tant que l'on éviter d'insulter certains sujets (Loveless et des remarques sur la fleur qui saignait), il ne balançait pas des boules de feu sans vraie raison. Ou qu'on ne harcelait pas des Cadets, se dit-il, en fronçant les sourcils, repensant à Kunzel.
Une chose que lui, Angeal et Sephiroth avaient en commun, c'était leur haine du harcèlement. Lui et son ami d'enfance n'avaient peut-être pas l'autorité de renvoyer un élève de l'armée en cas de harcèlement avéré, mais Sephiroth leur avait donné avec joie celle de suspendre les idiots s'en prenant à plus faible qu'eux (en tout cas Genesis pensait que c'était avec joie, Sephiroth montrant rarement ses émotions). Certains avaient craint que Genesis n'en profite pour abuser de son autorité, mais il leur avait montré qu'il savait être sérieux. Et Sephiroth interrogeait toujours de manière poussée ceux que Genesis ou Angeal mettaient à pieds, montrant qu'il allait au fond des choses avant de prendre la moindre décision.
Et le rouquin était au moins fier de pouvoir dire qu'il n'avait jamais mit à pied un cadet sans raison. Il avait refusé l'aide de ses parents adoptifs pour avoir un poste plus haut placé dans la compagnie d'entrée de jeu, voulant mériter son rang. Surtout en sachant qu'ils n'auraient pas aidé Angeal, qui n'en aurait de toute façon pas voulu. Son ami était peut-être pauvre, mais il avait sa fierté, et travaillait dur. Et juste pour lui… Genesis avait toujours voulu faire de son mieux, sans aide si c'était possible.
Repassant certains événements de son enfance dans son esprit, il réalisa que c'était à peu près au moment où il avait formé son amitié avec le gentil géant (même enfant, Angeal avait dépassé de plusieurs centimètres tous les autres garçons de leur âge) que ses parents avaient commencé à lui prêter attention. Il renifla. Comme s'ils avaient eut peur qu'il soit « corrompu » par le gamin le plus pauvre de la ville. C'était plutôt le contraire, les valeurs du brun avaient déteintes sur lui, offrant le goût du travail dur effectué par soi-même. Genesis regrettait surtout qu'Angeal n'ait pas eut la possibilité de partager le crédit du Jus de Banora White qu'il avait créé enfant. Il avait été le seul à recevoir le prix, malgré ses protestations. Le rouquin se demanda si ses parents étaient derrière ça, avant de secouer la tête avec lassitude.
Même si c'était le cas… trop d'eau avait coulé sous les ponts, désormais. Inutile de s'attarder là-dessus. Et il avait tenu bon dans son amitié avec Angeal, refusant de se laisser séparer de lui. Le contraire avait été tout aussi vrai, le brun ayant refusé de se laisser séparer de son premier vrai ami. Il y avait eut des hauts et des bas, bien sûr, et des disputes parfois violentes, mais ils s'étaient toujours réconciliés, parfois en ayant laissé passer quelques jours pour que le tempérament du roux se calme. Mais ils avaient toujours été là l'un pour l'autre, Angeal quand les parents de Genesis ne lui prêtaient pas attention, et lui-même pour son ami quand son père s'était littéralement tué à la tâche pour rembourser le prêt qu'il avait contracté afin de payer l'énorme épée de son fils lorsque celui-ci était entré dans le SOLDAT.
Malgré les protestations de son ami, Genesis avait insisté pour finir de payer la dette. Gillian et son époux… avaient plus prit soin de lui lorsqu'il était enfant que ses propres parents, et il ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose parce qu'elle avait travaillé trop dur pour finir de payer l'épée. Sans compter les funérailles de son mari. Il n'était pas totalement certain que Mr Hewley ait été le père biologique d'Angeal, mais n'avait jamais fait la remarque. Il pouvait très bien tenir plus de sa mère que de son père. Et il avait vraiment été un père pour son ami.
Secouant la tête, il retourna s'asseoir à son bureau. La paperasse était un flot sans fin, se dit-il avec exaspération en contemplant les piles avec dégoût.
Genesis continua à travailler comme à son habitude pendant les semaines qui suivait, mais il gardait tout de même une oreille attentive pour les ragots, ricanant avec un peu d'amusement en entendant les gens spéculer sur la raison pour lesquelles il semblait avoir souvent la tête ailleurs, mais aussi pourquoi il avait cessé de flirter avec tout ce qui bougeait. Il ne pouvait empêcher les coins de sa bouche de tirer vers le bas quand il entendait celle-ci, par contre. Et ce n'était pas comme s'il pouvait donnait une explication.
Il avait toujours aimé sortir avec toutes les femmes (ou hommes d'ailleurs) qu'il pouvait séduire, mais depuis quelques mois… il avait quasiment arrêté. Voire même totalement, se dit-il en se passant la main dans les cheveux, ignorant les secrétaires qui murmuraient à son passage, essayant d'attirer son attention. Il avait toujours détesté les flagorneurs, et tenter de le flatter de façon éhontée était un des moyens les plus sûrs de s'attirer une boule de feu dans la figure. Il pouvait bien voir que les gens étaient nerveux autour de lui, craignant visiblement qu'il explose d'un instant à l'autre à cause de la frustration sexuelle, mais il n'arrivait pas à se convaincre de coucher avec le ou la première venue comme avant.
Avant, il pouvait coucher avec des femmes (ou des hommes, il était ouvertement bisexuel, même si ce n'était pas réellement affiché par la compagnie) pour un coup d'un soir sans problème (même s'il devait souvent aller voir Angeal ou un des autres 1èresClasses après-coup pour être réellement satisfait). Depuis quelques mois… il avait toujours un sentiment de malaise, même s'il s'entendait bien avec le SOLDAT, à l'exception de quand il avait des relations sexuelles avec Angeal. Et ça gâchait tellement l'acte qu'il avait quasiment totalement arrêté. Il n'y avait guère qu'avec Angeal qu'il pouvait atteindre une certaine satisfaction sans avoir l'impression de tromper quelqu'un. Et c'était ça qui le rendait le plus fou. Il avait toujours aimé le sexe sans attachement ou conséquence, alors pourquoi est-ce qu'il ressentait ça ?
Et c'était sans compter l'inquiétude qu'il ressentait pour Fleur. Même s'ils continuaient à s'envoyer des piques dans leurs discussions/rêves… ils avaient au moins conclu une trêve, et évitaient de parler du statut de héros le plus possible. Genesis commençait même à se demander si son rêve ne devrait pas subir une petite révision… avec l'aide de Fleur. Du moins, si elle parvenait à survivre à son année, se dit-il, pinçant les lèvres. Comment avait-ils pu décider de faire revivre cette compétition (apparemment annulée à cause du trop grand nombre de morts), sachant que l'assassin de ses parents était encore dans la nature ? Mais apparemment, tout le monde le pensait mort. Seul le directeur de l'école de Fleur était persuadé du contraire, mais les autres préféraient jouer les Chocobos et refusaient de faire quoi que ce soit contre les serviteurs de ce dernier. Soit-disant qu'ils étaient des membre exemplaires de la communauté ! Genesis avait envie de renifler avec mépris. Juste parce qu'ils avaient de l'argent, ils se pensaient au-dessus des lois… un peu comme le Président Shinra, réalisa-t-il brusquement.
Et il partageait le pessimisme de Fleur concernant le fait qu'elle serait entrée dans ce tournoi contre son gré. Vu la chance qu'elle avait… c'était une certitude absolue, apparemment. Elle avait fait des recherches, et espérait que ça ferait l'affaire pour éviter d'être traitée comme une paria, comme lors de sa deuxième année. Secouant la tête, il passa une dernière couche de peinture sur le dessin qu'il faisait. Encore Fair, mais cette fois, en train d'essayer de monter un Chocobo sans l'avoir dompté au préalable. Angeal avait eut l'air tellement désespéré ce jour-là que Genesis en avait rit jusqu'à avoir mal aux côtes. Il en avait bien eut besoin, honnêtement, surtout après le rêve où il avait vu/vécu le morse qui balançait littéralement Fleur dans le placard qui lui servait de « chambre ». Le rouquin soupçonnait parfois Fair de faire l'andouille exprès quand il n'avait pas le moral, juste pour le faire rire. Et si ce n'était pas le cas… il avait un sacré sens du timing pour faire ses bêtises au moment où il les faisait.
Secouant la tête, il rangea son matériel, laissant le dessin sécher sur son bureau. Il le rangerait quand la peinture aurait séché… et en parlant de ça, il allait encore falloir qu'il en recommande, se dit-il en vérifiant les tubes de couleur. Il avait eut toutes les peines du monde à atteindre la nuance précise de violet des yeux du gosse, une couleur améthyste très claire, et il en avait utilisé plus de la moitié des tubes de rouge et bleu.
Avec un soupir, il se leva, ôtant ses vêtements et les pliant soigneusement. Il aimait que les choses soient un minimum ordonnées dans sa chambre et sa salle de bain (et combien il avait été surprit de découvrir que l'appartement avait une salle de bain pour chaque chambre, même si vu la fréquence à laquelle la douche de Sephiroth se bouchait ce n'était pas plus mal), sans pour autant être au niveau de l'argenté. Ce dernier rangeait tout au millimètre près, ou presque, le rouquin aurait pu le jurer. L'une des règles tacites entre eux était que chacun gérait sa chambre comme il le souhaitait, et que les espaces communs se faisaient à tour de rôle.
Genesis se doucha rapidement, et se coucha sans prendre la peine d'enfiler un sous-vêtement. Le plus souvent, il dormait en caleçon, mais il n'en sentait pas l'envie ce soir-là. Genesis était aussi un dormeur léger, ce qui le gênait quand il partait en mission avec l'infanterie… même si ces derniers avaient rapidement apprit qu'il valait mieux éviter de faire trop de bruit quand le Commandant Écarlate dormait. C'était un coup à se faire bombarder de boules de feu.
Genesis s'enfonça rapidement dans le sommeil, pensant à ce que Fleur lui avait dit sur sa deuxième année d'école. Comment un Zolom de Midgar avait-il donc pu se promener dans une école sans que personne ne s'en rende compte ?
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Genesis cligna des yeux avec incrédulité devant le spectacle qui s'offrait à lui.
Une demi-douzaine d'enfants se trouvait dans la pièce, et s'il se fiait au décor, il s'agissait probablement d'une infirmerie assez vieillotte. Les enfants étaient tous allongés sur un lit, mais Genesis avait du mal à comprendre ce qu'il n'allait pas avec eux. Ils n'avaient pourtant pas l'air blessés. Et pourquoi ils restaient dans ces positions étranges ? Ça devait être tellement inconfortable pour eux ! Il avait presque l'impression d'être dans un mauvais film d'horreur, et il détestait ce genre.
Il remarqua qu'il était assit à côté d'une fille aux cheveux broussailleux, et il se demanda pourquoi elle était si familière, avant de réaliser qu'il s'agissait de l'amie de Fleur, la petite érudite en herbe. Elle était aussi rigide que les autres, et le rouquin réalisa en entendant l'infirmière qu'elle était pétrifiée, mais que la potion à base de… Mandragores ? Était apparemment bientôt prête. Genesis aurait adoré en savoir plus, mais, apparemment, ni Fleur ni son ami roux n'avaient plus de détails.
Il remarqua avant Fleur la feuille de papier serrée dans le poing de la gamine, et l'encouragea silencieusement quand elle se mit à essayer de la dégager, grimaçant à de nombreuses reprises quand il crut qu'elle allait déchirer la page. Finalement, elle parvint à la dégager, et se mit à la lire à mi-voix, au soulagement de Genesis. Il était incapable de lire ce qui était écrit sur la feuille visiblement arrachée à un livre, et ça le rendait fou. Le nom de la bestiole bloqué aussi, mais rien que la description lui donnait des frissons. Un serpent capable de tuer du regard ? On aurait dit une création de Hojo.
Il écouta la discussion avec attention, fronçant tout de même les sourcils. Un monstre pareil qui se baladait dans l'école depuis un millénaire, et personne qui ne remarquait rien ? Même alors qu'il avait tué quelqu'un un demi-siècle plus tôt ? Il avait de sérieux soupçons envers le directeur de l'école. Et les professeurs étaient de vrais incapables, se dit-il avec colère un moment après, en assistant à la discussion dans la salle des professeurs. Surtout le crétin blond. Il comprenait mieux pourquoi Fleur ne l'aimait pas. Plus incompétent que ça… il n'y avait guère que Palmer. Et encore. Même Palmer n'était pas aussi incompétent.
Il ne put empêcher le rire sadique qui lui échappa lorsque les autres professeurs firent en sorte de ne lui laisser aucun autre choix que d'aller affronter la bête lui-même. Même s'il savait, d'après Fleur, qu'il avait essayé de fuir.
Un froncement de sourcil furieux lui échappa devant l'atmosphère funèbre de la tour, quand Fleur et son ami y retournèrent. Surtout de la part des autres rouquins. Par contre, c'était quoi cette connerie de sang pur ? Genesis prit mentalement note de lui en parler un jour, s'il arrivait à trouver comment amener ça dans la discussion sans lui révéler qu'il avait assisté à certains de ses souvenirs de son point de vue.
Genesis leur aurait volontiers fait savoir le fond de sa pensée, cependant, quand ils décidèrent de ressortir pour aller voir leur professeur… qui lui donnait toutes les impressions d'être un couard. Impression qui s'avéra plus que juste devant leur discussion, et il pinça les lèvres. Les excuses de ce lâche lui donnaient envie de lui faire faire connaissance avec Rapière… de très, très près. Et de savoir qu'il effaçait la mémoire des gens pour s'attribuer leurs exploits… il comprenait que Fleur ne l'ait pas supporté. Genesis pouvait au moins être fier du fait que sa célébrité était due presque entièrement à ses propres actions, et qu'il n'était pas un lâche prêt à fuir quand il était confronté au vrai danger comme lui.
Il ne put s'empêcher d'applaudir mentalement Fleur et son ami quand ils désarmèrent l'idiot du village, malgré sa frustration devant le fait qu'il ne pouvait pas comprendre l'incantation. Un fait de magie à la fois admirable et apparemment assez banal pour que des enfants puissent l'apprendre. Il ne put retenir le rire sadique une nouvelle fois, en voyant que les deux enfants avaient décidé de se servir de lui comme d'un bouclier humain. C'était tout ce à quoi il était bon, visiblement.
Le fantôme, par contre, lui donna la chair de Chocobo. Pourquoi… est-ce qu'une âme pouvait refuser de retourner dans la Rivière de la Vie ? Les raisons du spectre, par contre, le firent désespérer. Juste parce que cette fille s'était moquée d'elle, elle était incapable de continuer ? La mention des yeux jaunes, par contre, le surprit et l'inquiéta. Tout comme le fait qu'elle soit apparemment morte en les voyant. Est-ce qu'il s'agissait du fameux serpent capable de tuer d'un regard ?
Il regarda la scène qui suivit avec une certaine perplexité. En quoi le serpent sur le tuyau était important ? Et pourquoi le rouquin disait à Fleur qu'elle avait parlé normalement ? Genesis frissonna en voyant le serpent donner l'impression de bouger à la lueur des torches… avant de rester bouche bée lorsque le lavabo pivota sur lui-même dans une lueur blanche, dévoilant un passage assez grand pour laisser passer un adulte. Il ricana de nouveau devant les actions des deux enfants. L'idée d'utiliser ce lâche comme un canari contre le danger était une revanche bien méritée.
Il gémit de dégoût mentalement, en revanche, devant l'état du tuyau dans lequel ils sautèrent sans hésiter à la suite de l'idiot. Ewww… depuis combien de temps il n'avait pas été nettoyé ? Genesis n'était pas forcément un obsédé du nettoyage, mais certaines choses ne changeaient pas chez la plupart des gens. Et un degré de saleté pareil donnerait envie à n'importe qui de se laver immédiatement après ! Quoique là, ça semblait difficile.
L'odeur était certes horrible, mais il pouvait comprendre qu'ils aient autre chose en tête, et que ce soit le cadet de leurs soucis. Le tunnel était sombre et humide, faisant se demander au rouquin à quelle profondeur ils pouvaient bien être. Loin, en tout cas. Probablement entre deux et trois cent mètres de profondeur peut-être… et certainement loin du château aussi. La faible lueur créée par les baguettes rendait l'atmosphère encore plus angoissante que ce qu'elle était déjà, surtout en déformant leurs ombres. Les bruits étaient également amplifiés, et le bruit d'eau qui gouttait dans un coin accentuait l'atmosphère de film d'horreur… magnifiée par les squelettes d'animaux morts gisant au sol. Genesis commençait vraiment à avoir les jetons avec cette histoire, surtout quand ils tombèrent sur une peau de serpent géant au détour d'une courbe.
La bestiole devait déjà dépasser les vingt mètres quand elle avait muée, facilement, se dit-il en comparant la taille de la mue avec les compagnons de Fleur. Avant d'insulter l'andouille blonde qui avait attaqué le rouquin, s'emparant de sa baguette. Et de vouloir le brûler vif quand il le vit fanfaronner, se vantant qu'il écrirait son prochain best-seller sur la mort d'enfants !
Il ne comprit pas l'incantation utilisé par l'idiot, mais sentit son cœur rater un battement quand la baguette du garçon explosa littéralement entre ses mains, provoquant l'effondrement du tunnel. Heureusement, Fleur avait de bons réflexes, et partit en courant dans la direction opposée à la seconde où elle explosait. Une fois que l'effondrement se fut arrêté, il l'entendit prendre des nouvelles de son ami, et soupirer de soulagement quand ce dernier lui répondit, sonnant secoué mais indemne. Il laissa échapper un rire sadique au cri de douleur de l'idiot, comme si le rouquin lui avait donné un coup de pied dans le tibia pour vérifier qu'il était toujours en vie. Fleur échangea quelques mots avec son ami, décidant de partir devant pendant que lui dégageait l'éboulement. Genesis la sentit hésiter quelques secondes, voulant probablement rester pour attendre son ami, malgré le fait qu'il soit désormais désarmé, avant de partir en avant.
Le rouquin qui contemplait la scène par ses yeux pouvait comprendre son raisonnement. Si la fillette qui avait été enlevée était en danger de mort, chaque seconde perdue réduisait ses chances de survie. Il pouvait imaginer, cependant, son état dans le tunnel, maintenant qu'elle était seule. La porte devant laquelle elle finit par arriver lui arracha un sifflement légèrement admiratif, surtout devant le détail des serpents gravés dessus. Les émeraudes serties à la places de leurs yeux devaient probablement valoir une fortune, se dit-il distraitement, chaque pierre devant faire la taille du poing d'Angeal, facile.
Il aurait parié sa solde que la lueur des yeux d'émeraudes avait vacillé quand Fleur s'était éclaircie la gorge, et si jamais il la rencontrait, il lui adresserait ses félicitations les plus respectueuses devant son courage. Dans un coin de son esprit, il se demanda distraitement s'il ne devrait pas faire changer sa boucle d'oreille pour de l'or, afin de rendre hommage aux couleurs de sa Maison de l'école. Un frisson lui parcourut le dos quand les serpents se séparèrent à son commandement, ouvrant la porte sans un bruit.
La pièce dans laquelle elle entra, tremblant comme une feuille, était encore plus inquiétante que le tunnel dans lequel Fleur était jusque-là. Les colonnes autour desquelles s'enroulaient d'autres serpents se perdaient dans un plafond rendu invisible par la semi-obscurité de la pièce, tout juste éclairée par des torches brûlant d'un feu vert, à sa plus grande perplexité. Comment ces torches pouvaient toujours brûler, si elles dataient d'un millénaire ? Il finit par décider que c'était sans doute grâce à la magie, et surtout que ça n'avait aucun rapport avec sa situation actuelle.
La statue au fond était absolument hideuse, le faisant renifler avec mépris… avant d'étouffer un juron devant la gamine étendue au sol aux pieds de ladite statue. Il lui aurait bien dit deux mots sur le fait de lâcher son arme, mais il savait que Fleur n'était encore qu'une enfant, et une qui n'avait pas été formée à l'art de la guerre. Alors il n'était pas surprenant qu'elle réagisse comme n'importe quel enfant dans ce genre de situations, surtout quand une amie (possiblement?) était allongée inconsciente au sol.
L'adolescent plus âgé qui se manifesta soudain de nulle part le fit sursauter de surprise, avant de froncer les sourcils devant son apparence. Comme s'il le regardait à travers de la vapeur d'eau dans une salle de bain embrumée, ou quelque chose du même genre. Dans tous les cas, son apparition et son allure étaient déjà inquiétantes, mais son discours l'était encore plus. Et surtout… comment pouvait-il en savoir autant sur Fleur ? Les noms bloqués le rendaient à moitié fou de frustration, surtout parce qu'ils le privaient d'une bonne partie du contexte dont il avait besoin pour comprendre totalement la conversation. Et ce qu'il disait au sujet de la gamine inconsciente… Genesis l'aurait volontiers étranglé. Manipuler une enfant ? Se servir d'elle pour commettre des crimes ? Tout ça pour quoi ?
Ses yeux s'étrécirent quand il se mit à discourir sur les parents de Fleur, entre autre choses. Et ce qu'il avait fait… pas juste à ses parents, mais à d'autres personnes. La cruauté gratuite et mauvaise dont il faisait preuve… Il pensait que seuls Hojo et Hollander étaient comme ça… ou, en tout cas, aussi mauvais. Même si, d'après les rumeurs, Hojo était le pire, et de loin. Et la manière dont il se vantait de drainer l'énergie de la rousse… comme si, pour lui, sa vie n'avait aucune importance. Et pourquoi était-il autant obsédé par Fleur ? Pourquoi voulait-il savoir comment elle aurait apparemment vaincu le meurtrier de ses parents ?
Il jura copieusement au fond de son esprit quand l'adolescent écrivit quelque chose en lettres de feu, avant de les réorganiser. Pourquoi est-ce qu'il n'arrivait pas à lire leur écriture, alors même qu'ils parlaient apparemment la même langue ?! Et c'était quoi le problème de ce gamin avec ses parents ? Pourquoi il en avait autant après son père, même s'il aurait apparemment abandonné sa mère avant sa naissance ? Genesis n'aurait pas été surpris d'apprendre qu'il avait assassiné son propre père, honnêtement, ou même ses grands-parents.
Il ne pouvait qu'applaudir le courage et la loyauté de Fleur, cependant, quand elle refusa de courber l'échine devant ce sadique. Le visage repoussant qu'il exhiba à ses mots lui donnèrent un mauvais pressentiment, mais le chant qui s'éleva quelques secondes plus tard le laissèrent sans voix.
Le regard de Fleur s'éleva, cherchant visiblement la source du chant. Le souffle de Genesis se bloqua dans sa gorge en voyant l'oiseau de bonne taille qui surgit de derrière un pilier, tel une gerbe de flammes. De la taille d'un cygne environ, de couleur principalement écarlate avec les rémiges et sa longue queue, semblable à celle d'un paon, de couleur or, l'oiseau lui faisait furieusement penser à Phénix, l'invocation de type feu qui pouvait ressusciter ceux qui étaient morts depuis peu de temps. Était-il apparenté ? Le chant, en tout cas, résonnait dans la poitrine de Fleur, tant il était puissant, et Genesis avait l'impression que ses cheveux se dressaient sur sa tête.
L'oiseau piqua soudainement pour venir se percher sur l'épaule de la fillette, étonnamment léger malgré sa taille, lâchant une boule de chiffons à ses pieds. Le rouquin laissa échapper un sifflement devant la taille du bec doré de l'animal, et ses serres de la même couleur n'étaient pas en reste, remarqua-t-il dans un coin de son esprit. Il grogna lorsque le nom de l'oiseau (phénix?) fut bloqué, frustré. Pourquoi les noms étaient-ils bloqués ? Quel but est-ce que ça servait ?
Il faillit manquer la suite de l'action, prêtant à peine attention à leur échange suivant, mais sortit heureusement de ses pensées à temps. Il aurait volontiers fait un facepalm devant le côté théâtral de l'apparition du serpent… s'il n'avait pas été occupé à ne pas se pisser dessus de trouille quand il put enfin apercevoir le serpent en question. La bestiole était effectivement de la taille d'un Zolom de Midgar… la collerette en moins. Les crocs compensaient largement, cependant, se dit-il en voyant le reptile tenter de s'en prendre au Phénix. Ses mâchoires hérissées de crochets affûtés comme des lames de rasoirs ne faisaient que frôler l'oiseau, qui plongea brusquement. Le sifflement de douleur du serpent lui apprit que le Phénix avait réussi à blesser son adversaire, ce qui fut prouvé un instant plus tard quand il se tourna en direction de Fleur.
Les orbites ensanglantées le firent presque grimacer de sympathie pour l'animal… s'il n'avait pas été en train de tenter de tuer son amie. Car oui, il avait fini par considérer Fleur comme une amie. Caustique, amère et méfiante, mais une amie loyale malgré tout. Et la voir lutter ainsi pour sa vie… Genesis aurait eut deux mots à dire au directeur de son école. Comment ça se faisait que des enfants se retrouvaient ainsi en danger TOUTES les putains d'années ?!
Elle parvint à esquiver la queue du serpent, plongeant derrière un pilier quand il plongea dans sa direction, aveuglé mais toujours mortel. L'oiseau continuait à chanter, le son à la fois angoissant et encourageant. Genesis le voyait continuer à essayer de distraire le monstre, voletant autour de sa tête et lui donnant des coups de becs par moment.
Fleur venait juste d'esquiver un nouveau coup de queue du serpent quand elle prit une boule de tissu dans la figue, et le rouquin réalisa qu'il s'agissait de l'espèce de chapeau de sorcière que le Phénix lui avait apporté un peu plus tôt. Il la regarda s'en emparer avec un certain étonnement, et encore plus quand elle se l'enfonça sur la tête, suppliant quelqu'un de l'aider. Mais rien à voir avec la surprise qu'il éprouva quand le chapeau se contracta, comme si une main géante l'avait serré, laissant tomber quelque chose de lourd sur la tête de Fleur, manquant l'assommer. Il la sentit arracher le chapeau, probablement sonnée, et cligna des yeux, incrédule, en voyant dépasser le pommeau d'une épée de l'ouverture du chapeau.
Elle s'en empara sans hésiter une seconde, et Genesis ne put retenir une grimace devant la façon dont elle tenait l'arme. Son côté perfectionniste avait envie de hurler devant la médiocrité avec laquelle elle la maniait, tandis que le côté réaliste était assez impressionné devant le fait qu'elle ne se débrouillait pas si mal pour quelqu'un n'ayant jamais touché à une épée auparavant. Et son courage en face du serpent géant… Genesis ne pouvait que la respecter. Elle savait clairement que ses chances de victoires étaient presque infimes, et pourtant… elle était prête à se battre.
Il ne put retenir le cri horrifié, cependant, quand le serpent fonça droit dans sa direction, seul le fait de savoir que Fleur avait survécu le retenant de paniquer. Il eut une très bonne vue de la gueule emplie emplie de dents fines et tranchantes comme des sabres du serpent, ainsi que des bras maigrichons de Fleur qui tenait l'épée, beaucoup trop tape-à-l'œil et de mauvais goût pour lui. Oh, elle avait une certaine élégance, certes, mais… vraiment pas à son goût. Rapière était bien, bien mieux de son point de vue.
Fleur parvint à l'esquiver une première fois, la tête du serpent aveugle venant cogner le mur avec un sifflement de frustration. Elle esquiva une seconde fois, la langue fourchue du reptile la cinglant au passage, comme un fouet humide. Elle s'empara alors de l'épée, la tenant fermement à deux mains au-dessus de sa tête. Le serpent attaqua une nouvelle fois… et visa juste ce coup-ci. Genesis sentit Fleur enfoncer l'épée de toutes ses forces dans le palais du serpent, transperçant son cerveau au passage… la sensation accompagnée d'une fontaine de sang et d'une douleur fulgurante, juste au-dessus du coude. Un des longs crochets venimeux était enfoncé profondément dans sa chair et se cassa net lorsque le serpent vacilla et tomba sur le côté, le corps agité de convulsions.
Genesis vit Fleur s'effondrer contre le mur, la contemplant arracher le crochet venimeux de son bras, provoquant une gerbe de sang. Mais il pouvait sentir qu'il était déjà trop tard pour ça, une douleur brûlante se répandant dans le corps de la pauvre enfant. Elle laissa tomber le crochet au sol, son regard continuant à fixer la tâche de sang qu'il pouvait vaguement voir s'étendre sur sa robe. Sa vision, déjà médiocre, se dégrada encore plus, la caverne se brouillant de plus en plus. Un bruissement d'ailes attira son attention, et il la sentit lever la tête avec effort, ses yeux tombant sur le Phénix, qui avait plus ou moins l'aspect d'une grosse tâche rouge à cet instant.
Genesis aurait aimé avoir une Matéria avec Esuna sur lui à cet instant, même en sachant que cet événement s'était passé un an auparavant. L'entendre sonner si faible quand elle remercia le Phénix… le rendait fou. Il regarda l'oiseau poser sa tête sur sa plaie, les grosses larmes gris perles tombant des yeux, roulant sur les plumes écarlates luisantes avant de toucher la blessure. Genesis avait déjà perdu la vie une ou deux fois lors de la guerre de Wutaï, et n'avait dû sa survie qu'à sa Matéria Ranimer. L'expérience n'en avait pas été agréable pour autant, même si son obsession avec les orbes cristallins le poussait à les amener au rang Maître dès que possible. Mais voir Fleur mourir ? Alors qu'elle était si jeune ? Matéria Ranimer ou pas… ça restait horrible.
Le rouquin n'avait guère prêté attention aux propos de l'ennemi de Fleur, trop inquiet pour elle… jusqu'à ce qu'il réalise que cette dernière allait mieux, et qu'il fasse fuir l'oiseau avec colère. Genesis ressentit un immense soulagement en apprenant que son intuition était juste, et que l'oiseau écarlate était bien un Phénix. Il avait entendu les légendes au sujet de ces majestueuses créatures mythiques, et pas seulement au sujet de l'invocation du même nom. La plaie était maintenant recouverte d'une fine couche brillante… enfin, l'emplacement où c'était trouvé la plaie jusqu'à maintenant. Il pouvait voir la cicatrice qui s'y trouvait désormais, mais la blessure en elle-même s'était refermée.
Soudain, un bruissement d'ailes s'éleva juste au-dessus de Fleur… avant qu'un petit journal ne tombe sur ses genoux. Genesis remarqua la manière dont les yeux du garçon plus âgé s'écarquillèrent dans un mélange de choc et de panique… juste avant que Fleur ne s'empare du crochet qui avait transpercé son bras et ne l'enfonce dans le journal d'un mouvement sec, sans hésiter une seconde, à son plus grand étonnement. Il y eut un long hurlement perçant, un hurlement terrifiant. Un flot d'encre jaillit du livre à gros bouillons et ruissela sur les mains de Fleur, surprenant le rouquin. L'adolescent se tordait à présent sur le sol, agitant vainement les bras, criant de toutes ses dernières forces. Et soudain…
Il avait disparu. La baguette magique de Fleur tomba sur le sol, puis ce fut le silence. On n'entendait plus que le bruit faible et régulier de l'encre qui continuait de couler goutte à goutte du journal. Le venin du serpent géant avait fait un trou dans le petit livre noir, brûlant les pages de part en part. Apparemment, le venin du serpent était encore plus puissant que ce qu'il pensait, réalisa Genesis. Et c'était rien de le dire.
Tremblant de tout son corps, Fleur se releva. Son premier réflexe fut d'empocher les objets proches d'elle, à savoir sa baguette, le crochet qu'elle avait toujours en main, et le petit livre noir. Puis récupérer l'épée utilisée pour avoir tué le serpent, bien sûr. Le suivant fut de s'approcher de la fillette qui devait plus ou moins avoir son âge, et Genesis espérait qu'elle était encore en vie.
Heureusement, c'était le cas, la rouquine remuant alors qu'elle approchait. Fondant en larme dès qu'elle fut assez cohérente. Babillant sur ce qu'elle avait fait, et craignant d'être expulsée de l'école. Fleur fit de son mieux pour la calmer, mais il pouvait voir qu'elle était elle-même épuisée, et ne désirait qu'une seule chose, dormir. Longtemps, si possible. Finalement, elle se calma assez pour que Fleur l'aide à se remettre debout et faire demi-tour, quittant la pièce absolument flippante du point de vue du Commandant Écarlate et laissant le fameux cadavre du serpent géant dont elle lui avait parlé lors de leur première conversation.
Le Phénix les attendait à l'entrée de la caverne, ajoutant la lumière qu'il produisait à celle de la baguette de Fleur, et les accompagna dans le tunnel, sa présence rassurante et réconfortante. Finalement, les deux filles arrivèrent à l'éboulis, et Fleur appela son ami, assurant que sa sœur (du moins, il supposait que c'était sa sœur, ils se ressemblaient assez comme ça pour confirmer la suspicion de relation familiale) était en vie et qu'elle allait bien. Le cri de soulagement du garçon confirma ses soupçons, surtout quand son visage soulagé apparut dans l'ouverture qu'il avait creusé dans l'éboulement. Il tendit les bras et aida sa sœur à passer, tentant de l'étreindre ensuite, visiblement heureux qu'elle soit toujours en vie.
Cette dernière le repoussa cependant, sanglotant violemment, et Genesis pouvait comprendre pourquoi. Elle venait de vivre une expérience particulièrement traumatisante, et il espérait qu'elle avait reçu une aide psychologique. Vraiment. Il hurla mentalement de rire, cependant, en réalisant que l'idiot qui gagnait sa vie en s'appropriant les exploits des autres après leur avoir effacé la mémoire… était désormais une loque amnésique qui avait eut beaucoup de chance de se rappeler des choses nécessaires pour vivre… comme respirer par exemple.
Genesis continua à ricaner devant ce retour de karma, ayant bien besoin de rire après les événements stressants qui venaient de se produire, tandis que les trois enfants et l'adulte inutile refaisaient le chemin inverse jusqu'à atteindre l'espèce de toboggan gluant qu'ils avaient dévalés à l'aller. Après avoir discuté pendant quelques instants de la manière dont ils allaient pouvoir sortir, Fleur remarqua que le Phénix voletait devant eux, agitant les plumes de sa queue, comme pour les inciter à s'y agripper. Elle prit les choses en main, les faisant s'accrocher les uns aux autres avant de s'emparer des longues plumes dorées.
Genesis resta sans voix comme le Phénix prenait son envol, les emportant dans le tuyau puant jusqu'à arriver finalement dans la salle de bains par laquelle ils étaient entrés. Il eut tout juste le temps de voir le lavabo se remettre en place avant que le rêve ne se termine, à sa plus grande frustration.
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Genesis se redressa brusquement dans le lit, tel un diable sortant de sa boîte, haletant et couvert de sueur froide. Il mit plusieurs secondes avant de réaliser qu'il était réveillé, et se passa la main sur la figure, laissant échapper un soupir tremblant. Il pensait savoir un certain nombre de choses sur Fleur, entre ce qu'elle lui avait dit et ce qu'il avait put voir par lui-même dans ses rêves/souvenirs… mais là, ça dépassait tout. Et appeler cet épisode qu'il venait de visionner « un petit problème de serpent »… revenait à appeler un Béhémoth un gros chien. Un euphémisme tellement disproportionné qu'il en devenait ridicule, surtout considérant le danger qu'il représentait.
Un regard à son réveil lui arracha un grognement. Trop tôt pour se lever, mais trop tard pour arriver à se rendormir avant que le réveil ne sonne. Murmurant avec agacement, il se leva tout de même. Les images qui dansaient dans son esprit le rendaient trop nerveux pour vouloir paresser au lit, comme il le faisait généralement quand ça lui arrivait. Son regard tomba sur son bureau et le dessin qui se trouvait encore dessus, et il sut ce qu'il allait faire en attendant qu'il soit l'heure d'aller prendre le petit déjeuner.
Une fois lavé et habillé (minus son manteau iconique), il s'assit à son bureau, sortant son matériel de dessin. Sélectionnant un crayon après avoir consulté son éventail de choix, il commença doucement à croquer le serpent, le pire. De ce qu'il pouvait évaluer de la taille de Fleur par rapport à lui-même, et considérant la différence entre eux, surtout en comptant le fait qu'elle était plus jeune à l'époque… il évaluait la taille du serpent à tout juste dix mètres de moins que celle d'un Midgar de Zolom adolescent. Soit une bonne trentaine de mètres de long. Largement assez grand pour avaler tout rond une enfant de douze ans. Et ces crochets… Genesis frissonna en les dessinant. Chacun d'eux faisait largement la longueur du bras de Fleur, du bout des doigts à l'épaule. Et les yeux… il était soulagé de ne pas savoir à quoi ils ressemblaient, d'un certain côté. Le côté « tue d'un regard » ajouté au côté terrifiant de l'animal… même si la partie sur le chant du coq qui serait mortel lui paraissait plus relever du folklore qu'autre chose.
Après avoir fini le sketch basique du serpent, Genesis se sentait déjà un peu mieux, ayant couché une partie de l'horreur à laquelle il avait assisté sur le papier. Il aurait aimé pouvoir faire le Phénix aussi, mais un coup d'œil sur l'heure lui apprit qu'il n'avait pas le temps. Grognant avec frustration, il termina de dégrossir le dessin, ajoutant quelques détails, avant de le placer dans le carton à dessins réservé aux inachevés.
Il rejoignit ensuite la cuisine, où il rencontra un Sephiroth déjà debout… un dossier à côté de lui. Le rouquin frissonna devant le spectacle. Il éprouvait de la compassion envers l'argenté, dont la masse de travail le forçait à en ramener à l'appartement pour y travailler tôt le matin, voire tard le soir parfois, quand il ne pouvait pas rester dans son bureau principal. Rien que pour ça, Genesis ne voulait pas son poste. Brièvement, il se demanda comment Sephiroth faisait pour tenir le coup. À sa place, Genesis aurait déjà craqué depuis longtemps, et son ami avait toute sa compassion.
Le reste de la journée… fut honnêtement assez éprouvant de son point de vue. Heureusement, Angeal fut le seul à noter qu'il ne se comportait pas tout à fait comme d'habitude, terrorisant sincèrement des cadets (plus ou moins) innocents au lieu de ceux qui poussaient vraiment les choses trop loin. Il s'était calmé lorsque son ami d'enfance lui avait fait la remarque… avant de recommencer quelques minutes plus tard lorsqu'il était partit s'occuper du Chiot. Sérieusement… il ne pouvait pas rester avec moi ? Se demanda Genesis, incapable de retenir un accès de jalousie. Les cadet du moments furent encore plus durablement traumatisés que la moyenne, mais il n'arrivait pas à se convaincre de s'en faire à leur sujet. Et honnêtement, comme le disaient certains instructeurs, s'ils n'étaient pas traumatisés, alors c'était qu'ils n'avaient rien apprit.
Genesis laissa échapper un soupir de soulagement en rentrant enfin à l'appartement. Il avait beau être sociable… il y avait des jours où sa tolérance était extrêmement basse, et où un rien suffisait à le faire exploser. Et lorsqu'Angeal n'était pas là pour jouer les tampons… ça finissait mal généralement. C'était presque un miracle qu'aucun cadet n'ait finit à l'infirmerie cette fois-ci. Mais quoi qu'on puisse dire sur lui… il avait tout de même assez de contrôle pour ne pas balancer des boules de feu sur un cadet n'ayant pas reçu d'améliorations… même si ce n'était pas l'envie qui le démangeait, parfois.
Soupirant, il retira son manteau en entrant dans sa chambre. Il avait besoin de se détendre… et le sexe ne ferait pas l'affaire pour le moment, pas tant qu'il ne se serait pas un peu calmé d'abord. Et surtout… le Chiot était encore là. Tant qu'il ne serait pas couché, Genesis n'avait pas l'intention d'aller voir Angeal pour s'occuper de sa frustration. Cependant… il avait un dessin inachevé qu'il voulait terminer, et un autre qu'il voulait commencer avant d'oublier la majesté de l'oiseau.
Le Mage Écarlate se perdit rapidement dans les gestes nécessaires pour dessiner, son esprit se détendant malgré le sujet assez terrifiant qu'il couchait sur le papier. Finalement, Genesis reposa le pinceau qu'il avait utilisé pour encrer le dessin du serpent, fronçant les sourcils en jetant un œil sur les couleurs qu'il avait sorties de la mallette à dessin. Malheureusement, la luminosité dans le rêve (couplé à la mauvaise vue apparente de Fleur) faisait qu'il n'était pas certain de la couleur exacte des écailles du reptile. Il était à peu près certain qu'elles étaient de couleur verte, cependant, surtout à cause de la mue que l'adolescente avait rencontrée dans le tunnel. La bestiole elle-même il en était moins certain, surtout à cause de la lumière qu'il y avait dans la caverne où elle l'avait affrontée. Les yeux, impossible de savoir leur apparence avec certitude, étant donné que les regarder menait apparemment à une mort immédiate. Cependant, d'après le fantôme, ils seraient dorés.
Haussant les épaules, il commença à préparer les couleurs. Il dû recommencer plusieurs fois, rendant le vert plus ou moins foncé, avant de se décider sur une nuance de vert émeraude. La couleur des yeux fut plus rapide, étant un simple doré, et il prit plus de temps à se décider sur la forme des pupilles. Rondes ou fendues comme celles de Sephiroth ? Il finit par se décider pour fendues, surtout à cause du fait qu'il était venimeux (et apparemment violent). Il peignit délicatement le serpent, prenant soin de souligner chaque nuance qu'il avait deviné dans les écailles, même s'il n'avait pas pu clairement les voir, guidé par un instinct qu'il ignorait.
Finalement, il se redressa après un dernier coup de pinceau, contemplant le dessin avec satisfaction. Une ou deux zones nécessitaient peut-être qu'il y repasse, mais pour le moment il allait le laisser sécher.
Rangeant la peinture pour l'instant afin de gagner de la place, il sortit une feuille vierge et se mit à crayonner. Chaque trait du crayon faisait se détendre les muscles de ses épaules, sans qu'il sache trop pourquoi, la tension lui donnant l'impression d'être drainée hors de son corps. Délicatement, il esquissa les plumes de l'oiseau écarlate et or, totalement indifférent au monde extérieur. Il ne prêta même pas attention à Angeal qui l'appelait pour manger, ou qui pointait sa tête dans l'entrebâillement de la porte pour vérifier s'il était là. Le brun secoua la tête devant le spectacle en se retirant, notant de laisser quelque chose pour Genesis quand il aurait fini.
L'attention du rouquin était complètement sur ce qu'il dessinait, chaque plume une merveille de détails. Lorsqu'il eut fini le sketch préliminaire, Genesis l'étudia avec attention pour être sûr qu'il ne manquait rien. Il ressortit ensuite les peintures, soulagé que les couleurs soient plutôt unies, sans trop de nuances problématiques. Sa langue pointant dans un coin de sa bouche, il commença délicatement à peindre le corps, d'un rouge profond, gardant les parties dorées pour plus tard.
Avec précaution, il passa de l'encre sur certains traits pour les accentuer, et colorant les yeux en noir. Ensuite, il s'occupa des plumes dorées, penchant la tête sous l'effet de la concentration en peignant les plumes de la queue. Elles étaient vraiment longues, presque autant que le reste du corps. Peut-être même plus, se dit-il en comparant avec un œil critique.
Finalement, Genesis reposa son pinceau, et se replaça contre le dossier de sa chaise, contemplant son dessin avec une certaine satisfaction. Il trouvait qu'il avait été plutôt fidèle dans sa reproduction du Phénix en plein vol, parvenant à capturer sa majesté sur sa feuille. Quelque chose le chiffonnait vaguement, cependant. Pas de manière désagréable, pas vraiment. Mais il ne comprenait pas réellement pourquoi il ressentait une telle… attraction envers cet oiseau mythique. Pourquoi il avait une telle importance dans son esprit.
Son train de pensées fut brutalement coupé lorsque son estomac gargouilla bruyamment, le surprenant. Levant la tête, il réalisa avec une certaine surprise que la nuit était tombée… et que la lumière était allumée, alors qu'il ne se rappelait même pas s'être levé pour actionner l'interrupteur. Soupçonnant que Angeal avait dû passer au moment du dîner pour voir pourquoi il ne venait pas, Genesis se leva, faisant craquer ses articulations avec une grimace. Rester ainsi penché sur une feuille pendant si longtemps n'était pas vraiment bon pour son dos, se dit-il tout en se dirigeant silencieusement vers la cuisine. Angeal et Zack devaient être couchés depuis longtemps, il le savait au vu de l'heure. Et lui aussi aurait dû se coucher il y a un bon moment, se dit-il avec une grimace, sortant les sandwichs que son ami lui avait laissé. Il aurait vraiment préféré quelque chose de chaud, mais le bruit du micro-ondes réveillerait Sephiroth, qui venait certainement juste de se coucher, se dit-il tout en contemplant la vaisselle en train de sécher sur l'égouttoir.
Avec un soupir silencieux, il mangea rapidement, nettoyant l'assiette au passage. Genesis se prépara rapidement pour aller se coucher, comptant les jours dans sa tête, et réalisant que cette nuit faisait partie de celles où il parlerait avec Fleur. Et s'il ne se trompait pas, c'était le soir où, justement, le soit-disant juge impartial allait choisir les champions dans ce foutu tournoi.
Il gronda avec colère en pensant à ça. Quel idiot tentait de faire revivre un tournoi mortel où des enfants étaient déjà morts ? On n'était plus au temps des gladiateurs ! Grommelant à mi-voix avec contrariété, il se tourna sur le côté, tentant de s'endormir. Si seulement il pouvait protéger Fleur…
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Genesis fronça les sourcils devant l'atmosphère du rêve. Sombre et venteuse, presque orageuse, elle s'accordait parfaitement à l'état d'esprit de Fleur, de ce qu'il pouvait sentir. Elle était appuyée contre son dos, à la fois tendue et les épaules affaissées, comme si elle était désabusée. Et ça le mettait en colère.
–Ça va ? Demanda-t-il quand même.
–Non, grogna-t-elle en réponse. Ma vie pue la merde.
Il renifla avec une certaine ironie.
–Les choses ne se sont pas passées comme tu le souhaitais, pas vrai ?
Elle laissa échapper un rire amer.
–Et l'océan est humide. T'as d'autres euphémismes débiles du même genre ? Demanda-t-elle, quelque peu agressive.
Genesis ne fit aucun commentaire sur son ton, cependant, comprenant en partie pourquoi elle était ainsi. Se faire entrer contre son gré dans un tournoi mortel avait de quoi stresser la personne la plus calme… et Fleur avait déjà une vie assez stressante comme ça. De plus, elle avait une nature étonnamment douce le reste du temps, malgré l'amertume qu'elle éprouvait. Elle soupira à cet instant, sonnant soudain lasse et usée.
–Je suis désolée, dit-elle, son ton épuisé. Je sais que je ne devrais pas m'en prendre à toi. C'est juste que…
–Tu as eut une soirée horrible, n'est-ce pas ? Demanda-t-il gentiment.
Il la sentit hocher la tête dans son dos, et lever le bras, sans doute pour se frotter les yeux. Vraiment, il aurait aimé l'étreindre dans ses bras pour la réconforter. Finalement, après quelques semaines, il était parvenu à la convaincre de l'appeler autre chose que « Mr Pommes et Fumée » ou « Mr Tarte aux Pommes » (même si elle avait blagué en disant qu'il était vraiment tarte parfois). Un nom en rapport avec le feu ou l'incendie lui convenait bien mieux, franchement, peu importe qu'il s'agisse des odeurs qu'elle sentait dans le rêve. Il fut tiré de ses réflexions par son soupir las.
–Je déteste cette date. Comme je m'y attendais, j'ai été choisie pour être la quatrième « championne », répondit-elle avec amertume. Bien sûr, tout le monde était persuadé que je voulais encore plus de gloire et de célébrité. Comme si j'étais pas assez célèbre avec l'assassinat de mes parents ! Déclara-t-elle en levant les bras au ciel, furieuse et amère.
Il secoua la tête avec chagrin, son esprit dérivant brièvement en direction de Sephiroth. Pourquoi est-ce qu'il voyait des parallèles entre eux ? Se demanda-t-il, fronçant les sourcils, avant de se forcer à se concentrer de nouveau sur la présence dans son dos. À la fois si petite et fragile… mais avec une volonté d'acier, refusant de céder. Parfois, avait-il vu, elle pliait, mais jamais elle ne cédait.
–Et le serment ? Demanda Genesis, se rappelant de ce qu'elle avait dit la dernière fois.
Elle soupira, se laissant aller dans son dos.
–J'ai pu jurer que je n'avais pas moi-même entré mon nom dans cette foutue Coupe, mais… le vieux schnock qui dirige mon école a tenté de m'arrêter. Heureusement, j'ai pu finir. Et les gens ont eut l'air de me croire. Par précaution, j'ai quand même juré devant les vrais champions et leurs directeurs aussi.
Il hocha la tête, légèrement satisfait. C'était déjà ça.
–Et maintenant ? Demanda-t-il. Qu'est-ce que tu vas faire, Fleur ?
Genesis la sentit appuyer sa tête contre son dos, lui donnant l'impression de regarder le ciel gris.
–M'entraîner à faire face à un dragon, grommela-t-elle.
–Pardon ? Questionna le rouquin sur un ton incrédule, se demandant s'il avait bien entendu. Tu es en train de me dire que tu vas devoir faire face à quoi ?!
Il la sentit ricaner, mi-amusée mi-amère.
–Un putain de dragon, oui. Tu as bien entendu, Kasai.
Honnêtement, il ne savait pas s'il devait se mettre en colère ou désespérer devant tant de stupidité. Sérieusement, les gens de chez elle étaient complètement débiles ou juste cruels ?! On avait passé l'époque des gladiateurs faisant face à des monstres avec juste une arme ou une Matéria depuis longtemps ! La diatribe furieuse qui lui échappa fit rire Fleur, surtout devant l'inventivité avec laquelle il les invectiva. Secrètement, il était content de l'entendre rire ainsi, plus amusée qu'amère, ce qui fut la raison pour laquelle il la poursuivit plus longtemps qu'il ne l'aurait fait, usant de toute son créativité pour lui remonter le moral.
Finalement, il tomba à court de vapeur, et se tut. Le silence s'étira, mais il était cette fois plus amical que malaisant. Il la sentit soupirer après un moment, avant qu'elle ne lui adresse la parole.
–Je suppose que tu n'as pas une idée pour m'aider à m'en sortir ? Demanda-t-elle sur un ton las, sonnant bien plus vieille que les quatorze ans qu'elle était supposée avoir. Parce que le seul plan que je puisse mettre en œuvre implique d'utiliser mon balai pour essayer de convaincre la dragonne de se soulever assez longtemps sur ses pattes arrières pour lui piquer l'œuf d'or placé au milieu de sa couvée. Et aussi spectaculaire que ce soit, je ne suis pas assez tarée pour essayer de défier un superprédateur dans son domaine de prédilection, à savoir le ciel.
Ses propos le laissèrent brièvement sans voix, choqué par la stupidité pure des sorciers, avant qu'il ne se remette à fulminer envers eux. Sa diatribe dura encore plus longtemps que la précédente, en grande partie parce qu'il était réellement fou de rage devant ces abrutis. Et cette fois, il n'y eut pas de comédie pour le faire continuer, il était sincèrement furieux contre les abrutis ayant organisé ça. Des mères en train de couver ? Mais même le Chiot n'était pas assez stupide pour aller les déranger ! N'importe quel idiot sur Gaïa savait qu'une dragonne en train de couver son nid était la chose la plus dangereuse au monde !
Fleur resta silencieuse, attendant patiemment qu'il ait finit, ricanant de temps à autres à une insulte particulièrement bien tournée, jusqu'à ce qu'il arrive à se calmer. Sérieusement, s'il n'avait pas craint de mettre le feu à sa chambre dans son sommeil, il aurait volontiers balancé des boules de feu dans toutes les directions. Histoire de se passer les nerfs sur quelque chose.
Il prit mentalement note d'aller se défouler dans une salle de Réalité Virtuelle à son réveil, et surtout de la régler sur le niveau de simulation maximum. Il avait bien besoin de se défouler sur quelque chose… et carboniser des Béhémoths sonnait très attirant à cet instant.
Au bout d'un moment, il parvint à retrouver son calme, bien que difficilement. Une idée lui traversa l'esprit, allumant l'ampoule proverbiale dans son esprit. Pourquoi ne lui apprendrait-il pas sa méthode préférée pour s'occuper des emmerdeurs ?
–Fleur, qu'est-ce que tu dirais d'apprendre ma méthode préférée pour s'occuper des gens qui te font chier ? Demanda Genesis, un sourire mauvais étirant ses lèvres.
Il sentit l'adolescente pencher la tête sur le côté, visiblement intriguée.
–Ça marche aussi avec les dragons ? Demanda-t-elle, son ton curieux et intéressé.
–Ooooooh oui, répondit-il sans chercher à cacher le sadisme dans sa voix.
–Dans ce cas, je suis toute ouïe, répondit-elle, son ton reflétant le sien.
En réponse, Genesis créa une boule de feu, la faisant flotter en cercles autour d'eux. Le « ooooooooh » à la fois admiratif et émerveillé de Fleur lui fit sincèrement plaisir, surtout quand elle reprit la parole :
–Okay, je veux savoir faire ça. Ça marche aussi sur les vieux boucs ou les furets albinos ?
Genesis ricana doucement, et ô combien ceux qui le connaissaient auraient été terrifiés de savoir qu'il avait contaminé quelqu'un avec sa pyromanie. Son sourire était assoiffé de sang quand il lui répondit :
–Bien sûr, c'est très utile pour dissuader les personnes non voulues de te déranger. Personnellement, j'aime beaucoup appeler ce petit jeu « éviter les boules de feu », et il fait des merveilles pour apprendre à esquiver aux cadets. En plus, grâce à ça, les gens ne viennent pas t'emmerder à moins que ça ne soit vraiment important.
–Comment tu fais ? Demanda-t-elle d'un air fasciné alors même qu'il arrêtait la boule de feu devant elle d'une pensée.
–Hé bien… il faut que tu fasse… « couler », dirais-je, ta magie jusque dans ta paume, commença-t-il à expliquer.
Genesis passa le reste du rêve à lui apprendre comment faire des boules de feu, très amusé à l'idée de la voir lancer des sphères enflammées sur ceux qui l'ennuyaient. Il espérait pouvoir assister à ça dans un de ses futurs rêves/souvenirs. Ça le ferait bien rire… tant que ce n'était pas face au dragon.
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oOo
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Genesis ouvrit un œil lorsque son réveil sonna, suprêmement agacé. Sérieusement… pourquoi fallait-il qu'il soit réglé sur une sonnerie aussi stridente ? Se demanda-t-il avec agacement, coupant le réveil. Ça lui vrillait les oreilles à chaque fois !
Agacé, il se leva et s'habilla rapidement. Au moins, aujourd'hui, il n'avait pas à prendre une douche pour enlever la couche de sueur froide. Il pinça les lèvres avec colère en repensant à ça. La pauvre Fleur… avait bien faillit mourir cette fois-là. Et d'après ce qu'il avait compris, ce n'était pas la première fois que ça arrivait… et ça ne serait certainement pas la dernière, vu ce qu'il allait se passer cette année, se dit-il en se passant la main dans les cheveux avec frustration.
Incapable de rester en place, il se mit à marcher de long en large dans sa chambre, incapable de rester assit plus de quelques secondes. Un regard sur sa table à dessin le fit secouer la tête avec colère. Dessiner l'apaisait généralement… mais pas aujourd'hui. L'idée qu'une enfant de même pas quinze ans soit forcée de faire face à un dragon en train de couver lui donnait envie de s'arracher les cheveux. Qui était assez fou et cruel pour faire ça ? Même si, d'après elle, les autres participants étaient tous majeurs selon les lois de leur pays… c'était un meurtre programmé. Rien d'autre à dire sur ce point.
Genesis pouvait remercier le fait qu'il n'y ait pas de mission programmée aujourd'hui, il aurait été incapable de se concentrer. À bouts de nerfs, il décida d'employer les grands moyens, et quitta l'appartement, luttant contre l'envie de claquer la porte, ne voulant pas réveiller Angeal. Avançant à grands pas, il ignora les employés qui s'écartaient précipitamment de son chemin, le fixant avec inquiétude devant son expression frustrée. Tous savaient que lorsque Genesis était de mauvaise humeur, il fallait éviter de lui parler et surtout de bloquer son chemin. Les nouveaux employés étaient avertis au sujet de son mauvais caractère dès l'embauche, surtout si leur poste pouvait les amener à le côtoyer. Et s'ils choisissaient d'ignorer les avertissements… ma foi, ça faisait toujours un poste à pourvoir.
Entrant dans la salle de Réalité Virtuelle, il claqua la porte derrière lui, approchant du terminal et martelant les touches à la recherche de la simulation qu'il voulait. Lançant celle-ci, il regarda apparaître un Béhémoth Roi avec un sombre plaisir. La bête d'un brun doré poussa un rugissement de défi, s'apprêtant à attaquer, et le rouquin leva son épée, prêt au combat.
Si quelqu'un avait assisté à la scène à cet instant précis, il aurait éprouvé de la pitié pour la bête, malgré le fait que celle-ci ne soit qu'un amas de pixels particulièrement réaliste. Genesis… ne fit preuve d'aucune pitié, attaquant encore et encore avec autant son épée que la magie, jusqu'à ce que, finalement, la fatigue et la faim ne le forcent à arrêter.
Respirant de manière un peu forcée, la sueur coulant sur son front, le roux désactiva la simulation à contrecœur, sachant qu'il avait besoin de manger… et d'une bonne douche. Rentrant à l'appartement, il se dirigea directement dans sa chambre, se déshabillant presque furieusement avant d'entrer dans la douche. Laissant couler l'eau sur son corps, il s'appuya contre le mur, fermant les yeux et essayant de retrouver son calme. L'idée que Fleur soit en danger… le rendait fou pour être honnête. Surtout à cause du fait qu'il était impuissant, incapable de faire quoi que ce soit pour l'aider. Genesis lutta contre l'envie de cogner le mur de sa salle de bain, ne réalisant même pas que des larmes de frustration coulaient sur ses joues, emportées par l'eau avant qu'il ne s'en rende compte.
Il finit par reprendre le contrôle de ses émotions au bout d'un moment, et termina de se laver rapidement, plus ou moins calmé. Sortant de sa douche, il jeta rapidement ses affaires au sale, sortant de quoi s'habiller. Une fois décent, il se dirigea vers la cuisine, sachant qu'Angeal était là, et qu'il s'occupait des repas.
Entrant dans la pièce, il salua brièvement Sephiroth, qui avait l'air à bout de nerfs, étrangement. Genesis n'arrivait à le voir que parce qu'il commençait à bien le connaître… et il avait l'impression que l'argenté… baissait sa garde avec eux, faute d'un autre mot. Montrant ses émotions plus clairement qu'avec n'importe qui d'autre.
Le rouquin fut tiré de ses considérations par un dépliant sur la table, et il s'en empara avec un mélange de choc et d'avidité en voyant Loveless inscrit en haut. Le parcourant rapidement, il réalisa qu'il s'agissait d'une publicité pour une nouvelle adaptation de Loveless… dont la première se déroulerait l'après-midi même. Genesis eut toutes les peines du monde à attendre qu'ils aient finis de manger, et traîna littéralement Angeal et Sephiroth avec lui pour assister à la représentation.
L'argenté protesta furieusement, disant qu'il avait beaucoup trop de travail pour s'absenter comme ça, mais le roux fit la sourde oreille, ne le lâchant que lorsqu'ils furent arrivés devant le théâtre. Il informa ensuite Sephiroth, sans le moindre remords, qu'il fallait qu'il apprenne à lâcher prise avec son travail. Le concerné était à deux doigts de l'étrangler lorsque Genesis se détourna et se dirigea vers le guichet, ignorant les gens autour de lui, lesquels s'écartaient respectueusement du Mage Écarlate, connaissant à la fois son caractère flamboyant et son amour pour Loveless.
Sephiroth avait juste envie de s'arracher les cheveux devant sa situation. Pour une fois qu'il avait décidé qu'il voulait profiter de la cuisine d'Angeal au lieu de la cafétéria ou des plats à emporter, il fallait que le rouquin décide d'en profiter pour le kidnapper. Et l'amène assister à une pièce de théâtre, alors qu'il n'avait pas du tout le temps pour ça ! La main du brun se posa sur son épaule, le surprenant. Croisant le regard du gentil géant, il remarqua son expression compatissante.
–Genesis n'est pas réellement de bonne humeur aujourd'hui, dit-il gentiment. Et puis quand il a une idée en tête… difficile de le faire changer d'avis. De plus… je pense que partager sa passion avec toi lui fera plaisir et l'aidera à se calmer.
Sephiroth laissa échapper un long et lourd soupir.
–Très bien, mais je peux t'assurer qu'il m'aidera à m'occuper de la paperasse qui s'est accumulé sur mon bureau pendant mon absence, grommela-t-il. De gré ou de force.
Angeal gloussa doucement, amusé.
–Ne t'inquiète pas, j'y veillerais.
L'argenté se frotta la main sur le visage, fatigué et exaspéré. Pour être honnête… le fait de faire une pause dans la paperasse était bienvenue, surtout qu'il sentait qu'il risquait de craquer si une seule autre requête stupide atterrissait sur son bureau. Ça, plus son inquiétude pour Fleur… il était à deux doigts d'exploser. Par chance, les gens semblaient actuellement plus intéressés par Genesis que par lui, et il était reconnaissant pour la pause. Contemplant la pièce autour de lui, il pouvait voir des personnes de tous les âges et origines, l'aidant à se distraire. Malgré tout, Sephiroth était étonné de voir autant de monde pour du théâtre.
Un reniflement ironique lui échappa en voyant Genesis se pavaner un peu plus loin, apparemment ravi de l'attention qu'on lui portait. Sentant soudain de petites secousses être imprimées à son manteau, il baissa les yeux avec surprise, brusquement tiré de ses pensées. Son regard tomba sur une fillette qui ne devait pas avoir plus de quatre ans (peut-être même tout juste trois), dont les grands yeux noir le regardaient avec une confiante fascination, le laissant sans voix. Il cligna des yeux, déconcerté, quand la fillette lui sourit joyeusement, babillant avec un léger zozotement :
–Msieur, msieur, vos zolis zyeux z'est des vrais ?
–Mes yeux ? Demanda-t-il, déconcerté, ne sachant pas comment réagir.
La fillette opina joyeusement, sa petite main ne lâchant pas son long manteau noir.
–Voui, vos zyeux ils rezemblent à zeux d'un sat. Z'est des vrais yeux de sat ?
Sephiroth ne savait vraiment plus où se mettre. Habituellement, les enfants ne l'approchaient pas, ou bien les parents venaient s'emparer de leur progéniture assez courageuse pour venir l'embêter. Mais là, personne ne faisait rien. Il aurait bien pu jurer entendre Genesis ricaner dans son coin dans le soudain silence, mais personne ne venait à son secours. Il tapota maladroitement la fillette sur la tête, craignant de lui faire du mal, tout en lui répondant gentiment.
–Oui, il s'agit de mes vrais yeux.
La fillette gloussa, visiblement amusée, avant de répondre avec une incroyable confiance :
–Zaurais des zyeux de sat un zour moi aussi ! Comme vous !
Sephiroth ne savait pas vraiment quoi faire ou dire, le souvenir des expériences horribles qu'il avait subit durant son enfance continuant à le hanter. Mais il pouvait difficilement dire ça à une enfant aussi jeune. À la place, il se contenta de répondre qu'il espérait qu'elle y arriverait un jour, tapotant de nouveau sa tête. La petite fille lui offrit un sourire éclatant, avant de repartir d'où elle était venue, et Sephiroth la suivit du regard malgré lui, ses yeux venant se poser sur une femme qui devait manifestement être sa mère, étant la seule Wutaïenne de la pièce. Laquelle paraissait à la fois terrifiée et déconcertée.
La mère avait été figée par une panique horrifiée en voyant sa petite fille venir tirer le manteau noir du fameux Démon de Wutaï… qui avait l'air, à cet instant, d'un enfant perdu, réalisa-t-elle avec un certain choc. Sa famille lui avait fait parvenir des nouvelles de la guerre qui se déroulait dans son pays d'origine, même si ses parents s'étaient établis à Midgar bien avant qu'elle ne commence. Elle était suffisamment près pour entendre la discussion… et voir le Général tant craint et haït par son peuple… mais aussi respecté pour son sens de l'honneur, refusant de s'en prendre aux civils innocents… tapoter maladroitement la tête de sa fille. Presque comme s'il craignait de lui faire du mal. Sa petite, précieuse enfant revint ensuite vers elle, sautillant joyeusement comme si elle était allée parler à n'importe quelle autre personne. La mère de famille ne pouvait vraiment pas manquer l'expression soulagée du Démon… pas plus que le Mage Écarlate en train de perdre le combat contre son fou rire en arrière-plan. À côté d'eux, leur puissant ami contemplait la scène avec un sourire amusé et indulgent. Secouant la tête, le géant s'empara de son ami roux, le traînant derrière lui comme son rire étranglé commençait à se faire entendre, le Général suivant le mouvement avec un certain soulagement dans son attitude.
Genesis n'avait pas pu s'empêcher de trouver la situation hilarante. Le terrible Général Sephiroth, qui ne savait pas comment se comporter devant une enfant ! La combinaison de la scène et de la pièce de théâtre le mit de bonne humeur pour le reste de l'après-midi… jusqu'à ce que son supérieur ne l'attrape par le col lorsqu'il s'apprêta à sortir de l'ascenseur, lui arrachant un cri de surprise en se sentant être tiré en arrière. Tournant la tête, il croisa le regard impassible de l'argenté.
–Tu croyais vraiment que tu allais t'en tirer comme ça ? Demanda-t-il calmement, tandis qu'Angeal sortait après avoir appuyé sur un bouton, bloquant la porte de sa masse imposante. Pas question. Tu m'as fait perdre plusieurs heures de travail, alors tu as plutôt intérêt à m'aider pour rattraper tout ça.
Genesis était à deux doigts de protester, voire utiliser Fuite pour s'échapper, avant de réaliser une chose. Faire ça reviendrait à faire ce qui était facile, à la place de faire ce qui était juste, c'est-à-dire aider Sephiroth à rattraper le temps perdu par sa propre faute. Et l'idée de faire ça… pensant à ce que Fleur pourrait dire si jamais elle venait à l'apprendre… le mettait honnêtement mal à l'aise. Aussi ne se débattit-il même pas, suivant docilement son supérieur jusqu'à son bureau. Si ce dernier était surpris de l'absence de protestation du rouquin, il ne le montra pas, et se contenta de diviser les piles de documents pour en donner la moitié au Mage Écarlate, ignorant sa grimace dégoûtée. Le rouquin, cependant, s'attela à la tâche avec assiduité, malgré son dégoût. Vérifiant les papiers et les plaçant sur différentes piles (ou dans le destructeur de documents) selon les instructions de Sephiroth, il fit de son mieux pour aider son ami à se sortir du piège de paperasse dans lequel il s'était retrouvé par sa faute.
Certains documents ne nécessitaient qu'une lecture et un coup de tampon à certains endroits, d'autres avaient besoin de la signature de l'argenté, et certains, enfin, allaient directement à la destruction, car demandant à envoyer des SOLDAT dans des missions pour lesquelles ils n'avaient ni les améliorations ni les capacités. Il fut malgré tout surpris de voir que son supérieur ne le regardait même pas travailler, et réalisa avec un certain choc qu'il lui faisait confiance pour ne pas saboter son travail. La pensée le fit se sentir étrangement humble, et il continua son travail avec méthode, si ce n'est plaisir.
Grâce à son aide, Sephiroth put terminer sa journée de travail à peu près dans les mêmes horaires que d'habitude, ne s'interrompant même pas pour manger les sandwiches qu'Angeal leur avait apporté aux environs du dîner. Finalement, ils s'occupèrent des dernières piles, et Genesis laissa échapper un soupir de soulagement, s'étirant avec une grimace. Sans lever les yeux de son propre travail, l'argenté lui adressa la parole :
–Est-ce que tu as retenu la leçon, Genesis ?
Ce dernier roula des yeux en se levant, répondant calmement :
–Ne jamais t'interrompre dans ton travail, compris.
–Bien, fit Sephiroth avec satisfaction en se levant à son tour. Allons-y.
–Je tiens quand même à te dire que ce n'est pas très sain pour toi de travailler tous les jours, remarqua le rouquin alors que son supérieur fermait son bureau derrière eux, une pile de dossiers sous le bras.
Le concerné renifla avec ironie.
–Et à qui tu veux que je confie mon travail ? Pointa-t-il calmement. Toi ? Angeal ?
Genesis grimaça malgré lui.
–Sincèrement, je suis heureux de ne pas être à ton poste. Et Angeal… a suffisamment à faire avec le Chiot.
–Exactement, confirma Sephiroth.
Ils continuèrent leur chemin sans un mot, l'esprit de Genesis tournant et retournant la situation dans sa tête. Quelque chose… ne tournait pas vraiment rond dans toute cette histoire. Pourquoi ne pas appointer quelqu'un à Sephiroth pour soulager un peu sa charge de travail ? C'était à croire… que quelqu'un voulait le voir craquer sous la masse de travail qu'il avait… parce qu'il aurait pu jurer qu'il n'avait pas autant de travail lorsqu'ils s'étaient connus. Certes, certains des documents qu'il avait vus passer étaient extrêmement sensibles… mais pourquoi ne pas former quelqu'un pour l'assister ? Ou faire en sorte que seules les requêtes vraiment importantes se retrouvent sur son bureau ?
Le rouquin continua à ruminer ces pensées durant les semaines qui suivirent, essayant d'utiliser ces réflexions pour éviter de penser à ce qui allait arriver à Fleur lors de ce foutu Tournoi. Préparée ou non (et elle lui avait avoué s'entraîner à lancer des boules de feu à la moindre occasion, gagnant une réputation plus ou moins méritée de pyromane, à son plus grand plaisir mauvais), la pauvre était presque aussi stressée que Sephiroth, qui donnait vaguement l'impression d'être un dragon à deux doigts de faire un carnage général. Le seul bon point dans toute cette histoire était que sa charge de travail avait nettement baissé, les gens commençant à avoir peur de lui amener des documents sans importance, préférant les amener à Angeal.
Le regard du rouquin se posa sur le calendrier accroché au mur, les lèvres pincées en voyant la date. Le 24 novembre. C'était aujourd'hui que Fleur devait faire face au dragon… qu'elle avait qualifié d'extrêmement dangereux, même pour cette espèce. Genesis aurait eut deux mots à dire à l'abruti qui avait trouvé intelligent de leur faire faire face à des dragonnes en train de couver ! Sérieusement, ils étaient tous totalement débiles ou quoi ?
Allant et venant comme un Cœurl en cage, Genesis finit par se forcer à se coucher, sachant qu'il avait besoin de dormir. Heureusement, il était parvenu à poser un jour de congé le lendemain, ce qui lui laissait le temps de se calmer. Il savait qu'il ne parlerait pas à Fleur cette nuit, mais il y avait toutes les chances qu'il voit ce qu'elle avait vécu. Se retournant sans cesse dans son lit, incapable de s'endormir, il finit par utiliser des techniques de méditations suggérées par Angeal pour essayer de se calmer assez pour glisser dans le sommeil.
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Genesis étudia l'intérieur de la tente dans laquelle il se trouvait avec attention, déplorant de ne pas pouvoir regarder autour de lui. Malgré tout, il enregistra soigneusement les détails qu'il pouvait voir, les stockant dans un coin de son esprit pour pouvoir les analyser plus tard.
Avec elle se trouvaient trois autres adolescents, deux garçons et une fille. La fille, un peu plus âgée que Fleur, tout comme les deux autres apparemment, était d'une beauté éthérée qui devait faire tourner la tête de bien des adolescents de son âge, mais, visiblement, les deux présents étaient visiblement trop stressés pour lui accorder le moindre regard. Lui-même était laissé indifférent, trop inquiet pour son amie, qu'il pouvait sentir être presque malade d'angoisse, et c'était aussi valable pour elle, réalisa-t-il en voyant sa teinte légèrement verdâtre. Le noiraud arborait une expression particulièrement renfermée, et le brun, s'il avait l'air stressé, sourit faiblement à Fleur, comme pour l'encourager. Celle-ci lui répondit d'un signe de tête, se mettant à faire les cents pas.
Le crétin qui entra joyeusement dans la tente lui donna envie de l'étrangler. On parlait d'enfants qui allaient faire face à des dragons, pour l'amour de la Déesse ! Il n'y avait rien de joyeux là-dedans ! Il pouvait sentir que l'adolescente était à moitié malade d'angoisse à cause de la situation, alors ne pouvaient-ils pas accélérer un peu les choses ?
Genesis prêta à peine attention au discours de l'abruti, à part le fait qu'ils passeraient les uns après les autres, une fois qu'ils auraient tiré au sort la figurine représentant le dragon auquel ils devraient faire face. Chacun des champions officiel paraissait particulièrement stressé, mais eux, au moins, avaient signé pour ça. Pas Fleur. Un brouhaha sonore s'éleva en-dehors de la tente, et le rouquin réalisa qu'il s'agissait probablement des spectateurs. Sa lèvre se retroussa avec mépris. Il avait l'impression d'être revenu deux siècles en arrière, au temps des gladiateurs, tant la situation lui paraissait barbare.
Finalement, le vacarme retomba, et le crétin tendit le sac à la jeune fille plus âgée avec un joyeux « les dames d'abord ! ». Celle-ci tira une petite figurine de dragon de couleur verte, qui parut assez classique au rouquin. Ce dernier remarqua son absence de surprise, et se rappela ce que Fleur lui avait dit quand il s'était inquiété de savoir si les autres participants étaient au courant pour les dragons. Elle avait acquiescé, précisant qu'elle avait prévenu son condisciple, étant donné qu'il n'était pas au courant pour les reptiles, ce qui le mettait à un grave désavantage par rapport aux autres. Le numéro « 2 » accroché autour du cou de la figurine indiquait qu'elle passerait en deuxième, ce qui voulait dire qu'elle n'aurait pas à trop s'inquiéter à cause de l'attente.
Fleur fut la suivante à tirer son dragon, et laissa échapper un soupir en ressortant une petite figurine représentant un dragon noir, arborant des cornes de couleur bronze, tout comme les piques qui hérissaient son dos et sa queue. Genesis prêta à peine attention aux deux autres tirages, remarquant que la figurine de Fleur arborait un « 4 » à son cou, signifiant qu'elle passerait en dernier. Il la sentit soupirer, avant de se mettre à faire les cents pas, envoyant promener l'idiot en jaune et noir quand celui-ci essaya de l'attirer dehors pour lui parler en privé. Le « vous essayeriez pas de me faire tricher pour rembourser vos dettes par hasard ? » de Fleur le fit ricaner malgré lui, surtout en voyant les bégaiements choqués du blond crétin, qui lui apprirent qu'il s'agissait probablement de la vérité.
Elle l'ignora ensuite, se remettant à marcher de long en large, ignorant les champions, qui lui rendaient la politesse. De toute façon, tous semblaient à deux doigts d'être malade. Au bout d'un trop long moment, la voix de l'idiot résonna au dehors, chauffant brièvement la foule avant d'appeler pour le premier champion, le garçon aux cheveux bruns. Il ne prêta que très peu d'attention au commentaire, surtout qu'il ne voyait rien. Après un certain temps, les hurlements excités de la foule lui apprirent que le garçon avait réussi à s'emparer de son œuf d'or, et était apparemment à peu près indemne. Quelques instants après, un nouveau coup de sifflet retentit, signalant pour l'autre championne. Une nouvelle fois, Genesis ignora la plus grande partie de ce qu'il se passait en-dehors de la tente, son attention concentrée sur une Fleur nauséeuse, certainement à cause du stress. S'il avait pu… il l'aurait prise dans ses bras pour la réconforter. Parce qu'elle en avait cruellement besoin.
La fille blonde finit par s'emparer de son œuf d'or, et la foule s'excita de nouveau, avant de se calmer lorsque les scores furent affichés. Le troisième coup de sifflet annonça le tour du garçon aux cheveux noirs et au nez crochu, qui semblait particulièrement constipé à ce stade. Et l'attente reprit pour Fleur, rythmée par les cris et halètements de la foule. Finalement, après ce qui parut être une éternité au rouquin, le rugissement de la foule indiqua que le dernier champion avait réussi à s'emparer de son prix, s'il en jugeait par le hurlement horrible du dragon. Après quelques instants où ils annoncèrent les notes, le dernier coup de sifflet annonçant que c'était au tour de Fleur retentit, et il la sentit soupirer de soulagement, se dirigeant vers l'entrée de la tente. Ses jambes lui donnaient l'impression d'être en guimauve, et il pouvait presque sentir sa panique monter crescendo, tout comme ses propres niveaux de stress.
Il cligna des yeux, surpris, en voyant que Fleur entrait dans une espèce d'arène entourée de rochers… qui lui rappelait étrangement le rêve de la nuit précédente.
Dans ce rêve… (ou était-ce un souvenir d'elle regardant un film ? il se rappelait vaguement d'une télévision) il avait vu un adolescent aux cheveux noirs en batailles sortant d'un petit tunnel de roches… un œuf en or au premier plan, juste avant qu'il ne se fasse attaquer par une espèce de wyverne brune, au dos hérissé de piquants. Le garçon avait fait son possible pour esquiver les coups de queue de la wyverne en colère, avant de réussir à se mettre à l'abri dans un coin, aidé plus ou moins involontairement par la queue de la wyverne, avant de crier quelque chose, très certainement une incantation s'il en jugeait par le fait que les mots étaient bloqués, à sa plus grande frustration.
Le gamin esquiva encore plusieurs jets de flammes avant que Genesis ne voit un balais volant, de toutes les choses qui auraient pu apparaître, fusant dans sa direction. Il n'avait pu retenir un facepalm devant la stupidité du gosse, dont l'intention était clairement de défier un superprédateur dans son domaine de prédilection, à savoir le ciel. Le rouquin était incapable de déterminer si c'était du courage ou de la stupidité en voyant ça. Probablement un peu des deux… et surtout du second. Il regarda l'adolescent sauter sur le balais comme il passait près de lui, tirant des exclamations enthousiastes à la foule.
Il avait retenu un grognement en le voyant foncer en direction de l'œuf d'or, manquant son coup à cause d'un jet de flamme de la wyverne, le forçant à dévier de sa trajectoire et reprendre de l'altitude, suivit par le reptile. Ce dernier fut arrêté par la chaîne qui l'attachait au sol… avant qu'il ne la brise avec un rugissement de frustration, et prenne de l'altitude à la suite du garçon, qui avait ouverts de grands yeux effrayés lorsqu'il avait jeté un œil en arrière, assistant à la scène… surtout quand la wyverne décida de cracher du feu… prenant tout l'écran de la télévision.
Il fut brusquement tiré de ses pensées par un rugissement, et réalisa que Fleur faisait face au dragon qu'elle était supposée affronter… une brute épaisse couvertes d'écailles noires et de piquants couleur bronze. Le dragon (ou plutôt la dragonne) couvait ses œufs, les ailes à demi refermées, ses yeux jaunes, féroces, fixés sur lui. Tel un monstrueux lézard aux écailles noires, elle agitait sa queue hérissée de pointes qui imprimaient dans le sol dur des marques longues et profondes. La foule s'époumonait dans un grand tumulte, pour encourager Fleur ou se moquer d'elle, Genesis l'ignorait et s'en moquait. Il avait l'impression d'être à deux doigts d'une crise cardiaque, surtout lorsque Fleur s'approcha délibérément de la dragonne en train de couver, plongeant derrière des rochers pour se mettre à l'abri jusqu'à ce qu'elle soit assez près.
Il la sentit reprendre son souffle, sentant la chaleur du rocher soumit aux flammes de la dragonne, attendant certainement qu'elle s'arrête pour continuer. Lorsque le rugissement strident de la dragonne retentit, signifiant qu'elle avait dû stopper pour reprendre son souffle, Fleur fusa de derrière sa protection, freinant juste devant la dragonne qui eut un mouvement de recul, visiblement surprise. La seconde suivante, Genesis ressentit actuellement de la fierté en voyant que son amie avait prit ses enseignements à cœur, et parvenait à lancer une demi-douzaine de boules de flammes d'un geste. Elle s'était vraiment bien entraînée, remarqua-t-il avec satisfaction. Le seul petit… problème était la couleur des flammes. Au lieu d'être jaunes-oranges… elles étaient d'un vert pâle, presque semblable à la Mako. Et, à son plus grand étonnement… une seule volée fut suffisante pour que la dragonne ne s'aplatisse au sol avec un couinement terrifié, tremblant de terreur.
Il put entendre Fleur murmurer un « qu'est-ce que... » déconcerté, avant que la mère en train de couver ne s'empare de l'œuf d'or, le faisant rouler en direction de l'adolescente, qui s'en empara immédiatement, ne voulant visiblement pas discuter sa bonne fortune. La dragonne s'enroula ensuite autour de son nid avec un gémissement terrifié, tremblant visiblement de peur pour une raison qui lui échappait.Fleur fila ensuite sans hésiter en direction du tunnel d'où elle était venue, le stade plongé dans un silence choqué. Genesis était lui-même stupéfait.
Les dragons sauvages utilisaient le feu pour affirmer leur dominance les uns par rapport aux autres. Plus un dragon produisait du feu pendant une longue durée, plus il était respecté par les autres. Habituellement, une demi-douzaine de boules de feu était loin d'être assez. Les luttes de dominance par le feu pouvaient durer jusqu'à une demi-heure pour les plus puissants et bornés. Genesis était l'un des rares humains à pouvoir entrer dans les territoires des dragons et ne pas se faire immédiatement attaquer à vue, ayant battu plusieurs dragons dans des combats avec le feu. Ces derniers le laissaient généralement en paix quand il devait passer dans ces zones, même s'il arrivait qu'ils viennent le défier lorsqu'il dirigeait un bataillon dans leurs territoires pour gagner du temps.
Mais jamais, au grand jamais, il n'avait vu un dragon se soumettre aussi vite, et, surtout, renoncer à quelque chose qu'il gardait. Que ce soit un trésor ou un œuf… et pour ce dragon, cet objet représentait les deux.
Fleur fut rejointe par une femme à l'air strict qu'elle appela Professeur, lui faisant comprendre qu'elle était un des membres du corps enseignant. Ses questions sur comment elle avait pu apprendre à utiliser du feu de Nécromancien fut rencontrées par une franche incrédulité. Elle insista qu'elle n'avait jamais utilisé ce genre de sort, assurant que son seul entraînement avait consisté à créer des boules de feu normal. Et que c'était bien la première fois que ses boules de feu prenaient cette couleur. Sa professeur semblait hautement sceptique, mais comme le bref examen par l'infirmière révéla qu'elle était indemne, sa professeur la fit revenir dans l'espèce d'arène, plus exactement par les gradins, l'amenant jusqu'à une petite loge qui ressemblait à la tribune officielle des grands stades de sport, où se trouvaient les jurés.
L'idiot avait l'air légèrement mal à l'aise devant Fleur, mais gardait son expression crétinement joyeuse… et il n'aurait jamais dit ça, mais il préférait encore la joie de vivre de Zack. Le garçon était au moins honnête, alors que l'homme blond était clairement douteux. Il annonça ensuite qu'il allait donner les notes pour Fleur (et Genesis gronda de colère lorsque son nom fut bloqué une fois de plus), avant que la femme immense (elle était même plus grand qu'Angeal réalisa-t-il avec choc) ne lève sa baguette, impassible, mais le bout de bois tremblant de manière infime, avant qu'un ruban argenté ne s'en échappe, s'entortillant pour former un six. Un homme à l'air sévère fut le suivant, le ruban formant cette fois un sept, suivit par le vieux schnock aux goûts douteux, qui donna la même note. Un autre homme, encore plus douteux que le blond (et qui ne s'en cachait absolument pas), leva sa baguette à son tour… laissant sortir un deux. Il sentit Fleur renifler avec ironie, murmurant « certaines choses ne changent pas », avant que le vieux bouc ne prenne calmement la parole, sa voix résonnant autour d'eux, probablement amplifié soit par des hauts-parleurs, soit par la magie.
–Miss ******, nous permettez-vous de vous poser quelques questions ? Demanda-t-il calmement.
La concernée renifla avec un certain mépris, avant de répondre.
–Allez-y toujours.
L'homme douteux aux cheveux noirs, arborant un bouc, prit la parole, son ton et son attitude si méprisants qu'ils donnèrent envie à Genesis de lui faire goûter à Rapière.
–Vous avez conscience que vous avez brisé au moins plusieurs lois de votre pays avec votre petite démonstration, Miss ? Demanda-t-il en dévoilant des chicots noircis, dégoûtant le rouquin. Avec une telle manifestation de magie noire, c'est à se demander comment les gens d'ici peuvent vous appeler leur Sauveuse, si vous êtes si prête à utiliser une magie interdite, railla-t-il.
Fleur émit un grondement de colère, visiblement exaspérée.
–Par tous les… je n'ai aucune idée de quoi vous parlez, espèce de vieux schnock ! De toute façon… vous vous y connaissez en magie noire, non, avec votre passé ? Demanda-t-elle d'un ton railleur, lui adressant un doigt d'honneur. Et de quelle magie vous parlez d'ailleurs ? Je suis certaine que je n'en ai jamais entendu parler !
–Dans tous les cas, comment avez-vous fait pour apprendre à utiliser du Feu de Nécromancien ? Demanda le vieux bouc sur un ton sévère, la regardant avec une expression désappointée. Il s'agit de la magie la plus noire qui soit ! Qui vous l'a apprise ?
Le rire amer de Fleur les surpris visiblement, s'il en jugea par la manière dont ils remuèrent nerveusement. Elle répondit ensuite, son ton dégoulinant de sarcasme et de mépris.
–Vous croyez que je vais vraiment vous répondre, après l'incompétence dont vous avez fait preuve ? Feula-t-elle en réponse, visiblement furieuse. Vous, qui avez permit que je sois entrée dans ce tournoi CONTRE MON GRÉ ? Et vous vous figurez que je vais vous répondre ? Et puis quoi encore ? J'ai PAS signé pour participer à cette farce ! Tout ça juste parce que vous êtes trop lâches pour combattre par vous-même, et préférez envoyer une enfant qui a été abusée par sa famille au bûcher ! En QUOI votre opinion devrait-elle m'importer ? Demanda-t-elle, méprisante.
–Vous avez utilisé de la magie noire, jeune fille ! Tonna l'homme au bouc, la fusillant du regard tout en se redressant sur son siège. Une magie si noire qu'elle a été interdite il y a de cela plusieurs siècles !
Fleur renifla avec mépris une fois de plus, surtout quand le vieux bouc ajouta son grain de sel.
–**** a raison, Miss ******. Cette magie a été interdite pour une bonne raison, vous ne devriez pas savoir ce que c'est, ni même vous en servir.
–Oh, comme je n'étais pas supposée savoir au sujet du Cerbère enfermé derrière une porte dans le couloir du deuxième étage ? Railla-t-elle. Ou le fait qu'il suffisait d'un sortilège apprit moins d'une semaine plus tôt pour ouvrir cette putain de porte ?
–Miss ****** ! S'exclama la femme qui l'avait accompagnée, visiblement scandalisée par son langage.
Mais Fleur était loin d'avoir fini, et commençait même tout juste à s'échauffer.
–Ou le fait que les obstacles qu'il protégeait soit assez simples pour qu'un trio de premières années puissent les passer, avec ********* lui-même nous attendant au bout ? Essayant de me tuer ?
Genesis ne comprit pas le nom qui avait été prononcé, mais le choc qu'il perçut dans les gradins lui fit comprendre qu'il était important, surtout en voyant les personnes devant lui frémir. L'homme au bouc et la femme stricte en particulier. La femme immense semblait partagée entre le choc et la colère, mais il pouvait sentir que Fleur était loin d'avoir fini, bien au contraire. Sa voix avait progressivement grimpé en volume, et il pouvait presque la sentir résonner dans son corps.
–Ou bien le ******* qui s'est promené dans l'école lors de ma deuxième année ? Demanda-t-elle avec colère, faisant ouvrir de grands yeux à l'homme au bouc, le laissant sans voix. Pétrifiant des étudiants sur l'ordre de ********* ? Essayant d'en tuer une ? Et qui a dû s'occuper de cette merde ? Pas vous, Professeur, alors même que vous aviez eut un demi-siècle pour résoudre l'énigme, en comptant le fait qu'une élève ait été tuée cette fois-là ! Comment vous expliquez qu'une élève de seconde années ait put le faire à votre place ? Et ne parlons pas de l'année dernière ! S'exclama-t-elle en levant les bras au ciel, se mettant à marcher de longs en large, trop furieuse pour rester immobile. Des *********** ! Des foutus *********** postés autour de l'école ! Autour d'enfants sans défense ! J'ai faillit crever à cause d'eux !
–Miss ****** ! S'exclama le vieux bouc, une légère nuance de panique colorant sa voix. Il suffit !
Fleur se tourna brusquement vers lui, arrêtant de faire les cents pas. Même si Genesis ne pouvait pas voir son expression, il pouvait parfaitement imaginer son regard brûlant de rage contenue.
–Il suffit ? Demanda-t-elle doucement, le froid dans sa voix faisant remonter des frissons le long du dos du rouquin. Non, Professeur, il ne suffit pas. Loin de là. J'aimerais également savoir pour quelle raison ****** ***** n'a pas reçu de jugement, et a été expédié à ******* sans autre forme de procès. Alors qu'il était mon parrain, et aurait dû s'occuper de moi à la mort de mes parents, et non ma tante haïssant la magie !
–Qui vous a dit cela ? Demanda le vieux bouc, qui transpirait presque, visiblement mal à l'aise.
Fleur renifla avec mépris.
–Contrairement aux moutons qui constituent la majorité de la population sorcière, railla-t-elle, je ne gobe pas tout rond ce qu'on me raconte. Quand j'ai apprit que le fugitif qui s'était évadé de prison était mon parrain, à la fin de l'année dernière, j'ai écrit au Ministère pour demander des détails sur son procès. Et devinez quoi ? Personne n'a été capable de me répondre. Ce qui veut dire que son dossier a soit été… « égaré », dit-elle sur un ton sarcastique, par des gens ayant tout intérêt à ce qu'il reste en prison… soit il n'a jamais été jugé. Et vous me demandez de vous faire confiance ? Demanda-t-elle froidement, son ton méprisant. De vous respecter ? Vous êtes idiot ou juste complètement sénile ?
–Miss ****** ! Tonna l'ancêtre, se relevant et laissant échapper quelque chose faisant furieusement penser à l'aura de Sephiroth à Genesis. Ce n'est pas de moi ou du Ministère qu'il est question ! Répondez à la question !
Fleur le regarda longuement, silencieuse, avant de répondre doucement.
–Répondre à votre question ? Je vais faire bien mieux que ça, dit-elle en sortant sa baguette, la levant vers le ciel. Moi, **** **** ******, jure solennellement sur ma vie et ma magie que je n'ai jamais utilisé du Feu de Nécromancien, et n'ai jamais voulu le faire. Je jure aussi que je n'ai jamais trouvé aucune information sur le feu de Nécromancien, ainsi soit-il !
Le rouquin frissonna en sentant la magie enfler littéralement en elle et autour d'elle, réalisant distraitement que le sol même tremblait sous les pieds, et que l'air lui donnait l'impression de vibrer jusqu'au niveau moléculaire. Son plan même d'existence frissonnant autour d'eux. La sensation disparut aussi vite qu'elle était venue, et Fleur fit apparaître une nuée d'oiseaux depuis sa baguette, avant de la ranger de nouveau cette dernière dans sa poche.
–Maintenant, dit-elle doucement, sa voix basse et dangereuse résonnant dans le soudain silence, allez-vous continuer à me traiter de menteuse, ou allez-vous en finir avec cette farce, et me laisser aller me reposer ?
Le silence régna un long moment, avant que l'idiot en robes jaunes et noire ne se lève, un sourire faussement joyeux sur les lèvres, et ne s'approche d'elle d'un pas bondissant, s'adressant également aux autres champions, certainement arrivés entre-temps, et que Genesis n'avait pas remarqués.
–Bravo à toutes et tous ! S'exclama-t-il d'un air aussi réjouie que si c'était lui qui avait réussi à arracher un œuf d'or à un dragon. Et maintenant, quelques petites précisions très rapidement. Vous allez avoir largement le temps de souffler avant la deuxième tâche qui aura lieu le 24 février à neuf heures et demie du matin – mais, entre-temps, on va vous donner de quoi réfléchir un peu ! Si vous regardez bien les œufs d'or qui sont en votre possession, vous constaterez qu'on peut les ouvrir… Vous voyez les charnières, là ? Alors écoutez bien : ces œufs contiennent une énigme que vous devrez élucider pour savoir en quoi consistera la deuxième tâche et comment vous y préparer. Tout est clair ? Vous êtes sûrs ? Très bien, vous pouvez partir !
–J'ai juste un dernier mot à vous dire, Mr ******, répondit Fleur calmement, s'approchant de lui.
Il la regarda sans comprendre, visiblement curieux, et ouvrit la bouche, commençant à parler… avant de se couper dans un couinement étranglé lorsque l'adolescente le frappa de toutes ses forces à l'entrejambe. Genesis avait beau le haïr… à cet instant il ne put retenir la grimace de compassion. Ça devait faire mal. Le « ooooooooh » qui provenait des gradins avait probablement été émit par la moitié masculine de l'audience, y compris les autres hommes en face de lui. La voix de Rose s'éleva de nouveau dans un silence quasi-total, à peine rompu par les gémissements de douleur de l'idiot prostré au sol devant elle.
–Ça, c'était pour avoir insisté pour que je participe au tournoi, alors que je suis mineure. Et ça, dit-elle avec un coup de pied dans ses joyaux déjà malmenés, c'est pour ne pas avoir suggéré de changer l'épreuve ! Vous êtes totalement débiles ou juste complètement sadiques pour avoir envoyé une enfant n'ayant même pas passé ses premiers examens face à un putain de dragon ? Feula-t-elle avec colère. Vous êtes répugnant, termina-t-elle sur un ton dégoûté, secouant la tête.
Elle fit ensuite demi-tour, le dos raidit par la colère, passant à côté des champions officiels sans leur accorder un regard. Genesis put cependant les voir s'écarter craintivement de Fleur, ce qu'il ne pouvait guère leur reprocher, pas plus que son explosion à elle aussi. Mais s'il avait été là, il lui aurait volontiers offert son bras pour l'escorter hors de l'arène… et très certainement loin de cette école. Il pouvait clairement voir qu'elle en avait plein le dos de toutes leurs conneries, et il compatissait. Elle n'avait pas mérité tout ça.
Genesis perçut deux voix l'acclamer dans les gradins, résonnant dans le silence quasi-total. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire amusé et ironique, alors même qu'il commençait à réaliser que peut-être, juste peut-être, il commençait à craquer pour elle. Fleur… avait cette flamme en elle qu'il recherchait désespérément chez les personnes qu'il séduisait… mais que pratiquement personne ne possédait. Seuls ses amis semblaient posséder cette même flamme qui brûlait en Fleur… même s'il aurait été plus juste de parler d'un brasier infernal à cet instant. Le rouquin aurait prit grand plaisir à carboniser la majorité des gens présents… avant de tourner le dos aux cendres et de prendre Fleur avec lui, loin de ces imbéciles.
Un trio de rouquins (dont son ami) et une fille aux cheveux bruns broussailleux descendirent précipitamment des gradins, venant l'entourer. Mais pas pour la féliciter, contrairement à l'idiot, plus pour s'assurer qu'elle allait bien. Le rêve commença à se dissiper pour Genesis, alors même qu'il sentait les épaules de Fleur se relâcher, la tension disparaissant lentement de son corps. Il aurait cependant aimé la prendre dans ses bras pour la réconforter, la frustration d'en être incapable le rendant presque fou.
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À suivre…
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Voici donc le premier chapitre consacré à notre pyromane préféré, sur trois au total, vu la longueur du prochain. Chacun des chapitres des Élites comprendra une tâche différente pour celui qui la voit, avec quelques éléments communs, et des interludes de leur côté.
Une fois l'année scolaire terminée de leur côté, il y aura un interlude avec le point de vue de Rose, avant de reprendre pour l'année suivante.
Héhéhéhé, hé oui, le courrier des fans peut être particulièrement glauque, j'espère que vous ne pensiez quand même pas que c'était différent sur Gaïa ? Et encore, je n'ai fait qu'effleurer la surface.
