Encore un chapitre... J'ai divisé celui-là en deux car il était vraiment trop long par rapport aux autres. Oui, je sais vous ne vous en seriez pas plaint...

Ici je me suis bien amusée à montrer une nouvelle fois l'envers du décors.


Chapitre LXIII : Professeur Ombrage (1)

Dumbledore pensait en avoir terminé avec Fudge à la suite de l'audience du 12 août, mais il semblait qu'il avait parlé trop vite. Trois jours plus tard, il reçut un hibou de Fudge lui demandant de se rendre dès que possible au ministère. Songeant qu'il avait vraiment autre chose à faire que de régler les problèmes d'ego du ministre, Dumbledore répondit qu'il se rendrait à la convocation dans la soirée, après avoir exécuté les différentes tâches administratives que la gestion de l'école et la rentrée toute proche lui imposaient. Que croyait -il donc ? Qu'il n'avait que ça à faire que de prendre le thé avec lui, quinze jours avant la rentrée scolaire, et toujours sans professeur de DCFM ?

C'était sans parler des problèmes de l'ordre qui peinait à trouver des oreilles attentives, l'ambiance plutôt tendue au siège, la campagne de discrédit à son égard qu'il tentait d'endiguer et l'enquête sur les horcruxes qui piétinait lamentablement.

Pourtant, s'il avait su ce qui l'attendait, Dumbledore se serait dans doute rendu au ministère plus tôt... Mais une fois n'est pas coutume, il ne vit rien venir.

Dolorès Ombrage l'accueillit avec un grand sourire et lui annonça que « M. le Ministre » l'attendait, avant d'entrer à sa suite dans le bureau de Fudge.

- Ah ! Dumbledore ! Cette rentrée se prépare bien ?

Interloqué par l'air faussement aimable de Cornelius, Dumbledore répondit prudemment :

- Elle se prépare...
- Et ce professeur de DCFM, l'avez-vous trouvé ?

- Hélas, toujours pas.

- Dumbledore, je dois avouer que la situation m'inquiète. A 15 jours de la rentrée, c'est très alarmant.

- Je le reconnais Fudge, mais la malédiction de Voldemort sur ce poste fait fuir les potentiels professeurs. Et au vu des dernières années, on peut les comprendre.

- Mais qu'allez-vous faire ? Vous n'allez tout de même pas rester sans professeur ?

- Bien sûr que non, Cornelius. Il me reste encore deux semaines pour trouver quelqu'un, tout espoir n'est donc pas perdu. J'ai un contact en Russie qui se noue. Avec un peu de chance, la malédiction fera moins peur à un sorcier pour qui Voldemort n'est qu'une lointaine menace. S'il le faut, je prendrai moi-même les cours en charge les premiers temps.

- Ce n'est pas votre rôle. Et la formation des élèves en DCFM ces dernières années a été assez chaotique comme cela sans y ajouter un changement de professeur en cours d'année, vous ne trouvez pas ?

- Je ne peux pas non plus laisser mes élèves sans cours, répliqua sèchement Dumbledore. Je vous trouve bien inquiet pour l'avenir de l'école, tout à coup, Cornelius. Mais croyez-moi, c'est absolument superflu.

- Je l'espère, Dumbledore, je l'espère...

L'attitude du Ministre avait surpris le directeur, d'autant plus en cette période où leurs relations étaient extrêmement tendues.

Il aurait dû se méfier. Il aurait dû...

Dumbledore avait contacté le professeur de Visnel pour lui demander si elle accepterait d'occuper ce poste. La femme avait répondu dans une lettre très courtoise mais ferme qu'elle n'avait pas les compétences nécessaires.

« Je ne suis compétente qu'en divination, sortilèges, études des runes et à la rigueur arithmancie. Si l'un de ses postes venait brusquement à être vacant, je me ferais une joie de vous aider. Pour les autres postes, je suis au regret de devoir refuser. »

Il avait donc demandé à son ami Henri Praslin de contacter une bonne connaissance que ce dernier avait en Russie ( chez qui il avait essayé de le faire venir l'été précédent pour jouer de la musique de chambre alors qu'honnêtement, il avait d'autres chats à fouetter). Mais la rentrée était le lendemain et si Henri lui avait assuré que le message était bien parvenu en Russie, il n'avait aucune réponse dans un sens ni dans l'autre.

Il se préparait donc pour la traditionnelle réunion des professeurs qui aurait lieu dans l'après-midi quand un hibou du ministère lui indiqua que Fudge souhaitait de nouveau le voir au sujet du professeur de défense contre les forces du Mal.

Si c'était pour lui reprocher une nouvelle fois l'absence d'enseignant à ce poste, Fudge perdait son temps et lui faisait également perdre le sien, songea-t-il en répondant tout de même à la convocation. Si par hasard il avait quelqu'un de plus compétent que Lockhart à lui suggérer...

Dumbledore ne s'attendait néanmoins pas à l'annonce de Fudge lorsque celui-ci, après l'avoir salué et indiqué le siège en face de son bureau lui dit d'un ton réjoui et satisfait de lui même :

- J'ai résolu votre problème, Dumbledore.

- Vraiment ? Demanda le directeur l'air circonspect.

- Le conseil d'administration s'est réuni hier et a voté quasiment à l'unanimité un décret d'éducation pour remédier à la situation.

- Et en quoi un décret d'éducation va-t-il fournir un professeur compétent à l'école, Cornelius ? S'exclama Dumbledore tout d'un coup menaçant.

- Le décret d'éducation vingt-deux m'autorise à nommer un professeur au poste nécessaire si le directeur, en l'occurrence vous, n'est pas en mesure d'en fournir un.

- Et qui est ce professeur compétent sorti de nul part que vous connaissez, Fudge ?

- J'ai nommé à ce poste Dolorès Ombrage.

Merlin ! Il aurait dû se méfier. Il aurait vraiment dû...

XXX

Au square Grimmaurd, le lendemain matin, Kécile fut réveillée de manière particulièrement brusque tout comme Hemrione et Ginny, par une Mrs Weasley stressée.

Existait-il une rentrée qui se passât calmement, se demanda Kécile en enfilant ses vêtements, tandis qu'Hermione se glissait sous son lit pour récupérer Pattenrond. Le chat avait choisi ce jour-là pour faire des siennes. A moins, tout simplement qu'il ne tente de fuir le stress ambiant...

Elles entendirent la matriarche de l'autre côté de la cloison houspiller les garçons dont les valises n'étaient apparemment pas finies.

Quelques instants plus tard, elle râlait contre des membres de l'Ordre qui n'étaient pas encore rentrés de mission.

Alors que Kécile prenait son petit-déjeuner dans la cuisine, un vacarme retentissant résonna dans la maison, et Mrs Weasley se mit à hurler une nouvelle fois avec une vigueur renouvelée. Sans doute les jumeaux avaient-ils encore transplanés n'importe où n'importe comment et avait fait tomber quelqu'un dans les escaliers.

Jamais un matin de rentrée n'avait été aussi stressant à l'avis de Kécile. Elle se souvenait parfaitement de l'année précédente où le départ depuis le Terrier s'était fait sous une pluie battante et une tension palpable. Mais là, cela dépassait tout ce qu'elle avait pu imaginer.

Black, une tasse de café à la main, rentra dans la cuisine. Il vint s'asseoir à la table et l'observa d'un œil mauvais. Agacée, elle prit son dernier toast et alla s'installer dans le hall, près de sa valise, attendant que les autres veuillent bien finir de se préparer. Seulement, il fallait parvenir à supporter le niveau sonore. Entre le bruit des cavalcades dans les étages, les conversations animées, les hurlements de Mrs Weasley et ceux encore plus sonores de Mrs Black, Kécile songea que Fidelitas ou pas, si un mangemort passait dans le coin, il repérerait leur position immédiatement !

- Mais quelqu'un va la faire taire, soupira Ginny en s'effondrant à côté d'elle.

- Je ne te le fais pas dire, répondit aigrement Kécile. Mais quand j'ai tenté de nous en débarrasser hier, j'ai bien cru qu'on allait me faire passer au bûcher !

- De qui tu parles ? Demanda la rouquine d'un ton surpris.

- Et toi, de qui parles-tu ?

- Je parles de Maman.

Kécile eut une grimace qui cachait mal un sourire moqueur.

- J'espère pour toi qu'elle ne t'as pas entendu, ou le sermon que je me suis prise hier pour avoir tenté de faire taire Mrs Black ne sera qu'un agréable divertissement...

Enfin, tout le monde fut prêt, un membre de l'escorte, un certain Sturgis Podmore en moins. Ils prirent tous à pied le chemin de la gare de King's Cross, qui se trouvait à une vingtaine de minutes de marche du square Grimmaud. Vingt minutes, songea Kécile, pendant lesquels ils se tenaient joyeusement à découvert, cibles faciles pour le premier mangemort qui passerait.

Mais son pessimisme ne semblait pas être justifié. Il fallait croire que les mangemorts ne se baladaient pas comme ça dans Londres.

Ils atteignirent la gare sans encombre et la locomotive les attendait le long du quai comme tous les ans. Ce qui ne voulait pas dire que cette année serait plus normale que les précédentes...

Lorsqu'ils eurent tous grimpé à bord du Poudlard express et fait les derniers adieux, Ron et Hermione durent se rendre au compartiment de tête afin de recevoir leurs instructions du préfet et de la préfète-en-chef.

Harry, Ginny et Kécile se mirent alors en quête d'un compartiment vide. Ils croisèrent Neville qui s'était arrêté devant la porte d'un compartiment, la mine désemparée.

- Tout est plein... Je n'arrive pas à trouver de place...

- Qu'est-ce que tu racontes ? S'exclama Ginny en regardant par la porte coulissante. Celui-là est libre, il n'y a que Luna Lovegood là-dedans.

- Je ne veux déranger personne, marmonna Neville, visiblement mal-à-l'aise à l'idée de rentrer dans ce compartiment.

- Ne sois pas stupide, dit Ginny en riant. Elle est très gentille, Luna.

Et elle ouvrit la porte d'autorité.

- Salut Luna, on peut s'installer ici ?

La fille blonde leva des yeux un peu globuleux vers elle et acquiesça après les avoir observé avec un regard... de folle, décida Kécile.

- Tu as passé de bonnes vacances ? Demanda Ginny qui semblait bien connaître leur condisciple.

- Oui, répondit cette dernière tout en fixant Harry. Oui, je me suis bien amusée. Toi, tu t'appelles Harry Potter.

- Je sais, répondit presque automatiquement celui-ci.

Neville pouffa et Kécile ne put retenir un ricanement. Cette fille avait des dons de voyance, ma parole !

- Toi, tu es la fille de Mangemorts.

Cette fois-ci, ce fut au tour de Harry de pouffer tandis que Neville s'étranglait.

Et bien comme quoi, Susan n'avait pas mentit en parlant des rumeurs qui courrait sur son compte chez les Poufsouffles... et probablement pas que chez eux, d'ailleurs.

- On peut dire ça comme ça, répondit Kécile d'une voix doucereuse qui aurait rendu fier Severus Rogue.

Mais la fille ne sembla pas se démonter et tourna son regard vers Neville avec cet air un peu venu d'ailleurs qu'elle semblait avoir quand elle fixait les gens.

- Et toi, je ne sais pas qui tu es.

- Moi, je ne suis personne, répondit aussitôt Neville

- Ce n'est pas vrai, rétorqua Ginny. Neville Londubat- Luna Lovegood- Kécile Gaunt, fit-elle afin de présenter tout le monde. Luna est en même année que moi, mais à Serdaigle.

- Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit.

Chaque maison avait ses spécimens... particuliers...

La conversation fut bientôt amenée par Neville sur une plante visqueuse et rabougrie qui semblait faire sa fierté.

- Est-ce que... heu... est-ce qu'elle fait quelque chose de spécial ? Demanda Harry, conciliant.

- Oh oui, plein de choses, répondit leur camarade avec enthousiasme. Elle possède un système de défense étonnant. Tiens, tu peux me tenir Trevor ?

Ayant abandonné son crapaud aux mains de Harry, Neville prit une plume dans son sac et en piqua sa plante avec la pointe.

L'instant d'après, on aurait cru que le compartiment avait subi une attaque systématique de bombabouses. Kécile regarda avec dégoût le liquide vert visqueux et puant qui maculait sa chemise.

- Désolé... Je n'avais encore jamais essayé... Je ne pensais pas que ça aurait cet effet-là.

- Ben il aurait été peut-être intelligent de se renseigner avant d'essayer, Neville, gronda Kécile.

Elle retint le commentaire qui lui vint à l'esprit : s'il s'y prenait de la même manière en potion, pas besoin de chercher bien loin pour comprendre pourquoi Severus l'avait pris en grippe !

- Mais ne vous inquiétez pas, l'Empestine n'est pas un poison.

C'était heureux, car Harry était en train de cracher le liquide qui était entré dans sa bouche.

Au même instant, la porte du compartiment s'ouvrit et la jeune fille asiatique qui se tenait sur le pas de la porte regarda le désastre, apparemment décontenancée.

- Oh... bonjour Harry. Hum... j'arrive peut-être au mauvais moment.

Ça dépendait pour quoi... Si elle venait pour prendre une douche à l'Empestine, elle arrivait trop tard.

- Ah, heu... salut, dit Harry qui semblait incapable de la moindre réaction plus développée.

- Hum... Voilà... je voulais simplement te dire bonjour... alors, au revoir.

Et la fille partit sans demander son reste. Conversation brillante et constructive, il n'y avait rien à dire.

Harry arborait derrière le vert de l'Empestine un teint rouge qui assombrit encore l'humeur de Kécile.

- Ce n'est pas grave, déclara Ginny. On va se débarrasser de tout ça très facilement.

Elle lança un récurvite très réussi qui fit disparaître le désastre. Mais si les dégâts physiques étaient effacés, l'attitude de Harry qui continuait à fixer la porte laissait penser que tout n'était pas arrangé.

Une brûlure étrange s'éveilla au creux de l'estomac de Kécile.

Ron et Hermione n'étaient pas encore revenus, et Kécile décida d'aller faire un tour dans les couloirs.

- Kécile ? Appela une voix.

L'interpellée se retourna pour voir Susan un peu plus loin. La Poufsouffle agitait joyeusement la main dans sa direction. Elle sourit en l'apercevant avec plaisir.

- Salut Susan, répondit Kécile.

- Viens donc par ici...

A l'entrée du compartiment qu'occupait sa camarade, Kécile s'arrêta néanmoins en constatant qu'il était occupé par d'autres Poufsouffles.

- Je ne suis pas sure que ce soit une très bonne idée... fit-elle lorsque Susan l'incita d'un geste à l'intérieur.

- Je te promets qu'ils ne vont pas te manger, plaisanta-t-elle.

- Je sais, en revanche craindre que je les mange, ça c'est déjà davantage de l'ordre du possible.

La manger, non, ce dit-elle en regardant les coups d'oeil méfiant que lui jetaient les élèves. Mais l'agacer, ça c'était bien plus probable. Elle avait eu sa dose de ce genre d'attitude avec l'ordre du Phénix, merci bien.

Mais Susan l'avait déjà prise par la main et la tirait dans le compartiment.

Kécile décida en s'asseyant que la meilleure attitude à adopter était encore de les ignorer.

- Alors ? Comment se sont passés tes vacances ? Demanda avec entrain Susan

- Absolument mortelle...

- Dans ta lettre, tu me disais que tu ne pouvais pas aller à Paris, pourquoi ?

- Dumbledore avait autre chose à faire.

- Et tu n'as pas non plus passé les vacances avec le professeur Rogue ?

Pendant que les autres Poufsouffle manquaient s'étouffer, Kécile ricana.

- Oh non ! Je ne l'ai pas aperçu une seule fois de toutes les vacances. Où es-tu allée cette année, demanda-t-elle pour changer de sujet.

- Nous sommes partis en Allemagne, répondit Susan avec ce ton habituellement enthousiaste qu'elle employait dès qu'il s'agissait de voyages...

Et Kécile l'écouta avec amusement et envie raconter son périple : les châteaux baroques de la forêt noire et de la Bavière, les merveilles de Dresde et de Leipzig, l'incroyable concentration de musées de Frankfurt et de Berlin... la communauté sorcière sympathique et bonne vivante disséminée un peu partout dans ce pays d'intense activités, qui les avait accueilli. Mais également les conversations inquiètes que les sorciers avaient pu échanger au sujet de Voldemort. Grindelwald n'était finalement pas si loin.

- Mais je ne comprends pas, intervint un garçon. Grindelwald a fait ses études à Durmstrang, et l'école n'est pas en Allemagne, non ?

- Non, répondit Kécile. C'est en Russie. Mais néanmoins la séparation de l'Allemagne durant la guerre froide ne date pas d'hier. La Prusse où est né Grindelwald a toujours été plus ou moins sous influence russe. C'est pour cela que Durmstrang reste une école phare de l'Europe Orientale. Tous ceux qui étaient amenés à être de grands sorciers y étaient envoyés. Les autres écoles recevaient les élèves dont on considérait les capacités comme inférieures. Et puis, il n'y a pas que des enfants de l'Europe Orientale qui vont à Durmstrang, ajouta-t-elle. Beaucoup de parents intéressés par la magie noire envoient leurs enfants là-bas plutôt qu'à Poudlard, Beauxbâtons ou Nievadura... On y étudie la magie noire.

- Alors comment ça se fait que tu n'y es pas ? Demanda le même garçon d'un ton bravache.

Kécile laissa paraître un sourire ironique :

- Oh, mon père trouvait que c'était un peu loin... finit-elle par laisser tomber négligemment.

XXX

Kécile attendait avec impatience que le banquet commence. Avec tout ce stress et ces contrariétés le matin même, elle n'avait pas mangé suffisamment au petit-déjeuner et le grignotage du midi commençait à se faire lointain.

Ses trois amis semblaient être très inquiets de l'absence de Hagrid. Pour sa part, même si elle se garda bien du moindre commentaire, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Et elle ne voyait pas pourquoi ils s'alarmaient ainsi et imaginaient les pires scénarios possibles. Probablement était-il tout simplement en mission pour Dumbledore.

En revanche, elle jeta un regard anxieux à la grande table, cherchant la silhouette haute et sombre de Severus, et un indicible soulagement s'empara d'elle en le voyant, assis avec le même air austère qu'à l'habitude.

Leurs regards se croisèrent un instant. Mais il ne fit aucun geste qui indiquait qu'il puisse la démarquer du lot des autres élèves. Son regard s'arrêta, aussi indéchiffrable qu'à l'habitude, sans un seul mouvement des muscles de son visage, puis glissa vers le reste du trio.

Et cette indifférence à laquelle Kécile aurait du s'attendre relança une rancoeur mal éteinte et la bonne humeur que le trajet du train lui avait accordé fondit comme neige au soleil.

- Qui c'est ça ? Demanda brusquement Hermione, arrachant Kécile à sa contemplation de Severus

Le « qui » et « ça » sonnaient bizarrement dans la même phrase, surtout dans la bouche d'Hermione.

Néanmoins, il fallait reconnaître que la formulation de « ça » était adaptée.

Un visage blafard et des yeux cernés étaient comiquement encadrés par un bandeau rose et un cardigan pelucheux assorti. Comme un champignon vénéneux emballé dans un papier de praliné...

- C'est cette bonne femme, Dolores Ombrage !s'exclama Harry.

- Qui ? Dit Hermione.

- Elle était au tribunal, elle travaille avec Fudge !

- Joli Cardigan, remarqua Ron d'un ton narquois.

- Elle travaille avec Fudge ? Qu'est-ce qu'elle fait ici, alors ? S'alarma Hermione.

- C'est mauvais signe... commenta Kécile. Jamais Dumbledore ne s'adjoindrait quelqu'un qui travaille avec Fudge. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Tu crois qu'il y a un événement officiel quelconque ?

- Non... marmonna Hermione ignorant totalement sa question, non, sûrement pas...

Kécile lui jeta un regard curieux, mais sa camarade l'ignora. Elle comprit un peu plus tard dans la soirée pourquoi Hermione avait espéré que son raisonnement était erroné. Malheureusement, une fois de plus, la Gryffondor avait raison.

- Nous aurons cette année deux nouveaux enseignants. Je suis particulièrement heureux d'accueillir à nouveau parmi nous le professeur Gobe-Planche qui assurera les cours de soins aux créatures magique. J'ai également le plaisir de vous présenter le professeur Ombrage qui enseignera le défense contre les forces du Mal.

Une collègue de Fudge comme professeur ? Qu'est-ce qui leur valait ce plaisir ? La dernière fois que Fudge avait suggéré quelqu'un à Dumbledore, ils s'étaient retrouvés avec la catastrophe ambulante qu'était Lockhart...

Celle-là promettait d'être pas mal non plus, dans son genre ! Faisant fit de toute tradition, elle interrompit sans vergogne le discours de Dumbledore.

- Merci, cher directeur, pour ces aimables paroles de bienvenue, minauda le « professeur » Ombrage. Je dois dire que c'est un grand plaisir de revenir à Poudlard et de voir tous ces joyeux petits visages levés vers moi !

« ça ne va pas le rester longtemps si tu continues à t'adresser à nous comme ça ». Pour qui les prenait-elle, des attardés mentaux ?

- J'ai hâte de vous connaître tous et je suis sûre que nous deviendrons vite de très bons amis !

En ce qui la concernait, Kécile avait de sérieux doutes. La démagogie ne l'attrapait pas dans ses filets sournois.

Commença alors un discours on ne peut plus officiel sur la richesse du passé et la noblesse de l'enseignement. Kécile aurait donné cher pour savoir quelles pensées s'agitaient derrière le regard imperturbable de Severus. Et cette femme ne pouvait pas cesser ces horripilants « hum, hum » qui ponctuaient chaque pause ? Fudge ne lui avait donc pas conseillé de faire soigner ce tic ?

- Chaque directeur, chaque directrice de Poudlard a apporté quelque chose de nouveau en accomplissant la lourde tâche de gouverner cette école historique et c'est ainsi qu'il doit en être car l'absence de progrès signifie la stagnation puis le déclin.

« La question est donc de savoir où en est le ministère avec toi... à la dernière phase, sans doute... »

Les élèves n'écoutaient pour la plupart plus vraiment ce que débitait la bonne femme qui ne semblait pas se rendre compte qu'elle était en train de planter le germe d'une antipathie générale.

Kécile se pencha vers Harry et murmura :

- Il ne pourrait pas y avoir un élément perturbateur au moment opportun pour une fois ? Comme un troll dans les cachots ?

- … De même, continuait l'autre péronnelle, certaines coutumes anciennes seront conservées à juste titre tandis que d'autres, usées et démodées devront être abandonnées ? Aussi, n'hésitons pas à rentrer dans une ère nouvelles d'ouverture...

« Avec toi, ce serait plutôt une ère de fermeture... »

- … de tailler dans le vif chaque fois que nous serons confrontés à des pratiques dont l'interdiction s'impose.

« Ou comment dire que Dumbledore ne fait pas son travail. Non mais où a-t-il été pécher cette bonne femme ?! »

- Merci beaucoup, professeur Ombrage pour ce discours très éclairant, dit enfin Dumbledore en reprenant son discours là où il avait été interrompu.

- Ça pour être éclairant, c'était éclairant, marmonna Hermione la mine fermée.

- Tu ne vas pas me dire que ça t'a captivé, non ? S'exclama Ron. C'est le discours le plus ennuyeux que j'aie jamais entendu et pourtant, moi, j'ai grandi avec Percy.

- J'ai dit éclairant, pas captivant. C'était très révélateur.

- Vraiment ? S'étonna Harry. Moi, ça m'a donné l'impression d'une sauce insipide.

- Il y avait beaucoup d'ingrédients cachés dans la sauce.

- Exact. Et si vous voulez mon avis, intervint Kécile, la sauce va plus être amère qu'insipide.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Ron avec impatience.

- Ça veut dire que le ministère a décidé d'intervenir dans les affaires de Poudlard, expliqua Hermione.

- Et vu l'idiot fini qu'est Fudge, le résultat promet. Mais comment Dumbledore a-t-il pu laisser intervenir un spécimen pareil !... se lamenta Kécile. Si ses cours sont à l'aune de son discours, on va encore apprendre beaucoup cette année !


A bientôt pour la suite!