Voici la deuxième partie de ce chapitre! Je me suis bien amusée à l'écrire...


Chapitre LXIII : Professeur Ombrage (2)

Severus s'agenouillait comme chaque fois avec la peur au ventre cadenassée derrière une tranquillité factice. Il savait qu'il pouvait ne pas revenir. Mais une fois de plus, il accomplirait cet exploit. Il reviendrait.

- Severus, tu as mis du temps à répondre à ma convocation...

- Nous étions en plein banquet, Mon Seigneur. M'absenter aurait paru étrange, particulièrement auprès de la nouvelle envoyée du Ministère.

- L'envoyée du Ministère, dis-tu ?

- Dolorès Ombrage, Maître. Fudge l'a mise là pour contrecarrer les plans de Dumbledore.

- Bien, sourit le Seigneur des Ténèbres. Cet imbécile me rend tous les jours la tâche un peu plus facile. Tes informations au sujet de Podmore étaient exactes, Severus. Le soumettre a l'Imperium était d'une facilité déconcertante. L'ennui, c'est qu'il s'est fait attrapé. Il nous faudra essayé avec un autre membre de l'Ordre.

-Tous les autres membres sont sous fidelitas, Maître et seul Weasley et les deux aurors travaillent au ministère. Mais il ne faut espérer pouvoir soumettre aucun d'entre eux à l'Imperium, Maître. Ce sont des esprits forts et sur leurs gardes. Il n'y a que Fletcher qui n'est pas protégé et qui est assez faible pour se faire avoir. Mais il est impossible de dire où ce déchet habite, Maître, cracha Severus avec mépris.

- Je vois... As-tu d'autres choses à me rapporter ?

- Oui, Maître. Dumbledore veut faire garder la porte du département des mystères la nuit par des membres de l'Ordre. Ce n'est pas encore en place, mais cela ne devrait plus tarder, Maître.

- C'est bien. Tu peux partir.

Severus n'en croyait pas sa chance. Pas de doloris malgré son retard ? Les informations avaient dû lui plaire dans ce cas ! Et plus surprenant encore, pas de légilimancie pour s'assurer de sa loyauté ?

- Oh, j'allais presque oublier... Legilimens

La pénétration de son esprit était brutale et douloureuse. Mais il y était préparé. Il vit défiler les souvenirs des semaines précédentes et sentait la présence intrusive fureter partout à la rechercher des barrières coupables. Mais le Seigneur des Ténèbres ne trouva rien. Juste des souvenirs neutres, ou en sa faveur, ou au contraire des moments désagréables plus ou moins récents. Mais rien de répréhensible.

Et lorsque la pression se relâcha, Severus s'inclina sans un mot et quitta la pièce, le regard du Lord rivé sur lui.

XXX

Le premier jour de classe était bien rempli : histoire de la magie, potions, études des moldus, et Défense contre les forces du Mal, le tout dans une même journée. Cela faisait un joli programme.

Avec l'approche des BUSES, Kécile avait vaguement espéré voir le programme d'histoire de la Magie changer un peu. Mais il fallait croire que Gringotts sponsorisait Poudlard à moins que Binns n'ait des actions chez eux... Une énième guerre de gobelins jalonnerait cette année. A croire que l'histoire du monde de la magie ne pouvait passer que par ces horribles créatures. Les géants semblaient avoir une vague place parmi les conflits de cette année, mais cela ne suffisait pas rompre la monotonie et à stimuler les élèves.

Durant le cours de potion, Rogue fut égal à lui même.

Il entama à son habitude l'année avec un discours aimable avant de leur ordonner de préparer un philtre de Paix. Une potion délicate à fabriquer, même pour Kécile qui était douée dans cette matière. Histoire de ne pas oublier les bonnes vieilles habitudes, Rogue s'attaqua rapidement à Harry, alors que pour une fois ce dernier ne s'en sortait pas si mal. Oui, évidemment, oublier l'éllébore, l'élément de base de la potion rendait son mélange inefficace. Mais autant qu'elle le sache, cette erreur aurait pu être rattrapable. Cependant, après avoir constaté que cette « lamentable mixture ne servait strictement à rien » Rogue se contenta d'un evanesco et Harry se retrouva comme un idiot devant un chaudron vide. Le gryffondor eut l'intelligence de ne pas répliquer, mais il ramassa ses affaires, bouillant de rage, alors que les autres élèves apportaient au professeur un flacon de leur propre potion. Et il fallait être honnête, une bonne moité des potions que Kécile voyait passer semblaient autant, si ce n'était plus ratées que celle de Harry.

Kécile fit signe à ses camarades de ne pas l'attendre. Elle voulait essayer de toucher deux mots à Severus. Celui-ci grattait un parchemin et ne daigna même pas lever la tête quand elle se retrouva seule avec lui dans la classe.

- Vous ne perdez pas les bonnes habitudes, je constate, commenta Kécile sans animosité particulière, plutôt sur le ton de la plaisanterie.

- Il ne me semble pas vous avoir demandé de rester à la fin du cours, Gaunt. Alors à moins que vous ayez une question directement relative à la potion du jour, vous pouvez quitter immédiatement cette classe.

- Je voulais simplement avoir des nouvelles, répondit Kécile d'une voix un peu lasse. Je suppose que compte tenu des circonstances, vous voir en vie c'est...déjà pas mal... mais...

- Votre sollicitude me va droit au cœur, Miss Gaunt, interrompit Rogue d'un ton qui faisait clairement penser le contraire. Votre attitude est cependant déplacée et je n'accepterai pas une seconde fois ces remarques de la bouche d'un élève. La prochaine fois, ce sera une retenue, Miss Gaunt.

- Mais enfin... Severus...

- Dehors ! Tonna Rogue alors que la porte s'ouvrait dans un grand claquement.

Kécile jeta un regard déçu et furibond au professeur, avant d'attraper son sac et de partir comme une furie.

Elle arriva au cours d'Etudes des moldus, au moment où le professeur Burbage s'apprêtait à fermer la porte et se glissa sur le siège à côté de Susan.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? Demanda celle-ci en voyant sa mine ombrageuse.

- Ron a raison. Rogue n'est vraiment qu'un bâtard. Gronda-t-elle en crachant le dernier mot.

- La plupart des élèves te diraient qu'il était temps que tu t'en aperçoives...

Kécile ne répondit pas, et ouvrit son livre d'un geste rageur au premier chapitre de l'année : l'informatique. Vaste programme pour le peu qu'en avait compris Kécile.

Avec un soupir, elle tenta de reléguer sa colère et s'arma de courage en se disant que c'était probablement sa dernière année d'Etude des Moldus, et se consola en pensant à la compagnie de Susan pour l'aider à supporter ses cours. La Poufsouffle semblait lui rester fidèle.

Malgré ses efforts, Kécile arriva à point pour exploser au cours du professeur Ombrage. Une cocotte minute programmée n'aurait pas eu un meilleur timing.

Comme à chaque fois qu'ils avaient à faire à un nouveau professeur, la classe s'installa en silence.

- Eh bien, bonjour, dit le professeur Ombrage.

- Quelques élèves marmonnèrent un vague bonjour.

- Voyons, voyons, reprit-elle avec sa petite voix horripilante. Ça ne va pas du tout. J'aimerais bien, s'il vous plaît, que vous répondiez : « Bonjour professeur Ombrage ». Recommençons depuis le début si vous le voulez bien. Bonjour tout le monde !

- Bonjour professeur Ombrage, scanda la classe.

Et Kécile marmonna :

- Et bienvenue en maternelle.

- Voilà qui est beaucoup mieux. Ce n'était pas si difficile, n'est-ce pas ?

- Presque aussi douloureux que de lancer un avada kedavra, marmonna à nouveau Kécile.

Harry pouffa à côté d'elle.

- Rangez vos baguettes, et sortez vos plumes, s'il vous plaît.

Ils échangèrent alors un regard sombre. Comme ils l'avaient pronostiqué, ce cours allait être passionnant . Tous les cours sans baguette étaient passionnants...

Ombrage se tourna alors vers le tableau et écrivit : Défense contre les forces du Mal, retour aux principes de bases.

Oui, car il allait sans dire qu'après cinq années de DCFM et les professeurs pour la moitié incompétents qu'ils avaient eu, ils n'avaient même pas acquis les bases. Pourquoi chercher à voir le niveau de la classe, voyons? Kécile se demanda un moment si cette prof ne s'entendrait pas finalement bien avec Rogue. Son petit discours confirma cette pensée :

- Le changement constant d'enseignant, dont beaucoup ne semblent pas avoir suivi le programme approuvé par le ministère a eu le fâcheux résultat de vous laisser loin au-dessous du niveau qu'on est en droit d'attendre au début d'une année de BUSE.

- Et pourquoi Kécile avait-elle comme un doute quant aux capacités de cette bonne femme à leur faire rattraper ce retard ?

- Vous serez certainement satisfaits d'apprendre que ces problèmes vont être désormais résolus.

- Merlin, pitié ! On dirait une pub !

- Cette année, en effet, nous aurons un programme de magie défensive centré sur la théorie et approuvé par le ministère.

Là, ça fait papier officiel démagogique. Quant au « programme centré sur la théorie », voilà qui allait être absolument captivant..
- Commencez par copier sur vos parchemins les phrases suivantes.

Les objectifs d'apprentissages qui s'inscrivirent au tableau laissèrent Kécile pantoise. Pour un peu, elle préférait les problématiques du professeur Burbage. Ça, ce n'était pas des problématiques, c'était des théories fumeuses.

Elle ne prit même pas la peine de recopier ces inepties.

- Avez-vous tous votre exemplaire de Théorie des stratégies de défense magique par Wolbert Eskivdur ?

Celui-là, rien qu'à son nom, on avait envie de laisser soigneusement son livre au fin fond d'une armoire.

La vague réponse dénuée d'enthousiasme que Ombrage reçut ne sembla pas lui plaire.

- Je crois qu'il va falloir recommencer. Lorsque je pose une question, j'aimerais bien que vous me répondiez : « Oui professeur Ombrage » ou « Non, professeur Ombrage ».

Et le « va te faire voir, professeur Ombrage » est-ce que c'était acceptable ?

- Donc, je reprends : Avez-vous tous votre exemplaire de Théorie des stratégies de défense magique par Wilbert Eskivdur ?

- Oui, professeur Ombrage, répondit la classe d'une seule voix.

Et Kécile sentait la vapeur commencer à lui sortir des oreilles.

- Très bien. Je voudrais maintenant que vous ouvriez ce livre à la page 5 et que vous lisiez le premier chapitre : « Principe de base à l'usage des débutants ». Et je vous signale qu'il est inutile de bavarder.

Et quoi, après ? Ils allaient avoir une interrogation de lecture ? Quel allait être le but de ce cours ? Vérifier qu'ils savaient lire ? Kécile était de mauvaise humeur et ces derniers temps, cela signifiait qu'elle était également d'humeur rebelle. Elle prit son parchemin et ignora délibérément le livre ouvert sur sa table. Il serait beaucoup plus utile de commencer à jeter des idées sur les différents devoirs qu'on leur avait donné dans les autres matières.

Mais rapidement, son travail « utile » fut interrompu par le manège d'Hermione, et elle n'était pas la seule à être interpellée : sa camarade n'avait même pas prit la peine d'ouvrir son livre et les yeux rivés sur le professeur Ombrage, elle tenait obstinément sa main en l'air.

Au bout de plusieurs minutes de ce manège, lorsqu'il fut évident que Hermione finissait par être un élément perturbateur, Ombrage finit par intervenir.

- Souhaitez-vous poser une question au sujet de ce chapitre ? Demanda-t-elle d'un ton faussement aimable.

- Non, pas au sujet du chapitre, répondit Hermione.

- Pour l'instant, nous sommes en train de lire. Si vous avez d'autres questions, nous attendrons la fin du cours pour nous en occuper.

- J'ai une question à propos de vos objectifs d'apprentissage.

- Et vous vous appelez ?

- Hermione Granger.

- Eh bien, Miss Granger, il me semble que ces objectifs sont parfaitement clairs si vous prenez la peine de les lire attentivement.

- Je ne le pense pas, répondit fermement la gryffondor. Rien n'est indiqué au sujet de l'utilisation des sortilèges de défense.

Kécile n'était donc pas la seule à trouver cela aberrant. Malheureusement elle trouvait ses objectifs parfaitement clairs.

- L'utilisation des sortilèges de défense ? Répéta Ombrage avec un petit rire. Je ne vois pas ce qui pourrait arriver dans ma classe qui nécessite de recourir à un tel sortilège, Miss Granger. Vous ne craignez quand même pas de subir une attaque pendant mes cours ?

Non mais c'était le monde à l'envers ! S'ils n'avaient pas le droit d'exécuter de magie dans les couloirs ou en dehors de l'école, où pouvaient-ils le faire si ce n'était dans une salle de classe ?

- Alors, on ne fera pas de magie ? S'exclama Ron.

- Lorsqu'on veut s'exprimer dans ma classe, on lève la main, Mr...

- Weasley, répondit aussitôt le rouquin en levant la main.

Mais Ombrage lui tourna le dos.

- Miss Granger ? Vous voulez demander autre chose ?

- Oui. La raison d'être des cours de défense contre les forces du Mal, c'est bien de pratiquer des sortilèges de défense, non ?

- Seriez-vous une experte formée par le ministère, Miss Granger ?

- Non, mais...

- Dans ce cas, j'ai bien peur que vous ne soyez pas qualifiée pour définir la raison d'être d'une matière, quelle qu'elle soit. Notre nouveau programme d'études a été établi par des sorciers beaucoup plus âgés et intelligents que vous, Miss Granger.

Kécile interrompit sans vergogne Ombrage. Elle ne parlait pas directement au professeur mais ne cherchait pas non plus à être discrète. De ce fait, toute la classe profita de son commentaire.

- A voir ces inepties, ces sorciers doivent en effet être vraiment plus âgés que toi. Sans doute trop pour être plus intelligents. Si tu veux mon avis, Hermione, tu peux arrêter tes études et postuler au ministère. Vu le niveau général, tu seras amplement qualifiée pour remplacer ces imbéciles.

Ombrage lui jeta un regard noir, mais préféra passer l'impertinence pour se concentrer sur Hermione . Sans doute parce que Kécile n'avait pas levé la main... Elle devait considéré qu'il valait mieux l'ignorer.

- Vous apprendrez ainsi les sortilèges de défense dans des conditions qui garantissent la sécurité et l'absence de risques...

- A quoi ça peut bien servir ? Explosa enfin Harry. Si nous sommes attaqués, ce ne sera pas avec...

- Votre main, Mr Potter, chantonna Ombrage.

Harry, excédé, obtempéra.

Une nouvelle fois, Ombrage se détourna, mais elle avait maintenant d'avantages d'excuses. Plusieurs autres élèves avaient levé la main.

- Vous vous appelez ?

- Dean Thomas.

- Je vous écoute, Mr Thomas.

- Harry a raison, non ? Si on se fait attaquer, les risques ne seront pas du tout absents.

- Je le répète. Craignez-vous de subir une attaque pendant mes cours ?

- Non, mais...

- Je ne souhaite pas critiquer la façon dont cette école a été dirigée, mais vous vous êtes trouvés exposés dans cette classe à des sorciers irresponsables, totalement irresponsables même, sans parler de certains hybrides particulièrement dangereux.

- Si vous voulez parler du professeur Lupin, c'est le meilleur qu'on ait jamais eu ! Défendit Dean.

- Votre main, Mr Thomas ! Comme je vous le disais, vous avez été initiés à des sortilèges complexes, inadaptés à votre âge et potentiellement mortels. On vous a fait peur en vous laissant croire que vous risquiez d'être attaqués tous les deux jours par des forces maléfiques...

- Pas du tout, protesta Hermione, nous avons simplement...

- Vous n'avez pas levé la main, Miss Granger. Si j'ai bien compris, mon prédécesseur ne s'est pas contenté de pratiquer des sortilèges illégaux devant vous, il les a pratiqués sur vous.

Et qu'elle se méfie ou Kécile pourrait bien être tentée de garder la main sur elle avant la fin de l'année...

- En fait, c'était un fou, non ? N'empêche qu'on a quand même appris plein de choses.

- Vous n'avez pas levé la main, Mr Thomas !

Y avait-il une chance que si personne ne se pliait à sa règle, elle cesse de répéter cette phrase horripilante?

- Le ministère estime que des connaissances théoriques seront suffisantes pour vous permettre de réussir votre examen, ce qui après tout est l'essentiel dans une école. Vous vous appelez ?

- Parvatil Patil. Il n'y a pas une partie pratique dans l'épreuve de DFCM quand on passe les BUSE ? Est-ce qu'on ne doit pas montrer qu'on sait véritablement lancer des antisorts ou des choses comme ça ?

Ça au moins, c'était une remarque strictement scolaire que le crapaud ne pouvait pas contredire.

Mais la réponse qu'ils obtinrent était au delà de l'imaginable.

- Si vous étudiez suffisamment bien la théorie, il n'y a aucune raison pour que vous ne puissiez pas exécuter l'un de ces sorts sous le contrôle attentif des responsables de l'examen.

- Sans jamais les avoir pratiqués avant ? Insista Parvati incrédule.

Cette bonne femme croyait au père Noël ! Dans son système éducatif miraculeux, le pourcentage de réussite était de combien ? 1% ? Parce qu'elle doutait que hormis Hermione, elle-meme, et quelques autres privilégiés qu'elle ne connaissait pas, les élèves puissent réussir du premier coup à lancer un nouveau sortilège. Soyons honnête. En réalité, même elle ne le pouvait pas. Le seul avantage qu'elle avait, c'était que la plupart des sortilèges qu'ils étudiaient lui étaient déjà connus. Non, il n'y aurait qu'Hermione serait capable de cet exploit. Et Kécile n'était pas la seule à être de cet avis.

- Sans jamais les avoir pratiqués avant ? Rétorqua Parvati. Vous voulez dire que la première fois qu'on jettera ce genre de sort, ce sera le jour de l'examen ?

- Je répète, si vous avez étudié la théorie suffisamment bien...

- Et à quoi nous servira la théorie dans le monde réel ?

Merci Harry de tenter de ramener cette conversation surréaliste sur une base sensée.

- Ici, nous sommes dans une école, Mr Potter, pas dans le monde réel.

Ah, on approchait du problème fondamental.

- Alors, nous n'allons pas nous préparer à ce qui nous attend dehors ?

- Rien ne vous attend dehors, Mr Potter.

On venait de toucher le cœur du problème. Et Kécile agrippait les bords de la table et se mordait la lèvre pour ne pas exploser. Rien ne les attendait dehors, sauf une guerre.

- Ah vraiment ? Répliqua Harry qui semblait lui aussi proche d'exploser.

- A votre avis, qui aurait l'idée d'attaquer des enfants comme vous ?

- Mmm... voyons... répondit Harry dans une parodie de réflexion qui aurait pu être comique en d'autres circonstances. Peut-être... disons... Lord Voldemort ?

Kécile ne retint pas un ricanement sonore qui passa par-dessus les diverses manifestations de frayeur de ses camarades. Ombrage elle, semblait avoir atteint ce qu'elle voulait.

- Dix point de moins pour Gryffondor, Mr Potter. Et maintenant, je vais éclaircir certaines petites choses. On vous a raconté qu'un certain mage noir était revenu d'entre les morts...

- Il n'était pas mort, et c'est vrai, il est revenu.

- Mr Potter, vous avez déjà fait perdre dix points à votre maison n'aggravez pas votre propre cas. Comme je vous le disais, on vous a raconté qu'un certain Mage noir est à nouveau en liberté. Il s'agit d'un mensonge.

- Ce n'est pas un mensonge, cria Harry, à bout. Je l'ai vu, je me suis battu contre lui !

- Vous aurez une retenue, Mr Potter ! Demain soir. Cinq heures. Dans mon bureau.

Kécile ne put se retenir plus longtemps.

- Oh, mais bien sûr ! Ricana-t-elle. Il est évident qu'une retenue va empêcher Voldemort d'agir dès qu'on aura mis un pied en dehors de l'école. Je suis sure que vous pourriez l'arrêter à coup de mesures disciplinaires ou de programmes éducatifs novateurs. Vous devriez essayer.

- Vous êtes ?

Kécile fixa Ombrage d'un regard de défi. Elle savait qu'au moment où elle livrerait son nom, elle deviendrait une nouvelle cible, au même titre que Harry Potter, bien que pour des raisons différentes.

- Kécile Gaunt.

Un sourire mauvais s'étira sur le visage du professeur.

- Oui, bien sûr... j'aurais dû m'en douter. Vous aurez donc une retenue également, en même temps que Mr Potter.

- J'en suis charmée, répliqua Kécile sans prendre garde à son insolence. J'enverrai une invitation à Voldemort histoire qu'il vous prouve l'injustice de cette punition en se joignant à nous.

- N'aggravez pas votre cas, Miss Gaunt. Je le répète. Il s'agit d'un mensonge. Le ministère de la Magie peut vous garantir qu'aucun Mage noir ne vous menace. Si vous continuez à éprouver des inquiétudes, n'hésitez pas à venir m'en parler en dehors des heures de classe. Si quelqu'un vous fait peur en vous racontant des mensonges sur le retour des Mages noirs, j'aimerais bien être mise au courant. Je suis ici pour vous aider. Je suis votre amie.

- Quelle amie ! S'exclama outrageusement Kécile. Qui les envoie à l'abattoir, aussitôt qu'ils auront franchi ces portes! Et comment voulez-vous qu'ils n'éprouvent pas d'inquiétudes ? Quand on entend tous les jours parler de disparitions mystérieuses ? Quand des soi-disant résidus de groupe de Mangemorts agissent hebdomadairement, fauchant des sorciers «traîtres à leur sang », des nés-moldus « Sang-de-Bourbe » comme ils aiment à les appeler ? Sans parler de ces massacres de moldus que la Gazette ne prend même plus la peine de relayer tellement ils sont fréquents !

- Tous ces faits ne sont que de tragiques accidents.

- Et bien dites moi...Il y a une épidémie d'accidents ces temps-ci. Ricana Kécile.

- Vous aurez une semaine de retenue pour votre insolence, Miss Gaunt. Et maintenant, veuillez reprendre votre lecture, Page 5, « Principes de base à l'usage des débutants ».

Mais Harry s'était levé, une fureur glaciale peinte sur son visage.

- Alors, selon vous, Cedric Diggory est mort de son plein gré ? Dit-il la voix tremblante.

Un silence de mort s'abattit sur la classe.

- La mort de Cedric Diggory a été un tragique accident.

- Un de plus, commenta ironiquement Kécile.

- C'était un meurtre, asséna Harry. Voldemort l'a tué et vous le savez très bien.

Ombrage le fixa un instant sans un mot. Puis, d'une voix horriblement douce et enfantine, elle demanda :

- Venez ici, Mr Potter.

Harry écarta sa chaise d'un coup de pied et s'avança à grand pas vers le bureau.

Le professeur griffonna un mot sur un parchemin puis le scella et de demanda :

- Allez donc porter ceci au professeur McGonagall, cher Mr Potter.

Harry s'exécuta sans un mot, mais la porte claqua violemment sur ses talons.

- Maintenant, retournez à votre lecture.

Et Ombrage fixa Kécile d'un oeil plein d'avertissements. Incapable de surmonter sa colère, celle-ci rassembla ses affaires sous le regard médusé de ses camarades, et Hermione tenta vainement de la retenir quand elle se leva avec un regard de défi pour le professeur qui ne dit pas un mot.

Quelques instants plus tard, la porte claquait à nouveau dans le couloir en écho à la sortie de Harry.

A l'heure du dîner, les vociférations de Harry et les impertinences de Kécile avaient déjà fait le tour de Poudlard. Alors qu'ils étaient attablés, Harry leur fit part de sa conversation avec McGongall. Kécile avait du mal à croire qu'il fallait simplement laisser dire le crapaud. L'idée la révoltait du plus profond de ses tripes. Pourtant le professeur de métamorphose conseillait de « faire profil bas et contrôler leurs humeurs » aux dires de Harry !

Le professeur McGonagall arrivait justement à leur hauteur et s'arrêta devant eux.

- Le professeur Dumbledore veut vous parler après dîner, Miss Gaunt.

- Merci professeur, répondit Kécile.

C'était très bien. Elle avait justement besoin que le professeur lui donne quelques explications.

- Ah, Kécile, dit Dumbledore en levant la tête lorsqu'elle entra dans son bureau. Je suis content de te revoir.

- Moi aussi, professeur, répondit sincèrement Kécile.

Car même si elle se sentait un peu remontée contre lui ces derniers temps, sa présence lui était toujours rassurante. Il allait lui expliquer ce qu'il se passait et fournir une solution.

- Assied toi, j'en ai pour deux minutes, dit-il en retournant son attention sur le parchemin sur lequel il écrivait rapidement.

Elle observait la plume glisser en une écriture élégante jusqu'à que Dumbledore relève la tête vers elle, range son travail et lui accorde toute son attention. Il la fixait d'un regard ferme et perçant qui lui laissa deviner qu'elle allait être bonne pour un sermon.

- Le professeur McGonagall m'a raconté l'incident de ton premier cours de DCFM.

- Ah... commenta simplement Kécile.

Mais Dumbledore n'ajouta rien et se contenta de la fixer. Le manège finit par agacer Kécile et la mettre mal à l'aise.

- Vous n'allez pas me dire que vous avez été franchement surpris ?

- J'aurais cru que vous seriez plus intelligent que cela.

- Que voulez-vous dire ?

- Je suis certain que tu as parfaitement compris le petit discours que Dolorès Ombrage nous a servi le soir de la rentrée. Il a dû t'éclairer sur sa présence ici.

- A vrai dire, il nous a plutôt laissé perplexe. Elle est au service de Fudge. C'est clair. Ce qui ne l'est pas en revanche, c'est comment vous avez pu nommer un professeur pareil...

- Je ne l'ai pas nommé. C'est Fudge.

- Et depuis quand cet imbécile de ministre s'occupe-t-il de la nomination des professeurs ?

- Depuis qu'un nouveau décret d'administration a été voté.

- Hermione a donc raison. Le ministère a décidé de s'occuper des affaires de Poudlard.

- Miss Granger a vu juste, acquiesça Dumbledore. Hors il n'est pas dans notre intérêt que le ministère est l'impression d'une opposition systématique à son autorité. Ton attitude et plus encore celle de Harry sont une véritable révolte aux yeux de Ombrage et donc aux yeux de Fudge. Il ne faut pas que vous oubliez que tout ce qui vient aux oreilles de cette femme arrivent dans celles de Fudge.

- Et cela est censé nous faire peur ? Rétorqua crânement la jeune fille.

- Cela est censée nous amener à la prudence, Kécile. La provocation gratuite ne nous mènera nulle part. Tu te dois particulièrement d'être précautionneuse en raison de ta position. Tu connais les sentiments de Fuge à ton égard. S'il ne tenait qu'à lui tu serais à Azkaban. Ombrage est une créature de Fudge et elle cherchera à te nuire, tout autant qu'à Harry ou moi-même. La seule différence, c'est que si Harry et moi pouvons trouver du soutien, ce ne sera pas le cas si ta situation est dévoilée au grand jour.

- Je dois donc faire profil bas et contrôler mes humeurs.

- C'est cela.

- Mais comment puis-je la laisser déblatérer ces inepties sans broncher ? C'est au-dessus de mes forces, protesta Kécile.

- Si l'école apprend que tu es la fille de Voldemort, ces inepties seront le cadet de tes soucis. Mon pouvoir n'est pas illimité, Kécile et mon influence gravement diminuée ces derniers temps au ministère. La situation pourrait rapidement dégénérer.

- Vous voulez dire que … je pourrais me retrouver à Azkaban ?

Dumbledore se tut et lui jeta un regard lourd.


Alors?