bien, il fallait que ce moment arrive à un jour...

A écouter en même temps qu'indiqué: (enlever les étoiles):

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Chapitre 64 : La trahison du ministère

Elle ouvrait péniblement les yeux. Ses paupières étaient lourdes. Comme si on l'avait assommée. A travers la brume qui voilait son regard, elle vit une lumière grise maussade d'un jour de pluie et de brouillard sans soleil. Mais elle se dressa d'un coup. Du moins elle tenta. Devant ses yeux ses dressaient des barreaux. Epais et froids. Elle était dans une cage. Et elle était entravée. Elle voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle avait aussi été bâillonnée. Derrière les barreaux, elle vit Ombrage qui dansait autour de la cage comme un crapaud visqueux bondissant dans des sauts grotesques. Et d'une voix de petite fille, elle chantonnait :

« Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom n'existe pas... Harry Potter est un menteur... Tu n'est qu'une insolente... Et Fudge le saura... Et il vous punira... »

Kécile voulut lui dire de la fermer mais le bâillon l'entravait et seul un gargouillis informe sortit de sa bouche.

Dumbledore apparut alors et lui dit d'un ton sentencieux :

- Tu dois apprendre à la laisser dire. Tu dois laisser faire. Arrête de te débattre. Plus tu te débattras et plus tu resteras enfermée. Apprends à te contrôler.

Une ombre apparut à côté d'elle. Ce n'était personne mais elle savait qui c'était.

- Ma pauvre Kécile... Enfermée pour avoir dit la vérité. Tu n'aurais pas dû choisir ce côté... Regarde où cela t'as mené... Tu ne seras jamais libre avec eux.

Le mardi matin démarra avec la joyeuse perspective des retenues qui l'attendaient avec Ombrage tout au long de la semaine. Et l'idée que Harry serait avec elle n'était qu'une maigre consolation. Mais dans son malheur, elle s'estimait encore plus heureuse que ce dernier. Lui avait non seulement ces foutues retenues pour assombrir son humeur, mais devait en plus subir l'attitude offensante de bon nombre de ses camarades. Il y avait eu Seamus tout d'abord, qui n'avait pas hésité à faire part de son scepticisme et à traiter Harry de menteur. Il y avait eu Lavande dans le dortoir des filles.

Mais peut-être encore pire, il y avait tous ceux qui ne disaient rien devant lui mais chuchotaient dans son dos ou lui jetaient des regard méfiants.

Susan soutenait Harry. Davantage par loyauté envers Kécile que par conviction.

- Honnêtement, je ne sais qui a raison. Mais je ne crois pas que Harry soit fou. Tu ne serais pas amie avec un fou. Et puis je préfère te croire toi que cette Ombrage. Je ne l'aime pas. J'en ai parlé à mes parents. Eux non plus ne lui font pas confiance. Et ma tante la déteste. Elle est fausse. Toi, tu es sincère, ça se voit. Alors même si je n'ai pas envie que Tu-Sais-Qui soit de retour, je te crois. Je vous crois.

Ernie marqua aussi son adhésion au premier cours de Botanique. Mais ces maigres approbations ne suffisaient pas à améliorer l'humeur massacrante de Harry. Et Kécile avait l'impression de se retrouver avec un miroir d'agressivité qui ne faisait rien pour diminuer la sienne.

A cinq heures, ils se rendirent tous les deux à leur retenue. Kécile eut envie de vomir en pénétrant dans le bureau du professeur de DFCM. La dentelle niaise au possible recouvrait tout en petit napperons et rideaux ridicules. Mais le pompon était sans aucun doute la collection d'assiettes ornementales qui représentaient des chatons aux couleurs écœurants. Chaque bestiole arborait un nœud différent, du genre de ceux qu'elle portait dans ses cheveux.

Cette bonne femme devait être fétichiste des chats et des nœuds.

- Bonsoir Mr Potter, bonsoir Miss Gaunt.

Kécile ne prit même pas la peine de répondre tandis que Harry marmonnait un vague salut.

- Eh bien, asseyez-vous.

Garder son calme, garder son calme, se répéta Kécile comme un mantra quand le professeur Ombrage les accusa de raconter des histoires détestables et malfaisantes dans le seul but d'attirer l'attention. Elle tentait de se rappeler les parole de Dumbledore. Ombrage pouvait lui faire du mal.

Harry semblait avoir un raisonnement similaire, car il teint sa bouche close, quand bien même cela lui semblait douloureux.

- Très bien, dit Ombrage d'une voix doucereuse. On parvient déjà mieux à contrôler son humeur, n'est-ce pas ? Maintenant vous aller copier des lignes, Mr Potter. Oh non, pas avec votre plume, ajouta-t-elle alors que Harry se penchait pour ouvrir son sac. Vous allez vous servir de mes plumes personnelles. Voilà.

Et elle leur tendit à chacun une longue plume mince et noire dont l'extrémité était anormalement pointue.

- Je veux que vous écriviez : « Je ne dois pas dire de mensonges »

- Combien de fois, demanda Harry d'un ton qui tentait péniblement d'être poli.

- Oh, autant de fois qu'il faudra pour que le message rentre. Allez-y.

Kécile n'aurait pas dû se réjouir de n'avoir que des lignes à copier. Harry n'étouffa qu'une exclamation de douleur, mais elle n'eut pas sa maîtrise. La brûlure qui naissait sur le dos de sa main était cuisante et lorsqu'elle comprit qu'elle écrivait avec son propre sang, elle se figea.

Ça la révulsait et la nausée revint avec force. Elle se sentait paralysée. Ce n'était pas tant la douleur qui l'écœurait. Elle avait malheureusement connu pire. Ce qui la révulsait c'était de devoir se l'infliger elle-même. On lui aurait lancé un sort qu'elle aurait essayé d'affronter la douleur, mais se la provoquer soi-même, c'était au-dessus de ses forces.

Ombrage devait observer leur réaction, car lorsqu'ils s'arrêtèrent d'écrire dans un ensemble involontaire, le crapaud demanda avec un plaisir sadique:

- Oui ?

- Rien, répondit Harry.

Oh non ! Oh non non non ! Ce n'était pas rien ! Comment pouvait-il accepter aussi facilement une punition pareille ? Il retournait déjà à l'écriture, mais Kécile se leva calmement.

- Que faites-vous Miss Gaunt ?

- Je ne peux pas.

- Je vous demande pardon ?

- Je ne peux pas faire ça.

- Mais je ne vous laisse pas le choix, Miss Gaunt.

- Alors à moins que vous ayez une autre punition en remplacement, je m'en vais, dit-elle avec un calme qu'elle n'éprouvait cependant pas.

- Vous allez vous rasseoir et copier ces lignes comme Mr Potter.

- Je ne peux pas.

- Je peux vous y obliger s'il le faut.

- Non, vous ne pouvez pas, dit-elle d'une voix qu'elle aurait souhaité plus assurée. L'imperium vous causerait trop de problèmes. Et de toute manière j'y résiste.

Kécile mit son sac sur l'épaule et marcha vers la porte sous la baguette qu'Ombrage venait de sortir. Celle-ci semblait à l'inverse du calme tremblant de Kécile, étonnant furieuse. Elle n'avait peut-être pas pensé qu'on s'opposerait à ce point à son autorité. Elle se rendait peut-être compte que si Kécile ne se pliait pas d'elle-même à la punition, elle n'avait pas de moyen de pression. Kéile s'en fichait. Tout ce qu'elle voulait, c'était quitter cette pièce qui lui donnait envie de vomir et cette bonne femme qui commençait à la faire frissonner. Elle était faite de la trempe des mangemorts. Sauf qu'elle n'en était pas. Et c'était dérangeant.

- Miss Gaunt, si vous quittez cette pièce, les conséquences seront dramatiques pour vous.

- N'importe quel conseil disciplinaire me donnera raison, professeur.

Et sans ajouter un mot, elle quitta la pièce.

Une fois la porte refermée derrière elle, elle se figea dans le couloir ne sachant quoi faire. Il y avait encore peu, elle aurait immédiatement été voir Severus. Mais ce n'était clairement plus une option. Elle envisagea de simplement retourner à la tour Gryffondor, mais elle sentait qu'elle avait besoin de parler de ce qui venait de se passer à un adulte. Aussi finit-elle par prendre le chemin du bureau de Dumbledore d'un pas un peu tremblant. Etait-ce la peur, la fureur ou la retombée d'adrénaline qui la faisait se sentir un peu faible ?

Lorsqu'elle frappa à la lourde porte de chêne, elle se sentait déjà un peu mieux, et elle se détendit en entendant Dumbledore lui dire d'entrer.

- Kécile ?

Peut-être qu'elle devait être un peu palote tout de même parce qu'il lui demanda aussitôt :

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Ombrage.

Le vieux sorcier fronça aussitôt les sourcils.

- As-tu encore fait un esclandre ?

- Non ! Enfin, je ne sais pas... c'est juste que... Savez-vous ce qu'elle a essayé de faire durant la retenue ce soir ? Dit-elle en sentant la colère commencer à monter. Elle nous a fait écrire avec une plume qui utilise notre sang à la place d'encre.

Elle vit Dumbledore se figer.

- Je me suis peut-être ramollie à Poudlard loin des mangemorts, mais je ne peux pas faire ça. C'est trop malsain.

- Qu'as-tu fait ?

- Je suis simplement partie.

- Tu veux dire que tu n'as pas fait ta retenue ?

- Vous n'allez tout de même pas me dire que j'aurais dû rester à me charcuter volontairement la main, non ? Protesta Kécile avec véhémence. Si Harry est resté, c'est son problème.

Dumbledore se leva brusquement, et Kécile eut la désagréable impression qu'il était agité lorsqu'il commença à faire les cent pas.

- Cette punition est inacceptable, je te l'accorde. Et dans d'autres circonstances... Mais actuellement...

- Vous n'allez rien faire ? Dit-elle stupéfaite.

- Cela me déchire, Kécile, crois-moi. Mais si je m'oppose à Ombrage la situation peut empirer de manière dramatique.

- Mais qui fait la loi à Poudlard ? C'est vous le directeur !

- Kécile, tu dois comprendre que les temps sont mauvais. Mon soutien s'effrite à l'extérieur de l'école. L'opinion ne m'est plus favorable. Fudge cherche le moindre prétexte pour me destituer de mon poste. Il ne fait aucun doute qu'il nommerait Dolores Ombrage à ma place. Je te laisse alors imaginer le chaos que deviendrait Poudlard.

- Vous allez donc faire comme si je n'avais rien dit ?

- Je ne peux rien faire...

Et cela semblait véritablement torturer le vieil homme.

- Tu dois absolument faire attention à toi, à ce que tu dis, Kécile. Tu dois te faire oublier.

- Je veux bien essayer de ne pas récolter de nouvelles retenues, mais je ne retournerai pas dans le bureau d'Ombrage avec sa plume maléfique.

- Kécile, t'opposer à Ombrage...

- Vous n'allez pas me dire qu'il faut que j'y retourne tout de même ? S'insurgea la jeune fille.

Dumbledore eut l'air désemparé. Et Kécile eut l'impression que le monde s'effondrait autour d'elle. Pour la première fois, Albus Dumbledore n'avait pas réponse à tout. Pour la première fois, il ne pouvait pas l'aider.

XXX

Chaque soir, alors que Harry se rendait aux retenues, Kécile se sentait mal-à-l'aise et se répétait qu'elle était dans son bon droit. Mais l'absence de réaction de la part du professeur de DFCM lui laissait un sentiment d'insécurité. Les paroles de Dumbledore qui la mettait en garde contre ses capacités de nuisances lui revenaient souvent. Mais elle se rassurait. De la même manière qu'Ombrage ne pouvait pas protester contre son absence aux retenues sans que soit étalé au grand jour son procédé illégal, de la même manière elle ne pouvait attaquer Kécile sans causer du tort au ministère.

« Elle ne peut pas parler de mes liens avec Voldemort. Mes propos gagneraient immédiatement en crédibilité, se défendit Kécile intérieurement. N'importe qui pourrait penser que je suis davantage au courant que quiconque du ministère si Voldemort est de retour. Le gens se mettraient à écouter ce que je dis, ce que Harry clame. Ça nous donnerait une nouvelle crédibilité qui lui porterait préjudice. »

XXX

- Tu es ma fille et tu le clameras toi-même.

- Jamais !

- Tu es ma fille et tu le revendiqueras.

- Jamais !

- Tu es ma fille et tu agiras comme telle.

- Non !

Kécile se réveilla en sursaut avec l'impression que les deux yeux rouges l'avait pénétrés jusqu'à l'âme. Elle frissonna en tentant de se débarrasser de la dérangeant sensation que Voldemort était encore là. Elle se leva discrètement et descendit dans la salle commune. Sans réelle surprise, elle trouva Harry qui gardait les yeux péniblement ouverts sur un devoir de Botanique.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Lui demanda-t-il d'une voix rendue pâteuse par le sommeil.

- Cauchemar... marmonna Kécile en s'affalant devant le feu. Tu devrais vraiment cessé de répondre aux convocations de cette folle. Elle ne m'a rien fait, à moi.

- Je ne veux pas lui faire ce plaisir de fuir.

- Je n'ai pas fui.

- Si, rétorqua Harry avec un regard sérieux. Si tu avais le courage de tes opinions et d'assumer tes paroles insolentes, tu serais restée.

- Tu es en train de me traiter de lâche, si je ne me trompe ?

- J'assume ce que j'ai dit. Je ne suis pas comme toi, c'est tout.

- Ah, ça, c'est sûr. Je n'ai pas ton côté masochiste pour aller me taillader la main tous les soirs.

- Si je me rends là-bas tous les soirs, c'est pour avoir la liberté de continuer à dire ce que je pense et à m'opposer à elle.

- Saint Potter, priez pour nous, ricana Kécile. Je ne considère pas que me plier à ses petites séances de tortures raffinées fassent avancer les choses. Alors arrête de jouer les martyrs.

- Tu as beau jeu de te moquer de moi, répondit dignement Harry. Mais sous tes airs bravaches, tu ne pèses pas grand chose.

Kécile ne répondit pas malgré le rouge qui lui montait aux joues et la brûlure qui se propageait dans rson estomac. Sans un regard pour Harry, elle remonta les escaliers quatre à quatre.

Quel imbécile !

Kécile avait la rancune tenace, c'était là l'un de ses principaux défauts. Elle n'adressa plus la parole à Harry et par extension à Ron et Hermione du reste de la semaine. Mais ils étaient tous trop surchargés de devoirs pour que la situation leur pèse.

(début du lien)

Le dimanche, elle alla frapper aux appartements de Dumbledore. Le vieil homme l'accueillit avec une mine préoccupée, mais ne la renvoya pas. Elle supposa qu'Ombrage ou Fudge (voir même les deux) faisait encore de siennes.

- Est-ce que tout va bien, professeur ? Interrogea-t-elle prudemment.

- Cela pourrait aller mieux, avoua le directeur, mais entre. Tu as besoin de me parler ? Demanda-t-il ensuite.

- Non, j'avais simplement envie d'être un peu avec vous. La semaine a été plutôt déprimante de mon côté aussi, dit-elle en s'asseyant avec un soupir face au bureau.

- Est-ce que tout va bien avec tes amis ? Il m'a semblé que vous étiez en froid.

Kécile haussa les épaules.

- Ça va passer. Ombrage énerve Harry, moi aussi elle m'irrite, alors elle nous porte un peu sur les nerfs en ce moment.

Ni l'un ni l'autre ne parlèrent des retenues. Et Kécile tut les cauchemars qui venaient perturber ses nuits. Après tout, elle avait passé l'âge de venir pleurer dans le giron de Dumbledore pour ce genre de choses. C'était fini l'époque de la gamine fragile et perturbée.

- Que dirais-tu que nous passions au salon pour écouter un peu de musique ? Proposa le directeur en reposant sa plume d'un air décidé.

- Volontiers, il y a encore des concertos pour hautbois que Henri m'a offert et que je n'ai pas encore eu l'occasion d'écouter, suggéra-t-elle.

Lorsqu'ils furent installés et que la musique s'éleva dans la petite pièce, Kécile sentit l'énervement de ces derniers jours s'estomper un peu. Merlin qu'elle aimait le son de cet instrument. Il pouvait être tendre et doux, narquois et grinçant, apaisant, déchirant, désincarné, passionné... il était le reflet parfait de son âme. Elle savait maintenant pourquoi elle avait choisi cet instrument. Il était une prolongation, une expression d'elle-même. Elle avait l'impression rassurante qu'un jour, elle saurait se passer des mots et faire passer ses états d'âme à travers ce son. Et c'était une pensée plaisante.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides,
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
_ Qui plane sur la vie et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

Kécile avait tourné un regard surpris vers le vieil homme. Dumbledore avait fermé les yeux et murmuré ces vers qu'elle ne comprenait pas mais dont la sonorité lui était douce à l'oreille et qu'elle devinait emprunts de mélancolie. Elle l'observa avec attention. Il avait l'air fatigué. Des marques violettes inhabituelles étaient mal dissimulées par ses lunettes en demi-lunes. Il devait sans doute avoir plus de soucis qu'elle n'en avait.

- Comment va Severus ? Demanda-t-elle soudain.

Le directeur rouvrit les yeux pour la regarder l'air interrogateur.

- N'as-tu pas eu cours avec lui ?

- Ça ne veut rien dire, rétorqua-t-elle amère. Severus serait capable de faire cours après avoir subi le doloris. Et j'ai essayé de lui parler, mais je me suis fait jeter dehors.

- Voldemort le convoque régulièrement et lui met une pression terrible sur les épaules, expliqua Dumbledore. Il vit assez mal de devoir mettre des gens en danger pour retrouver sa place auprès de ton père. Sans compter qu'il doit subir à chaque fois les doloris gratuits et la légilimancie censée s'assurer de sa loyauté. Il faut lui pardonner d'être aussi renfermé, Kécile. C'est vraiment difficile pour lui et il ne peut pas se permettre le moindre faux pas. Voldemort n'attend que ça.

Kécile soupira avec lassitude.

- J'ai vraiment l'impression que tout va de travers depuis quelques temps...

- Oui, approuva Dumbledore. Et malheureusement, cela n'est pas près de s'arrêter.

(fin du lien)

XXX

Kécile comprit dès le lundi matin ce que le directeur avait voulu dire,et les événements amenèrent le trio et la jeune fille à se rapprocher tacitement pour faire front commun.

Elle glapit en ouvrant la Gazette du sorcier, et ne fut pas la seule. Hermione bondit littéralement de sa chaise.

- Je n'y crois pas... dit Kécile d'une voix blanche en parcourant l'article. Ombrage Grande Inquisitrice...La main mise de Fudge n'a de cesse de croître.

- J'ai hâte de voir McGonagall inspectée, dit Ron d'un ton joyeux qui détonnait avec l'ambiance général. Ombrage ne verra pas le coup venir.

- Tiens, c'est vrai ça, acquiesça Kécile. Moi, j'attends de la voir avec Rogue. Elle va se faire littéralement descendre...

Mais Binns ne fut pas inspecté, ce qui était dommage, car cela aurait pu rompre la monotonie de ce cours, et Rogue non plus, ce qui aurait pu être jouissif.

Après le cours d'Etudes des Moldus, Kécile se rendit donc en traînant des pieds en Défense contre les forces du Mal.

Le cours allait sans doute se dérouler en lecture silencieuse. Ni Harry, ni Kécile n'avaient l'intention de lancer les hostilités. Contre toute attente, ce fut Hermione qui jeta le pavé dans la marre. Levant ostensiblement la main, elle attendit que le professeur la remarque. Ombrage s'avança vers elle et murmura à son intention. La conversation fut au début plus ou moins discrète, le professeur parlant bas. Mais Hermione n'avait pas l'intention que leur échange passe inaperçu.

- Mais moi, je ne suis pas d'accord, entendit Kécile.

- Vous n'êtes pas d'accord ?

- Non. Mr Esquivdur n'aime pas les maléfices, mais moi, je pense qu'ils peuvent se révéler très utiles lorsqu'on les utilise pour se défendre.

- Ah vraiment, voyez-vous cela ? Eh bien, je crains que ce soit l'opinion de Mr Esquivdur et non la vôtre qui importe dans cette classe, Miss Granger.

- Mais...

- Ça suffit, coupa Ombrage.

- De toute évidence, sa patience s'était émoussée depuis la semaine précédente.

- Miss Granger, j'enlève cinq points à la maison Gryffondor.

- Et pourquoi ? Demanda Harry avec colère.

- Pour avoir réfléchi, se moqua Kécile.

- Pour avoir perturbé mon cours avec des interruptions intempestives. Je suis ici pour vous apprendre à utiliser une méthode approuvée par le ministère et qui ne nécessite aucunement que les élèves donnent leur opinion sur des sujets auxquels ils ne comprennent pas grand-chose. Vos professeurs précédents vous ont peut-être accordé une plus grande licence mais comme aucun d'entre eux n'aurait passé avec succès l'épreuve de l'inspection, à part le professeur Quirell qui, au moins, s'était limité à l'étude de sujets adaptés à l'âge de ses élèves...

- Ah oui, ça, c'était un grand professeur Quirell, interrompit Harry. Son seul petit défaut, c'est qu'il avait Lord Voldemort collé à l'arrière.

La bombe eut un effet saisissant sur le reste de la classe.

- Je crois qu'une autre semaine de retenue vous ferait le plus grand bien, Mr Potter, répondit Ombrage de sa voix doucereuse.

- Comme c'est surprenant, Harry ! S'exclama Kécile, oubliant toute prudence. Tu vois, le professeur Ombrage n'a pas l'air d'y croire ! Enfin, c'est compréhensible. Les possessions de l'esprit et les techniques d'infiltrations de Voldemort sont un sujet trop compliqué pour son esprit académique.

- Miss Gaunt... tenta de l'interrompre Ombrage.

- Mais il ne faut pas s'en étonner, poursuivit Kécile d'une voix forte. Après tout, pourquoi vouloir amener des enfants à réfléchir ? C'est totalement stupide... Ce serait même dangereux ! Un sorcier qui réfléchit, c'est un sorcier qui verrait plus loin que le bout de son nez et des inepties du ministère. Quel importance que l'ignorance fasse une proie facile pour Voldemort, n'est-ce pas professeur Ombrage ?

- Azkaban ne semble pas vous avoir appris grand-chose, Miss Gaunt.

Kécile se figea et l'horrible crapaud profita de sa surprise.

- Si Dumbledore accepte de protéger la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom , il n'en est pas de même du ministère.

Kécile entendit plusieurs élèves s'exclamer avec frayeur.

Elle fixait Ombrage avec incrédulité. Elle ne pouvait pas croire qu'elle venait de dire ça. Elle ne pouvait pas avoir divulgué cette information au beau milieu d'une salle de cours. Et le silence lui prouvait que les élèves tentaient d'assimiler les deux informations qui venaient de leur être lâchée.

- Kécile... s'éleva la voix tremblante de Neville. Ce n'est pas vrai n'est-ce pas ?

Elle lui jeta un regard désemparé et tenta vainement de trouver quelque chose à répondre. Mais elle vit les regards horrifiés qu'on lui jetait, comme si elle était un monstre. Et son silence parla pour elle.

Alors sous le regard satisfait d'Ombrage, elle abandonna son siège et ses affaires et quitta la salle.

Et cette fois-ci, Harry pouvait le dire, elle fuyait.


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