Bonsoir à tous! J'ai été ravie de voir que deux d'entre vous au moins avait l'envie prononcer de fire payer Ombrage. Malheureusement, il va falloir attendre un peu pour ça. J'ai cru entendre dire que des centaures allaient lui régler son compte à la fin de l'année...


Chapitre 65 : Le scandale

- Professeur Dumbledore ! Professeur Dumbledore, appela Kécile en ouvrant la porte du bureau avec fracas, sans chercher à masquer sa panique.

Le directeur sortit de ses appartements, alarmé.

- Que se passe-t-il, Kécile ?

- Elle l'a dit ! Ce n'est pas possible... Elle l'a dit ! Hurla-t-elle à moitié sous le regard courroucé des portraits dont elle devait interrompre la sieste.

- De quoi parles-tu Kécile ?

- Je parle d'Ombrage. Elle l'a dit ! Elle a dit que je suis la fille de Voldemort... elle a dit que j'ai été à Azkaban ! Clama Kécile en s'agrippant à un fauteuil comme pour ne pas s'effondrer de terreur.

Dumbledore la fixa d'un air consterné.

- Tu n'as donc pas su tenir ta langue...

- J'ai essayé, j'ai vraiment essayé, professeur, gémit-elle. Mais son attitude de déni est... criminelle ! Cracha-t-elle ensuite. Elle mériterait d'être envoyée à Azkaban.

- Et toi ton attitude risque de t'y renvoyer, gronda le directeur d'un ton menaçant.

Kécile le fixa incrédule. Elle ne comprenait pas. Dumbledore semblait en colère contre elle. Mais elle, elle n'avait rien fait. C'était Ombrage la coupable ! C'était Ombrage qu'il fallait arrêter !

Toute la théorie de Kécile comme quoi la bonne femme n'utiliserait pas cette arme s'était évaporée. Non, elle ne comprenait pas quel intérêt le crapaud avait eu à divulguer cette information. Mais elle se fichait des conséquences pour Ombrage. Ce qu'elle voyait, c'était les regards horrifiés de ses camarades. Ce qu'elle voyait, c'était que dans l'heure qui suivrait, l'école entière serait au courant, et qu'elle serait une paria.

- Retourne en cours, ou à la tour Gryffondor, Kécile, ordonna Dumbledore d'un ton sec.

- Comment ? C'est tout ce que vous trouvez à dire ?! S'indigna la jeune fille alors qu'un sentiment de trahison l'envahissait.

- Tais-toi, Kécile. Tu ne sembles pas te rendre compte du scandale que tu vas provoquer.

Oh, si, ça elle s'en rendait très bien compte !

- Je t'avais prévenue ! Je t'avais demandé d'être responsable, insista le directeur. Mais tu as agi en gamine insolente. Et maintenant, je vais devoir tenter de réparer les dégâts. Je n'avais vraiment pas besoin de cela en ce moment ! Je vais tenter de prendre les devants pour limiter la casse. Alors quitte ce bureau. Maintenant.

Kécile, médusée, contempla le visage fermé de Dumbledore avant de réaliser sous le regard glacial du vieil homme qu'elle se faisait bel et bien mettre dehors. Déchirée et rejetée, un sentiment d'injustice bataillant avec sa panique, elle se précipita en dehors du bureau du directeur. Elle dévala les escaliers et courut dans les couloirs. Heureusement, ils étaient quasiment déserts.

Elle se réfugia dans son dortoir. Grimpant sur son lit, elle ferma hermétiquement les rideaux et se roula en boule sur son couvre-lit, la tête enfouie dans son oreiller. C'était un cauchemar.

Elle s'était sentie en sécurité à Poudlard, elle avait cru que Dumbledore serait toujours à ses côtés. Elle n'avait pas réalisé que sa sécurité était en péril depuis qu'Ombrage avait franchi les portes de l'école. Elle n'avait pas pensé que Dumbledore pourrait un jour en avoir assez de la protéger. Elle avait peut-être causé trop de problèmes. Mais bon sang ! Elle avait trahi un serment inviolable pour lui ! Elle avait manqué mourir pour lui. Alors, elle avait eu le vague sentiment peut-être injustifié qu'il lui devait bien cela. Elle s'était trompée, sans doute. Et ça faisait mal.

La terreur d'Azkaban s'insinuait sournoisement en elle. Elle la connaissait trop bien, cette terreur. Et elle ne voulait pas y céder. Elle ne devait pas y penser. Après tout, il n'y avait aucun motif valable pour l'y envoyer, n'est-ce pas ? On ne pouvait pas exiger qu'elle soit traitée comme un vulgaire mangemort. Dumbledore, quelle que soit sa colère, lui éviterait cela. Il la ferait fuir s'il fallait.

Non. Elle n'avait pas à craindre Azkaban, tenta-t-elle de se rassurer.

Mais elle avait cru aussi qu'elle n'avait pas à craindre l'indiscrétion d'Ombrage.

- Kécile ?

La voix d'Hermione la fit sursauter. Le cours de DCFM devait être fini. La nouvelle était en train de se répandre comme une traînée de poudre dans les couloirs. Et ça, en revanche, elle n'avait aucune chance de l'éviter.

- Kécile, je sais que tu es là. Tu n'as pas à te cacher.

- Laisse-moi.

- Tu ne vas pas rester derrière ces rideaux indéfiniment.

Non, évidemment, ce n'était pas une option. Mais si elle pouvait retarder encore un peu l'affrontement...

La porte du dortoir s'ouvrit et elle entendit Lavande et Parvati qui discutaient avec vivacité.

- Je n'arrive pas à y croire ! Princesse Lointaine...

- En tout cas, ça explique beaucoup de chose. Et dire qu'on a dormi avec elle pendant quatre ans. Oh... elle est là, chuchota vainement Lavande à l'adresse d'Hermione.

Mais Kécile ouvrit les rideaux de son baldaquin, et son regard rencontra directement celui de sa camarade. Et elle aurait presque pu être amusé de la mine gênée des deux jeunes filles si elle n'y avait pas aussi descellé la peur.

- Oui. Elle est là. Et si elle ne vous a pas encore assassiné pendant votre sommeil, malgré toutes les inepties qu'il lui faut supporter, c'est qu'elle n'a pas l'intention de le faire.

Et sachant qu'elle n'aurait pas plus longtemps de tranquillité dans son dortoir, Kécile quitta la pièce. Elle dévala l'escalier pour trouver la salle commune anormalement pleine.

A peine se rendit-on compte de sa présence qu'un silence de mort s'abattit sur les Gryffondors.

- Quel coup de théâtre ! Les rumeurs qui me disaient fille de mangemorts étaient encore loin de la réalité, lança-t-elle d'un ton narquois. Remettez-vous du choc que la fille de Voldemort soit parmi des Gryffondors... Et réfléchissez-y aussi trente secondes.

L'entendre énoncer de sa propre bouche la rumeur qui secouait l'école entière sembla renforcer l'immobilisme général. Incapable d'affronter plus longtemps les regards de peur, de haine et d'incrédulité de ses camarades, Kécile traversa la salle commune sans que personne ne fasse le moindre geste, et les abandonna à leur stupeur.

Harry et Ron échangèrent un regard, non pour la première fois, et se préparèrent aux questions qui fusèrent aussitôt le portrait refermé.

- Vous le saviez ?

- Oui, nous le savions, répondit calmement Hermione.

- Je n'arrive pas à croire que vous trois particulièrement soyez amis avec elle ! s'exclama Lavande. C'est vrai, quoi ! Harry, tu es celui qui a vaincu Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Et toi, Hermione, tu es ce que les mangemorts appellent une « Sang-de-Bourbe ». Quant à toi, Ron, ta famille est connue pour être une farouche opposante à Tu-Sais-Qui...

- Mais Kécile est une opposante de Voldemort ! Rétorqua Hermione.

- Bien sûr ! Ricana Seamus. Elle en a vraiment l'attitude. Je me demande bien à quoi joue Dumbledore à s'entourer de gens pareils : un fou et une psychopathe.

Harry n'avait aucun doute quant à l'identité du fou en question mais était décidé à ne plus répondre à ces provocations stupides. Ron, cependant, n'était pas prêt à faire le sourd. Il s'était levé et faisait maintenant face à leur camarade.

- Répète un peu ça ?

- Un fou et une psychopathe, répéta Seamus avec aplomb. Tu me diras, c'est assez révélateur de la santé mentale de Dumbledore. Ouvre les yeux, Ron ! Je ne suis pas le seul à penser ça.

Le jour où vous ouvrirez les yeux, vous serez bien content d'avoir Dumbledore pour vous protéger, bande de lâches! Cria Ron. Et j'aimerais vous voir à la place de Harry. On rirait cinq minutes...

- Laisse les dire, Ron, répondit Hermione avec mépris. Un jour, ils seront bien contents d'avoir le fou et la psychopathe à leur côté.

XXX

A plusieurs centaines de kilomètres de là, la nuit était à peine tomber que la nouvelle était parvenue dans la grande salle d'audience du manoir du Seigneur des Ténèbres.

- Tu es sûr Lucius, que cela va être annoncé ? Demandait le mage noir.

- Oui, Maître. J'ai discuté avec le directeur de la Gazette, cela fera la première page.

- Tu pourrais être impliqué.

- Une donation généreuse et quelques sous-entendus assureront que mon nom ne sera pas cité, Maître. Répondit Malfoy .

- Fudge est donc toujours aussi conciliant ?

- Il est incroyablement docile et malléable, Maître. Il semble que Potter et Kécile clament sur tous les tons que vous êtes en train de reprendre le pouvoir, Maître. Mais Dolorès Ombrage est chargée de les museler.

- C'est excellent, approuva le Seigneur des Ténèbres satisfait. Cet incident va encore isoler Kécile. Voilà qui va servir mes intérêts.

On frappa à la porte, interrompant la conversation.

- Ah, Severus te voilà, salua le mage noir en voyant son serviteur entrer... Lucius était en train de m'annoncer la grande nouvelle.

- Je ne suis guère étonné que le ministère soit déjà au courant, Maître, répondit le professeur en s'inclinant devant le Seigneur des Ténèbres avant de baiser le bas de la robe dans un geste de servitude.

- Et comment réagit notre petite princesse ? demanda le Lord visiblement réjoui de la tournure que prenaient les événements.

- Je l'ignore, Maître. Je ne l'ai pas vue. Mais Dumbledore est furieux après elle. Il semble que ce soit son insolence qui a incité Ombrage à livrer l'information.

- Excellent... Tout se passe décidément à merveille. Et une fois de plus, cet imbécile de Fudge nous est utile... Tu peux partir, Lucius. Tu me tiendras au courant de l'évolution des esprits au ministère.

- Bien Maître.

Severus était toujours agenouillé devant le Seigneur des Ténèbres lorsque Malfoy quitta la pièce. Si ce dernier avait le droit de se tenir debout face à son Maître, Severus n'avait pas encore regagné ce privilège. Il gardait donc la tête courbée en attendant les paroles du Lord.

- Ainsi, Dumbledore est furieux contre Kécile, dis-tu... Penses-tu que leurs relations vont se dégrader durablement ?

- Je l'ignore, Maître. Mais Kécile n'est certainement pas une élève facile ces derniers temps. Elle fait concurrence à Potter pour la fréquence et l'envergure de ses débordements.

- Oui, cela ne m'étonne pas du tout, murmura le Seigneur des Ténèbres avec un petit sourire satisfait. Qu'as-tu d'autre à m'annoncer ?

- Hagrid n'est toujours pas rentré, Maître. Il a pourtant quitté les géants comme vous le savez déjà. Je pensais important que vous le sachiez. Olympe est déjà rentrée, mais Dumbledore n'a pas dit un mot sur l'absence de Hagrid. Je me demande s'il n'a pas été envoyé pour une nouvelle mission.

- Il va être important de le découvrir.

- Je m'y efforce, Maître. Lupin a également été chargé de prendre contact avec des groupes de loups-garous.

- Vraiment ?...Il serait bien qu'il trouve Greyback sur son chemin...

- Je le pense aussi, Maître, répondit platement Severus.

- Potter ne sait toujours rien de la prophétie ?

- Non, Maître.

- Bien. Tu reviendras dans quinze jours. D'ici là, j'espère que tu auras récolté de nouvelles informations. Voici de quoi ne pas te faire oublier. Endoloris !

Le Lord regarda avec un sourire sadique le corps se convulser dans un hurlement. C'était étonnant comme cet homme était capable de se contenir et d'endurer silencieusement la douleur. Peu de ses mangemorts avaient sa résistance. Cela gâchait presque le plaisir.

Lorsqu'il relâcha le sort, il laissa à peine le temps à son serviteur de se redresser qu'il lui ordonna de le regarder. Fouiller son esprit était bien plus intéressant. Severus était un être complexe et paradoxal. Il avait été déçu de constater en lui l'absence totale de sadisme qu'arboraient fièrement Lucius ou Bellatrix, mais il était tout aussi dénué de scrupules. La magie noire le fascinait mais il éprouvait également envers elle une étonnante méfiance. Cet homme réservé et fermé tentait péniblement de cacher les humiliations qu'il avait vécues dans sa jeunesse et cet amour saugrenu qu'il avait éprouvé pour une Sang-de-Bourbe. Cependant les barrières du sorcier ne l'empêchaient pas de fouiller dans ce passé et les jours plus récents à la recherche d'une parole ou d'un sentiment traître.

Mais son espion était apparemment de bonne foi. Le Seigneur des Ténèbres agissait de toutes les manière davantage par intimidation qu'autre chose. Le mangemort n'aurait pas fait la folie de revenir si sa loyauté n'était pas sincère. Le mage noir avait pu constater que Severus était également un homme pragmatique et égoïste qui ne serait pas venu s'exposer à une mort lente et douloureuse sans la preuve de sa sincérité.

Et tant pis pour Dumbledore s'il faisait confiance à une personne aussi dénuée de scrupules.

XXX

C'était un matin comme tous les autres au bureau des aurors, et Kingsley était arrivé à 8h, un café à la main avec l'intention d'éplucher la dernière perquisition qui avait été faite sur l'affaire Danson.

Armé de sa dose de caféine matinale, il s'accordait comme à l'habitude la lecture de la Gazette, comme bon nombre de ses collègues avant d'attaquer sa journée, histoire de se tenir au courant de ce qui se disait.

Il avala néanmoins de travers sa première gorgée lorsque la une du journal lui sauta aux yeux.

« La fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom à Poudlard, L'incrédulité s'empare de l'école ».

Kingsley se dressa immédiatement sur son séant et chercha des yeux Maugrey. L'abruti qui avait divulgué cette information venait de lâcher une sacrée bombe.

- Fol-Oeil, tu as vu ?

- Je viens de découvrir le scoop du jour, oui. Et pour une fois, ce n'est même pas un coup de Skeeter. Elle s'est fait voler la vedette.

- Ça va chauffer...

- Il n'y avait que Dumbledore pour espérer que cette information resterait indéfiniment secrète, répondit nonchalamment Maugrey.

Et le vieil auror était déjà retourné à l'inspection du dossier ouvert sur son bureau.

Kingley entreprit alors de lire l'article.

Jamais une rumeur ne s'est propagée aussi vite dans la célèbre école de sorcellerie. Et l'information a été relayée si rapidement en dehors de ses murs qu'elle n'a pu être révélée par une seule source. La rumeur qui a secoué Poudlard est maintenant un fait avéré : La fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom suit sa scolarité dans l'incognito le plus total depuis quatre ans comme n'importe quel enfant sorcier.

Ce seul fait aurait suffi à horrifier et scandaliser la plupart des parents. Mais on a également découvert que le directeur de l'école, ainsi que le professeur McGonagall qui enseigne la métamorphose et le professeur Rogue qui dispense les cours de potions, étaient déjà au courant. Non moins surprenant, on se serait attendu à trouver cette jeune fille cachée parmi les élèves de Serpentard, maison tristement célèbre pour avoir vu s'élever en son sein un grand nombre de mangemorts. Mais la responsable de la stupeur générale évolue parmi les élèves de Gryffondors. Dernier coup d'assommoir pour ceux qui découvrent la nouvelle, Kécile Gaunt fait partie des meilleurs amis de Harry Potter.

Une vague de questions se soulèvent alors dans l'esprit général : Comment se fait-il que Dumbledore ait accepté la fille du Lord noir dans l'école ? Comment a pu s'insérer parmi les gryffondors une enfant élevée par des mangemorts ? Comment Harry Potter a-t-il pu devenir ami avec cette jeune fille ?

La nouvelle a été confirmée officiellement par Dolorès Ombrage, récemment nommée Grande Inquisitrice à Poudlard. Il semblerait qu'elle soit à l'origine de cet éclat retentissant.

« Je ne pouvais laisser ce non-dit perdurer plus longtemps. Dumbledore semble s'être habitué au fil des années à avoir une telle latitude de décisions que certains de ses choix peuvent porter à polémique. C'est dans cette optique de remettre les choses au clair que le Ministre de la Magie m'a nommé Grande Inquisitrice. Accepter que Kécile Gaunt étudie à Poudlard me semble être l'un de ses choix discutables.

Le directeur assure que Miss Gaunt ne présente aucun danger pour ses condisciples. La fait qu'elle soit à Gryffondor parlerait en sa faveur. Pour ma part, j'ai pu constater que Miss Gaunt était une enfant lunatique, insolente et agressive aux réactions imprévisibles. Quant à assurer la sécurité des élèves sur les décisions d'un vieux chapeau...

Je ne pense pas que le professeur McGonagall doive être tenue responsable de cet état de fait. Il ne fait aucun doute qu'elle est soumise à l'influence du directeur. Quant au professeur Rogue, il n'est pas étonnant qu'il ait couvert Miss Gaunt. Son passé de mangemort n'est pas un secret et plusieurs élèves m'ont assuré que ces deux personnes entretiennent une complicité inédite qui prend certainement racine dans des rapports antérieurs à la première année à Poudlard de Miss Gaunt. Cela soulève encore de nouvelles questions...

Vous semblez enfin reprocher au ministère d'avoir couvert cette action. Je ne peux que formellement démentir. Lorsque le ministère a appris l'identité de Miss Gaunt il y a trois ans, au moment où de terribles attaques semaient la terreur dans l'école, le ministère n'a pas hésité à agir. Un ordre d'envoi à Azkaban a été signé. Mais Dumbledore a profité des lacunes de la loi qui ne prévoit aucun cas comme celui-ci pour l'en faire sortir. Il n'était malheureusement à l'époque pas du ressort du ministère d'interdire la réinsertion de cette élève dans l'école. »

Un étudient de la maison gryffondor a pu être interrogé et confirme que Harry Potter et Kécile Gaunt sont amis.

« Kécile a un comportement plutôt associable. Ce n'est pas le genre de personne qu'on pourrait qualifier d'aimable, et elle a toujours donné l'impression de se sentir supérieure aux autres. Elle ne se mêle pas vraiment au reste de la classe. Les seuls élèves dont elle est proche sont Harry Potter, Hermione Granger et Ron Weasley. Elle fréquente aussi Susan Bones, de Poufsouffle. »

Que dire donc de ces fréquentations ? Le Survivant qui fraternise avec la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ne lasse pas d'inquiéter. D'autant plus quand Harry Potter clame à qui veut l'entendre le retour du Lord noir. Hermione Granger s'est déjà faite remarquer par ses brillantes capacités et une tendance à se rapprocher de sorciers célèbres, ou à défaut, de personnalités hors du commun. Ron Weasley est issu d'une famille de Sang-Pur qui possède ses entrées au ministère. Enfin, Susan Bones n'est autre que la nièce d'Amelia Bones, Chef du Département de la Justice Magique.

Il semble donc que malgré son associabilité, Kécile Gaunt ait su choisir ses rares amis parmi les personnes les plus utiles.

La version de Dumbledore diffère naturellement.

« J'ai laissé une chance à Kécile Gaunt au cours de sa première année qu'elle a su saisir. J'ai accueilli cette enfant dans l'école en toute connaissance de cause, mais en la soumettant à une surveillance vigilante. Il me semblait en revanche totalement injustifié de rejeter cette élève à cause de son ascendance. C'est un comportement qu'un groupe qu'il n'est pas besoin de nommé fait subir à une tranche de la population, et nous le désapprouvons tous. La suite m'a donné raison. Kécile a montré une faculté d'adaptation étonnante et une ouverture d'esprit plaisante. Elle a su voir le monde autrement qu'à travers l'oeil de Lord Voldemort et a depuis clairement marqué son opposition à ce dernier. C'est ce qui lui a valu un séjour à Azkaban, et ce serait bien mal récompenser son courage que de lui reprocher d'être la fille de Voldemort. Elle s'est jointe à ceux qui s'oppose à son père. Elle m'a accordé sa confiance et puisque le cas est maintenant publique, je compte faire une demande de tutelle au service de l'enfance. Son amitié avec Harry Potter est aussi très révélatrice. Et Kécile le soutient dans ses tentatives de faire accepter le retour de Voldemort. Quant ses liens avec Hermione Granger et Ron Wealsey, je tiens à signaler qu'ils sont considérés par son père l'une comme « Sang-de-bourbe », l'autre comme « Traître à son sang ». Cela suffit à montrer son opposition à la folie des mangemorts. »

Le cas de Kécile Gaunt risque donc de créer encore bien des clivages entre les pro-Dumbledore et les pro-Fudge. Une bataille qui maintenant se propage jusque dans les murs de l'école avec la présence de la Grande Inquisitrice. Certains murmurent même que ce pourrait être le coup de grâce pour le directeur de l'école.

Kingsley replia le journal, consterné. Le rédacteur de l'article était doué. Les sous-entendus qui pullulaient étaient autant de piques à la crédibilité déjà mise à mal de Dumbledore. Les points gênants pour le ministère étaient soigneusement passés sous silence.

- On n'avait vraiment pas besoin de ça, n'est-ce pas ? Murmura Tonks qui s'était approchée de son bureau.

- Non, Dumbledore va avoir du fil à retordre.

- C'était évidement que cette gamine causerait des problèmes. Et encore, tant que ce ne sont que ce genre de problèmes, on peut s'estimer heureux.

Kingley jeta un regard sévère à sa collègue.

- Ça ne te ressemble pas de tenir ce genre de propos, Tonks. Kécile Gaunt n'a pourtant rien fait qui mérite que son propre camp la juge aussi aveuglément.

- Elle a été levé à proximité de Bellatrix Lestrange. C'est suffisant pour que je ne lui fasse pas confiance.

- Gaunt ne porte pas ta tante dans son cœur davantage que toi. Enfin quoi, Dora ! Elle a subi Azkaban à 12 ans sur une machination de Voldemort pour s'être rangé du côté de Dumbledore ! Cela mérite un peu d'indulgence, non ?

- Jusqu'au jour où elle nous poignardera dans le dos.

- Tu écoutes trop Fol-Oeil, déclara Kinglsey.

- Alastor n'est pas qu'un fou paranoïaque.

- Non, mais il l'est quand même. Particulièrement quand il s'agit de faire confiance. Et si tu veux mon avis, il ne s'agit pas de pêcher dans l'excès inverse comme aurait peut-être tendance à le faire Dumbledore. Il s'agit de rester unis. Ils parlent d'un conflit entre les pro-Dumbledore et les pro-Fudge, dit-il en secouant le journal. Il est de notre devoir de faire attention que ça ne se transforme pas en un conflit au sein même du camp pro-Dumbledore.


Oui, je sais, vous pensiez sans doute que Tonks soutiendrait Kécile. Je pense pour ma part qu'elle fait confiance à Maugrey et qu'elle se méfie vraiment de quiconque à cotoyer sa tante et en est sorti vivant.

J'attends vos avis et à bientôt pour la suite! (J'en suis au chapitre 80, il ne me reste plus qu'un ou deux chapitres avant la fin de l'année scolaire. Remerciez le Nanowrimo!)