Le cap des 50000 mots est franchi pour le nanowrimo, mais je continue malgré tout à écrire d'arrache-pied jusqu'à fin novembre. J'en suis au chapitre 80.

A écouter en même temps qu'indiqué:

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Enjoy!


Chapitre 66 : Réactions inattendues

Ni Harry, ni Ron ne s'étonnèrent de ne pas voir paraître Kécile au petit-déjeuner lorsqu'Hermione les rejoignit. Dean et Seamus semblaient faire la tête aux deux autres garçons, et Neville était pris entre les deux. La situation était déjà désagréable pour eux, alors Harry imaginait très bien comment Kécile devait se sentir. Il avait suffisamment expérimenté ce genre de situation.

- Comment va-t-elle ? Demanda-t-il à Hermione quand celle-ci s'assit à côté d'eux.

- Difficile de savoir, tu la connais. Elle est rentrée de je ne sais où bien après le couvre feu, hier soir, et depuis, elle refuse de parler.

- Tu crois qu'elle va sécher les cours ?

- J'ai tenté de l'en dissuader. Cela ne ferait que donner plus de poids à tous les propos détestables qui se propagent sur son compte, ajouta-t-elle en jetant un regard féroce à Lavande et Parvati un peu plus loin. Après, qu'elle m'écoute, c'est une autre histoire.

- Il faut faire front commun, intervint Ginny. Il faut qu'elle sache qu'elle n'est pas toute seule. Fred et George l'aiment bien, quoi qu'ils en disent. Et il faudrait voir dans les autres maisons.

- Kécile n'est pas très populaire, encore moins dans les autres maisons. Et je refuse d'aller voir Malfoy pour lui demander d'affirmer son soutien, déclara fermement Ron.

- De toute manière, même Kécile ne sait jamais sur quel pied danser avec lui, éluda Hermione.

- Il y a Susan Bones également, suggéra Ginny.

- Je doute que Susan intervienne en sa faveur. Ça risquerait de l'isoler des autres Poufsouffles, nota son frère.

- Ce n'est pas sûr... dit Harry pensant à l'attitude passée de Cédric.

- Leur amitié était déjà controversée mais ça n'a pas coupé Susan de ses autres camarades, approuva Hermione.

Leur conversation fut interrompue par le silence anormal qui s'abattit en quelques secondes sur la Grande Salle. Kécile se tenait sur le pas de la porte et semblait hésiter à rentrer. Mais lorsqu'elle finit par s'avancer le regard droit devant elle, refusant de croiser les yeux de ses condisciples, le niveau sonore remonta d'un coup.

- Bonjour, marmonna-t-elle en s'asseyant entre Hermione et Ginny.

- Salut Kécile. Contente de voir que tu as quitté ton dortoir, répondit la rouquine.

- Ne t'inquiète pas, tenta de la rassurer Harry sur le ton de la plaisanterie, tout ce cirque s'arrêtera de lui-même dans quelques jours. Fais confiance à l'expert.

Kécile sourit faiblement à la tentative d'humour.

- Qu'est-ce qu'ils disent ? demanda-t-elle finalement en désignant la Gazette.

- Les habituelles insinuations à propos de Dumbledore et les propos débiles d'Ombrage qu'il vaut mieux que tu ignores.

- Dumbledore était furieux contre moi. Il m'a viré de son bureau hier soir... dit-elle sans pouvoir cacher la tristesse que cette réaction lui causait.

- Je suis sûre qu'il a réagi sous le coup de l'inquiétude, répondit Harry.

- De toute manière, avec Ombrage ici, ce n'était qu'une question de temps avant que l'incident n'éclate, releva avec bon sens Ron. Même si tu avais gardé ton calme, elle aurait trouvé un prétexte pour faire son petit show.

- C'est vrai, acquiesça Hermione. Le professeur Dumbledore l'a sans doute réalisé entre-temps. Je suis sûre qu'il ne t'en voudra plus quand tu retourneras le voir.

- J'espère, murmura Kécile.

Mais le soutien qui lui apportaient ses camarades dans un ensemble parfait lui faisait chaud au cœur.

- Je voulais te dire, Kécile, commença Neville en s'intégrant à la conversation visiblement embarrassé. Je suppose que ça ne fait pas grande différence mais... Je suis de ton côté, dit-il maladroitement.

Et son malaise devait être renforcé par la mine choquée qu'arboraient les autres gryffondors.

- Si, ça fait une différence, répondit Kécile une fois remise de sa surprise. Merci Neville.

- Tu n'as jamais été méchante avec moi, tu m'as même aidé en potions avec Rogue. Tu n'as jamais parlé de... ajouta-t-il en rougissant et en baissant la voix.

Mais Kécile comprit à quoi il faisait allusion. Elle trouvait étrange qu'il lui soit reconnaissant pour avoir gardé le silence au sujet de ses parents. Mais elle appréciait. Et elle sourit vaguement à Neville.

Cependant, Kécile n'était pas au bout de ses surprises. Susan avait quitté sa table et se tenait maintenant devant elle.

- Bonjour Kécile, salua-t-elle avec ce sourire que la gryffondor avait commencé par trouver naïf avant de comprendre qu'il n'était que l'expression de la profonde gentillesse de la jeune fille.

- Bonjour Susan. Tu t'approches encore de moi ?

- Je prends le risque. Je peux m'asseoir ?

Kécile acquiesça et Harry et Ron se poussèrent pour faire de la place à la Poufsouffle en face de leur camarade.

- Je savais que tu cachais quelque chose, attaqua franchement Susan. Mais je ne pensais pas à... ça, ajouta-t-elle avec un petit rire.

- Tes amis vont encore moins apprécier de te voir ici.

- Tu fais partie de mes amis. Et qui que soit ton père n'y change rien, répondit la blonde avec un regard sérieux.

- Je dois t'avouer que tu m'étonnes, dit doucement Kécile.

- J'ai accepté de te faire confiance sans rien savoir de toi. Maintenant je sais à quoi m'en tenir. Mais le fait de savoir ne va pas changer ta personnalité.

- Va expliquer ça aux autres... soupira Kécile. Mais merci. J'espère juste que ça ne va pas t'attirer des problèmes avec les autres Poufsouffles.

Susan haussa les épaules.

- Ils n'ont jamais compris, et ils comprendront sans doute encore moins. Pour ce que ça change...

Puis elle ajouta avec un nouveau sourire.

- Tu as dû rigoler cinq minutes le jour où je t'ai fait part des rumeurs qui courraient à ton sujet, non ?

- Tu crois ?

XXX

Le soutien de ses amis avait ragaillardi Kécile, et elle tenta d'affronter courageusement les cours de la journée. Mais elle comprit rapidement que les quelques manifestions de la matinée ne reflétaient pas l'esprit général. Et à son grand désarroi, l'hostilité ne se cantonnait pas qu'aux élèves.

La première mauvaise surprise vint sans doute du professeur Flitwick. La froideur dont il fit preuve la blessa. Elle s'était attendue de sa part à davantage de neutralité. Le professeur Sinistra ne fut pas plus impartiale et cela gâcha un peu le plaisir qu'elle avait habituellement à ce cours.

Au cours de Soin aux Créatures Magiques que dirigeait toujours le professeur Gobe-Planche, Draco profita de la liberté relative de ce cours pour titiller Kécile.

- Alors, Princesse, lança-t-il d'un ton ironique. Tu as perdu ton air supérieur, n'est-ce pas ?

- C'est toi qui dit ça, Malfoy ! s'étrangla Ron.

- A ton avis, continua le blond, combien de temps faudra-t-il pour qu'on t'expulse de cette école ?

- Et combien de temps faudra-t-il pour que cette affaire retombe sur ta famille ? Répondit Kécile du tac-au-tac.

- Contrairement à toi, Gaunt, ma famille sait assurer ses arrières.

- La prudence recommanderait de se faire oublier dans ces circonstances, Drago. Que dirait Lucius s'il t'entendait me narguer ?

Draco n'eut pas l'occasion de répondre car le professeur Gobe-Planche requerrait à nouveau leur attention. Mais Kécile avait envie de lui arracher son petit sourire narquois.

- Je ne comprends pas, dit-elle à Hermione au cours du déjeuner. Il vaudrait vraiment mieux pour lui qu'il se fasse discret. Après tout, si on fouille sérieusement cette affaire, quelqu'un va bien se rendre compte que puisque les Malfoy m'ont élevée, ils savaient que je suis la fille de Voldemort. Et ça ferait sacrément du mal à leur image.

- Le problème, c'est qu'apparemment, l'article de la Gazette a été filtré. Pas une seule fois le nom de Malfoy n'est apparu dans l'article.

- Donc Lucius muselle toute allusion qui pourrait amener une enquête ?

- Sans aucun doute. La question étant de savoir jusqu'à quel point Fudge le soutient.

- Je ne comprends pas comment cet imbécile peut encore faire confiance à Malfoy ! S'exclama Harry en plantant rageusement sa fourchette dans sa tranche de rôti. C'est tellement évident qu'il est un suivant de Voldemort !

- C'est vrai qu'entre l'enquête à la suite de ton emprisonnement et maintenant ça, ça commence à faire beaucoup, approuva Ron.

- Fudge arrive bien à nier la présence de Voldemort... Je ne sais pas ce qui est le plus gros, répondit Kécile désabusée.

Ce soir-là, alors qu'elle faisait ses devoirs à la bibliothèque avec Hermione et Ron (Harry ayant une énième retenue avec Ombrage) Kécile sentit peser sur elle les regards des autres élèves. Deux filles de première ou deuxième années à en juger leur taille s'enfuirent en courant en la voyant approcher.

Trois Serdaigles plus âgés déménagèrent simplement de tables lorsque les Gryffondors s'installèrent à une table voisine.

- Vous savez, c'est peut-être mortel, mais c'est pas contagieux, lança Kécile.

Mrs Pince fonça aussitôt vers elle.

- Vos crises de colère n'ont pas leur place dans cette bibliothèque, Miss Gaunt. Sortez immédiatement.

Estomaquée par l'injustice, Kécile ne put s'empêcher de demander d'un ton incrédule :

- De quoi vous avez peur ? Les mangemorts s'attaquent aux gens, pas aux livres !

- Vous ne voudriez pas que je vous retire l'accès définitif à ces fameux livres, Miss Gaunt ?

- Vous savez quoi ? S'exclama Kécile en se levant brusquement et en remballant ses livres à grands gestes rageurs. Je vais aller chez Dumbledore. J'aurais enfin peut-être affaire à des adultes sensés. Et je pourrais y travailler sans qu'on me reproche de respirer.

Mais quand elle se trouva en haut des escaliers grimpants, Kécile s'arrêta un peu stressée. Et si Dumbledore était encore en colère ?

Mais la porte s'ouvrit sans qu'elle ne frappe et Dumbledore la fixait d'un regard serein.

- Je t'attendais.

Et quelque part, ça la rassura.

En entrant, Kécile remarqua une pile anormalement haute de parchemins sur le bureau du directeur. Suivant le regard de la jeune fille, Dumbledore déclara simplement.

- Ce sont des lettres de parents d'élèves.

- Et qu'est-ce qu'elles disent ? Demanda faiblement Kécile, connaissant déjà la réponse.

- Dans l'ensemble que je suis un irresponsable à qui il est scandaleux que des enfants soient confiés. J'ai dû lancer un sort pour détourner tous les hiboux qui arrivent depuis ce matin de mon bureau, ou cette pièce serait une véritable volière. Minerva m'aide à réguler le flux.

- Je suis désolée...

- Ne le sois pas, pas pour ça. Ce n'est pas la première fois que cette abondance de courrier arrive, et certainement pas la dernière non plus...

- Est-ce que Fudge ne va pas être mis un peu en difficulté pour une fois ?

- Tu as dû le constater par toi-même, Kécile. Fudge a actuellement la main mise totale sur la presse. Ce qui est dangereux pour lui reste soigneusement à l'écart des oreilles du public.

- Il va tenter de s'en prendre à moi ?

- Pour l'instant, je ne crois pas. Amelia Bones fait barrage au service de la justice. Le danger est qu'il ne parvienne à exciter les foules.

- Vous voulez dire... qu'il fasse tellement peur à l'opinion publique qu'on réclame à corps et à cri mon enfermement à Azkaban ?

- C'est l'idée générale. C'est pour cela que je te demande, même si c'est un peu tard, de garder ton calme et de ne rien faire pour aggraver ta situation.

Kécile hocha la tête, l'air penaud.

- Est-ce que je peux étudier ici ? Finit-elle par demander. Je... l'ambiance n'est pas très propice au travail dans ma salle commune en ce moment.

- Je suppose... Pourquoi ne vas-tu pas à la bibliothèque ?

Kécile ne put s'empêcher de rougir.

- Ce n'est pas beaucoup mieux. Et... Je me suis fait renvoyée, marmonna-t-elle.

- Kécile, soupira Dumbledore visiblement fatigué.

- Mais ce n'était même pas ma faute ! s'exclama Kécile sentant la honte s'emparer d'elle. Ainsi qu'une certaine déception que le directeur l'imagine aussi vite responsable. J'ai simplement fait un commentaire à des Serdaigles à voix haute et Mrs Pince m'a fondu dessus comme un rapace.

- Et là, tu as perdu ton calme.

- Un peu, avoua Kécile en sentant ses joues chauffer. Mais c'était après qu'elle m'ait renvoyé, alors ce n'est pas comme si ça avait changé grand-chose.

- Et simplement t'excuser et lui assurer que ça ne se reproduira plus ne t'est pas venu à l'idée.

- Non, reconnut la jeune fille. Mais de toute manière elle m'a dit de partir uniquement parce qu'elle ne veut pas de la fille de Voldemort parmi ses bouquins.

- Et cela te surprend ?

- Mais c'est injuste ! S'indigna Kécile.

- Il va falloir que tu admettes que beaucoup de choses injustes vont t'arriver, Kécile. Mais la colère et l'impertinence ne feront que te mettre dans ton tort et donner raison à ceux qui sont injustes envers toi. Il faut que tu te mettes cela dans la tête ou la situation dégénérera avant que tu ne comprennes ce qui t'arrive.

Kécile se tut d'un air buté sous le regard insistant de Dumbledore.

Celui-ci finit par soupirer et murmura :

- Allons, sors tes livres. Je ne te chasse pas.

XXX

Ombrage de son côté, semblait jubiler. Ce petit coup de théâtre avait eu un succès évident, et la réaction des élèves et surtout du corps professoral était sans doute au delà de ses espérances. Car pour une fois, tout le monde ou presque semblait considérer que la Grande Inquisitrice avait raison.

A chaque fois que Kécile avait croisé l'épouvantable personnage, un sourire victorieux et sournois s'était étalé sur le visage de crapaud. Elle n'avait pas fait le moindre commentaire. Mais à sa mine, on savait qu'elle savourait sa vengeance.

Dumbledore n'avait pas voulu que Kécile passe toutes ses soirées dans son bureau. La jeune fille refusait également de remettre les pieds à la bibliothèque. Elle se réfugiait donc dans son dortoir pour faire ses devoirs et Hermione se chargeait de lui apporter les livres nécessaires à son travail. Cela limitait la compagnie désagréable à Lavande et Parvati qui semblaient de leur côté considérer que l'attitude la plus prudente à adopter était encore d'éviter le dortoir jusqu'au moment d'aller se coucher.

Le vendredi midi, Kécile et le trio étaient à table dans la grande salle, lorsqu'Hermione s'adressa à son amie.

- Quand est-il de la tutelle de Dumbledore ?

- De quoi parles-tu ? Demanda Kécile

- De la demande de tutelle que le professeur Dumbledore veut faire. Est-ce que c'est possible ?

Kécile fronça les sourcils sans comprendre. Hermione, devant son air perplexe lui demanda :

- Tu n'as pas lu l'article ?

- Non.

- Et... Mais Dumbledore ne t'en a pas parlé ?

- Mais de quoi ? S'agaça Kécile

- Il a fait une demande pour que tu sois placée sous sa responsabilité légale. C'était dans la gazette l'autre jour.

Kécile la fixa avec ébahissement.

- Non, je ne savais pas..

- Qui es ton responsable légal, actuellement ?

Kécile eut un petit rire amer.

- Aucune idée ! Il y a encore quelques temps, je t'aurais répondu Lucius Malfoy. Mais vu comment il reste en dehors de toute cette affaire, j'ai quelques doutes. Je suppose que Lord Voldemort ne serait pas non plus accepté sur mes papiers ... Je n'en ai donc aucune idée.

- J'espère que Fudge ne fera pas de difficulté, songea Hermione.

- Au pire, ajouta Harry en rigolant, si la tutelle de Dumbledore est refusé, tu pourras toujours demander celle de Rogue.

Ron ricana, mais le commentaire ne fit même pas sourire Kécile.

- Il faudrait déjà que Severus accepte de me parler...

- S'il a recommencé à espionner auprès de Voldemort, répondit doucement Hermione, je crois simplement qu'il essaie de te protéger.

Kécile ne répondit pas et retourna à ses brocolis d'un air sombre.

Le soir même, Kécile se rendit au bureau de Dumbledore, afin de lui demander des explications. Quand elle entra dans la pièce, elle vit aussitôt Fumsec qui se tenait sur son perchoir.

- Bonjour, toi, dit-elle en s'approchant de l'oiseau pour le caresser. Cela faisait un moment que je ne t'avais pas vu. J'espère que tu ne m'as pas oublié.

Le Phénix roucoula dans un bruit rassurant et la fixa de son regard serein.

- Tu n'as pas à t'inquiéter. Fumsec t'aime beaucoup.

Kécile s'assit en face du vieil homme et l'oiseau s'envola pour venir se poser sur ses genoux.

- Quelque chose te tracasse, Kécile ?

- Plus ou moins, avoua-t-elle après un moment d'hésitation tout en caressant le phénix.

Elle lui demanda s'il avait réellement l'intention de devenir son responsable légal.

-Oui, répondit fermement Dumbledore. Avec tous les derniers événements, j'ai oublié de t'en parler, excuse-moi. Je suppose que tu n'y vois cependant pas d'inconvénients...

- Au contraire... sourit Kécile. Mais est-ce que c'est possible ? Je veux dire, n'ai-je pas déjà un responsable légal ? Qu'est-ce qui justifie que vous le deveniez ?

- Comme tu t'en doutes, ton cas est un peu particulier .Tu n'es inscrite sur aucune liste et au ministère, il n'existe aucune trace de ton existence. Pas même un acte de naissance.

Kécile haussa un sourcil.

- Je suppose que je ne devrais pas être surprise. Ce n'est pas comme si un mangemort avait pu venir annoncer ma naissance. Nom du père : Lord Voldemort.

Dumbledore sourit.

- Non bien sûr. Officieusement, les Malfoy ont été tes tuteurs. Jusqu'à ce que tu tournes le dos à Voldemort. A partir de ce moment-là, ils se sont déchargés de toute responsabilité envers toi. Leur prise en charge n'avait de toute manière rien d'officielle et je ne pense pas qu'ils chercheront à rappeler le rôle qu'ils ont tenu dans ton éducation pour contester ma demande.

- Et Fudge ne s'opposera pas à votre volonté ?

- Je pense que cela est totalement égal à Fudge. D'une certaine manière, il doit même penser que si je m'associe officiellement avec la fille de Voldemort, cela me portera à nouveau préjudice et servira d'autant mieux ses affaires.

- Mais est-ce que c'est vrai ? S'inquiéta Kécile.

- Cela ne doit pas te préoccuper. Actuellement, n'importe quelle de mes actions serait retournée contre moi par le ministère. Dans tous les cas, je ne serai pas ton responsable légal dans les jours ou les semaines qui viennent. Ce genre d'affaires, même dans les cas simples, prend toujours plusieurs mois.

Kécile acquiesça. Elle se sentait agréablement touchée de l'intention de Dumbledore, tout en ayant l'inconfortable sentiment qu'elle ne méritait pas cette attention. Au fond d'elle même, elle savait pertinemment que c'était ce qu'elle voulait le plus au monde. Mais dans le même temps, elle avait la désagréable impression qu'elle ne serait pas capable de garder ce bien précieux. Voldemort rôdait toujours non loin, elle le sentait dans son âme, elle le voyait dans ses rêves. En conséquence, elle ne se sentait pas digne de la tutelle que lui offrait Dumbledore.

début du lien

- Ne fais pas cette tête-là, Kécile, dit le vieil homme qui devait se méprendre sur sa mine.

Elle releva la tête pour voir le pétillement derrière les verres en demi-lune alors que Fumsec regagnait subitement son perchoir.

- Que dirais-tu que nous fassions de la musique ensemble, histoire de nous changer les idées. Nous détendre un peu nous ferait le plus grand bien.

Kécile eut un sourire un peu timide.

- Vous avez le temps ?

- Ce n'est certainement pas ce que le ministère considérerait comme une priorité. Ni Minerva... Mais au diable les papiers administratifs ! Mr. Collins m'a donné quelques partitions qu'il t'estime capable de jouer. Qu'en dis-tu ?

- Je vais chercher mon hautbois ! S'exclama Kécile en se levant.

- Inutile, rétorqua Dumbledore en lui faisait signe de se rasseoir. Dobby ? Appela-t-il.

Un elfe que Kécile connaissait bien maintenant, puisqu'elle l'avait vu au manoir Malfoy puis avait recouru à ses services pour nourrir Harry durant tout un été, apparut et salua joyeusement les deux sorciers. Sa tenue avait néanmoins comiquement changé.

- Euh... Dobby ?... demanda-t-elle prudemment. Pourquoi portes-tu cette montagne de bonnets et d'écharpes ? Je sais que les couloirs de Poudlard sont frisquets la nuit, mais tout de même...

- Dobby n'a pas froid, Kécile Gaunt, Miss, Dobby porte les vêtements tricotés par la gentille Miss Hermione Granger.

- Ah... Je vois...

Et Kécile étouffa un rire tandis que Dumbledore la regardait d'un air perplexe, ce qui ne fit qu'augmenter son hilarité.

- Dobby, finit par dire le directeur, je voudrais que tu te rendes dans la tour de Gryffondor, dortoir des cinquième années, pour récupérer le hautbois de Kécile et le lui ramener.

- Tout de suite, Monsieur le directeur, Monsieur. Dobby sera là en un rien de temps, Monsieur le directeur, Monsieur.

Et dans un craquement, l'elfe disparut.

- Peux-tu m'expliquer ce que c'est que cette histoire de vêtements tricotés qui semble tant t'amuser, Kécile ?

La jeune fille ricana.

- Hermione a depuis l'an dernier la volonté saugrenue de libérer les elfes et a crée dans cette intention la S.A.L.E, s'il vous plaît à ne pas prononcer « sale » sous peine de déclencher une avalanche de reproches dans un discours maintenant très bien rôdé. Sa dernière lubie est de tricoter des vêtements qu'elle s'ingénie ensuite à cacher sous des déchets pour que les pauvres elfes innocents et inconscients soient libérés. Mais il faut croire que son plan ne marche pas si bien que ça...

- Cette jeune fille a réellement de la suite dans les idées, remarqua en souriant le vieil homme. Ce sera une sorcière à l'influence et aux initiatives précieuses pour notre société d'ici quelques années.

- Libérer les elfes ? Une initiative précieuse ? Laissez-moi rire !

- L'avenir appartient à la jeunesse et aux idées audacieuses.

- Dites cela devant Ombrage, professeur, et elle aura une syncope. Tiens mais c'est une idée, vous ne pourriez pas essayer ? demanda Kécile avec un espoir feint qui fit sourire Dumbledore.

- Malheureusement, je ne crois pas que ce soit suffisant.

- Oui, répondit la jeune fille, vous avez raison. Ce serait tout juste bon à déclencher un nouveau discours du genre de celui qu'elle nous a servi le jour de la rentrée. Je crois que nous nous passerons tous de renouveler l'expérience. Tiens, s'exclama-t-elle d'une idée subite, je devrais proposer à Hermione de monter la MOCHE : le Mouvement contre Ombrage, ses Chats, ses Hum et. Cela aurait sans aucun doute plus de succès que la SALE...

Et cette fois-ci, Dumbledore ne put se retenir d'éclater de rire au moment Dobby apparut dans un nouveau craquement, une petite mallette noire à la main.

- Voilà votre hautbois, Kécile Gaunt, Miss. Dobby a fait bien attention, Kécile Gaunt, Miss.

- Je n'en doute pas, Dobby, merci, répondit la jeune fille tandis que le directeur reprenait son sérieux

Et après une profonde courbette en direction des deux sorciers, l'elfe disparut à nouveau. Dumbledore commenta alors avec amusement:

- En tout cas, on ne peut pas dire que l'avenir de Miss Granger soit dans le tricot...


L'extrait musical est le deuxième mouvement d'un concerto pour hautbois de Cimarosa, compositeur italien (1749-1801) baroque tardif je dirais. Habituellement le deuxième mouvement d'un concerto est lent... Ici, il déroge un peu à la règle. J'ai oublié de vous le préciser, mais vous avez entendu le premier mouvement au chapitre 64 (et là, ce mouvement aurait dû être rapide, mais c'est un mvt lent...)

Le poème cité chapitre 64 était un extrait d'Elevation de Baudelaire.