Une lectrice sur un autre site m'a fait remarquer que j'avais fait suivre à Kécile dans un précédent chapitre un cours de Hagrid alors qu'elle n'a jamais suivi cette matière... Je me suis rendue compte que cette année, j'envoyais Kécile dans ce cours... Sans doute parce que ça m'arrangeait.
Bref, j'ai du réécrire la dernière scène de ce chapitre.
Chapitre 66 : L'Armée de Dumbledore
Kécile avait passé presque tout le week-end avec Dumbledore ou bien recluse dans son dortoir avec son hautbois. Petite joie dans l'ambiance actuelle, ses cours avec Mr Collins allaient reprendre et elle souhaitait l'impressionner. Cela compenserait peut-être le fait qu'elle soit la fille de Voldemort à ses yeux...
Car dorénavant, toute l'Angleterre et au-delà était au courant de la nouvelle. Cela faisait les choux gras de la moindre feuille journalistique (à l'exception du chicaneur qui continuait à stipuler sur les pouvoirs mystérieux des Nargoles).
Dumbledore et Harry n'avaient jamais été aussi bas dans l'opinion publique. On allait même jusqu'à imaginer que Harry se préparait à devenir le prochain mage noir sous la houlette du seul sorcier qui avait jamais battu Grindelwald. Le mystérieux Ordre du Phénix devenait même dans les pages les moins sérieuses (mais malheureusement pas dans les moins lues) une sombre secte qui entraînait de jeunes sorciers (sous-entendus Harry Potter et Kécile Gaunt) pour assurer la prochaine domination du monde sorcier. On se serait cru dans un mauvais roman de science-fiction. Mais tout cela ne devait certainement pas arranger la paranoïa de Fudge... A moins qu'il ne fut à l'origine de ses rumeurs stupides, ce qui était encore possible !
Hermione avait fait part d'une idée intéressante à Kécile. Elle avait demandé à Harry que tous les deux enseignent aux élèves volontaires la Défense contre les forces du Mal. Kécile avait trouvé l'initiative hardie mais nécessaire. Et puis, dorénavant, au diable Ombrage et ses menaces ! Elle n'avait plus rien à cacher et était prête à la défier puisqu'on ne semblait pas vouloir l'envoyer à Azkaban.
Le seul problème à son humble avis dans cette brillante idée, c'était que personne hormis Hermione elle-même, Ron, Ginny, Susan et peut-être Neville ne seraient prêts à suivre des cours avec la fille de Voldemort et le Survivant détraqué.
- S'ils ont l'occasion de s'éloigner un peu du regard des autres, je suis certaine que plusieurs autres élèves écouteront Harry. Les gens ne sont quand même pas idiots. Ils voient bien qu'il se passe des choses.
- Je veux bien que certains finissent par revenir à la raison au sujet de la présence de Voldemort. Je pense tout comme toi qu'ils peuvent être intéressés par des cours dispensés par Harry. Mais en aucun cas par moi.
- Arrête de te considérer en martyr, Kécile.
- Mais qu'est-ce que vous avez tous à me dire ça ?! Protesta Kécile.
- Peut-être parce que tu te comportes ainsi.
- Je n'ai pas demandé à être insultée à chaque couloir que je traverse ! Je n'ai pas demandé qu'on me jette un regard noir ou un regard apeuré à chaque fois qu'on me croise ! S'énerva Kécile.
- Mais tu es persuadée que les gens vont te détester avant même qu'ils ne fassent quoi que ce soit.
- Parce que j'ai de l'expérience, peut-être ?
- Tu as bien vu : la réaction de plusieurs personnes t'a agréablement surprise la dernière fois.
- C'est pour compenser l'attitude des autres.
- Si tu étais juste avec toi-même, tu réaliserais que les personnes qui te soutiennent sont les seules avec qui tu es aimable.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Que je ne suis pas aimable ? Gronda Kécile.
- Ça veut dire que tu n'es pas d'un abord facile et tu le sais très bien. Tu fais tout ce que tu peux pour éloigner les gens avec ton agressivité et tes sautes d'humeur.
- Mais je t'en prie, Hermione ! Pourquoi restes-tu avec moi si j'ai un caractère aussi épouvantable ? Par charité peut-être ? Tu as pitié de la pauvre fille de Voldemort...
- Arrête ton cirque, Kécile, s'exclama Hermione qui commençait à être agacée. Tu réagis de manière complètement disproportionnée.
- Et tu vas ajouter « comme toujours », n'est-ce pas ? J'ai sans doute tort d'être en colère qu'on me rejette à cause de mon père. J'ai sans doute tort d'être agressive avec les gens qui m'insultent.
- Si seulement tu n'étais agressive qu'avec eux... soupira Hermione.
- Oh, excuse-moi de manquer de patience... Je ne vais pas t'imposer ma présence plus longtemps dans ce cas.
Plus tard dans la soirée, alors que le trio faisait ses devoirs dans la salle commune, Kécile descendit avec l'intention d'emprunter un livre de la bibliothèque à Hermione. A en juger par la mine contrariée de Harry, l'ambiance n'était pas à la fête comme souvent depuis la rentrée. Mais Kécile ne put retenir un commentaire aigre en voyant Ron (avec un tact inhabituel) tenter d'arrondir les angles.
- Est-ce que tu lui as dis, à lui aussi, demanda-t-elle à Hermione en désignant Harry qu'il était lunatique, mal-aimable, agressif... ah oui et qu'il réagissait de manière disproportionnée ?
Ron et Harry échangèrent un regard déconcerté tandis qu'Hermione soupirait.
- Non, Kécile. Et je n'ai pas l'intention de recommencer à me disputer avec toi.
- Je vois. Je dois donc en conclure que lui a des raisons d'être agressif. Est-ce que je peux quand même te demander le Traité des potions psychologiques ou est-ce une demande disproportionnée ?
- Euh... on peut savoir quel est le problème ? Demanda Ron d'un ton prudent.
Mais Kécile attrapa le livre que Hermione lui tendait sans un mot et retourna dans son dortoir.
XXX
Deux semaines avaient passé dans une ambiance plutôt tendue entre les quatre gryffondors. Mais comme Kécile refusait de reconnaître ses torts et que Hermione n'avait pas le courage de supporter deux personnes lunatiques ces derniers temps, la situation n'évoluait pas beaucoup.
Ce fut Harry qui revint à la charge la veille du premier week-end à Pré-au-Lard. Il avait la ferme intention de la convaincre de se joindre à leur groupe.
- Je ne suis pas la bienvenue.
- Bien sûr que si, Kécile ! Ecoute, on est tous un peu à cran ces temps si, moi le premier. Mais ça pourrait être l'occasion de faire retomber un peu la pression. Ton expérience nous serait en plus très utile. Tu en sais bien plus que le crapaud. Hermione m'a dit qu'il y avait plusieurs personnes qui sont intéressées.
- Harry, sois réaliste deux secondes ! Personne ne voudra apprendre avec moi.
- L'idée est justement qu'on ne te présente pas tout de suite comme l'une des personnes qui vont leur enseigner. Hermione pense que si on l'annonce une fois qu'ils seront venus pour de bon, ils ne partiront pas.
- Les piéger quoi, leur imposer ma présence... résuma Kécile.
- Ecoute, je comprends que ce n'est pas très agréable d'être traitée comme ça, mais ça peut être une chance de faire voir à d'autres élèves que tu n'es pas une mangemort en devenir.
- C'est bon, Harry, soupira la jeune fille, vaincue par ce dernier argument. Tu as gagné. Mais dis moi, cette manière de mettre les gens devant le fait accompli, c'est très serpentard comme procédé...
Le lendemain à la même heure, Kécile se retrouvait donc dans un bar miteux avec ses trois amis à boire une bièraubeurre au goulot d'une bouteille poussiéreuse tout en attendant comme les autres les deux ou trois personnes mentionnées par Hermione.
Mais lorsque le groupe d'élèves passa la porte de la tête de Sanglier, Harry s'étrangla en relayant l'incrédulité de Kécile.
- Deux ou trois personnes ? Deux ou trois personnes ?!
- En fait, on dirait que l'idée a eu pas mal de succès, répondit Hermione visiblement ravie.
Mais Harry lui, ne semblait pas ravi du tout. A sa mine furieuse, la jeune fille décida de se charger des opérations. Elle présenta donc son projet.
- Je veux poursuivre un véritable entraînement défensif, expliquait-elle à un groupe attentif, parce que... parce que Lord Voldemort est de retour.
Les stupides réactions de frayeur ne se firent pas attendre, non plus que les coups d'oeil en direction de Kécile. Il fallait s'y attendre, le débat allait être lancé :
- Où est la preuve que Tu-Sais-Qui est de retour ?
- Eh bien, Dumbledore le croit...
- Tu veux plutôt dire que Dumbledore le croit, lui... répondit le garçon de Poufsouffle qui avait lancé les hostilités.
- Et toi, tu es qui ? Demanda Ron d'un ton assez grossier.
- Zacharias Smith. Et j'estime que nous avons le droit de savoir exactement ce qui lui fait dire que Tu-Sais-Qui est de retour.
- Ecoute, ce n'est vraiment pas l'objet de cette réunion, tenta de protester Hermione.
Harry allait rétorquer, mais Kécile posa sa main sur son bras pour le retenir et répondre à sa place.
- Je crois que Harry a été assez clair et qu'il l'a déjà dit. Il a vu Voldemort, s'est même battu contre lui. Pourtant vous jouez toujours les sceptiques parce que ça vous arrange de refuser de croire au retour de Voldemort, tout comme le ministère. Alors, ou vous regardez la réalité en face, ou vous arrêtez de poser des questions.
- On ne peut pas te faire confiance, toi. Tu n'as rien à faire ici.
- C'est toi qui ne va rien avoir à faire ici si tu continues, Zacharias, intervint Susan avec colère.
- Toi aussi, on va devoir finir par se méfier de toi, rétorqua Smith à sa condisciple. Je ne sais pas ce qu'elle t'as fait pour que tu la soutiennes comme ça, mais on pourrait espérer que tu sois mieux avisée.
- Tais toi, Smith, coupa cette fois Ernie.
- Mais qu'est-ce qui nous prouve qu'elle n'est pas dangereuse ? Demanda Padma Patil.
- « Elle » est devant vous et aimerait bien qu'on ne parle pas d'elle comme d'un objet, protesta Kécile. Mettons quelques petites choses au clair.
Elle darda un regard ferme sur tous les élèves qui la fixait pour la plupart avec une certaine appréhension ou méfiance.
- Oui je suis la fille de Voldemort. Maintenant, je vais tacher de rendre le petit esclandre d'Ombrage utile, alors écoutez-moi attentivement. J'ai grandi parmi les mangemorts, je ne vais pas essayer de le nier. Pour ceux que ça intéresse, j'ai été élevé par les Malfoy jusqu'à mes six ans les Malfoy, je tiens à préciser, qui sont de fidèles suivants de mon père. Je ne vais pas nier non plus que lorsque je suis arrivée ici, je n'avais en tête que l'idée de devenir mangemort moi-aussi, d'être l'héritière de Voldemort. Je suppose que le titre de Princesse Lointaine dont vous m'avez affublé était plus ou moins mérité. Mais depuis, les choses ont beaucoup changé. Dumbledore m'a ouvert les yeux. Il m'a donné une chance de changer et d'avoir mes propres avis. Depuis, je me suis clairement opposée à mon père et cela ma coûté cher. Par Lucius Malfoy qui est un membre influant du ministère, il s'est débrouillé pour m'envoyer à Azkaban. J'ai manqué mourir là-bas. Je suis maintenant une cible prioritaire pour lui et tout comme Harry, je ne peux pas mettre un pied en dehors de Poudlard sans risquer ma vie. Parce que Voldemort n'a jamais disparu. Il s'est fait oublier pour mieux revenir. Il devait espérer qu'on ignorerait son retour et que la prise de pouvoir serait plus facile. Il avait raison. C'est ce qui est en train de se passer. Sauf que c'est bien plus grave que ça, parce que dans son scénario, personne n'aurait dû pouvoir clamer son retour pour que la population ne puisse pas résister. Or quelqu'un peu témoigner de son retour. Et malgré ça les sorciers sont en train de se livrer pieds et poings liés dans leur déni. Le ministère est en train de nous perdre et c'est avec votre bénédiction encore !
Il y eut un moment de silence à la fin de ce discours puis Hermione reprit d'une voix hésitante :
- Donc, comme je le disais... si nous voulons apprendre à nous défendre, nous devons nous organiser, décider de la fréquence des cours, de l'endroit où...
- C'est vrai que tu arrives à faire apparaître un Patronus ? Demanda Susan.
Kécile la soupçonnait de chercher à détourner l'attention d'elle-même.
- Oui, répondit Harry à contre-coeur.
- Un patronus corporel ?
- Oui.
- Ça alors, Harry ! S'exclama Lee impressionné. Je ne ne savais pas du tout !
- Maman nous a demandé de ne pas répandre la nouvelle, déclara Fred . Elle dit que tu attires suffisamment l'attention comme ça.
- Elle n'a pas tort, marmonna Harry.
Il y eut quelques éclats de rire qui détendirent vraiment l'atmosphère
Le groupe se mit finalement assez rapidement d'accord. Le problème principal étant de trouver un lieu pour s'entraîner et de se mettre d'accord sur un rendez-vous.
Mais le lendemain, l'équation se compliqua avec le décret d'éducation numéro vingt-quatre placardé dans toute l'école qui interdisait toute organisation non approuvée par Ombrage. Il était évident que quelqu'un, parmi les élèves ou les autres clients du bar avait vendu la mèche. Mais il n'était pas question de renoncer pour autant, au contraire. Cependant, il fallait du coup trouver un lieu caché des yeux et des oreilles indiscrètes pour pas moins de 29 personnes !
Le mardi suivant, Harry avait pourtant trouvé un endroit que Dobby lui avait révélé.
Hermione semblait cependant vaguement inquiète lorsqu'il leur en parla au cours du dîner avant leur première réunion.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.
- Je voulais simplement dire que les idées de Dobby ne sont pas toujours sans danger. Souviens-toi, quand tu as perdu toues les os de ton bras à cause de lui ?
- Il a eu le bras cassé, rectifia Kécile. Les os qui ont disparu c'était la faute de cet imbécile de Lockhart.
- C'est vrai, approuva Harry. Et de toute manière, cette pièce n'est pas une idée absurde de Dobby. Dumbledore la connaît aussi, il m'en a parlé au bal de Noël.
- Dumbledore t'en a parlé ?
- En passant, précisa Harry.
- Alors ça va, estima Hermione
- Où est-elle ? Demanda Kécile.
- Au septième étage. Mais il faut la faire apparaître volontairement.
- Attend, mais... quelle imbécile ! J'aurais dû y penser moi-même ! Je connais cette salle. J'y suis allée une fois, par hasard.
Kécile se souvenait même très bien de ce jour où grâce au miroir du Risèd, elle avait décidé préférer mourir plutôt que tuer Dumbledore. Ça avait après tout été le tournant de sa vie...
- J'ai lu quelque chose là-dessus. Cette pièce a été crée par Rowena Serdaigle. Dobby a eu une idée de génie ! S'enthousiasma Kécile à la surprise générale. Ombrage ne pourra jamais nous trouver là.
Le soir même avait lieu leur premier rendez-vous et ils étaient tous un peu excités, Kécile comme les autres. C'était délicieusement agréable de faire quelque chose d'utile et d'interdit au nez et à la barbe du crapaud. Kécile avait la sensation de narguer Ombrage et c'était décidément très satisfaisant. Elle n'était pas sure que Dumbledore approuve cette idée, aussi dans le doute avait-elle décidé de tenir sa langue. Dumbledore l'avait déçue face au ministère. Il ne semblait pas décidé à se battre pour le moment et Kécile ne voulait en aucun cas abandonner la résistance qui naissait. Et puis, mieux valait ne pas mêler Dumbledore à cette affaire au cas où le groupe serait découvert. Elle n'avait plus rien à craindre de Ombrage maintenant que la menace d'Azkaban était éloignée. Mais Dumbledore pouvait toujours se retrouver démis de ses fonctions.
D'un commun accord, Harry et Kécile s'étaient entendus pour laisser cette dernière dans les rangs durant les premiers temps afin que les autres gagnent un peu confiance en elle. Harry avait suffisamment de choses à leur apprendre avant que Kécile ne prenne le relais
Kécile fut néanmoins consternée en découvrant qu'un cours sur un simple expeliarmus n'était en effet pas superflu. Le mois suivant fut consacré à des sorts telle que le maléfice d'entrave ou de réduction, ainsi que la charme du bouclier qui était déjà d'un niveau supérieur mais très efficace.
XXX
A l'approche du premier match de Quidditch Gryffondor-Serpentard, Harry commença la séance quelque peu différemment.
- Bonjour à tous. Aujourd'hui, nous allons faire un travail un peu différent. Kécile m'a suggéré avec raison qu'il est peut-être nécessaire que nous travaillions tous sur la précision de nos tirs. Au cours d'un duel un sortilège mineur bien visé est plus utile qu'un sort puissant lancé à côté de la cible. Kécile va nous guider dans cette étape.
Il y eut quelques murmures de protestations, mais personne ne s'insurgea. Satisfaite, Kécile fit face aux élèves tout en pensant qu'elle avait besoin de cibles, qui apparurent alignées en rang d'oignons contre un mur de la salle.
- Précision, réactivité et mobilité sont les trois clés pour réussir un duel. Nous allons nous concentrer sur la première avec ces cibles. Bien sûr, viser juste au cours d'un combat, dans le noir ou sous la pluie avec une cible mouvante, c'est déjà plus délicat, mais l'idée est de créer des automatismes. Vous devez connaître votre angle de tir, celui qui vous permet de réussir à tous les coups. Il sera alors beaucoup plus facile de viser une cible mouvante car il s'agit ni plus ni moins d'anticiper ses réactions. Mettez-vous par deux ou trois, s'il-vous-plaît. Vous allez lancer le sort que vous voulez sur la cible en visant le centre. Pour commencer, ne changez pas d'angle de tir, peu importe si vous atteignez le centre ou non. Essayez simplement d'atteindre toujours le même endroit. Allez-y.
Les élèves s'exécutèrent avec plus ou moins de succès. Rares étaient les tirs qui allaient droit dans le mille. Au bout d'un quart d'heure, Kécile interrompit les sorts.
- Comme vous avez sans doute pu le constater, viser simplement le milieu ne suffit généralement pas, ce serait trop facile. En raison de notre vue ou de notre coordination, on passe plus ou moins à côté. Une fois que vous êtes réguliers dans votre but, vous pouvez commencer à ajuster légèrement votre position. Ne changez qu'un paramètre à la fois : décalez légèrement votre baguette, ou votre bras ou fixez votre regard ailleurs, mais pas les trois à la fois. Vous ne sauriez alors pas ce qui a amélioré (ou empiré, c'est selon) votre tir. Et interdiction de fermer un œil ! On n'a pas le temps pour ça pendant un combat ! Allez-y.
Kécile était agréablement surprise de voir que tous ses camarades, même Smith, écoutaient attentivement ses conseils. Elle passa alors dans tous les groupes, redressant un bras, une tête, un poignet, se retenant de conseiller à certains de changer de lunettes, et récoltait des sourires devant les succès de plus en plus fréquents des élèves.
Elle fut saluée plus chaleureusement qu'à l'habitude à la fin du cours.
Après bien des débats, il fut décidé que les 16 élèves qui ne faisaient pas partie d'une équipe de quidditch disposeraient de cours supplémentaires quand les autres n'étaient pas libres. Kécile et Hermione avaient argué qu'il n'était pas juste que leurs camarades soient pénalisés à cause des joueurs. Harry et Ron avaient rétorqué que ce n'étaient pas juste qu'ils avancent plus vite que les autres. Kécile avait alors promis de ne rien démarrer de nouveau.
- On restera sur la précision des tirs, avait- elle dit. De toute manière, ceux qui font du quidditch sont globalement meilleur à ce jeu là que les autres, remarqua-t-elle pour couper court aux protestations.
Et comme il fallait avouer qu'elle avait raison, Harry et Ron acceptèrent.
Depuis le mois de septembre où l'école avait appris son identité, Kécile avait pu constater que l'attitude de ses camarades changeaient. On s'était plus ou moins fait à l'idée d'avoir la fille de Voldemort dans les murs de Poudlard, et comme personne n'était encore mort, on oubliait petit-à-petit de l'insulter.
Dean avait recommencé à se montrer aimable avec Harry et courtois avec Kécile. Lavande et Parvati étaient redevenues les mêmes et n'évitaient plus le dortoir (et ne dormaient plus avec leur baguette sous l'oreiller). Hannah ne la regardait plus avec frayeur, Justin avait cessé de harceler Susan pour qu'elle arrête de la fréquenter, et Colin avait même eu l'audace d'espérer pouvoir la prendre en photo pour prouver qu'il la connaissait. D'après lui, c'était cool de fréquenter la fille de Voldemort... Et puis quoi encore ! Il était hors de question qu'elle devienne une personnalité à la mode ! Ça n'allait pas bien dans sa petite tête...
Le seul qui posa problème quelques temps fut Zacharias Smith. Ce gars était vraiment antipathique. Il profitait de la moindre occasion pour faire des commentaires désagréables au sujet de Harry . Il remit également les capacités de Kécile en cause, alors qu'elle tentait de lui expliquer en quoi son poignet était un peu trop raide et sa tête trop penchée pour pouvoir viser correctement.
- Tu parles, tu parles, mais j'aimerai bien te voir à l'oeuvre deux secondes, Mademoiselle la pro ! C'est facile de critiquer les autres.
Le sang de Kécile ne fit qu'un tour. Elle sortit sa baguette d'un geste brusque et lança trois expeliarmus à la suite, l'un sur la cible du Poufsouffle, le second sur celle d'à côté et le dernier sur la dernière cible du mur, quatre groupes plus loin. Le fait qu'elle n'ait pas prononcé un mot n'échappa à personne et un silence stupéfait s'abattit sur la salle.
- J'ai appris avec Voldemort derrière qui me punissait à coup de doloris à chaque échec, cracha-t-elle avec hargne. Alors tu vas la fermer si tu ne veux pas que j'use de la même méthode, Smith.
Oui, c'était une menace complètement en l'air, et oui, elle exagérait en peu au sujet des doloris. Mais personne ne pouvait vérifier alors un peu de drame ne ferait pas de mal.
- Eh, Kécile ! Lança Georges avec un grand sourire (à moins que ce ne soit Fred), qui se tenait en face de la dernière cible qu'elle avait touché. Celle-là, tu n'as pas atteint l'exact centre, je suis navré de te l'annoncer.
Kécile lui lança un regard noir qui malheureusement n'effraya pas du tout le rouquin, mais elle fut déchargée d'une quelconque réplique par Cho.
- Tu sais lancer des sortilèges informulés ? S'étonna la Serdaigle.
- Oui, répondit sèchement Kécile.
Et elle se garda bien d'avouer qu'en réalité il n'existait que deux sorts qu'elle maîtrisait en informulé : l'expeliarmus et le Lumos. Mais ça non plus, personne n'avait besoin de le savoir. Et surtout pas cette Cho qui l'horripilait.
La Serdaigle ne lui avait rien fait. Mais Kécile avait pourtant constamment envie de l'étrangler. Surtout quand elle la voyait avec Harry...
XXX
L'humeur du quatuor qui s'était nettement améliorée grâce à l'AD subit un nouvel assombrissement au cours du premier match de Quidditch Gryffondor-Serpentard. L'injustice de Ombrage avait encore frappé et après un affrontement entre plusieurs joueurs, Harry et les jumeaux se retrouvèrent interdits de Quidditch. Rogue pouvait encore prendre des leçons auprès du crapaud en matière d'injustice.
Le samedi soir, le trio rendit visite à Hagrid qui était rentré de mission. Et ce qui aurait dû être un soulagement, se transforma en nouvelle source d'inquiétude. Hagrid semblait complètement inconscient du danger que pouvait représenter la Grande Inquisitrice.
Le mardi matin, les quatre Gryffondors se rendirent un peu en avance au cours de Soin aux Créatures Magiques, Hermione voulant absolument connaître à l'avance le sujet du jour, persuadée que Ombrage allait inspecter le tout premier cours du demi-géant. Mais ce fut peine perdue. Hagrid ne voulait pas gâcher la « surprise ». Il fallait craindre le pire...
- J'ai appris la nouvelle à ton sujet, Kécile, dit-il finalement à la jeune fille avec un regard sérieux.
- Ah...
- Et je voulais simplement te dire que ça ne fait rien, qui est ton père. Tout comme ça ne fait rien qui est ma mère. L'important, c'est ce que tu es.
- Dumbledore m'a déjà dit quelque chose dans ce goût là...
- Un grand homme, Dumbledore, acquiesça Hagrid, je l'ai toujours dit. Il te fait confiance et il t'a donné une chance tout comme à moi. J'ai appris que cette différence qui fait peur aux autres, c'est à toi de savoir si tu veux qu'elle se transforme en faiblesse ou en force. J'ai eu tort de me cacher de mes origines pendant des années.
- Je n'avais pas vraiment le choix.
- Mais tu dois l'assumer maintenant. Ça t'a forcément apporté quelque chose en plus que les autres n'ont pas.
Kécile regarda Hagrid d'un œil un peu vitreux.
- Hormis une meilleurs endurance aux Doloris, je ne vois pas...
En voyant arriver le reste de la classe, Kécile quitta le trio pour remonter dans la tour. Mais elle n'était pas tranquille. Elle avait croisé Ombrage qui se rendait sans aucun doute au cours du demi-géant. Elle finit par aller attendre ses amis près de la cabane du professeur. De toutes manières, ils devaient se rendre dans les serres par la suite.
Elle vit arriver le trio, et notamment une Hermione furieuse. Ron et Harry entreprirent de lui raconter l'inspection. Le crapaud avait visiblement agi de la pire manière qui soit, battant tous ses propres records d'attitudes outrageantes.
- Et là, racontait Ron, elle a commencé à interroger les élèves. Essentiellement les serpentard, bien sûr ! Elle a notamment demandé à cette bouse de Parkinson si elle arrivait à comprendre Hagrid. Et tu sais ce qu'elle a répondu? « Non... parce que... voilà... on dirait... souvent, c'est comme s'il grognait. » Et elle se marrait tellement que s'en était incompréhensible.
- Elle peut parler, le pékinois, commenta Kécile, ça lui va bien de dire ça. Elle aussi elle grogne la plupart du temps. Elle montre même les dents, c'est très laid... ajouta-t-elle avec un rictus moqueur.
- Dis donc, Gaunt, je crois pas qu'on t'ai demandé ton avis, intervint la voix Parkinson derrière eux.
Le groupé de serpentard était également sorti de la forêt, suivi de peu par Ombrage.
- Excuse-moi, je ne t'ai pas comprise clairement... je ne comprends pas le pékinois.
- On t'a déjà dit de rester dans ton coin, Gaunt. Sinon, l'un de ces Sombral pourrait bien t'indiquer le chemin d'Azkaban.
Sa baguette atterrit dans sa main le temps d'un battement de paupière.
- Miss Gaunt, rangez cette baguette immédiatement ! S'exclama Ombrage derrière eux qui semblait outrée.
- Kécile, non ! S'écriait Hermione.
- Confringo!
