Chapitre 69 : Noël entre deux haines

Hermione et Kécile devaient prendre le magicobus dans l'heure qui suivaient. Ombrage les avaient harcelé de question et Kécile s'était prudemment tu, laissant le soin de répondre à la diplomatique Hermione.

Mais pour l'heure, la jeune fille se trouvait devant la porte du bureau du professeur Rogue. Le cœur un peu battant, elle hésitait à frapper. Après tout, pourquoi faisait-elle ça ? Elle savait qu'elle allait se faire recevoir.

Mais elle ne pouvait pas partir sans dire au revoir à Severus. Il lui manquait. Sa présence rassurante agissait différemment de celle de Dumbledore. D'une certaine manière, elle pouvait mieux se confier à lui. Parce que lui savait tout. Parce que lui pouvait tout comprendre. Parce qu'au final ils se ressemblaient un peu. Et leur absence de relation lui pesait. Elle n'avait plus le regard acerbe mais juste et réaliste de Severus sur ses problèmes. Elle n'avait plus ses conseils pragmatiques pour la guider dans ses relations. Lui aurait su canaliser cette agressivité et cette colère qu'elle sentait presque constamment au fond d'elle même. Parce qu'il avait connu les même situations.

Alors, malgré le risque de se faire une fois de plus rembarrer, Kécile frappa à la porte du maître des potions.

- Entrez, entendit-elle répondre de cette voix toujours indifférente.

- Bonjour, professeur.

- Miss Gaunt... fit-il en la fixant d'un regard imperturbable. Voilà longtemps que vous n'étiez pas venu m'importuner.

- Je voulais simplement vous dire au revoir, dit Kécile d'une voix peu assurée.

- Et bien, c'est fait. Maintenant, vous pouvez partir.

Mais Kécile ne partit pas. Elle regarda les cernes sous les yeux du professeur.

- Vous êtes souvent convoqués ? Demanda-t-elle alors.

- Cela ne vous regarde pas Miss Gaunt.

- Je dois partir pour le square Grimmaud. Hélas... Je n'aime pas plus Black que vous, je crois.

- Tant pis pour vous.

- Est-ce que je vous y verrai ?

- Si j'ai l'infortune de devoir y passer, ce ne sera certainement pour bavarder avec vous. Maintenant veuillez quitter ce bureau. J'ai autre chose à faire que d'écouter les questions stupides d'une adolescente.

- Pourquoi, Severus ? Pourquoi nous comportez-vous ainsi ? Interrogea Kécile tristement. Est- ce que c'est vraiment pour me protéger de Voldemort ? Est-ce que c'est pour qu'il ne voit pas de signe de connivence entre nous ? J'ai besoin de savoir, Severus.

Et Kécile détesta entendre sa voix trembler, et elle refusait de laisser ce sanglot traître naître au fond de sa gorge. Elle n'allait tout de même pas pleurer, non ?

Mais malgré son désarroi, elle fixait son regard sur le professeur. Elle avait besoin d'une réponse.

Severus ne répondait rien. Il se contentait de lui rendre son regard, sans qu'un muscle de son visage ne bouge, sans qu'une ombre ne puisse laisser deviner ce qu'il pensait.

Puis finalement, il hocha la tête. Simplement. Juste un petit geste, un petit mouvement vers le bas.

Mais ce fut assez pour qu'un poids relâche le cœur de Kécile.

- C'est tout ce que je voulais savoir. Bonnes vacances professeur.

Et elle partit sans un mot de plus. Parce qu'elle savait que Severus ne voulait pas entendre de merci. Que Voldemort ne devait pas entendre de merci.

XXX

- Où est Harry ?

Kécile et Hermione étaient arrivée quelques instants plus tôt au square Grimmaud et Ginny et Ron les avaient rapidement rassuré sur l'état de santé de Mr Weasley.

- On ne l'a pas vu de la journée, marmonna Ron.

- Il se cache au dernière étage depuis qu'on est arrivé, ajouta Ginny tout en crayonnent les ailes d'un pégase sur son parchemin.

- Je vais le chercher, déclara Hermione.

- Bon courage ! Lança la rouquine.

- Pourquoi se cache-t-il ? Demanda Kécile.

Ça ne ressemblait pas à Harry.

- Je crois que c'est à cause de la conversation qu'on a surpris à Sainte-Mangouste. Les autres disaient que Harry a vu la scène de l'intérieur du serpent de Tu-Sais-Qui.

Kécile se figea, horrifiée.

- Apparemment, poursuivit Ron, ça inquiète Dumbledore.

- Tu m'étonnes, murmura faiblement Kécile.

- Et ils semblent même croire que Tu-Sais-Qui aurait pris possession de Harry. Pour l'avoir vécu, j'en doute très sérieusement, dit Ginny.

- Oui, acquiesça Kécile. Dumbledore m'a assuré que ce n'était pas le cas. Mais tout de même...

La porte se rouvrit sur Hermione qui traînait Harry tout en lui expliquant que Dumbledore les avaient mises au courant de la situation. Enfin, il s'était quand même bien gardé de leur dire précisément comment Harry avait assisté à l'attaque...

- Comment tu te sens ? Demanda Hermione à Harry.

- Très bien, répondit celui-ci.

- Ne mens pas, Harry. Ron et Ginny nous ont dit que tu te cachais de tout le monde depuis ton retour de Ste-Mangouste.

- Ah, ils ont dit ça ?

- En tout cas, c'est ce que tu as fait, répliqua vertement Ginny. Et tu ne nous regardes même plus !

- C'est vous qui ne me regardez plus !

Quel dialogue de sourd... pensa Kécile en suivant l'échange sans intervenir.

- Peut-être que vous vous regardez à tour de rôle mais jamais en même temps, dit Hermione pour tenter de détendre l'atmosphère.

- Mais ça semblait peine perdue, vu l'humeur de chien de Harry.

- Très drôle, répondit-il sèchement.

- Arrête de jouer les incompris, répliqua Hermione.

Ah, tiens pour une fois, ce n'était pas à elle qu'on sortait ce couplet, nota Kécile.

- Ecoute, les autres nous ont raconté ce que vous avez entendu l'autre jour avec les Oreilles à rallonge... finit par dire la jeune fille.

- Ah ouais ? Alors, comme ça, vous parlez tous de moi ? Remarquez, je commence à m'y habituer.

- C'est à toi qu'on voulait parler, Harry, répondit Ginny. Mais comme tu n'arrêtes pas de te cacher depuis qu'on est rentrés...

- Je n'avais pas envie qu'on me parle...

- C'est quand même un peu bête de ta part, s'emporta Ginny.

La rouquine n'eut finalement pas de mal à rassurer Harry sur le fait qu'il n'était pas possédé grâce à sa propre expérience.

Mais Kécile ne partageait pas sa confiance.

Quelques heures plus tard, elle put prendre Harry à part dans un salon. Elle se pelotonna dans un fauteuil tandis que Harry s'asseyait sur le tapis devant le feu.

- Est-ce que ça t'arrive d'avoir l'impression que Voldemort te parles quand tu dors ?

- Pourquoi ? Demanda Harry avec des yeux ronds ? Ça t'arrive à toi ?

- Non, mentit Kécile Mais si tu as l'impression d'être à sa place...

- Je n'étais pas à sa place, mais à la place du Serpent.

- Ça revient au même. Voldemort prend souvent possession de Nagini. Je ne sais pas comment il fait pour le supporter, mais... Est-ce que c'est la première fois que ça t'arrive ?

- Oui.

- Tu ressens ses humeurs, maintenant tu vois ce qu'il fait...

- Tu as bien vu, les autres semblent tous être d'accord : je ne suis pas possédé.

- Dumbledore pense la même chose, si cela peut te rassurer. Mais moi je connais Voldemort et je peux te dire que ce n'est absolument pas normal. La seule fois où quelque chose de similaire m'est arrivé, c'était lorsque j'étais sous l'emprise du Sommeil du Maître. Tu devrais être prudent.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasses, demanda Harry qui commençait à s'énerver. Que je continues à me cacher ? Je ne veux pas continuer à vivre comme ça, avec cette impression de souillure en moi.

- Je connais cette sensation, Harry, crois-moi. Mais ce n'est pas en niant un lien avec Voldemort que tu la feras disparaître.

- Mais qu'est-ce que tu essayes de faire ? Ce n'est pas parce que tu me feras me faire sentir mal que tu calmeras ton propre mal-être.

- Tu t'imagines quoi ? S'exclama Kécile qui s'énervait à son tour. Que je fais un transfert pour me soulager ? J'essaie de t'aider, qu'est-ce que tu crois ! Voldemort a des pouvoirs que tu ignores.

- Oh, écoutez l'experte ! C'est vrai que je n'ai aucune expérience en la matière et que Dumbledore est un ignorant...

- Arrête de détourner tous mes propos !

- Et arrêtes de te croire plus intelligente que tout le monde !

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? S'exclama Black en ouvrant la porte. Gaunt, tu cherches des noises à Harry ? Demanda-t-il d'un ton mauvais.

- On discutait simplement. Et c'est vous qui me cherchez des noises, visiblement.

- Ça va, Sirius, on parlait simplement de Voldemort, interrompit Harry.

- C'est vrai qu'on a là une experte.

- Et bien dans ce cas, écoutez-là plutôt que de l'envoyer sous les roses. Je t'aurais mise en garde, Harry.

- Fiches lui la paix, Gaunt. C'est encore le meilleur service que tu pourras lui rendre. Disparais maintenant.

- Oh, excusez-moi de devoir vous imposer ma présence. Et le jour où Voldemort possédera Harry, vous ne viendrez pas vous plaindre.

Et elle quitta le salon en claquant les portes. Ça commençait à devenir une habitude...

Harry ne comprenait pas que cet impression de souillure était un signe. Kécile le sentait, c'était dans ses tripes. Elle avait ce sentiment en elle, relégué dans un coin de son âme pour ne pas se laisser envahir par le dégoût d'elle-même. Elle savait que c'était en partie la raison de cette perpétuelle colère qui l'habitait. Parce qu'elle ne voulait pas se laisser envahir par le dégoût et les peurs en sentait continuellement deux yeux rouges tapis dans un recoin.

Harry ne comprenait pas que ce qu'il éprouvait, c'était son instinct qui le mettait en garde. Voldemort était quelque part à l'intérieur de lui. Et elle ne lui souhaitait pas de connaître quelque chose de similaire au Sommeil du Maître. Mais puisqu'il se montrait aussi obtus, elle s'en lavait les mains.

Ce fut au tour de Kécile de se cacher de tout le monde, mais cette fois-ci avec la bénédiction de Black. Hermione tenta bien de la convaincre de revenir avec les autres, en vain. Elle refusa également d'accompagner les Weasley , Hermione et Harry rendre visite à Mr Weasley. Cependant le soir-même, elle fut obligée de quitter sa chambre lorsque Black fit irruption dans la pièce.

- On t'a appelé pour manger, Gaunt.

- On ne vous a pas appris à frapper avant d'entrer dans la chambre d'une femme ?

- Arrête immédiatement tes grands airs. Tu descends tout de suite. On ne va pas te servir sur un plateau .

- Je croyais que vous ne vouliez plus me voir ! Ma simple existence vous insupporte de toute manière...

- Malheureusement Dumbledore n'approuvera pas si on te laisse mourir de faim.

- Ah je vois... Comme vous ne pouvez rien faire de plus utile, il vous transforme en nounou...

- Ferme-la, répondit Black blanc de rage en sortant sa baguette. Ou c'est moi qui vais t'apprendre à tenir ta langue.

- Oh, je suis morte de peur... ricana Kécile. Hélas pour vous, j'ai grandi avec Voldemort et Severus. Et vous êtes loin d'être aussi impressionnant...

- Ne prononce pas le nom de ce bâtard dans cette maison. Il encore le plus mal venu que toi.

- C'est dommage, lui au moins est fréquentable.

- Espèce de gamine insolente, qui commençait à sentir la moutarde lui monter au nez, tu vas récurer le grenier à la brosse à dent, ça va t'apprendre à parler...

- Dans vos rêves...

- Qu'est-ce que vous faîtes ? Demanda la voix de Lupin depuis l'escalier. Sirius, ça va faire cinq minutes que tu es parti chercher Kécile.

- J'apprends les bonnes manières à cette pourriture, cracha-t-il.

- Les bonnes manières ?! C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! S'exclama Kécile avec outré.

- Assez, coupa Lupin avec autorité. On vous attend pour dîner et ce serait dommage de laisser refroidir le ragoût de Mrs Weasley.

Kécile passa devant Black sans un mot, se rendant à l'argument du loup-garou. C'est vrai que les ragoûts de Mrs Weasley étaient fameux. Et en plus sa colère ne parvenait plus à lui couper la faim.

Tout le monde la fixa quand elle entra dans la cuisine, suivie de Lupin et de Black, puis Ron lança :

- Tu savais ?

- Je savais quoi ? Demanda sèchement Kécile.

- Pour les Londubat ?

Kécile comprit qu'ils avaient du rencontrer les parents de Neville à Ste-Mangouste.

- Oui, je savais, répondit elle en s'asseyant

- Bien sûr qu'elle savait. Après tout tu es grande copine avec cette folle de Bellatrix, n'est-ce pas ?

- Sirius, intervint Mrs Weasley d'un ton de reproche.

- Ce n'est pas moi qui est de lien familial avec cette folle. Ce qui explique certaines choses, vous me direz... ajouta Kécile avec un ton chargé de sous-entendus.

- Tu me traites de fou, c'est cela, Gaunt ?

- Si vous ne l'êtes pas complètement génétiquement, Azkaban se sera chargé du reste.

- Tais-toi, Kécile ! Coupa Harry qui ne semblait pas du tout apprécier qu'elle s'en prenne à son parrain.

- Je me demande qui Azkaban a le plus détraqué, répliqua Black. Je suis sorti de là par mes propres moyens au bout de 12 ans. Toi en deux semaines, tu n'étais plus qu'une loque. Si ce n'est pas minable...

Ce fut au tour de Kécile de sortir de sa baguette en se redressant. Elle était en train de songer au sort le plus approprié pour effacer ce rictus insupportable du visage de Black quand Mrs Weasley fit sursauter tout le monde .

- Ça suffit ! Cria -t-elle d'une voix de stentor. Vous êtes infernaux ! On a assez avec les disputes incessantes entre toi et Severus, Sirius, sans que Kécile s'y rajoute ! Je ne veux plus vous entendre, ni l'un ni l'autre !

- Ça va encore être de ma faute... commença Kécile.

- SILENCE ! Hurla Mrs Weasley.

Kécile envisagea un instant de quitter la cuisine à l'instant, furieuse de se voir traitée ainsi. Mais elle avait trop faim. Si elle ne mangeait pas maintenant, elle serait obligée de descendre le lendemain matin au petit-déjeuner. C'était reculer pour mieux sauter.

Elle attrapa donc sa fourchette d'un geste rageur et commença à enfourner son repas le plus rapidement possible. L'ambiance était un peu tendue, les autres se faisant discrets comme s'ils venaient eux aussi de se faire passer un savon par la matriarche Weasley. Mais bientôt, les jumeaux se chargèrent de détendre les membres attablés autour de la table, et un quart d'heure plus tard, même Sirius riait à leur blague.

Aussitôt la dernière bouchée avalée, Kécile se leva pour quitter la table.

- Où est-ce que tu vas ? demanda Mrs Weasley d'un ton menaçant.

- Je monte me coucher, répondit sèchement Kécile.

- Personne ne t'a autorisé à te lever de table, répliqua Sirius.

- Rien à faire, répondit Kécile.

Et la porte claqua derrière elle. Une nouvelle fois.

Le feu crépita de vert et tout le monde se retourna pour voir Severus sortir de la cheminée.

Celui-cil embrassa d'un coup d'oeil Mrs Weasley qui semblait contrariée, Tonks qui lui demandait de se rasseoir, et Lupin qui tentait de calmer Black qui semblait prêt à faire un massacre.

- Oh non, il ne manquait plus que lui... marmonna Harry.

- Je vais aller chercher cette insolente, rugissait Black, et nous allons avoir une bonne explication !

- Laisse là tranquille, Sirius, tu ne vas que mettre de l'huile sur le feu, le retint Lupin.

- Cette gamine insupportable s'en tire beaucoup trop facilement. Servilius lui passe peut-être tout passer, mais...

- De qui parlez-vous ? Demanda Severus que cette frénésie laissait perplexe. Puis-je savoir ce qui te met dans un état pareil, Black ? Pas qu'il faille grand chose pour te perturber...

- Gaunt ! Voilà ce qui me met en rogne. On se demande comment tu l'as éduqué.

- Je n'ai pas éduqué Miss Gaunt. Lucius et Narcissa se sont chargés de cette tâche.

- Et bien au moins, cela explique les similitudes avec Drago Malfoy... commenta Ginny Weasley sur le ton de la plaisanterie.

- Je venais voir si Shaklebolt est-ici, non pour assister au manque d'autorité flagrant de Black.

- Kingsley n'est pas là

- C'est tout ce que je voulais savoir. Bon courage, le clébard...

Et il disparut dans le feu sans attendre de réponse.

XXX

- Rogue est vraiment épouvantable, commentait Ron. Toujours à se moquer de Sirius.

- Ce n'est pas nouveau, répondit Ginny. Par contre, Kécile ferait bien de prendre garde à pousser le bouchon trop loin.

- Sirius aurait moins de problèmes avec elle s'il cessait de l'insulter à chaque fois qu'il lui adresse la parole, défendit Hermione.

- Mais Kécile le provoque à chaque fois, protesta Harry.

- Je ne suis pas d'accord, Harry, rétorqua Hermione. Et puis, c'est lui l'adulte, il ne devrait pas surenchérir...

Kécile finit par ouvrir brusquement la porte.

- Quand vous aurez fini de parler devant ma porte à mon sujet, vous pourrez peut-être entrer...

Les filles entrèrent sans hésitation, et les garçons suivirent avec un peu plus de réticence.

- J'ai entendu Ron parler de Severus, dit Kécile aussitôt que la porte fut close. Il est là ?

- Il n'a fait que passer, répondit Ginny. Il n'est pas resté deux minutes.

- Mais il a eu le temps d'insulter trois fois Sirius au passage, gronda Harry. Ce bâtard est incapable d'avoir une conversation civilisée.

- Parce que Black en est capable, lui ? Rétorqua Kécile. J'ai des doutes, tu vois...

- Excuse-moi, mais dans le genre incivilités, tu te poses là ! S'exclama Harry férocement. Tu te crois tout permis... Tu ressembles vraiment à Rogue parfois.

- Ce n'est pas ma faute si Black se comporte comme un imbécile à chaque fois que Severus ou moi sommes dans les parages...

- Sirius n'est pas un imbécile. Rogue fait tout pour lui taper sur les nerfs et tu prends exemple sur ton bien-aimé Severus. Pourtant, je n'ai pas l'impression qu'il s'occuper tellement de toi ces derniers temps. Il ne te traite presque pas mieux que moi...

- Severus me protège en agissant ainsi. Je t'interdis de remettre son attitude en cause.

- Tiens, la semaine dernière encore tu tempêtais tout ce que pouvais contre lui !

- Mais vous allez arrêter, oui ?! Beugla tout d'un coup Ron. Je commence à en avoir marre de toutes ces disputes ! D'abord toi et Sirius, dit-il à Kécile, ensuite Rogue et Sirius, maintenant vous deux... Vous pouvez pas arrêter deux minutes !

- Bientôt, Maman va s'y mettre parce qu'elle ne va pas supporter ton insolence longtemps, Kécile, avertit Ginny.

- Je n'en ai rien à faire, répliqua cette dernière sèchement. Ce n'est pas ma mère. Sur ce, amusez-vous bien entre gens civilisés.

Et elle quitta la pièce pour aller se réfugier dans la bibliothèque. Eux au moins ne l'insultaient pas à chaque conversation.

Il semblait que Harry et Kécile ne pourraient pas se réconcilier. Leur colère se cristallisait autour de Sirius et Severus, chacun défendant l'un et portant tous les torts sur l'autre. Ron, Ginny et Hermione étaient exaspérés de cette rivalité qu'ils jugeaient stupides et s'interposaient dès que le sujet revenait sur le tapis. Mais Kécile considérait que la terre entière lui en voulait et se montrait si désagréable que personne, même Hermione, ne se risquait plus à chercher sa compagnie.

Le dernier jour des vacances, un dernier incident acheva la scission. Lorsque Kécile daigna venir dîner, elle entendit Ron, assis autour de la table avec les autres s'exclamer :

- Des cours particuliers avec Rogue ? J'aimerais encore mieux faire des cauchemars !

- Tu vas prendre des cours de potions avec Severus ? S'étonna Kécile.

- Non, répondit celui-ci sèchement. Des cours d'Occlumancie.

Elle le fixa un instant en silence avant de dire ensuite d'un ton supérieur :

- Et après on va me dire que je fabule, hein ?

Mais au fond d'elle-même, Kécile se sentait trahie. Elle aussi elle avait des cauchemars avec Voldemort. Il était aussi tapi au fond de son esprit. Mais elle, personne ne lui apprendrait l'occlumancie, et certainement pas Severus.

XXX

Il faisait noir et elle tentait péniblement d'écarter les ténèbres qui voulaient se refermer sur elle.

- Ne te débats pas, murmura une voix qu'elle connaissait trop bien.

- Je ne me laisserai pas faire !

- De quoi parles-tu ? Rien ni personne ne cherche à te faire du mal. C'est toi qui te fait du mal en te débattant.

Le noir voulait prendre possession de son esprit et ses barrières cédaient peu à peu.

- Calme-toi et observe, continuait la voix avec une douceur inhabituelle. Pourquoi as-tu peur de ces ténèbres. Il ne sont rien d'autre qu'une part de toi.

- Ce n'est pas vrai !

- Arrêtes juste un instant de lutter et tu verras.

Et comme elle était fatiguée, elle suivit le conseil.

Et l'obscurité cessa d'être menaçante. Elle devenait familière

- C'est bien, dit alors la voix. Tu deviens raisonnable.

La noirceur entrait doucement dans son esprit et l'enveloppait. Mais il avait raison, ce n'était plus effrayant. C'était juste normal...