La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


Après une deuxième vérification contre son gré, le docteur Shamal fit sortir Ryohei et Lambo de la chambre de Lancia avant d'en faire de même. Même si on lui a administré une grande dose de poison, le géant était plus costaud que n'importe qui et arrivera à survivre après. Mais ce qui horripilait le plus à l'Alchimiste, c'était qu'il n'y avait aucune femme avec lui et être uniquement entouré de garçons le mettait plus rapidement en colère - surtout qu'il ne gardait ni les plus calmes ni les plus intelligents avec lui en ce moment -.

Mais en refermant la porte derrière lui, il sentit une grande flamme arriver. Contrairement à toutes les flammes qu'il avait connues jusqu'à là, celle-ci était d'une certaine manière... sombre. Froide, même. Et quand il vit de grands hommes apparaître devant eux soudainement, Shamal les défia du regard, mais il sut qu'il ne pourra rien faire face à eux.

- Livrez-nous le géant, ordonna l'un d'entre eux. Il est l'heure pour lui d'être jugé pour ses crimes.

...

Tsunayūki resta encore quelques instants dans le ciel, puis se dirigea vers le sol avec précaution. Mais elle savait que c'était maintenant terminé. Elle ne sentait plus l'esprit de Mukuro : il devait avoir perdu connaissance en se prenant l'attaque. Il était allongé sur la pelouse brûlée, plus aucune aura ne l'entourant. L'ange le porta prudemment sur son épaule avant de remonter au dernier étage et de retrouver tout le monde.

Reborn était en train de libérer Chrome. Celle-ci haletait fort et semblait encore plus fatiguée que le Dragonnier. Les autres étaient tous inconscients ou endormis. Quand Tsuna atterrit et se joignit à eux, l'homme au fédora la fixa avec stupeur ; ça faisait bizarre à la jeune femme, vu qu'elle n'avait pas l'habitude qu'on la dévisage ainsi. Par pure embarras, elle coinça nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Euh... j'ai quelque-chose sur le visage ? demanda-t-elle timidement.

- Pas particulièrement, répondit Reborn. C'est juste que l'idée qu'un ange ait quatre ailes ne me serait pas venu à l'esprit.

Elle se tourna instinctivement vers ses ailes : deux d'entre elles étaient blanches - celles qu'elle avait depuis toujours -, et deux autres avaient une teinte plus orangée. Elle songea alors que la couleur devait être liée avec la flamme que l'ange possède.

- Et sans être indiscret, depuis quand tu as ces deux ailes-là ? enchaîna-t-il.

- Eh ben... je crois qu'un chérubin les possède depuis toujours, mais c'est la première fois que je les utilise, comme j'étais pas trop au courant...

- Attends. Tu es en train de me dire que tu ne savais pas avant maintenant que tu étais une Chérubienne ?

- Mais... ! Il y a pas beaucoup de chérubins qui savent qu'ils en sont un, tu sais ? La seule chose qui les différencie avec les autres anges, c'est qu'ils ont deux ailes en plus, c'est tout ! Pour ça, il suffirait d'avoir plus de flammes de dernière volonté que la plupart. Mon père me disait souvent que j'en étais une car lui aussi est un chérubin, mais je ne l'ai jamais cru.

- S'il suffisait juste d'avoir plus de flammes, t'aurais dû pouvoir les faire apparaître plus tôt, non ? Je ne me rappelle pas que tu en aies utilisée plus que d'habitude.

- Je n'en sais rien...

En vérité, Tsuna préféra ne pas lui répondre honnêtement et garder la réponse pour elle-même.

« Il ne suffit pas juste d'avoir des flammes de dernière volonté, lui avait dit son père dans le passé. C'est surtout une question de Dernière Volonté : la véritable, la plus profonde qui est encrée en toi. Sans ça, tu ne pourras jamais devenir celle que tu es véritablement. »

Comment expliquer ce qui s'était passé alors ? Qu'elle n'avait jamais eu de « véritable » dernière volonté jusqu'à maintenant ? Révéler les paroles de son père au Dragonnier compliquerait les choses plus qu'elle les résout.

- Et pour les Sépharins ? continua l'homme au fédora. Ce sont les anges qui possèdent six ailes, j'imagine ?

- Oui, répondit Tsunayūki. Et ils ont encore plus de flammes que n'importe qui d'autre : si je me souviens bien, je crois que c'est minimum dix fois plus que pour un chérubin. Mais il n'y a jamais eu de Sépharin, à part la Vongola Prima.

- « La » Vongola Prima ?

- C'est celle qui aurait été assassinée il y a quatre cent ans. Je ne sais pas pourquoi tout le monde pense que c'était un garçon au départ comme premier chef, mais non : c'était bien une Sépharine.

- Hm... je vais éviter toute remarque pour éviter de me faire passer pour un misogyne.

Regard blasé vers le Dragonnier.

- Sinon, tout va bien, Chrome-chan ? s'inquiéta Tsuna.

L'apprentie exorciste peina à ouvrir son œil gauche : l'autre restait clos. Un doute s'installa dans l'ange.

- Le rituel... est-ce qu'on a réussi à l'arrêter ? désespéra l'ange.

- Chrome a l'air d'être encore vivante, répondit Reborn : on a dû réussir à l'empêcher.

La concernée se garda de faire une remarque là-dessus. Mais avant tout, elle devait faire quelque-chose. Maintenant.

- Tsuna-chan... Reborn-san... emmenez-moi près de Mukuro, s'il vous plaît... j'ai besoin de lui parler.

- Pardon ?! s'étonna Tsuna.

- Il est inconscient : il ne pourra pas te parler de suite, argumenta Reborn. D'autant plus qu'il est dangereux et qu'il vaut mieux qu'il soit loin de nous. Surtout de toi.

- Non... il est encore là : je le sens..., contesta Chrome. Et je sens aussi qu'il ne peut plus rien faire...

En même temps qu'elle parlait, l'intuition de Tsuna se manifesta et approuva ces paroles. Elle observa quelques instants le corps du Liche : que faire s'il pouvait encore se battre ? Il s'en prendrait d'abord à son amie, et qui savait ce qu'il allait faire ensuite ?

- D'accord, accepta-t-elle finalement. Reborn, retiens-le par les bras ; je reste près de Chrome-chan au cas où on doit s'enfuir.

- Ne me donne pas d'ordre, coupa le Dragonnier.

Malgré son premier refus, l'homme au fédora tint les bras pour empêcher Rokudo d'attaquer s'il se réveillait. Tsunayūki resta proche de son amie qui tendit sa main vers l'œil de Mukuro.

- Mukuro... est-ce que vous m'entendez ?

Pas de réponse. Reborn fixa Tsuna pour sous-entendre que ce qu'il avait dit tout à l'heure n'était pas inutile.

- Mukuro... je sais que vous m'entendez. Je... je ne comprends pas pourquoi vous êtes allés jusqu'à là. Celui que j'ai connu avant était quelqu'un qui tenait à ses amis comme si c'était sa famille. Comment... et pourquoi avez-vous autant changé ? Pourquoi vouloir la mort de tous ces Élus, alors que la plupart sont innocents ?

- … nous n'avons pas notre place dans ce monde.

Tsuna se retint de lâcher un cri de surprise : le Liche venait de leur communiquer mentalement. D'après le regard de Reborn, il n'avait pas l'air d'avoir entendu, même s'il sentait l'âme du Liche s'éveiller.

- Qu'il y a-t-il ?

- Il... il vient de lui parler par la pensée ! expliqua l'ange à voix basse, de peur que le concerné l'entende. C'est pas dangereux ?

- Et t'as réussi à l'entendre, toi aussi ? Hm... ça doit être sûrement par le contact, puisque tu la tiens par le bras. Chrome, prends-moi aussi le bras : avec Iru, on devrait réussir à contrer une attaque mentale au cas où.

Nagi obéit puis reprend la discussion.

- Comment ça, vous n'avez pas de place ?

- Le monde tel qu'il est aujourd'hui ne nous permet pas de vivre. Ken, Chikusa, moi... pleins d'autres sont condamnés à être maltraités et rejetés de tout le monde. Peut-être toi aussi, un jour. Et tu sais pourquoi ? Car il existe les Élus. Ces êtres qui ont bouleversé notre univers et qui sont responsables des phénomènes paranormaux...

- Quel lien y a-t-il avec la mort de toutes ces personnes ?

- Il n'y aura alors plus de victimes humaines. Si tous ces phénomènes disparaissent, il n'existera plus d'ondes paranormaux qu'envoient ces Élus, et les savants fous relâcheront tous ces humains ; il n'y aura non plus plus d'ondes de guerre qu'envoient ces êtres, comme ces dragonniers et ces anges ; on pourra enfin ne plus être jugé... être libre.

- Et vous pensez réellement que c'est en les tuant que vous pourrez créer cet havre de paix ?

- C'est ce en quoi je pense, Chrome.

Tsunayūki n'arrivait pas à avoir une pensée logique après avoir entendu tout ça. Ni à cerner le Liche, qui semblait être quelqu'un de totalement différent de ce qu'elle avait pensé jusqu'à maintenant.

- Vous avez tellement changé... soupira Estraneo.

- Ku fu fu... mes idéaux ont toujours été ainsi, ma petite Chrome. De plus... je ne suis pas devenu quelqu'un d'autre : je suis toujours celui que tu as connu. Viens voir un de mes souvenirs...

Soudainement, Tsuna eut l'impression de se faire aspirer dans le noir avant de se trouver devant un espèce d'écran à trois cent soixante degrés. À côté d'elle, il y avait toujours Dokuro et le Dragonnier. Celui-ci et l'ange s'échangèrent un regard perdu ; l'apprentie exorciste, elle, semblait ne pas être perturbée. Elle ne savait pas comment, mais elle savait que ce souvenir remontait d'il y a quelques mois.

Mukuro était assis sur le seul canapé qu'il y avait dans la pièce - pièce qui ressemblait énormément à celle où ils étaient en ce moment -. Ken jouait sur son portable et Chikusa avec son yo-yo.

- J'ai préparé un plan pour détruire les Élus, et je compte bientôt le mettre à exécution.

Le blond et le blasé se retournèrent d'un même mouvement vers leur chef. Ken fit apparaître ses canines en souriant.

- Il faudra qu'on fasse quoi, bya ? demanda Jōshima.

- Tu dois d'abord récupérer ta sixième voie, non ? rappela Kakimoto. À part si t'as trouvé un moyen pour ne pas y avoir recours…

- Hélas, non : nous n'avons pas le choix, soupira Mukuro.

Ken lâcha son jouet sur le coup avant de se lever d'un bond.

- Attends, Mukuro… t'as pas dit que si on retirait ton pouvoir du corps de Chrome, elle va mourir ?! On ne pas lui faire ça, bya ! contesta-t-il. Je croyais qu'on devait un autre moyen pour ne pas la sacrifier !

- Si on n'a pas le choix, il faudra s'y résoudre… répliqua Chikusa.

- Toi, on t'a pas parlé, Kakinou, poils au cou !

- Ken : assieds-toi s'il te plaît, calma le Liche. Je suis d'accord avec toi : si on a mis autant de temps avant d'agir, c'est parce qu'on voulait éviter de tuer Chrome. Cependant : de un, j'ai beau me creuser la tête, c'est le seul moyen pour arriver à notre but.

- Si c'est ça, ne compte plus sur moi pour la suite, Mukuro !

- Eh ben, t'en pince vraiment pour elle, Ken… soupira le blasé sans lâcher des yeux son yo-yo.

- Je t'ai dit de la fermer ! rougit le blond.

- Je peux reprendre ? coupa Rokudo. Donc je disais : de un, nous n'avons pas le choix. Par contre, maintenant, je suis devenu plus fort qu'avant, je pourrai réussir à la garder en vie, même si je lui retire mon pouvoir.

- Comment ?!

- Avant, si je lui ai donné la voie du Deva, c'est parce que j'étais incapable de l'employer moi-même auparavant : la seule solution était de lui passer ce pouvoir qui compensait lui-même les organes perdues. Cependant, maintenant que j'arrive à mieux maîtriser tous mes pouvoirs, quand je le récupérerai, j'utiliserai ce pouvoir moi-même.

- Ça veut dire que… Chrome ne mourra pas ?

Mukuro approuva de la tête. Ken se remit à sourire.

- Ok, alors ! Il fallait commencer par ça, poil au bras !

- Tu ne lui laisses jamais le temps de s'expliquer, remarqua Chikusa avant de se faire réprimander une nouvelle fois.

Le souvenir se dissipa pendant que les deux autres se disputaient et que Mukuro souriait.

Le retour à la réalité fut douloureux pour Tsuna ; elle avait maintenant mal à la tête. Reborn ne semblait pas être dans sa meilleure forme, non plus. Ce qu'ils venaient de voir était déconcertant : ces ravisseurs qui venaient de les attaquer avaient sauvé Chrome auparavant ! C'était dur à concevoir pour le Dragonnier qui venait d'assister à un rituel avec beaucoup trop de sang versé sur celle qu'ils avaient sauvé.

Lorsqu'ils regardèrent Nagi, celle-ci était en train de pleurer. Tsuna voulut la consoler et demander ce qui n'allait pas, mais elle s'essuya les larmes avec le bras pour les cacher.

- Mukuro-san… pourquoi m'avoir fait croire que j'allais mourir, alors ? demanda-t-elle.

- Je ne t'ai jamais dit que tu allais mourir : je t'ai seulement dit que si tu me le donnais de ton plein gré, tu pourrais mourir… si je ne t'aide pas en retour, bien entendu. Mais sache que nous avions fait ce rituel car on savait que tu étais forte pour le surmonter... et car c'est le seul moyen pour que nous puissions voir ensemble un monde en paix...

- Je… je ne sais pas quoi en penser…

- Chrome-chan…

L'apprentie exorciste refondit en larmes ; l'ange fit alors de son mieux pour l'apaiser. L'homme au fédora constata que l'esprit de Mukuro venait de s'endormir pour de bon... mais pour combien de temps ? Il décida alors de le lâcher car il se doutait qu'il se réveillerait de suite.

Soudain, ils entendirent des corps ramper sur le sol et venir vers eux ; ils se retournèrent d'un même mouvement pour voir qui c'était.

- Ken ! Chikusa ! s'exclama Dokuro. Ne bougez pas : vous allez encore plus vous blesser que vous ne l'êtes déjà !

- La ferme, bya ! ordonna Jōshima. Tu ne peux pas nous comprendre : tu ne peux plus nous comprendre depuis que tu as perdu la mémoire !

- Si, riposta Chrome d'une voix ferme.

Elle venait de se lever avec ses dernières forces avant de s'accroupir devant eux, tout en les regardant dans les yeux. Reborn et Tsunayūki échangèrent un regard, inquiets : qu'est-ce que c'est cette histoire d'amnésie ? Le passé de leur amie semblait encore plus compliquée que ce qu'ils savaient déjà…

- Grâce à Mukuro-san, je me souviens de tout, reprit-elle. Et… je comprends ce que vous ressentez, ce que vous voulez faire et pourquoi. Cependant, je ne peux pas l'approuver : il y aura trop d'innocents qui mourront.

- Pour sauver d'autres !

Le blond grinça des dents avant de détourner du regard, peut-être car il était trop fatigué de garder sa tête relevée pour voir Nagi.

Tsunayūki se mit à frissonner. Elle ne savait pas pourquoi, mais un nouveau danger planait sur eux. Elle invita silencieusement l'homme au fédora à s'écarter du Liche et à se rapprocher de l'apprentie exorciste. Reborn devait lui aussi pressentir que quelque-chose n'allait pas.

- Tsuna, qu'est-ce que tu sens ? demanda-t-il directement.

- C'est… indescriptible, trembla l'ange. Mais ça arrive.

Et ils arrivèrent.

Ils apparurent grâce à un portail d'une flamme que n'avaient jamais vue Tsunayūki et Reborn : elle était noire comme la nuit, et semblait aspirer toute forme de vie et de joie autour d'elle. Trois grands hommes apparurent alors dans leur champ de vision. Ils portaient un grand manteau à plumes sombres qui allait jusqu'au sol et un chapeau haut-de-forme assortie. Mais le plus choquant, c'était que toute leur peau était recouverte de bandelettes : même leur visage était cachée par ces bandes. Mais Tsuna préféra presque que ça en soit ainsi, car elle n'était absolument pas tentée pour voir leur visage.

Après leur arrivée, des chaînes sortirent du portail. Reborn protégea intuitivement les filles. Mais les chaînes ne les attaquèrent pas : ils foncèrent sur Mukuro et ses acolytes et les enchaînèrent de la tête au pied. Même s'ils avaient fait du mal, Tsuna ne supporta pas de les voir ainsi emprisonnés.

- Relâchez-les ! ordonna-t-elle. Pour qui vous prenez…

- Arrête !

Une main s'agrippa à son poignet : c'était Irugorn. Il semblait encore plus mal au point que tout à l'heure. Reborn sentit un sentiment puissant l'habiter en ce moment, la toute première fois qu'il la sentait dans le dragon, mais il n'arrivait pas à deviner ce que c'était.

- Iru ! Tu te sens bien ? demanda-t-il tout en appliquant de la flamme sur l'épaule du dragon.

- Tout va bien, assura celui-ci en refusant l'aide proposée. Essayez de ne pas vous faire davantage remarquer que vous venez de le faire !

Le Dragonnier comprit alors le sentiment qui régnait dans le dragon : de la peur, pure et simple. Il la sentit rentrer dans ses propres veines ; mais il reprit vite contrôle de ses propres émotions et se força à garder la tête froide.

- Iru, qui sont ces types ? Et qu'est-ce c'est que cette flamme ?

- Nous sommes les Vendicare.

La troupe se tourna vers les hommes en bandages.

- Nous sommes garants de la sécurité de ce monde et du secret des Élus. Tout être de l'Éther qui ne respecte ses règles sera jugé et condamné.

- Comment ?! Et qu'est-ce qui va leur arriver s'ils sont condamnés ?! paniqua Tsuna.

- Nous les enfermerons dans notre prison inviolable, et nous les gardons jusqu'à leur mort.

- Quoi ?! Mais vous n'avez pas le…

- TSUNA, ARRÊTE !

L'ordre fut tellement puissant dans sa tête qu'elle obéit sans réfléchir. Elle se retourna vers le dragon qui paraissait de plus en plus essoufflé.

Elle vit alors Mukuro, Ken et Chikusa se faire emmener par les Vendicare sans pouvoir faire quelque-chose. Le blond et le blasé continuaient de se débattre, mais ils étaient trop impuissants face à ces hommes. Ils partirent sans se retourner, et le portail disparut. Tsunayūki sentit que les hommes en manteau n'étaient plus là. Et c'était tant mieux.

Elle se retourna vers Irugorn et s'accroupit près de lui. Reborn et Chrome semblaient eux aussi brûler d'impatience de lui poser des questions.

- Bon, ça serait trop te demander qui étaient ces types ? insista le Dragonnier. Ils me paraissent sacrément louches !

- Ils l'ont dit : ce sont les Vendicare, les « Vengeurs » : ce sont eux qui assurent la paix entre les Élus et les humains normaux, répéta Irugorn.

- Ce n'est pas ça que je te demande ! s'emballa-t-il. Qu'est-ce que cette flamme qu'ils utilisent ? Pourquoi ce sont eux qui assurent ça ? Qui est-ce qu'ils appellent « Êtres de l'Éther » ?!

- Re-kun… je ne sais pas moi-même.

Reborn continua de le regarder sans céder : il ne semblait absolument pas convaincu. C'était la première que Tsunayūki le voyait si ébranlé.

- Enfin, ce genre de trucs aussi gros que leur prison et leur « justice », ça ne doit pas arriver du jour au lendemain ! T'as dix mille ans : tu dois bien savoir quelque-chose !

- Tu peux regarder mes souvenirs, si ça te dit : mais sache que de nombreux dragons et dragonniers enquêtent en secret sur eux, et ils ne savent rien du tout là-dessus.

- Tu peux très bien bloquer des souvenirs pour que ça t'arrange !

- Reborn-san, Irugorn-san… intervint doucement Nagi. Ne nous disputons pas : ça va empirer votre état.

L'ange la regarda tristement : elle avait l'air au bord des larmes, mais elle se retenait malgré tout de s'effondrer une nouvelle fois. Avoir vu Mukuro et les autres se faire embarquer de la sorte a dû lui porter le coup fatal. Les garçons se tournèrent vers elle, avant de lâcher silencieusement un soupir.

- Tu as raison… approuva le dragon. On ne devrait se gueuler dessus...

Soudain, Tsuna fut prise de douleurs insoutenables dans tout son corps. Ses ailes de flammes se « décondensèrent » avant de disparaître ; elle se mit à hurler avant de s'écrouler par terre, inconsciente. Tout le monde s'assura qu'elle aille bien.

- Mais qu'est-ce qui vient de lui arriver ? inspecta Reborn avant de la poser contre le mur.

- C'est l'utilisation excessive de la flamme de dernière volonté sur un Élu, répondit Iru. Comme elle est indispensable pour notre corps, c'est un peu comme un muscle : à force d'en utiliser, en se fait comme des claquages.

- C'est sûr que ce n'est pas toi qui va te faire une foulure avec ça… commenta l'homme au fédora avec un rictus.

Après ça, son sourire s'effaça tout aussi rapidement qu'il est apparu : il s'écroula par terre, le dos appuyé contre le mur. Chrome se précipita sur lui pour vérifier que tout allait bien. Irugorn ne s'en inquiéta pas : il savait que le Dragonnier n'avait plus d'énergie pour rester debout. Ni même rester conscient, d'ailleurs.

- Dis donc, t'as pas l'impression de flemmarder ? remarqua le dragon. Je me suis pris des plus vilains coups que toi, et j'arrive à rester debout : tu pourrais faire un effort, non ?

- Eh oh, je te rappelle que je me suis battu contre toi, Gokudera, Hibari, Ken et Kakinou en même temps en évitant de vous blesser : j'ai fait quelque chose quand même, répliqua Reborn. Et puis… j'ai fait un effort en plus : j'ai fait en sorte de ne pas me vider de ma flamme pour ne pas t'inquiéter. C'est pas bien, ça ?

Finalement, il tomba à son tour dans l'inconscience. Le corps inerte de Tsuna glissa contre le mur et sa tête tomba sur l'épaule du Dragonnier. Ils étaient tous les deux trop fatigués pour rester éveillés. Nagi s'assura une dernière fois qu'ils aillent bien avant de s'asseoir au sol, les jambes repliées sur elle-même. Elle semblait être au bord des larmes. Irugorn ne savait pas trop comment la consoler : l'homme au fédora n'avait jamais fait ça. Il s'accroupit devant elle avant de lui tapoter la tête doucement.

- T'as pas à t'inquiéter, Chrome-chan : nous avons tous fait du bon travail. Même toi.

Il n'y eut qu'un semblant de sourire sur le visage de l'apprentie exorciste.

Ce n'était pas ce qu'elle aurait voulu entendre.

...

- Ohé, tête de poulpe ! Tu te lèves à l'extrême limite, oui ou merde ?!

- Onii-san, laisse le se reposer s'il en a besoin…

- Meuh ah ah ! Je vais pouvoir dessiner sur le visage de Stupidera !

- Ma ma, tu devrais faire des moustaches plus arrondies, Lambo-kun. Comme ça.

- Et puis, change de couleur, aussi : que du noir, c'est pas original.

- Oh, moi aussi j'ai envie de dessiner, Reborn-nii !

- Et Fūta-kun s'y met aussi…

- Hm ? Vous voulez réveiller Hayato ? J'ai un moyen beaucoup plus efficace : je l'ai nommé « Poison Cooking : Gâteau aux sels de Pâmoison ».

Hayato se réveilla en sursaut avant même d'avoir eu affaire à la pâtisserie de sa demi-sœur : à chaque fois qu'il entendait Poison Cooking, il était capable de se réveiller n'importe quand - c'était devenu un espèce de réflexe de survie -. Il regarda alors autour de lui et constata que presque tout le monde était à son chevet. Yamamoto, Fūta, Lambo et Reborn avaient des feutres dans leur main ; Tsunayūki retenait de son mieux Ryohei qui voulait le baffer pour le réveiller ; et celle qui était la plus proche de lui était Bianchi avec son gâteau. Le chat-garou bondit dans son lit et s'écarta d'elle ; heureusement, la Chérubienne fit reculer au moins le gâteau de lui.

- Tu te sens bien, Gokudera-kun ? demanda-t-elle gentiment.

- Hum… bi-bien sur, Tsuna-Hime ! bégaya-t-il.

Celle-ci se mit à soupirer. Il savait que ça ne lui plaisait pas qu'il appelle comme ça, mais il n'y pouvait rien : il préférait montrer son respect avant toute chose.

- En fait, pourquoi vous avez décidé de me faire chier ? finit-il par poser avant de se retourner vers la jeune femme. Sauf vous, Tsuna-Hime ~ !

- Comme Ryohei et… l'autre, hésita le Dragonnier en jetant un regard dégoûté vers le yokaï, s'ennuyaient en attendant qu'on se réveille, ils ont décidé qu'ils embêteraient le dernier qui se réveille. Et il se trouve que c'est toi, ce dernier.

- Hein ? Mais vous vous êtes suffisamment reposés ?

Chacun hocha de la tête pour assurer. Tout le monde avait des pansements éparpillés sur leur corps ; en plus de tout ça, Reborn avait tout son bras droit était enroulé dans du ruban et Tsuna avait une bande qui entourait sa tête et des béquilles pour sa jambe droite qui était emplâtrée. Malgré tout, ils gardèrent tous le sourire.

- Évidemment ! rassura Takeshi.

- En fait, toi : pourquoi t'as encore ton bras ? remarqua Gokudera. Je suis sûr que t'es du camp des ennemis !

- Ah ah ah ! Mais non, voyons : je sais pas comment, mais il y a beaucoup de flammes de la pluie est sortie de mon entaille et « zoo » ! il m'a obéi et il s'est raccroché.

- Euh… moyen, niveau explication… pensa tout le monde.

- C'est sûrement une faculté des zombies, en déduit Reborn. Les flammes de dernière volonté dans ton corps et ceux qui restaient dans ton bras ont pu créer cette attraction et t'as pu te recoller le bras.

- Oh, mais c'est génial ! s'exclama la Chérubienne. Si on omet le fait qu'il faut avoir un membre coupé…

- Génial ? Je trouve que c'est pas trop le cas : pour un simple humain comme Takeshi, utiliser excessivement ses flammes d'une manière brusque raccourcit considérablement sa durée de vie.

- Pardon ?!

Tsuna regarda tristement le zombie. Pour avoir ses deux bras, il devra mourir plus tôt ; est-ce que son sacrifice a réellement servi à quelque-chose ?

Mais elle vit son visage, il y avait un sourire triste et un petit rire.

- Sans dire que je m'en réjouis, ça ne me dérange pas non plus, déclara-t-il. Déjà, je n'aurais même pas dû vivre maintenant, alors…

- Raah ! Reborn, à quoi ça sert de plomber l'ambiance à l'extrême limite comme ça alors que tout est pour le mieux ?! gronda Sasagawa.

- Je ne fais que prévenir, c'est tout.

Voir le Dragonnier se faire gronder par le cyborg ainsi fit éclater de rire Tsuna. Les autres enchaînèrent lorsqu'elle se fit frapper par l'homme au fédora. Lorsque tout le monde fût à bout de souffle, Gokudera remarqua autre chose.

- Hm ? Où est Chrome ? Elle ne s'est pas encore levée ?

- Hm… eh ben…

Takeshi ne termina pas sa phrase, visiblement gênée.

- Depuis qu'on vous a tous ramenés dans les diligences, Yamamto et moi, elle n'a plus parlé, s'inquiéta la succube. La pauvre… elle vivait tranquillement jusqu'à maintenant, puis elle se fait capturée et torturée du jour au lendemain. Je comprends son mutisme : elle doit être traumatisée.

A cet instant, Reborn et Tsuna se jetèrent un coup d'œil. L'homme fit un non discret de la tête, puis ils se détournèrent du regard. Hayato était le seul à les avoir aperçu ? Peut-être, oui : en tout cas, ils avaient l'air de connaître la véritable raison du malaise chez Dokuro - et que ce n'était pas celle énoncée -, mais qu'ils hésitaient à le dire. Mais si la Jūdaime ne voulait pas révéler quelque-chose, alors le chat-garou ne la forcera pas.

- Bon, alors, changeons de sujet : qu'est-ce qu'on va faire du géant ? Enfin… de Lancia ? se reprit Gokudera.

Nouveau silence pesant.

- Franchement, tête de poulpe, t'enchaînes les mauvaises nouvelles, là… constata Ryohei.

- Quoi, il est mort ?

- Qui sait ? En tout cas, il a été capturé à l'extrême limite sous nos yeux.

...

- Comment ça, capturé ?

Irugorn écoutait la discussion sans rien rajouter. Ryuko avait beau s'être fait malmener pendant des journées entières, il avait repris sa bonne humeur et son énergie dès le lendemain. Par contre, la nouvelle que venait d'avouer l'Alchimiste était dure à entendre - déjà qu'on lui avait fait le topo de ce qui s'était passé pendant qu'il était emprisonné n'était pas facile à croire, celle-là dépasser son entendement -.

- Mais qui pourrait réussir à embarquer un géant de force ? demanda-t-il. Et comment ?

- Alors là, je ne sais pas… avoua Shamal. Tout ce que je sais, c'est qu'ils sont venus au nom de la Justice. Enfin, je n'appellerai pas ça une justice, de mon côté… ça ne te dit rien, Irugorn ?

- Non.

« Quel beau mensonge », songea-t-il à peine après avoir parlé.

Comment ne pas comparer ces « justiciers » avec les Vendicare ? Il était certain qu'il parlait des mêmes personnes qui avaient enlevé Mukuro et ses acolytes. Cependant, son excellent instinct de dragon - sans prétention - lui avait soufflé de se faire le plus discret par rapport à ce qui s'est passé à Kokuyo Land : d'autant qu'ils ne pouvaient rien faire face à eux, ça ne servait à rien non plus de faire paniquer les autres avec ces types louches. Il avait par la suite recommandé la même chose à Reborn, Tsuna et Chrome. Il leur avait convaincu que comme ça, on ne pourrait pas assimiler le silence de la jeune fille avec l'enchaînement de Mukuro, Ken et Kakimoto.

La vérité était tout autre, mais il préférait garder ça pour lui.

- Et vous pensez qu'on pourra le libérer ? continua le Bosatsu. Ça me fait mal de le savoir emprisonné : si j'ai bien compris, il n'a jamais fait de mal volontairement et il vous aurait même aider à nous retrouver. Il n'a aucune raison qu'on le traite ainsi.

- Je sais, approuva l'Alchimiste en prenant une bouffée de cigarette. Cependant, les gars qui l'ont emporté n'avaient pas l'air de penser la même chose que nous. Je ne pense pas qu'on le reverra de sitôt.

Le dragon approuvait parfaitement l'avis du docteur Shamal : si la prison était réputée être inviolable, ils ne verront plus jamais Lancia. Ryuko ne rajoute rien de plus à part un soupir.

Les hommes restèrent dans le silence jusqu'à qu'un téléphone sonne : Ganka s'empressa de se lever pour décrocher autre part.

- Je suis désolé : c'est un appel urgent, s'excusa-t-il.

- Oh, c'est qui ? demanda Irugorn.

- Je ne sais pas : je vais voir qui c'est, répondit-il avec le sourire.

Il sortit de la pièce avant d'observer la personne qui l'appelait : elle l'avait déjà appelé quelques jours auparavant, le lendemain de l'arrivée de la petite troupe. Pourquoi lui rappelait-il maintenant ?

- Moshi moshi ? … tout va bien, Iemitsu?

...

Même si le bilan du retour n'était pas tout rose - il y a eu trop de blessés et un emprisonné pour dire que c'était un sans faute -, ils ont décidés de préparer une petite fête ce soir, car ils ont réussi leur objectif, au final : celui de libérer Hibari. Mais sans surprise, l'ange n'avait pas vu le vampire depuis son réveil, ce matin. Ni Chrome, d'ailleurs : Sawada s'était d'abord assurée qu'elle allait bien « physiquement » avant de descendre faire la fête ; cependant, elle savait que « mentalement », ce n'était pas encore ça. Hélas, elle n'avait pas de remède pour ça. Nagi lui avait simplement demandé qu'on la laisse tranquille. Ce renfermement inquiéta énormément Tsuna, car elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire toute seule…

Pour l'occasion, ils avaient sorti une grande table pour poser les différents plats préparés pour l'occasion. Mais Tsunayūki n'avait pas envie de rester dans la même pièce durant toute la soirée : elle se décida à sortir pour prendre l'air. Là, elle vit l'acolyte de Kyoya, Kusakabe. Pendant combien de temps était-il resté planté là ? En tout cas, il avait l'air d'avoir attendu tout ce temps juste pour parler à l'ange : dès qu'il la remarqua, il s'avança vers elle.

- Kusakabe-san ? Que faites-vous ici ? questionna Tsuna.

- Oh… eh bien… comme Hibari-san est trop fier pour remercier quelqu'un, je suis venu le faire à sa place : merci beaucoup pour votre aide.

-Oh ! Ce n'est rien, ce n'est rien ! Redressez-vous !

Il venait à peine à se pencher en avant par respect qu'elle le remonta en plaçant une main sur son épaule. Quand elle se rendit compte du contact, elle enleva immédiatement ses mains, embarrassée.

- Je… je suis désolée ! s'excusa-t-elle.

Kusakabe haussa un sourcil, perplexe. Puis il se mit à sourire, visiblement amusé par ce comportement. Tsuna comprit que malgré l'air sévère qu'il avait pris la première fois qu'ils s'étaient rencontrés - et sa coupe de cheveux qui n'arrangeait pas les choses - il était en réalité beaucoup plus aimable que son chef.

- Oh, ce n'est pas grave, assura-t-il.

- Kusakabe ? Que étais-tu ici ? arriva une nouvelle voix. Tu veux que je te morde à mort ou quoi ?

- Hibari-san ?! Pourquoi êtes-vous venu ici ?!

Tsuna ne crut pas ses yeux, ni ses oreilles : le vampire était bel et bien là ! Il était peut-être resté caché dans l'ombre, ou alors, il venait à peine d'arriver ; Sawada n'arrivait pas à le savoir avec son intuition.

Kyoya avait l'air bien parti pour gronder son subordonné, mais quand il vit l'ange, ses yeux se posèrent sur elle. Elle se sentit oppressée en un rien de temps.

- Alors comme ça, tu es une Chérubienne ?

Kusakabe se retourna vers elle en lâchant un cri de surprise. Mais la plus étonnée de tous, c'était sans conteste Tsunayūki : pourquoi lui demandait-il ça ?

- Euh…oui, bégaya-t-elle. Enfin, il y a pas si longtemps, non plus. Pourquoi vous me demandez ça ?

- Hm. Pas mal, pour une volatile.

« Pas mal » ? Venait-il de lui faire un compliment à l'instant ? Elle ne savait pas quoi répondre ; même l'autre vampire ne savait plus où donner sa langue. Un sourire carnassier éclaira le visage de Hibari.

- Je veux te mordre à mort maintenant, se décida-t-il.

- Heeeiiin ?!

- Bon sang, j'en ai était sûr ! exaspéra Kusakabe. Hibari-san, ce n'est ni le lieu, ni le moment !

- Qu'est-ce que j'en ai à faire ? répliqua le vampire sans vergogne.

- Pourtant, Kusakabe a raison.

Avec un soupir de soulagement, Tsuna vit Reborn intervenir, accompagné de Fūta et d'Irugorn. Le Dragonnier se mit en face de Kyoya sans aucune gêne ni peur.

- Tu devrais attendre encore un peu, reprit-il ensuite. Elle ne s'est pas particulièrement améliorée depuis la dernière fois : tu devrais patienter encore un peu si tu veux commencer à t'amuser avec elle.

- Quoi ?! paniqua la concernée. Mais qu'est-ce que tu racontes ?!

Pourtant, le vampire réfléchit sérieusement à la proposition. Finalement, il se retourna et se mit dos au monde, sa cape claquant au sol.

- Viens Kusakabe : les autres risquent de s'inquiéter si nous restons trop longtemps avec des herbivores, finit-il par déclarer.

- D'accord Hibari-san ! affirma son acolyte avant de continuer à voix basse aux autres. Et vous, évitez de vous attirer plus d'ennuis que vous en avez déjà, compris ?

Tsuna acquiesça silencieusement de la tête. Mais elle savait déjà qu'elle ne pourra pas suivre le conseil de Kusakabe.

- Ohé, la volatile.

L'ange eut un nouveau sursaut de surprise puis se retourna vers Kyoya.

- T'as intérêt à devenir plus fort, à l'avenir, que tu puisses au moins rester debout cinq minutes quand je te mordrai à mort.

- O-oui !

Elle ne voyait rien d'autre pour le répliquer. Kyoya afficha une nouvelle fois ses canines avant de se fondre dans l'ombre des arbres, suivi de près par Kusakabe. Tsunayūki sentit qu'ils n'étaient plus là.

Ensuite, elle se retourna vers Reborn, les joues gonflées - elle ne connaissait pas d'autre moyen pour montrer son mécontentement -. Elle allait alors commencer à le gronder, mais c'est le Dragonnier qui eut le culot de la réprimander avant elle :

- Alors, même pas un merci ?

- Quoi ?! Mais je rêve : je ne veux pas affronter ce type ! fit-elle remarquer. Mais quand est-ce que t'as pensé que ça me ferait plaisir de me battre contre ce monstre ?!

- Tu finiras par l'affronter à un moment, de toute façon : il a dû flasher sur toi, contesta-t-il. Pour l'instant, essaye de te préparer au pire en même temps que notre mission.

Sawada ne trouva rien à redire à ça, mais cela la fit encore plus bouder.

Soudain, elle sentit une petite main s'accrocher à la sienne : c'était l'étoile qui venait de s'approcher d'elle.

- Dis, Tsuna-nee, tu t'amuses à la fête ? demanda-t-il avec le sourire.

- Oh… oui, c'est sympa. Et toi ?

- Moi aussi. Ça a été très amusant.

Tsuna le regarda étrangement ; ses yeux et ses lèvres exprimaient plus de la nostalgie que de la véritable joie. Peut-être que c'était pour ça que Reborn et Irugorn étaient sortis avec lui ?

- Hm ? Tu as quelque-chose, Fūta-kun ? demanda-t-elle.

- Non, tout va bien, Tsuna-nee : je suis content de vous avoir connu.

- Je ne comprends pas.

En fait, elle ne voulait pas chercher à comprendre à ce moment-là. Mais Irugorn finit par lui répondre à la place de Fūta.

- Lorsqu'une étoile se met à briller, elle reprend sa forme d'origine dans les vingt-quatre heures qui suivent, c'est-à-dire une grosse boule d'énergie faite d'hélium et d'hydrogène, puis il retourne dans le ciel, expliqua-t-il le plus basiquement.

- Oh… c'est-à-dire que… tu vas…

Le petit garçon hocha de la tête. Tsunayūki était à court de mot : Fūta allait donc partir maintenant, comme ça ? Elle ne l'a pas connu longtemps, elle l'admit : mais elle s'était attachée à lui, comme un petit frère qu'elle n'avait jamais eu. Pourtant il allait les quitter sans même l'avoir voulu.

- Tu as déjà dit au revoir aux autres ?

- Bien sûr ! Mais ils s'amusaient tellement bien à l'intérieur que je voulais pas les déranger pour m'accompagner.

Tsunayūki regarda dans la salle à travers les fenêtres : oui, elle entendait des rires et de la musique. Elle se les imaginait bien en train de s'amuser comme des fous. Quel étrange contraste il y avait entre le dedans et le dehors.

- Eh ben… quand est-ce que nous nous reverrons, Fūta-kun ? questionna-t-elle en retenant ses larmes.

- Je sais pas, finit-il par répondre. Mais je te promets que nous nous reverrons, et qu'il y aura une aussi grande fête que celle-là : plus grande encore, même. Un jour.

Tsuna s'accroupit devant lui et le prit dans ses bras. C'était plus dur encore de ne pas pleurer quand elle sentit quelque-chose d'humide tomber son épaule nue. Quand ils se séparèrent, Fūta affichait toujours le même visage qu'auparavant, sauf qu'il y avait maintenant des larmes en plus.

- Au revoir, Tsuna-nee, salua-t-il une dernière fois. Au revoir, Irugorn-san.

- Fais attention à toi, là-haut : les astéroïdes sont du genre à foncer dans le tas sans regarder devant eux.

Tsuna trouva ça drôle de voir Fūta faire un câlin au dragon : celui-ci était tellement petit qu'il ne devait faire qu'une tête de plus que l'étoile.

- Au revoir, Renato-nii.

Reborn soupira. Tsuna le fixa discrètement : Fūta savait alors comment il s'appelait en vrai ? Mais vu le sourire d'Irugorn, elle se douta de la personne qui l'avait mis au courant.

- Tu n'as pas à m'appeler Renato. Tu peux toujours m'appeler Reborn, conseilla-t-il.

- Pourquoi je ne peux pas t'appeler Renato-nii ? demanda Fūta.

- Car il est mort il y a dix ans.

Tsuna continua de le fixer : elle était perdue par son explication. Mais son intuition lui disait que c'était assurément la meilleure réponse pour expliquer sa situation.

Mais l'étoile écarta encore plus les bras pour l'inviter à faire un câlin.

- Je ne crois pas ! contesta-t-il gentiment. Il doit encore vivre dans un petit coin. Il doit juste attendre le bon moment pour revenir.

Reborn eut un air étonné sur son visage, lui qui était si renfermé d'habitude. Irugorn eut un petit sourire au coin des lèvres, puis Tsuna : quelque-chose lui disait que ces paroles auront un jour leur effet.

- Au revoir, Renato-nii.

- Au revoir, Fūta.

Ce coup-là, l'homme au fédora voulut bien se baisser pour prendre l'étoile dans ses bras, lui qui avait horreur de cette marque d'affection. Fūta se mit alors à briller comme la dernière fois : Tsuna eut peur car la dernière fois, sa peau était devenue toute brûlante. Cependant, quand ils se séparèrent, Reborn ne semblait pas plus blessé.

- C'est sûrement parce qu'il va partir qu'il n'est pas aussi brûlant que d'habitude, déduit Irugorn.

L'étoile brillait de plus en plus. Finalement, les dernières paroles que Tsunayūki entendit furent :

- Au revoir, minna-san ! Bonne chance pour la suite et ne perdez pas espoir !

L'étoile ne devint alors plus qu'une tâche blanche avant de se décomposer en poussière pour s'envoler dans le ciel, tels des pétales de fleurs lumineux transportés au gré du vent.


Ça y est : l'arc Kokuyo vient ENFIN de s'achever ! Je ne sais pas ce que j'ai en ce moment, mais j'écris de véritables pavés pour chaque chapitre : j'espère que ça ne découragera pas certains X'D.

Merci à yorukakusaku pour le nouveau favori et follow et à Tsuki Banritt et Nephlim-Diafire5 pour les commentaires !

Ciao ciao ^^ !