Il neige... Mais vraiment. Priez pour moi, pauvre nouvelle conductrice qui va devoir conduire pour la première fois avec ce temps. Si vous n'avez plus de nouvelles par la suite, c'est que je suis morte dans un accident...
Chapitre LXIX : Mangemorts en cavale
Dumbledore lisait avec attention la note de Rémus où celui-ci ne cachait pas son inquiétude vis-à-vis du comportement de Kécile Gaunt. Il y relatait les divers incidents qui avaient éclaté au square Grimmaurd, et bien que ne cherchant pas à minimiser les torts de Sirius, il pointait du doigt l'insolence effrontée de la jeune fille.
Dumbledore soupira. Lui-même avait bien sûr remarqué cette propension à la rébellion qui semblait habiter Kécile depuis quelques mois, mais les choses commençaient à prendre des proportions gênantes. Il ne pouvait pas la laisser sur cette voie. Nul doute que l'adolescence passait par là, mais les derniers événements n'aidaient pas à améliorer son caractère. Cependant, cela n'excusait pas tous les écarts de conduite de la Gryffondor, et il allait devoir sévir.
Il se caressa la barbe d'un air songeur. Severus aurait été un allié précieux dans cette bataille, mais il ne fallait pas y compter. Le problème était que lui-même était trop peu présent pour la jeune fille. Il allait devoir requérir à la surveillance et l'intransigeance des autres professeurs. Il avait pourtant conscience que ce n'était pas la solution idéale.
On frappa à la porte du bureau, et Dumbledore se leva pour aller ouvrir à la visiteuse qu'il attendait.
- Mlle de Visnel, je suis ravi de vous revoir.
- Moi de même, répondit la femme avec un sourire timide.
- Entrez je vous prie. Je vous sers du thé ?
- Ce ne sera pas de refus. Le climat n'est pas exactement le même que de là où je viens.
Elle s'installa en face de lui et retira frileusement son manteau.
- Vous avez souhaitez me voir pour me parler d'un poste, je crois ?
- En effet. Je suis heureux que vous ayez pu répoondre aussi rapidement à mon appel. Depuis la rentrée, nous avons des problèmes avec le Ministère. Cornelius Fudge a chargé Dolorès Ombrage d'inspecter les professeurs sur des critères très discutables et malheureusement mon autorité s'amenuise de jours en jours. Je suis certain que la Grande Inquisitrice comme elle a été nommé, ne tardera pas à renvoyer notre professeur de divination, Sybille Trelawney. Je dois reconnaître que les capacités de cette dame en matière de divination sont très discutables, bien qu'il lui soit déjà arriver d'émettre de véritables prophéties, ce qu'elle ignore elle-même.
- Ce sont souvent là les plus grands voyants, Monsieur le Directeur, dit sobrement la femme assise en face de lui.
Dumbledore eut un sourire poli qui montrait clairement son scepticisme.
- Si je ne trouve pas immédiatement quelqu'un pour remplacer Sybille si son renvoi a lieu, le ministère en profitera aussitôt pour mettre quelqu'un à sa solde à la place. Je préfère donc prendre les devants. Est-ce que ce poste vous intéresse ?
La française acquiesça.
- Si vous permettez, je vais vous poser quelques questions.
- Je vous en prie, Monsieur.
Dumbledore nota que la réserve de la femme sembla se renforcer comme si elle se méfiait des questions à venir. Mais avec un profil aussi étrange que le sien, elle ne pouvait que s'attendre à des interrogations.
- D'après votre CV, vous avez 38 ans et pourtant vous n'avez aucune activité professionnelle avant l'année dernière.
- J'ai travaillé dans le monde moldu dont vient mon père.
- Qu'avez-vous fait ?
- J'ai touché à plusieurs choses. Notamment l'astronomie et l'Histoire. Avant de finalement faire des études de médecines et de devenir pharmacienne.
- Parlons de vos études justement. Vous avez été à Beauxbâtons puis étudié deux ans les Sortilèges auprès d'un Maître. Quant est-il de la divination ?
- Ma mère était voyante. J'ai tout appris avec elle ou au travers de rencontres avec d'autres devins. J'ai également mon ASPIC dans cette matière, bien que ce ne soit pas à l'école que j'ai appris le plus, avoua-t-elle avec un sourire d'excuse.
- Une dernière chose, Mademoiselle. Pourquoi avoir quitté le monde sorcier ?
Il vit la française hésiter.
- Ce sont...là des... raisons personnelles, dit-elle le visage fermé en évitant son regard.
- Et pourquoi êtes vous revenues ?
- Le monde magique a fini par me manquer.
Dumbledore acquiesça en signe de compréhension.
- Avant de poursuivre, je dois néanmoins vous avertir des conditions de votre travail ici. Dolorès Ombrage viendra certainement vous inspecter, probablement dès votre premier cours. Elle vous soumettra à un questionnaire serré sur vos compétences, votre expérience et probablement sur d'autres sujets qui ne la regarde pas.
- Je suis confiante, Monsieur le directeur, répondit-elle simplement.
- Dans ce cas, je vous contacterai lorsque j'aurai besoin de vous. Puis-je avant que vous ne partiez, vous demander une petite démonstration, Mademoiselle de Visnel ?
- Je peux essayer...
Il la vit se caler dans son fauteuil, fermer les yeux et baisser la tête. Tandis qu'elle semblait dormir, Dumbledore en profita pour l'observer. Il était surprenant de constater la différence entre cette femme, toute en retenue, et le professeur Trelawney, si exubérante et clinquante.
De Visnel finit par relever la tête et planter un regard assuré dans ses yeux.
- Vous ferez appel à moi le premier samedi du mois de mars, Monsieur le Directeur.
- Dois-je comprendre que c'est à ce moment là que la Grande Inquisitrice frappera ?
- C'est à vous d'en faire la conclusion, Monsieur, répondit-elle sans se mouiller.
Réponse prudente s'il en était qui correspondait à la personnalité que la française laissait paraître.
- Et bien nous verrons, merci pour cette indication et tenons nous prêt à piéger Dolorès Ombrage, conclut-il en se levant pour lui serrer la main et la congédier.
Et cette perspective était véritablement jouissive, même si Sybille allait en payer les frais.
XXX
La journée du lundi s'était écoulée terriblement morne pour Kécile mais elle aurait sans doute préféré que tout continue ainsi plutôt que la nouvelle qui accueillit les élèves au petit-déjeuner du mardi matin.
- Mais c'est pas vrai ! S'exclama-t-elle à haute voix et plusieurs têtes se tournèrent au moment même où Hermione poussait un cri de stupeur en ouvrant sa propre Gazette du sorcier.
Kécile était consternée. Comment le ministère avait-il pu laisser une telle choses arriver?Comment était-il possible que ces mangemorts, emprisonnés l'an dernier avaient pu s'évader ? Est-ce que le ministère avait donc perdu tout contrôle sur Azkaban ? C'était plutôt inquiétant...
Car quoi que Fudge ou la Gazette en dise, on pouvait traiter Black de tout sauf de chef de mangemorts...
- On a rendez-vous de l'AD demain soir, demanda Harry en se rapprochant d'elle. Tu viendras ?
- Pourquoi, je croyais que vous ne vouliez plus me fréquenter.
- On n'a jamais dit ça. C'est ce que tu as cru toute seule. Et on a besoin de toi, maintenant encore plus qu'avant.
- Ah tiens, là mon insolence ne te gêne pas.
- Bon, écoute, Kécile, répliqua Harry. Je veux simplement savoir si tu viens, ou non...
Kécile hésita. Elle n'avait pas très envie de venir. Mais c'était vrai qu'ils allaient avoir besoin d'eux. Après tout, rien ne garantissait qu'un mangemort ne parviendrait pas à s'introduire dans Poudlard. Black avait prouvé que ce n'était pas impossible.
Elle finit donc par acquiescer sèchement.
- Je suggère qu'on essaie de faire des séances plus longues et plus souvent. Et de faire trois groupes qui tourneront sur les points suivants : apprentissage de nouveaux sorts, ça tu t'en chargerais, précision de tirs sur cibles mouvantes et pour les plus habiles commencer des duels afin de démarrer le travail de la mobilité.
- Je ne sais pas si ce sera possible, mais ça semble bien. On en parlera tous ensemble.
Durant le cours de botanique, Susan se mit avec Kécile afin de pouvoir lui parler. La Poufsouffle n'avait pas très bonne mine.
- Ça me fait peur, avoua-t-elle à sa camarade. Je rêve sans arrêt de l'assassinat de mon oncle, ma tante et mes cousins... Et j'aimerais vraiment que les autres me laissent tranquille. Ils n'arrêtent pas de me poser des questions à leur sujet et au sujet de Dolohov. C'est lui qui les a assassiné. Mais qu'est-ce qu'ils veulent que je leur raconte !
- Les gens ont souvent une curiosité morbide assez dérangeante...
- Et puis je n'ai pas envie d'en parler. Je comprends maintenant ce que tu ressens, Harry, ajouta-t-elle en se tournant vers le garçon. Je ne sais pas comment tu arrives à supporte ça. C'est horrible !
- Je dois avouer que pour une fois que l'attention n'est pas sur moi, je ne vais pas m'en plaindre, commenta Harry.
- Tu vas nous apprendre à nous défendre, Kécile, n'est-ce pas ?
- On vous apprend déjà, Susan.
- Oui, je sais, mais... face à des gens comme Dolohov ou Bellatrix, on se sent tellement faibles.
- Nous sommes faibles, et jamais on ne sera capable de battre l'un de ces mangemorts en combat singulier, il ne faut pas se faire d'illusion. Moi-même je ne le peux pas.
Le visage de Susan s'affaissa encore un peu plus.
- Alors ça ne sert à rien tout ce qu'on fait ? On a aucune chance ?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Mais il faudrait que vous soyez plusieurs contre un mangemort pour avoir une chance de le neutraliser.
- Ce qui ne risque pas d'arriver.
- On ne sait jamais. Et dans ce cas-là, mieux vaut savoir se battre. Mais ce que vous apprenez, ça peut quand même vous sauver la vie, le temps que des renforts arrivent. Et ce n'est déjà pas négligeable.
- Oui, bien sûr... reconnut Susan sans pouvoir cacher sa déception.
- Et toi, tu le vis comment tout ça ? Intervint Ernie. Tu les connais vraiment, après tout, non ?
Kécile acquiesça.
- J'ai cette malchance. Je me suis entraînée avec presque chacun d'entre eux.
- C'est pour ça qu'on a besoin de ton expérience, Kécile, assura Susan. Tu sais exactement à quoi on doit s'attendre. Tu vois, j'étais sans doute stupide, mais je croyais naïvement qu'après un ou deux ans d'entraînement comme on a en ce moment, on pourrait faire face à des mangemorts.
- C'est naïf en effet, répliqua crûment Kécile. Vous n'avez donc pas écouté ce que Harry vous a dit avant de commencer ?
- C'est de la chance et de l'instinct, approuva Harry. Mais Kécile a raison, ce que vous apprenez, ça peut vous sauver la vie...
Au début de la réunion, Kécile et Harry firent face au groupe des 27 autres élèves qui les fixaient dans l'attente peut-être de solutions miracles. Mais la conversation avec les deux Poufsouffle avaient fait prendre conscience à Kécile de certaines choses. Tous deux avaient décidé de mettre certaines choses au clair avant de poursuivre.
- Vous savez tous maintenant que 10 mangemorts se sont évadés, commença Harry. D'après Kécile, il s'agit pour la plupart du cercle le plus proche de Voldemort, c'est à dire des mangemorts les plus redoutables. La première chose, maintenant que vous savez cela, c'est de garder votre calme. La deuxième chose, c'est de ne pas vous imaginer qu'en sortant de cette salle, vous serez capables de les vaincre. Ni ce soir, ni même à la fin de l'année. Mais ça ne veut pas dire non plus que ce que vous apprenez est inutile. Ça vous sauvera peut-être la vie un jour. On vous fournit une palette de sorts plus larges et plus puissants pour vous défendre. On vous apprend à être efficace. On vous apprendre à vous battre en duel et en équipe. Parce que seul, vous n'aurez aucune chance face à l'un d'entre eux.
- La probabilité que vous ayez à leur faire face est heureusement faible, poursuivit Kécile. Mais on ne sait jamais. Je fais passer parmi vous un parchemin que je vous conseille d'étudier consciencieusement, voir même d'apprendre par cœur. Ça peut vous sauver la vie un jour. Je connais personnellement chacun des mangemorts de Voldemort, je me suis entraîné avec chacun des plus anciens suivants. Je connais leur technique, ce qui est le plus dangereux chez chacun d'entre eux, et pour certains hélas seulement, leurs faiblesses. Carrow, par exemple, est une brute épaisse qui attaque toujours de front avec la force brute. Ces sorts ne sont généralement pas très difficiles à éviter simplement en bougeant constamment. Gibbon, il s'énerve facilement surtout dès qu'on se rapporte à sa taille de nain. Il est redoutable, mais il perd facilement son sang-froid. Comme n'importe qui, ça lui fait faire des erreurs. Je suis désolée de vous annoncer en revanche que Malfoy, Bellatrix Lestrage, Rookwood et Dolohov sont de vrais murs. Face à eux, vous n'avez plus qu'à prier pour que les renforts arrivent rapidement. Ah, et méfiez-vous des Doloris de Bellatrix, c'est son sort favori. Et croyez moi, une fois que vous vous ramassé celui-ci, vous n'êtes plus en état de faire autre chose que d'attendre l'avada...
Le petit discours jeta un froid. Mais Harry et Kécile jugeaient préférable qu'ils sachent.
- Ce que vous ne devez jamais oublier au sujet des mangemorts, enchaîna Harry, c'est qu'outre une meilleure connaissance de la magie et une plus grande puissance, ils ont surtout de l'expérience. Et pas seulement en duel. Ils savent ce que c'est que de se battre pour leur vie. Ils y sont habitués. Ça ne les impressionnera pas, alors que vous, vous aurez peur. Et cela vous met déjà en position de faiblesse. Et surtout, ils n'hésiteront pas à tuer.
- Qu'est-ce que ça signifie ? S'exclama Michael Corner. Qu'on doit apprendre à lancer un avada kedavra.
- Non, répondit Harry. Mais vous devez savoir. Savoir qu'ils vont chercher à vous tuer le plus rapidement possible.
- Sauf pour ceux qui aiment bien jouer avec la nourriture avant comme Lestrange, commenta Kécile.
- C'est le sort que vous rencontrerez le plus face à eux. Merlin merci, ils ne visent pas tous très précisément, ajouta Harry avec un sourire pour détendre l'atmosphère.
Mais un silence de mort lui répondit.
- Ecoutez, ajouta-t-il en voyant les mines désespérées de ses camarades. On ne vous dit pas tout ça pour vous faire perdre espoir. Votre meilleure chance c'est de pouvoir compter les uns sur les autres et si vous ne vous entraîniez pas comme vous le faîtes, tout serait perdu d'avance. Mais vous vous entraînez, vous progressez, contre des mangemorts de second ordres, et ils sont nombreux, vous aurez vos chances. Mais ce serait dangereux d'être ignorants de ce qui vous attend vraiment si vous rencontrez le premier cercle de Voldemort. Savoir ce que vous allez affronter, ça vous aidera à garder vos moyens le jour où vous devrez y faire face, car vous ne serez pas pris par surprise, vous ne serez pas déstabilisés. Et ça aussi, ça peut vous sauver la vie.
- Si on s'oppose autant au ministère, ajouta Kécile, ce n'est pas juste pour se faire remarquer comme beaucoup le croient. C'est parce que l'attitude du ministère est criminelle. En maintenant la société magique dans l'ignorance, elle fait des proies faciles pour Voldemort. Savoir, c'est la première chose pour pouvoir se protéger.
Quelques élèves hochèrent la tête en signe d'acquiescement et tous reprirent avec une nouvelle ardeur l'entraînement.
Le mois de février arriva lentement. Kécile, hormis durant les réunions de l'AD restait la plupart du temps à l'écart, sauf lorsque Hermione et elle se rejoignaient à la bibliothèque. Hermione avait vaguement fait part à sa camarade de l'avancement des cours d'occlumancie de Harry avec Rogue, mais celle-ci ne voulait pas en entendre parler. Puisque Harry n'avait pas voulu l'écouter, elle ne se mêlerait pas de ses affaires et elle n'allait pas le plaindre parce qu'il prenait des cours particuliers avec Severus.
Et Kécile avait encore moins envie de parler à Harry en dehors du strict nécessaire pur l'AD, seul sujet où ils parvenaient encore à s'entendre, depuis qu'elle avait appris qu'il retrouvait Cho le jour de la Saint-Valentin.
Le jour de son anniversaire, Kécile reçut un présent de Martine et Henri, de Dumbledore, d'Hermione, de Ginny et de Susan. Elle ne s'étonna pas outre mesure de ne rien recevoir de Ron ou de Harry. Ces deux-là avaient dû tout simplement oublier... Le 14 février, Kécile le passa à la bibliothèque à étudier les potions.
La semaine suivante apporta une bonne nouvelle au moins : Cho et Harry avaient plus ou moins rompu. Le moins qu'on pouvait dire, c'est que cela n'aurait pas duré. Pas que Kécile allait s'en plaindre, bien sûr. Et il semblait que le temps était à l'amélioration, car le lundi de la semaine suivante, l'interview que Harry avait donné Skeeter parut dans le Chicaneur. Kécile eut vaguement l'espoir que Ombrage allait mourir d'apoplexie lorsqu'elle découvrit le pot-au-roses. Malheureusement elle se contenta de prendre la même couleur que son chemisier d'indignation avant d'interdire à Harry toute nouvelle sortie à Pré-au-Lard et de lui donner une nouvelle semaine de retenue. Pour ce que ça allait changer...
Malgré l'interdiction du Chicaneur, toute l'école eut tôt fait de lire l'interview et il était clair que les esprits bougeaient. Avant la fin du mois de février, il semblait que l'opinion au sein de Poudlard avait tourné en faveur de Harry, ce que celui-ci recevait avec plaisir. En revanche l'attitude méfiante envers Kécile semblait avoir repris une nouvelle vigueur en dehors des membres de l'AD : Voldemort finalement bien vivant et des mangemorts en cavale, cela suffisait pour qu'on s'inquiète de l'allégeance de la fille du Lord. On aurait pu penser que l'absence du moindre incident provoqué par cette dernière aurait joué en sa faveur, mais il semblait que les élèves aient besoin de porter leur hargne sur quelqu'un. Harry n'était plus là, Kécile trinquait.
Et Ombrage, loin de faire profil bas, semblait encore plus hargneuse qu'à l'habitude. Au premier cours de DCFM qui suivit la parution de l'article, Dean impressionna Kécile en prenant à partie le professeur au début de son cours. Il leva ostensiblement la main et attendit qu'Ombrage lui donne la parole.
- Que voulez-vous, Mr Thomas ?
- Je voulais savoir, professeur, si le programme allait changer.
- Pourquoi voudriez-vous que le programme change, Mr Thomas ?
- Et bien les circonstances ont changé, souleva Dean comme s'il s'agissait d'une évidence. Maintenant quelque chose nous attend dehors, dit-il en reprenant volontairement les termes du professeur à la rentrée. A défaut de Vous-Savez-Qui, ce sont des mangemorts.
- Dix points en moins pour Gryffondor, Mr Thomas.
- Et pourquoi ça, s'exclama Kécile qui trouvait que c'était quand même un comble. Qu'est-ce que vous allez nous sortir, maintenant ? Que ces mangemorts sont parfaitement inoffensifs ? Que la Gazette fabule ? Ou alors qu'est-ce que vous espérer nous faire croire ? Qu'ils ne vont pas s'attaquer à nous parce qu'on est des enfants ?!
- Cinquante points en moins pour Gryffondor, Miss Gaunt, pour insolence envers un professeur. Je crois que le professeur Dumbledore ne sera pas très content...
- Kécile, rassied-toi, s'il-te-plaît, murmura Hermione. Pense à l'AD.
Et bien, justement elle y pensait ! Et elle ne comprenait pas que si peu d'élèves soient prêt à apprendre à se défendre. Elle s'adressa alors à la classe.
- Et vous, qu'est-ce que vous attendez pour vous rebeller, bande de moutons ! Vous vous laissez tranquillement mener à l'abattoir parce que vous avez peur de perdre quelques points ou de récolter des retenues ? Vous ne réalisez pas que si tout le monde protestait, le ministère ne pourrait pas continuer comme ça ? Ou alors ça vous arrange qu'il nie le danger...
- Miss Gaunt, venez ici, dit le professeur Ombrage.
Et comme une répétition du premier jour de la rentrée, Kécile la vit écrire sur un parchemin avant de lui dire :
- Allez porter ceci au directeur, Miss Gaunt.
- Oh, elle se doutait de ce qu'il y avait là-dedans. Sans doute une énième plainte contre son insolence. Mais Ombrage ne lui ferait pas taire son indignation.
Mais sa fureur fut portée à son paroxysme lorsqu'elle reçut une semaine de retenues avec Rusard et un devoir pour avoir perdu une nouvelle fois son calme et avoir été insolente. Dumbledore ne comprenait donc pas ?! Il lui reprochait son comportement sans réaliser que c'était les autres qui le provoquaient. On la poussait sans arrêt à bout et c'était elle qui se faisait punir. C'était tellement injuste qu'elle eut envie de jeter un sort au directeur pour lui remettre les idées en place. Mais elle avait encore assez de contrôle pour savoir que ça n'arrangerait pas ses affaires. Elle se mura donc dans un silence rageur, laissant Dumbledore lui débiter son sermon avant de quitter le bureau et claquant la porte de toute ses forces, les yeux noyés de larmes de fureur.
Mais qu'est-ce qu'elle avait dit que les choses semblaient vaguement s'améliorer ?
XXX
Le premier samedi du mois de mars, Harry vint trouver Kécile avec une mine défaite.
- Rogue m'a collé un cours supplémentaire. Tu pourras t'occuper de la réunion ?
Kécile acquiesça.
- Dommage, j'aurais aimé qu'on leur fasse une petite démonstration de duel maintenant que tout le monde va pouvoir commencer cette phase de l'entraînement.
Il fallait avouer que les deux gryffondors pouvaient être fiers de l'avancement de leur groupe. Outre la palette de sorts qui s'étaient nettement élargies jusque chez les élèves des plus petites classes, des réflexes commençaient à être réellement acquis et la division des groupes avaient permis à chacun de s'améliorer sur ses points faibles de manière sensible. Kécile reconnaissait également que chaque membre faisait preuve d'une motivation sans faille comme si chacun considérait que l'AD était finalement la chose la plus importante qu'ils faisaient cette année. Et à son avis, c'était vraiment le cas.
Mais la réunion de l'AD fut retardé lorsqu'un incident provoqué une nouvelle fois par Ombrage rassembla la quasi-totalité de l'école dans le hall.
Vers cinq heures et demi, Kécile, Hermione et Ron ramenaient leurs affaires à la tour après avoir travaillé à la bibliothèque avant de se rendre à la Salle sur Demande, lorsqu'un hurlement les fit sursauter.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? S'exclama Ron .
Ils se mirent de concert à courir en direction des cris. McGonagall, Trelawney et Ombage faisaient face dans une scène tragi-comique.
Le jour était venu : Trelawney se faisait renvoyer. Pas que ça surprenait qui que ce soit hormis la concernée...
- Allons, allons, Sybille... Calmez-vous, disait McGonagall qui pour une fois semblait prendre le partie de la divinatrice qu'elle méprisait jusqu'alors. Mais il fallait croire qu'elle méprisait encore plus Ombrage.
- Tenez, mouchez-vous... ce n'est pas si grave... Vous ne serez pas obligée de quitter Poudlard...
- Ah vraiment, professeur McGonagall ? Et qu'est-ce qui vous donne le droit de dire cela ?
- Moi, répondit Dumbledore qui apparut du grand escalier.
Evidemment, cela ne plaisait pas au crapaud qui n'avait aucune intention de laisser sa victoire lui échapper. Mais le directeur devait avoir un penchant serpentard, songea Kécile. Car Fudge et Ombrage n'arrivaient pas encore avec leurs deux minables cerveaux à piéger Dumbledore qui avait décelé la lacune du decret-elle-ne-savait-plus-combien.
Ombrage semblait avoir avalé une potion particulièrement amère.
- Et qu'allez vous faire, demanda-t-elle lorsque j'aurais nommé un nouveau professeur de divination qui aura besoin de cet appartement.
- Oh, ça ne posera aucun problème... ce ne sont pas les appartements qui manquent et notre nouveau professeur ne semble pas particulièrement attirée par la tour de divination et ses interminables escaliers...
- Vous avez trouvé ? Puis-je vous rappeler, Dumbledore, qu'en vertu du décret d'éducation numéro vingt-deux...
- Le ministère est chargé de choisir lui-même la personne qualifiée dans le cas, et uniquement dans ce cas, où l'actuel directeur ne serait pas en mesure de trouver lui-même un candidat. Or, je suis heureux de vous annoncer qu'en la circonstance, j'ai réussi. Puis-je vous présenter le professeur de Visnel-d'Haves.
Pan, dans les dents, Ombrage !
