Désolée, j'ai oublié de poster mercredi... Pardonnez une semaine assez mouvementée. Mon rythme d'écriture a malheureusement sérieusement diminuée, et ça risque de se prolonger un moment. vous aurez des chapitres régulièrement jusqu'à Noël car j'en suis au chapitre 84. Après...


Chapitre LXX : L'erreur de Drago Malfoy

Harry et Ron ce matin, se rendirent en cours avec le vague espoir que les cours de divination deviennent moins assommants. La nouvelle prof avait l'air moins folle que Trelawney et celle-là ne se mettrait pas à prédire la mort de Harry à chaque cours, avec un peu de chance...

- Au moins, elle semble assez jeune, commenta Harry.

- Severus est encore assez jeune, souleva Kécile. Ça ne veut rien dire.

Ron ricana.

- Elle est en tout cas plus agréable à regarder.

- Tu me rassures, là, Ron, répondit Kécile ironique. Je suis soulagée d'apprendre que ton passe-temps en cours de potions ne consiste pas à « regarder » Severus.

Ce fut au tour d'Hermione de ricaner tandis que Ron grognait :

- Très malin, Kécile.

- Dumbledore aurait mieux fait de supprimer purement et simplement cette matière. Bon courage avec cette nouvelle hurluberlue, déclara Hermione.

Harry et Ron se rendirent au troisième étage où avaient lieu leurs cours et attendirent que le professeur leur ouvre.

Elle les accueillit avec le sourire et les invita à entrer avec enthousiasme. Personne cependant ne semblait avoir le même entrain. Si le professeur changeait, hélas pas la matière et les mines s'assombrirent encore un peu lorsqu'ils entendirent un « hum,hum » peu discret derrière eux.

- Ah, professeur Ombrage, vous voici. Bonjour. Je suis ravie que vous vous joignez à nous.

- Elle ne connaît pas le spécimen, murmura Ron à l'oreille de Harry qui hocha vivement la tête.

La salle était étrange. Elle était un peu aménagée comme la tour de Trelawney. Il n'y avait pas de chaises et de tables de classe, mais des fauteuils, des poufs, des sofas et des tables basses sur la première moitié de la salle. Le fond en revanche était entièrement dégagé et le sol recouvert d'épais tapis. A la différence de chez Trelawney, cependant, l'air n'était pas saturé d'encens. D'un vasque posé sur une table basse au milieu de la salle s'échappait une délicate brume qui dégageait une odeur fraîche et agréable. Un feu de bois crépitait joyeusement sur le mur du fond. L'atmosphère était calme et chaleureuse, bien différente de l'ambiance étouffante de la tour de divination.

Harry et Ron échangèrent un regard. C'était pour eux plutôt de bonne augure, mais il fallait parier que cela n'allait pas plaire à Ombrage. Celle-ci s'était assise dans un coin de la salle et avait déjà sorti son carnet, prête à y gratter furieusement.

- Bonjour à tous. Je m'appelle Lucile de Visnel-d'Haves. Je vous l'ai écrit au tableau., cela peut vous être utile. Comme vous pouvez le constater, les « s » ne se prononcent pas. La logique de la langue française... ajouta-t-elle avec un sourire. Professeur de Visnel suffira. Le professeur Dumbledore m'a informé de ce que vous avez étudié. Dans l'ensemble, vous avez fait le tour des différentes techniques de divination qui peuvent vous être demandées à l'examen. Ce qui selon moi, ne va pas vous avancer beaucoup. Vous aurez beau connaître la théorie pour voir dans une boule de cristal, ce n'est pas pour autant que vous verrez quelque chose. De toute manière, rares sont les personnes qui ont la capacité à réellement voir quelque chose dans une boule de cristal.

Parvati leva la main.

- Mais, professeur, à l'examen, on peut nous demander de lire dans une boule.

- Je le sais, mademoiselle Patil. Mais je vous accorde que c'est stupide. Malheureusement, ni vous ni moi ne choisissons les programmes et il est fort probable que seules les quelques personnes qui ont un sens pourront passer leur BUSE de divination avec succès.

Harry jeta un coup d'oeil à Ombrage qui semblait avoir une odeur très désagréable sous le nez.

- Avant de commencer réellement le cours, je voudrais vous donner ma vision de ce qu'est la divination. C'est une discipline entièrement empirique. Vous ne pouvez pas espérer l'apprendre dans un livre. Et ce dont vous devez être conscient, c'est qu'il n'y a pas simplement d'un côté des gens qui ont des visions, et de l'autre des gens qui n'ont aucun pouvoir divinatoire. Il y a des dizaines d'autres cas de figure entre ces deux extrêmes qui se manifestent très différemment. En réalité, beaucoup plus de sorciers qu'on ne le croit sont capables de voir quelque chose. Ce n'est pas parce qu'on ne voit rien dans une boule de cristal qu'on est un cas désespéré...

- Vous voulez dire, professeur, intervint Lavande, qu'on pourrait réellement voir quelque chose ?

- C'est fort possible. Mais peut-être pas de la manière que vous attendez. Les plus grands devins sont ceux qui ont de visions spontanément. Mais certaines personnes peuvent entrer en transe involontairement, voir quelque chose, mais ne plus s'en souvenir dès que la transe est terminée. A côté de cela, il arrive que ces personnes à qui s'imposent ces visions, soient incapables d'en provoquer. La majorité des devins ne voient rien spontanément. Ils doivent ouvrir leur esprit et se concentrer pour provoquer un état proche de la transe. Ils vont pouvoir alors apercevoir des choses plus ou moins précises du passé ou de l'avenir grâce à un support : une boule de cristal, ou des ondes provoquées par une personne voir même une conversation. Enfin, les méthodes de divination les plus accessibles sont celles qui nécessitent une réelle interprétation et sont donc sujettes à beaucoup d'erreurs. Vous les avez déjà étudié : les signes de la main, les signes du feu, l'ornithomancie et la cartomancie. Je suis désolée de vous annoncer que toutes les autres techniques telles que les feuilles de thé ou les marques de café n'ont jamais donné le moindre résultat probant.

Le commentaire parut déplaire à Lavande et Parvati qui levèrent de concert la main.

- Oui ? Demanda le professeur de Visnel.

- Mais le professeur Trelawney a vu des choses dans nos feuilles de thé...

- Je suis désolée de vous contredire, mais y-a-t-il eu la moindre preuve que ce qu'elle a prédit ce soit réellement passé ? La divination demande une grande capacité d'observation et d'intuition. Il a sans aucun doute été facile pour le professeur Trelawney de conclure des choses par la simple observation des faits et des personnes, qui , auprès de jeunes inexpérimentés comme vous, a pu passer pour de la divination. De ce que j'en sais, le professeur Trelawney fait partie de ces personnes qui ont des visions spontanément au cours de transes et qui ne sont à l'inverse pas capables d'en provoquer. Ce qui n'enlève pas le fait qu'elle soit voyante, notez-le bien. Maintenant, si vous le voulez bien, vous allez venir vous asseoir derrière sur les tapis.

Les élèves s'exécutèrent rapidement, Harry ayant vaguement l'impression de se retrouver en cours de sport à l'école primaire.

La première étape pour espérer voir quelque chose est de se détendre. Vous devez vider votre esprit et l'ouvrir aux ondes qu'il ignore d'ordinaire d'instinct. Vous allez vous concentrer sur votre respiration : inspirer et expirer consciemment en sentant tout votre corps et ne penser plus qu'à cela. Pendant ce temps, ajouta-t-elle en se dirigeant vers un placard, je vais placer des pierres en cercle autour de vous. Ce sont des améthiystes qui favorisent la détente et des aigues-marine qui renforcent les ondes. On les utilise souvent pour démarrer son apprentissage ou pour provoquer des visions chez les personnes qui sont moins douées naturellement. Allongez-vous maintenant et commencez à vider votre esprit.

Harry s'exécuta, songeant qu'avec un peu de chance, ces cours de divination, à défaut de lui permettre de voir quoi que ce soit, l'aiderait à ne rien voir du tout... Rogue n'arrêtait pas de lui répéter de vider son esprit. Le professeur de Visnel servirait au moins à quelque chose si elle lui apprenait cela.

Il entendait le bruit des pierres que le professeur de Visnel sortait du placard et les bruissements de sa robe quand elle passait parmi eux, ce qui le déconcentrait de sa respiration. Puis, tous les mouvements cessèrent et Harry ne put se retenir d'entrouvrir un œil pour voir où était le professeur de Visnel. Elle se tenait à quelques pas de lui, aux pieds d'une Serdaigle. Ombrage était en dehors de sa vue.

- Maintenant, vous allez penser à un événement important pour vous dans le futur : la naissance d'un nouveau membre de votre famille, le rétablissement d'un autre, un projet que vous avez commencé, une réponse que vous attendez... Essayez de ne pas prendre quelque chose qui soit plus loin que l'an prochain. Plus on s'éloigne, plus c'est difficile. Continuez à respirer profondément et pensez uniquement à cette chose.

Harry ne savait pas à quoi il devait penser. A la désertion d'Ombrage ? A la première attaque directe de Voldemort ? A ses rêves ? A quand Sirius sera réhabilité ?

Mais un bruit curieux le tira de sa réflexion. Il ouvrit les yeux au moment où Ombrage demandait d'un ton faussement concerné au professeur de Visnel si elle allait bien.

Celle-ci avait trébuché et sembla un instant égarée avant de s'appuyer sur le fauteuil le plus proche et de reprendre ses esprits.

- Ce n'est rien, dit-elle dans un souffle.

- Vous avez eu une vision ? Demanda le crapaud avec un sourire mauvais. Je serais ravie de l'entendre.

- Ça n'a aucune importance. J'ai dû forcer un peu la dose avec les ***. Il vaut mieux que je reste à l'extérieur du cercle.

Et pourquoi est-ce que Harry avait l'impression qu'elle le fixa pendant plusieurs secondes ?

- Je suis désolée de vous avoir interrompu. Essayez de reprendre l'exercice.

Le dernier quart d'heure de cours se passa sans autre bruit que le ronronnement de la voix du professeur de Visnel qui finissait par le faire somnoler. Lorsque la cloche sonna, tous les élèves se levèrent maladroitement, un peu désorientés et vaguement frustrés de ne pas pouvoir simplement rester là à continuer leur sieste plutôt que d'affronter la prose insipide d'Esquivdur et le professeur Ombrage.

- Mr Potter, pouvez-vous rester quelques minutes, s'il-vous-plaît ? Professeur Ombrage, veuillez excuser son retard, je ne le retiendrai pas longtemps.

- Professeur de Visnel, dois-je vous rappeler que selon le décret d'éducation numéro vingt-six en vigueur, vous n'avez pas le droit de communiquer quelque information que ce soit qui n'aurait pas un rapport direct avec votre matière.

- Je n'ai pas oublié, professeur Ombrage. Je veux simplement poser quelques questions à Mr Potter sur l'attitude du professeur Trelawney à son égard jusqu'à présent.

Ombrage lui jeta un regard méfiant, avant de tourner les talons.

- Quel infâme dragon, marmonna-t-elle lorsque la Grande Inquisitrice fut partie. Asseyez-vous, Mr Potter. Je dois vous faire part de ce que j'ai vu tout à l'heure. La vision vous concernait directement.

"Oh non", gémit intérieurement Harry. Elle n'allait pas s'y mettre elle aussi à prévoir sa mort tous les quatre matins...

- Quelqu'un va vous attaquer. Un rayon vert, je suppose que ce sera de l'avada. Je ne sais pas quand, mais je crois que vous serez dans votre dortoir. J'ignore également par qui. Le sentiment étai confus, je n'ai pu déterminer si cette personne est déclarée comme ennemie ou amie.

Harry regarda le professeur de Visnel d'un air blasé.

- Vous feriez bien d'être prudent, Mr Potter. Si vous m'y autorisez, je devrais pouvoir en voir un peu plus, il suffirait que vous...
- Je vous remercie, professeur, interrompit Harry. Mais je ne crains aucune attaque.

- Mr Potter, je suis très sérieuse.

- Je n'en doute pas, professeur. L'ennui, c'est que le professeur Trelawney l'était aussi. Et que s'il avait fallu que je meure à chaque fois qu'elle me l'a prédit, je serais un super concentré de fantôme, comme dit mon ami Ron.

Le professeur de Visnel n'eut pas l'air d'être vexée par les doutes qu'émettaient Harry. Elle le fixait simplement d'un air inquiet, visiblement désemparée avant de soupirer.

- Je comprends, Mr Potter. J'en parlerai au directeur. Vous pouvez partir.

- Merci, professeur. Bonne journée.

Le soir-même, Harry raconta la conversation à Hermione et Ron au cours du dîner. Kécile était assise à côté d'eux et entendit la mise en garde du nouveau professeur de divination.

- Ça explique pourquoi le professeur de Visnel passe son temps à nous regarder, dit Hermione.

C'était exacte. Lorsque Kécile tourna la tête vers la table sur l'estrade, elle vit le regard de la femme fixé sur elle qui se détourna pour se river sur Harry. Kécile eut un reniflement méprisant. Elle semblait au premier abord plus saine que Trelawney, mais elle était tout aussi folle apparemment.

Kécile retournait dans sa tour après avoir fini de dîner lorsqu'elle s'entendit interpeller par une voix qu'elle ne connaissait pas.

- Miss ?

Elle retourna pour voir le nouveau professeur s'avancer vers elle.

- Vous êtes bien Miss Gaunt , n'est-ce pas ? Demanda-t-elle d'une voix trop douce pour être naturelle, décida Kécile.

- Oui, répondit cette dernière sèchement.

- Je suppose que le ministère et cette Mrs Ombrage vous rendent pas la vie difficile. On a entendu parler de vous en France aussi. Je voulais simplement vous dire que vous avez mon entier soutien. Et si je peux faire quoi que ce soit pour vous aider...

- Je vous remercie, mais je n'ai besoin de l'aide de personne.

- Alors Gaunt, lança une voix narquoise.

Et celle-ci en revanche, Kécile la connaissait très bien...

- Tu es tellement désespérée que tu vas chercher le soutien n'importe où !

- Et qu'est-ce qui te fait croire que je suis désespérée, Malfoy ? gronda Kécile.

- Tu es en froid avec Potter, non ? Tu es tellement infréquentable que même la Sang-de-Bourbe ne veut plus de ta compagnie. Tu traînes toujours seule dans Poudlard. Tu fais fuir les gens. Rogue aussi t'a envoyé balader, non ? J'ai même entendu dire que Dumbledore ne voulait plus te voir dans son bureau. Si ce n'est pas pitoyable !

- Mr Malfoy, commença le professeur de Visnel.

Mais Kécile l'interrompit, baguette pointée sur Malfoy.

- Tu parles de choses que ignores, Malfoy, alors ferme-là.

- Oh, mais je suis très bien informé... Je peux même te dire que bientôt, le Ministère t'enverra à Azkaban avec la bénédiction de Dumbledore.

Le sang de Kécile ne fit qu'un tour. Le sort partit sans crier gare et elle y jeta toute sa rage accumulée ces dernière semaines.

- Sectumsempra !

Drago s'effondra en hurlant sur le sol alors que de Visnel poussait un cri d'horreur, avant de se précipiter vers la Grande Salle.

Kécile regarda avec une satisfaction jouissive et sadique le sang teinter la pierre du sol. Ce petit morveux ne l'insulterait plus jamais, même s'il en sortait vivant. Quelque chose en elle se réjouissait à un point presque effrayant.

Le bruit d'une cavalcade la ramena néanmoins à la réalité. Lorsqu'elle vit Dumbledore se précipiter vers elle et la prendre brutalement par le bras avant de lui arracher sa baguette des mains, elle réalisa que son geste allait lui causer de vrais problèmes. Severus était déjà aux côtés de Drago et avait commencer à psalmodier au-dessus de son corps pour refermer ses blessures, tandis que de Visnel et McGonagall fixaient le spectacle d'un air horrifié.

Dumbledore lui ordonna de le suivre dans son bureau, accompagnée du professeur McGonagall. Jamais Kécile n'avait vu le directeur aussi furieux contre elle. Et cela lui faisait un peu peur. Mais en aucun cas elle ne regrettait son geste. Malfoy avait mérité sa punition et ça lui apprendrait à rester à sa place.

- Qu'as-tu à dire pour ta défense, demanda Dumbledore d'une voix basse qui était bien plus impressionnante que s'il avait hurlé.

- Malfoy n'a de cesse de me provoquer. Aujourd'hui, il a poussé le bouchon trop loin en disant quelque chose d'insupportable.

- Et qu'a-t-il dit qui puisse te laisser croire un instant qu'un sort de magie noire se justifiait ? Interrogea le directeur paré dans sa fureur glaciale.

- Il a dit que le ministère n'allait pas tarder à m'envoyer à Azkaban avec votre bénédiction.

- Ce n'est peut-être pas Azkaban qui t'attend pour ton comportement, mais le renvoi, Kécile ! S'exclama Dumbledore. Et dis-moi ce que tu vas faire alors ? Où iras-tu ? Je ne vais pas pouvoir t'éviter le conseil de discipline cette fois-ci.

- C'est toujours pareil, s'exclama Kécile en haussant la voix. Ça ne fait rien, je suppose que Malfoy ait insulté le professeur de Visnel. Cela ne fait rien qu'il puisse m'insulter quotidiennement sans que personne n'y trouve rien à redire. En revanche, le jour où je craque, tout le monde me saute dessus.

- Tu es consignée jusqu'à nouvel ordre. Les préfets seront chargés de veiller à ce que tu ne quittes pas ton dortoir autrement que pour te rendre aux repas, en cours ou en retenue. Après les cours, tu resteras donc dans ton dortoir jusqu'à ton dîner. Là tu attendras qu'un professeur vienne te chercher pour ta retenue jusqu'à l'heure du couvre-feu. Tu seras ensuite raccompagnée jusqu'à ta salle commune. Tu respecteras cet emploi du temps jusqu'à ce que ton avenir au sein de cette école soit décidé. J'espère pour toi que j'arriverai à convaincre le conseil. Puis-je vous demander de raccompagner Miss Gaunt jusqu'à son dortoir et d'informer les préfets, professeur McGonagall ?

Lorsque la porte se referma, Dumbledore s'affaissa dans son fauteuil. Qu'allait-il faire de Kécile... Elle devenait de plus en plus incontrôlable.

On frappa à nouveau et Severus entra.

- Comment va Mr Malfoy ? Demanda aussitôt le directeur.

- Ses jours ne sont plus en danger. Mais il aurait pu y passer si le professeur de Visnel n'avait pas eu l'idée de venir dans la Grande Salle où je me trouvais plutôt que d'appeler Mme Pomfresh. Nous avons eu beaucoup de chance. Ombrage est-elle déjà au courant de cet incident ?

- Non, mais ça ne saurait tarder. Je vous laisse le soin de prévenir Lucius Malfoy. Notre Grande Inquisitrice ne serait pas là, j'aurais peut-être pu éviter le Conseil de Discipline à Kécile, mais dans les circonstances, il ne faut pas l'espérer. J'aurais déjà beaucoup de chance à lui éviter le renvoi. J'avoue que je commence à être perdu avec cette enfant, Severus.

- Soyez ferme, elle ne fait que passer par la crise d'adolescence.

- J'aimerasi le croire, Severus, mais les seuls élèves qui m'ont causé à peu près autant de soucis qu'elle sont le groupe de mangemorts que vous fréquentiez. J'ai peur qu'elle tourne mal.

- Kécile ne retournera pas vers Voldemort, j'en suis intimement convaincu, répondit Severus. Vous semblez oublié qu'elle a grandi parmi les mangemorts, traitée et convaincue d'être une Princesse pendant des années. Azkaban lui a certainement rabattu son orgueil pendant quelques mois. Maintenant c'est de l'histoire ancienne. Son ancien tempérament revient avec l'adolescence. Rien de plus.

- J'espère que vous avez raison, Severus.

Ombrage avait dû être satisfaite de la mise en demeure de Kécile en attendant le conseil de Discipline, car la jeune fille ne reçut aucune changement d'instructions dans les jours qui suivirent. Elle se retrouvait encore plus coupée des autres Gryffondors qu'auparavant. Lavande et Parvati lui jetaient à nouveau des coups d'oeil inquiets et les professeurs se montraient d'une sévérité et souvent d'une injustice jamais égalée à ses yeux. Mais cette fois-ci elle gardait son calme. Parce que l'expulsion, peut-être même le bris de sa baguette lui pendait au nez, et si cela arrivait, c'était la catastrophe. Peu importe que la punition soit disproportionnée en rapport avec la faute, Kécile était convaincue que le Conseil sauterait sur l'occasion pour se débarrasser de la fille du Seigneur des Ténèbres.

Elle se sentait constamment bouillir. Un rien la mettait en rage. Et elle n'avait même plus l'AD qui lui permettait de relâcher la tension.

Tous les soirs et le samedi, elle se retrouvait devant des devoirs supplémentaires chez l'un des professeurs qui se relayaient pour la prendre en charge. Le dimanche, elle passa la journée avec Dumbledore. Ils avaient un peu parlé mais le directeur ne cachait pas sa déception et cela mettait Kécile tellement mal à l'aise qu'elle préférait se murer dans le silence, faignant de trouver son livre passionnant.

Le vieil homme se leva pour aller dans son salon. Elle l'entendit bouger un moment avant de comprendre qu'il mettait en route le vieux tourne-disque d'Henri. Une symphonie de Brahms s'éleva.

- Cela fait longtemps que nous n'avons pas écouté de la musique ensemble.

Kécile acquiesça d'un hochement de tête raide.

- Mr Collins ne viendra pas aujourd'hui ?

- Non, cela fait partie de ta punition, répondit simplement Dumbledore.

Kécile s'enfonça davantage dans le fauteuil dans un silence boudeur. Elle s'en fichait. Ça ne l'empêchait pas de sortir son hautbois à peu près à chaque instant où elle était enfermée dans son dortoir, autant pour se changer les idées que pour agacer ses camarades de maisons. Elle n'avait jamais joué autant que depuis mercredi dernier ! Ce serait la seule bonne chose qui ressortirait de ce gigantesque fiasco...

- Le conseil de Discipline aura lieu vendredi soir prochain. Nous irons ensemble. Le professeur McGonagall et le professeur Rogue en tant que directeur de maison des concernés seront présents. Le professeur de Visnel a demandé à témoigner en ta faveur, en tant qu'unique témoin de la scène.

- Le professeur de Visnel ? S'exclama Kécile avec dédain. Mais elle ne me connaît pas !

- Elle peut justement être une aide précieuse. Il faudra que tu gardes ton calme en toute circonstance, Kécile

- Je sais.

- Surtout si on essaie de te provoquer, insista Dumbledore

- Je sais.

- Je m'inquiète pour toi, Kécile, ajouta le vieil homme d'une voix radoucie. Si tu es renvoyée, tu risques de te retrouver dans un orphelinat moldu.

- Quoi ? S'exclama Kécile en redressant cette fois la tête de son livre, l'air catastrophé.

- Tu n'as aucune famille, aucun responsable légal. Et même si je le deviens, tu ne pourras pas revenir ici. Si tu étais renvoyée, je pense demander que les Weasley soient chargés de ta garde.

- Pourquoi eux ? Demanda Kécile. Je préférerais aller cher les Praslin.

- Tu n'y serais pas en sécurité. Il ne faudrait pas une semaine à Voldemort pour découvrir où tu es et Henri et Martine ne disposent d'aucune protection. Je ne peux pas leur demander de prendre ce risque. Ta seule chance de ne pas tomber entre les mains de Voldemort est de rester chez un membre de l'ordre.

Le feu crépita de vert tandis que Kécile s'imaginait avec horreur devoir rester au square Grimmaud avec pour seule compagnie Black et Kreattur... Merlin !

- Oui, Pompon ? Demanda Dumbledore à l'infirmière qui avait passé la tête dans le feu.

- Lucius Malfoy est venu rendre visite à son fils. Il demande à parler à Miss Gaunt.

- Très bien, je vous l'envoie de suite.

- Merci.

Mme Pomfresh disparut et Dumbledore se tourna vers Kécile.

- Je ne sais pas ce qu'il te veut, mais sois prudente et garde ton calme.

Kécile hocha la tête avant de prendre à son tour la cheminette. Dumbledore fixa un instant le feu redevenu normal avant de prendre sa décision. Il ne faisait pas vraiment confiance à Kécile pour contrôler son tempérament, mais surtout il ne faisait pas confiance à Lucius Malfoy. Il était parfaitement possible qu'il vienne en mission pour Voldemort. Le directeur ne voyait pas très bien ce que le mangemort aurait pu tenter ici mais il valait mieux être prudent, décida-t-il en arpentant les couloirs en direction de l'infirmerie.

Lucius se tenait raide comme un piquet devant le lit de son fils. Drago était supposé sortir de l'infirmerie dans deux jours. Une durée trop courte de l'avis de Kécile aux vues des ennuis que cela allait lui apporter. Mais ce n'était pas l'opinion de Mr Malfoy...

- Vous êtes fière de vous, Miss Gaunt ? demanda-t-il d'un ton pincé en la voyant apparaître.

- Bonjour Lucius. Comment allez-vous ? Dit Kécile d'un ton faussement affable.

- C'est bien le moment de faire des politesses après avoir tenté d'assassiner mon fils.

- Tout de suite les grands mots ! Apprenez-lui donc à rester à sa place et ne pas chercher les ennuis et il évitera ce genre de situations désagréables.

- Pour qui vous prenez-vous Gaunt ? Vous avez perdu votre place de princesse mais pas votre arrogance à ce que je constate.

- Les vieilles habitudes ne se perdent pas si facilement... répondit Kécile avec sourire goguenard. Mais racontez donc tout cela à mon cher père, je suis sure qu'il sera ravi de l'entendre.

- A votre place, je me ferais oublier du Seigneur des Ténèbres.

- Oh, c'est un vain espoir. Mon père ne m'oubliera pas plus que je ne peux l'oublier, soupira la jeune fille.

- Voilà qui est intéressant... répliqua Lucius avec un sourire en coin. Regretteriez-vous votre désertion, Miss Gaunt ? Vous rendez-vous compte maintenant de l'erreur que vous avez commise en vous alliant à Dumbledore ?

- Ce n'est pas Dumbledore le problème, marmonna Kécile. Ce sont les gens qui sont autour de lui.

- Comment avez-vous pu espérer trouver votre place parmi ce monde-là ? Vous appartenez au monde des mangemorts, Gaunt. Vous pouvez faire semblant de vous intégrer mais vous ne réagirez jamais comme eux. Regardez ce que vous avez fait à Drago. A votre avis, de quel camp cette attitude vous rapproche-t-elle le plus ?

- Je le sais, coupa sèchement Kécile. Mais ce n'est pas comme si je ne faisais rien pour combattre ses pulsions.

- Vous avouez donc qu'Il vous appelle, déclara Malfoy à voix basse en la fixant d'un regard scrutateur.

- Oui, le Seigneur des Ténèbres m'appelle. Oui, mon souvenir me hante. J'ai même l'impression qu'il me dicte ma conduite parfois. Vous êtes content, Malfoy ? Vous pouvez aller le lui rapporter si ça vous chante.

- Je n'y manquerai pas. Et s'il vous propose de rejoindre les rangs ?

- Je n'y crois pas une seule seconde, Lucius. Je ne suis pas assez folle pour paraître un jour devant lui. S'il y a bien une chose que je n'ai pas oublié de mon père c'est qu'il a la rancune tenace et la baguette leste.

Dumbledore entendit Mme Pomfresh sortir de l'infirmerie pour dire à Lucius Malfoy que le temps de la visite était terminé.

Il s'en retourna à pas lents vers son bureau.

C'était inquiétant. Il l'avait senti mais avait préféré espérer qu'il se trompait. Pourtant, cette conversation confirmait ce qu'il craignait

Kécile était en train de retourner sur les traces de son père.


Alors? Si je vous dis qu'au prochain chapitre tout explose, ça vous étonne?