La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).
Cependant, l'histoire m'appartient.
Finalement, contrairement à ses attentes, ce n'était pas si horrible que ça.
Pour l'arrangement des chambres, Tsunayūki se trouva bel et bien avec Reborn et Irugorn. Cependant, c'était son choix : ses amis lui ont demandé si elle préférait venir plutôt dans les leurs - surtout Hayato, avait-elle remarqué -, mais elle leur répondait qu'ils avaient chacun un lit simple et que ça les gênait de les déranger par sa présence - surtout Ryohei qui devait déjà s'occuper de Lambo -. Mais après réflexion, elle ne savait pas trop comment trois personnes pouvaient tenir dans un lit double…
Pourtant, la chose se présenta bien en fin de compte : quand Tsuna sortit de sa douche, elle vit Irugorn allongé par terre et Reborn au bureau, en train de compléter sa carte. Elle s'inquiéta pour le dragon qui s'était endormi ainsi.
- Re-Reborn ! On devrait pas réveiller Irugorn-san ? paniqua-t-elle.
- Pourquoi voudrais-tu le réveiller à part pour te faire frapper ? répliqua le Dragonnier. N'oublie pas que c'est un dragon, et les dragons dorment comme ça.
- Même pas sur un lit ? insista-t-elle, sceptique.
- T'as déjà vu un dragon sur un lit ? Déjà que j'ai eu du mal à lui faire prendre l'habitude de s'asseoir sur un canapé et pas parterre… mais bon, on devrait pas se plaindre : ça fera plus de place dans le lit, non ?
- Mais… attendez ! Ça signifie que… je vais seulement dormir avec Reborn ?! rougit-elle de nouveau et s'imaginant tout et n'importe quoi.
- Pff… tu peux avoir l'esprit franchement mal placé, parfois… fit-il savoir avec le sourire avant de retourner à son travail.
- La ferme !
Cependant, elle était trop fatiguée pour vouloir le frapper : elle décida de s'allonger sur le lit. C'était si moelleux et si doux qu'elle sentit qu'elle s'endormirait de suite : et en effet, ça ne tarda pas. Le lendemain, lorsqu'elle se réveilla après une nuit sans songe, le soleil était déjà très haut dans le ciel : elle avait donc bien récupéré de ces derniers jours. Elle regarda tout autour d'elle : à son grand étonnement, elle vit que Reborn était toujours à son bureau.
- Il ne dort pas encore ? s'inquiéta-t-elle.
Elle se leva doucement pour ne pas réveiller Irugorn s'il était encore endormi, mais celui-ci était en train de bailler et de s'étirer - Tsuna se força à ne pas trouver la scène trop bizarre puisque c'était un dragon -.
- Euh… vous avez bien dormi, Irugorn-san ? demanda-t-elle.
- Bof. Le sol est trop mou, fit-il remarquer en craquant tous ses os. Je n'arrive pas à comprendre comment vous faites pour dormir sur un matelas.
- Ouiiii, bien sûr, bien sûr…
- D'ailleurs, tu devrais parler plus doucement : si tu réveilles Chibi, il risque de répliquer violemment, sinon.
- Hein ? Il dort ?
Elle avait baissé d'un ton et jeta un regard vers l'endormi : en y faisant bien attention, avec le dos courbé et les deux bras posés sur la table, Tsunayūki aurait pu se douter qu'il ne travaillait plus.
Maintenant qu'elle y pensait, elle n'avait encore jamais vu Reborn assoupi. Il se levait toujours avant elle. Elle s'approcha de lui avec plus de douceur avant de pencher sa tête pour voir son visage. Sans étonnement, il avait juste les yeux fermés. Cependant, le voir avec un visage aussi calme et tranquille, Tsuna en eut un petit sourire aux lèvres. Elle eut aussi la curiosité de toucher une rouflaquette, une petite mèche de cheveux près de son oreille qui s'entortillait comme par magie. À quelques millimètres de la mèche de cheveux, elle se retrouva la seconde d'après les fesses au sol et regardant le plafond. Au-dessus d'elle, Reborn tenait fermement le poignet qui l'avait emportée aussi facilement.
- Il est pas né celui qui touchera à mes rouflaquettes, sourit-il en guise de bonjour.
Finalement, le Dragonnier partit se préparer dans la salle de bain. Sawada se redressa doucement pour éviter de se faire davantage mal au dos.
- Il t'a fait mal, fit remarquer inutilement le dragon.
- Non, je l'avais pas remarqué, remercia-t-elle.
Quant les trois finirent de se préparer, ils allèrent à l'accueil pour voir si d'autres copains qu'eux étaient déjà levés. Il n'y avait que Gokudera ils le rejoignirent pas longtemps après l'avoir vu. Entre-temps, l'homme au fédora et la Chérubienne firent bien attention à ne pas croiser le regard de la demoiselle de l'accueil qui souriait de tous ses dents en les fixant.
- Hm ? Yamamoto, Onii-san et Lambo-kun ne se sont pas encore réveillés ? questionna Tsuna.
- Je n'en sais rien, souffla Hayato. En tout cas, s'ils veulent dormir, ils peuvent profiter d'aujourd'hui pour rester dans leurs lits !
- Quelque-chose me dit qu'il est ravi de ne pas les revoir de sitôt… se dit la jeune femme dans un soupir.
- De mon côté, je compte sur aujourd'hui pour profiter de visiter cette capitale ? Vous voulez venir avec moi, Tsuna-Hime ?
La jeune femme fit mine de réfléchir avant d'avoir un petit sourire maléfique au coin des lèvres.
- Très bien, accepta-t-elle avant de rajouter : mais à la seule condition que tu ne m'appelles ni Tsuna-Hime ni Jūdaime. Et je suis sérieuse : sinon, je le fais de mon coté !
- Ouh là, tu lui demandes peut-être un peu trop, Dame-Tsuna, non ? ironisa Reborn quand le visage de Gokudera se déconfit.
- Mais… enfin, c'est beaucoup trop tôt pour me montrer familier ! s'indigna le chat-garou. Reborn-san ! Comment vous faites pour la tutoyer aussi facilement ?!
- Je pourrais te retourner la question : pourquoi est-ce que t'es pas foutu de la tutoyer ? reprit le Dragonnier. Déjà, c'est pas ton éducation puisque tu te comportes normalement avec Yamamoto, Ryohei et…
- … et le stupide bovin, compléta amèrement Hayato pendant que Sawada ne cessait de désespérer.
- Voilà. Ton problème, c'est le regard que tu poses sur Tsuna.
- Euh… tu racontes quoi, là ? rougit-elle en ne comprenant absolument pas ce qu'il disait.
- Mon… regard ?
- Ben oui : tu la vois sans cesse comme la princesse d'HeavenGard, donc ça te force à avoir du respect envers elle, consciemment ou pas ; là, je sais pas.
- Mais… c'est la princesse d'HeavenGard !
- Ça vous ennuierez de parler moins fort, les gars ? intervint Tsunayūki. J'ai pas envie qu'on nous prenne pour des fous et qu'on divalgue ça, non plus.
- Alors arrête de la voir comme une princesse, continua Reborn comme si de rien n'était. Vois-là simplement comme un gosse tête en l'air et qui n'est pas foutu d'aligner deux mots en italien ! D'ailleurs, ça me fait penser qu'il faudra qu'on reprenne nos cours, Tsuna…
- Eh oh ! N'en profite pas non plus pour t'arranger les choses ! contesta Tsuna.
Les deux commencèrent alors à se chamailler pour la date du prochain cours - que Tsuna tentait tant bien que mal à repousser le plus loin possible -. Finalement, ce ne fut pas Iru qui les arrêtèrent, mais Gokudera.
- Tsu… Tsuna-sama ! interpella-t-il assez fort pour que les deux autres se retournent d'un bloc. Est-ce… est-ce que vous voulez visiter Charwān avec moi, Tsuna-sama ?
Tsuna resta interdite avant de jeter un regard vers un Reborn pas ébranlé comme elle. Celui-ci ne fit que hausser des épaules quand elle l'interrogea silencieusement.
- Tsuna-sama ? répéta-t-il avant d'avoir un petit rictus. Franchement, c'est pas mal pour lui : tu ne devrais pas refuser si tu ne veux pas blesser son petit cœur.
- N'importe quoi… s'embrouilla le chat-garou en rougissant.
- Bon, ok : je veux bien venir avec toi, finit-elle par accepter, même si ça se serait conclu comme ça quelque soit le nouveau nom. Vous venez avec nous ? se tourna-t-elle vers l'homme au fédora et le dragon.
- Pas tenté, déclara simplement Irugorn.
- On va rester ici pour ne pas inquiéter les autres quand ils se lèveront, expliqua Reborn. Et puis, on serait de trop dans cette petite visite ~.
- N'importe quoi… répéta Tsunayūki dans sa barbe.
Sans plus attendre, Gokudera prit la main de la Chérubienne et l'entraîna dehors. Elle n'eut que le temps de dire au revoir aux autres de la main avant que la porte de l'entrée se referme sur eux. Le Dragonnier s'étira puis alla s'asseoir, fatigué. Le dragon le rejoignit pas longtemps.
- Tu voulais vraiment pas visiter Charwān ? répéta Iru, sceptique. C'est vrai qu'il y a trop de monde et de pollution pour qu'on puisse pas en profiter un maximum, mais je ne m'attendais pas à ça de ta part.
- Ne sois pas bête : je ferai un petit tour ce soir : il y aura moins de monde.
- Aaahh… mais donc : tu vas vraiment visiter cette ville de merde ?
Reborn poussa un soupir d'exaspération mêlé à un sourire : autant terminer de suite cette discussion qui ne les mènerait à rien.
Ça allait faire presque une minute que, tout à coup, Ryohei déboula en catastrophe dans l'accueil et se jeta sur Reborn en total panique. Celui-ci soupira de lassitude.
- Jamais je n'aurais un moment de paix ? se dit-il.
- Rebooorn ! Il y a un gros problème à l'extrême limite !
- Je l'avais remarqué. Et en quoi consiste ton problème ?
- C'est… c'est horrible ! Je l'ai cherché de partout ! … mais j'ai trouvé aucune trace ! Yamamoto le cherche toujours à l'étage, mais je ne pense pas qu'il le trouvera à l'extrême limite ! Lambo a disparu !
Le Dragonnier afficha un air satisfait la première fois depuis la matinée.
- Voilà que la journée s'annonce très bonne, finalement.
...
Par contre, du côté de Tsuna, elle pensait à l'exact opposé. Elle était en train de marcher dans les ruelles et faisait de son mieux pour ne bousculer le moins de gens possible.
- Bon sang… qu'est-ce qui m'a pris de paniquer comme ça ?! Maintenant, je ne sais même pas où est Gokudera-kun…
Elle regarda autour d'elle. Elle avait l'impression de voir le même décor depuis dix minutes.
- … et je ne sais même pas où je suis, en fait ! Aaaaahh ! Que faire, que faire ?!
Dès qu'elle aperçut une ruelle peu fréquentée, elle partit à l'intérieur pour éviter la foule où elle commençait à manquer d'air. Cependant, même maintenant où elle était au calme, les battements de son cœur n'arrivaient pas à ralentir : elle n'arrivait pas à oublier ce qui s'était passé à l'instant avec Hayato.
Pourtant, plus elle y réfléchissait dessus, plus elle se trouva stupide d'avoir agi ainsi sur le coup - ce qui ne la calma pas du tout sur le moment -. Tout à l'heure, tout s'était bien placé avec le chat-garou : ils avaient visité ce qu'ils avaient voulu et tout allait pour le mieux. Mais peut-être là où elle avait si soudainement paniqué, ce fut lorsque Gokudera commença à lui parler d'un sujet… déplaisant.
- Tsuna-sama… commença-t-il en reprenant un air sérieux, vous savez ce que sont devenus Mukuro et sa clique.
- Eh ben… non, pas trop, mentit-elle non sans mal - puisqu'elle évitait tout contact avec lui -.
- Tsuna-sama, je ne veux pas être désagréable, mais ce n'était pas une question.
Tsuna finit de faire semblant de s'intéresser à la robe rose qui était exposée dans une vitrine et se retourna vers son ami ; ce coup-là, c'était mission impossible d'inventer un mensonge. Elle opta alors pour la vérité malgré elle.
- Je… je suis désolée, mais je ne peux pas t'en parler. Je te demande pardon, s'excusa-t-elle.
- Ce n'est pas grave du tout ! rassura-t-il. C'est juste que je me disais si on allait un jour les revoir ou pas.
- Eh ben… de ce que j'ai compris, non. Quoique, je n'en sais rien, en fait : il faudrait que je demande ça à Reborn…
- Oh, Reborn-san est au courant, lui aussi ?
Malgré le ton innocent qu'il venait de prendre, Tsunayūki sentait qu'il sous-entendait clairement quelque-chose.
- Eh ben… oui : il était un des seuls conscients lorsque Mukuro et les autres ont… ben, disparu, si je peux dire ça comme ça, répondit-elle en faisant gaffe aux termes qu'elle utilisait.
- Je vois…
- Il y eut un gros blanc gênant, mais aucun des deux n'osa bouger. Sawada s'intéressa de nouveau à la robe à froufrou pour éviter d'être davantage embarrassée, mais Hayato finit par reprendre la discussion :
- … je me dis que parfois, Reborn-san a de la chance d'avoir tissé un tel lien avec vous.
- Pardon ?
Tsuna se retourna vers lui, commençant à avoir des rougeurs sur son visage. À coté d'elle, le chat-garou regardait les passants marchaient dans tous les sens. La Chérubienne voyait trop de couples se tenir la main, selon elle.
- Je veux dire… loin de là d'extrapoler, mais vous vous êtes rencontrés depuis plus longtemps, avec lui : donc c'est normal que vous vous connaissiez mieux, que vous vous partagiez vos secrets…
- Mais… mais pas du tout ! bredouilla-t-elle.
Mais le chat-garou ne l'avait même pas entendue tellement il était toujours plongé dans ses réflexions.
- Allez savoir… peut-être êtes-vous plus qu'amis ?
Ok. Là, elle en avait assez entendu comme ça.
Prise d'une soudaine panique, elle partit comme ça, sans aucune autre raison.
- Enfin, je rigolais sur ce dernier point, continua-t-il en rigolant sans remarquer le départ de son amie. Je sais très bien que vous n'êtes que… euh… Tsuna-sama ?
Il venait à peine de se rendre compte de la disparition de Tsunayūki. Il se demandait si elle était dans le coin, mais il ne la vit plus. Même, il ne pouvait plus la sentir aussi : toutes les odeurs étaient mélangées et impossible de suivre la trace de son amie. Il prit un air accablé avant de courir à sa recherche, en commençant par enquêter dans la ruelle inverse où était partie Tsuna.
Voilà comment Tsuna fut séparée de Gokudera.
Elle était maintenant dans une nouvelle ruelle, s'enfonçant de plus en plus dans les recoins les plus secrets de la capitale. Intuitivement, Tsunayūki savait qu'elle était mal fréquentée : elle se grouilla de partir d'ici. Quelques ruelles plus loin, elle n'avait encore croisé personne à sa grande déception. Le premier être vivant qu'elle vit au bout d'un certain moment était un grand bulldog… qui avait étrangement trois têtes. Sawada eut les larmes aux yeux.
- Bon sang ! Leurs maîtres ne sont pas foutus de garder leur Cerbère en laisse ou quoi ?! paniqua-t-elle.
Et elle savait qu'elle ne pouvait rien faire face à cette bête.
Avant d'avoir songé à s'envoler avec ses ailes au risque d'être vue, une ombre surgit de nulle part et s'interposa entre la jeune femme et le chien : Tsunayūki vit alors le petit personnage qui venait d'apparaître. Celui-ci fit un geste compliqué des mains, comme pour concentrer une forme d'énergie, puis l'envoya vers le Cerbère : une petite explosion se produit devant le chien effrayé qui s'empressa de s'enfuir la queue entre les jambes.
Le petit personnage se retourna vers Tsunayūki qui put voir son sauveur de face : c'était qu'un enfant - « du même âge que Lambo » songea-t-elle - qui portait un qipao rouge et avait des cheveux noirs attaché en une tresse qui tenait droit. Tsuna ne savait nullement qui c'était, mais les choses pour lesquelles elle était certaine, c'était que cette personne était au courant de l'univers et qui venait de la sauver accessoirement. L'ange se pencha vers elle.
- Merci beaucoup, remercia-t-elle.
Mais en face, le petit personnage se renfrogna avant que neuf signes, rangés trois par trois, apparaissent sur son front : un sur deux était soit vert, soit rouge. Ils ressemblaient à des espèces de jetons.
Puis un rouge disparut. Et Tsuna sut que quelque-chose n'allait pas.
Elle se rapprocha du petit personnage et toucha son front pour voir s'il n'attrapait pas de la fièvre - une manifestation étrange de la fièvre mais ça pouvait être ça. Son visage était en effet chaud, et la température augmentait au fur et à mesure. Cependant, quand la Chérubienne voulut retirer sa main du visage, le petit personnage s'accrocha à son bras : commença alors une bataille pour essayer de la lâcher. Et les choses ne s'arrangèrent quand elle entendit un certain gamin rire à pleins poumons et venir vers elle.
- Meuh ah ah ! Lambo-san est dans la place ! cria le yokaï. Oh, Tsuna-nee ! Tu veux jouer avec nous ?!
- É... écarte-toi de moi, Lambo-kun ! ordonna Sawada.
- Non ! Lambo-san veut jouer avec vous !
Tsuna jura dans sa tête puis, dans un ultime effort, arriva à décrocher le drôle de personnage de son bras. Il ne restait plus qu'un signe vert sur le front. Comment ça avait pu aller aussi vite ?
Mais elle ne se soucia plus de ça : son intuition lui disait de s'écarter de la petite personne : elle courut vers le yokaï pour l'attraper et s'échapper. Derrière eux se produisit une explosion phénoménale : ils furent éjectés dix mètres plus loin. Le petit garçon toujours dans ses bras, Tsunayūki regarda derrière elle pour voir ce qu'était devenu le petit personnage.
Plus aucune trace de lui à l'horizon.
Avec un soupir de soulagement, elle vérifia alors si le yokaï allait bien ; celui-ci était devenu une pile électrique avec des étoiles dans les yeux.
- Trop bien ! Lambo-san en veut encore !
- Pas question ! De plus, je ne sais même pas s'il est encore là...
- … alors Lambo-san rentre à la maison, dit-il avec un air maussade.
- Je vais rentrer avec toi, déclara-t-elle avant de prendre l'air sérieux que prenait sa mère. Je dois te surveiller : j'ai cru que tu étais encore couché avec Ryohei. Il faut nous dire quand tu sors, compris ?
- Oui, Tsuna-nee.
Lambo prenait un petit air triste qui attristait Sawada.
- Tu sais quoi ? reprit-elle d'un air enjoué pour le consoler. On peut jouer au jeu du loup-touche-touche jusqu'à qu'on rentre à l'hôtel, hein ?
- Oh oui ! Tu ne rattraperas pas Lambo-san !
Tsuna ne l'avouera probablement jamais, mais le yokaï réussit avec une facilité déconcertante à retrouver l'hôtel alors qu'elle aurait galéré deux heures de son côté - ou peut-être n'avait-elle pas cherché à se souvenir ce coup-là puisqu'elle avait le chat-garou à ses côtés… -. En arrivant, ils tombèrent sur Takeshi qui regardait sûrement quelque-chose au derrière de l'auberge, mais en se retournant vers eux, il fut rassuré et les rejoignit de suite avec un sourire aux lèvres. Tsunayūki soupira : il était assurément en train de chercher Lambo. Pas plus loin, ils virent Sasagawa qui fouillait en hurlant à l'extrême limite le yokaï pour l'appeler et Reborn et Irugorn se prélasser au soleil comme s'ils étaient à la plage. Le Dragonnier souleva ses lunettes et jeta un coup d'œil à la jeune femme.
- Il y a Gokudera qui te cherchait : il est en ce moment sur la place, déclara-t-il seulement, mais Tsuna sentit une vague de panique venir en elle.
- Je… je regardai quelque-chose et je l'ai perdu de vue, répondit-elle. Désolée…
- C'est pas à moi que tu dois t'excuser, mais à Gokudera.
- Franchement, tu l'as ramené ? remarqua le dragon en fixant le stupide bovin. Fini les vacances, maintenant : on était bien mieux sans lui.
- Vous êtes désespérants aussi bien les uns que les autres, annonça-t-elle amèrement.
Tout à coup, du coin de l'œil, elle vit quelque-chose remuer dans les boissons autour d'eux. Il ne fallut pas attendre plus longtemps avant que quelqu'un en sorte : Tsuna reconnut le petit personnage ! Elle faillit céder à la panique quand tout le monde le vit à son tour, mais à son étonnement, aucune explosion se produisit : même, Reborn et Irugorn se redressa de leur transats et s'échangèrent un regard.
- C'est clairement la fille de Min, non ? remarqua le Dragonnier avec le sourire.
- Ouais : elles ont la même odeur, approuva le dragon. Je crois qu'elle s'appelle I-Pin.
Et l'homme au fédora se mit à parler chinois par la suite. L'ange ne savait pas trop à quel résultat il fallait s'attendre, mais en tout cas, le petit personnage s'approcha d'eux prudemment avant de lâcher une exclamation : la voix appartenait bel et bien à une petite fille.
- Hm ? Tsuna, c'est vrai que t'as rencontré I-Pin sur le chemin ? demanda Reborn quand la petite fille avait l'air d'avoir terminé une explication.
- Ah ! Euh... oui. D'ailleurs, elle m'a aussi sauvé... avant de vouloir me tuer, avoua-t-elle timidement.
- Hein ? T'aurais pas essayé de la remercier après qu'elle t'ait sauvé ?
Tsuna ne comprit pas comment il était arrivé à cette question, mais elle hocha de la tête. Entre-temps, la petite fille s'était rapprochée d'elle et fit une belle courbette devant elle et parla en chinois.
- Ah, elle est en train de se présenter ; mais vu que tu piges rien, autant te traduire de suite, reprit-il avec un petit sourire narquois en voyant que Tsuna le fusillait du regard. « Bonjour, je m'appelle I-Pin : enchantée de faire votre connaissance. Je suis désolée pour l'explosion de tout à l'heure, mais c'est dans ma nature de Mahjong. »
- Hein ? C'est quoi, un Mahjong à l'extrême limite ?! intervint le cyborg.
- Tout comme le stupide bovin est un Raiju, un yokaï de la foudre, un Mahjong est un yokaï des explosions, expliqua Iru. Lorsqu'ils subissent une grande pression, il apparaît alors le Compte à rebours du « Pinzu-Explosion ». À faire remarquer que ça ne touche que les Élus, et donc rien de matériel ou d'humain.
- Oh… je suis enchantée de faire ta connaissance, I-Pin-san, accueillit Tsuna dans une courbette plus maladroite que n'importe qui.
- Pff… je vais pas jouer les interprètes trop longtemps, non plus… fit savoir l'homme au fédora avant de traduire les propos à la Mahjong.
La petite fille lâcha une exclamation avec joie - Tsuna n'eut pas besoin qu'on la traduise pour comprendre qu'elle était enchantée de faire sa connaissance -.
Soudain, Lambo, qui s'était amusé dans un coin depuis leur arrivée, remarqua la présence d'I-Pin. Celui-ci fonça alors dessus pour jouer avec, mais la yokaï partit dans l'autre sens pour qu'on la laisse tranquille.
- En fait, vous connaissez I-Pin ? demanda la Chérubienne aux deux garçons sur les transats.
- On ne la connaît pas directement, expliqua Irugorn, mais par sa mère, Min : c'était une bonne amie quand Chibi était encore au lycée.
La jeune femme tenta de s'imaginer Reborn au lycée, mais elle n'arriva à aucun résultat logique ou satisfaisant.
Au bout d'un certain temps, Hayato fit finalement son come-back : il avait cherché dans la moitié de la ville pour retrouver Tsuna quand Iru lui envoya en pensée qu'elle était de retour à l'hôtel - Tsunayūki trouva un peu excessif d'avoir fait autant d'efforts juste pour elle, mais elle lui était aussi redevable car il aurait été un des seuls qui la cherchait pour de bon pendant que le zombie et le cyborg n'étaient qu'à deux pas de l'auberge et que le Dragonnier et le dragon n'avait fait aucun effort -. Depuis qu'elle l'avait quitté de vue, l'ange avait mûrement réfléchi par rapport à ce qu'ils parlaient et elle finit par se décider : elle le pria alors de venir dans un coin tranquille où il n'y aurait qu'eux deux.
- Vous avez quelque chose, Tsuna-sama ?
- Eh ben… j'aimerais te parler par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure… hésita-t-elle avant de rendre de l'assurance. Je crois que je devrais vous en parler de ce qui est arrivé à Mukuro et les autres.
Ce changement d'avis sembla surprendre plus le chat-garou que l'ange elle-même.
- Mais… vous avez pas dit qu'il fallait que vous gardiez ça secret ? répliqua-t-il avec inquiétude. Je suis curieux de savoir s'il pourrait encore dans les parages ou pas, mais si vous avez décidé, Reborn et toi, de ne pas nous en parler, je pense que votre décision est la meilleure.
- Eh ben… je me suis remise en question, et je pense que non : vous avez autant le droit de savoir que nous. Parce que peut-être que ça pourrait un jour nous retomber dessus si on n'y est pas préparé. D'autant plus que ce n'est pas nous deux qui avons choisi ça, mais Irugorn-san, ajouta-t-elle à grande vitesse, presque honteuse de l'avouer. Et puis, par-dessus tout… nous sommes amis, hein ? On ne devrait pas se cacher de tels choses.
- Très bien ! Alors je serai tout ouïe ! sourit le chat-garou, et cela mit du baume au cœur à Sawada de le voir aussi joyeux.
- Mais je voudrai en parler aux autres aussi pour les mêmes raisons, avertit-elle. Allons dans ma chambre : on sera assurément plus tranquille…
...
Après avoir emprunté plusieurs passages secrets connus par très peu de gens, l'elfe se cacha derrière un des piliers de la grande salle d'audience. Il avait beau venir ici très souvent malgré son rang, il était toujours étonné par la prestance et la puissance que la salle dégageait : le plafond constellés de diamants le tapis rouge en velours avec des bandes dorées sur le côté et, avant tout, le magnifique trône sur lequel était assis l'homme le plus puissant actuellement, le Grand Duc. Si l'elfe s'était infiltré aussi discrètement, c'était parce que son supérieur l'avait envoyé pour espionner la future audience. Car bientôt, le Grand Duc les accueillerait.
Ces assassins.
Ces meurtriers.
Les mercenaires attitrés du Kyūdaime.
Il entendit la porte du hall claquer. C'était eux. Six personnes rentrèrent. De tous, un seul ne fit pas tomber un genou au sol. L'elfe ne se doutait pas qui c'était sans même regarder.
- Ah ! Je suis content de vous voir ! dit le Grand Duc d'un ton enjoué.
Difficile de deviner s'il était en ce moment de bonne humeur. Quand il était heureux d'un service, il souriait. Quand il n'était pas satisfait du service, il souriait. Puis il balançait les personnes dans une cage où un monstre y régnerait et dont seul le Grand Duc aurait le plus grand contrôle. Ce monstre se faisait appeler « La Bête ». Parfois, l'elfe entendait distinctement une présence se baladait autour de l'actuel chef, s'enroulait autour de lui en sifflant avec sa langue de serpent qu'il attendait impatiemment ses prochaines victimes. L'elfe avait du mal de retenir un frisson à chaque fois qu'il le sentait.
- Qu'est-ce que vous voulez ? haussa la voix l'un des mercenaires.
- Je suis venu vous demander un service, même si celui-là me pince le cœur, je dois l'avouer.
- Parle.
Celui qui venait de parler était incontestablement le chef. L'elfe ne l'avait jamais vu, mais son supérieur lui conseille chaudement de ne pas le connaître.
- En mon pouvoir que me confère le Grand Duc, je me dois de choisir les successeurs de Timotéo Sawada, le Kyudaīme, qui est porté disparu depuis trop longtemps. C'est pour cela que je vous désigne, vous, comme le digne prochain clan Vongola.
Aucun bruit. Ce qu'avait pensé son chef s'était donc avéré vrai…
- Vous êtes, selon moi, les seuls à pouvoir être à la tête de ce gouvernement et pouvoir guider les anges dans la bonne voie. Seulement… le chef du conseillers externes, monsieur Sawada Iemitsu, n'est pas du même avis. Il pense que seule sa fille chérie, prénommé Tsunayūki Sawada, pourrait être capable de supporter une telle charge plus que n'importe qui. Je suppose que vous comprenez ce que cela signifie, messieurs ?
Oh que oui. Tout le monde dans cette salle savait ce que cela signifiait. Mais le pire, c'est que les mercenaires devaient se réjouir intérieurement.
- J'ai donc déjà fait des recherches de mon coté, et je sais donc où elle se trouve en ce moment.
- Nous savons déjà où elle se trouve, coupa une nouvelle fois le chef. Un de nos Cerbères l'a repérée dans les quartiers est de Charwān.
- Bien ~. Nous allons donc pas perdre de temps !
La Bête se mit à s'agiter soudainement. L'elfe le sentait se penchait sur son trône pour mieux observer ses convives. Peut-être ne souriait-il plus quand il parla de nouveau dans un murmure presque inaudible :
- Retrouvez-les moi : nous verrons ensuite ce que nous en ferons.
L'elfe n'attendit pas plus longtemps pour se précipiter à la sortie et avertir son maître. Il n'était plus question d'être le plus discret possible, mais de revenir vivant au quartier avant qu'on porte atteinte à sa vie. De toute façon - comme il s'en doutait -, toutes les personnes présentes dans la salle d'audience avaient perçu sa présence dès leur arrivée. Mais finalement, il arriva à sortir : seul un objet avait éraflé son bras sans réel intention.
Un instant d'après après, ce même objet, qui s'avère être un couteau, se figea pile là où se trouvait le garçon. Le couteau s'envola avant de retourner dans le creux de la main d'un des mercenaires. Il renifla le peu de sang qui se trouvait avant de sourire ouvertement.
- Shishishi ! Ça devait être ce petit fouineur d'elfe qui a du nous espionner !
- Et vous n'avez rien fait pour l'intercepter, Grand Duc ? interrogea le chef, méfiant.
- Allons allons ! Est-ce que cela va arrêter la meilleure troupe d'élite des Vongola ? fit remarquer le chef avec un sourire resplendissant. Je ne fais que vous donnez un peu d'adrénaline dans cette petite chasse : c'est beaucoup plus amusant quand plusieurs chasseurs s'en prennent à la même proie, non ~ ?
Le chef continua de fixer le Grand Duc avant de sourire effrayamment, faisant tordre une des cicatrices sur son visage.
Tout cela va être amusant, en effet.
Il tourna dos au Grand Duc et s'en alla, suivi de sa troupe.
Et voilà, le petit chapitre est là ! Les choses commencent à s'accélérer des deux côtés...
Merci à Tsuki Banritt pour le commentaire et à bientôt ^^ !
