Bon, ici on a 10 cm de neige, et ça continue à tomber, comme c'est prévu jusqu'à la fin de la semaine prochaine... Je vous promets, je tâche de prendre le moins possible la voiture pour espérer rentrer entière...
Bon, assez raconté ma petite vie.
Concernant ce chapitre, j'ai écrit la fin en pensant à l'atmosphère d'une musique. Le problème, c'est que le morceau est trop long par rapport à ce que j'ai écrit et c'est très, très, très spécial comme musique!
Donc pour ceux qui veulent tenter voici le lien:
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Chapitre LXXI : L'empire du sang
Lucius marchait dans les couloirs du manoir pour répondre à la convocation du Lord. Ceux qui le croisaient ne pouvaient supposer qu'il avait été convoqué par le Seigneur des Ténèbres. Il avançait de son pas royal, son visage de suprême suffisance imperturbable. Il n'avait pas à s'inquiéter. Le Lord n'avait aucune raison d'être mécontent de lui. Mais cela n'empêcha pas son cœur de battre un peu plus vite qu'à la normal lorsqu'il frappa à la porte. L'habitude sans doute.
- Entre, Lucius.
Le Lord le recevait aujourd'hui dans son bureau. C'était toujours étrange de voir le plus puissant sorcier du monde, avec son visage si peu humain assis sur un fauteuil dans un environnement aussi ordinaire qu'un bureau.
- Assies-toi, Lucius, je crois que tu as quelques petites choses à me raconter.
Il s'inclina profondément avant de prendre le siège qu'on lui indiquait. Puis il relata la conversation qu'il avait eu avec Kécile.
- Parfait, dit le Lord d'un ton satisfait. Je crois que le moment est venu de frapper, Lucius. Le Ministère trouvera peut-être là le prétexte pour l'envoyer à Azkaban. Mais cela ne m'intéresse pas pour le moment. Débrouille-toi pour qu'elle reste à Poudlard.
- Bien, Mon Seigneur.
Et si Lucius ignorait le plan du Seigneur des Ténèbres et de quelle manière il allait frapper sa fille, une chose était sûre. Kécile Gaunt n'en avait plus pour longtemps.
XXX
- Mademoiselle Gaunt, le Conseil de Discipline a été convoqué à votre sujet en raison de l'utilisation d'un sort de magie noire sur Mr Malfoy la semaine dernière, entama le chef du Conseil. Nous allons tout d'abord écouter la version des faits de Mr Malfoy, ensuite la vôtre puis celle du professeur de Visnel qui a assisté à la scène. Mr Malfoy la parole est à vous.
Kécile regarda Dumbledore qui était assis à côté d'un des vieillards du conseil. Elle avait décidé de ne pas décrocher un mot tant qu'on lui poserait pas directement une question. Elle avait plaqué sur son visage un masque d'impassibilité. Si les membres espéraient trouver sur ses traits la trace d'un quelconque remord, ils en seraient pour leurs frais. Mais ils ne verraient également pas l'angoisse qui lui tenait les entrailles à l'idée d'être envoyée.
- Je suis sorti un peu en avance de la Grande Salle après le repas, expliquait Drago quand j'ai rencontré dans le couloir Kécile et le professeur de Visnel qui discutaient. Je me suis étonné qu'elles parlent puisque Kécile ne suit pas le cours de divination. Je l'ai interpellé. Nous avons échangé quelques mots. Et comme ce que je lui disais ne lui a pas plu, elle m'a attaqué pour me faire taire.
- Miss Gaunt a-t-elle sorti sa baguette pour vous attaquer ou vous a-t-elle d'abord menacé avec ?
- Elle l'a sortie mais n'a pas jeté le sort immédiatement, reconnut Malfoy
- Pourquoi n'avez-vous à ce moment pas simplement passé votre chemin ?
- Je n'ai pas l'habitude de me taire parce que la vérité ne plaît pas à l'autre personne.
- Et sur quoi portait votre conversation ?
- J'ai fait remarquer à Kécile que plus personne ne l'a soutenait.
- Et à quel moment de la conversation Miss Gaunt vous a-t-elle attaqué ?
- Lorsque je lui ai dit qu'elle finirait à Azkaban.
- Miss Gaunt vous-a-t-elle insulté de quelque manière que ce soit ?
Malfoy hésita et jeta un coup d'oeil à de Visnel. Nul doute que sans la présence du professeur qui avait vu toute la scène, sa version aurait été un peu différente et il se serait transformé en pauvre victime innocente, songea férocement Kécile.
- Non, finit-il par avouer. Elle m'a juste dit de « me la fermer », pour reprendre ses termes.
- Merci Mr Malfoy, vous pouvez vous rasseoir. Miss Gaunt, confirmez-vous la version de Mr Malfoy ?
- De ce qui a été dit, oui, répondit-elle d'un ton sec.
- Et qu'a donc omit Mr Malfoy ?
- Je ne lui avais rien demandé et il aurait très bien pu passer son chemin dans ce couloir et rien ne lui serait arrivé. Mais comme d'habitude, Malfoy n'a pas pu s'empêcher de cracher son venin. Il agit de la même manière avec Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger, qu'il a d'ailleurs appelé « la Sang-de-Bourbe » devant le professeur de Visnel. Ses propos ont été insultants d'un bout à l'autre de la conversation. Et j'ai fait de mon mieux pour ne pas surenchérir.
- Pourtant vous ne niez pas que vous l'avez attaqué. Pourquoi ?
- Malfoy sait que le sujet d'Azkaban est sensible et il ne manque pas de l'aborder à chaque fois qu'il le peut. D'habitude je garde mon calme. Mais lorsqu'il a dit que Dumbledore lui-même finirait par m'y envoyer, j'ai... perdu mon sang-froid.
- Vous êtes très liée au professeur Dumbledore, n'est-ce pas ?
Kécile hésita et jeta un coup d'oeil au vieil homme qui gardait un visage imperturbable, comme si elle n'était qu'une élève parmi tant d'autres. Mais elle savait que lui aussi portait un masque.
- Je suppose... Il a fait une demande de tutelle pour moi et je le considère comme mon mentor. Il est la seule personne sur qui je peux compter alors...
- Alors l'insulte de Mr Malfoy a fait mouche.
Kécile acquiesça sèchement.
- Miss Gaunt, si je comprends bien, vous déclarez pour votre défense que Mr Malfoy a cherché les ennuis et a attaqué sur un sujet qu'il savait sensible afin de vous faire perdre votre sang froid. Et il a réussi. C'est cela ?
- Oui monsieur.
- Merci, vous pouvez-vous rasseoir, Miss Gaunt. Mademoiselle de Visnel-D'Haves en tant que témoin de la scène, pourriez-vous nous relater l'incident, s'il-vous-plaît ?
- Tout ce qui a été dit par l'un et l'autre est exact, confirma le professeur de divination. Je voudrais cependant remettre certaines choses en perspectives. Tout d'abord, je confirme que Mr Malfoy n'avait aucune raison hormis le plaisir de venir embêter Miss Gaunt, de s'insérer dans la conversation. J'étais en train d'exprimer à Miss Gaunt que le fait qu'elle soit la fille de Celui-Dont-on-Ne-doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ne m'amenait pas à la considérer comme un monstre mais au contraire à lui être admirative de son courage face à tout ce qu'elle subit.
- Une conversation privée, donc, qui ne regardait en aucun cas Mr Malfoy, c'est bien ce que vous défendez.
- Tout à fait. Mr Malfoy nous a interrompu pour faire remarquer à Miss Gaunt qu'elle devait être bien désespérée pour aller chercher du soutien n'importe où. J'ai particulièrement apprécier le « n'importe où » comme vous pouvez vous en douter, d'un élève qui de plus ne me connaissait pas. J'ai également tenté de faire taire Mr Malfoy au moment où Miss Gaunt a sorti sa baguette. Mais ni l'un ni l'autre ne se sont inquiétés de ma présence. Juste après, Mr Malfoy a parlé du professeur Dumbledore, et le sort est parti.
- Votre avis sur les torts des uns et des autres ?
- Je suis de l'avis que Mr Malfoy a cherché les ennuis et les a trouvés. D'un autre côté, je n'aurais pas réellement blâmé Miss Gaunt d'utiliser n'importe quel sort pour lui donner une leçon, mais je n'approuve certainement pas l'utilisation d'un sort de magie noire.
- Merci, Mademoiselle de Visnel-d'Haves. Je voudrais maintenant entendre les avis de Mrs Ombrage, en tant que représentante du Ministère à Poudlard, le professeur McGonagall en tant que directrice de Maison de Miss Gaunt et le professeur Rogue en tant que directeur de Maison de Mr Malfoy, sur l'attitude générale et les possibles antécédents des deux élèves concernés. Mrs Ombrage, si vous voulez bien ?
- Avec plaisir, Monsieur Scottle. J'enseigne à ses deux élèves depuis la rentrée et je n'ai jamais eu à me plaindre de Mr Malfoy. C'est un élève poli, qui récolte de bonnes notes et que je n'ai encore jamais eu à punir. A l'inverse, je ne cesse depuis la rentrée d'être confrontée à l'insolence de Miss Gaunt qui défit constamment mon autorité. De plus, Miss Gaunt a déjà été punie par le directeur pour avoir attaqué Mr Malfoy avant les vacances de Noël. Certes, il ne s'agissait que d'un sort sans réelle conséquence, mais qui à mon avis prédisait l'incident qui nous réunit aujourd'hui.
- Donc, si je comprends bien, Mrs Ombrage, vous pensez que cela aurait forcément fini par arriver.
- C'est exact. Miss Gaunt par son attitude m'a prouvé qu'elle n'était pas capable de se tenir correctement en société. Ses capacités et ses connaissances en magie noire la rendent à mon avis dangereuse pour ses condisciples.
- Avez-vous déjà vu Miss Gaunt faire usage de magie noire ?
- Non, heureusement. Mais qu'une élève possède les connaissances... On me disait qu'elle ne les utiliserait pas. Les faits ont prouvé le contraire.
- Merci, Mrs Ombrage. Professeur McGonagall, nous aimerions que vous nous parliez également de ces deux élèves.
- Je ne partage pas l'avis de ma collègue, répondit le professeur avec une moue désapprobatrice. Ce sont tous les deux des élèves difficiles. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai dû interrompre des conflits lancés par Mr Malfoy. Et pourtant, le professeur Rogue pourra nous en dire tout autant. C'est un élève provocateur et plusieurs professeurs ont eu à se plaindre de son attitude insolente, renforcée par la protection qu'il possédait grâce à l'influence de Lucius Malfoy. Miss Gaunt de son côté, est une élève très réservée et qui a mis beaucoup de temps à se lier à ses autres camarades. Depuis l'an dernier, les choses s'étaient grandement améliorées jusqu'à ce que la Gazette publie cet article qui l'a nouveau isolée. Je n'ai pour ma part pas à eu à me plaindre de l'insolence de Miss Gaunt. Je crois qu'elle a toujours été réservée au professeur Ombrage. En ce qui la concerne j'ai en revanche dû inciter à maintes reprises Miss Gaunt à garder son calme, sans grand succès, je dois l'avouer.
- Vous considérez donc que Mr Malfoy a coutume de provoquer en toute impunité. Mais votre avis sur Miss Gaunt ?
- C'est une enfant qui fait de son mieux au vu de son passé, de la manière dont on la traite et qui n'étale pas ses connaissances poussées. Je crois que le Ministère, le professeur Ombrage et Mr Malfoy ont une lourde part de responsabilité dans l'incident qui nous réunit.
Et bien, Kécile devait reconnaître qu'elle ne s'attendait pas à une telle plaidoirie. Nul doute que Dumbledore était passé par là pour lui demander de servir d'avocat.
- Merci professeur McGonagall. Professeur Rogue, si vous voulez bien nous donner votre avis ?
« En faveur de qui va pencher Severus ? se demanda Kécile. Sans doute en faveur de Malfoy, songea-t-elle avec tristesse. Il ne peut pas montrer une quelconque estime à mon égard avec Lucius dans la salle... »
Cependant, il la surprit par son étrange neutralité.
- Je partage l'avis de ma collègue, bien que Mr Malfoy soit un de mes élèves les plus agréables. Il m'arrive de recevoir des plaintes des autres professeurs pour son attitude envers ses camarades. De ces torts dans les conflits quotidiens qui l'opposent à Mr Potter, nous ne discuterons pas ici. Le professeur McGonagall ne parvenons pas à nous mettre d'accord sur ce sujet depuis cinq ans et ce n'est pas là l'objet de ce Conseil. Quant à Miss Gaunt, son attitude hautaine et renfermée avait en effet quasiment disparu depuis l'an passé et je partage l'avis du professeur McGonagall sur son insolence et son attitude ces derniers temps. Pour ma part, je n'ai pas à m'en plaindre.
- Merci professeur Rogue.
Le dénommé Scottle se retourna vers les autres membres du conseil et il y eut un certain nombre de remarques faites à voix basse. Kécile aurait bien été en peine de dire si les vieillards alignés devant elle lui étaient plutôt favorables ou non. En réalité, ils ne la regardaient pas.
Finalement, Mr Scottle reprit la parole.
- Professeur Dumbledore, pouvez-vous nous dire à quelle sanction avez-vous soumis votre élève ?
- Je l'ai assignée à demeure à défaut de pouvoir la suspendre. Elle a été consignée jusqu'à nouvel ordre.
Scottle hocha la tête avant de demander :
- Quelle punition jugeriez-vous adéquate ?
- Je demande au conseil de ne pas renvoyer Miss Gaunt. Je rappelle que cette élève n'a aucune famille, et serait une proie facile pour Voldemort en dehors des murs de Poudlard. Cela la condamnerait à mort avec certitude. Et vous reconnaîtrez comme moi que ce serait une punition bien disproportionnée à la faute commise. Toute autre décision du Conseil me semblera adéquate et je suis partisan pour la plus grande fermeté.
- Merci, professeur. Mr Lucius Malfoy, dit alors Scottle. En tant que parent de l'élève attaqué, le Conseil souhaiterait savoir quelle punition vous semblerait appropriée.
- Je suis conscient que mon fils a sa part de tort dans l'incident, bien que cela ne justifie en aucun cas l'utilisation d'un sort de magie noire. Je dois avouer être surpris que Miss Gaunt ait pu se laisser aller à un tel acte quand on sait qu'elle considère le professeur Dumbledore comme son mentor. Cependant, je partage l'avis du professeur. Je ne demande pas le renvoi pour Miss Gaunt.
Voilà qui était surprenant, songea Kécile et de toute évidence, elle n'était pas la seule de cet avis... Elle ne savait pas très bien ce qui lui valait cette clémence, mais ses craintes s'atténuèrent. Si Lucius Malfoy ne demandait pas le renvoi, elle avait de bonnes chances de pouvoir rester à Poudlard. Quelle allait être la punition en contre partie, c'était encore la question. Sans doute la punition du siècle. Mais on ne pouvait pas avoir le beurre et l'argent du beurre...
Deux heures plus tard, le Conseil avait tranché après semblait-il des débats plutôt houleux. Kécile voyait cela d'ici. Plutôt que de décider de la sanction adaptée à l'utilisation d'un sort de magie noire dans l'école, il avait sans doute été question de savoir si on pouvait laisser la fille de Celui-Dont-on-Ne-doit-Pas-Prononcer-Le-Nom à Poudlard ou non.
Kécile reçut néanmoins avec un certain soulagement la nouvelle qu'elle pouvait rester à Poudlard mais qu'en retour, elle était consignée jusqu'aux vacances de Pâques et mise à l'épreuve. Le moindre écart de conduite entraînerait aussitôt le renvoi.
Malfoy semblait déçu, l'imbécile. Sans doute avait-il espérer se débarrasser d'elle définitivement. Et Dumbledore ne manqua pas de la mettre en garde, aussitôt qu'ils furent de retour au château.
- Tu as eu de la chance, Kécile, mais cela ne se reproduira pas une seconde fois. Drago va sans doute faire tout son possible pour te faire perdre ton sang-froid à nouveau. Je finis par désespérer que tu demander de garder ton calme serve à quelque chose, mais je t'en prie, songe à ton intérêt.
Evidemment, Dumbledore s'était bien gardé de noter qu'elle avait été d'un calme olympien durant toute la durée de la séance, quelque soit les sous-entendus plus ou moins insultants qu'elle avait entendus.
Lorsqu'elle entra dans la Tour de Gryffondor, elle vit ses trois camarades relever la tête.
- Alors ? Tu es renvoyée ou pas ? Demanda Ron.
- Non, répondit-elle simplement.
- Bien, dit Harry en retournant aussitôt à sa partie de carte.
- Entre Ombrage et Malfoy, tu as eu de la chance, commenta Hermione.
- Surtout ne mourrez pas de joie, ce serait dommage, dit aigrement Kécile que l'attitude des autres vexait.
Mais elle n'eut pas le temps de poursuivre la conversation que le préfet en chef lui sautait dessus et aboyait.
- Va dans ton dortoir, Gaunt.
Kécile lui jeta un regard méchant avant de s'exécuter.
Poudlard était devenu une véritable prison. Et en plus à les en croire, elle devait dire merci aux geôliers !
XXX
Début du lien
La présence était devenue familière. Elle ne s'étonnait même plus de la sentir. C'était devenu normal, comme un rituel qui se répétait avec une étonnante sécurité.
Il faisait noir, mais pour une fois, ce n'était pas oppressant. C'était juste... reposant. Le noir était neutre. Il ne la menaçait pas, il ne la réprouvait pas. C'était juste une partie d'elle. A moins que ce ne soit elle qui appartenait au noir, elle ne savait plus bien. Mais elle n'avait pas peur. On n'avait pas peur de soi, après tout.
Une voix douce s'éleva alors. Elle la connaissait cette voix. Ce devait-être celle de Dumbledore mais elle n'était pas sûre. Mais ça n'avait pas d'importance parce que personne ne lui avait parlé ainsi depuis longtemps.
- Tu sembles en colère, mon enfant. Pourquoi ?
- Ce sont eux. Toujours à me surveiller, à me menacer. Toujours à vouloir que je m'excuse d'exister. Je devrais leur dire merci, bientôt de pouvoir rester à Poudlard !
- Ils disent que tu as de la chance, mais ce n'est pas vrai, bien sûr. Tu as raison d'être en colère.
- Ils disent ça comme si c'était une faveur qu'on me fait de me laisser ici !
- Mais ce n'est pas une faveur. C'est un droit.
- Oui, c'est un droit ! Pourquoi l'identité de mon père m'empêcherait-elle d'étudier ici ?
- C'est idiot, bien sûr. Tu en a plus le droit d'être dans cette école que la plupart de élèves. Tu es intelligente et tu es plus puissante qu'eux. Et tu as eu raison de te mettre en colère contre Malfoy. Tu as le droit qu'on te respecte.
- Je ne parviens pas à l'obtenir. On me craint, mais on ne me respecte pas.
- Tes amis te respectent.
- Mes amis ?! Quels amis ?
Et le petit rire qui résonna était tellement amer.
- N'as-tu pas des amis ?
- Je croyais. Mais ça leur aurait été égal si j'avais dû partir. J'ai bien vu leur réaction tout à l'heure. Ça les indiffère. Je peux partir, leur vie ne changera pas. Au contraire, elle sera même peut-être plus simple.
- Alors ils t'ont trahi.
- Oui. On dirait bien.
- Ton père te l'avait dit, n'est-ce pas ?
- Que quoi ?
- Qu'ils te trahiraient.
- Oui. Je sais. Mais je pensais que je pouvais faire confiance à Dumbledore.
- Et tu le peux ?
- Je ne sais plus.
- Il a eu tort. Il t'avait dit que tes amis seraient un soutien.
- Oui. Je le croyais. Mais plus maintenant. Et il est comme les autres.
- Comme les autres ?
- Lui aussi, il veut que je me fasse oublier. Il veut que je m'excuse de vivre.
- Alors il te trahit lui aussi ?
- Je ne sais pas. Je ne veux pas. Je voudrais lui faire encore confiance.
- Et pourquoi ne fais-tu plus confiance à ton père ?
- Je croyais qu'il avait tort.
- Et maintenant ?
- Je ne sais plus.
- Tu ne sais plus ? Tu vois bien qu'il avait raison pourtant...
- Vous croyez ?
- Oui. Tu ne reçois pas ce que tu mérites. Tu reçois moins que les autres. A les en croire, vous devriez être tous égaux pourtant. Si eux ne sont pas inférieurs à toi, pourquoi toi le serais-tu ?
- C'est vrai. Je ne suis pas inférieure. Mais ils me traitent comme si.
- Tu en as maintenant la preuve : L'égalité n'existe pas.
- C'est vrai.
- Alors pourquoi ne vas-tu pas retrouver ton père ?
- Je ne peux pas. Il me tuerait.
- S'il avait voulu te tuer, il l'aurait déjà fait, tu ne crois pas ?
- Je ne sais pas.
- Moi, j'en suis sûr.
- Vous êtes lui n'est-ce pas ?
- A ton avis ?
- Je n'en sais rien. Peut-être que oui. Peut-être que non.
- Pourquoi oui ?
- Lui aussi vient me voir pendant que je dors.
- Tu penses souvent à lui, n'est-ce pas ? Et bien lui penses à toi. C'est sa manière de ne pas te laisser toute seule. Pourquoi non ?
- Il ne me parle pas comme cela d'habitude.
- Peut-être que tu ne le laisses simplement pas te parler d'ordinaire. Ou peut-être qu'il te parle ainsi mais que tu ne l'écoutes pas. Mais qui je suis n'est pas important. Ce qui est important c'est si tu me fais confiance.
- Je ne sais pas.
- Si je te dis que tout va s'arranger, tu me croiras ?
- J'aimerais bien.
- Que tu peux changer les choses ?
- Je ne demande pas mieux.
- Est-ce que tu me laisserais t'aider ?
- Vous êtes dans mon esprit, vous ne pouvez rien faire.
- Justement, je peux tout faire. Impero.
Elle eut un soubresaut. Elle ne devait pas...
- Chut... Laisse-toi faire. Regarde comme tout est simple maintenant. Dumbledore était ton guide mais il t'abandonne. Je te donne quelqu'un à suivre. Est-ce que ça n'est pas rassurant ?
- Si...
- Et tu n'es plus toute seule maintenant. N'est-ce pas agréable ?
- Si...
- Alors pourquoi te débats-tu ?
- J'ai peur.
- De quoi ? De moi ?
- Je ne sais pas.
- Tu n'as pas de raison. Je ne t'ai pas fait de mal. Je pourrais pourtant, mais tout comme le Seigneur des Ténèbres ne l'a pas fait, je ne le ferai pas. Alors de quoi as-tu peur ?
- De ce que vous voulez que je fasse.
- Pourquoi ? Tu ne feras rien. Je le ferai à ta place. Et je ne veux que t'aider.
Oui, c'était vrai. Elle le sentait. Il allait l'aider. Il allait faire ce que les autres ne faisaient pas.
- C'est bien. Lève-toi maintenant. Mais prudemment. Il ne faudrait pas réveiller tes camarades. Tu n'es pas autorisée à sortir de ton dortoir.
- C'est injuste.
- Oui, je te l'accorde. C'est pour ça que tu dois être prudente. Même Hermione pourrait te dénoncer maintenant. Bien, maintenant descends dans la salle commune. Sans bruit. Il n'y a personne, n'est-ce pas ? Personne qui puisse te faire renvoyer pour de bon ?
- Non.
- C'est bien. Monte jusqu'au dortoir des garçons maintenant. Vérifie qu'aucun d'entre eux ne part se promener aussi.
- Il n'y a personne.
- Parfait. Entre dans le dortoir des cinquièmes années à présent.
- Que voulez-vous que j'y fasse ?
- Entre, tu verras bien. Sors ta baguette, tu vas en avoir besoin.
Elle sent la chaleur familière sous ses doigts.
- Ouvre tout doucement ces rideaux. Oui, ceux-là. Ne fais pas de bruit.
Le rideau crisse légèrement mais l'élève derrière ne bouge pas.
- Maintenant...
Et tout d'un coup, la présence n'a plus rien de rassurante. Tout d'un coup le noir lui fait peur et l'écrase. La voix a envahi son cerveau et elle tente de s'opposer à la force qui l'étouffe et qui semble s'insinuer partout dans son corps.
- Ne me résiste pas. Je suis ton père.
- Vous m'avez menti.
- Pourquoi ?
- Vous avez cherché à me faire croire que ce n'était pas vous.
- Je n'ai rien cherché à te faire croire. Je ne t'ai pas répondu. Tu as répondu toute seule à la question. Tu as répondu ce que tu voulais que ce soit.
- Allez-vous en !
- Pourquoi?Tu n'as plus personne. Tu n'as plus que moi. Sois raisonnable. Cesse de te débattre. Tu as déjà pu constater que c'était plus simple, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Que je ne te fais pas de mal.
- Oui.
- Que j'ai raison.
- Oui.
- Je suis ton père.
- Oui.
Tu me crains.
- Oui.
- Tu me respectes.
- Oui.
- Je suis ton Maître.
- ...Oui.
- Alors tu m'obéis.
- Oui.
- Tue le.
Une part d'elle veut résister. Mais une part plus grande veut simplement que la voix redevienne comme avant. Et pour cela il suffit simplement de lancer ce sort. Elle sait le faire, personne ne saura que c'est elle et tout s'arrangera. Juste deux mots et tout redeviendra comme ce devrait l'être. Et la force se fait de plus en plus puissante. C'est son Maître. Elle doit lui obéir. Elle n'a pas le droit de le défier. Ce n'est plus elle qui lève le bras. Elle ne veut pas les dire, mais il le faut. Obéis, maintenant ! Les mots buttent sur ses lèvres. Elle entrevoit Dumbledore et quelque chose se tort bizarrement en elle. Elle ne saurait plus dire si les mots résonnent dans la pièce ou simplement dans son esprit :
- Av... Avada Kedavra !
Merci de ne pas m'envoyer de beuglante ne de me faire subir le même sort qu'à Harry, ou vous ne connaîtrez pas la suite!
La musique est de Ligeti (1923-2006) compositeur d'Europe centrale contemporain. Il s'agissait ici de Lux aeterna, pièce pour 16 voix de femmes a cappela. C'est un peu glauque je vous l'accorde, mais si ça peut vous rassurer, son requiem est encore pire! "Lux Aeterna" est une parole du texte d'un requiem, récité (ou chanté) pendant la communion.
