Bon, un chapitre qui n'est pas des plus gais... les trois chapitres qui arrivent sont courts, donc je vais les poster dans le week-end.
La fin de ce chapitre a été écrite sur une musique absolument magnifique à mon avis, voici le lien:
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Chapitre LXXII : Abîmes de douleur
Ron avait senti quelque chose d'inhabituel à travers son rêve. Il était en train de poursuivre des gnomes dans le stade de Poudlard, sur un balai, une batte à la main, lorsqu'une présence étrangère l'avait tiré de son sommeil.
Il ouvrit les yeux pour voir Kécile dressée devant le lit de Harry. Elle avait sa baguette à la main et était en train de tirer les rideaux. L'esprit embrumé, il se demanda un moment ce qu'elle faisait là avant de pouvoir l'appeler.
- Kécile ?
Elle ne se retourna pas. Elle ne semblait pas l'avoir entendu. On aurait dit une somnambule.
Mais avant qu'il n'ait le temps de comprendre ou de faire quoi que ce soit, elle leva sa baguette et dit :
- Av... Avada Kedavra.
Toute trace de somnolence avait disparu et il hurla un « NOOON » retentissant qui réveilla tout le dortoir, au moment où le sort vert fusait vers le corps de Harry.
Il se sentait revenir à la conscience avec la violence d'un saut d'eau glacé renversé sur lui. Il attrapa sa baguette d'un geste vif et cria :
- Stupéfix !
Le sort atteignit sa cible et le corps s'effondra.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda au même moment Neville d'une voix endormie.
Mais Ron était déjà hors de son lit et se précipitait vers celui de Harry.
- Ce n'est pas possible ! CE N'EST PAS POSSIBLE ! HARRY !
Il attrapa le visage sans vie de Harry, et contempla avec horreur l'évidence. Il ne sentit pas les larmes commencer à rouler sur ses joues.
- Non, gémit-il. Elle l'a tué ! ELLE L'A TUE ! Hurla-t-il alors que ses congénères ne semblaient pas réaliser, immobiles dans la stupeur et l'incompréhension.
La porte du dortoir s'ouvrit et Hermione et le préfet entrèrent précipitamment dans le dortoir, tandis que plusieurs élèves se tenaient à la porte et observaient le spectacle.
- Mon Dieu, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda Hermione en avisant le corps de Kécile et Ron en larmes qui secouait un Harry inerte. Les autres garçons semblaient frappés de stupeur.
- HARRY EST MORT ! JE L'AI VU ! ELLE L'A TUE !
Ron était fou de chagrin et de rage et des cris et des sanglots commencèrent à se répandre un peu partout quand la nouvelle descendit jusque dans la salle commune. Le préfet ordonna qu'on aille chercher le professeur McGonagall et le directeur alors qu'Hermione rejoignait Ron. La jeune fille semblait tenter de résister au désespoir par l'incrédulité. Elle regarda Harry en essayant d'assimiler ce qui venait de se passer, avant de chercher son pouls d'une main tremblante.
- C'est inutile, Hermione, murmura Ron d'une voix où se mêlaient les sanglots et la rage. Elle lui a jeté l'avada...
- Je ne peux pas le croire, dit la jeune fille en état de choc Ça ne peut pas être vrai...
Mais il fallait se rendre à l'évidence et la stupeur générale se transforma en quelques secondes en colère contre le corps toujours stupéfixié de Kécile.
Le préfet, dépassé et tout aussi choqué que les autres, dut empêcher plusieurs élèves de s'en prendre à celle qui venait d'assassiner froidement leur camarade.
La fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom venait de montrer son vrai visage...
xxx
Lorsque Dumbledore entra dans le dortoir, les élèves présents reculèrent immédiatement devant le masque de fureur qu'arborait le directeur. Il se dirigea immédiatement vers Harry, écartant sans ménagement Ron et Hermione qui pleurait dans les bras du rouquin.
Comment cela avait-il pu se produire ? Pourquoi ne l'avait-il pas vu venir ? Le professeur de Visnel l'avait prévenu... Il avait senti les signes du revirement de Kécile. Merlin ! Mais il n'aurait jamais cru que Kécile pourrait faire une chose pareille. Une rage sans nom contre la gamine et contre lui-même l'envahit en même temps qu'une profonde tristesse et l'envolée de bon nombre d'espoirs...
Il ne put retenir une larme de glisser sur sa joue parcheminée. Jamais une mort ne lui avait parue aussi révoltante. Harry qui avait eu si peu de bonheur dans sa vie. Harry qui avait donné sa confiance à Kécile... Harry sur qui reposait tant de choses...
Il ferma les yeux en souhaitant comme rarement que ce ne soit qu'un cauchemar dont il allait se réveiller.
Son poing se crispa sur le drap qui couvrait encore le corps du garçon avant qu'il ne dise d'une voix dure qu'on ne lui avait jamais entendue :
- Minerva, allez chercher Severus et Pompon. Et évitez à tout prix Dolorès. Vous tous, dit-il en se retournant vers les élèves qui étaient restés muets et immobiles comme des pierres depuis son arrivée, descendez tous dans la salle commune immédiatement. Vous aussi, dit-il plus doucement à Ronald et Hermione qui semblaient vouloir refuser de quitter le corps de leur ami. Vous ne pouvez plus rien faire pour lui, les enfants.
- Je ne peux pas croire que Kécile ait fait ça ! Sanglota Hermione.
- Elle l'a fait, Miss Granger, répondit Dumbledore d'une voix hachée. Et elle va en payer les conséquences.
Il guida les deux adolescents sous le choc jusqu'à la salle commune. Là, des enfants pleuraient, d'autres semblaient prêts à commettre un meurtre, certains restaient prostrés dans un silence abattu tandis que les derniers vitupéraient tout ce qu'ils pouvaient.
Le feu de la salle commune crépita et tout le monde se retourna vers les flammes vertes alors que l'infirmière et le professeur Rogue s'extirpaient des flammes.
- Albus, dites-moi que c'est une plaisanterie, s'exclama aussitôt Poppy complètement chamboulée.
Le vieil homme n'avait pas non plus vu Severus aussi désemparé depuis plus de 10 ans.
- Kécile a vraiment fait ça ? Demanda-t-il sans parvenir à masquer son incrédulité.
- Montez là-haut, nous pourrons parler. J'aimerai que Mr Weasley nous accompagne également.
Le rouquin obtempéra laissant à regret Hermione qui continuait de pleurer doucement de concert avec Ginny. Nul doute que le drame leur était insoutenable.
- Personne ne doit quitter la salle commune pour l'instant, pas même pour se rendre dans les dortoirs, ordonna-t-il ensuite aux élèves.
Les quatre adultes montèrent les escaliers. Severus fut le premier à déboucher dans le dortoir désert. Dans son lit, Potter semblait encore dormir. Sauf que cette fois-ci il ne se réveillerait pas. Il vint s'agenouiller près du corps de Kécile. Comment avait-elle pu faire cela ? Comment la situation avait-elle pu dégénérer à ce point ? Il s'apprêtait à la réveiller lorsque Dumbledore le retint.
- Non, dit-il d'un ton sec. Emmenez là dans mes appartements dans la chambre qu'elle occupait lorsqu'elle est sortie d'Azkaban. Barricadez la fenêtre et la porte de manière à ce qu'elle n'ait aucun moyen de s'échapper lorsque je viendrai la réveiller.
Dumbledore se pencha et attrapa la baguette qui avait roulé à terre à côté d'elle.
- Quant à ceci dit-il d'une voix chargée de menaces, elle ne la reverra pas de sitôt.
- Albus, venez par ici, appela l'infirmière qui ne s'était intéressée qu'au corps sans vie de Harry.
- Qu'y a-t-il, Poppy ?
- Il n'est pas mort.
- Quoi ? S'exclama Minerva à travers ses larmes en tournant la tête si brusquement qu'on entendit un léger craquement.
- Ses signes vitaux sont au plus faible, mais il n'est pas mort, assura Mrs Pomfresh d'une voix qui avait retrouvé tout son professionnalisme.
- Mais ce n'est pas possible ! Dit Minerva qui ne semblait pas pouvoir croire à la nouvelle. Mr Weasley a vu Miss Gaunt lui jeter un avada.
- Et bien, il faut croire que Mr Potter a encore eu beaucoup de chance... commenta l'infirmière tout en lançant une batterie de sorts au corps inerte. Je dois l'emmener à l'infirmière dès que je l'aurais stabilisé. Il est dans le coma et rien ne peut dire s'il va s'en sortir ou non, ajouta-t-elle en tournant un regard désolée vers Ronald Weasley qui s'était rapproché avec espoir. Mais s'il le veut vraiment, il reviendra parmi nous.
- Comment est-ce possible ? Murmura Severus. Il n'avait personne pour mourir à sa place cette fois.
- Un avada demande beaucoup de puissance... Peut-être Miss Gaunt ne pouvait-elle pas lancer ce sort pour atteindre le but final ? Après tout, demandez à n'importe quel élève de Poudlard de vous lancer ce maléfice et vous serez toujours aussi vivant que d'ordinaire... souleva l'infirmière.
- Croyez-moi Pompom, répondit amèrement le professeur, Kécile est parfaitement capable d'envoyer un sort parfaitement mortel si elle le veut.
- Mais alors comment ? Demanda Minerva qui ne comprenait pas plus que les autres.
- Mr Weasley, vous qui avez assisté à toute la scène, avez-vous une explication ?
- Non, professeur, répondit à voix basse le jeune homme.
- Nous allons tout faire pour que Harry se réveille, Mr Weasley, dit le directeur en posant une main sur son épaule. Tout espoir n'est pas perdu.
Le rouquin acquiesça péniblement.
- Que Merlin et les fondateurs soient bénis si le drame est évité, soupira alors le directeur. Nous allons descendre maintenant. Il me faut empêcher que cette histoire ne s'ébruite. Veuillez m'accompagner, Minerva. Severus, faîtes comme je vous ai demandé. Poppy, je vous confie Harry. Passez par la cheminée, dit-il en indiquant le feu éteint du dortoir. A aucun prix Ombrage ne doit savoir ce qui vient de se passer.
- Comment comptez-vous l'empêcher ? Les élèves vont parler. Et elle va se rendre compte de l'absence de Potter et de Kécile, rétorqua Severus.
- Je vais lier la parole des élèves. Ils ne pourront prononcer un mot de l'affaire. Et peu m'importe que ce ne soit pas très légal. Nous n'avons pas le choix. Si Ombrage interroge au sujet de Harry, nous lui dirons qu'il a fait une chute et qu'une commotion cérébrale a provoqué ce coma. Quand à Kécile, elle souffre de cauchemars et a besoin d'un soutien psychologique que je suis le seul à pouvoir lui fournir.
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Severus ne s'était jamais senti aussi indécis. Il fixait le corps toujours stupéfixiée de la jeune fille qu'il avait allongé sur le lit dans les appartements de Dumbledore sans parvenir à résoudre l'énigme qui se posait.
Comment Kécile en était-elle arrivée là ? Il savait que c'était le but de Voldemort. Mais par quelle force avait-il pu y parvenir ? La gamine ne pouvait tout simplement pas lui obéir à distance comme cela, qu'elle soit sa fille ou non. Elle s'était éloignée de Potter et sa clique. Il avait bien remarqué qu'elle était plus renfermée. Voldemort lui avait demandé de garder un œil sur son comportement. Cela avait forcément un lien. Mais Kécile était restée loyale à Dumbledore, il n'en doutait pas un instant.
Le vieil homme entra à son tour dans la pièce. Il fixa l'élève avec un regard dur et une lueur de mépris qui fit frémir Severus. Pour rien au monde il n'aurait voulu que ce regard-là se pose sur lui. La baguette du directeur se leva et quelques instants plus tard, Kécile ouvrait les yeux.
Kécile se sentit brusquement réveillée et avait la sensation d'émerger dans du coton. Elle ouvrit les yeux péniblement et reconnut aussitôt les appartements de Dumbledore. Sa tête la lançait douloureusement comme si elle s'était fracassé le crâne contre un mur. Que faisait-elle là ? Aux dernières nouvelles, elle s'était couchée dans son lit.
Son regard rencontra les yeux bleus du directeur et elle sentit son cœur se glacer. Pourquoi cette colère dans ce regard ? Pire, pourquoi ce mépris ? Pourquoi cette moue dégoûtée ?
Début du lien
Et tout lui revint avec la violence d'un coup de poing. Son rêve, la voix, les ordres, le sort...
Elle se sentit chavirer alors qu'elle réalisait ce qu'elle avait fait. La nausée l'envahit tandis que son cœur sombrait quelque part entre ses tripes. Elle crut que l'inconscience allait la reprendre.
Ce n'était pas possible...
Mais le regard de Dumbledore lui disait le contraire. Elle crut qu'elle pourrait disparaître de honte sous ce regard, elle crut que son cœur pourrait s'arrêter à force de se tordre de douleur sous ce mépris.
- Qu'as-tu à dire pour ta défense ? murmura le vieil homme.
« Pitié, hurlez, frappez-moi même. Mais ne m'écrasez pas ainsi de votre dégoût !» voulut-elle répondre. Mais aucun mot ne franchit sa gorge bloquée par un sanglot que la honte elle-même retenait. De quel droit pleurerait-elle devant lui ? De quel droit réclamerait-elle sa pitié ? Elle avait tué Harry...
Et elle se noyait dans l'horreur, inconsciente des larmes qui coulaient.
- Venez Severus, entendit-elle Dumbledore dire à travers sa stupeur.
La porte se ferma derrière les deux hommes et elle perçut un sort verrouiller le battant.
Elle était prisonnière.
Mais la douleur d'être considérée comme une ennemie n'était rien.
Ce n'était pas vrai, n'est-ce pas ? Elle n'avait pas fait ça ?! Merlin, non, pitié, elle n'avait pas pu ?!
La culpabilité la rongeait comme un venin. Elle avait tué Harry. Elle s'était soumise à la volonté de Voldemort. Elle avait cru qu'elle serait la plus forte. Elle ne s'était pas suffisamment méfiée et il avait atteint son but. Elle était devenue une arme de par sa seule volonté. Elle était faible et Harry en avait payé le prix.
Elle n'arrivait pas à réfléchir à ce qui pouvait lui arriver maintenant. Elle ne se posait même pas la question de savoir quel serait son sort pour ce crime. Tout ce qu'elle voyait c'était qu'elle avait commis un nouveau meurtre, peut-être pire que le premier et qu'à cause de cela Dumbledore la haïssait. Elle venait de perdre le bien le plus précieux qu'elle avait. Sa seule chance de rédemption était brisée.
Elle n'aurait su dire combien de temps elle resta prostrée sur le lit consciente de rien d'autre que du sang qui tambourinait dans son cerveau, de cette brûlure qui lui perçait le ventre et de cette compression douloureuse de son cœur.
Mais une porte claqua à côté et la tira de sa torpeur. Elle se leva alors péniblement dans une sorte d'hébétude. Elle ne savait rien de ce qui se passait dehors. Elle avait besoin d'entendre qu'elle n'était pas simplement en train de faire le plus horrible des cauchemars. Elle atteignit la porte et posa son front dessus. La fraîcheur du bois apaisait sa peau brûlante.
- Que comptez-vous faire de Kécile ? Demandait le professeur de métamorphose.
- Je l'ignore encore., répondit Dumbledore avec un accent métallique qui fit frémir la jeune fille. Pour l'instant elle reste enfermée dans mes appartements.
- Les cachots n'ont pas été utilisés depuis des lustres, mais ne seraient-ils pas plus surs ?
- Loin de tout et à la merci de la découverte d'Ombrage ? Non.
- Mais elle ne peut pas rester là indéfiniment... Pourquoi vouloir à tout prix la protéger d'Ombrage maintenant ?
- Ce n'est pas elle que je protège, répondit le directeur d'un ton dur. Ce sont les autres. Si je la livre au Ministère, elle sera envoyée à Azkaban. Et là, Voldemort n'aura plus qu'à la cueillir. Nous n'avons pas besoin qu'elle rejoigne ses rangs. Si je n'avais pas eu cette crainte, croyez-moi Minerva, je l'aurais envoyé moi-même à Azkaban.
Kécile cessa de respirer. Son cœur dut même cesser de battre un instant. Les mots qu'elle venait d'entendre étaient autant de poignards dans sa poitrine. Dumbledore ! Hurla-t-elle. Mais les mots ne franchirent pas ses lèvres. Son esprit se convulsait d'horreur et elle sentait sa raison se voiler dans une douleur atroce alors que ces mots résonnaient sans fin : « Il m'aurait envoyé à Azkaban. Il serait prêt à le faire. »
Elle glissa le long du battant en un tas sanglotant au pied de la porte. La souffrance allait la tuer, et tout s'arrêterait.
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La douleur sourde s'amenuisait petit-à-petit parmi les nimbes dans lesquelles elle flottait. Tout était blanc et pur autour d'elle, contraste violant avec son âme noircie et souillée. Quelque chose glissait sur son visage et continuait sa course sur ses vêtements avant de se perdre à ses pieds, comme la pluie un jour d'averse. Elle comprit que c'était des larmes. Ses larmes et celle du phénix flamboyant qui tournoyait au-dessus d'elle avec un chant déchirant de beauté. Les perles transparentes roulaient sur ses joues, dévalaient son corps et tombaient assombries pour disparaître dans le vide. Comme si chaque larme emportait avec elle une parcelle de la noirceur qui la couvrait. Comme si chaque pleur la lavait un peu de son crime.
Et le phénix chantait toujours et le chagrin et l'espoir se mêlaient dans son âme meurtrie. Et elle pensait que la mort pouvait la prendre, qu'elle l'enveloppait déjà dans ses bras doux. Etait-il possible que tout finisse ainsi ? Etait-il possible que l'au-delà l'accueille et lui pardonne ?
Mais la réalité la rattrapait et l'espoir d'une rédemption s'amenuisait à mesure que la conscience reprenait possession de son être.
Elle n'était pas seule. Severus était là. Et elle n'avait jamais vu cette lueur inquiète de commisération dans les yeux de l'austère professeur. Ce n'était pas Dumbledore. Mais la présence se voulait douce et rassurante.
Le temps n'avait plus de prise. Parfois l'homme était là, parfois elle était seule. A travers le brouillard qui l'engloutissait à défaut de l'inconscience, elle entendait ses paroles qui lui murmuraient de garder espoir, qui lui disaient que Harry n'était pas mort. Qui lui promettaient que Dumbledore ne la haïssait pas. Qui lui assuraient que sa colère ne durerait pas. Elle tentait d'y croire. Tant que la voix était là, elle arrivait même à se laisser bercer par cet amer espoir quelques instants. Elle essayait de s'accrocher à cette voix qui voulait comprendre. Qui lui demandait d'expliquer son geste impardonnable. Elle livrait son rêve où elle s'était perdue. Elle livrait sa culpabilité. Elle livrait sa souffrance. Elle livrait son espoir de délivrance.
Mais lorsqu'elle était seule, elle se laissait avaler par le désespoir. Elle était assommée. Elle essayait de ne pas penser. Quand elle pensait, la souffrance devenait intolérable. Quelque part, une petite voix lui disait qu'elle pleurait beaucoup trop et qu'elle était pitoyable, mais ça n'avait plus la moindre importance. Il n'y avait plus que deux choses de vraies : elle avait essayé de tuer Harry. Elle était une meurtrière. Un Monstre. Et Dumbledore ne voulait plus d'elle. Il avait raison, n'est-ce pas ? Mais elle se sentait agoniser à chaque fois que cette pensée l'effleurait. Il était pourtant trop tard pour réaliser à quel point il comptait pour elle. Elle le savait. Elle l'avait toujours su. Mais maintenant elle le sentait au plus profond de ses tripes.
- Miss Gaunt, la cour a tranché. Vous êtes reconnue coupable d'être la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, meurtre contre une petite fille, rébellion envers le ministère et tentative de meurtre contre Harry Potter. Pour cela, la cour vous condamne à mort. L'exécutant sera Albus Dumbledore.
- NON ! Hurla-t-elle. Pitié, tout sauf cela...
Le vieil homme s'avançait déjà.
- La cour a décidé de procéder dès à présent à l'exécution.
- Non, je vous en supplie, dit-elle en sanglotant de désespoir. Pas lui ! Que n'importe qui me tue, mais pas lui...
- Tu n'as le droit à aucune indulgence, dit alors Dumbledore qui se tenait maintenant devant lui. J'obéirai au souhait de la cour.
- Pitié ! supplia-t-elle en rencontrant son regard dur avec des yeux noyés de larmes alors que de lourds sanglots la secouaient. Pas vous... Pas vous, n'importe qui mais pas vous...
Mais la baguette se leva et alors qu'elle se convulsait pour s'échapper et hurlait qu'on ait pitié, une main la secoua et elle se réveilla en sursaut.
- Kécile...
- Non, pas ça... gémit-elle et elle pleurait et sanglotait toujours et se débattait pour que ce rêve ne devienne pas réalité.
- Calme-toi.
On la tenait et tout d'un coup elle reconnut la voix. Elle agrippa la robe du vieil homme et se bouina contre lui avec l'énergie du désespoir.
- Pas vous... Tout mais pas ça...
- Ça va aller, Kécile, murmura doucement le sorcier.
Et la douceur de la voix qu'elle croyait avoir perdu à tout jamais brisa ses dernières barrières. Elle cessa de se battre et s'abandonna dans les bras qui se refermaient sur elle, priant pour qu'ils restent protecteurs. Et tout son désespoir passa dans ses larmes qui allaient se perdre dans la barbe argentée.
- Chut... disait Dumbledore en la berçant. Ce n'est qu'un cauchemar.
- Oui... pleura-t-elle. C'est un cauchemar.
Un peu pathétique, me direz-vous... Promis, ça ne va pas durer longtemps!
Vous aurez peut-être reconnu l'Elégie de Fauré. Il y avait auparavant sur youtube une version absolument somptueuse avec la merveilleuse Jacqueline du Pré, mais elle a été supprimé. Je le regrette vraiment beaucoup.
