Désolée de ne pas avoir posté plus tôt, mais j'étais vraiment au trente-sixième dessous aujourd'hui. Non mais franchement, je sais que vous en avez rien à faire mais qu'est-ce que je peux être co**e! Je me suis tapée 11h de transports pour aller dans le sud de l'Allemagne passer un examen de 4h pour avoir le B2 d'allemand. L'expédition de dingue en une journée... Donc, je suis légèrement crevée aujourd'hui. Mais quand en plus j'ai réalisé (à 1h du matin dans mon lit) que j'ai oublié de tourner la page d'un des devoirs et donc de faire un exercice qui vaut dix points sur 75... et qu'en plus ça risque d'être éliminatoire... à s'en taper la tête contre le mur, je vous dis! Bref! Maintenant que j'ai vidé mon sac, passons à l'histoire.
Le dernier chapitre de Kécile était un peu déconnecté du temps, du fait de son état second; Mais entre le moment où elle réalise ce qu'elle a fait et le cauchemar, il se passe trois jours. Comment ont vécu Severus et Dumbledore ces trois jours, le voici dans ce chapitre et le prochain.
Chapitre 73 : Quand les rôles s'inversent
Depuis le dramatique incident, les heures étaient passées.
L'aube s'était levée sans que Severus ait fermé l'oeil de la nuit. Il retournait dans son esprit les événements des derniers mois. Il savait que des choses lui avaient échappés. Il était conscient qu'il s'était tenu éloigné de la jeune fille. Mais l'attitude de Kécile n'était pas celle d'une meurtrière qui avait froidement tué sa victime. Il avait été surpris de la dureté de Dumbledore à son égard. Pour le directeur, l'évidence parlait et il avait tout simplement eu tort de faire confiance à Kécile. Une erreur qui coûtait cher.
Mais malgré son éloignement, Severus possédait des éléments que Dumbledore ignorait. Et l'ensemble donnait un tableau si contradictoire que Severus ne parvenait pas à se décider en faveur d'une quelconque possibilité. Est-ce que Voldemort l'avait possédé ? C'était une explication, mais comment ? Est-ce qu'elle avait été ensorcelée ? Possible mais par qui ? Etait-elle en train de virer mangemort ? Impossible.
Il devait voir Kécile. Il devait lui parler. Avoir ses explications. Et au diable Voldemort !
Lorsqu'il frappa au bureau du directeur, il ne fut guère surpris qu'on lui réponde immédiatement malgré le soleil qui se levait à peine derrière les fenêtres. Dumbledore n'avait pas dû dormir davantage que lui.
- Je suppose que Potter ne s'est pas encore réveillé ? Interrogea-t-il.
- Pas d'évolution depuis cette nuit, non, hélas, répondit Dumbledore d'une voix lasse.
Jamais le directeur ne lui avait semblé aussi vieux. Il se tenait les épaules voûtées, et des cernes impressionnantes coloraient ses joues pâles.
- Et Kécile ?
- Vous vous préoccupez encore de cette gamine ? Demanda Dumbledore d'un ton cassant.
Severus ne masqua pas combien l'attitude du directeur le choquait. Et depuis quand le vieil homme appelait-il Kécile « cette gamine ». Lui le faisait, oui. Mais lui était souvent le méchant de l'affaire. Jamais Dumbledore.
- C'est une enfant, gronda-t-il. Vous n'avez eu de cesse de le répéter. L'avez-vous oublié ?
- Je n'ai cessé de lui faire confiance. J'ai vu les signes et je les ai ignorés parce que c'était une enfant. Et voilà où cela nous a mené.
- Je veux la voir.
- Je n'ai pas l'intention de vous en empêcher, répondit Dumbledore. Vous m'excuserez cependant de ne pas vous accompagner.
- Sa vue vous insupporte à ce point ? Demanda Severus que la colère du directeur dépassait.
- Elle me met face à mes erreurs. Je n'en ai pas besoin.
Severus pinça les lèvres, mais se leva en silence. Arrivé devant la pièce où était retenue Kécile, il tira sa baguette pour défaire le charme qui empêchait la jeune fille de sortir. Lorsqu'il poussa la porte cependant, il sentit une résistance. Quelque chose bloquait derrière.
C'était Kécile. Son corps était tassé dans une position bizarre contre le battant. Il se glissa dans la pièce et se pencha sur elle.
Elle était simplement évanouie, constata-t-il. Comment, c'était une bonne question. La trace de larmes brillait encore sur ses joues. Et Severus sentit la pitié l'envahir. Cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Et il n'aimait décidément pas ce sentiment. La pitié, ça vous amenait à faire des erreurs. Cela brouillait votre jugement.
Il la porta jusqu'au lit et la réanima.
Elle gémit dans son réveil quelque chose qui ressemblait au nom du directeur. Puis elle se roula en boule sans même le remarquer et se mit à sangloter.
Ah non ! Il ne gérerait pas les crises de larmes !
- Kécile, appela-t-il d'une voix ferme.
La jeune fille se tourna lentement vers lui et Severus fut frappé par la souffrance que dévoilait ses yeux noyés d'eau.
- Pourquoi pleurez-vous ainsi ? Demanda-t-il d'un ton radouci.
Bien, en faite la question était peut-être un peu stupide, Salazar l'en garde... La situation lui faisait perdre ses moyens. Mais la réponse n'était pas celle qu'il attendait.
- Il... Il, hoqueta-t-elle. Il veut m'envoyer à-à-à Azkaban, gémit-elle.
- Qui ? Demanda-t-il abruptement.
- Dum-Dumbledore...
Merlin, ce n'était pas vrai que la gamine avait entendu quelque chose comme ça ? Et Severus se sentit mal pour elle. Parce quoi qu'elle ait fait, ce qu'elle devait éprouver était disproportionné. Il savait maintenant pourquoi il l'avait retrouvée évanouie derrière la porte. Elle avait dû entendre cela. Et elle avait simplement perdu connaissance... de souffrance.
Il sentit son propre cœur se serrer. Pourquoi fallait-il que cette enfant déclenche toujours des émotions extrêmes en lui ?
Severus soupira et s'assit sur le rebord du lit. Il posa simplement sa main sur l'épaule de Kécile et dit :
- Dumbledore est furieux. Mais ça va s'arranger. Potter n'est pas mort.
- Harry est vivant ? Dit-elle d'une voix pateuse, l'espoir rallumant soudain son regard.
- Je n'ai pas dit cela. J'ai dit qu'il n'est pas mort. Ce n'est pas pareil. Mais il y a un espoir qu'il le redevienne, vivant.
Il vit Kécile fermer les yeux et les larmes continuaient à couler.
- Dumbledore ne me pardonnera pas, murmura-t-elle. J'ai vu le mépris dans son regard. Il me hait. Et je le mérite.
Et à ses mots, son poing se convulsait autour du drap.
- Peux-tu me dire ce qu'il s'est passé, Kécile ?
- Je ne veux pas aller à Azkaban... gémit-elle à nouveau.
- Tu n'iras pas, sois tranquille.
- Je vous en supplie... Dumbledore...
La gamine sanglotait à nouveau. C'était navrant.
- Dumbledore... Pitié...
- Kécile, Dumbledore n'est pas là.
- Pitié !
Elle se convulsait dans ses draps, en proie à une souffrance physique qui tordait son visage.
Severus ferma les yeux pour ne pas voir ce spectacle qui le déchirait. Il ne servait à rien d'essayer de lui parler maintenant. Elle devait se calmer. Et il ne pouvait rien faire pour l'aider. Il allait se lever lorsqu'il sentit Kécile agripper sa robe.
- Tuez-moi, murmura-t-elle.
- Il n'en est pas question, Kécile, répliqua sèchement Severus.
Elle le regardait enfin avec des yeux hagards.
- Je le mérite.
- Ce n'est pas à moi d'en décider.
- Je ne veux pas... Dumbledore, dit-elle d'une voix étranglée.
- Dumbledore ne vous tuera pas davantage, aussi furieux soit-il.
- Tuez-moi, s'il vous plaît...
Et comme elle se remettait à sangloter, Severus se dégagea et quitta la pièce. C'était inutile de rester et il ne savait absolument pas gérer la souffrance des autres. Encore moins lorsque cela s'accompagnait d'un pareil déluge.
Mais il devait être bien plus touché qu'il ne se l'avouait car Dumbledore lui demanda d'un air vaguement inquiet s'il allait bien.
Il s'assit avec lassitude en face du directeur.
- Je crois, dit-il. Elle, va moins bien. Elle vous a entendu dire que vous pourriez l'envoyer à Azkaban.
- Je ne le ferai pas. Il y a trop de risques que Voldemort l'a récupère.
- Merlin, mais est-ce que vous vous entendez parler ! Cette gosse a connu l'horreur d'Azkaban ! Elle a bien failli en mourir. Et maintenant elle pense que vous pourriez la condamner à cette agonie. Elle pense que vous lui en voulez suffisamment pour la condamner à cette torture.
Dumbledore ne répondit rien. Severus posa un regard insistant sur lui, mais le vieil homme semblait intraitable. Une telle sévérité de la part du directeur qui avait jusque là fait part d'une indulgence parfois discutable envers la jeune fille le mettait mai-à-l'aise. Considérait-il que cette indulgence avait été son erreur ? Avait-il décidé que l'affection qu'il éprouvait pour Kécile l'avait conduit à ce drame ? Mais cela surprenait malgré tout Severus. Un tel revirement, un tel changement était inattendu. Peut-être, songea-t-il amèrement, oubliait-il de prendre en considération le fait que la personne que Kécile avait tenté de tuer était le Golden Boy, le précieux Sauveur.
- Elle est effondrée, finit-il par plaider. Elle est persuadée que vous voulez vous débarrasser d'elle.
- Elle n'a pas tort. Et je m'étonne que cela la peine tant que cela.
- Dumbledore, est-ce que rien ne vous chiffonne pas ? Cela ne vous semble pas impossible que Kécile ait tenté de tuer Potter ? Gronda Severus.
- Je l'aurais cru. Mais les faits sont là. Et le professeur de Visnel l'avait prédit.
- Oh, je vous en prie, Albus ! Laissez donc la voyante en dehors de tout cela... Ce que je vois, moi, c'est que Kécile est ami avec Potter et plus encore, elle vous est fidèle. J'ignore comment cela a pu se produire, mais ce n'est certainement pas un simple revirement de camp comme vous semblez le croire. Avez-vous cherché à voir plus loin que les apparences ? Depuis quand acceptez-vous les faits tels qu'ils sont présentés, sans investigations ?
- Je vais aller l'interroger afin de discerner une quelconque circonstance atténuante puisque vous semblez persuadé qu'il y en a. Mais je ne ferai pas deux fois la même erreur.
- Non, coupa Severus alors que le directeur se levait. Pas maintenant. Vous n'obtiendrez rien de plus que d'augmenter sa souffrance. Je lui parlerai. Plus tard. Quand elle se sera calmée.
Il fallait reprendre également le cours normal de la journée. Les choses étaient suffisamment perturbées pour ne pas donner de nouvelles raisons à Ombrage de soupçonner quelque chose.
Mais le cœur n'y était pas. Pour la première fois de sa carrière, le redouté Severus Rogue n'arpenta pas sa salle de cours, ses robes tourbillonnant derrière lui et assassinant de remarques acerbes les pauvres élèves qui tremblaient devant leurs chaudrons. Il resta près de son bureau, tout juste attentif à ce qu'aucun chaudron n'explose. Il n'attendait qu'une chose, que la journée se termine pour pouvoir retourner auprès de Kécile et de Dumbledore.
Le soir, aussitôt après le dîner, il monta dans les appartements du directeur. Quelqu'un l'avait devancé cependant. Et le spectacle était pour le moins surprenant. Le professeur de Visnel se tenait devant le bureau du directeur, visiblement bouleversée.
- Ça a eut lieu, n'est-ce pas ? Demandait-elle alors qu'il fermait discrètement la porte après être entré.
- Oui, professeur, répondit Dumbledore. Je ne peux plus douter de vos talents, c'est certain.
- Oh mon Dieu, dit-elle en s'effondrant dans un fauteuil.
- Je puis vous rassurer cependant, Mr Potter n'est pas mort.
-Mais la nouvelle ne sembla pas émouvoir davantage que cela le professeur.
- J'aurais dû tenter de savoir plus tôt, gémit-elle. C'était Miss Gaunt, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle dans un murmure.
Le directeur acquiesça.
- J'aurais dû deviner. L'ami et l'ennemi dans un même corps, c'était elle...
Et la voyante semblait au bord des larmes. Dumbledore paraissait vaguement inquiet de perturber davantage son professeur.
- Voyons, professeur de Visnel, vous ne pouviez pas savoir et cela n'aurait sans doute pas empêché ces événements d'avoir lieu, vous le savez tout comme moi.
- Que va-t-il lui arriver ? demanda-t-elle.
- Son sort n'a pas encore été décidé. Azkaban n'est malheureusement pas une option.
- Azkaban... malheureusement... répéta le professeur d'un air hébété. Vous ne pouvez pas dire ça ! S'exclama-t-elle en se levant brusquement, livide. C'est une enfant ! C'est...
Elle s'interrompit, la respiration saccadée avant de retomber lourdement sur son fauteuil. Elle semblait complètement effondrée.
- Je voudrais... Je... Je vous en prie, professeur, dit-elle en levant des yeux brillants de larmes. Je ne sais par quel miracle Harry n'est pas mort. Mais Miss Gaunt... Elle n'a pas pu vouloir ça. Soyez clément. Je vous en supplie, ajouta-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
Elle se leva finalement pour partir et quitta la pièce sans ajouter un mot.
Le directeur resta songeur un instant, tandis que Severus ne cachait pas sa perplexité. On pouvait à la rigueur comprendre que la voyante se préoccupe du sort du héros national, mais de Kécile, qu'elle n'avait même pas comme élève ?
- J'ai toujours trouvé que cette femme est étrange... finit par conclure Dumbledore.
Severus haussa les épaules. Tous les voyants étaient étranges. Elle était toujours moins folle (et plus crédible) que Trelawney, alors à tout prendre...
Lorsqu'il entra dans la chambre, Severus avisa sur la table un plateau de nourriture intact.
Kécile avait tourné la tête en l'entendant. Il nota avec soulagement qu'elle ne pleurait pas, du moins pas pour le moment, mais ses yeux étaient rouges et bouffis. Elle avait un air vraiment misérable qu'il n'était pas habitué à voir sur ce visage.
- Est-ce que Harry s'est réveillé ? Demanda-t-elle dans un souffle.
- Non, répondit Severus.
- Dumbledore n'est pas venu, murmura-t-elle d'une voix éraillée. Pas une seule fois.
Et ses yeux étaient fixés sur le mur d'en face perdus dans des rêves détruits.
- Il est en colère. Mais cela peut s'arranger. Il faut simplement qu'il sache ce qu'il s'est passé. Nous avons besoin de comprendre ce qu'il s'est passé.
- Je... Je ne me suis pas méfiée, renifla Kécile. Il venait me voir souvent.
- Qui ?
- Le seigneur des Ténèbres, dit-elle en frissonnant.
- Comment ? Demanda Severus au lieu de simplement rétorquer que ce n'était pas possible. Car il ne faisait aucun doute pour lui que Voldemort était derrière la tentative de meurtre de Harry Potter. Aussi impossible que cela paraisse.
- Dans mes rêves. Je l'entendais. Je le voyais même parfois. Je... Je croyais que ce n'étaient que de simples rêves, ajouta-t-elle alors que des larmes se remettaient à couler.
- Que faisait-il ?
- Il me parlait. Souvent, ça commençait comme un rêve normal. Je savais toujours que c'était lui. Mais... j'ai cru que... j'ai cru que ce n'étaient que des rêves où une partie de moi parlait et pensait comme la fille de Voldemort.
- Tu croyais que c'était ton subconscient.
- Oui, murmura-t-elle désemparée.
- Et hier ? Insista Severus.
- Hier, comme avant. Mais je ne savais pas que c'était lui. Pas cette fois.
- Qui croyais-tu que c'était ?
- Je ne savais pas, mais ça n'était pas important. Je croyais juste que c'était un ami. Et quand il m'a soumise à l'imperium, je... c'était comme si... se révolter était la dernière chose à faire.
- Alors tu lui as obéi.
- Oui.
- Même lorsqu'il t'a ordonné de lancer l'Avada Kedavra ?
- C'était trop tard, gémit Kécile. J'ai essayé de lui résister mais c'était comme si je n'étais plus maîtresse de mon corps. Je ne voulais pas, Severus. Je ne voulais pas tuer Harry ! dit-elle alors que les sanglots la gagnaient à nouveau. Mais il m'avait dit que je le ferais.
- Je m'en souviens, répondit Severus. Et moi non plus je n'ai pas cru qu'il pourrait le faire.
Il posa une main qui se voulait réconfortante sur le corps tremblant de la jeune fille.
- Essais de dormir. Avec un peu de chance, Potter va se réveiller et tout va s'arranger.
- Ça n'arrangera rien pour moi. Dumbledore...
- Dumbledore est inquiet et en colère, mais dès qu'il acceptera de voir comme moi que tu n'as été qu'un instrument, il reviendra vers toi, je te le promets.
- Je veux bien être envoyée à Azkaban, murmura Kécile d'une voix blanche. Mais pas par lui. Si Harry meure, je pourrais endurer toutes les haines, mais pas la sienne.
- Je sais, Kécile.
Il se tut un instant, et les hoquets de la jeune fille étaient le seul bruit qui les entouraient.
- Kécile... Je pense que tu devrais lui dire.
- Non, répondit Kécile.
Elle avait su immédiatement de quoi il parlait.
- Non. Maintenant plus que jamais, il faut se taire.
Et alors qu'elle tentait de calmer les hoquets de sa respiration, elle remonta la couverture et se tourna de l'autre côté comme si elle souhaitait dormir.
- Il avait dit qu'il me détruirait... l'entendit murmurer Severus.
Il quitta la pièce pour trouver Dumbledore sur le pas de la porte qui avait dû écouter toute la conversation. Décidément, c'était le monde à l'envers. C'était lui qui consolait Kécile et Dumbledore qui écoutait aux portes !
- Qu'est-ce qu'il faudrait me dire ? Interrogea aussitôt le directeur.
- Il n'est pas de mon ressort de vous le révéler. Vous avez tout entendu ?... dit-il en s'asseyant face au bureau du directeur.
Le vieil homme acquiesça.
- Alors il faut que je vous relate quelque chose que j'ai négligé de dire jusqu'à présent. Il semble que nous ayons tous une part de responsabilité dans cette histoire, soupira-t-il.
Mais il était trop tard pour se lamenter.
- Lorsque Kécile est sortie du Sommeil du Maître en juin dernier, sa panique n'était pas seulement due à la main-mise de Voldemort sur son esprit, mais également à ce qu'il avait dit qu'elle ferait. Il lui a dit qu'elle tuerait Harry. Qu'il l'y obligerait. Je dois avouer avoir pris cela pour une menace en l'air car rien ne permettait de croire que Voldemort avait la capacité de la soumettre à distance.
- Est-ce que sa tentative de meurtre aurait donc un lien à voir avec le Sommeil du Maître ?
- Je le crois, confirma Severus. J'ai négligé la menace car ce sort est entièrement psychologique et la victime ne peut en aucun cas bouger. Je n'ai pas pris en considération le fait que Voldemort a interrompu lui-même le sort. Il a dû garder un lien dans son esprit. Ce qui expliquerait ces cauchemars où Kécile croyait qu'il s'agissait simplement de son subconscient alors que ce devait être Voldemort.
- Les cauchemars de Kécile ne datent pas d'hier, rétorqua Dumbledore. Ils ont commencé bien avant le Sommeil du Maître.
- Mais ce n'étaient que de simples cauchemars. Je pense que ce que Kécile a pris pour des rêves ces derniers temps étaient l'expression du lien qui permettait à Voldemort de garder un certain contrôle sur son esprit.
Dumbledore réfléchissait.
- Votre théorie a quelque chose de plausible, mais n'explique pas comment Kécile a pu céder.
- Cela me paraît pourtant évident. Voldemort a pu la soumettre à l'imperium par la simple pensée de la même manière qu'elle a pu être soumise au Sommeil du Maître. Elle le considère comme son Maître.
- Vous aviez à l'époque parlé d'une influence, pas qu'elle voyait en lui un Maître, rétorqua Dumbledore d'un ton accusateur.
- Que voulez-vous que je vous dise, Albus ?! Protesta Severus. Elle le craint sans aucun doute, mais il reste et restera toujours son père. Et pour peu que vous vous soyez éloigné d'elle, Voldemort et ses pensées sournoises dans ces « cauchemars » gagnent du terrain.
- En conclusion, vous auriez dû me mettre au courant de cette menace qu'avait faite Voldemort à Kécile, j'aurais dû rester plus proche d'elle cette année et Kécile aurait dû nous parler de ses cauchemars et ne pas négliger leurs pouvoirs. Nous aurions alors eu une chance de passer à côté de cette catastrophe.
- Uchronie totale et inutile. Mais ce dont j'espère que vous êtes convaincu tout comme moi c'est que Kécile a commis cette tentative de meurtre contre son gré et n'a en aucun cas redonné son allégeance à Voldemort. Je crois que nous avons même l'explication de la miraculeuse survie de Potter : c'est là l'effet de sa résistance.
Dumbledore soupira et passa une main sur son visage.
- Je voudrais le croire, Severus. Mais je ne peux simplement pas lui dire que ce n'est pas grave et oublier. Harry a failli mourir et rien ne dit qu'il ne mourra pas.
- Vous pouvez dire à Kécile que vous ne lui en voulez pas.
- Non, répondit le vieil homme la mine sombre. Je dois avouer que je ne peux pas.
- Vous lui en voulez ? Insista Severus.
- Si Harry meurt, elle aura ruiné trop de choses. Je dois réfléchir à tout cela Severus.
- Très bien, répondit sèchement elui-ce en se levant. Puis-je vous demander une faveur cependant? C'est de ne pas aller lui parler.
- Vous vous inquiétez que je puisse la blesser, nota Dumbledore
- Oui, répondit Severus sans embarre. J'ai promis de la protéger, Albus. Je crois que vous ne vous rendez pas compte que votre mépris ou votre colère pourraient la tuer.
Et tout cela aurait pu paraître d'un tragique ridicule si ça n'avait pas été sinistrement vrai.
