Promis, je prends bientôt le temps de répondre à toutes mes chers reviewers.

Dernier chapitre d'ici Noël, le suivant devrait paraître aux alentours du 29 30 décembre. D'ici là, je n'aurais pas de connexion.

Bon Noël à tous!


Chapitre LXXV : Le Secret

- Harry...

Le soulagement dans la voix du directeur était évident. Il prit une main du garçon et la serra avec force tandis que Harry regardait autour de lui d'un air déboussolé.

- Que s'est-il passé, professeur ? Demanda-t-il d'une voix rauque.

- Non, non ! Intervint Mme Pomfresh alors que Dumbledore ouvrait la bouche pour répondre. Silence, Albus. Il est hors de question que vous provoquiez un état de choc maintenant. Laissez le se reposer et se remettre et ensuite vous lui raconterez ce qui est arrivé s'il ne s'en souvient pas lui-même.

Mais à ces mots, l'inquiétude se peignit sur le visage du jeune homme.

- Mais... Est-ce que... Les autres vont bien ? Dit-il en tentant de se redresser.

Mais il fallait se rendre à l'évidence, il était trop faible, et l'effort demandé n'en valait pas la peine.

- Tout le monde va bien, Mr Potter, répondit McGonagall. Vous êtes le seul qui avez bien manqué mourir.

Harry regarda tour à tour les visages autour de lui. Puis, constatant que personne ne semblait vouloir lui en dire plus et qu'ils ne semblaient pas s'inquiéter pour quelqu'un d'autre, il se rallongea en disant :

- Bien. Si tout le monde va bien et que j'ai failli mourir, je suppose que j'ai le droit de remettre la crise de panique à plus tard.

Et il ferma les yeux, n'ayant visiblement que l'intention de dormir.

- Excellent, Mr Potter, conclut l'infirmière. J'aimerais que vous soyez aussi raisonnable à chaque fois que vous passez dans cette infirmerie.

Et comme Harry semblait déjà s'endormir, les professeurs s'éloignèrent.

- Il va avoir besoin de plusieurs heures de sommeil pour récupérer du choc. Mais je l'ai examiné, il n'aura aucune séquelles.

- Encore une fois, ce garçon aura eu une chance du diable, grommela Severus.

- Rassurez-moi, Severus, protesta Minerva d'un ton grinçant. Vous n'allez pas vous en plaindre, non ?

XXX

Dans son bureau, Dumbledore s'était assis à son bureau et attaqué aux papiers qui traînaient sur sa table de travail depuis le vendredi et qu'il avait négligés. Plusieurs circulaires du ministère, le rapport de Lupin sur ses activités, celui de Maugrey sur le travail des aurors et les habituels papiers administratifs nécessaires au fonctionnement de l'école.

Mais il se surprit plusieurs fois à lire trois fois le même paragraphe sans en avoir retenu un mot. Son esprit vagabondait vers Harry et Kécile.

Comment réagirait Harry lorsqu'il apprendrait ce qu'il s'était passé? Parviendrait-il à pardonner à Kécile ? Quel allait être dorénavant la place de la jeune fille dans leur camp ? Seules quelques personnes sauraient ce qui était arrivé. Mais c'étaient justement les personnes qui avait la capacité d'exclure la jeune fille de leurs rangs.

La question était bien sûr de savoir si Kécile avait encore une place parmi eux. Quand bien même elle ne souhaitait pas réellement retourner auprès de Voldemort, tant qu'elle subirait son influence elle pouvait être dangereuse. Il fallait briser ce lien pour écarter tout danger. Mais Dumbledore ne voyait pas de solution si Kécile considérait encore et malgré tout ce qu'il s'était passé Voldemort comme son Maître. Un Maître qu'elle avait défié, auquel elle avait désobéit, mais un Maître qui avait encore tout pouvoir sur elle.

Sans cette faiblesse, Kécile aurait pu être un atout de poids dans la bataille. Avec ce lien, elle devenait une épée de Damoclès qui pendait au-dessus de leurs têtes et pouvait leur tomber dessus à n'importe quel moment.

La jeune fille était encore enfermée dans ses appartements, privée de baguette, mais ça ne pourrait pas durer éternellement. Fumsec restait presque constamment auprès d'elle. Dumbledore à l'inverse ne restait jamais longtemps. Sa présence agitait Kécile et le phénix le regardait avec un air de reproche comme s'il sentait la souffrance qu'il causait involontairement à la jeune fille. Elle ne dormait pas. Elle se contentait de fixer le plafond pendant des heures. Et la situation semblait bloquée dans cet état.

Severus avait bien tenté de la faire sortir de son lit qu'elle n'avait pas quitté depuis le vendredi, mais elle n'était qu'une poupée de chiffon, trop faible pour résister, mais aussi pour tenir debout. Ni l'un ni l'autre ne savait quoi faire pour la sortir de cet état dépressif que seul Fumsec semblait endiguer. Mais il fallait sortir de cette impasse.

Dumbledore avait demandé à Mrs Pomfresh d'envoyer Harry lorsque celui-ci serait remis. Une confrontation entre les deux amènerait probablement une réaction de la part de la jeune fille. Salutaire ou fatale, cela restait encore à déterminer.

XXX

- On a eu tellement peur, disait Hermione sans pouvoir retenir ses larmes de soulagement. Je n'arrive pas à croire que Kécile ait pu faire ça.

- Je suis désolée Harry, renchérit Ron. Je l'ai entendue. Mais je n'ai pas réagi assez vite.

- Tu n'y es pour rien, Ron, le rassura Harry. Personne n'aurait pu prévoir. Enfin, sauf de Visnel... la prochaine fois, je crois que je l'écouterai, ajouta-t-il avec un petit rire pour tenter de dérider ses amis.

- Tu crois que Kécile a voulu se venger ? Demanda Hermione anxieuse. Ou bien est-ce qu'elle nous trompe depuis longtemps déjà ?

Harry secoua la tête.

- Je ne pense pas. Je me souviens maintenant. C'est assez terrible quand j'y pense, dit-il sans pouvoir réprimer un frisson. Je l'ai vu m'attaquer. J'ai ouvert les yeux juste avant qu'elle ne lance le sort. Ça été trop rapide pour que je réalise ce qu'il se passait vraiment ou que je me défende. Mais j'ai vu son regard. On aurait dit Trelawney en transe.

- Waou, dit Ron pour tenter de plaisanter, ça devait être vraiment effrayant...

- Assez oui, répondit Harry sur le même ton.

- En tout cas, ça expliquerait pourquoi elle n'a pas réagi quand tu l'as appelé, Ron, réfléchit Hermione.

- Enfin, elle a quand même essayé de te tuer ! S'exclama Ron. Ce n'est pas rien.

- Justement, répliqua Hermione. Soyons logique deux minutes, si elle avait vraiment voulu tuer Harry, elle aurait fait en sorte que personne ne l'arrête et que personne ne sache que c'était elle si possible.

- T'imagine, dit Ron avec une moue horrifiée, elle nous aurait tous assassinés avant de tuer Harry.

- Arrêtez le film, là, coupa Harry qui ne pouvait s'empêcher de sourire d'amusement.

C'était bon d'avoir ses amis qui tentaient de lui remonter le moral et de plaisanter comme s'il ne venait pas d'être victime d'une tentative de meurtre.

- En tout cas, Dumbledore était dans une fureur après elle... Je ne l'avais jamais vu comme ça. Même après que les détraqueurs soient venus sur le terrain de Quidditch pendant notre troisième année.

- Je me demande comment elle va... dit Harry tout d'un coup inquiet.

- Tu ne vas quand même pas t'inquiéter pour elle ?!

- Ron, elle n'était pas dans son état normal ! Tu imagines comment elle doit se sentir maintenant ?

- Mal, Mr Potter, intervint Mrs Pomfresh qui s'était approchée d'eux et avait entendu la fin de la conversation. Miss Granger, Mr Weasely, il est temps de laisser votre ami se reposer. Quant à vous, Mr Potter, dès que vous aurez pris un peu de repos, vous irez chez le directeur qui veut que vous voyez Miss Gaunt.

- Je me sens bien, Madame. Je peux y aller maintenant.

- Tu veux qu'on t'accompagne.

- Merci, Hermione. Mais je crois qu'il vaut mieux que je vois Kécile seul. Et ne vous inquiétez pas. Je suis sur qu'elle ne me fera pas de mal.

- Dans tous les cas, Mr Potter, intervint l'infirmière, vous allez commencer par dormir avant.

- Mais je ne fais que cela de dormir depuis hier après-midi ! Protesta Harry. Je dois voir Kécile, dit-il en se levant. Je dormirais après.

- Il n'en est pas question. Je ne veux pas que vous soyez confronté à un nouveau choc.

- Mais je vais très bien ! s'énerva Harry. Et je n'ai subi aucun choc depuis mon réveil. Vous avez dit vous-même que Kécile va mal. Je peux faire quelque chose !

L'infirmière le scruta d'un regard perçant et inquisiteur que Harry soutint sans broncher.

Finalement, le dragon céda.

Hermione serra son ami dans ses bras et lui dit d'une voix tremblante.

- Je suis tellement soulagée que tu ailles bien, Harry.

- Fais attention à toi, vieux, ajouta Ron dans son dos. Même si elle n'était pas dans son état normal, il ne faudrait pas qu'elle s'avise de recommencer.

Harry hocha la tête, et se dégagea de l'étreinte de son amie. Il put prendre la cheminette pour le bureau du directeur. Il n'était pas question qu'il marche dans les couloirs après ce qui venait de lui arriver avait déclaré Mrs Pomfresh d'un ton sans appel.

Le directeur l'accueillit avec un sourire chaleureux et lui demanda de s'asseoir devant lui avant de pouvoir aller voir Kécile. S'il s'inquiétait qu'il puisse reprocher à Kécile son acte, le directeur dût être surpris. Harry était convaincu que Kécile n'était pas responsable du sort qu'elle avait lancé.

- Elle l'aurait fait plus tôt. Elle l'aurait fait autrement. Et elle n'en serait pas malade.

Le vieil homme semblait être fier de sa réaction.

- Je t'admire, Harry, d'être capable de lui pardonner pleinement et sans hésitation. Je n'ai pas eu ta noblesse.

- Vous êtes en colère contre elle?

- Je l'ai été. Je le suis sans doute encore un peu. Mais les circonstances étant ce qu'elles sont...

Dumbledore lui expliqua ce qu'il avait découvert en pénétrant l'esprit de Kécile.

- Alors Voldemort pourrait recommencer ? Demanda Harry.

- Dans l'immédiat non. Kécile est sans baguette et trop faible physiquement et psychologiquement. Mais dans un futur plus ou moins proche, c'est une possibilité à prendre en considération tant que nous n'aurons pas trouvé comment briser ce lien crée par le Sommeil du Maître. J'ai demandé à ce que tu viennes voir Kécile car elle ne semble pas capable d'accepter son acte. J'ai pensé que tu pourrais l'aider.

- Je veux bien essayer, monsieur.

Le directeur sourit, ému.

- Je suis fier de ta réaction, Harry. Peu de gens réagiraient avec ta noblesse.

Harry rougit, embarrassé d'entre ce mot pour la deuxième fois et marmonna :

- Ce n'est pas de la noblesse, Monsieur. Je sais simplement ce que c'est que d'avoir l'impression de n'être qu'une arme sans pouvoir rien faire pour résister.

- Harry... Dois-je te rappeler que tu n'as pas attaqué Mr Weasley ? Demanda Dumbedore l'air concerné.

- Je sais, répondit Harry. Mais j'en ai quand même eu l'impression. Alors j'imagine très bien comment doit se sentir Kécile. Et ce doit être bien pire. Puis-je y aller ?

Le directeur hocha la tête et le conduisit dans son salon avant de déverrouiller la porte de la chambre.

Il laissa Harry entrer et murmura :

- Je reste à côté en cas de besoin, avant de refermer la porte.

Kécile avait tourné la tête et Fumsec roucoula pour saluer le nouveau venu.

- Bonjour Kécile, dit Harry en tentant un sourire.

Il s'approcha pour pouvoir caresser le phénix.

- Bonjour Fumsec, je vois que tu prends soin de Kécile. C'est bien.

- Harry... dit la jeune fille d'une voix rauque.

Il tourna vers elle un regard où il essaya de faire disparaître toute émotion négative. Elle avait vraiment l'air d'être malade : d'une pâleur inquiétante, des cernes impressionnantes sous des yeux rougis et son visage paraissant plus anguleux qu'à l'ordinaire.

- C'est quand même un comble, dit-il en plaisantant. C'est moi qui aie manqué mourir et c'est toi qui est le plus malade.

- Harry... Je … Je suis tellement désolée, murmura la jeune fille.

- Je comprends que tu le sois, Kécile, dit-il sérieusement. Je me mets à ta place et ça doit être horrible. Mais tu n'y es pour rien, Kécile. Vraiment.

- Ce n'est pas vrai.

- Si, répondit Harry d'un ton catégorique. Tu crois que tout le monde te pardonne uniquement par bonté d'âme ?

- Dumbledore ne...

- Dumbledore t'a pardonné dès qu'il a su pourquoi tu m'as attaqué. Il m'a tout expliqué. Et pourquoi t'en voudrais-tu encore alors que je t'ai pardonné ? Je suis quand même le principal concerné, non ? En fait, ajouta-t-il en voyant que Kécile ne trouvait rien à répondre, je dois même te remercier.

- Me remercier ? s'étrangla Kécile.

- Oui, répondit très sérieusement Harry. Tu as tenté de résister à Voldemort. Tu n'aurais pas combattu son imperium, je serais mort. Tu n'aurais pas résisté, ton avada aurait été mortel et cette fois-ci, Survivant ou pas, j'y serais passé. Si tu regardes les choses sous cet angle là, je te dois la vie.

Kécile eut un petit rire étranglé à travers ses larmes.

- Tu vas laisser tout ça derrière, maintenant ? Demanda Harry.

- Je... Je vais essayer, murmura-t-elle.

- Si tu commençais par te lever ? Suggéra Harry.

Il lui tendit la main et elle hésita un moment avant de la prendre. Avec des gestes tremblants elle finit par s'asseoir au bord du lit.

- Je ne crois pas que je vais y arriver...

- Bien sûr que si, dit Harry d'un ton ferme.

Il s'assit à côté d'elle.

- Tout comme tu vas arriver à te débarrasser de ton foutu paternel.

- Je voudrais bien. Mais Dumbledore...

- Quoi, Dumbledore ? Insista Harry comme elle ne finissait pas sa phrase.

- J'ai besoin de lui, dit-elle doucement.

- Et bien, dis-lui !

- Je ne peux pas.

- Pourquoi ça ? Je suis sûr qu'il est tout prêt à t'aider.

Il passa un bras sur son épaule et la lui secoua gentiment :

- Allez, Kécile ! Ça ne te ressemble pas de t'apitoyer sur ton sort comme ça. Tout se termine bien, finalement non ?

Harry sentit avec surprise Kécile passer ses bras autour de son cou comme aurait pu le faire Hermione et glisser sa tête contre son épaule. Il la laissa faire, décontenancé, et l'entendit murmurer :

- Je suis tellement désolée, Harry...

Et elle pleurait... Encore.

- Tu es une vrai fontaine, en ce moment, dit-il en plaisantant, tandis qu'il refermait maladroitement ses bras autour d'elle.

- Oui, dit-elle secouée par un petit rire mêlé à ses larmes. Pire que Cho Chang.

XXX

Peu de temps après que Harry soit parti, Kécile avait fini par avaler son premier repas depuis trois jours, et Fumsec avait enfin quitté sa chambre pour retourner sur son perchoir d'or.

C'était le dimanche soir et Severus et Mrs Pomfresh avaient décidé qu'il fallait que Kécile soit en état d'assister aux cours du lendemain pour éviter toute question gênante de la part de Ombrage. L'incident ne s'était Merlin merci pas répandu dans tout Poudlard et était resté loin des oreilles de la Grande Inquisitrice et du ministère.

Dumbledore laissa ce soir-là sortir Kécile de sa chambre pour la première fois. Assise sur un canapé, le directeur et Severus installé devant elle, elle écoutait les dispositions qui allaient être prise pour la sécurité des élèves.

- Je veux que tu viennes tous les soirs ici pour tes retenues à la place d'être avec d'autres professeurs. Tu me remettras ainsi en toute discrétion ta baguette magique. Je ne veux plus que tu la conserves avec toi en dehors des cours jusqu'à ce que nous ayons trouvé une solution pour empêcher Voldemort de t'atteindre.

Kécile avait baissé les yeux sur ses genoux mais ne dit pas un mot pour protester.

- Il faut que tu comprennes, ajouta le directeur d'un ton plus doux, que ce n'est pas spécifiquement contre toi que je prends cette mesure, Kécile. Mais je ne peux pas laisser quelque chose de semblable se reproduire.

- Je comprends, Monsieur, murmura Kécile.

- J'ai également réfléchi à ce pouvoir que Voldemort possède sur toi. Il va falloir que nous parlions, Kécile, de ce qu'il représente pour toi. Ce sont tes sentiments à son égard qui lui donnent ce pouvoir.

Kécile baissa davantage la tête, alourdie par la culpabilité.

- Mais à l'inverse, il semble que tes sentiments envers moi soient ce qui peut te protéger de lui. J'ai conscience de m'être éloigné de toi cette année et cela a été une erreur dramatique.

Kécile acquiesça, incapable de prononcer un mot.

- Je veux d'abord t'assurer que ce que tu as pu m'entendre dire au sujet d'Azkaban était une erreur.

Kécile lui jeta un regard douloureux.

- Je voudrais que tu oublies cela, Kécile. J'étais en colère et ignorant des circonstances.

- Mais vous l'avez pensé, murmura-t-elle péniblement. Vous avez envisagé de m'y envoyer.

- Je le regrette, Kécile, crois-moi. Profondément. Maintenant, il n'est plus question que tu t'éloignes de moi.

Kécile détourna la tête sans parvenir à masquer une expression douloureuse.

- Qui-a-t-il, Kécile ?

- Rien, murmura-t-elle.

- Ce n'est pas vrai.

- Ça n'a aucune importance. Je n'ai pas le droit de me plaindre après ce que j'ai fait.

- Si, tu en as le droit, Kécile. Parce que c'est en gardant des rancoeurs ou des souffrances pour toi que tu donneras de nouvelles armes à Voldemort. Alors qu'est-ce qui te gêne ?

- Vous ne voulez plus m'éloigner de vous parce que cela laisserait le champs libre à mon père ?

- Oui.

Kécile se tut à nouveau et Dumbledore la fixa perplexe. Severus jugea qu'il était temps d'intervenir dans ce dialogue de sourds.

- Ce que Miss Gaunt tente de vous faire comprendre, Albus, c'est que votre raison pour vouloir rester auprès d'elle la blesse. Elle souhaiterait que vous veilliez sur elle parce que vous tenez à elle et pas seulement pour protéger les autres.

- Merci, Severus, répondit sèchement la jeune fille.

- Mais de rien, Kécile, répondit ironiquement le professeur de potions.

Dumbledore jeta un regard nouveau sur son élève.

- J'ai toujours tenu à toi, Kécile depuis que tu m'as demandé d'être ton mentor. Et cela n'a pas changé.

Sans doute y avait-il un peu d'hypocrisie dans ces propos. Durant quelques jours, il n'avait plus tenu du tout à la jeune fille. Mais c'était inutile de le rappeler, surtout dans son état d'esprit actuel.

- Pourquoi tiendriez-vous à moi ? Murmura Kécile. Je n'attire que des ennuis et vous ne me devez rien, dit-elle en relevant son regard vers le vieil homme.

Et c'était un regard bien trop résigné.

- Et toi, pourquoi tiens-tu à moi à ce point, Kécile ? Demanda doucement Dumbledore. Je l'ai bien senti dans ton esprit.

- Vous... elle baissa à nouveau les yeux et sembla décider qu'il valait mieux ne rien dire.

- Kécile, intervint Severus avec une note d'avertissement dans la voix. Ne crois-tu pas qu'il est temps de parler ?

- Non ! S'exclama-t-elle en levant vers lui des yeux paniqués. Vous ne pouvez pas !

- Non, je ne peux pas, répondit sèchement Severus. Tu t'en es assurée en liant ma parole. Mais il doit savoir.

Elle secoua frénétiquement la tête.

- Tu ne pourras pas garder le silence éternellement, insista le professeur. C'est le moment ou jamais de parler.

- Pourquoi me caches-tu quelque chose, Kécile ? Demanda doucement Dumbledore. As-tu peur que je me mettes en colère ?

Elle lui jeta un regard apeuré.

- Kécile... insista Severus.

La terreur s'insinuait en elle tandis qu'elle se sentait céder sous les deux regards.

- Je ne pourrais pas...

- Alors libère-moi du Serment, Kécile.

- C'est de la folie.

- C'est ton obstination qui est folle.

- Je ne veux pas tout perdre, protesta Kécile tandis que des larmes lui échappaient.

- Tu ne perdras rien. Fais moi confiance.

Severus et la jeune fille échangèrent un long regard puis ils se levèrent de concert. Il tentait de lui transmettre de son assurance par son regard serein tandis que Kécile tremblait de tous ses membres. Elle dut se retenir au fauteuil.

- Albus, donnez-lui sa baguette.

Le directeur s'exécuta et Kécile récupéra son bien sans un regard vers lui.

Ils lièrent leurs mains.

Kécile sembla hésiter. C'était de la folie. Elle faisait une erreur monumentale.

Mais Severus l'interpella à nouveau avec autorité et elle abandonna son sort entre ses mains en priant Merlin de toutes ses forces pour que son professeur ne se trompe pas. Elle posa sa baguette sur leur doigts enlacés avant de murmurer :

- Severus Rogue, je vous libère de votre parole. A partir de cet instant, vous pouvez parler librement.

Puis elle laissa retomber son bras et se détourna vivement pour cacher les larmes qui s'étaient mises à dévaler ses joues. Dans l'instant qui allait suivre, sa vie allait changer du tout au tout. D'un seul mot, Dumbledore aurait le pouvoir de la briser à jamais. Et jamais elle n'avait ressenti une telle terreur.

Jamais.

Severus s'était tourné vers le vieil homme qui les observait dans l'expectative. Il inspira profondément puis commença lentement sans quitter le directeur des yeux :

- Je vous ai raconté la captivité de votre fille durant presque un an. Je vous ai raconté comment le Seigneur des Ténèbres l'a utilisée pour différents travaux. Ce que je ne vous ai pas dit en revanche, c'est qu'il l'a violée.

Le directeur était soudain très pâle.

- Ludivine a été violée par Voldemort ? Répéta-t-il d'un voix blanche. Alors Kécile...

- Kécile est le fruit de ce viol. Elle est votre petite-fille.


Bon, d'accord, c'était pour beaucoup d'entre vous un secret de polichinelle!