Bonjour, Bonsoir, he he mes réponses aux reviews :
Mia : Le chapitre 13 n'est pas un cadeau pour Juvia, je l'admets. Et comme tu dis, il ne faut pas que les choses aillent trop vite. On s'ennuierait vite sinon. J'ai voulu mettre un moment entre Natsu et Grey, dans l'animé, ils se disputent souvent, mais ont une grande complicité et je voulais absolument la mettre en avant. Et oui, je sais, un de mes problèmes, la cohérence ! Alors je m'explique, Grey sait bien sûr que des disputes existes, mais comme je le dis, il se concentrait beaucoup sur Juvia, il ne connaissait pas bien le ressentis des autres sur leurs propres relations. On peut voir en extérieur ce qu'il se passe, et c'est à ça que Grey était le plus confronté. Et oui Jella et Erza enfin ensemble, vous verrez… Merci pour tes commentaires 😉.
Katy : Grey s'est enfin décidé, il a pris son temps, non mais ! Yesss discussion Grey/Natsu réussie ! Je sais, je sais, j'ai abusé. Comme je le disais à Mia, Grey savait pour les « conflits » de ses amis. Dans le chapitre, Natsu expose à Grey la réalité d'un couple, tout n'est pas tout beau tout rose et les couples dans la maison en sont l'exemple même. Mais leurs conflits, ils le gèrent entre eux, c'est parfois tumultueux, mais ils restent relativement calmes pour arranger les choses. Après, ils peuvent en discuter ensemble (entre filles et entre garçons), mais les disputes n'arrivent pas si souvent. Natsu exposait juste les pires côtés d'une relation, et il montrait à Grey qu'entre lui et Lucy ça n'avait pas toujours été parfait, comme pour les autres. Juvia est fragile, et Grey savait qu'il suffisait d'une fois pour qu'elle se referme complétement. Après, c'est sûr, Grey était épuisé, et il ne se serait jamais endormi dans d'autres circonstances, mais il fallait du piment he he. Et oui, le moment que tout le monde attendait est enfin là, je n'en dis pas plus… Luxus est le plus responsable, il se voyait mal profité de ses vacances alors que son meilleur ami était malade. Mais l'idée qu'il rendrait service à Jellal était trop tentante, et il a succombé. J'espère que tu vas aimer celui-là 😊.
Merci pour vos commentaires honnêtes, on ne le dit peut-être pas, mais avoir un avis sur quelques passages de l'histoire ça aide énormément. Et surtout lorsqu'on débute dans l'écriture, il est important de dire les choses pour que l'on s'améliore. Alors merci beaucoup, beaucoup. Cette réponse aux reviews est beaucoup trop longue, sorry… Eclatez-vous et bonne lecture.
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Chapitre 15
Jellal était alité, en sueur, les sourcils froncés à cause de la douleur.
-J'ai froid, fit-il dans un murmure.
-Je sais, mais je ne peux pas te couvrir plus, tu es brûlant, lui répondit une voix douce.
-Cette voix, Erza ? Jellal était très confus.
-Oui, c'est moi, repose-toi maintenant, elle passa un gant de toilette sur son front.
Il acquiesça et se rendormit aussitôt. Elle prit soin de lui toute la nuit et s'installa sur le lit de Grey.
Jellal se réveilla avec un immense mal de tête, mais ses courbatures s'étaient calmées, il se releva et regarda autour de lui. Il ne vit personne, mais entendit quelqu'un dans la cuisine.
-Luxus ? Pas de réponse, mais il entendit quelqu'un dans les escaliers. À son grand étonnement, c'est Erza qui s'avança vers lui avec un plateau dans les mains.
-Tu as bien dormi ? Ou du moins, tu as pu te reposer ? Elle plaça le plateau sur la table de nuit et s'assit sur le bord du lit.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Je pensais que Luxus resterait, le connaissant, le garçon était très troublé.
-Il a insisté, mais j'ai fini par le faire capituler. J'ai préféré les laisser s'amuser entre couples.
-Mais ça m'embête de savoir que tu te prives de tes vacances à t'occuper de moi, dit le garçon gêné.
-Dit pas n'importe quoi. Crois-moi, je préfère être ici plutôt que tenir la chandelle là-bas.
Il rit et regarda le plateau qu'elle lui avait apporté :
-Tu n'étais pas obligé.
-Mais oui bien sûr. Et Luxus m'aurait pourri pour ne pas avoir bien pris soin de toi. Tu es malade, laisses les autres s'occuper un peu de toi de temps en temps. Et puis c'est pas la mort, un peu de soupe. Je ne me suis pas foulé.
-C'est tout ce qu'il me faut, je n'aurais rien avalé d'autre. Il but doucement sa soupe, puis Erza débarrassa le plateau.
-Tu devrais te reposer encore un peu, je pense que demain, tu pourras te lever.
-Merci Erza. Elle lui sourit et ferma la porte.
…
Comme l'avait prédit la rousse, Jellal réussi à se lever et à s'installer dans le salon. Ils passèrent la journée devant la télé à s'enchaîner la saga Harry Potter :
-Mais tu plaisantes ! Harry n'aurait rien réussi sans Hermione ! C'est pas ton Ronald qui lui a donné littéralement toutes les réponses !
-Je ne vois pas le mal à préférer Ron, Erza.
-Et moi au contraire, je ne comprends pas pourquoi. Il n'a rien apporté à Harry !
-C'est ton avis, pas le mien, Jellal était très calme, comparé à la jeune femme qui s'exaspérait devant la position du batteur.
-Jellal, tu peux me dire ce que tu lui trouves ? Erza essayait de garder son calme, mais celui du garçon l'insupportait.
-En fait Erza, je suis persuadé que tu es plus remonté par le fait que je ne préfère pas Hermione, Jellal souriait en la regardant.
-Oh, j'y crois pas ! Tu me fais marcher depuis tout à l'heure ! Il se mit à rire et elle lui donna un coup dans l'épaule. J'y crois pas ! Tu m'as laissé m'énerver en plus !
-Désolé mais t'es tellement monté vite en pression que j'ai pas pu m'en empêcher, il rit d'autant plus.
-Je te préfère quand tu n'es pas malade, soupira-t-elle.
-Et je me préfère lorsque je ne suis pas malade. Cette remarque les fit rire tous les deux et ils continuèrent le film en silence.
Ils étaient à l'avant-dernier film lorsque Jellal se rendit compte qu'Erza dormait. Il remonta le plaid sur les épaules de la rousse et détourna les yeux rapidement. Mais une évidence s'empara de son esprit : il n'y avait personne et la jeune femme dormait. Alors il fit une chose qu'il s'empêchait de faire depuis longtemps : la contempler. Il la regarda aussi longtemps qu'il le voulait, avec l'expression qu'il souhaitait, laissant ainsi un sentiment précis le submerger. Personne ne serait témoin, alors juste pour cet instant, même si ça devait être le dernier, il laissa ce regard uniquement dédier à cette femme, parler pour lui. Il s'approcha et lui embrassa la tempe, bien conscient qu'il ne serait plus jamais aussi proche d'elle. Il se rassit à sa place, inspira et reporta son attention sur le film, marquant ainsi la fin de sa déclaration silencieuse.
…
Jellal s'étira, il s'était endormi en plein film hier soir, et d'après les lueurs qui émanaient de la baie vitrée, il devait être 11 heures. Il remarqua qu'Erza n'était plus à sa place, alors il se leva en quête de la rousse. Il allait monter lorsqu'il la vit sortir de la cuisine avec un gâteau et une bougie dessus :
-Happy Birthday à notre colocation ! Cela fait exactement un an que nous sommes colocataire, elle déposa le gâteau sur la table basse avec un grand sourire.
-Quand as-tu fait ça ? Demanda-t-il surpris.
-Je suis allé le chercher tôt ce matin. Allez viens assied toi, elle retourna chercher un couteau dans la cuisine.
-Il a l'air super bon. Il allait plonger son doigt, mais elle lui tapa la main.
-Pas tout de suite.
-Quoi ? Mais pourquoi ?
Elle ne répondit pas, mais affichait un sourire en coin. Elle se leva et brancha son téléphone à la télé. Quelques minutes plus tard, on vit un appel s'afficher et les huit partie en vacances étaient présents sur l'écran.
-Happy Birthday ! Crièrent-ils tous en cœur.
-Salut les gars ! Ça me fait plaisir de vous voir, Jellal souriait de toutes ses dents.
-Nous aussi, surtout avec une tête descente, se moqua Gajil.
-La ferme, le bronzage ne te va pas du tout, rétorqua le batteur.
-Il n'a pas tort, renchérit Levy.
-Tu es de quel côté dit moi ? Se renfrogna Gajil.
Elle lui embrassa la joue et Erza demanda :
-Alors vous vous amusez bien ?
-On s'éclate, même si on sent qu'il manque quelque chose, répondit Mirajane.
-Ouais, mon piano est beaucoup trop loin, surjoua Grey, ce qui lui valut une tape à la tête de Juvia.
-Merci Juvia, remercia la rousse. Juvia lui répondit d'un clin d'œil.
-Sinon, le chalet est sympa ? Continua de demander Jellal.
-Il est super, je pense qu'on devrait en faire une tradition. Le lieu est génial, ainsi que la vue et le lac. Vous ratez quelque chose, expliqua Luxus.
-Oui et bien, la prochaine fois, je prévoirai la maladie une semaine plus tard, ironisa l'ex-convalescent.
-Tu ferais mieux. Et de votre côté ? Vous ne vous ennuyez pas ? Poursuivit le blond.
C'est Erza qui lui répondit : -Pas du tout, on finit la trilogie Harry Potter et on passe à Seigneur des Anneaux.
-Ça me semble pas mal. Et vous comptez manger ce gâteau tous les deux ? Saliva Lucy en voyant la pâtisserie.
-C'est ce qui est prévu. Enfin, vous comprenez, on n'a pas eu le luxe du chalet, jubilât Erza.
-Ah ouais, d'accord, je vois. Bon bah, sur ce, on va vous laisser et admirer la vue, maronna Natsu.
-Pas de soucis, profitez bien, on fait de même, épaula Jellal.
-Pas de bêtises vous deux, Juvia appuya son sous-entendu avec un sourire explicite.
-C'est plutôt à nous de vous dire ça, Jellal n'avait pas du tout réagit à cette remarque ce qui ne fut pas le cas de la rousse.
Et avant de raccrocher précipitamment, Juvia dit : -On vous promet rien ! Salut !
Les deux se regardèrent et se mirent à rire aux éclats. Ils mangèrent ensuite la délicieuse pâtisserie devant le dernier Harry Potter.
…
Lorsqu'Erza avoua à Jellal qu'elle commençait à saturer chez eux enfermé, elle n'avait pas du tout pensé à ce qu'il lui propose d'aller là-bas. Pourtant, les choses avaient débuté normalement, il était tranquillement en train de mettre des paniers lorsqu'elle arriva :
-Tu ne rates jamais ?
-À mettre un panier ? La plupart du temps non, je fais mouche presque à chaque fois, sourit-il.
-C'est impressionnant. Tu en fait depuis combien de temps ?
-Tellement d'années que je suis en incapacité de te dire quand exactement. Dans la maison de mon enfance, il y avait un panier encore plus haut que celui-ci. Avec ma taille, c'était impossible que je l'atteigne, mais j'avais tellement essayé, que lorsque je me suis retrouvé face à des paniers moins haut ça a été un jeu d'enfant.
-Plus haut que celui-là ? Erza pointa le panier du jardin.
-Oh oui largement ! Il sourit face à l'étonnement de la jeune femme. Tu veux qu'on aille le voir ?
-Dans… Dans ta maison d'enfance ?
-Ouais, si tu veux.
-Il faut avouer que je commence vraiment à étouffer à la maison.
-Je suis d'accord. Va te préparer, on part dans trente minutes.
Alors voilà, Erza se trouvait en voiture, avec Jellal, direction sa maison d'enfance. La route était un peu longue, mais le peu de voiture facilita la mobilité. Ils arrivèrent devant un immense portail noir, Jellal abaissa sa vitre et tapa un code, quelques instants plus tard, le portail s'ouvrait. L'allée était très grande, et bientôt, ils arrivèrent à un petit rond-point, Jellal s'arrêta devant un petit escalier menant à une double porte en acier noir. Il s'avança vers les portes et ouvrit avec une clef sortie de sa poche, il se tourna ensuite pour voir une Erza émerveillée par la maison. Il rit ce qui la sortit de sa contemplation. Elle le rejoignit et ne mit pas longtemps à replongé dans l'ébahissement en voyant l'intérieur. Grande, raffiné, moderne, élégante, distingué, magnifique, Erza ne savait quel adjectif utiliser pour décrire ce palace.
-Erza ? Tu viens ? Jellal avait ouvert les portes fenêtre à l'opposé de l'entrer et lui fit signe.
-Je crois que je ne peux pas bouger. J'arrive pas à croire qu'une maison arrive à m'intimider à ce point. Jellal la rejoignit et lui prit la main pour la guider vers l'arrière de la maison.
Le jardin faisait à lui seul trois fois leur maison. Des fontaines, du gravier, un champ de fleurs immense, tellement de chose qu'il était impossible de compter. Jellal l'amena un peu plus loin et lui présenta le panier en question. En effet, il était d'une taille insoupçonnée, mais Erza ne s'en préoccupa pas réellement, elle observait fixement la main de Jellal entrelacé dans la sienne. Le garçon suivit son regard et comme elle, il s'attarda sur leurs mains, mais rapidement, il la relâcha et se tourna pour rentrer, il fit comme si de rien n'était :
-Allez viens, je te fais visiter.
Elle le rejoignit, et ils passèrent toute l'après-midi à faire la visite complète. Erza avait du mal à croire qu'une personne comme Jellal, aussi humble, ait un jour vécu dans cet endroit. Jellal présentait sa maison d'enfance avec un détachement étrange, comme si elle ne lui appartenait pas. Mais ce fut dans le petit salon, au premier étage, que Erza vit sur le visage du garçon un sentiment amer. Il s'était avancé dans cette pièce plongé dans un souvenir lointain, il caressa le coussin d'un des fauteuils dos à elle, alors elle osa pour la première fois demander :
-Jellal, qu'est ce qui t'es arrivé ?
Il ne répondit pas tout de suite, mais finit par murmurer :
-Je ne pense pas que ça soit une bonne idée Erza.
-Je ne t'oblige pas, mais j'aimerais savoir, insista la rousse presque suppliante.
Il inspira et toujours dos à elle, il débuta son récit :
-Mon père était un homme très ambitieux, il voulait à tout prix se faire un nom, une réputation. Le plus drôle, c'est qu'il n'a jamais travaillé comme un acharné. Mes grands-parents étaient des gens de bonne condition, donc ce n'était pas un problème pour lui de rentrer dans les bonnes écoles, et puis s'était un excellent parleur. Mais au lieu d'utiliser son éloquence à bon ancien, il manipulait et obtenait ce qu'il voulait. Ce fut le cas avec ma mère, elle n'était pas particulièrement riche, mais son père avait des amis très haut placé. C'est ça qui attira mon père en premier, mais surtout son incroyable beauté. Il la charma, les deux se marièrent et mon père fondit son empire. Il la délaissa peu de temps après ne lui trouvant plus d'utilité, mais elle tomba enceinte, et il ne pouvait plus la laisser tomber, car avoir un héritier l'arrangeait. Mon père était un homme fier, jamais il n'aurait laissé son héritage à quelqu'un d'autre que son sang. Lorsque je suis né, on me donna à différentes nourrices et gouvernantes. Je ne voyais jamais mon père et ma mère… Ma mère buvait. C'est dingue parce que je n'ai aucun souvenir d'elle étant méchante ou négligente, elle vérifiait toujours si j'avais bien mangé, si j'avais fait mes devoirs, si j'avais bien suivi mes leçons de violon, tout simplement si j'étais assez comblé pour un enfant qui ne connaissait aucunement ce mot. Mais jamais, je dis bien jamais, elle ne me le demandait directement. En fait, je ne me souviens pas qu'elle m'ait jamais adressé la parole ou même regardé, elle s'adressait uniquement à ceux payés pour s'occuper de moi. Et c'est le soir de mes dix ans que j'eu pour la première et dernière fois des explications. Ma mère était, comme à son habitude, dans ce salon. Pour mon anniversaire, j'avais eu droit à un nouveau violon. J'avais décidé de prendre mon courage à deux mains et d'aller remercier ma mère en personne.
Flashback
Jellal avançait doucement vers le petit salon. Il voulait éviter un maximum les domestiques : ils n'auraient même pas voulu connaître ses raisons et l'auraient envoyé dans sa chambre. Il s'approcha donc de la pièce et jeta un coup d'œil à l'intérieur, sa mère était bien là. Jellal trouvait sa mère magnifique, pas uniquement pour sa beauté, mais surtout pour ce qu'elle dégageait, il la trouvait majestueuse dans tous ses gestes. Elle était assise, un verre de whisky à la main, devant la cheminée, avec son éternel air songeur. Il hésita un moment, songeant même à retourner bien sagement dans sa chambre, mais son cadeau méritait des remerciements, alors il s'avança.
-Mère ? Il ne reçut aucune réponse, alors il s'approcha davantage : Mère ? Je voulais vous remercier pour mon nouveau violon. Il est vraiment magnifique et je promets que je me perfectionnerai pour vous faire honneur. Il s'approcha encore jusqu'à arriver devant elle, elle regardait toujours les flammes de la cheminée danser.
-Tu as même sa voix, elle dit ces mots dans un murmure, mais que le jeune garçon entendit.
-Je vous demande pardon ?
Elle avala une gorgée et tout en se réservant elle répéta :
-Tu as la même voix que ton père, cette même éloquence qui avait autrefois fait chavirer mon cœur. C'est drôle, n'est-ce pas ? Cette même voix qui m'a fait aimer ton père avant, me fait te détester aujourd'hui.
Jellal mit un moment à rassembler ses esprits : -Alors c'est bien ce sentiment qui vous submerge me concernant ? La haine ?
La mère qui fixait depuis le début un point dans le vide, osa poser les yeux sur son fils : -Les choses sont plus compliqué que ça Jellal. Mais tu n'es qu'un enfant, tu ne pourrais comprendre.
-J'aimerais que vous asseyiez de m'expliquer.
Elle laissa planer un silence, où elle réfléchissait à quoi faire, mais l'expression du jeune garçon acheva de la convaincre :
-D'accord Jellal, je vais pour la première fois être profondément honnête avec toi. Considère ces révélations comme un cadeau bonus pour tes dix ans. Je vais t'exposer la réalité de notre monde, à quel point il est pourri et malheureux, mais surtout, je vais te faire comprendre que peu importe ce qu'il se passe, on ne peut pas y échapper. Tu es le premier fils de la nouvelle ligné Fernandez, tu vas hériter de bâtiments, d'entreprise, d'un empire entier. Tu devras assurer partout, entre baratin, soudoiement et arnaque. Tu devras manipuler les autres pour atteindre ton but, ton seul intérêt comptera et tu seras prêt à sacrifier n'importe qui. Tu te complairas dans ta toute-puissance et le monde sera un jeu sur lequel tu placeras tes pions. Tu n'aimeras que toi, et n'auras d'intérêt que dans ton héritage que devras perpétuer ton sang. L'éducation que tu as reçue te permettra d'étendre tes contacts et tu ne seras jamais rassasié de puissance. N'oublie jamais ça Jellal, depuis ta naissance, tu es programmé pour devenir le successeur de ton père.
Après son discours, la mère était persuadée que le fils allait s'enfuir en courant. Mais il en fut autrement et Jellal, en plus de son passage du vouvoiement au tutoiement, demanda une chose qui la surprit :
-Tu m'aimerais si je ne lui ressemblais pas ? Je suis son portrait cracher, j'ai sa voix et son héritage, je suis sûr que les choses auraient été différentes. Je suis un enfant, mais je vois ce qu'il se passe, je sais que père n'est pas une bonne personne et je sais aussi qu'il t'a fait beaucoup de mal. J'ai vraiment souhaité de toutes mes forces de changer pour ne pas lui ressembler, mais je sais bien que les choses ne sont pas faites ainsi. Je sais très bien ce qui m'attend, ce que mon nom représente, et pourtant, j'ai le sentiment que jamais je ne deviendrai comme lui. Alors je ne peux peut-être pas te le garantir, ou te le promettre, mais j'espère que quand tu me regarderas, tu te diras qu'il y a une chance que je ne finisse pas comme père. Il se redressa et repassa au vouvoiement : Je pense avoir compris mon rôle maintenant, notre famille n'est qu'une façade, alors par respect pour père et vous je continuerai la comédie. Mais comprenez mère, je ne veux pas de cette vie, je n'aspire pas à cela. Alors lorsque le moment sera propice, je m'en irai et peu importe ce que vous direz l'un comme l'autre, je ferai mon propre chemin.
Jellal se surpris lui-même à parler ainsi, mais plus encore, il vit pour la première fois de sa vie, des larmes coulé sur les joues de sa mère. Une constatation évidente lui pinça le cœur : les hommes Fernandez étaient destinés à blesser les femmes de leurs vies.
Pensant que la conversation était finie, il prit la direction de sa chambre. Mais la voix de sa mère retentis et le stoppa dans son élan :
-Jellal, veux-tu bien jouer pour moi, je te prie ? J'aimerais entendre le son de ton nouvel instrument.
Il ne mit pas longtemps à se mettre en position et à jouer. Cet instant dura une heure entière où Jellal joua pour la première et dernière fois pour sa mère. Les jours suivant son dixième anniversaire ressemblèrent à tous les autres, la mère et le fils ne se parlèrent plus jamais, mais le cœur du garçon changea lui. En effet, celui-ci ne rêvait que d'une chose : la liberté.
Fin du Flashback
Mes parents sont décédés dans un accident de voiture à mes quatorze ans. J'ai continué à vivre ici sous la tutelle d'un homme engagé par mon père. Lorsque j'ai eu dix-huit ans, je reçus mon héritage et le droit de faire ce que je voulais de ma vie. J'ai laissé les personnes s'occupant déjà des entreprises gérer et j'ai continué mes études tranquillement jusqu'à ma rencontre avec Luxus et les autres. J'ai toujours eu conscience de mon héritage, mais je n'ai jamais voulu l'utiliser parce que ce n'était pas le mien. J'ai le sentiment que l'utiliser pour moi, c'est salir ce que je suis.
-Et qui es-tu Jellal Fernandez ? Erza gardait son sang-froid, mais c'était uniquement pour lui.
-Je ne suis pas un Fernandez, et encore, je ne suis même pas sûr d'y croire Erza. Si je t'ai raconté mon histoire, ce n'est pas pour que tu me prennes en pitié, cette histoire est vielle et aujourd'hui elle n'a plus aucune importance à mes yeux.
-Si ne rien dire est ce que tu attends de moi, alors je me tairais.
Jellal soupira et se tourna vers la rousse :
-Rentrons à la maison Erza.
Le voyage du retour se fit dans le silence complet. Ce n'est que de retour à la maison que Jellal osa dire :
-Je ne veux pas que tu me prennes en pitié Erza.
-Je trouve ton histoire triste, aucune personne aussi bonne que toi ne devrait subir ça.
-Aussi bonne ? Oh Erza, si seulement tu savais quel genre de personne, je suis réellement. Erza affichait un air interrogatif, alors il poursuivit : Ce soir-là, je lui ai dit clairement que tout lien entre nous n'existait plus. Que dorénavant, je vivais pour moi. Est-ce que tu sais ce que j'ai ressenti à la mort de mes parents Erza ?! Pendant une fraction de seconde, je me suis senti soulagé ! Car enfin, je pouvais atteindre ma liberté ! J'ai tellement honte, tellement honte que vous tous, vous pensiez que je suis une personne fiable et droite ! Je suis un imposteur Erza ! La seule chose qui est vraie chez moi, c'est mon nom ! Fernandez ! Ma mère avait raison, j'aurais beau le vouloir de toutes mes forces, la fin sera toujours la même !
-La liberté pour laquelle tu aspirais, tu ne l'as pas atteinte, n'est-ce pas ?
-Alors je suis si exécrable ? Il fit un rire nerveux.
Erza s'approcha de lui doucement :
-Exécrable est le dernier mot qui me vient lorsque je pense à toi. Jellal, je parle en tant que personne qui te connais depuis un an, et je peux te dire que tu es incroyable. Tu es bienveillant pour les personnes que tu aimes, tu rends la vie tellement simple pour tout le monde, ta simple présence arrive à apaiser n'importe quel être tourmenté. Pour ce que tu as vécu, tu es devenu encore meilleur que ce qu'à quoi tu aspirais.
-Alors pourquoi je me sens si minable ?
Elle s'approcha encore et s'arrêta à quelques centimètres de lui :
-Parce que, elle pointa son doigt sur la poitrine du garçon, parce que ton cœur est immense. Et tu vois, je suis persuadé que ta mère s'est mise à pleurer ce soir-là parce qu'elle a vu la même chose que moi. Ton histoire m'a fait comprendre une chose Jellal, ta mère t'aimais. Ton père l'a brisé, et elle savait qu'elle était en incapacité de s'occuper de toi. Alors elle t'a confié à des gens qualifiés, se renseignant toujours si tu allais bien, elle prenait soin de ton éducation pas pour ta place, mais parce qu'elle était tout simplement ta mère. Je pense que oui, lorsqu'elle te regardait, elle avait mal, parce que l'être qu'elle aimait le plus était le portrait craché de celui qu'elle haïssait le plus. Alors elle a voulu t'éloigner de ce monde pourri et malheureux, en brisant tout sentiments que tu aurais pu avoir pour eux. Et ce soir-là, elle vit que tu t'en sortirais, que tu briserais ce cercle crée par ton père, et elle marqua cet instant par des larmes. Des larmes d'amour pour son fils adoré. Si j'avais été elle, je serais fière de ce que tu es devenu Jellal Fernandez.
Jellal avait les yeux rougis, il regardait Erza droit dans les yeux et réussi à dire dans un murmure :
-Merci Erza.
Une ambiance s'installa dans la maison entière, les deux partageaient un énième instant unique. Mais cette fois-ci, quelque chose les poussa à se rapprocher d'avantage, une force étrangère sur laquelle ils n'avaient aucun contrôle. Jellal et Erza allaient sceller leurs lèvres, mais Jellal ferma les yeux brusquement, il attrapa les épaules de la jeune femme et tout en ouvrant les yeux, il dit :
-Il est tard, je suis fatigué, bonne nuit Erza.
Et il la laissa là, seule, troublé par cet instant, mais aussi peiné par ses dires silencieux : « Je ne peux pas ».
