Bonne année!

Voici le dernier chapitre de la partie 5. On clôt le journal de Ludivine et les vacances se terminent sur quelques révélations pour Kécile sur le passé de Dumbledore.

Prochain chapitre: La bague des Gaunt...


Chapitre 89 : Les fantômes du passé

Lundi 3 septembre

J'ai eu mon premier jour d'apprentissage avec Mme Vuflot. Nous ne sommes que 6 élèves dont seulement deux en première année. Pour l'instant, je dois faire mes preuves, et je ne m'en sors pas trop mal, je crois. Mais même si je pense en savoir plus que la moyenne en matière de sortilèges et maîtriser la magie essentielle dans une certaine mesure, ça ne semble pas l'impressionner le moins du monde. J'imagine qu'elle estime ça normal de l'arrière-petite-fille d'Erlésie Deschavelles. J'espère qu'elle ne va pas me comparer à Grand-mère Erlésie, parce que je ne vais pas faire le poids...

Jeudi 6 septembre

Je n'ai pas le temps d'écrire. Les cours sont passionnants mais je n'ai pas une minute à moi.

Mercredi 18 novembre

J'ai commencé à lire les journaux de Maman. C'est déroutant. Je retrouve tout le monde, mais ils sont différents. Et puis, c'est étrange de voir Maman tomber amoureuse de Papa et de s'acharner comme elle l'a fait... Même si je connais leur histoire, c'est surprenant de voir à quel point leur amour était différent l'un envers l'autre.

Dimanche 21 décembre

Maman m'avait déjà parlé de la magie de la musique, de la magie des mots, notamment du pouvoir que renferme la langue runique, mais elle ne m'avait jamais dit qu'elle avait combiné les deux. On obtient apparemment des choses vraiment surprenantes. Je crois que je vais choisir cela comme prochain sujet de laboratoire.

Maman a écrit un texte runique et une mélopée sur son journal. Elle appelle cela le « chant des amours perdus ». Mais elle n'en a pas décrit les effets.

Kécile fut prise de curiosité en lisant ces lignes. Elle alla chercher son instrument et intriguée, déchiffra la mélodie au hautbois. C'était très simple et tournait essentiellement sur trois notes, dans un effet un peu antique et orientale. Le chant aurait pu presque paraître anodin s'il ne semblait pas réveiller d'étranges sensations, comme si des ombres s'élevaient tout d'un coup dans la pièce, tant et si bien que Kécile finit par cesser de répéter en boucle cette mélodie, le hautbois suspendu et regardant autour d'elle avec suspicion, jusqu'à ce que la porte s'ouvre brusquement sur Dumbledore.

- Où as-tu trouvé cette mélodie, Kécile ? Demanda-t-il d'un ton autoritaire qu'il utilisait rarement.

- Dans le journal de Ludivine, Albus.

Il s'approcha pour voir la ligne de musique et ferma le petit cahier en disant :

- Il vaut mieux ne pas trop jouer avec ça, Kécile. Cette incantation a un pouvoir étrange et mal-connu.

- Qu'est-ce qu'elle fait, exactement ? Rien n'est précisé à ce sujet dans le journal.

- Le chant des amours perdus... Camille m'a dit que selon les circonstances, il peut avoir des résultats variés. Elle m'a avoué l'avoir utilisé un jour pour entrer en contact avec l'esprit de sa mère après la mort de Madeleine. Les Deschavelles n'auraient pas été ce qu'elles ont été, je l'aurais sans doute cru folle. Je lui ai fait remarquer que cela frisait la nécromancie. Elle m'a répondu que non. « Il s'agit seulement de rendre visibles les êtres invisibles et accessible l'inaccessible par l'amour qu'on leur porte. »

- Seulement, répéta Kécile dubitative. Plus je découvre les Deschavelles et plus j'ai la sensation que l'impossible n'existait pas pour elles. Je suis en train de me dire que Voldemort aurait peut-être eu intérêt à se pencher sur la magie essentielle plutôt que sur la magie noire ! Le champ des possibilités est peut-être encore plus vaste.

Dumbledore secoua lentement la tête.

- Si Voldemort s'était intéressé à la magie essentielle, il n'aurait pas été Voldemort...

Jeudi 3 avril 1979

Que le temps passe vite ! J'ai reçu une lettre de Lily qui m'annonce qu'elle est enceinte d'un petit garçon ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu de ses nouvelles et il naîtra fin juillet début aout. Ils n'auront pas traîné !

De mon côté en amour, c'est le calme plat, mais à 19 ans, j'estime que ce n'est pas encore alarmant ! Sans faire comme Papa... Bon d'accord, ce n'est pas un bon exemple.

Mes recherches auprès de Mme Vuflot m'amènent souvent à relire les journaux de Grand-mère Erlésie et de Maman. Et notamment les années qui ont suivies sa rencontre avec Papa. Jusqu'à alors, elle avait (tout comme moi) une vision assez manichéenne de la magie. Et puis Papa, avec ses doutes et son passé avec Grindelwald a remis en perspective ses rapports. Je sens bien en lisant ses lignes que lorsqu'elle a appris les projets de dominations que nourrissait Papa dans sa jeunesse, Maman a traversé une période de doutes sur la distinction que nous opérons entre magie noire et blanche. Elle en a conclu que ce n'est pas qu'une question de pure chimie, mais aussi une question d'intentions. Elle a aussi mené une étude sur les protections du manoir dont le principe de base est emprunté à la magie noire bien que ce soit dans la pratique un charme de magie blanche, sans conteste.

Mince en parlant de protections, je ne devais pas les renouveler ce soir ? Je doute cependant avec les trombes d'eau qui s'abattent du ciel que quiconque vienne sonner à la grille...

Pour en revenir à son étude, comme le dit Maman, le fait que le château puise dans l'énergie de son ou de ses héritières pour nourrir ses défenses est commun à bon nombre de maléfices. Et plus le nombre d'héritières sur le domaine ou même simplement en vie est important, plus ces défenses sont puissantes. Les similitudes s'arrêtent néanmoins là puisqu'à aucun moment nous ne sommes affaiblis par le processus qui reste toujours constant et stable sans s'accroître avec le temps comme le font les maléfices qui finissent souvent par prendre le dessus sur l'énergie du sorcier.

Les protections que Maman a dû ajouter à la mort de Mami et de Grand-mère Erlésie et que je dois à mon tour maintenir ne pourraient...

Le journal s'arrêtait là. Rien, bien sûr qui put expliquer à Kécile comment Ludivine avait été enlevé. Rien, non plus sur ses mois de captivité. Juste ces mots qu'une petite négligence, dont ces lignes étaient les criant témoins, avait interrompus.

Mais les dernières traces écrites de Ludivine avaient ouvert une énorme interrogation dans l'esprit de Kécile « projets de domination » de Dumbledore ? De quoi pouvait-elle bien parler ? Jamais un homme comme Albus ne pouvait avoir eu l'idée de dominer le monde, tout de même ! Ou bien on ne pouvait plus avoir foi en qui que ce soit et le premier sorcier puissant venu pouvait devenir le prochain Seigneur des Ténèbres...

Il fallut quelques jours à Kécile avant d'oser interroger son grand-père. Le soir, lorsqu'ils s'asseyaient dans le petit salon pour lire, travailler ou faire de la musique, elle l'observait à la dérobée, comme cherchant sur son visage des traces de pensées coupables.

Mais Dumbledore finit par apercevoir son manège et lui demanda :

- Est-ce que tout va bien, Kécile ?

- Oui, Albus.

- Pourtant tu sembles pensive. N'as-tu rien à me demander ?

- En réalité...si, finit par avouer Kécile en fixant le tapis dont le motif devenait brusquement passionnant. C'est quelque chose que j'ai lu dans le journal de Ludivine. Une allusion. Je me demandais si vous accepteriez de m'expliquer. Mais peut-être que vous ne souhaitez pas en parler...

- De quoi s'agit-il ?

- Elle parle de vous et de... de projets de domination, finit par dire Kécile en relevant les yeux et en plantant son regard dans celui du vieil homme assis en face d'elle. Quels projets ? Ajouta-t-elle avec une sorte de violence contenue.

Elle vit le visage de Dumbledore s'assombrir.

- J'aurais préféré que tu n'ais jamais vent de cela... Je ne tiens pas à ce que cela se sache pour être honnête... Tu comprends, ajouta-t-il avec un petit rire un peu gêné, cela ternirait ma réputation. Mais je suppose qu'il vaut mieux te révéler la vérité...

Il se passa les mains devant les yeux d'un geste las.

- Merlin, je n'ai jamais parlé de cela à personne d'autre que Camille.

Et tout d'un coup, Kécile fut effrayée de voir Albus vulnérable.

- Je n'ai pas toujours été du bon côté, Kécile.

La jeune fille ouvrit de grands yeux stupéfaits.

- Je t'ai déjà parlé de mes relations avec Grindelwald. Les sentiments d'ailleurs platoniques que j'éprouvais pour lui n'étaient pas la seule chose qui nous liait. Nous nous sommes rencontrés à Godric's Hollow où j'habitais à l'époque. Il avait 16 ans, moi 18 ans. C'était un jeune homme extrêmement brillant, plein d'idées, certaines très discutables, je le reconnaissais. Mais néanmoins, nos idées, si dans la forme souvent différentes, dans le fond se rejoignaient souvent. Nous étions sans aucun doute imbus de nos personnes, Kécile. Trop conscients de notre valeur. Et nous étions persuadés que nous pouvions construire l'avenir à notre image. Je rêvais d'abolir le secret magique. J'étais persuadé que moldus et sorciers pouvaient cohabiter comme ils l'ont fait durant des siècles. Gellert pensait que les sorciers avaient reçu un don qui les rendaient supérieurs aux moldus. Et à l'époque, je ne trouvais aucun argument qui put contrecarrer cette idée, et je m'en laissais convaincre. Nous avons alors commencé à imaginer un monde où les sorciers domineraient la société.

- L'idéologie de Grindelwald durant la guerre.

- Oui, acquiesça Albus. Pour le plus grand bien, ajouta-t-il à regret. C'était ce que je pensais. J'étais convaincu à l'époque que cela serait bénéfique. C'est moi qui ait mis l'arme à la main de Gellert, en quelque sorte...

- Vous voulez dire que c'était vous l'instigateur de cette idée ?! S'exclama Kécile.

- De sa justification, oui, avoua Dumbledore. Pour le plus grand bien, répéta-t-il en secouant la tête

La jeune fille fixa Albus avec incompréhension et effarement.

- Tu connais la guerre qui a suivi, et les victimes qu'elles ont faites. Il m'a été très douloureux de penser que j'étais responsable de cela.

- Vous n'en étiez pas responsable, Albus, répondit Kécile d'un ton catégorique.

Le vieil homme eut un pauvre sourire.

- Grindelwald aurait abouti à ce résultat que vous ayez partagé vos idées avec lui ou non. Vous, vous vous êtes arrêtez à temps. Et vous êtes celui qui avez mis fin à cette guerre, énumérait Kécile avec véhémence.

- Ne t'excite pas ainsi, Kécile, dit Dumbledore avec un geste apaisant. J'ai fini par admettre tout ce que tu dis. Mais cela n'enlève rien aux regrets.

- Ainsi, si vous avez tardé à affronter Grindelwald, c'était par peur qu'il vous rappelle votre participation.

Albus se renfonça dans son fauteuil et ferma les yeux. Kécile regretta son commentaire en voyant la douleur qui se peignait sur son visage.

- C'était une seule des raisons, Kécile. La deuxième, tu l'as peut-être deviné, c'était les attentes de Camille à mon égard une fois que j'aurais affronté Grindelwald et dépassé les sentiments que je pouvais encore éprouver pour lui. Mais la troisième …

Dumbledore se tut un instant avant de murmurer :

- … c'était la peur d'apprendre que j'avais tué Ariana.

- Ariana ? Répéta Kécile. Qui est-ce ?

- Ma sœur.

- Je ne comprends pas, Albus. Apprendre que vous aviez tué votre sœur ? De qui ? De Grindelwald ? Pourquoi donc ?

- Bien sûr que tu ne comprends pas. Je me suis bien gardé d'étaler au grand jour cette époque de ma vie, tout comme mes relations avec Grindelwald.

- Vous n'êtes pas obligés de me raconter, Albus, dit Kécile qui avait fini par se lever pour s'approcher de Dumbledore et venir s'agenouiller près de lui et tenter de lui apporter un peu de réconfort.

- Vois-tu, Kécile, dit le vieil homme en plongeant soudain son regard dans le sien, lorsque je t'entends dire que tu es un monstre ou que tu ne vaux rien, je m'insurge car je pense à ce que j'étais à ton âge. Et tu vaux bien mieux que moi.

- Comment ! S'exclama Kécile. Vous ne pouvez pas dire cela, Albus. J'ai commis un meurtre. J'en aurais sans doute commis d'autres si vous n'aviez pas été là.

- Tu as été endoctrinée Kécile. Tu as agi contre ton gré. Je n'ai eu besoin de personne pour rêver après des folies et commettre de graves erreurs.

- S'il vous plaît, Albus, arrêtons-là cette conversation. Je vois bien qu'elle vous bouleverse.

Le vieil homme adressa un maigre sourire à la jeune fille et lui caressa la joue.

- Tu es gentille, Kécile. Mais il vaudrait mieux que je te raconte mon histoire, maintenant que j'ai commencé.

- Un autre jour, Albus, s'il-vous-plaît. Je n'aime pas vous voir ainsi.

- Très bien, capitula Dumbledore, je te parlerai de ma famille demain, alors.

Kécile acquiesça, soulagée de voir que son grand-père semblait redevenir le vieil homme serein qu'elle connaissait.

- Tu as vraiment les yeux de Camille...

Dumbledore, cependant, repensa à leur conversation durant toute la nuit et toute la journée du lendemain. Il ne s'était jamais dévoilé autant à quelqu'un à l'exception de Camille. Même Ludivine n'avait su la vérité que par le biais des journaux de sa mère et n'avait jamais évoqué le sujet. Mais personne ne serait là pour le raconter à Kécile.

Avait-elle besoin de savoir toute la vérité, s'était-il demandé. Il aurait été si facile de garder le silence sur les aspects les moins recommandables de sa jeunesse. Mais il avait comme l'intuition qu'il devait la vérité à sa petite fille. Ludivine avait grandi dans un entourage heureux et confiant. Elle n'avait jamais douté de sa famille. La confiance de Kécile était un bien fragile qu'il se devait de chérir et d'entretenir.

Mais ne risquait-il pas de perdre son estime s'il parlait de ce qu'il était durant sa jeunesse ? S'était alors demandé Albus. La crainte l'avait longtemps maintenu silencieux envers Camille, car il lui semblait que la jeune femme était trop pure pour comprendre les méandres d'une âme plus sombre qu'il ne voulait bien le laisser voir.

Albus finit néanmoins par décider que ses craintes ne devaient pas s'appliquer à Kécile. La jeune fille connaissait l'attrait du pouvoir, l'attrait de la magie noire et de la domination. Elle pourrait comprendre le jeune homme qu'il était, espérait-il.

Aussi ce soir-là vint-il trouver Kécile qui lisait dans le petit salon confortablement installée dans le petit salon.

Quand elle redressa la tête vers lui avec un sourire, il dit doucement :

- Je crois que nous avons une conversation à terminer, Kécile.

Il vit l'hésitation se peindre sur son visage.

- Vous êtes sur ? Vous n'êtes pas obligé...

- Non, je ne suis pas obligé. Mais je pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire.

Dumbledore vint s'asseoir à ses côtés.

- Est-ce que vous avez encore de la famille, Albus ?

Il hocha la tête.

- Il me reste mon frère, Adelforth. Nos relations sont très distendues depuis des dizaines d'années cependant. Il ne m'a jamais pardonné.

- Pardonné quoi ? Insista Kécile.

- La mort d'Ariana.

- Vous ne pouvez pas avoir tué votre sœur... murmura Kécile en le fixant avec de grands yeux pleins de désarroi.

- Indirectement, certainement. Peut-être même directement également. Je ne sais pas. Je ne saurais jamais, finit-il à voix basse.

Et Kécile entendit toute la souffrance du remord dans cette simple phrase. Elle prit la main du vieil homme et demanda :

- Est-ce que je peux savoir ce qu'il s'est passé, Albus ?

Dumbledore raconta alors son enfance qui avait basculé le jour où Ariana avait été agressée par des moldus, avec un père mis au ban de la société, une sœur qu'il aimait mais qui était un poids pour toute la famille, le fossé d'incompréhension entre lui et son frère et sa mère qui tentait tant bien que mal de ne pas laisser sa famille imploser.

- Je crois qu'elle comprenait mon besoin de me démarquer du reste de ma famille, de faire quelque chose qui redonnerait du prestige à notre nom et qui ferait oublier le crime de notre père, tout aussi justifié pouvait-il être à nos yeux. Je me consacrais exclusivement à mes études et elle ne me l'a jamais reproché. Mais dans le même temps, elle ne reprochait pas non plus à Adelforth son désintérêt pour ce que je considérais comme ses responsabilités. Il endossait cependant d'autres devoirs, un autre rôle que je n'étais pas prêt à remplir, en soutenant notre mère et en s'occupant de notre sœur à chaque fois qu'il était à la maison. Je lui laissais ce rôle de grand frère attentif avec joie.

Et puis notre mère est morte. Ariana a perdu le contrôle un jour. Personne n'a jamais su ce qu'il s'est vraiment passé. Il n'y avait pas de témoins et Ariana n'a jamais pu expliqué comment ce sort a pu tuer notre mère.

- Vous pensez que c'est elle qui l'a tuée ? Demanda Kécile horrifiée.

- Personne ne saura jamais. Mais c'est le plus probable. Je me suis alors retrouvé avec un rôle de chef de famille que je n'étais pas prêt à endosser. J'avais « de grands projets » comme tu peux l'imaginer. Je voulais faire le tour du monde, partir à la rencontrer des plus grandes personnalités de l'époque. Chose impossible avec Ariana. Adelforth voulait arrêter Poudlard pour s'occuper de notre sœur, mais ma mère avait toujours été contre cette idée et j'ai voulu poursuivre sa volonté. Je pensais bien faire, évidemment... Mais c'est dans ce climat de frustration que j'ai rencontré Grindelwald. Tu sais alors les projets que nous avons eu, et Grindelwald m'a convaincu que nous pouvions partir en emmenant Ariana. Lorsqu'Adelforth a eu vent de cette idée, il est devenu fou furieux. Il se fichait de nos projets insensés mais il exigeait que nous laissions Ariana en dehors de tout cela. Mais ou je partais avec Ariana, ou je restais. Le ton est monté. J'étais frustré de voir mon avenir enrayé par une situation que je subissais, Grindelwald était en colère après mon frère qu'il considérait comme un moins que rien et Adelforth était furieux après moi qui voulait entraîner notre sœur dans ma folie. On a fini par sortir nos baguettes et à partir de là, tout a dérapé quand Ariana a paniqué et a voulu nous séparer. Les sorts se sont croisés, personne n'a su s'arrêter à temps et avant que nous réalisions ce qu'il se passait, Ariana était morte.

Il y eut un long silence à la fin de ce récit. Dumbledore regardait sa petite fille d'un œil calme mais dans l'expectative d'un reproche. Pourtant, rien ne vint.

Que pouvait-elle dire après cela ? Qui était-elle pour reprocher à cet homme ses erreurs de jeunesse ? Il avait trouvé la force de caractère de continuer et de changer. Aurait-elle cette même force ?

Kécile imaginait sans peine que cette scène devait hanter les nuits de son grand-père depuis des décennies. Elle savait que dans cinquante ans, elle-même se réveillerait encore en sursaut de son pire cauchemar. Le meurtre qu'elle avait commis serait le fardeau de sa vie.

Et Dumbledore venait de lui livrer le sien.