Bonjour à tous!

Voici le premier chapitre de la sixième partie! Je suis rudement contente de l'entamer. Malgré un quotidien extrèmement chargé, je me dégage de petits moments de détente pour écrire . Je suis en train d'écrire le chapitre 92. Je n'ai donc guère d'avance, hélas...

Comme vous vous en doutez, on retrouve le cours du livre.

Je ne répondrai à aucune question sur l'avenir de Dumbledore. Son destin est scellé, et aucune supplique quelconque ne changera le cours de mon histoire!

Bonne lecture!


Chapitre 89 : La bague des Gaunt

Le professeur Dumbledore siégeait à nouveau dans son bureau, quinze jours avant la rentrée, au milieu des plusieurs piles de documents administratifs.

Le menton posé sur ses mains croisées, sa réflexion était pourtant à des lieux de la paperasserie qui l'entourait.

La sérénité du mois passé au Clos avec Kécile ne lui avait pas fait oublier sa mission. Et il lui fallait aviser de la conduite à tenir dans les mois à venir.

Il pensait avoir découvert un horcruxe. C'était une avancée positive mais il devait prendre une décision vis-à-vis de Harry et par le même coup de sa petite fille.

Jusqu'à quel point devait-il leur parler de ce qu'il savait ? Toutes ces années, il avait tu à Harry la prophétie. Mais maintenant que ce dernier la connaissait, il se demandait s'il ne devait pas l'inclure au moins partiellement dans la quête aux Horcruxes. Après tout, il ne serait peut-être pas toujours là pour le guider. Il ne pouvait garder pour lui seul les découvertes qu'il avait faite, et ne pouvait non plus exiger de Harry ce qu'il devrait faire sans que celui-ci n'ait droit à des réponses.

Mais comment devait-il s'y prendre ? Devait-il aller chercher Harry pour aller trouver ce premier Horcruxe ?

Le vieil homme repensa à la mine défaite du garçon lorsqu'il avait appris le contenu de la prophétie. Harry avait été assommé par la nouvelle, juste après avoir perdu son parrain. Il allait lui falloir du temps pour se faire à l'idée qu'un si grand fardeau pesait sur ses épaules. Et il allait avoir besoin de savoir qu'il n'était pas seul. Et que la mission qu'on lui confiait, bien que difficile, n'était pas impossible. En un mot, il allait devoir être rassuré...même si Dumbledore savait qu'au tout dernier moment, si ses suppositions étaient exactes, il n'y aurait personne pour l'aider et le rassurer.

Fermant brutalement les yeux, le vieil homme préféra laisser de côté cette pensée qui l'effrayait lui-même. Il ne devait pas penser à quel point son plan était précaire. Il ne pouvait pas se laisser lui-même gagner par la peur et le doute, quelles que soient ses inquiétudes et les souffrances qu'il prévoyait pour lui et ceux qui lui étaient chers. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Et il devait consolider son plan et rendre plus forts les protagonistes de ce plan.

Mieux valait donc informer Harry pour une fois, avant de le lancer dans l'action. Savoir certaines choses pouvaient le rassurer, lui donner la sensation de contrôler davantage la situation, et non d'avoir été jeté dans la fosse aux lions sans armes, comme cela lui était déjà arrivé un certain nombre de fois.

Il irait donc chercher cet Horcruxe sans Harry.

Bien que secondaire, se posait ensuite la question non négligeable de Kécile.

Dumbledore songeait qu'elle aussi aurait droit, voir même besoin, à des informations, et ce à plus d'un titre.

Outre le fait qu'elle était l'une des meilleures amies de Harry, et que de ce fait, elle serait de toute manière au courant de l'essentiel, Dumbledore songeait qu'après avoir découvert l'histoire de la branche maternelle de sa famille, il était temps que la jeune fille plonge dans celle plus sombre de sa famille paternelle. Ce qu'il s'apprêtait à révéler à Harry était après tout l'histoire de son propre père. Elle avait donc droit à un récit de première main.

Et puis, il y avait cette histoire de baguettes. Deux baguettes jumelles, mais quatre au cœur identique. Tout portait à croire que Kécile allait être plus impliquée dans les combats à venir que les autres amis de Harry.

Enfin, dernier point non négligeable, si les suppositions de Dumbledore étaient justes, il s'apprêtait à découvrir un artefact magique que Kécile avait porté sur elle durant plusieurs mois.

Pourrait-elle de ce fait l'aider dans sa recherche ? Pouvait-il l'emmener là-bas sans la mettre en danger ?

Après bien des hésitations, le vieil homme se décida à l'emmener avec lui. Aussi dangereux que cela pouvait être, cette mission pouvait se révéler instructive et la jeune fille n'était pas totalement ignare en magie noire.

Il n'avait plus qu'à prier Merlin de ne pas faire une erreur...

XXX

C'était l'aube et la campagne où Dumbledore les avaient transplanés bruissait du chant incessant de dizaines d'oiseaux. Dans quelques minutes, le soleil apparaîtrait timidement, et ils se tairaient tous, les plongeant dans le silence.

Dumbledore avançait à grands pas secs, pressé de se retrouver sur les lieux, et Kécile avait un peu de mal à le suivre, devant parfois trottiner pour se remettre à son niveau.

Le vieil homme lui avait fourni assez peu d'explications sur leur expédition. Hormis l'avertir consciencieusement du danger, ce que Kécile aurait deviné toute seule dès qu'il s'agissait de Voldemort, il lui avait simplement expliqué qu'il partait à la recherche d'un artefact magique caché dans une ancienne maison. Et pour une raison qui dépassait l'entendement d'après Kécile, son grand-père était persuadé qu'il s'agissait de la bague de Salazar Serpentard.

Supposition hautement improbable d'après elle quand on savait à quel point Voldemort tenait à ce bijou et était attaché à ce symbole de son ascendance. Mais Dumbledore devait avoir ses raisons, et elle ne s'était pas permise de les remettre en cause.

Elle le suivait donc en silence dans la campagne anglaise, se demandant vaguement ce qu'ils allaient bien pouvoir trouver dans un trou pareil. Ils s'éloignaient de plus en plus du petit village de Little Hangleton qui n'était déjà pas une capitale.

Il lui sembla apercevoir dans les reliefs des collines au-dessus d'eux la forme sombre d'un manoir les surplombant au loin. Elle crut qu'ils se rendaient là-bas, mais Dumbledore s'arrêta au détour d'un chemin devant un amas de broussaille.

- C'est là, dit-il simplement.

- … Là ? Répéta Kécile éberluée.

- Il va falloir nous frayer un chemin mais il faudra pouvoir reconstituer les ronces au retour afin que personne ne puisse supposer que nous sommes venus.

Il sortit sa baguette et commença à taillader les ronces. Kécile réalisa que les oiseaux s'étaient tus. Le soleil s'était levé, mais cela donnait l'étrange impression qu'ils avaient cessé leurs chants pour mieux les observer. Elle ne pouvait s'empêcher de jeter des regards aux alentours, s'attendant vaguement à voir surgir un mangemorts aux aguets, voire même Voldemort lui-même. C'était stupide, bien sûr, mais si Dumbledore était resté vague sur leur mission, il n'avait cependant pas échappé à Kécile que son père n'apprécierait pas du tout le but de leur expédition.

Au milieu des ronces, un espace envahit par les mauvaises herbes laissait voir une vieille bicoque en ruine.

- Albus, chuchota Kécile, êtes-vous sûr que mon père a pu cacher quoi que ce soit ici ? Demanda-t-elle dubitative. Ce n'est pas vraiment l'endroit où je l'imagine cacher un de ses trésors et moins encore la si précieuse bague de Salazar Serpentard.

- Nous allons vite le savoir, répondit simplement Dumbledore en ouvrant la porte de bois qui résista d'abord à sa poussée.

Le battant récalcitrant finit par céder dans un raclement sonore contre le sol de terre battue.

A l'intérieur, la lumière du petit jour passait à peine à travers les vitres obscurcies par la poussière et les toiles d'araignées. Tout était délabré, le crépi des murs s'effritait au sol et la poussière se soulevait à chacun de leurs pas.

Dumbledore se tenait au milieu de la pièce principale et inspectait d'un regard circulaire l'ensemble de la pièce.

- Que cherchez-vous, Albus ? Demanda Kécile.

- Je cherche des traces de magie.

- Est-ce que cela peut se voir ? Fit la jeune fille curieuse. Aucun sorcier n'a dû passer ici depuis des décennies...

- Non, cela peut se sentir. Ferme les yeux, l'enjoint-il en faisant de même.

Kécile obéit, mais dans le silence, elle ne percevait rien. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle vit que son grand-père en revanche avait trouvé quelque chose. Il était agenouillé dans un recoin de la pièce et portait son attention au sol.

Elle vit tapoter la terre de sa baguette et marmonner dans sa barbe avant de faire simplement apparaître une pelle, puis il commença à creuser. Kécile l'observa faire en silence, avant que ne s'extirpe de la terre une petite boîte métallique. Kécile put sentir alors la puissance magique familière qui s'en dégageait. C'était la bague qu'elle avait porté, cela ne faisait aucun doute. C'était étrange à dire, mais elle reconnaissait la puissance qui se dégageait de cette simple petite boîte.

Dumbledore l'ouvrit précautionneusement et un étrange murmure commença alors à ronronner autour de la bague noire qu'elle dévoila.

Kécile écouta un peu méfiante cette voix qui lui murmurait de mettre la bague et qu'elle pourrait alors voir sa mère. La voix prenait des accents doux, semblables sans doute à ceux que devait avoir une mère qui appelle son enfant. C'était caressant comme du miel, chaud comme un feu de cheminée, et cela aurait presque pu être réconfortant.

Mais Kécile n'était pas dupe : sa mère était morte et elle ne voyait pas l'intérêt de voir le fantôme de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. La voix perdait alors vite de son intérêt.

C'est ainsi qu'elle remarqua qu'en revanche, Dumbledore semblait littéralement hypnotisé par la voix. Elle le vit tendre la main vers la bague et s'en emparer.

- Albus ? Demanda-t-elle vaguement inquiète, pas totalement sûre pour une fois que le vieil homme sache exactement ce qu'il faisait.

Elle fronça les sourcils lorsqu'elle le vit passer la bague au doigt.

- Albus, je ne crois pas que...

Elle ne put aller plus loin car au même instant, la bague s'enflamma sur elle-même et Dumbledore poussa un hurlement qui lui fit se dresser le cheveux sur la nuque. Dans un mouvement convulsif, il tenta d'enlever l'anneau alors qu'une flamme noire serpentait le long de sa main.

- Fumsec... haleta-t-il.

Kécile, désemparée voulut lui demander ce qu'il attendait d'elle quand l'oiseau apparut portant entre ses serres d'or l'épée de Gryffondor.

- Prends l'épée, ordonna-t-il d'une voix sifflante de douleur.

Elle obéit les mains tremblantes tandis que les flammes noires qui courraient sur la peau parcheminée semblaient rentrer sous l'épiderme et ronger les veines qui prenaient une teinte noirâtre.

Avec un gémissement, Dumbledore parvint alors à retirer la bague, laissant une marque sanglante là où l'anneau s'était comme incrusté dans sa peau.

La bague roula sur le sol et Albus haletait péniblement pour reprendre ses esprits, le doigt ensanglanté et d'une teinte noirâtre de mauvaise augure. Kécile le fixait dans l'expectative, inquiète et incertaine de la conduite à tenir, l'épée au bout de son bras ballant.

- Brise la... haleta Dumbledore.

- Quoi !... mais comment ? dit Kécile un peu paniquée en voyant l'état de la main de son grand-père et sa faiblesse.

- Avec l'épée. Frappe, ordonna-t-il, tentant de rassembler ses forces en se soutenant contre un mur.

Kécile s'approcha de la bague, mais alors qu'elle soulevait péniblement la lame, une force de plus en plus violente lui donnait la nausée et lui ordonnait de ne pas faire ça. Plus elle tentait de résister et plus elle se sentait paniquer.

« Tu ne peux pas faire ça, disait une voix dans sa tête. Tu n'en as pas le droit. C'est la bague de ton ancêtre, salazar Serpentard. C'est la bague de ton père. C'est ta bague aussi. Ton père ne voudrait pas que tu fasse cela.

- Mon père n'est plus mon maître, tenta-t-elle de protester.

- Cette bague, c'est un peu lui. Il n'est plus ton maître, mais il est toujours ton père. Tu n'oserais pas frapper ton père tout de même ? »

- Je ne peux pas, finit-elle par gémir, tournant un regard désemparé vers Dumbledore.

- Tu le dois, ordonna à nouveau Dumbledore.

- Je ne peux pas ! Ce serait comme... comme le frapper lui, tenta-t-elle d'expliquer avec des yeux hagards.

Elle vit son grand-père se dresser péniblement et prendre l'épée de sa main valide. Le regard ferme malgré la douleur qu'il endurait, il leva la lame et l'abattit sans hésitation sur la bague qui rebondit sur le mur, le tintement métallique étouffé par un hurlement qui passa comme un courant d'air avant de s'évanouir.

- Va masquer notre chemin dehors, dit Dumbledore en s'effondrant contre un mur, de plus en plus pâle.

- Vous êtes sûr que...

- Va, coupa-t-il d'un ton pressant.

Kécile obéit et fit de son mieux malgré ses mains tremblantes et la panique qui la gagnait malgré elle.

Quant elle revint, Dumbledore était tellement livide qu'elle n'aurait pas été étonnée de le voir perdre connaissance et les flammes noires avaient gagnées du terrain.

- Qu'est-ce que...

- Accroche-toi à Fumsec, Kécile, ordonna Albus en attrapant lui-même la queue de l'oiseau.

L'instant d'après, ils avaient disparus dans un halo flamboyant.

Lorsqu'ils atterrirent dans le bureau du directeur, Kécile aida Albus à s'étendre sur le sofa du salon, alors que le vieil homme transpirait et tentait de retenir des grimaces de souffrance que lui provoquaient les flammes noires.

- Je vais chercher Mme Pomfresh.

- Non, coupa Dumbledore. Severus. Envoie Fumsec.

Kécile se précipita dans le bureau pour attraper une plume un parchemin et de l'encre.

Severus,

Venez immédiatement, Abus est victime d'un sort de magie noire. Fumsec vous amènera.

Kécile

Elle confia le parchemin au phénix qui disparut aussitôt pour revenir à peine une minute plus tard avec le professeur de potions.

- Que s'est-il passé ? Demanda-t-il aussitôt alors que Kécile le tirait vers le salon.

- Je ne sais pas trop ! S'exclama la jeune fille d'une voix rendue aiguë par la panique. Nous avons retrouvé la bague de Salazar Serpentard de mon père. Il l'a passé au doigt et ça a déclenché le maléfice.

Dumbledore avait laissé rouler sa tête sur l'accoudoir du canapé et avait fermé les yeux, les traits crispés. Il ne fit pas un geste lorsque Severus s'approcha et lui prit la main.

Alors que le professeur relevait la manche, Kécile vit que les flammes avaient commencé à monter vers le coude.

Severus commença à marmonner tout en passant sa baguette au-dessus des zones atteintes par le maléfice.

La bague s'est brusquement enflammée et j'ai l'impression que c'est alors passé sous la peau. On dirait que ça le brûle de l'intérieur... dit-elle avec angoisse.

- C'est à peu près ce qu'il se passe, répondit sombrement Severus. Je ne connais pas ce sortilège. Mais il agit comme un venin.

- Vous pouvez l'arrêter, n'est-ce pas, Severus ? Demanda Kécile sans masquer la supplique dans sa voix.

- Je vais faire mon possible.

Tous deux se turent alors tandis que Severus essayait plusieurs sortilèges. Kécile le vit également se rendre dans la réserve de potions personnelle du directeur et s'emparer de plusieurs flacons qu'il fit avaler au vieil homme à peine conscient.

Après près d'une heure de travail intensif, la noirceur du poison avait reflué et ne couvrait plus que la main de Dumbledore, mais elle semblait s'être intensifiée.

- Je ne peux rien faire de plus... murmura Severus.

- Est-ce qu'il est tiré d'affaire ? Demanda Kécile angoissée.

Le silence du professeur lui répondit.

- Severus, s'il-vous-plaît... supplia-t-elle.

Celui-ci se leva simplement et allait se détourner lorsque la voix de Dumbledore l'arrêta.

- Severus, restez.

- Vous devez vous reposer, Albus, dit le professeur avec un soupir, préférant visiblement remettre à un peu plus tard la confrontation.

- Je vous remercie.

- Vous ne devriez pas. Je n'ai pas pu...

- Je sais, l'interrompit Dumbledore. Mais cela en valait tout de même la peine, dit-il en se redressant avec difficulté sur les coussins du canapé.

Il sortit la bague de Salazar Serpentard et la posa sur la table basse. Kécile remarqua que la pierre était fendue en son milieu.

- Vous avez mis cette bague... quelle folie vous a pris ? Demanda Severus

- Un moment d'égarement...

- Ou les protections de Voldemort, intervint Kécile. Vous avez suivi les voix. J'en ai entendu, moi aussi. Elles voulaient que nous mettions cette bague.

- La magie du seigneur des Ténèbres est puissante. J'ai pu contenir le maléfice dans votre main, mais...

- Cela n'est pas le principal, rétorqua Dumbledore. Kécile, j'aimerais que tu nous laisses.

- Albus, coupa Severus, comment pouvez-vous dire que...

- Kécile, insista le directeur. S'il-te-plaît.

La jeune fille se leva, regardant les deux hommes d'un air incertain. Elle ne pouvait pas avoir compris, n'est-ce pas ? Dumbledore ne serait pas si serein.

Se répétant cette phrase en boucle, elle se retira dans le bureau du directeur. Mais une fois seule, la panique la gagnait. Elle revoyait les flammes noires, elle revoyait la mine défaite de Severus.

- Attends de savoir avant d'imaginer le pire, s'admonesta-t-elle avant de commencer à tourner en rond.

Et lorsque Severus sortit du salon la démarche raide et le visage fermé, elle se précipita vers lui.

- Répondez-moi, Severus, dit-elle d'un ton péremptoire. Que va-t-il lui arriver ?

- Je suis désolé, Kécile, dit le professeur à voix basse sans croiser son regard.

Ce n'est pas possible !...

Elle se tut un moment, attendant que Severus lui dise qu'elle dramatisait, que ce n'était pas ce qu'elle croyait, mais rien ne vint.

- Severus, ne me dites pas qu'il va mourir ! S'exclama-t-elle, la voix montant dangereusement dans les aigus.

- A moins d'un miracle, il ne lui reste plus que quelques mois à vivre.

- Non... murmura Kécile, incrédule. Je refuse de croire que... Il doit y avoir une solution ! Un remède ! Je ne peux pas le perdre si tôt, ajouta-t-elle alors que les larmes commençaient à dévaler ses joues.

- Je vais chercher, dit doucement Severus. Mais il s'agit d'un maléfice du Seigneur des Ténèbres. Il ne faut pas avoir trop d'espoir, Kécile.

Et sans ajouter un mot, il quitta le bureau.

Kécile resta immobile à regarder la porte close, refusant de croire l'évidence. Albus ne pouvait pas mourir. Elle n'avait pas profité trois mois de son grand-père, il ne pouvait pas lui être arraché si tôt. Et la guerre contre Voldemort avait besoin de lui. S'il disparaissait, leur camp se trouvait sans chef et affaibli. Voldemort aurait alors ce qu'il voulait depuis si longtemps.

Le directeur avait toujours paru invincible à Kécile. Il ne pouvait pas mourir comme ça, vaincu par une faiblesse qui l'avait poussé dans un piège qu'elle-même avait su éviter.

Lorsqu'elle retrouva son grand-père, il était alité et ne pouvait cacher la fragilité qui l'habitait. Mais il lui sourit néanmoins, se voulant rassurant.

- Je suis soulagé que tu n'aies rien, Kécile, dit-il doucement.

- Vous n'allez pas mourir, Albus, dit la jeune fille d'un ton ferme.

- Il y a des choses bien pires que ma mort, Kécile. Tu ne dois pas regretter ce qu'il s'est passé.

- Vous ne pouvez pas dire ça ! Se révolta Kécile. Nous venons de nous retrouver...

- Je sais, dit le vieil homme en tendant sa main valide pour lui caresser la joue. J'aurais voulu également que nous ayons plus de temps. C'est là mon seul regret. Il aurait sans doute été plus facile pour moi de partir si tu n'étais pas là. Et je te demande pardon de devoir t'abandonner si tôt. Mais j'ai confiance en toi et ma mort servira la guerre bien plus qu'on ne peut l'imaginer pour l'instant. Du moins c'est ce que je m'efforce de faire. Et nous avons encore quelques mois ensemble, mon enfant, ajouta-t-il en voyant les larmes de Kécile.

- Combien de temps ? Demanda-t-elle d'une voix hachée.

- Severus pense pouvoir me gagner une année.

- Nous aurons trouvé un remède d'ici là.

- Kécile, s'il-te-plaît, ne te fais pas de mal inutilement, répondit doucement Dumbledore. Il n'y a rien qui pourra me guérir qui ne soit pas de la magie noire. Il vaut mieux utiliser le temps qu'il nous reste pour nous préparer.


Alors? ma version vous plaît-elle?