Disclaimer : Rien ne m'appartient. Et ça vaut mieux en faite.


Camus soupira en reposant une jar sur l'étagère de bois sombre, dans un bruit sec et sourd. Il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille: la boutique était enfin rangée et les roses séchées avaient toutes une places parmi les pots de grès. Il avait même réussi à trouver le temps pour passer un coup de balais avant d'ouvrir l'endroit pour l'après-midi.

Le médium ressenti un peu de culpabilité en voyant les bons de commandes s'accumuler sur son bureau mais il était trop fatigué pour pouvoir faire le moindre talisman ou la moindre mixture sans rater une étape. Et puis, Camus n'avait pas vraiment le temps aujourd'hui, le fait qu'il ait décidé de ranger son arrière boutique de fond en comble et trier sa monnaie par ordre de taille jouait peut être. Surtout qu'il avait une certaine réserve de pièces...

Il se saisit du balais contre l'une des larges bibliothèques et passa un dernier coup rapide devant l'entrée. Ce début de journée s'était avéré quelque peu émouvant cette histoire d'ombre l'ennuyait toujours mais le monde continuait d'avancer et ses factures continuaient elles d'arriver. Il aurait bien pris une journée de repos, mais la boutique n'était déjà pas très fréquentée, si en plus il fermait un samedi.

C'était en général ce jour là que les jeunes lycéens à la recherche de frissons venaient y dépenser leur argent. Parfois, il avait aussi la visite de passionner d'ésotérique à la recherche de plantes et d'artefact toujours plus étrange. D'autre fois, Camus recevait dans sa boutique la présence bien moins agréable de ce genre de religieux extrémistes qui tenaient à lui dire à quel point il pourrissait le monde de ses élucubrations ou de ces gens très fermés d'esprit qui eux préféraient seulement se moquer de lui et le traiter de fou.

« Bien... » fit il une fois satisfait de son travail.

Il retourna la petite pancarte contre la porte vitrée du côté 'ouvert' et repartit rapidement poser son balais. Cette journée allait sûrement être encore calme, le laissant seul avec ses pensées. Dans ces moments, il regrettait ne pas avoir la présence de quelqu'un à ses côtés.

L'air de la boutique était quelque peu étrange, plongé dans une tiédeur vide qui, dès que l'on passait le pas de la porte, donnait l'impression que l'endroit était suspendu dans le temps. Le sol de parquet brun, toujours propre et brillant, ainsi que la lumière ocre ajoutaient à la boutique une atmosphère douce et nostalgique. Ce n'était guère grand mais assez pour y mettre quelques larges bibliothèques remplies d'objets hétéroclites, de vieux livres poussiéreux et d'ingrédients allant du plus commun au moins rassurant.

Camus avait travaillé d'arrache pied pour cet endroit, il avait du économiser durant toutes ses années d'études et si il n'avait pas finit professeur comme l'Orphelinat du Sanctuaire en avait attendu de lui. Il avait réussit à faire de cette endroit un havre de paix qu'il avait tant chercher. Il sacrifia beaucoup de temps et une bonne partie de son énergie vital pour ça mais à présent, Camus pouvait affirmer sans mal que cela valait le coup.

Outre l'argent qu'il avait du débourser, le médium eu recourt à beaucoup de sortilèges et de talismans pour établir autour de la boutique une barrière assez puissante. Il avait besoin d'assurer la sécurité des objets qu'il possédait, pas ceux qu'il exposait en vente mais ceux qu'il gardait farouchement dans la cave.

Bien sur, le médium avait aussi construit ces murs spirituels pour se protéger mais certaines de ses possessions étaient bien plus importantes que sa propre vie. Il en faisait son devoir d'empêcher une main malveillante de s'en emparer.

'Et si tu te fais voler par des humains tout ce qu'il y a de plus vivants ?' lui avait un jour demandé son meilleur ami Milo par curiosité. Effectivement, il s'était agit d'une possibilité et c'est pour cette raison qu'avec l'aide de Shaka, moine bouddhiste et vieille connaissance du Sanctuaire, Camus avait scellé la cave d'un sceau à l'efficacité redoutable. Certes, il n'avait à présent plus accès à l'endroit, sauf en présence du moine, mais il savait que les artefacts présents à l'intérieur étaient aussi bien protéger des hommes que des démons les plus puissants.

Camus jeta un dernier coup d'œil à sa boutique. Tout était parfait : les talismans et pendentifs rangés par pouvoirs et par styles, les pots de feuilles et fleurs séchés bien disposés sur les étagères et tous les grimoires dépoussiérés. Chaque objet était à sa place, satisfaisant ce petit côté maniaque du gérant. Maintenant, il n'avait plus qu'à attendre qu'un client daigne passer le pas de sa porte.

« Quitte à patienter... » souffla-t-il en s'asseyant derrière sa caisse.

Il sortit d'un tiroir un petit carnet sombre où était noircies plusieurs pages déjà.

Parfois, Camus avait peur de devenir fou, c'est pour ça qu'il avait décidé de noter avec attention la moindre rencontre étrange qu'il faisait. Basculer dans l'autre monde s'avérait quelques chose de dangereux pour les nerfs, ses rares amis pouvaient en attester.

Il était en train de griffonner rigoureusement son récit du jour quand la clochette de sa boutique le tira de ses pensées.

« Wouhou Camus ! »

Le jeune homme poussa un soupire en rangeant son carnet noir. Devant lui, les mains occupées pas une large cagette remplies de plantes -et de terre qui tombait sur son beau parquet-, se tenait Aphrodite un bon ami jardinier et accessoirement l'un des plus puissants sorciers qui ai existé. Il ne s'attendait pas à le voir aujourd'hui.

« C'est comme ça que tu m'accueille ? Moi qui t'apporte tant de bonnes choses ? »

-Tu sais combien de temps j'ai passé à nettoyer mon parquet ? 3 heures. Trois longues heures passé accroupi par terre à récurer. »

Le jardinier regarda le sol, puis Camus, s'imaginant son ami à quatre pattes en train de frotter le sol avec vigueur.

« Oh... J'aurai vraiment voulu être là... » finit-il par déclarer, légèrement dégouté.

Camus ne put s'empêcher de le lever les yeux au ciel mais sourit amusé. Aphrodite avait toujours le bon mot pour le mettre de meilleure humeur. Il s'avança de lui et prit la cagette de ses mains avant de l'emmener dans l'arrière boutique, là où aucune latte de bois ne sera en danger. Aphrodite le suivit rapidement.

La douce odeur fruité qui l'avait accueilli en entrant dans la boutique s'estompa pour celle des fleurs séchées qui caractérisait si bien l'arrière boutique. Le jardinier s'approcha en voyant que le jeune homme commençait à inspecter les produits qu'il avait ramener comme pour voir si tout été de qualité. Il souffla légèrement vexé : Bien sur qu'il n'avait ramené à Camus que de la qualité ! Ils se connaissaient tout les deux depuis leur plus jeune âge. Certes, parfois Aphrodite avait décidé de s'entrainer à la cuisine, au maquillage et à la coiffure sur lui, mais rien qui ne soit bien méchant.

« Arrête de bouder, je ne suis pas en train de me questionner sur si oui ou non tu m'arnaques.

- Je ne boude pas !

-Tssss... Aussi susceptible que Milo...» souffla Camus moqueur.

Bien sur qu'il boudait : autant on pouvait lui dire qu'il était piètre magicien -ce qui était faux d'ailleurs-, autant il haïssait qu'on remette en question ses talents de jardinier. Pourtant, Aphrodite ne put s'empêcher de légèrement sourire. Son ami n'avait même pas eu besoin de se retourner pour savoir qu'il boudait, il le connaissait assez pour le savoir et ça, ça le touchait particulièrement.

Camus se saisit d'une racine à la forme particulière et fronça les sourcils. La plante ressemblait vaguement à une forme humaine qui se déchirait de douleurs et s'entortillé dans des angles improbables. Il la tint avec une grande délicatesse alors qu'il l'inspecta contentieusement.

« Je croyais que la mandragore n'était pas encore prête à récolter.

- Je le croyais aussi ! » fit Aphrodite avec fierté. « Mais regarde moi ce spécimen ! Magnifique n'est-il pas ? Et j'en ai d'autres des comme ça si tu veux ! Si tu savais tout ce que ça m'a demandé pour les faire pousser...»

Il reposa la racine dans la cagette et pouffa presque de rire. Le jardinier haussa un sourcil, intrigué. Il n'aimait pas quand Camus rigolait comme ça...

« On sait tout le deux quel est le meilleur fertilisant pour la mandragore, ne me dit pas que tu t'e-

- Non. »

Voilà, il en était sur. Le médium était un as dans les arts occultes mais son humour était parfois aussi mature que celui d'un collégien plein d'hormones. Étrangement, il connaissait quelqu'un avec le même humour, voir pire et encore plus bizarre, c'était le meilleur ami de Camus. Comme quoi, le monde est un endroit plein de mystère...

Le jeune homme en face de lui finit par reprendre tout son sérieux qui le caractérisait, loin des blagues de mauvais goût et des plaisanteries douteuses.

« Merci pour ta livraison, préviens moi juste là prochaine fois que je mette des bâches.

- En faite... » commença Aphrodite. « Je suis passé ce matin mais la boutique était fermée. Une affaire urgente je suppose ? »

Les épaules de Camus tombèrent presque soudainement, comme si tout le poids du monde l'accablait. Il avait eu raison de trouver la visite du jardinier étrange, lui qui venait normalement le mercredi.

« Tu savais pour Aiolia, n'est-ce pas ? »

Il n'osait pas regarder Aphrodite dans les yeux et il ne doutait pas un instant qu'il devait ressembler à un petit garçon qui avait peur de se faire gronder par ses parents. Si Aphrodite savait pour Aiolia ? Bien sur ! Qui pouvait l'ignorer ? C'était une question plus que stupide...

« Que quoi ? Qu'il y avait un esprit qui y trainait ? Qu'il y avait des trainées résiduelles à plus de 100 mètres à la ronde ou que Shaka t'ai interdit de t'occuper de ce genre de chose pendant un petit moment ? »

C'est fou, mais l'air de la boutique semblait tout à coup avoir perdu quelques degrés... Et une bonne partie de sa luminosité aussi. Une tension oppressante commençait à lentement s'installer alors que le jardinier le regardait avec cet air de fureur tranquille et de déception. Camus avait toujours haït quand Aphrodite le punissait, contrairement aux autres, il était l'un des seuls qui ne haussait jamais la voix et le calme dont il faisait preuve faisait d'autant plus peur au médium. Ce dernier se trouva d'ailleurs à court de mots, empli d'une affreuse culpabilité.

Aphrodite le regarda encore un instant et voyant l'air coupable de son ami, il s'adoucit.

« Tu sais Camus, ce n'est pas parce que tu vois les esprits que tu peux foncer à tête baisser dans la première maison hantée.

- Je sais...

- Encore moins sans protection ! »

Le médium fronça un instant les sourcils et se frotta l'avant bras, mal à l'aise. Bien sûr qu'il avait une protection... Enfin, plus ou moins. Techniquement, il n'avait jamais sacré son pendentif donc ça ne comptait pas vraiment comme, mais il le considérait toujours plus puissant que la plupart des talismans que quiconque lui ramenait.

Camus prit les roses bleues de la cagette et les disposa sur une table adjacente couverte de papier journal. Il commença doucement à retirer les pétales une à une avec une grande délicatesse avant de les ranger minutieusement sur le journal.

« Merci de t'inquiéter Aphrodite... » commença-t-il dos à lui. « Mais il ne met rien arrivé. J'aimerai vraiment que vous appreniez à me faire confiance tu sais. »

L'homme releva légèrement la tête, les lèvres pincées. Pendant quelques instant, il ne dit rien et se contenta de calmer la colère qui montait en lui.

« Bien sur que je te fais confiance Camus.

- Mais ? Car je suis sûr qu'il y en a un.

- Mais tu m'inquiètes. »

Camus posa ses pétales et soupira d'exaspération. Et voilà, il allait encore devoir subir le discours d'Aphrodite sur 'pourquoi côtoyer des esprits ça craint'. Malgré son apparence de sérénité et de confiance, ce n'était qu'une simple façade le jardinier était en réalité le premier à s'inquiéter de tout.

Habituellement, il aurait expliqué par A plus B pourquoi il n'y avait rien à craindre cependant aujourd'hui, il n'avait pas le moral à argumenter pendant des heures. Surtout qu'en plus d'être d'un naturel inquiet, Aphrodite était de loin l'une des personnes les plus têtues qu'il pouvait connaître. Essayer de lui prouver qu'il n'encourait aucun risque serait une perte de temps.

« Je suis désolé Aphrodite.

- Promets moi de ne plus t'approcher de ce genre de chose pendant un petit bout de temps.

- Je te demande pardon ? Tu sais très bien qu-

- Camus... » fit Aphrodite d'un ton dangereux. « Si j'apprends encore que durant le prochain mois tu t'es servi de tes pouvoirs médiumniques pour régler les problèmes de quelqu'un, je te jure de t'enfermer dans une chambre du Sanctuaire et de forcer Shaka à celer la porte avec le même seau qu'il a posé sur ta cave. »

Le médium ne pouvait pas savoir ce qui le fit le plus frémir : la menace en elle-même ou le fait qu'il savait pertinemment qu'Aphrodite allait tenir sa promesse. Damné soit celui qui croyait en voyant Aphrodite qu'il n'ai qu'amour et beauté, cet homme était plus redoutable que n'importe quel démon quand il le voulait...

« Bien..., concéda Camus. Je te jure de ne plus intervenir dans les cas de hantise, de possession ou autre.

- Je te remercie mon chou. Je ne voudrai pas te retrouver en mille morceaux ! Maintenant laisse moi te donner un coup de main, tu massacres mes pauvres amours !»

Satisfait, Aphrodite retrouva son sourire aussi naturel qu'effronté. Sans laisser le temps au médium de dire le moindre mot, il prit place à ses cotés et à son tour à retirer les pétales pour les faires sécher. Le jardinier entonna doucement un air de musique populaire comme si tout était normal et qu'il n'y avait eu aucun conflits entre eux quelques secondes auparavant. Camus fronça légèrement les sourcils face à la présence de son ami : ça ne lui ressemblait pas de venir l'aider sans aucune raison...

« Aphrodite, si tu as quelque chose à me dire, fais-le.

- De quoi tu parles ? Je veux juste me rendre un peu utile.

- Tu n'es pas subtil tu sais. »

Le jardinier bouda légèrement, juste pour la forme et essaya de clamer encore une fois que ses attentions étaient pures et innocentes mais le regard impatient du médium le stoppa net.

« Ne me dis pas que tu veux encore un filtre d'amour, parce que c'est non. Ces choses sont une véritable arnaque et c'est totalement imor-

- Mais pour qui me prends tu à la fin ? Tu sais bien que personne ne résiste à mes charmes !

- À tes charmes ou aux aphrodisiaques que tu glisses dans leurs verres ?

- Camus ! » glapit le jardinier outré. « Ne me prends pas pour Milo ! Je n'ai jamais usé de ce genre de stratagème !

- Vraiment ? »

Il ne répondit rien à la réplique emplie de cynisme de son ami. Vraiment celui-là quand il s'y mettait...

« Non, cette fois je veux juste t'aider.»

Camus s'arrêta net et observa Aphrodite avec perplexité. Oui, ce n'était vraiment pas un comportement normale venant du sorcier. Ou alors, ou alors !...

« Tu ne rigolais pas quand tu disais que j'étais en train de massacrer tes roses ? fit le médium sombrement.

- Tu es un as dans la confection de talismans et de potions mais tu manques vraiment de technique dans l'art des fleurs séchées. »

Il leva les yeux au ciel, se répétant que finalement plus pointilleux que lui ça existait. Cependant, le jardinier n'avait pas tort et puis, même si Camus avait l'habitude de sécher les diverses plantes qu'on lui apportait, il était très très loin d'apprécier cette partie de son travail. D'autant plus que les roses d'Aphrodite étaient munies de féroces épines qui avait tendance à s'accrocher à ses habits et à le griffer. Il n'allait donc pas refuser l'aide qu'on lui proposait.

« Merci.

- Ne te m'éprend pas, je fais ça pour les roses, pas pour toi. »

Camus renifla, amusé par la réplique. Même sous la torture, Aphrodite nierai toujours deux choses qui lui arrivait d'aider de bon cœur et qu'il utilisait diverses soins pour ses cheveux bleu ciel.

Silencieusement, les deux amis travaillèrent chacun à leur rythme. Dans la boutique, une atmosphère tranquille régnait et Camus se surprit à légèrement sourire. Il espérait toujours qu'un client vienne se perdre ici mais il devait avouer que le calme qui s'était installé était quelque peu reposant. Et puis, avoir la compagnie de quelqu'un était vraiment quelque chose d'agréable, il avait tendance à se sentir si seul quand il travaillait.

« Au faite ! », Camus releva la tête vers Aphrodite. « J'aime beaucoup ton nouveau parfum d'intérieur ! »

Le médium fronça les sourcils sans que le sorcier ne s'en rende compte. Parfum d'intérieur ? Mais qu'est-ce qu'il racontait encore ? Il regarda perplexe une rose qu'il ramena discrètement vers lui. Il inspira rapidement mais rien, aucune odeur. Étrangement, il eut un mauvais pressentiment.

« Tu veux parler de tes roses ? »

Aphrodite le regarda comme un ahurit avant de rapidement secouer la main devant lui, comme pour lui dire d'oublier.

« Enfin mon cher ! Cette variété est connu pour ne dégager aucune flagrance ! Non, non moi je te parle de ce délicieux parfum fruité et acidulé ! »

L'inquiétude et la perplexité de Camus pouvait à présent se lire sur son visage. Il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, le sorcier avait seulement du passer trop de temps dans sa roserai, son nez devait juste être saturé d'odeur ! Lui ne sentait rien, pas l'ombre d'un parfum 'fruité et acidulé', seulement une forte senteur de cire et de miel qui le collait depuis deux jours, à savoir quand il avait décidé de cirer son parquet. Il fixa Aphrodite avec un air interloqué.

« Quoi?

- Aphrodite, mais qu'est-ce que tu racontes ?... »


Il se pencha sur la brèche observant avec attention à travers l'homme évoluer dans son monde. Un esprit eu le malheur de passer à ses côtés, perturbant l'image un cours instant. Un simple de ses grognements effraya l'être fantomatique qui alla se perdre loin, beaucoup plus loin. De toute façon, lui aussi bientôt allait disparaître, comme tout les autres, et il savait désormais à qui la faute.

Comment un humain, un bête être de chaire et de sang pouvait maitriser avec une telle aisance les revenants alors qu'ils lui donnait à lui beaucoup de fil à retendre. Ces insolant devaient aimer le faire tourner en bourrique, il n'y avait pas d'autre explication. Si seulement il pouvait attraper un de ses spectres et les secouer jusqu'à ce qu'ils disent diantre pourquoi ils respectaient tous plus un homme que lui. Malheureusement, tous ceux qui avaient croisé le chemin du mortel n'en était jamais revenu.

Pendant un instant, il perdit l'humain de vue mais le retrouva rapidement dans l'arrière boutique, une boite en métal dans les mains et un air résigné accroché au visage. Mais que faisait-il ?... Pourquoi renversait-il tout le contenu de la boite sur sa table ?... Wow ! Ça faisait un nombre impressionnant de pièce. Est-ce que c'étaient deux autres caisses à ses côtés ? Oui, oui, remplies de pièces elles aussi... Il leva un sourcil perplexe, se demandant si il était humainement possible de conserver autant de monnaie.

Le mortel était étrange, avec cette apparence si neutre. Tout ce qui se passait autour de lui semblait lui glisser sur les épaules et ne jamais vraiment le toucher. C'était quelque peu ennuyeux, cette idée que rien ne puisse l'atteindre, et c'était loin de lui rendre les choses faciles...

Quand avait-il commencé à l'observer ? Il ne s'en souvenait plus trop, de toute manière les règles du temps ne tenaient pas ici dans ce vaste et obscure rien. L'homme était cependant plus jeune la première fois qu'il l'épia aux travers de l'une des fissures du néant, plus frêle et beaucoup moins confiant.

On pouvait se demander pourquoi il se focalisait sur lui plus que sur un autre, il y avait dans l'entourage de du mortel après tout bien plus puissant comme cet humain bêta mais plein de ressources. Il y avait aussi cet homme -ou femme il n'était pas très sûr- qui pouvait expédier d'un regard n'importe quel esprit malveillant son pouvoir semblait cependant avoir ses limites. Contrairement à tous ses amis, il y avait quelques chose chez l'humain de familier : il était bien vivant, il respirait et se réveillait chaque jours dans un monde empli de couleurs pourtant, il flirtait délibérément avec l'autre monde. Il dansait sans cesse sur le fil du rasoir, près à chaque instant à tomber dans l'un ou l'autre des univers. Il le savait bien pourtant qu'à chaque fois qu'il franchissait les limites de son réel, il perdait un peu plus pied. Sa vie avait-elle si peu de valeur à ses yeux ?

Camus, car tel était le nom de l'humain, était un être étrange à ses yeux. Il ne semblait pas particulièrement triste, ni vraiment seul de ce qu'il avait put voir mais l'humain était aussi vide que le néant. Peut être était-ce la raison qui le poussait à s'aventurer vers l'autre monde, ce creux dans sa poitrine qu'il peinait à combler. Cependant, à trop s'approcher il finirait par se brûler les ailes.

Camus se retourna soudainement en entendant un craquement et scruta avec attention autour de lui : rien. Il haussa les épaules et se remit à compter sa monnaie dans un silence des plus parfait. Il avait souvent vu l'humain agir ainsi, ses facultés à voir les revenants lui avaient apprit à se méfier du moindre bruit, malgré les barrières qui entouraient sa boutique.

Ses barrières... Un sourire sarcastique s'accrocha à ses lèvres. Les murs spirituels lui avaient donné beaucoup de mal néanmoins, ce n'étaient que de bêtes obstacles qu'il prenait plaisir à déjouer l'un après l'autre. L'homme avait tendance à souvent les renouveler, étant quelqu'un de plutôt prudent et ça ne lui déplaisait pas. Il ne considérait ces barrières comme un simple jeu, un puzzle pour ne pas s'ennuyer et trouvait ces petits entrainements très divertissant après tout il avait toujours aimer les challenges. Si Camus avait seulement conscience que chaque sceaux qu'il posait le rapprochait un peu plus de son but.

L'humain ne se doutait de rien, en tout cas de pas grand chose. Leur première rencontre fut courte et par l'intermédiaire d'un malheureux vassale. On ne pouvait d'ailleurs pas à proprement parler de rencontre quand il y pensait, une petite partie de son énergie s'était seulement accroché à Alone. Quand son énergie lui était revenue, après que l'esprit du garçon ai trouvé la paix, il sentit la marque de l'humain distincte et glacial. La question qu'il se posait à présent était si Camus avait lui sut distinguer son empreinte. Il en était certain, mais l'homme avait-il la moindre idée de ce qu'il était ?

Son attention fut attiré par Camus qui se leva, ses pièces enfin parfaitement triées à présents. Il approcha sa main de la brèche seulement celle-ci se troubla légèrement. Pas encore, il était trop instable mais bientôt il pourrait pénétrer dans le monde des humains. Il ne doutait pas un instant qu'un canal comme celui qu'avait utilisé Alone allait dans très bientôt s'ouvrir. Il lui fallait encore un peu de temps, certaines informations lui manquait et son esprit n'était pas encore à son beau fixe mais il ne doutait pas un seul instant qu'il allait enfin pouvoir se sortir du néant.

Une boule amère lui serra la gorge. Tant de siècles, de millénaires passés ici... L'humain se saisit d'un balais et s'en alla dans sa boutique. Oh oui, bientôt tout ceci sera révolu, tout ceci ne sera du passé. Bientôt, il allait vraiment rencontrer Camus et il se jurait que plus rien de ce qu'il a connu ne serait comme avant. Il s'en faisait la promesse.


Camus posa sa sacoche sur la table avant de défaire son écharpe et d'ouvrir sa veste. Il n'eut malheureusement pas beaucoup de clients aujourd'hui, deux pour être exactes. Au fond, ce n'était pas plus mal, cette journée fut quelque peu éprouvante et la visite d'Aphrodite particulièrement fatigante. La médium n'avait eu qu'une envie : rentrer le plus vite possible chez lui et se détendre loin de tout ce n'importe quoi.

Soudain, il trébucha et se rattrapa tant bien que mal sur la desserte de sa cuisine américaine. Camus poussa un long soupire en voyant deux sacs à dos lâchement abandonner sur le linoléum gris et qui criaient presque pour que leurs possesseurs viennent les chercher. Bon, ok, c'était trop là.

« Isaac ! Hyoga ! Venez ranger vos sacs ! »

Misère... Les garçons devraient vraiment apprendre à ranger leurs affaires ou il ne les laisseraient plus passer tout les week-ends chez lui. Ce qui est totalement faux d'ailleurs, Camus serait le premier à aller les chercher au Sanctuaire le vendredi soir.

Il jeta un coup d'œil rapide à la pièce principale qui servait de salon et de salle à manger. Tout semblait en ordre, rien en bazar. Ces deux là avaient donc vraiment un problème avec leurs sacs qu'ils laissaient toujours trainer partout. Le médium haussa alors légèrement les épaules ils finiraient bien par perdre leur affaires...

Camus s'avança rapidement dans la cuisine et alla chercher une tasse. Il avait besoin d'un thé, en faite si il s'écoutait il aurait besoin de bien plus fort mais se doutait que ce n'était pas une bonne idée de boire, surtout quand Milo allait bientôt débarquer. Il ouvra le robinet et versa de l'eau dans le mug bleu.

« Bonjour Camus ! », cria presque un jeune homme aux cheveux verts et à l'air confiant.

Camus faillit échapper sa tasse et jura sous sa barbe quand il mouilla la manche de son pull bleu par inadvertance. Il referma rapidement le robinet en entendant un pouffement de rire derrière lui.

« Bonjour Isaac, heureux de voir que tu es de bonne humeur.

- Ça va ?, demanda poliment le garçon en se saisissant de son sac. Son sourire n'avait pas quitté ses lèvres.

- Ma journée a été un peu... Mouvementée ? Mais rien de bien grave. Où est Hyoga ?

- Oh, sous sa douche : cet idiot s'est renversé une cannette de soda ! »

Camus haussa un sourcil. Tiens donc...

« Il se l'ai renversé ou on l'a un peu aider ?..., demanda l'adulte suspicieux. Isaac haussa les épaules avec un air de chenapan.

- Oh tu sais, les amis donnent toujours un coup de main...

- Je me disais aussi. Allez, débarrasse moi de ce sac à dos et viens m'aider : Milo est là dans une heure. »

L'adolescent hocha rapidement de la tête avant courir dans sa chambre. Il adorait aider Camus, il adorait Camus tout court d'ailleurs il était un peu comme un grand frère et un père pour Hyoga et lui, toujours prêt à les aider même dans les situations les plus délicates. Il adorait Milo aussi, c'était un peu leur deuxième grand frère, celui avec lequel ils se mettaient dans les situations délicates...

« Hyoga, fit le garçon en frappant à la porte de la salle de bain. Dépêche toi ! Camus est arrivé et Milo va pas tarder ! »

Il entendit ce qui se rapprochait d'un 'oui j'arrive !' étouffé par le bruit de l'eau. Satisfait par sa « réponse », il alla rapidement dans sa chambre et balança son sac sans cérémonie sur son lit. Puis Isaac courut presque jusqu'à la kitchenette, manquant de peu de glisser et de se retrouver sur les fesses.

« Fais attention Isaac, j'ai pas envie de t'emmener à l'hôpital. Encore., fit Camus d'un ton désintéressé en regardant le fond de sa tasse.

- Eh ! C'était pas de ma faute ! »

L'adulte leva juste les yeux ciel avec un sourire amusé. Mais oui, c'est ça. C'était de sa faute peut être si Isaac avait trouvé ça super marrant de savonner le sol et de glisser sur le ventre. Ce fut aussi de sa faute si l'adolescent avait fini tête la première dans le meuble télé. Sur le coup, Camus fut partagé entre le disputer ou éclater de rire. Il s'est avéré qu'il n'eut d'autre choix que de prendre la troisième option : l'emmener en catastrophe à l'hôpital parce que cet idiot s'était cassé le poignet.

« Allez, va te laver les mains.

- On fait quoi ce soir ?

- Rien de bien compliquer, des burritos.

- C'est vrai ? Génial ! », cria une troisième voix derrière eux.

Un jeune homme, pas plus vieux qu'Isaac, rentra dans la salle en frottant vigoureusement ses cheveux blonds avec une serviette éponge du même bleue que ses yeux.

Camus alla se laver les mains avec le liquide vaisselle à défaut de savon pour les mains.

« Bonjour Hyoga, Isaac m'a raconté ta petite mésaventure.

- Il t'a donc aussi raconté comment ce matin il a finit par faire un petit plongeon dans la fontaine ?, fit Hyoga avec un sourire satisfait.

- Traitre ! »

Le blond répondit à Isaac en lui tirant la langue comme un gamin. Ah la la... Ils n'arrêtaient jamais de se chamailler. Sauf quand ils préparaient une connerie, ce qui en soi n'était pas mieux. Camus se sécha rapidement les mains, laissant l'eau couler dans le lavabo, et sortit les ingrédients du frigo alors que les deux gamins qu'il avait prit sous son aile commençait à se quereller de nouveau.

« Je vous préviens : la mousse du nettoyant vaisselle n'étant pas une arme hyper perfectionnée, le premier qui attaque l'autre avec devra récurer la cuisine. Et vous savez comme moi que je tient toujours mes promesses. »

Les deux se figèrent avant de rapidement enlever toute la mousse qui couvraient leurs mains. Oh oui, il ne savait que trop bien à quel point Camus n'hésiterai pas un instant à leur faire tout laver, à la brosse à dent si il jugeait qu'ils avaient mit trop de bazar.

« Et quand vous aurez fini de vous battre, vous viendrez m'aider. » ajouta l'adulte avec un ton soudainement doux.

Le blond posa sa serviette à ses côtés et grogna légèrement en allant à son tour bien se laver les mains. Camus s'imaginait vraiment qu'il les ferait faire tout ce qu'il voulait avec un sourire et une voix mielleuse ? Parce que c'était le cas ! Et ce n'était pas juste du tout ! Hyoga, du haut de ses 14 ans ne pouvait jamais résister quand l'adulte lui offrait ce sourire conciliant; ça lui donnait l'impression qu'il était obliger de faire ce qu'on lui demandait. Oui, Camus était un grand manipulateur quand il le voulait mais aucun des deux adolescents ne lui en voulaient : après tout ils lui en faisaient voir de toutes les couleurs.

Si la petite dispute entre Isaac et Hyoga fut calmer par ses menaces d'un après-midi cloitré ici avec du nettoyant et des brosses à dent, ce ne fut qu'une courte trêve. Aussitôt Camus leur donna une planche à découpée chacun et posa les tomates sur la table, aussitôt il commença une nouvelle compétition entre eux : celui qui couperait le plus de tomate dans le temps impartit.

« Sérieusement les garçons ?... » fit l'homme en poussant un long soupire.

Il décida de les laisser car de toute manière, tant que le travail était fait... Il reporta son attention sur la viande qu'il devait faire revenir. Camus remonta ses manches jusqu'à la moitié de ses avant bras puis versa un peu d'huile dans une poêle brûlante tout en faisant attention de ne pas se brûler.

Il aimait cuisiner et contrairement à Aiolia, ce qu'il faisait était mangeable voir très bon. C'était peut être pour ça que ses amis avaient tendance à tout le temps s'inviter chez lui. Il mit la viande haché à cuire sur feu doux, disposa un couvercle en verre sur la poêle et alla s'occuper du mélange d'épices. Certes, les burritos n'étaient pas vraiment un plat que l'on pouvait rater, pas quand on devait seulement mettre un peu d'épices sur de la viande hachée. Seul Aiolia avait réussi l'impossible : ses burritos furent immangeable, même ses lasagnes carbonisées à côté étaient divines. Pourtant Milo et lui avaient vérifier, il avait bien utilisé les bons ingrédients.

« Camus ? »

L'homme sursauta, renversant un peu de poudre rougeâtre sur le comptoir. Bon, il fallait vraiment qu'il arrête de se perdre dans ses pensées aujourd'hui.

« Oui Hyoga ?

- Tu a quoi au bras? »

Il cligna plusieurs fois des yeux, le temps de comprendre la question avant de se rapidement essayer de regarder ses membres. Il n'aurait normalement pas cherché à savoir ce qu'il avait mais les deux jeunes avaient cette expression légèrement inquiète qui ne le laissait jamais de marbre.

« Quel bras?, demanda-t-il en posant le doseur remplie du mélange pimenté.

- Le droit, sur une partie de l'avant bras en faite. »

Camus se contorsionna dans tout les sens avant d'enfin apercevoir le début d'une marque rouge à l'arrière de l'endroit indiqué. Oh, c'était nouveau ça... Il prit un couvercle en métal dans un tiroir et inspecta la marque, enfin les marques.

« Sinon on a un miroir dans la salle de bain... » souffla Hyoga.

L'homme ne l'écouta pas et continua son inspection silencieuse. Ça ne lui arrivait pas souvent de finir avec ce genre de griffures, il y en avait trois écartées de quelques centimètres. En soi, rien d'inquiétant, il se doutait même que c'était un petit cadeau involontaire d'Alone... En tout cas, ce n'était rien qui nécessitait d'être désinfecté.

« Ce n'est rien, j'ai du aider un esprit ce matin, ça vient surement de là., fit-il en haussant les épaules et en délayant les épices avec un peu d'eau.

- Donc quand tu disais 'mouvementée' tout à l'heure..., Isaac fronçait les sourcils. Tu parlais de cet esprit ?

- Hm-hm, un jeune garçon, un peu plus jeune que vous. Il est en paix maintenant.

- Rien d'autre ? » demanda Hyoga.

Camus se tendit un quart de second alors qu'il versa la mixture dans la viande hachée. Il attrapa une cuillère en bois et commença à mélanger sans un mot. Bizarrement, il n'arrivait pas à sortir de sa tête le parfum entêtant de grenade qui hantait la maison d'Aiolia plus tôt dans la journée. Le médium chassa de ses pensées la réflexion d'Aphrodite sur son supposé parfum d'intérieur ce n'était pas grand chose, il devait juste arrêter d'y penser.

« Non, rien d'autre. »

Les deux garçons ne dirent rien mais ils savaient pertinemment que l'adulte leur mentait, il n'aurai pas prit le temps de réfléchir sinon. Isaac et Hyoga lui faisaient confiance, si Camus ne voulait pas leur en dire plus, c'était son choix et il avait de bonne raison.

« Vous voulez bien faire les oignons aussi ?

- Quoi ? Mais ! Mais c'est cruel ça !, protesta Isaac.

- Ça vous apprendra à ne pas ranger vos affaires.

- En parlant de ça..., fit Hyoga en se saisissant de sa serviette et de son sac. J'ai oublié de ranger les miennes !

- REVIENS ICI ESPÈCE DE FAUX FRÈRE ! »

Mais trop tard, le blond avait déjà disparut en courant, laissant Isaac comme un pauvre idiot. Génial, maintenant il n'avait plus qu'à survivre seul au supplice des oignons... Il se vengerai ! Il jurait sur n'importe quel dieu qu'il se vengerai. L'adolescent aux cheveux vert entendit un ricanement derrière lui.

« Ne t'en fais pas, j'ai cette bouteille de tabasco habenaro. Je comptais m'en servir sur Milo mais il semble que tu en ai plus besoin que moi. »

Isaac haussa un sourcil cet homme était vraiment diabolique.


C'est le méchant, il est très méchant car c'est le méchant ! Et le méchant est très méchant ! C'est un méchant méchant! PARCE QUE C'EST LE MÉCHANT ! ... Hm-hm, c'était un peu ce que j'avais en train de chanter en écrivant ce chapitre.

Il y a tant de présentation de personnage dans ce chapitre... Et il y en aura tant dans le prochain chapitre. Un jour j'écrirai une histoire avec seulement un personnage dans une salle. Il aura une gomme et un mouton de poussière pour amis. Ça serai parfait pour Saga.

Trêve de plaisanterie, j'espère que ce chapitre vous a plu ! J'ai pris mon temps pour l'écrire . Oui, ça implique peut être le fait qu'en oubliant de sauvegarder j'ai perdu une partie du chapitre... Tuez moi.

Le Tabasco Habenaro est censé être le plus fort Tabasco.

Hemere : Merci beaucoup pour ton commentaire ! :)

J'ai essayé de suivre ton conseil et de faire attention au répétition, j'avoue que ça a toujours été mon problème. Camus : le héros blasé légèrement diabolique, tremble Milo ! Bref, je n'aurai jamais cru que mes cours de mythologie en latin me servirai à ça, je doute que mes profs soient fiers de moi... J'espère que tu aura envie de burritos !