Disclaimer : Saint Seiya et ses personnages ne m'appartiennent pas.

Je m'excuse par avance du nombre de fautes d'orthographes et de grammaires de ce chapitre, ma bêta et moi-même étant présentement dans un sale état, le travail de relecture n'a sûrement pas était fait avec brio.


Camus plongea ses mains dans l'eau savonneuse et récura une assiette blanche. Il chassa distraitement une bulle qui vint s'égarer sur son bras avant de replacer une mèche vert d'eau derrière son oreille. Le babillage diffue de la télévision était seulement dérangé par le bruit de la vaisselle contre le lavabo et le robinet qu'il ouvrait de temps en temps. De ce qu'il pouvait entendre, les garçons regardaient un documentaire sur le paranormal, il était d'ailleurs pratiquement sur que les deux diables étaient vautré par terre plutôt que d'utiliser le canapé prévu à cet effet. Il tendit le plat désormais net à un homme à ses côtés qui s'empressa de le sécher d'un coup de torchon bleu nuit.

Leur soirée finissait pratiquement toujours dans cette tranquillité si reposante et cela réconfortait Camus qu'ils n'aient pas besoin de toujours parler pour apprécier la compagnie de l'autre. Il donna à l'homme aux cheveux bleu violacé une coupelle cette fois.

« Je n'arrive pas à croire que vous mangez des glaces en janvier.

- C'est toi qui dis ça Milo ? Tu es le premier à t'être jeté dessus ! »

Le dit Milo ricana légèrement avant de reprendre son travaille. C'est vrai, il n'avait pas fait de quartier avec cette pauvre glace au chocolat caramel mais contrairement à son meilleur ami, son congélateur n'était pas rempli d'une telle variété de crème glacé qu'il en rendrait vert de jalousie n'importe quel glacier... Ce clan entièrement composé de verseau qu'étaient Camus, Isaac et Hyoga était d'ailleurs capable de s'engloutir des quantités exorbitantes de sorbets et autres. Sans même écoper d'une crampe d'estomac ! Ce qui franchement ne lui semblait pas juste... Peu importait si il faisait 35°C ou -10 à l'extérieur.

Pauvre petit scorpion qu'il était dans cette univers de verseurs d'eau, il avait parfois du mal à suivre ce qu'il s'y passait mais il adorait l'agitation qui régnait toujours autour de la petite colonie. Il fallait avouer que les deux adolescents avaient le chic pour mettre l'ambiance... Milo ne pouvait cependant rien dire, il était le premier à plonger tête baissée dans les problèmes. Et comme les deux jeunes verseaux, il appelait toujours Camus à la rescousse.

Tous deux se connaissaient depuis leur 7 ans, quand le médium fut ramener à l'Orphelinat du Sanctuaire. Milo sourit à ses tendres souvenirs. Quand il est arrivé, Camus ne parlait pas un mot de leur langue, il se contentait de babiller d'une petite voix dans sa propre langue maternelle et misère, il donna beaucoup de fil à retordre au directeur de l'Orphelinat. Surtout que petit, il était très timide : il passait son temps à se planquer derrière les jambes de Saga, celui qui l'avait trouvé perdu au milieu de nul part. C'était Milo qui lui avait en premier tendu la main, les autres enfants le trouvaient trop étrange et refusaient de l'approcher. Bien sur, au début ce fut dur de faire sortir Camus de sa torpeur, passant la plupart de son temps assit par terre à jouer seul dans la poussière. La barrière des mots avaient beaucoup joué, mais dorénavant, le médium parlait un grec parfait, sans la moindre trace d'accent.

Il n'était pas le seul qui venait d'un autre pays, Aphrodite lui venait des pays froids du nord, la Suède pour être exacte, quand Shura, un très bon ami à lui, venait d'Espagne. Certain d'entre eux venait de plus loin encore, comme ce vantard de Shaka, grand blond aux yeux et à la peau claire soit disant originaire d'Inde. Milo plissa le nez.

Cet homme était imbu de lui même, un moine aux pouvoirs qu'il tiendrait de Bouddha lui même et le plus grand divin que cette époque aurait connu. Tsss ! C'est ça ! Ce n'est pas avec une malheureuse vision une fois tout les 29 février qu'il pouvait prétendre au titre. Milo lui n'avait pas besoin de grand chose pour découvrir le futur, que d'un simple jeu de carte ou même un peu de mare de café. Bon, certes, l'avenir ne lui était pas révélé comme un petit film qui expliquerait bien tout en détail, il devait à travers les lignes, déchiffrer pendant de longues heures ce que lui disait les étoiles. Une date de naissance lui suffisait pour connaître chaque facettes d'une personne, ses faiblesses et ses forces, ses craintes et ses rêves. Non, lui n'avait pas à s'enfiler une boite de somnifère, il avait du beaucoup travailler pour s'approprier ce don que beaucoup dévalorisaient. Ruminant sur ses pensées, il frotta rageusement le pauvre bol qui était pourtant bien sec, ce qui attira l'attention de Camus.

« Milo, ne me dis pas que tu es encore énervé contre Shaka. »

L'homme lâcha presque son torchon avant de laisser tomber ses yeux sur le carrelage. Il se sentait légèrement honteux que son meilleur ami arrive si facilement à lire en lui mais il pouvait après tout faire de même. Le verseau souri légèrement touché.

« Ce n'est pas juste..., souffla-t-il. Mes divinations sont toujours exactes et c'est lui qu'on acclame.

- Tu fais quoi de la fois où tu as acheté 24 tickets à gratter en me jurant que tu deviendrais millionnaire ?

- Mes divinations sont presque toujours exactes ! »

Camus ricana légèrement en nettoyant les couverts. C'était plus fort que Milo ça, il fallait toujours qu'il soit jaloux pour un rien. Il n'ignorait pas qu'entre le moine et le scorpion, il y avait cette farouche compétition qui avait commencé depuis le jour où Shaka avait posé le pied sur le sol du Sanctuaire. Le scorpion n'avait pas apprécié l'attitude snobinarde comme il disait dont l'Indien se targuait, celui-ci ayant mit le feu au poudre le jour où il déclara avec sérieux que Milo n'était pas digne de s'approcher de sa grandeur. Depuis, c'était la guerre entre eux et chacune de leur rencontre était sulfureuse, surtout pour le scorpion étant donné que le blond restait d'un calme qui ne faisait que plus enrager son ennemi.

« Milo, Shaka et toi vous n'avez pas le même don ni les mêmes responsabilité.

- Je sais..., bougonna l'homme. Seulement, je pourrais prédire la fin du monde, les gens se moquerai de moi et lui il pourrait dire que des pâtes au beurre deviendraient chef de l'univers, tout le monde serait à genoux. »

Camus soupira et posa les couverts sur la surface en inox. Il savait bien où il voulait en venir, mais que pouvait-il lui dire ? Shaka avait toujours réussi à sortir son épingle du jeu et autant Milo était un devin hors pair mais ses mots avaient aux yeux des autres autant de crédit que ceux d'un fou allié ou un fana d'extraterrestres. Le médium secoua la tête avant de reprendre sa vaisselle.

« Shaka est une institution pour beaucoup, il est extrêmement puissant après tout. Tu sais aussi bien que moi qu'il pourrait repousser une armée de fantôme sans même bouger le petit doigt.

- Et ça ne t'agace pas toi ?

- Milo... On a déjà eu cette conversation un millier de fois. Shaka est plus puissant que moi et plus reconnu que toi, point. »

Le scorpion allait répliquer quelque chose mais choisit de se taire. Il sécha les couverts à la place, de son bout de tissue désormais humide. Le verseau était, contrairement à lui, toléré par le Bouddhiste. Il avait même eu vent par Angelo que lui et Aphrodite cherchait à protéger son ami et pour ça, il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Milo savait cependant que son meilleur ami était agacé par cette façon dont tous avaient de le couver et il ne doutait pas un instant qu'on leur cachait certaines choses. Il avait peut être cet air d'imbécile heureux accroché au visage, il n'était pas pour autant idiot. Aphrodite était un sorcier puissant mais il avait cette affreuse tendance à omettre de dire ce qu'il jugeait dangereux. Il ne se rendait pas compte que parfois, dissimuler la vérité était bien plus risqué, surtout pour la personne concernée. De plus, si il y avait bien quelqu'un qui méprisait Shaka autant que lui, c'était bien le jardinier. Leur haine l'un de l'autre n'était pas tout à fait née de la même façon mais encore une fois, le moine trouvait Aphrodite de mauvaise compagnie. Alors pourquoi diable confier à son pire ennemi ses pensées les plus sincères ?

Milo jeta un coup d'œil à son ami. Camus était un vrai mystère pour les autres, perdu la plupart du temps dans ses pensées. Il sortait son savoir de nul part ce qui donnait cette frustrante impression qu'il était incollable sur tous. Le verseau pouvait parfois passer des heures sans dire le moindre mots et avait avoué plusieurs fois aimer se retrouver seul. Ces derniers temps pourtant, il s'était plaint de la solitude de sa boutique. Milo n'était bien sûr jamais très loin, l'animalerie dans lequel il était employé n'était même pas à 50 mètre du lieu de travail de son ami, pourtant jamais il ne lui serait venu à l'esprit de l'appeler pour passer sa pause déjeuné avec le grec. Même les soirs de semaine où le jeune homme se retrouvait seul, il ne pensait pas un seul instant à dévaler quelques escaliers et venir chez Milo.

Il comprenait, Camus avait besoin de son espace et lui était quelque peu occupé avec tout les horoscopes qu'on lui avait demandé comme chaque mois de janvier. Même si il comprenait, cela ne voulait pas dire cependant qu'il acceptait avec joie que son ami soit ainsi reclus. Il l'avait plusieurs fois ramené dans l'animalerie pour lui montrer des chiots joueurs et d'adorables chatons, dans l'espoir qu'il reparte avec au moins un compagnon pour l'accueillir le soir mais il avait l'habitude de lui répondre qu'il serait stupide pour lui et dangereux d'avoir un animal. Cela attristait beaucoup Milo mais il ne pouvait rien y faire, pourtant il avait toujours l'espoir que l'homme change d'avis, surtout quand il regardait touché un petit Mau Egyptien ou un Angora turc. Il savait qu'il avait toujours aimé les chats.

« Ce sont les derniers. »

Milo regarda les couverts qu'on lui tendait. Il devait parler à Camus, essayer de crever l'abcès mais il ignorait comment s'y prendre. Il se saisit du couteau et de la fourchette puis les frotta en soufflant légèrement.

« Quelque chose ne va pas ? » lui demanda le verseau.

Son ami se contenta de seulement hocher la tête négativement, sans même décrocher les yeux du métal. Camus haussa un sourcil : il était habitué aux changements d'humeur rapide de son ami mais là, l'ambiance semblait s'être plombé en un quart de seconde. Est-ce les coupelles colorés qui l'avait offensé ou était-il encore en train de penser à Shaka ? Si oui, à ce point là ça deviendrait une obsession. Il l'enleva le bouchon du siphon et commença à nettoyer silencieusement le lavabos. Milo lui parlera quand il en aurait envie, ça ne servait à rien de le presser.

« ... Rendons-nous à présent en France, dans une église monolithe datée du 12ème siècle, renfermant un incroyable cénotaphe. L'endroit, si il n'est pas déclaré comme hanté, fut pourtant le théâtre de nombreux baptême de sang et en son sol accueilli de nombreux morts... »

Camus n'entendit pas la fin de la phrase, il n'entendit même pas Milo lui demandait si ça allait alors que ses jambes se dérobèrent sous son poids. Il tomba par terre comme une vulgaire poupée de chiffon, son esprit lui échappant totalement ainsi que ça conscience. Le médium sentait ses forces se drainer rapidement, trop rapidement pour qu'il n'ai seulement le temps de fermer les paupières. Il était toujours là mais rien, plus une pensée ne lui traversait la tête, et malgré le bruit qui l'entourait, c'était pour lui le silence total. Enfin presque. On lui parlait, plusieurs voix il le sentait mais n'entendait rien. Il percevait comme un chuchotement brouillé, fantomatique qui lui donnait l'impression qu'on lui parlait dans une langue inconnue. Ce qui était surement le cas.

Milo s'accroupit à côté de son ami maintenant assit contre son meuble de cuisine. Le scorpion lui secoua légèrement l'épaule mais l'homme ne réagit pas. Il passa alors sa main devant ses yeux vitreux mais toujours rien. Génial, se dit-il en soupirant, il l'avait encore perdu.

« Isaac ! Hyoga ! Changez de chaine s'il-vous-plait !

- Quoi ? Mais pourquoi ?! » protestèrent-ils en chœur.

Milo se releva et passa un bras autour de la nuque de son ami puis l'autre sous ses genoux avant de le soulever. Tant qu'à partir dans son petit monde, autant l'installer sur quelque chose de plus confortable que du linoléum à moitié trempé par l'eau de vaisselle. Il s'avança dans le salon et rencontra le regard effrayé des deux garçons assis par terre. Isaac se jeta presque sur la télécommande et zappa à toute vitesse.

« Parce que comme vous pouvez le voir, on a totalement pommé Camus et je mettrai ma main à couper que c'est à cause de votre émission. À moins que les fourchettes soient hantées... »

Hyoga s'approcha rapidement de l'adulte, suivit de près par Isaac. Ce n'était pas la première fois qu'ils voyaient Camus dans cet état mais c'était toujours très impressionnant. L'homme avait tendance à geler, comme ça, sans aucune raison apparente. Enfin si, techniquement il y en avait une et cela concernait toujours de près ou de loin l'autre monde. Le médium décrochait ainsi, parfois 30 secondes, parfois des heures durant. Quelques fois, il lui arrivaient de parler, de bouger les yeux d'autre fois il restait seulement immobile.

Milo le coucha sur le canapé avant de nouveau passer la main devant les yeux de son ami. Comme il s'en doutait, il n'eut toujours aucune réponse. Il hésita presque à aller chercher un verre d'eau et le verser sur le verseau mais il savait très bien que c'était une mauvaise idée. Comment le savait-il ? Appelons ça l'expérience.

« On fait quoi maintenant ?

- Maintenant Hyoga, commença Milo amèrement, on attend. »

Les lèvres du médium bougèrent légèrement dans un tremblement presque imperceptible, peinant sans le savoir pour parler. Son ami se pencha au dessus de lui, curieux, et tendit l'oreille cependant tout ce qui sortaient des lèvres de Camus étaient plus proches d'halètements étouffés que de mots concret. Bon, d'accord, ça avait le mérite d'être clair : quoi qu'il ai perçu, ça allait l'accaparer pendant un petit bout de temps.

« Ça devient de plus en plus fréquent... », soupira Milo.

A ses côtés, ni Isaac ni Hyoga n'avaient bouger d'un poil. Ils continuaient d'observer l'adulte avec patience et une pointe d'inquiétude qu'ils ne prenaient même pas la peine de dissimuler. Cette expérience n'était en soit pas dangereuse, au contraire ! De toutes les situations dans lequel le verseau se mettait, celle-ci était de loin risqué. Souvent la plus longue, certes, mais il était au moins sur d'en sortir en un seul morceau.

Malgré tout, c'était l'un des facteurs qui inquiétaient ses amis. Camus était bien trop sensible aux énergies du monde des esprits, un simple esprit résiduel sur une photo lui suffisait à découvrir tout un pan de la vie d'un défunt. Ces choses n'étaient que des bribes de sentiments, des émotions qui comme des échos étaient bloqué jusqu'à ce que quelqu'un les entendent enfin et pourtant, elles l'affectaient bien trop. Les esprits résiduels s'accrochaient aux lieux, aux objets et plutôt que des échos, Camus les qualifiait de bouteille à la mer, des messages qui voguait dans le temps jusqu'à venir frapper des personnes au hasard. La plupart étaient assez fort pour les ignorer, ce n'était pas son cas malheureusement.

Seulement, si Milo devait faire une schéma dans l'ordre de puissance et de dangerosité, ce genre de « fantôme » étaient tout en bas. Et encore, si il s'écoutait, il ne les conterait même pas comme, étant des restes de sensation mais son ami avait la fâcheuse tendance de se retrouver facilement sous leur emprise. Si il ne peut même pas se défendre contre ça, comme pourrait-il se défendre contre un esprit supérieur ou un démon ?

« Au moins, on a finit de faire la vaisselle... C'est déjà ça. »

Les deux adolescents en face de lui finirent par s'asseoir sur une chaise à proximité, regardant vaguement le documentaire sur les pieuvres qui passait à la télévision. L'appartement semblait soudainement plus vide, plus froid et moins accueillant alors que Camus était toujours figé sur le canapé. Il n'y avait aucune présence, cette petite crise avait seulement casser l'ambiance sereine qui régnait dans les lieux quelques minutes auparavant. Milo prit ses clés dans les mains et se retourna avant de quitter la pièce.

« Je reviens les garçons ! Je vais chercher un truc à mon appart' ! » fit-il en faisant claquer la porte derrière lui.

Ni Isaac ni Hyoga n'eurent le temps de répondre, ils se jetèrent seulement un regard entendu avant de reporter leur attention sur la télé. Camus grognait légèrement dans sa transe, rien de très inquiétant, et puis le scorpion n'habitait que trois étages plus bas, il serait là dans un instant. Le jeune blond laissa son regard fatigué trainer sur l'homme. Que voyait-il ? Il savait que c'était en rapport avec des esprits mais Camus avait toujours refusé de leur dire ce qu'il voyait. Les seuls fois où le médium lui parlait véritablement de ses expériences avec les morts, était les conversations qu'il entretenait avec sa mère, Natassia, décédée alors qu'il n'était qu'un enfant. Hyoga lui en était reconnaissant, Camus n'était pas obligé de faire ça pourtant à chaque anniversaire de sa mort, il allait voir avec lui la tombe de sa maman, bien que son corps n'ai jamais été retrouvé.

« Dis Isaac... » le jeune garçon aux cheveux verts releva la tête vers lui. « Il t'a déjà raconté ce qu'il voyait ?

- Pour la centième fois Hyoga, non. Il ne m'a jamais raconté. Arrête de me demander ça chaque fois qu'il fait une crise. »

Le blond détourna la tête, quelque peu énervé. Il savait bien que Camus ne disait rien non plus à Isaac, mais il ne pouvait s'empêcher de lui demander à chaque fois, comme pour se rassurer. De quoi ? Il l'ignorait, mais il se sentait mieux chaque fois que son meilleur ami lui confirmait qu'il n'en savait pas plus que lui. La porte claqua soudainement, faisant sursauter les deux garçons.

« Me revoilà ! chantonna Milo, les mains remplis d'un dossier qu'il brandissait avec fierté.

- C'est quoi ça ?

- Ça mon cher Isaac, c'est ce qui arrondie mes fins de mois ! »

Voyant le regard perdu des adolescents face à lui, le scorpion ajouta en soupirant :

« Les horoscopes annuels qu'on m'a commandé bande d'inculte. »

Il alla de nouveau s'asseoir par terre, contre le canapé et posa ses lunettes sur le bout de son nez. D'un geste vif, l'homme aux cheveux violacé sorti un stylo à bille qu'il déboucha du pouce, sans même faire attention où le bouchon se projeta. Isaac haussa un sourcil ça expliquait donc la quantité incroyable de bouchons de stylo retrouvé sous le canapé. Et dire qu'il s'était fait disputé un millier de fois à cause de ça...

« Vu sa pose j'en déduis qu'il est toujours absent.

- Oui. »

Milo releva les yeux de ses nombreux papiers et regarda Hyoga.

« Il n'a rien dit non plus ?

- Non, il a juste un peu grogné mais rien d'autre. »

Le scorpion hocha juste seulement la tête. Ça promettait d'être long. Quoi qu'il ai réussit à percevoir, ça allait encore l'accaparé un petit bout de temps. Et puis, les garçons avaient l'air fatigués, malgré tout les efforts qu'ils faisaient pour rester totalement éveillés. Milo remplie doucement la grille qu'il tenait, prenant bien le temps de lire les chiffres inscrits. Quel dommage, eux qui n'avaient pas vue le verseau depuis presque deux semaines...

« Comment vont vos études ?

- J'ai eu la meilleure note en japonais !

- Oui oui, on sait..., grommela le jeune homme à la chevelure verte.

- Oh allez Isaac, t'es juste jaloux !

- Moi au moins j'ai pas faillit m'évanouir au bout du 3ème de terrain ! »

Milo sourit doucement alors que le duo de jeunes verseaux se battaient comme des chiffonniers. Ça faisait longtemps tiens ! Juste avant de manger pour une histoire de fourchettes retournées ou non, pendant le repas parce que l'un avait prit la serviette de l'autre et maintenant pour des résultats... Mais qu'est-ce que ça allait être plus tard, quand l'un montrerai des prédispositions que ne posséderai pas l'autre. Le scorpion jeta un coup d'œil à son meilleur ami pour eux, ça n'avait rien changé mais qu'en serait-il de ces gentils idiots qui passaient leur temps à se crier dessus ?

Il étala deux trois feuilles par terre, étudiant les résultats avant de les reporter sur un petit carnet noir. Peut être que rien n'allait changer, peut être que les deux garçons resteraient toujours amis cependant... de ce qu'il avait entraperçu du futur, quelques choses les marqueraient, l'un autant que l'autre. Milo devait avouer que cela m'attristait mais tout le monde change et malgré la proximité qu'on entretient avec quelqu'un, on peut se réveiller un matin en se rendant compte que cette personne n'est plus qu'un étranger. Il connaissait ce sentiment, il ne le souhaitait à personne.

« Isaac... Hyoga... »

Ils tournèrent leur regard vers lui, abandonnant soudainement leur petite guerre. Même si le scorpion continuait d'observer ses fiches et malgré ses cheveux cachant une partie de son visage, quelque chose semblait le peiner. Camus leur avait souvent dit que Milo changeait rapidement d'humeur, qu'il vivait chacune de ses émotions avec passion et que c'était l'une des choses qu'il admirait chez son meilleur ami, cette capacité à être si vivant.

« Il serait peut être temps d'aller se coucher, vous ne croyez pas ? »

Isaac allait protester : il n'était que 22h30 et pour un samedi soir ce n'était pas humain de se coucher aussi tôt. Seulement, Hyoga l'en empêcha, tirant sur l'épaule de son ami par l'épaule. Ils pourraient toujours veiller dans la chambre qu'ils partageaient au lieu d'embêter Milo avec leurs disputes incessantes.

« Bonne nuit Milo.

- Bonne nuit Hyoga.

- On te confie Camus hein !

- Ne t'en fais pas Isaac, répondit le scorpion en souriant légèrement. Si il ne se réveille pas j'appelle Aphrodite à la rescousse ! »

Le jeune garçon pouffa de rire ce n'était pas humain de faire appelle au sorcier pour réveiller qui que ce soit, il y avait eu le droit une fois et depuis, Isaac se réveillait toujours à l'heure. Plutôt passer sa nuit dans un château hanté que ça... Il pariait même que le jardinier était capable de réveiller les morts !

Sans un mot de plus, les deux compères quittèrent la pièce, rejoignant le calme de leur chambre. Milo poussa un léger soupire, enlevant un instant ses lunettes. Sur l'écran de la télévision, un petit poulpe ocellé se cachait dans un petit coquillage, elle qui pourtant pour terrasser de son venin un humain. Parfois avoir toutes les cartes en mains ne suffisait pas, parfois on manquait seulement d'assurance pour avancer. Il jeta un coup d'œil rapide à son meilleur ami.

« Oui... Je dois appeler Aphrodite... »

Milo était quelqu'un de vivant et de passionné, il se jetait à corps perdu dans le danger et malgré cette folle témérité dont il pouvait faire preuve, il refusait toujours de voir que quelque chose n'allait pas. Il n'en avait pas la force ni le courage.


Le néant était étrange. Une couche de brume noirâtre au dessus d'une autre et encore une autre et ainsi de suite. Ça n'avait ni commencement ni fin, ni sol ni ciel. Ce que c'était exactement, il l'ignorait, l'endroit ne semblait pas être une entité en elle-même mais plus une prison. C'était juste un vaste rien, vaporeux mais bizarrement épais et étouffant, à l'image d'une toile d'araignée où venait s'y engluer divers esprits. A moins que ce ne soit que lui qui percevait le lieu ainsi.

On ne pouvait y voir à travers, que ce soit les autres âmes ou même ses propres membres, seule la lumière d'une faille pouvait éclairer une part des êtres qui habitaient ce lieu. Ici, ils perdaient peu à peu leurs sens alors chaque fois que leur espace était déchiré et qu'ils pouvaient ne serai-ce qu'un seul instant voir, ils s'y précipitaient. La lueur qui en ressortait était attirante pour n'importe quel esprit, à tel point qu'ils en oubliaient tout pour se plonger dans l'autre monde, un monde qui leur était normalement défendu.

Il pardonnait à ces faibles êtres de toujours venir s'agglutiner autour de la première fissure trouvée : ils étaient comme des moucherons autours de la flamme d'une bougie. Après tout, ils n'étaient pour la plupart que des fantômes humains, ceux qui erraient sans but et sans le moindre souvenir. Il doutait grandement qu'ils soient seulement pourvu d'une conscience propre. Ce monde était ennuyeux, ce n'était pas en leur compagnie qu'il trouvait grand divertissement.

Une douleur sourde envahit soudainement ses pensées, toujours légèrement étonné qu'il puisse ressentir la moindre douleur physique... Il essaya en vain de chasser cette brûlure qui le corrompait. Oh non, ça ne le détournerai pas de son but, pas aujourd'hui. Il avait encore beaucoup à faire, il n'avait pas le temps pour ça. C'était affreux, inhumain ce qu'on lui infligeait mais il n'avait pas l'intention de s'y plier.

Il laissa son esprit s'étendre, tout doucement en premier temps. Du bout de sa conscience, il tâtonna d'abord l'obscurité avant de l'envahir telle une nuée ardente qui dévalait les pans d'un volcan. Il avança progressivement, écumant la brume sans le moindre bruit. Il sentait les esprits le fuir, ces êtres si simplets avaient au moins toujours assez d'instinct pour éviter le danger, bien qu'il ne pouvait pas leur faire grand mal. Il en approchait, il la sentait, une faille non loin. Certes, lui n'était pas particulièrement attiré par la lumière mais ce qu'abritait l'autre monde pouvait calmer un temps soit peu sa douleur.

Il avait apprit à ne faire qu'un avec l'obscurité, à se l'approprier au fil du temps et s'en servir avec une aisance surprenante. Oh bien sur ce ne fut pas facile, au début il n'arrivait qu'à envahir la brume et chaque fois qu'il s'était étendu dans cette masse qu'il nommait néant la souffrance qu'il ressentait fut atroce. Elle remontait du plus profond de lui pour converger en un seul point qu'il situait comme étant son coeur. Cette torture l'avait déchiré à mesure qu'il laissa son être se lier aux ténèbres, elle l'avait brûlé avant de ne laisser en lui qu'une sombre amertume et le fantôme d'un goût âcre.

À présent, il pouvait plier cette étrange matière à son bon grès, créer du rien des scènes et des objets qui demeuraient jusqu'à récemment des souvenirs effacés. Il pouvait avec aisance se façonner dans ce endroit nébuleux un monde à lui où il arrivait à se mouvoir librement, évoluer sans la moindre retenu cependant, tout ceci ne serait et ne resterai qu'une simple illusion. Il ne voulait pas vivre un mensonge, pas pour que cette réalité lui soit rappeler soudainement. Ainsi le néant, pourtant sous son plus parfait contrôle, demeurait cette masse noire brumeuse et ennuyeuse.

Enfin il l'effleura, l'une des brèches qu'il cherchait tant. Il s'y transposa, traversant dans ce qui pourrait être un souffle l'espace qui l'en séparait. Très vite, il vit se dessiner entre les rebords irréguliers une peinture lumineuse qu'était un creux de verdure de l'autre monde. Il approcha une main qu'il ne put voir que grâce à la lumière qui s'échappait du monde des humains son poignet semblait mangé par l'ombre alors que ses doigts blancs s'avancèrent lentement. Doucement, d'un geste souple et rapide, il troubla l'image face à lui pour en faire apparaître une autre, bien plus sombre. De nouveau, sa main sembla disparaître dans l'obscurité, seulement éclairée par une lueur bleuâtre diffuse et faible.

Les failles donnaient sur un pan aléatoire de l'autre monde, cependant ce pan n'était que spatial et non temporel. Il était impossible de retourner dans le passé, même si le temps s'écoulait d'une étrange façon en ces lieux, il ne revenait cependant jamais en arrière. Ce qui n'était plus, n'était plus. C'était pour l'une de ses raisons qu'il passait tant de temps à observer l'humain, pour être sur de ne pas le perdre.

L'homme était d'ailleurs présentement coucher, ses yeux ouverts et son visage figé dans une expression vide. Oh, donc il était encore sous l'emprises de tiers esprits. Ces spectres étaient agaçants au possible, déversant sur qui bon pouvait l'entendre la tristesse infinie de leur vie et des choses horribles vécues. Jamais ils ne laissaient l'humain en paix, drainant son énergie et il ne se passait pas une semaine sans qu'il n'en croise. L'entité fronça légèrement les sourcils : il était définitivement heureux qu'un de ces esprits ne soit ici dans le néant, il n'aurai pas la patience de supporter leur élucubrations. Comment l'humain faisait-il pour ne pas faire une crise de nerf ? N'importe qui à sa place serait à bout après ça, mais pas lui. Lui il finissait seulement par se réveiller comme si de rien était et reprenait ce qu'il faisait avant que la hantise ne survienne. Et si seulement il ne s'agissait que de ces sangsues... Mais non, le médium attirait tout un panel d'esprits qui parfois à défaut d'être seulement embêtant étaient particulièrement dangereux.

La douleur diffuse l'assaillait toujours mais il avait au moins quelque chose pour ce concentrer et l'oublier un tant soit peu. Ils étaient cinq cette fois, penchés au dessus de Camus et murmurant sans cesse des paroles que même lui peinait à comprendre. Ils portaient tous ces vieilles capes à capuches d'un brun délavé, ce genre de tenue qui, à défaut de faire penser à un moine rappelait ce genre d'être sectaires qui de tout temps ne furent jamais de bon augure. Et en plus il avait attirés des membres d'un culte obscure ! Ça l'énervait, ces spectres qui sans cesse agressaient pratiquement l'humain sans aucun répit. L'homme avait un certain potentiel, ce n'était pas pour qu'il soit gâché par leur futilité.

Si seulement il pouvait ne serait-ce qu'un instant passer dans l'autre monde, il pourrait débarrasser l'humain de ces vermines qui n'avaient que ça à faire, cependant il était toujours bloqué ici. Plus pour longtemps certes, mais pour l'instant il n'avait aucun moyen de traverser les barrières qui les séparaient. L'humain devrait protéger son lieu de vie, comme il l'avait fait avec sa boutique. Il pouvait plus facilement l'observer sans les murs spirituels qu'il dressait mais si c'était pour le voir immobile sur un canapé sans avoir la moindre information qui pouvait lui être utile... C'était aussi intéressant que les esprits du néant errer sans but.

Il sentit la douleur s'intensifier légèrement et observa avec d'autant plus d'attention l'humain. Camus bougeait très légèrement les lèvres, ça en était presque imperceptible. Cette expérience, il le savait, n'avait rien de très agréable pour l'humain. Il se concentra, ignorant du mieux qu'il pouvait ce supplice qui lui était infligé. C'est vrai, il ne pouvait pas traverser le néant mais ce genre de spectres étaient particulièrement faible, une simple attache dans l'autre monde lui suffisait pour les faires disparaitre. Il sentie sa propres énergie le traverser, malheureusement c'était une petite dose mais elle devrait être suffisante. Il approcha la main de la brèche qui faiblit un instant alors qu'il essayait de la faire tenir. Il ne faisait aucun doute qu'elle disparaitrait une fois que cette puissance l'aurait traversé. Il n'observerai pas l'humain cette nuit, ce n'est pas bien grave : la douleur l'emporterai d'un instant à l'autre de toute manière.

Le néant était un endroit bien étrange, un lieu où confiné contre son propre grès, il ne pouvait s'en échapper. Cependant, par il ne sait quelle force, il pouvait toujours contrôler un tant soit peu l'autre monde.


Camus se releva soudainement, prenant une grande bouffée d'air. Il ne vit pas à ses côtés Milo violemment sursauté alors que, portant une main sur son torse, il inspirait puis expirait désespérément. Son cœur battait bien trop vite pour quelqu'un qui était seulement resté allongé sur un canapé mais ce réveille fut de loin l'un des moins agréables.

« Camus ? Ça va ? »

Le scorpion s'approcha de son ami, l'aidant à s'asseoir correctement pour qu'il puisse plus facilement reprendre son calme. À cet instant, si le médium n'avait été trop occupé à essayer d'avoir un rythme cardiaque dans la moyenne, il aurait volontiers souligné à son meilleur ami la stupidité de sa question. Non parce qu'il est bien connu qu'un homme levant à bout de souffle et dans un état semblable à la panique était un homme qui allait parfaitement bien.

Progressivement, il prit de plus longue bouffé d'air et relâcha lentement sa respiration, reprenant peu à peu le contrôle. L'agacement qu'il portait pour son meilleur ami quelques secondes auparavant s'évaporait à chaque expiration et bien que sa tête lui fasse atrocement mal, il pouvait enfin penser avec un minimum de cohérence. Ce genre de réveille, il en avait rarement l'habitude. En le voyant avoir de nouveau un peu de possession de lui même, Milo se releva.

« Je vais te chercher un verre d'eau.

- Une aspirine aussi s'il te plait. »

Le voyant lui jeta un regard tracassé avant de passer derrière le comptoir de la cuisine. Camus déplaça sa main jusqu'à son front où son sang semblait pulser sous ses doigts. Il avait tellement mal, il avait cette désagréable impression qu'il avait été frappé à plusieurs reprises au fer rouge. Bien qu'il ne sache pas réellement ce que cela faisait, c'était juste ainsi qu'il se l'imaginait. Il ferma les yeux et les frotta de ses paumes, priant silencieusement pour que la douleur disparaisse. Le médium pouvait entendre son meilleur ami jurer alors qu'il cherchait ardemment les médicaments. Camus lui souhaitait mentalement bonne chance, il avait pour habitude de les ranger dans des endroits inaccessibles ou où les garçons n'irait pas chercher.

Il essaya tant bien que mal de se rappeler ce qui c'était passé : il se souvenait d'être en train de finir de laver la vaisselle avec Milo et ce dernier c'était mis à bouder pour dieu sait quelle raison. Les garçons étaient en train de regarder la télé... Une émission sur le paranormal si sa mémoire était juste... Parce qu'ils n'avaient pas assez de paranormal dans leur vie. Il y avait quelque chose qui l'avait fait plonger dans une transe, des esprits résiduels sans aucuns doutes... Puis tout devint flou. Le problème de ce genre de crise, c'est qu'il en avait des souvenirs mais ils étaient confus, étranges et même inquiétants. En général, il n'avait aucune idée de ce qu'il voyait ou entendait pendant les crises, après s'être réveillé, il était d'autant plus perdu.

Milo revint avec un verre d'eau dans une main, une aspirine dans l'autre. Il plissa légèrement le nez quand un forte odeur le frappa.

« Merci.

- De rien, répondit son ami.

- Je suis resté inerte combien de temps ? » demanda la médium en avalant rapidement le comprimé.

Milo regarda sa montre et calcula rapidement dans sa tête. Il était tombé sur le sol de la cuisine vers 22h10, il était présentement 01h37...

« Plus de 3h, c'est pas ton record mais c'est quand même pas mal. »

Camus finit son verre d'eau qu'il posa sur la table basse. Il aperçue à ses pieds des tas de papiers éparpillés, certain représentant des cartes du ciel, d'autre remplie de grilles. Il s'en saisit d'une qu'il lut rapidement, couverte d'un charabia sur la position des astres. Le voyant avait de quoi s'occuper pendant que lui était mentalement indisponible. Il poussa un long soupire.

« Tu ne t'es pas ennuyé à ce que je vois...

- Non pas vraiment, mais je vais pas m'en plaindre ! Ce genre de truc me permet toujours d'avoir un peu plus d'argent de côté. »

Le médium reposa la feuille et jeta un coup d'œil autour de la pièce. La télévision était toujours allumée, présentement sur une chaine éducative où passait un obscure film d'auteur, peut être d'art et d'essai. Il n'était pas trop sûr. Il remit une main sur son front.

« Isaac et Hyoga ?

- Je les ai envoyé dormir depuis un petit bout de temps !, répondit fièrement le scorpion.

- Et ils n'ont pas bronchés ?

- Nope !

-... Tu devrais venir plus régulièrement les coucher, avec moi c'est une vrai guerre. J'ai l'impression de m'occuper de gosses parfois. »

Milo pouffa légèrement de rire : il avait plusieurs fois assisté aux deux ados suppliant Camus de les laisser finir leur émission. Malheureusement, le verseau était intransigeant : quand c'était non, c'était non. C'était seulement dans ces moments qu'Isaac et Hyoga ne portaient le médium dans leur cœur.

« Alors..., fit le voyant en s'asseyant sur le canapé. Qu'as-tu vue ?

- J'en sais rien... C'était bizarre... »

Camus regard les feuilles par terre, sans aucune vie dans ses yeux. Ce qu'il avait vue ? Il se souvenait du début à présent mais se creusait encore la tête pour s rappeler la fin. Il y avait des voix, beaucoup de voix et une odeur de poussière d'os. Il sait aussi qu'il y avait des hommes mais... Son mal de crâne qui ne semblait pas vouloir le quitter l'empêchait de se concentrer. Pourquoi avait-il aussi mal de toute manière ? Il se frotta les tempes et se décida au moins à lui dire le peu dont il se souvenait :

« Au début, j'était juste couché sur le canapé et puis je ne sais pas. Mon esprit a du totalement m'échapper où j'ai du être plongé dans une illusion, je ne sais pas trop. J'était couché sur un sol lisse de calcaire, il y avait des hommes au dessus de moi, semblable à des sortes de moine...

- Des sortes de moine ?, demanda perplexe le scorpion.

- Oui ! Tu sais, avec une cape à capuche en jute, elles étaient rabattus sur leur visage, fit Camus en mimant une capuche que l'on rabat sur soi. Ils n'arrêtaient pas de prier dans une autre langue, surement du latin mais je n'arrivais pas à saisir un mot de ce qu'ils disaient : ils parlaient tous en même temps. Puis il y avait l'un d'entre eux qui se tenait devant... un cénotaphe je pense.

- Attends ! Attends !, Milo l'arrêta rapidement. C'est quoi déjà un cénotaphe ? C'est comme un tombeau ou ? »

Il vit Camus relever un sourcil avec cette expression blasé qu'il prenait toujours lorsque que Milo disait une bêtise plus grosse que lui. Le verseau lui avait expliqué une centaine de fois ce qu'était un cénotaphe, mais non. Ça ne voulait pas rentrer ! Ce n'est pas comme ci ça pouvait être dangereux en plus.

« Un cénotaphe, Milo, commença Camus agacé, est un monument ne comprenant aucune dépouille et dont la forme rappelle celle d'un tombeau. Si il ne contient pas de corps, son but premier est de garder la mémoire de une ou plusieurs personnes. Cependant, et écoute bien car c'est là que ça devient important pour nous, comme je te l'ai déjà dit une centaine de fois : outre de servir de lieu de commémoration, certain cénotaphe renferme l'âme d'être plus ou moins puissant. Et par plus ou moins puissant je veux dire que ces monuments servent parfois de prison pour les démons. Enregistré cette fois ?

- Ok, je te jure de ne pas m'approcher de près ou de loin d'un de ces trucs.

- Tu dis ça à chaque fois, soupira le médium. Et pour la survie de l'humanité je t'en pris, oui ne t'en approche pas : tu serais capable de libérer une entité de l'antiquité. »

Milo bouda légèrement, mais légèrement seulement car il savait très bien qu'avec sa capacité à se trouver des ennuies, son meilleur ami était loin d'avoir tort. Si il y avait bien quelqu'un capable de libérer par inadvertance un truc pas cool, c'était bien lui !

« Donc... Reprenons, fit Camus en s'enfonçant dans le canapé. Cet homme devant le cénotaphe avait entre ses mains une glaive ensanglantée, il ne disait rien, il se contentait d'observer. Avant que tu me demande, non il n'avait pas l'air d'un fou furieux ou d'un dangereux démon assoiffé de sang. »

Le scorpion fit cette fois une moue déçu : pourquoi son meilleur ami pouvait lire aussi facilement en lui ? Il attendit patiemment la suite du récit, désirant savoir qui était cet inconnu mais Camus ne dit plus un mot. Milo fronça légèrement les sourcils.

« Et puis ?

- Et puis rien, soupira le médium. Je ne m'en souviens pas. C'est déjà un miracle que je puisse me rappeler tout ça ! »

Le grec s'affala légèrement sur lui même, les bras reposant sur ses genoux. À la télévision, le générique de fin défilait lentement alors qu'une musique aux accents dramatiques donnait à leur conversation un aspect presque cliché.

« Entre ça et les ombres de lundi dernier... On peut dire que tu les enchainent en ce moment !

- Ne me parle plus jamais de ces trucs. »

Le scorpion sourit légèrement quand il vit son meilleur ami frissonner avant de froncer les sourcils. Urk, les ombres ! Ils les avaient presque oubliés ! Ces silhouettes noirs et parfaitement définies avec deux points lumineux à la place des yeux. Ces choses étaient terrifiante au possible et contrairement aux esprits résiduels, ils étaient loin d'être inoffensifs. Lui les appelés les traqueurs, car à l'image d'un prédateur, ses esprits cherchait sans cesse leur proie et une fois qu'ils l'attrapaient... Eh bien... Autant dire qu'on retrouvait seulement les corps dans les bois, un regard terrifié qui glacerait le sang de n'importe qui. Bien heureusement, ils n'étaient que très peu et pouvaient être facilement conjuré pour n'importe qui en sachant un minimum sur les êtres de l'autre monde. À côté les spectres résiduels des membres d'une sectes étaient des enfants de chœurs.

« Tu sais Milo, crois-le ou non mais cette église que j'ai vue, je la connais.

- Vraiment ? », demanda son ami avec un certain étonnement.

Camus hocha la tête alors qu'il se leva et alla dans sa kitchenette américaine. Il se saisit rapidement d'une boite de café en poudre et en versa dans le filtre de la cafetière.

« Oui, fit-il. J'ai déjà du te le dire une centaine de fois mais, mes parents étaient très religieux. Il passait leur temps à me trainer d'église en église et je me souviens y être allé. J'avais... 5 ans je crois. Bien sur, ce ne sont pas des souvenirs très clair mais je peux te jurer que cet endroit me terrifier. »

Milo s'approcha sans un bruit, posant ses bras sur le comptoir et écoutant avec attention ce que le verseau lui racontait. Camus parlait rarement de son enfance, entre autre parce qu'il n'en avait pratiquement aucun souvenir. Son ami releva la tête de son instrument de cuisine et s'exclama :

« Misère tu aurais du voir cet endroit ! Ils y exposaient des crânes sans aucune impunité ! Et ce cénotaphe... En plus, cette église fut pendant longtemps un véritable tombeau qui s'étalait sur plusieurs couche. Je ne veux même pas imaginer le nombre de cadavre qu'il y avait dans cet endroit ! Et tu veux savoir le pire ? »

Le voyant hocha la tête positivement alors que le médium agitait dans tout les sens la petit cuillère blanche qui servait à doser le café. Rapidement, il la fourra dans le pot avant de le ranger sur une étagère.

« Il y avait cette satané crypte où le culte de Mithras fut pratiqué ! C'était affreux ! Pour mes parents, c'était une simple paroi recouverte de mousse et moi, du haut de mes 5 ans tout ce que j'y voyais c'était ce sang qui dégoulinait sur les murs !

- J'ai l'impression que tu ne portes pas cet endroit dans ton cœur. », souffla Milo légèrement amusé de voir son meilleur ami perdre son sang froid.

Camus versa rapidement de l'eau dans la machine et referma le clapé dans un bruit sec. À cet instant, il se moquait franchement que la caféine l'empêcherait de fermer l'œil, quitte à ce que ce soit ça ou son insomnie de toute manière.

« Je hais cet endroit Milo, tu n'en as même pas idée à quel point, répondit-il en fronçant les sourcils.

- Je crois que je m'en doute un peu. »

Le médium poussa un long soupire et mis en marche la machine alors que Milo l'observait silencieusement. Il mettait sa main à couper que le verseau allait manger de la glace dans très peu de temps. Ou tout autre truc sucré d'ailleurs, Camus avait toujours adoré le sucré.

« Je suis sur que ces hommes que j'ai vue étaient des partisans du culte de Mithras. »

Bingo se dit le scorpion en le voyant ouvrir le compartiment congélateur de son réfrigérateur et en ressortir une crème glacée sirop d'érable et noix de pécan. Le café devrait être prêt dans une dizaine de minute, il y en aurait suffisamment pour tenir toute la nuit. Il n'était pas question qu'il laisse son ami passé le reste de la nuit seul avec ces obscures films d'auteurs qui passaient sans cesse !

« Tu en veux au caramel ? »

Camus accompagna sa question d'un pot goût caramel et chocolat qui fit briller instantanément les yeux de Milo. Si on le prenait par les sentiments ! Il hocha de la tête et s'avança rapidement, s'occupant de prendre les cuillères. Puis les deux hommes reprirent place sur le canapé, zappant de chaine en chaine en espérant finir par tomber sur quelque chose d'un minimum intéressant.

« Tu ne trouve pas ça étrange quand même ?

- Hm ? »

Le verseau continuait de tranquillement zapper, passant d'un clip aux couleurs criardes où des jeunes femmes à peine vêtues se déhanchaient à une chaine d'information qui diffusait en permanence d'obscures nouvelles tel qu'un homme retrouvé mort au bord d'une forêt. Tiens... Les traqueurs avaient mit la main sur une proie on dirait.

« Le culte de Mithras et tout ça. »

Milo le regarda quelques instant, cherchant où est-ce qu'il voulait en venir. Il retira sa cuillère de sa bouche rapidement, toujours incertain de ce qu'il devait dire.

« Uh... Oui ?

- Pourquoi n'avons-nous pratiquement aucune trace des cultes celtiques, romains ou même grec ? Je veux dire, les celtes c'est logique : leurs traditions et croyances n'étaient transmises qu'à l'oral mais quand est-il des grecs et des romains ? On a retrouvé nombre d'écrit mais à peine la trace de dieux auxquels ils croyaient. »

Le scorpion y réfléchit un instant et se rendit compte que oui, tout ceci était bizarre. Étant lui même grec, il ignorait tout des cultes de Grèce Antique. Il y avait pourtant nombre de temple sur leur territoire, ce qui affirmait sans aucuns doute que oui, le peuple qui vivaient il y a des milliers d'années avaient des dieux ou au moins des croyances.

« J'en sais rien... Tu penses qu'une guerre ou un peuple les précédents aurait tout détruit ?, demanda-t-il.

- Comme l'aurait fait les chrétiens avec les celtes ? C'est possible... Mais ça reste tout de même étrange... »

Milo n'ajouta rien, son regard se perdant sur ses fiches toujours étalée à terre. C'est vrai que pas la moindre légende n'était parvenu jusqu'à leur jours, pourtant tant d'autre coutume remontant à l'Antiquité avaient traversé les âges. Certaines pensées philosophique, des règles mathématiques et même leur système démocratique étaient connus. Les constellations dans le ciel demeuraient les leur et pourtant même Milo qui les connaissaient par cœur ignorait pourquoi un scorpion ou ce qu'était diable un verseau.

« Je devrai vraiment ranger mes feuilles, constata-t-il pour lui même.

- Oui, ce serait pas mal, avant qu'on marche dessus ou que tu ne les repeignent de ta glace. »

Camus se leva tranquillement quand le bip aiguë de sa machine à café se fit entendre alors que Milo ramassait rapidement ce qui constituait une source de revenu potentielle pour lui. Ce soir, c'était nuit blanche, loin de ses histoires d'églises et de traqueurs. Loin de ces réveilles en sursaut.

« C'était comme si on m'en avait tiré de force..., chuchota le médium en versant sa boisson dans des tasses.

- T'as dis quelques chose ?

- Hm ? Non, rien. Cherche pas. »

Le scorpion jeta un coup d'œil à son ami mais n'ajouta rien. Rapidement, sans que le médium ne puisse le voir, il sortit son portable et tapa un message rapide. Il était temps de faire preuve de courage


« Alors mon petit scorpion, tu as besoin de mes services ? »

Milo releva la tête de son chocolat, accueilli par le sourire suffisant et les yeux bleus perçant d'un certain jardinier bien connu de tous. Ce fut au tour du dit scorpion de prendre un air arrogant.

« Oui s'il-te-plait, j'aimerai connaître l'adresse de ton esthéticienne, elle fait des merveilles à ce que je vois. »

Il entendit Aphrodite reniflé, faussement vexé avant que ce dernier ne s'assoit gracieusement devant lui, son manteau beige toujours fermement autour de lui. Il venait de Suède et la fraicheur d'un hiver grec le faisait frissonner... Ce n'était même plus être frileux à ce point là ! L'homme fit un signe rapide à un serveur avant de reporter son attention sur le voyant.

« Trêve de plaisanterie, pourquoi me demander de l'aide à 2h du matin ? J'aurai bien était tenté par une option mais sachant que tu n'a d'yeux pour l'ainé des gémeaux j'ai rayé cette idée de ma tête..., la réflexion fit pouffer de rire le scorpion.

- Tu as bien fais.

- Je ne sais pas comment le prendre., répondit-il pince sans rire, le regard rivé sur la carte.

- Oh allez Aphrodite ! Et puis, j'ai quelque chose pour toi ! »

Avant même que Milo n'ai le temps de sortir l'horoscope de son sac, le serveur vint prendre la commande d'Aphrodite, laissant largement le temps au scorpion de retrouvé ses satanées feuilles. Note à lui même, écouter Aiolia, Saga et Camus chaque fois qu'ils lui disaient de faire un peu d'ordre dans ses affaires. Il réussit enfin à mettre la main sur les documents alors que le serveur les quitta poliment.

« Misère..., soupira Aphrodite en posant son menton dans un main. Tu aurais au moins put choisir un endroit avec des serveurs mignons.

- C'est noté pour la prochaine fois. Tiens !, il tendit deux enveloppes à l'homme. Et prends ceux-là aussi, c'est pour Angelo mais je ne le verrait pas avant un bout de temps. »

Il vit le sorcier hausser un sourcil, perplexe et se dit à cet instant pile qu'il venait peut être de faire une erreur en lui donnant ses feuilles là.

« Depuis quand Angelo s'intéresse à l'horoscope? »

Milo baissa les yeux, ce faisant tout petit. Il commença à touiller nerveusement sa petite cuillère dans sa boisson déjà bien entamée. Il n'avait vraiment, vraiment pas envie de répondre à cette question mais son attitude fit comprendre de quoi il en retournait.

« Oh... C'est pour elle n'est-ce pas ? »

Il n'y a pas à dire, Aphrodite était terrifiant quand sa voix devenait aussi glacial et profonde. Le scorpion osa à peine relever les yeux, il savait bien que le visage de son ami devait être fermé et pour cause.

« Je suis désolé.

- Ne le sois pas. », soupira le jardinier.

Il recula dans sa chaise, laissant sa tête reposer contre le mur rouge derrière lui. Génial, il ne pouvait pas mieux commencer la journée qu'avec un sympathique petit rappelle que celui de son meilleur ami et de sa romance futile.

« Elle est poisson, elle est fleuriste, elle est bien moins jolie que moi... Dis moi au moins qu'elle a un avenir nul.

-Si ça peut te rassurer, tu es le meilleur des poissons et des fleuristes qui existent ! »

Le sorcier se redressa et croisa les bras en gonflant ses joues. Encore heureux oui ! Il pouvait aisément se débarrasser de cette jeune demoiselle qui faisait tourner la tête de son ami, mais pour gagner quoi ? La haine viscérale d'Angelo ou le retrouver en petit morceaux car 'l'amour de sa vie' aurait soudainement disparu ? Et puis au fond, c'était une brave fille, Aphrodite l'aurait adoré si elle n'avait pas accaparé l'homme qu'il aimait. Il poussa un nouveau soupire.

« Et puis pourquoi tu pactise avec l'ennemi de toute manière ? »

Le serveur arriva, déposant le tête à la menthe fumant du jardinier. Le remerciant d'une douce voix et d'un faux sourire qui paraissait si vrai, l'homme se retira de nouveau après avoir déposé l'addition. Aphrodite se saisit alors de la théière et versa son thé en faisant bien attention de ne pas en mettre sur la petite table de fer forgée verte.

« D'après ce que j'ai put entendre, je ne suis pas le seule à pactiser avec l'ennemi. », fit Milo en regardant son chocolat.

Le jardinier mit un sucre dans sa tasse, et commença à touiller. Comme il s'en doutait, il s'était passé quelque chose hier soir.

« Shaka et moi avons enterrés la hache de guerre. En quelques sorte.

- Ah ? Il t'a enfin pardonné la fois où tu lui a fais une petite coupe de cheveux en plein milieu de la nuit ?

- Franchement, pouffa Aphrodite en soufflant sur son thé, je ne vois pas pourquoi il n'avait pas aimé ! C'était du grand art ! »

Milo s'autorisa un sourire sarcastique. Il se souvenait très bien de ce matin où tout l'orphelinat fut réveiller en sursaut par les cries du petit bouddhiste qui avait perdu plusieurs longueur de cheveux. C'est dommage, ce carré asymétrique spécial Aphrodite lui allait pourtant à ravir. C'était pour l'une de ces raisons qu'il adorait le poisson.

« Et puis... J'avais mes raisons.

- Ces raisons ne concerneraient-elles pas Camus de près ou de loin.

- Pour un voyant Milo, tu es très perspicace. » fit le sorcier d'un ton moqueur.

Le scorpion, malgré toute l'amitié qui les liaient, pria quelques secondes pour que le poisson se brûle la langue. Il décida de cependant ignorer la réflexion, Aphrodite avait toujours eu un humour sulfureux et légèrement vexant.

« Tu ne vas pas m'en dire plus n'est-ce pas ?

- Non. », répondit simplement le jardinier.

Le scorpion ne comprenait pas son obstination à ne jamais vouloir les mettre dans la confidence. Certes, il cherchait toujours à protéger ses amis mais il faudrait vraiment qu'il commence à comprendre que leur cacher des choses est de loin l'une des plus mauvaise façon de les garder en sécurité. Et puis c'était tellement frustrant à la fin ! Milo mit sa tête dans ses mains et soupira d'exaspération.

« Aphrodite mon meilleur ami à fait une crise hier et n'a pas bougé pendant trois bonnes heures. Dis moi ce que Shaka t'a dit.

- Trois heures ?, le jardinier souffla sur son thé et prit une gorgée. Un peu plus long que sa moyenne mais rien qui ne vaille la peine de s'inquiéter. Il fait des transes toutes les semaines.

- Il s'est réveillé en suffocant. Il a mit plus de dix minutes à reprendre son souffle ! »

Le poisson détourna seulement le regard, essayant de faire comprendre à sa façon que la discussion était close. Cependant, ce n'était pas de l'avis de Milo pour qui elle venait seulement de commencer. Énervé par l'attitude de son ami, il s'enfonça dans sa chaise et lui lança un regard noir.

« Aphrodite dis moi.

- Non.

- Aphrodite..., fit-il d'une voix dangereuse.

- Je t'en pris mon choux tu es la dernière personne qui me fasse peur. »

Ce qui avait commencé par une rencontre amicale était rapidement en train de tourner au vinaigre et voyant l'air fermé du poisson, Milo finit par s'énerver. Camus était son meilleur ami, ils ne s'étaient jamais quitté depuis leur rencontre et si il y avait bien une personne qui avait le droit de savoir, c'était lui.

« Écoute moi bien, Camus m'a dit que Shaka lui avait interdit de s'occuper la moindre affaire concernant des esprits de près ou de loin. Je ne suis pas stupide, je sais aussi bien que vous qu'il va lui arriver un pépin !

- Alors pourquoi tu n'essaies pas de l'empêcher de commettre des erreurs au lieu de le faire foncer tête baisser dans les problèmes ? », protesta soudainement Aphrodite.

Le café était soudainement bien silencieux alors que tous les yeux étaient à présent rivés sur eux. Génial ! Maintenant tout le monde les observaient avec ce regard gênant, exactement ce que Milo voulait éviter. Il ferma les yeux quelques secondes, mettant sa tête dans ses mains.

« Parce que ce que vous n'avez pas l'air de saisir c'est que Camus est la putain d'incarnation de l'esprit contradiction. Plus vous lui interdirez, plus il sera tenté de le faire et à moins que tu l'ai oublié, il n'en a rien à cirer de sa vie. »

Aphrodite ne dit pas un mot, reprenant simplement une gorgée de son thé. Milo avait loin d'avoir tort, ce n'était pas la meilleure façon de l'aider. Pourtant, si il avait la moindre idée de ce qu'il pouvait déclencher, le médium n'hésiterai pas à accomplir ce qu'ils cherchaient tous ardemment à éviter.

« Et puis crois moi, je suis le premier à savoir que l'on ne peux pas empêcher ce qui dois ce passer. »

Le jardinier regarda le fond ambré de sa tasse où un léger dépôt s'était installé. Il ne faisait aucun doute que l'homme en fasse de lui soit capable de lire son avenir là-dedans.

« Je suis désolé mais c'est non Milo. »

Le regard du scorpion s'obscurcie, il était vraiment énervé à présent et il faisait de son mieux pour réprimer cette rage qui monter en lui. Non pas parce qu'il savait pertinemment bien qu'Aphrodite était plus fort que lui mais plutôt parce qu'il aurait du mal à expliquer à Camus pourquoi il aurait besoin de lui à 10h45 du matin après que le sorcier l'ai salement amoché.

« Je vois..., pesta-t-il. Donc c'est moi qui me tape ces crises, c'est moi qui l'assiste après chaque attaque qu'on lui inflige, c'est moi qui lui fait assez confiance pour ne pas tout le temps lui dire de s'éloigner de l'autre monde, c'est moi qui lui ai sauvé la vie plusieurs fois quand il n'allait pas bien mais non. Il m'est interdit de savoir ce qui va arriver à mon meilleur ami.

- Milo... Ne le prend pas comme ça... fit Aphrodite agacé.

- Et comment dois-je le prendre ? J'ai passé ma nuit à le rassuré avec cette putain d'odeur de grenade pourrie si forte que ça m'en donnait la nausée ! Tout ça devant une rétrospective du cinéma burles- »

L'homme aux cheveux azures s'étouffa pratiquement avec son thé alors qu'il stoppa net Milo d'un geste de la main. Après avoir toussé dans son autre main, il regarda paniqué son ami en face de lui.

« Quoi ? Tu as dis quoi ?

- Le cinéma burlesque ?, demanda le scorpion perdu.

- Non ! Non avant ! Tu as parlé d'une odeur !

- Oui... Une odeur de grenade pourrie pourquoi ? »

Aphrodite ferma les yeux et jura dans sa langue natal. Oh non... Ça allait bien plus vite qu'ils ne pensaient... Dans la boutique et maintenant chez lui... En une seule journée, ça n'avait prit qu'une seule journée et déjà l'odeur se collait au verseau.

« Aphrodite ?...

- Ok. Tu as gagné. Je vais tout t'expliqué. »

Le ton sérieux du poisson l'inquiéta légèrement mais il savait depuis le moment où il l'avait appelé que ce qu'il apprendrai aujourd'hui n'allait pas être agréable. Il se doutait depuis un petit moment que Camus allait avoir un problème mais il préférait seulement tout ignorer. Son meilleur ami était toujours heureux lorsqu'il s'approchait de l'autre monde... Et puis, ça faisait pratiquement quinze minutes qu'il cherchait à lui faire cracher, il n'allait pas s'en plaindre.

« Tu sais pour Aiolia ? Que ça maison est hanté ?, Milo hocha la tête positivement. Il appelé Camus ce matin et comme d'habitude, il ne lui a pas fallu longtemps pour faire déguerpir l'esprit. C'était un jeune garçon apparemment.

- Attends... Je croyais que cette chose avait pratiquement engloutie le quartier avec une brume noire. »

Aphrodite versa de nouveau du thé dans sa tasse et souffla légèrement dessus, perturbant les volutes de vapeur blanches qui s'en élevait.

« C'est exactement ça le problème. Un jeune garçon ne peu pas dégager autant d'énergie.

- Quelque chose était accroché à lui..., murmura Milo en réfléchissant.

- Quelque soit cette chose, elle est reconnaissable pour deux choses : sa puissance qui dépasse de loin celle d'un esprit moyen et l'odeur de grenade pourrie comme tu l'as si bien dis toi même.

- Ok. Donc Camus est hanté. On devrai seulement s'en débarrasser non ? »

Son ton anxieux et son idée qu'il savait lui même ridicule fit hausser un sourcil au poisson en face de lui. Si il suffisait seulement de congédier l'esprit, ça ferait longtemps que Shaka l'aurait fait et le scorpion le savait très bien. Il fixa le fond de sa tasse.

« On a une idée de ce qu'il veut à Camus au moins ?

- Shaka pense que ça veut se servir de lui. On sait avec certitude que ça n'a pas la barrière du monde dans lequel nous vivons et que ça a besoin de l'aide de Camus pour passer, c'est pour cette raison qu'il faut empêcher Camus de prêt ou de loin de s'approcher de l'autre monde.

- Mais pourquoi ne pas seulement lui dire ?

- Tu sais comment est Camus...»

Cette histoire n'avait aucun sens. Certes, Camus pouvait être suicidaire parfois mais il suffisait de lui dire qu'il risquait la sécurité de ses proches pour que le verseau soit prudent. Ce n'est pas parce que sa vie n'avait pas tellement d'importance pour lui qu'il serait prêt à risquer celles des gens autours de lui.

« Milo, reprit Aphrodite. Promets moi de ne pas dire un mot à Camus. Je sais que ça te paraît stupide mais je t'en pris... Ne lui dit rien. Au moins pour deux semaines.

- Deux semaines ?, le poisson hocha la tête.

- C'est au cours de ses deux semaines qu'il est supposé faire passer cette chose dans notre monde. »

Génial, et encore une fois c'était les divinations de Saint Shaka qu'on écoutait. Il chassa sa jalousie maladive quand Aphrodite lui prit la main, un regard de chien battu auquel personne ne pouvait résister.

« Milo, je t'ai mis dans la confidence, ne me le fais pas regretter. »

C'est sûr, il ne pouvait plus rien dire désormais... Cet homme avait un dont pour faire culpabiliser les gens et les manipulés, il ne devait avoir qu'Angelo pour survivre à ça. Milo ne voulait pas mentir à son meilleur ami, mais il voulait encore moins décevoir quelqu'un qui venait de lui dévoiler un secret. D'autant plus quand il avait forcé la personne... Et puis, si on y réfléchissait bien, il ne mentirai pas vraiment à Camus, il lui cacherai seulement la vérité, non ?

« Bien, soupira-t-il. Mais en échange je veux rester informer sur les menaces potentielles qui pourrait l'entourer.

- Mon chou, je suis heureux d'avoir fait affaire avec toi, fit le poisson en lui serrant la main. Maintenant tu vas me payer mon thé pour m'avoir violenter et forcer à tout avouer. »

Le scorpion roula les yeux. Et dire qu'il lui avait tout dit à cause d'une histoire d'odeur... Parfois il ne saisissait pas la logique de l'homme. Il ne le saisissait pas tout court en faite, mais c'était toujours moins pitoyable que son meilleur ami.

« C'est toi qui a refusé d'obtempérer ! Et puis tu m'as fait attendre, si tu fais ça à tout tes rendez-vous, je ne veux pas le nombre d'hommes qui sont passés entre tes filets.

- Mon chou, mes rendez-vous ne sont habituellement pas des petits scorpions obsédés par Pollux. » répondit à sa plaisanterie le poisson avec un clin d'œil.

Au moins, la dispute semblait oublié à présent et malgré l'ombre qui régnait au dessus de Camus, Milo se sentait un peu mieux. Il comprenait au moins un minimum ce qui se passait autours de son ami, il l'aiderai comme le verseau l'avait toujours aidé.

« Dis Aphrodite, tu ne trouve pas ça étrange qu'on ne connaisse rien des cultes grecs ou romains ?

- Hm ? Je ne me suis jamais posé la question pour tout te dire. », répondit-il sa tasse entre ses doigts fins.

Alors que leur conversation continua tranquillement, Milo ne put s'empêcher de se dire que tout allait bien se passer. Deux semaines, c'était tout ce dont ils avaient besoin pour échapper à la catastrophe.


En faite, le méchant très méchant c'est une boule d'agario : il englobe tout partout où il passe. Je n'arrive pas à croire que j'ai du faire des recherches poussées sur les poulpes et les pieuvres pour écrire ce chapitre. Et oui, j'utilise aussi des personnages de divers Saint Seiya, sans aucune honte en plus ! (Nah !)

Quant à l'histoire en elle-même, je vous entends déjà : Mais où le sacrific- ... Je veux dire l'exorcisme que je vous avez promis ? N'est-il que pur chimère et invention pour attirer et vous faire lire cette histoire ? Pas de panique, tout vient à point à qui sait attendre ! (Oui, par là je veux dire que vous allez devoir encore attendre un petit bout temps.)

Alouette : Merci pour ta review ! Oui ne t'en fais pas on verra chaque gold et j'ai réservé un rôle à DeathMask qui je pense lui ira à ravir. =)

Laetitiaant : Merci ! L'intrigue est un peu longue à poser mais j'espère qu'elle te plaira. Et gardons tous à l'esprit qu'Aphrodite, sous sa couche de fond de teint, reste un homme impitoyable... Enfin je crois. =)

Hemere : Merci à toi aussi pour ton commentaire ! Je pense que les bouts de phrases manquantes viennent de moi, même après plusieurs relectures j'ai tendance à ne pas les voir mes erreurs. Quant à la blague sur la mandragore, je t'invite à faire de rapide recherche sur le lien existant entre ces racines et les pendus au Moyen-Âge... Non parce que je t'avoue cette blague je l'assume mais alors pas du tout, encore moins si c'est Camus qui l'a fait ! =)