Disclaimer: Saint Seiya, ses personnages et son univers ne m'appartient pas.
Camus se réveilla doucement, la lumière diffuse et pâle de l'extérieur venaient mourir sur sa moquette grisâtre alors que le silence régnait dans son appartement. Il se frotta légèrement les yeux, toujours endormi, avant de doucement se relever. Cependant il eut la tête qui tournait et il vacilla avant de se rattraper à l'accoudoir de son canapé. Le médium grogna légèrement, frustré : cette journée s'annonçait sous les meilleurs auspices...
Quelle heure était-il ? D'un rapide coup d'œil, il repéra son portable échoué sur le comptoir de la cuisine et s'en saisit rapidement. Il pria un court instant pour qu'il lui reste de la batterie et fut soulager en voyant son écran s'allumer, affichant l'heure et la date. Jeudi, 8h30. Il soupira légèrement : il ne travaillait pas le jeudi, il avait espéré pouvoir faire une grasse matinée mais il semblait qu'il allait devoir faire sans.
Et maintenant quoi ? Camus se frotta sa nuque douloureuse : il n'aurait jamais du dormir sur son canapé cette nuit. C'était ce qu'il se disait pratiquement chaque matin. Il considéra du regard la cuisine. Si sa mémoire était bonne, il devait lui rester un muffin, cependant il n'avait pas faim. Le médium se sentait même nauséeux aujourd'hui. Il finit par se lever et sans faire le moindre bruit, s'approcha de la petite baie vitrée de sa salle de vie.
À l'extérieur, tout était gris et encore teinté du bleu de la nuit qui peinait à s'effacer. Les nuages, sombres et menaçant, plombaient le ciel, annonçant encore une belle journée en perceptive. Si Camus s'écoutait, il ouvrirait la boutique aujourd'hui, mais il n'en ferait rien. Il n'avait pas le courage de faire la moindre chose, sa seule envie pour le moment se résumait à s'enrouler dans une couverture et se planquer dans un coin sombre jusqu'à ce que la journée soit fini.
Il passait un maximum de temps occupé, et c'était pour une bonne raison après tout. Camus détestait se retrouver seul face à ses pensées, ce que les autres n'avaient pas l'air de saisir. Sauf peut être Milo, sans grande surprise d'ailleurs. Le jeudi était normalement l'un des jours les plus occupés pour lui, il rendait visite aux gens qui le sollicitaient pour des phénomènes d'hantises. Le médium pouvait ainsi faire ce qu'il savait faire de mieux : venir en aide aux autres. Il se sentait utile dans ces moments.
De plus, guider les esprits dans l'autre monde et ainsi rassurer des gens terrifiés lui permettait au moins de payer sa nourriture. Il ne demandait en général pas d'argent mais tout ceux qu'il a qui il était venu en aide se sentaient toujours obliger de lui donner quelque chose en remerciement. Souvent, il s'agissait d'argent mais parfois, il arrivait qu'on lui donne quelques curiosités. Les revenus de la boutique servaient ainsi à payer son loyer et à mettre de l'argent de côté au cas où.
Il n'avait jamais eu d'ambition particulière, ni même de rêve auquel s'accrocher. Non, Camus était plutôt ce genre de personne qui se contentait de leur petit train-train quotidien. Tant qu'il était assez occupé pour ne pas se retrouver seul avec ses pensées, tout lui allait. Bien sûr, il considérait un peu sa boutique comme son rêve de gosse, un endroit où il se sentait bien. Il avait après tout travaillé dur pour obtenir cet endroit, se plongeant des jours durant dans le travail. Il ne regrettait rien : il y avait toujours quelques à faire là-bas.
Camus fronça légèrement les sourcils et se détournant de la fenêtre pour se rendre dans sa kitchenette. Il sortit un filtre et commença à verser du café moulu à l'intérieur, le plus fort qu'il avait. Le médium se demanda si avec une grande tasse de café, il comptait retrouver de l'énergie ou la motivation qu'il avait perdu depuis sa promesse faite à Aphrodite. L'autre monde lui manquait, pouvait-il vraiment tenir un mois ?
Il referma la cafetière dans un bruit sec et pressa rapidement un bouton. Camus s'adossa contre le comptoir, les bras croisés contre sa poitrine et perdu dans ses pensées, attendit patiemment que la machine fasse son travail. Ses yeux dérivèrent naturellement vers la bai vitrée, fixant d'un regard totalement vide les immeubles gris qui s'élevaient tristement.
La pluie commençait à tomber à l'extérieur, elle battait doucement les carreaux de sa fenêtre et étouffa les bruits de la ville. Bientôt, tout ne serait plus qu'un camaïeu de couleurs sombres et ennuyeuse, le ciel et les bâtiments de béton et d'acier déjà se confondaient lentement.
Camus quitta sa cuisine et de nouveau vint se poster devant la fenêtre. C'était étrange, ces gens qui grouillaient sur les pavés mouillés. Ils ressemblaient presque à des fourmis qui s'empressaient de faire leur travail tout en ignorant le temps qui les accablaient. Combien d'entre eux allait mourir aujourd'hui et l'ignorait encore ? Combien d'entre eux était déjà mort ?
Les boutiques qui bordaient les routes étaient toutes éclairés, les couleurs éclatante et criardes se reflétaient dans les flaques d'eau qui avaient rapidement pris possession des rues. Ces magasins semblaient essayer d'apporter un peu de chaleur dans cet univers froid et monotone, mais leur lumières, aussi vives soient-elles, s'effaçaient dans le chaos d'imperméables et de parapluies sombres. Ça lui semblait tellement faux, cette foule qui pullulait, ces enseignes aux éclats étouffés par la pluie. Il avait l'impression de ne pas faire parti de ce monde, de n'être qu'un étranger regardant la ville évoluer sur une toile de cinéma.
Le bip perçant de la machine à café le ramena très vite à la réalité et le médium se précipita dans la cuisine. Camus sortit une tasse de porcelaine blanche et versa son café, une bonne odeur ayant envahit les lieux. Il y rajouta deux sucres, sa boisson éclaboussant son tee-shirt gris et le tachant par la même occasion. C'était pas vrai ! Aujourd'hui allait vraiment une journée pourrie pour lui ! Il jura à voix basse, tirant sur son haut pour voir l'étendu des dégâts cependant, il ne chercha même pas à essuyer le café. Au fond il se moquait bien de ce vêtement, si il s'écoutait, ça ferait longtemps que ce truc serait à la poubelle mais étend donné qu'il ne présentait aucun défaut autre que celui d'être laid, il le gardait comme haut de pyjama.
Sa tasse en main, Camus finit échoué sur son canapé. Il souffla légèrement sur le liquide brun, des volutes de vapeur blanches s'élevant, avant de poser la boisson sur sa table basse. C'était définitivement trop chaud... Soudain, quelque chose le troubla. Camus se leva avant de s'approcher rapidement de la baie vitrée. Il sentait la trace d'une présence s'approcher, une énergie qu'il connaissait bien et parmi les étrangers qui fourmillaient dans les rues bondées, deux silhouettes armées d'un parapluie ouvert se détachaient de la foule. Camus fronça les sourcils : Qu'est-ce qu'ils venaient faire ici ? Il avait tout sauf envie de les voir et ce pour un bon bout de temps.
Il pria dans ses pensées, une main accrochée à ses fins rideaux, pour que les deux hommes soient justes de passages dans la rue et rien de plus. Mais non, ça aurait été trop beau. Il sursauta lorsque le bruit strident de son interphone résonna dans tout l'appartement. Génial... Maintenant ça.
Ce fut l'affaire de quelques minutes avant que ses deux invités surprises ne se retrouvent au pas de sa porte que Camus ouvrit avec réticence. Il tiqua d'ailleurs un instant face aux habits de civil que portait Shaka, ce qui ne ressemblait pas au moine. Il ne fit pourtant pas la moindre remarqua et se contenta de les saluer.
« Mü... Shaka...
- Camus, mon ami., commença l'homme blond avec un doux sourire.
- Bonjour Camus., fit le second aux cheveux mauves.
- Entrez je vous en pris. »
Le verseau se décala de l'entrée de deux pas, laissant passer ses convives sans plus de cérémonie. Refermant la porte derrière eux, il se pinça légèrement l'arrête du nez et se demanda un instant si il devait leur être cordial ou s'enfuir en courant. C'était après tout la faute de Shaka s'il était enfermé ici toute la journée au lieu d'aller aider des gens. Le médium finit par prendre la troisième option : aller droit au but.
« Que venait vous faire ici ? Je pensais que tu étais reparti en Inde la semaine dernière Shaka.
- Il semblerait que ce soit faux. »
Camus grogna légèrement : ça commençait bien. Le moine avait déjà sur ses lèvres ce sourire sympathique que beaucoup qualifierait d'ouvertement moqueur et il gardait ses paupières totalement closes, indiquant au médium qu'il était là pour tout sauf pour une conversation entre ami, ce qui l'irrita d'autant plus.
Il jeta un regard suppliant à l'homme nommé Mü, priant pour que celui-ci lui vienne en aide. Ou l'empêche de mettre Shaka à la porte. C'était toujours quand il n'était pas d'humeur qu'on venait lui répéter chaque erreurs qu'il faisait, car c'était bien pour cette raison que le moine était là : lui rappeler qu'il ne devait pas s'amuser avec l'autre monde. Si Aphrodite était une maman poule, Shaka était un peu comme un père qui sans cesse répétait aux enfants les dangers de la vie.
« En faite, Shaka et moi même sommes venus te voir pour vérifier que tu vas bien. »
Mü était un guérisseur Tibétain. Enfin, officiellement il était Tibétain dans les fait il n'était même pas vraiment humain. Atlante de son état, il était comme tout ceux de son espèce l'incarnation sur terre de la sérénité et de la bonté, cherchant toujours un moyen pour apaiser les tentions. Il faudrait une armée de Mü pour que Camus garde son calme tant il sentait déjà en lui la colère monter.
« Je vais bien. Je ne me suis pas approché d'un esprit depuis bientôt deux semaines et je n'ai rien fais qui pourrait me forcer à côtoyer de près ou de loin le monde des morts. »
La voix glacial du verseau ne laissa place à aucun arguments. Là, tout de suite, il voulait seulement se débarrasser de ses deux amis, même si en temps normal il aimait leur compagnie. Ça n'échappa à l'homme au cheveux mauves. Il poussa la couverture polaire du canapé et s'assit tranquillement, avant de regarder Camus dans les yeux et de tapoter la place à ses côtés.
'Viens.', fit la voix de l'homme dans les pensées du médium.
Il soupira légèrement mais finit par consentir, s'installant sans grande conviction près de son ami. Sans grand étonnement, ce dernier tendit ses mains vers Camus, paume vers le ciel. Le médium le regarda un court instant dans les yeux, lui demandant silencieusement si il avait le choix mais le visage fermé de l'homme lui fit comprendre que non. Sans grand enthousiasme, il mit ses mains sur celles de Mü et ferma les yeux. Il perdit connaissance, son corps reposant mollement au fond du divan foncé.
« Alors ? » demanda Shaka en s'approchant, perdant son sourire et ouvrant les yeux.
Les mains du médium étaient toujours prisonnières de celles du guérisseur, ce dernier fronçant légèrement les sourcils par moment. Camus était glacial, pas que cela soit bien étonnant, sa peau était sèche voir même rêche au touché ce qui en soit, était un peu plus inhabituel. L'énergie qui le parcourait se dérobait sous les doigts de Mü. Bien, il était pratiquement rejeté par son ami.
« Il refuse inconsciemment le moindre contact. Pas que ce soit très étonnant d'ailleurs. »
Le blond ne répondit rien à la remarque, préférant sourde oreille. Le guérisseur aura l'occasion de questionner ses méthodes plus tard, il devait d'abord avoir la certitude que Camus n'ai pas de près ou de loin approché l'autre monde. Il savait qu'il était en colère contre lui, il s'en était douté depuis le début mais avait prit le risque : Camus avait après tout réussi à se mettre en danger sans même s'en rendre compte. Shaka s'accroupit devant le canapé et du bout des doigts, fit doucement basculer la tête du médium vers lui.
Une mèche turquoise glissa doucement sur le visage endormi du verseau, le moine la chassa avec délicatesse. Il était pâle, trop pâle pour quelqu'un qui vivait en Grèce et des cernes violacées c'étaient installées sous ses yeux. Même plongé dans un profond sommeil par Mü, ses traies restaient tirés et fatigués. Shaka pencha légèrement la tête, attristé par se constat. Sa peau était froide, bien sûr ils étaient plusieurs à suspecté que Camus ai une température interne en dessous de la moyenne, mais à ce point, ça devenait inquiétant.
« Ça y est... J'arrive à sentir son cosmo... » souffla Mü qui avait à présent les yeux fermés.
Le cosmo, l'énergie qui animait tout être vivant et qui permettait à l'univers de ne pas s'effondrer. Le cosmo était à l'âme ce que l'ADN était au corps, propre à chaque chose et chaque personne. Sans cette énergie, la vie ne pourrait exister mais pour lui, Camus, Mü et tout ceux qui avaient passés leur enfance à l'Orphelinat du Sanctuaire, le cosmo était beaucoup plus. Comme on pouvait entrainer ses muscles à soulever toujours plus, cette puissance pouvait être éveillé et permettre l'impossible. Le cosmo, c'était ce qui permettait à Camus de voir les affluences des esprits et de flirter avec le monde des morts.
« Son cosmo ne semble pas perturbé. Je ne sens rien d'inquiétant... »
Shaka releva les yeux un court instant vers l'atlante, écoutant attentivement ce qu'il pouvait constater. Même pas la trace du moindre esprit ? Cette énergie permettait de préserver l'âme cependant, il était simple de la perturber et par extension, de la corrompre. L'autre problème du cosmo, c'était qu'il n'était pas forcément réparti équitablement entre chaque être ni même entre chaque humain. Plus une personne était dotée de cette puissance, plus il était dur de la contrôler.
« Il est tellement livide. » souffla l'Indien.
Mü ouvrit doucement ses yeux de jade et posa son regard sur le visage de l'endormi. C'est vrai, son teint était particulièrement blafard ce jour là et il doutait grandement que ce soit sa faute. Il ne semblait pourtant pas malade ni avoir perdu du poids depuis la dernière fois où il s'était vu. Il devait être fatigué, rien de plus. Comparé à Aphrodite et Shaka, lui ne s'inquiétait pas pour Camus : il avait certes la fâcheuse tendance à être influencé par le moindre fantôme, pourtant avoir passé tant de temps à côtoyer l'autre monde n'avait en rien altéré son âme.
Prit du doute, l'atlante retourna légèrement les poignets de son ami et observa rapidement ses bras. Rien, il soupira de soulagement. Le danger ne venait pas des morts, des démons ou autres choses rampants dans les coins sombres. Non, ce qu'ils devaient le plus craindre était le passé qui hantait leur ami bien plus que n'importe quel esprit. Ils étaient peu à l'avoir comprit et c'était surement pour cette raison que Shaka n'arrivait jamais à atteindre leur ami, quoi qu'il fasse.
Sous ses doigts, le guérisseur sentit le médium tressaillir et faillit le lâcher mais se reprit. Faire perdre connaissance à quelqu'un et le plonger dans un profond sommeil était en soit inoffensif aussi longtemps qu'il les réveillait correctement. Si il venait à faire cesser le contact physique brutalement, le réveille du patient serait beaucoup plus lent et comporterait quelques désagrément telle que des nausées et des maux de tête. Toutes personnes un temps soit peu initier à la manipulation de l'esprit et du cosmo le savait, alors quand Shaka vit son ami prit d'un soubresaut, il ne put s'empêcher de demander :
« Il va bien ?
- Camus a toujours eu un sommeil agité.», le rassura Mü d'une voix calme.
L'indien plissa légèrement les yeux : il avait tout a fait confiance en son ami mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter.
« Tu devrais lui dire ce que tu as vu Shaka.
- Non. »
Le guérisseur inspira profondément : ça allait être une longue conversation, d'autant plus qu'il ne pouvait pas réveiller Camus tant que son état ne sera pas totalement stable. C'était donc entre eux deux... Et un homme psychiquement aux abonnés absents.
« Pourquoi un tel refus ? Tu ne prends même pas le temps de considérer la question. » chuchota l'homme aux cheveux mauves.
Il vit alors son ami s'asseoir en tailleur dans une position parfaitement équilibrer et refermer les yeux. Pendant un instant, Mü se demanda si Shaka avait décidé de l'ignorer et de méditer à la place, ce qui aurait pour effet de grandement l'agacer. Certes, il avait pour vertu et fierté de toujours rester d'un calme des plus parfaits, cela ne l'empêchait pas d'avoir envie parfois de... corriger disons les personnes qui l'entouraient et qui souvent lui manquait de respect. C'était la tragédie d'être trop serein et serviable...
« Vois-tu Mü, j'ai plus d'estime que tu ne le pense pour Camus... »
Le guérisseur leva les yeux au ciel : oui ça il l'avait remarqué, ce n'était pas trop compliqué. Il en mettrai presque sa main au feu que ce n'était un secret pour personne. Malgré leur haine commune, l'indien avait autant de subtilité que Milo, ce qui en soit était presque impressionnant.
« Mais ?
- Mais il fait toujours preuve d'un comportement risqué et imprévisible lorsque cela touche au domaine du paranormal. J'ai bien peur qu'il ne décide d'aller voir ce démon qui cherche à se servir de lui si je lui mentionne ce que j'ai pus voir.
- Tu te rends compte qu'il te haïra quand il apprendra la vérité ? »
Shaka ne répondit rien pendant quelques secondes, avant de concéder d'un rapide geste de la tête. Il rouvrit doucement les yeux et planta son regard déterminé dans ceux du Tibétain.
« Je te l'accorde, mais si ça peut lui empêcher plus de souffrance. »
Ce fut au tour de Mü de ne rien dire. En faite, il était toujours étonné lorsque Shaka prenait la défense de quelqu'un avec tant d'ardeur. Ça n'a pas toujours était comme ça malheureusement, il y a quelques années, il se moquait des autres et ignorait tout de ce que pouvait être l'amitié. Voir même le contact humain.
« Quand exactement l'esprit va chercher à entrer en contact avec lui ? »
Le guérisseur aurait put chercher à argumenter plus longtemps avec son ami, cependant ce dernier était plus têtu qu'une mule. Autant détourner la conversation et se concentrer sur le plus important. Attendant patiemment qu'on lui réponde, Mü se décida à sonder une dernière fois l'énergie du médium pour enfin le réveiller.
« Ce samedi, souffla Shaka les yeux rivés sur la moquette. D'après ce que j'ai pus voir, c'était le soir et il n'était pas chez lui. Autour de 20h je crois. »
Il frotta légèrement son poignet, paraissant comme gêné pour une raison que l'Atlante ignorait. Il ne fit aucune remarque cependant, prenant le temps de se concentrer sur leur hôte toujours endormi. Ce dernier semblait être entré dans une phase de sommeil paradoxal et les rêves qu'il faisait perturbaient légèrement son cosmo, ce qui rendait la tache plus dure.
« Samedi à 20h ? J'ignorais que tes divinations étaient à ce point détaillée...
- Elles ne le sont pas, seulement il y avait ce calendrier surplombé par une horloge. »
Mü ne put empêcher un léger sourire de se glisser sur les lèvres, plus qu'amusé.
« Tu te focalises toujours sur les plus petits détails.
- Rigole autant que tu voudras, fit l'indien en relevant la tête d'un air hautain, en attendant ces petits détails sont d'une importance capitale. »
Cette fois, il ne put s'empêcher de rire légèrement : et voilà, Shaka était vexé. Il ne comprenait pas pourquoi Milo et lui ne se supportait pas, ils étaient pourtant si semblable. La seule différence entre eux était peut être que le scorpion avait cette faculté à s'enflammer pour un rien. Les deux hommes entretenaient une haine l'un envers l'autre qui n'avait malheureusement pas de bornes et qui portait sur le système de la plupart des gens les entourant.
« Que propose tu de faire dans ce cas ?
- L'empêcher de sortir, le retenir chez lui toute la soirée. Pour ça nous aurons l'aide d'Aphrodite et de Milo. »
L'indien lui répondit comme si il s'agissait de la plus grande des évidences, cependant Mü sentait que pour une raison ou une autre, tout ceci allait mal finir. La simple mention du scorpion dans la même pièce que Shaka impliquait une catastrophe.
« Fais comme tu veux mais je te prévi-»
Mü se tut soudainement, ne finissant même pas sa phrase. Shaka releva le regard vers lui et le vit, blanc comme un linge, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. Sa respiration devint soudainement saccadée alors que sa poitrine se soulevait rapidement à chaque inspirations. L'indien se releva rapidement, se précipitant sur son ami.
« Mü ? »
Il n'y avait rien, ni cosmo inconnu ou énergie hostile, pas d'obscurité envahissant la pièce ou de courant d'air glacial. Même pas la moindre trace résiduelle dont lui avait parlé Aphrodite. Non, rien s'y se n'est qu'une forte senteur de fruit pourri qui semblait soudainement envahir l'endroit.
Par reflexe, Shaka chercha à se couvrir le nez pour ne plus sentir l'affreuse odeur mais sans faire attention mit un coup dans la tasse de café qui se renversa sur la table basse avant de glisser et de chuter. Son regard la suivit un court instant avant de revenir sur les deux hommes sur le canapé. Mais qu'est-ce qui était en train de se passer ? De sa poche, il sortit un sceau de papier.
« Sha-Shaka !, peina à chuchoter Mü. Pren-Prends-le. Vi-vit... »
Sans laisser le temps à son ami de finir, il lâcha son sceau et prit entre ses mains les poignets que lui tendait le guérisseur. Il concentra toutes son énergie en sentant sous ses doigts le cosmo confus et nerveux du médium. Quelque chose le perturbait, il était littéralement en train de le rejeter. Shaka devait trouver un moyen de le calmer au plus vite.
Se reculant rapidement, Mü posa une main sur sa poitrine et inspira profondément en fermant les yeux. Son cœur battait furieusement, il pouvait distinctement entendre son rythme cardiaque rapide et saccadé. L'Atlante prit de profonde inspiration, faisant de son mieux pour retrouver toute sa tête. Quelle horreur...
C'était arrivé si soudainement il avait juste eu le temps de sentir le cosmo du médium se retirer et puis ça l'avait frappé. Il eut l'atroce sensation que ses mains furent plonger dans la lave mais il refusa de lâcher prise sur son ami. La douleur était alors remonté le long des ses bras et l'avait prit à la gorge avec force. Il s'était sentit suffoquer pendant un court instant avant de reprendre une respiration aussi cuisante que brouillon. C'était la toute première fois qu'il avait sentit avec tant de précision ses poumons et les moindres de ses veines. Pour être honnête, ce n'était pas une expérience qu'il retenterai.
Mü finit par ouvrir les paupières, toujours à bout de souffle cependant Shaka semblait maitriser la situation.
« Ce n'est pas un refus. Quoi que se soit, ça ne veut pas que l'on s'approche de trop près de Camus. »
L'indien tourna doucement la tête vers lui, son visage entier ne reflétait pas la moindre expression alors qu'il tenait toujours avec force le verseau.
« Tu comprends à présent pourquoi il est nécessaire de ne pas lui en parler ? »
Il hocha seulement la tête, n'osant ajouter le moindre mot alors qu'il passa sa main sur son cou. Qu'est-ce qui pouvait posséder une telle force ? Un démon, surement pas un esprit. Et pourquoi diable choisir Camus ? Il ne présentait pas de particularité autre que son don de médiumnité. Tant de question que l'Atlante se posait sans pourtant trouver la moindre réponse. Il se leva du canapé et alla jusqu'à la fenêtre qu'il ouvrit d'un geste.
Il pleuvait toujours à l'extérieur, l'air frais qui s'engouffrait dans la salle apportait avec elle quelques gouttes d'eau qui vinrent le rafraichir. Tout était gris, les immeubles, la route, les passants et le ciel pourtant il n'y avait rien de plus morne que le salon de verseau, ça en était presque inquiétant. Mü se tourna légèrement et observa un instant ses deux amis. Même leurs cheveux pourtant si colorés semblaient triste, sans éclats. La tasse de café renversée, les livres éparpillés, le bouquet de fleur rouge et bleu : comment une pièce si pleine de vie pouvait-elle paraître si morte ?
« Je vais le réveiller... » souffla Shaka, tirant le guérisseur de sa torpeur.
Il tourna la tête vers l'extérieur, y jetant un dernier regard vide. Et si ce n'était pas un démon qu'il avait sentit ? Si son ami l'avait-il inconsciemment rejeter ? Il avait bien cherché à le fuir au début. Une femme ronde vêtue d'un riche manteau noir et d'une toque en fourrure de la même teinte se précipita dans une boutique aux couleurs vives. C'était tellement étrange... Cette histoire ne rimait à rien.
Il avait mal, horriblement mal. Il ne savait pas vraiment où commençait et où terminait cette infernale douleur mais elle ne cessait de l'assaillir. Et il était en colère, hors de lui. Une haine qui le hantait parfois et lui donnait envie de détruire tout ce qui était, le néant l'en gardait bien. Quand il vit ces hommes, ces vermines s'approcher de Camus. L'un humain et l'autre... atlante si il ne se trompait pas.
Oh il connaissait leurs attentions, il pouvait voir au plus profond de ces être stupides sans la moindre difficulté. Il devait avouer qu'en temps normal, leur vaine tentative de l'éloigner l'aurait bien amusé, lui offrant un spectacle des plus délectable, cependant la souffrance qu'on lui affligeait et le haine qui le prenait ne lui donna qu'une envie : détruire leurs espoirs.
Ils n'avaient aucune idée de ce qu'il pouvait faire et si ils pensaient que le cas d'Alone lui avait permis de démontrer l'étendu de ses pouvoirs, alors il se trompait. Il pouvait faire plus, bien plus, même prisonnier de se rien qui ne cessait de l'entraver. Le monde des humains ne lui était peut être pas à porté de main, il restait pourtant d'une certaine dangerosité. Il se moquait d'eux et de leur sort, mais cette façon qu'ils avaient de se mettre en travers de son chemin l'irritait de plus en plus.
Leur cou était frêle et fragile, il suffirait d'une simple pression pour que leur tête tombe et roule sur le sol, les réduisant au silence. Et leur membre, fin et rachitique. Il n'avait qu'à tirer dessus pour qu'ils ne s'arrachent de leur corps. Tout en eux était médiocre, sans intérêt. Une simple lame pouvait traverser de part en part leur torse et les laisser sans vie. Il essaya de se reprendre, la plupart de ses pensées dictées par la douleur qui continuait de l'assaillir. Ça ne servait à rien d'énumérer les points faibles des humains, sinon à faire passer l'ennuie.
Il les avaient vu défiler chez Camus, nombre et nombre d'humains qui tous partageaient une puissance normalement caché des êtres vivants. Cela ne les rendaient pourtant pas plus attrayant, que se soit cet étrange homme qui voyait le futur et passait la plupart de son temps chez l'humain ou ces deux enfants qui n'avaient pas encore réveillé leur pouvoir. De ces hommes, il avait cependant trouvé celui qu'il détestait le plus.
Il l'avait vue plusieurs fois dans le passé, ce dernier pourtant ce qui ressemblait à des toges d'un vermillon tirant parfois sur le brun. L'homme avait de long cheveux blond et des yeux très bleus à telle point que ses pupilles elle-même semblaient de cette teinte céruléenne. Il portait sur Camus ce regard, mélange de mélancolie et d'espérance, qui lui donnait envie de l'annihiler. Il placer en le médium des vertus et des valeurs qui n'avaient jamais été. Camus n'était pas comme eux, il ne serait jamais comme eux.
Le monde humain était si proche, pratiquement à porté de main et si ce stupide humain pensait un seul instant pouvoir l'arrêter, il se ferait un plaisir de lui montrer le contraire. De réduire ce qu'il chérissait en morceau et lui montrer à quel point il pouvait se tromper.
À travers la faille, Camus n'avait pas l'air heureux et grimaça pratiquement alors que l'un des deux hommes lui fit signe de s'asseoir à ses côtés. Qu'est-ce que tout ceci signifiait ?... Il tendit ses mains vers l'humains qui y posa les siennes. Ils semblaient être sur le point d'accomplir un rituel, si c'était pour le chasser, bon courage à eux. Soudainement, le médium s'effondra sur le divan devant le regard neutre des deux hommes. Il ne put s'empêcher de frémir de colère et ces deux qui ne bougeait pas d'un poil, comme si c'était naturel !
Il chercha à étendre son énergie jusqu'à ce qu'il puisse atteindre l'autre monde mais très vite, il fut freiné. Des sceaux... Des satanés sceaux remplissant les poches de cet agaçant homme aux cheveux blonds. Bien... Bien... Bien... Ils voulaient jouer à ça ? D'accord.
Il y avait quelque chose d'amusant avec les Atlantes : outres d'être une sorte d'humain à part et de pouvoir maitriser l'énergie vitale sous toutes ses formes, ils sont d'excellent liens entre les différents êtres. Leur plus gros défaut est de toujours laisser leur esprit ouvert, un peu trop pour leur propres bien d'ailleurs. Il n'avait besoin que de quelques malheureuse minutes, le temps de rassembler la puissance nécessaire.
Il sonda le néant, s'étalant doucement dans l'obscurité et l'envahissant avec lenteur. Il lui suffirait de drainer ce dont il avait besoin dans ce rien, emprunter un peu d'énergie aux esprits errant sans but. L'atlante l'ignorait surement, mais il était en train de lui facilité la tâche. En examinant ainsi le cosmos qui animait Camus et en laissant son esprit librement ouvert, l'homme lui permettait d'avoir une emprise sur lui mais pas seulement.
Il se concentra et draina l'énergie jusqu'à lui. Que la partie commence ! Tout doucement, il approcha une main qui semblant sortir de l'obscurité n'était éclairée que par la lumière de la faille. Tout ce qu'il avait à faire canaliser son pouvoir sur sa dite main, autant dire que c'était un jeu d'enfant lorsque l'on pouvait plier entièrement le néant au gré de ses désirs. La seul chose qui pouvait s'avérer un temps soit peu problématique, outre que de passer les barrières qu'avait dressé l'homme blond, c'était de pouvoir ancré son énergie sans faire faillir brèche.
Ce qu'il réussi à faire sans problème, l'effet étant immédiat. L'homme aux cheveux mauves sentit la douleur le prendre, comme si le simple contacte avec la peau de Camus lui infligeait la plus atroce des brûlures. Ça, c'était cadeau. Puis il laissa son énergie glisser jusqu'au médium et s'insinua doucement dans son esprit. Ce n'était pas de la possession, pas à proprement parler vue qu'il était toujours bloqué dans ce lieu ennuyeux qu'était le néant. Il s'agissait plus d'un échange avant une inéluctable rencontre et un moyen comme un autre d'assurer son emprise sur l'humain.
Il avait quelques secondes mais cela lui suffisait amplement. Dès l'instant où l'Atlante le lâcherai, la connexion entre eux sera coupée mais c'était avec joie qu'il laisserai le médium. En provocant ainsi le destin, les deux hommes venaient de commettre une erreur : à présent qu'il avait réussi à s'approcher du cosmos et de l'âme de Camus, il n'aurait plus aucun moyen de l'empêcher d'accomplir son dessein. À présent, peu importait l'endroit dans lequel il s'incarnait, aussi longtemps que c'était dans le monde des humains, il pourrait retrouver sa cible.
Ces deux idiots en voulant aider leur ami venaient de le condamner.
Camus poussa un long soupire en refermant la porte de son frigo, une brique de jus d'orange dans les mains. C'était samedi soir, sa journée à la boutique fut un enfer, sa série préférée venait juste de recommencer mais non, il devait supporter Milo et Shaka enfermés dans une même salle ce soir. Sans compter Hyoga et Isaac, qui pour une raison qu'il ignorait avait décidé de ne plus se parler. Puis il y avait aussi Aphrodite, courant après Mü dans le but de 'se débarrasser de ses vilaines fourches'.
« Besoin d'un coup de main ? »
Camus sursauta légèrement et lâcha sa bouteille. D'un geste rapide, Aiolia la rattraper et lui tendit avec un sourire désolé. Le verseau la prit, faisant bien attention cette fois de ne rien échapper et considéra du regard le paquet de crackers sur son comptoir. Le paquet rouge et jaune ne suffirait jamais pour autant de personne, surtout si les pizzas mettaient autant de temps à arriver que la dernière fois.
« J'veux bien que tu amènes les chips. »
L'homme jeta un regard au dit paquet et fit rapidement le même constat que Camus. Il lui dit d'un ton désolé :
« Ça suffira jamais. Ton meilleur ami est un ventre sur patte, je parle même pas des garçons. Et puis j'entends déjà Aphrodite se plaindre du nombre de calorie dans chaque chips.
- Je sais, je sais... J'ai tout prévu. »
Le médium rouvrit son frigo et en sortit cette fois trois bols : l'un remplie carotte en bâtonné, l'autre de choux fleur et le troisième de concombres en bâtonné.
« Génial..., fit le blond sans entrain. Des crudités ! Ta soirée est sauvée ! »
Camus renifla amusé, sortant un pot de crème ciboulette qu'il versa dans une coupelle. Il voyait déjà les mines dégoutés du scorpion et des deux mini verseaux. Aiolia ouvrit sans bruit les chips et les mit dans un récipient en plastique qui trainait sur le comptoir.
« Ma soirée ? C'est vous qui vous êtes tous tapé l'incruste je te rappelle !
- Oh allez ! Ça te fais du bien de voir un peu de monde de temps en temps... Et puis aussi longtemps que Milo et Shaka sont chacun à un coin de la pièce. »
L'hôte releva la tête et inspecta son salon d'un coup d'œil, s'assurant que ces deux là étaient bien au moins séparés par deux mètres et une personne. Il fut satisfait de voir que c'était le cas, quand son regard se posa sur Isaac et Hyoga. Ils ne se regardaient même pas, une tension entre eux s'étaient installée et il avait l'impression de ne rien pouvoir y faire.
Hier soir déjà, les garçons ne se parlaient plus, ne se cherchaient même plus des noises comme ils avaient l'habitude de le faire. Si ça avait inquiété Camus , il s'était dit que ça leur passerai, que le lendemain tout ce serai arrangé mais ce ne fut pas le cas. Ce matin, les adolescents s'ignoraient toujours et ne semblaient pas vouloir faire la paix.
« Aiolia... Tu sais pourquoi Isaac et Hyoga ne se parlent plus ?
- Hm ? Pourquoi le sera-je ?
- Je sais pas..., fit Camus en haussant les épaules. Je pensai que Seiya ou Shun t'en aurai parlé. »
Le blond croqua dans une chips, le temps de réfléchir. Seiya et Shun étaient des gamins de l'Orphelinat, du même que Hyoga. À la différence de ce dernier, ce n'étaient pas chez Camus qu'ils venaient régulièrement passer leur week-end, mais chez lui. Ils étaient toujours les premiers à commérer sur tout ce qui se passait au Sanctuaire, cependant Aiolia ne les avaient pas vue depuis le week-end dernier. Quoi qu'un y réfléchissant bien.
« Seiya m'a appelé jeudi, pour me dire qu'il viendrai pas ce week-end et effectivement, il m'a dit qu'ils s'étaient disputé. Soit disant que Hyoga serait naïf et qu'il faudrait qu'il cesse d'agir comme un gamin. »
Camus le regarda, incrédule, et cligna des yeux deux ou trois fois. Il avait bien entendu ?... Certes, les garçons se disputaient souvent mais jamais au grand jamais à ce point là. Isaac défendait toujours Hyoga contre se genre d'accusation habituellement ! Il posa doucement ses mains sur le comptoir.
« C'est... Étrange. Ça ne ressemble pas du tout à Isaac...
- C'est tout ce que je sais... »
Aiolia posa une main sur son épaule, essayant de le réconforter comme il pouvait alors qu'il tenait dans son autre main le bol de chips, cherchant à le protéger contre tout. Camus poussa seulement un autre soupire et prit les crudités. Pourquoi fallait-il que tout arrive en même temps ?... Le blond lui fit un signe de la tête vers le salon.
Bon, rien avait était détruit et il n'y avait pas de trou dans le mur, ce qui était bon signe. Certes, sa cuisine était ouverte sur son salon mais il savait mieux que personne qu'il était très simple de finir avec des dommages collatéraux avec tout ce petit monde.
« J'ai les chips !, cria pratiquement Aiolia.
- Eurk ! Je ne veux même pas imaginer le nombre de calorie qu'il y a dans ce bol ! »
Aphrodite ne remarqua pas le blond rouler les yeux ni même Milo le mimant grossièrement derrière lui, faisant rire son meilleur ami. Le poisson était quelque peu prévisibles, particulièrement lorsque ça touchait à son physique de près ou de loin.
Camus s'assit sur son canapé, à côté de Shaka et posa les crudités sur la table basse. Il lança un regard timide à l'homme à ses côtés, légèrement gêné avant de déclarer d'une incertaine.
« Uh... Je ne suis pas trop sûr de ce que les moines bouddhiste mange. J'ai bien essayé de faire des recherches mais...
- Camus, le coupa-t-il en posant une main sur son épaule avec un sourire aimable. Je suis heureux que tu prennes mes croyances en considération, mais je ne suis plus moine depuis bientôt un mois. »
Le verseau haussa les sourcils, incrédule. Pendant un bref instant, il se demanda si quelqu'un n'avait pas décalé la date du premier avril mais l'indien avait l'air totalement sérieux. Ça expliquait entre autre pourquoi il ne portait plus de Kesa. Bien, maintenant il se sentait totalement stupide de ne pas avoir remarqué plus tôt le changement de son ami.
« Pourquoi as-tu...
- Cessé d'être moine ?, il vit Camus hocher la tête. Parfois, Bouddha nous réserve un avenir bien différent que celui qu'on imaginait. »
C'est bon, il venait de perdre le verseau. Ses paroles semblaient bien plus tenir du discours du témoin de Jehova qui avait frappé à sa porte la semaine dernière -comment avait-il réussir à rentré dans le bâtiment ?-, plutôt que celui d'un homme qui fut moine Bouddhiste depuis qu'il était un bambin. Les sourcils froncé, il s'enfonça dans son canapé sous le regard amusé de son ami. Il essayait toujours d'intégrer ce qu'on venait de lui dire et cela lui prendrait sans aucun doute un certain temps.
« Ça veut dire que tu peux manger de la pizza ?, demanda-t-il ressemblant à un gamin.
- Oui, je peux. Même si je doute que ce soit une bonne idée. »
Camus n'écouta pas vraiment sa réponse, toujours perdu dans ses pensées. Shaka sourit d'autant plus : oui, beaucoup de temps en perceptive. Il devait s'avouer légèrement satisfait de l'état dans lequel il avait mit son ami : choqué Camus était en soit quelque chose d'assez compliqué, il avait réussi avec brio. Il prit un bâtonnet de carotte qu'il mangea triomphalement.
« Tu sais Camus... »
L'intéressé tourna pratiquement automatiquement la tête vers son interlocuteur, faisant de son mieux pour l'écouter. Soudainement, la voix de Shaka semblait bien moins assuré que d'habitude, il détourna même le regard, ce qu'il faisait aussi rarement que de garder les yeux ouverts.
« Il y a une autre raison. En faite, je ne pouvait plus respecté les lois imposées pas Bouddha... J'ai.. Je suis allé trop loin, je ne pouvais plus revenir en arrière.
- La divination t'est interdite ? »
L'homme le jaugea un court instant, interdit, avant que les traies de son visage ne s'adoucir de nouveau. Quoi ? Il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?... Il était déjà bien embrouillé, si en plus Shaka s'amusait à le perdre. Sans parler de cette migraine qui lentement le prenait.
« Oh... Il n'y a jamais eu de règle très clair à ce sujet.
- Ah... »
L'indien soupira, ses épaules s'affaissant légèrement. Cette conversation devenait légèrement gênante. Et c'est bien sûr au moment où il s'apprêtait à expliquer à Camus le comment du pourquoi que l'être le plus exécrable de la terre se jeta presque sur lui en criant.
« La vierge reste comme ton signe et ne t'approche pas de mon meilleur ami avec tes sales pattes ! »
Camus se frotta les tempes en entendant Milo commencer à déblatérer. Il n'avait même pas envie de comprendre ses paroles, ni même les écouter tant son mal de crâne combiné à la puissance en décibel de son ami lui donnait envie de sauter par la fenêtre. À ses côtés, Shaka se tendit légèrement, toisant le scorpion du regard. Il fallait toujours qu'il s'occupe des affaires des autres celui-là. Si il n'était pas là, ça aurait tellement plus simple. Mais comment Camus faisait-il pour supporter un être aussi bruyant et casse-pied?
« Milo... fit Aiolia en posant une main sur son épaule. Ne commence pas à faire des histoires. »
Le verseau remercia l'homme d'un geste de la tête, frottant toujours ses tempes. Pourquoi fallait-il que ça tombe toujours sur lui ?... Aiolia et Shaka remarquèrent rapidement son attitude étrange. Ils savaient que ce soir passait les nouveaux épisodes de la série dont il était totalement fan et que leurs présences n'étaient ce soir pas vraiment des bienvenus, mais il faisait toujours de son mieux pour être le plus parfait des hôtes.
« Camus ? Ça va ?
- Il doit surement s'ennuyer à mourir de ta conversation, cracha presque Milo à la vierge.
- Oui, seulement une migraine... », répondit-il en jetant un regard noir à son meilleur ami.
Le scorpion ne fit pas attention au regard meurtrier alors qu'il s'inquiéta tout de suite des paroles du verseau. S'accroupissant devant lui, il lui saisit délicatement le bras et le releva. Camus le laissa faire, même si il détestait être traité comme une chose fragile, il avait trop mal pour protester.
« Viens... Tu veux un aspirine ?
- Oui, oui ça serait bien. »
La voix du verseau était quelque peu roque, ce qui l'inquiéta d'autant plus. Enterrant la hache de guerre le temps de cette soirée, il regarda Shaka avec crainte, ce dernier répondant à son regard par un simple geste de la tête. Le démon allait chercher à s'emparer de leur ami par tout les moyens, mais personne ne comptait le laisser faire.
« Mü, Aphrodite, les deux concernés se tournèrent vers lui. Pouvez-vous ouvrir la fenêtre ?
- Shaka tu es fou ?, s'offusqua le poisson. On est en janvier je te rap-...»
Il se tut en voyant Camus contre Milo, les mains pressées contre son crâne alors qu'il cherchait à se cacher de la lumière. 'Oh' fut la seule chose qui franchit les lèvres du sorcier alors que le voyant et l'ancien moine hochèrent gravement la tête. Avec l'aide de Mü, il ouvrit rapidement les rideaux puis la baie vitrée. Shaka sembla satisfait alors qu'il sortit de ses poches des sceaux qu'il avait prit soin de préparer avec minutie. Il pouvait toujours essayer de se montrer, ce soir ils l'emprisonneront.
Pendant ce temps, le scorpion conduit son ami dans la salle de bain et fouilla rapidement dans son petit miroir pharmacie. Ses mains tremblait alors qu'il jetait des regards sur le verseau assit au bord de la baignoire blanche. Camus grognait par moment, ce qui le faisait d'autant plus stresser, il n'arrivait pas à trouver.
« Merde ! » souffla-t-il entre ses dents serrées.
Le médium releva le tête vers lui et le vit en train de paniquer devant son armoire à pharmacie, renversant la moitié du contenu par inadvertance dans le lavabos. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Ce n'était qu'une migraine, pourquoi réagissait-il ainsi ? Ce n'est pas comme si il en avait pratiquement tout les jours. Celle-ci était peut être particulièrement violente mais ce n'était pas vraiment inhabituel venant de lui.
« Deuxième étage, troisième boite en partant de la droite. »
Milo se tourna vers lui quelques secondes et Camus put apercevoir sur son visage une angoisse qu'il n'avait pas vue depuis des années maintenant. Puis le scorpion percuta ce que son meilleur ami venait de lui dire. Rapidement, il finit par mettre la main sur les précieuses pilules. Il jeta pratiquement la boite sur le verseau qui la rattrapa difficilement. Celui-ci finit par réussir à ouvrir la boite et goba un comprimé sans même chercher à prendre un verre d'eau. Il grimaça légèrement en sentant le médicament passer avec difficulté dans sa gorge.
Le voyant se regarda dans le miroir : ses cheveux était collés à son visage, sa respiration était saccadée et il continuait à trembler. On aurait dit qu'il venait de courir un marathon, et encore ! Aucune course ne l'avait jamais laissé dans cet état ! Il devait se calmer, tout allait bien. Camus était en sécurité. Aphrodite, Mü et Shaka étaient en train de poser des barrières, le lieu était sécurisé et même si cet esprit cherchait à blesser son ami, ils étaient tous prêt à réagir. Il n'y avait qu'Aiolia, Isaac et Hyoga qui devaient être perdus à présent...
Il sursauta en sentant un main glacial se poser sur son épaule. Camus le regarda dans le reflet du miroir, cet air impassible sur le visage et sa boite d'aspirine dans l'autre main. Milo déglutit difficilement : il était peut être temps de lui avouer...
« Milo... »
La voix du verseau était glacial. Oui, il était vraiment temps. Tout le monde lui devait des explications... Le scorpion pria pour que son meilleur ami lui laisse encore quelques secondes avant de le tuer.
« Je... Crois qu'on ferait mieux de retourner avec les autres. »
Se dérobant rapidement, il s'enfuit pratiquement de la pièce sous le regard suspicieux du médium. Celui-ci resta un instant et s'approcha du lavabo blanc. Il avait toujours mal au crâne mais il ne s'attendait pas à ce que ça passe en une minute après tout. Il ouvrit le robinet et fit couler de l'eau froide avant de s'asperger le visage. Il savait très bien que quelque chose se tramait derrière son dos, il n'était pas aveugle ni stupide. Il savait après tout que cette histoire de ne pas s'approcher de l'autre monde était absurde, mais de quoi cherchait-on exactement à le protéger ?
Il sortit une petit serviette bleu de dessous son lavabo et sécha son visage. Puis il posa le bout de tissus sur un porte serviette en inox et frotta doucement sa chevelure. Il n'avait pas vraiment envie d'y retourner mais il voulait des réponses, même si ça le forçait à les enfermer chez lui jusqu'à ce qu'ils parlent. Il pouvait être très têtu lorsqu'il le voulait.
Il finit par quitter sa salle de bain blanche et bleu, ce qu'il trouva dans son salon ne l'étonna même plus. Le médium ne dit rien alors Mü et Shaka s'activaient à poser diverses sceaux autours de ses murs. Intérieurement, il se demandait si ils avaient conscience que ce genre de chose n'avait pas d'effet chez lui, il n'en dit cependant pas un mot. Après tout, ce n'était pas le premier à faire des cachotteries.
Le médium appuya son dos contre un mur, les bras croisés sur sa poitrine, alors qu'il souleva un sourcil. Son regard se posa rapidement sur Aiolia qui se tenait bêtement au milieu de la salle, aussi perdu que lui si ce n'est plus.
« Ne me regarde pas comme ça !, déclara le blond. J'ai aucune idée de ce qui est en train de se passer.
- Ce qui est en train de se passer Aiolia, fit Camus en s'approchant d'eux, c'est que pour une raison ou une autre il leur semble nécessaire de protéger mon appartement. »
Aphrodite se tourna vers lui avec un air désolé, ce que fit Mü à son tour. Shaka lui semblait aussi gêné que Milo, mais ne cessa pas de s'appliquer à disposer des sceaux un peu partout.
« Cependant, si ça ne les déranges pas trop, j'aimerai en connaître la raison. »
Le ton accusateur du verseau les fit tous stoppé, même la vierge. Il se retourna doucement vers son ami, fermant les paupières et soupira. C'était son plan, c'était à lui de recevoir les foudres du médium. Si ça vait été quelqu'un d'autre, il aurait seulement relevé la tête hautainement et d'un sourire qui se voulait bienveillant, aurait déclaré que c'était pour son bien. Mais non, il fallait qu'il s'agisse de Camus.
« Quelle heure est-il ? »
Si il n'avait pas déjà un sourcil levé, le verseau le lèverai. Sa migraine jouait beaucoup sur ses nerfs, si Shaka avait décidé de tester sa patience, c'était le mauvais jour. Voyant l'homme progressivement s'énerver, Hyoga qui était sagement assit sur la canapé avec Isaac, regard rapidement sa montre.
« 21h07 ! »
Shaka s'approcha alors du médium qui le toisa, décroisant les bras. Mais qu'est-ce qui lui prenait à la fin ? Sans même le prévenir, l'indien colla son front au sien et lui fit perdre connaissance l'espace d'un instant durant lequel il sonda son cosmo. Derrière lui, il entendit Milo protesté mais rapidement retenu par Aphrodite qui était bien plus fort que ce que l'on pouvait croire.
Quand la vierge recula et soupira de soulagement. Camus sentit sa conscience revenir rapidement ainsi qu'une certaine colère pour le moine qui n'en était plus un. Mais merde à la fin ! Il en avait vraiment mare ! Shaka, avec l'aide de Mü, l'installa sur le canapé alors qu'il reprenait totalement ses moyens.
« Je déteste quand tu fais ça Shaka, ça devrait être interdis. » grogna-t-il en faisant reposer sa tête sur le divan.
La douleur était revenue, moins vive mais elle était là, martyrisant sa pauvre tête sans qu'il ne puisse rien y faire. Quel idée d'inspecter son cosmo sans prévenir et sans même qu'il l'accepte ! C'était vraiment violent comme technique !
« Je suis désolé mon ami, mais maintenant que j'ai la certitude que tu es en sécurité, je peux expliqué pourquoi nous avons agis si bizarrement ces derniers temps. » fit l'indien penaud.
Le verseau réfréna son envie de lui demander si par 'ces derniers temps' il voulait dire 'depuis le début de notre vie'. Il commençait sérieusement à se dire qu'avec de pareil amis, il n'avait pas besoin d'ennemi ou d'esprit pour le tourmenter.
« En faite, vois-tu, il y a un mois à présent j'eu une divination terrible dans laquelle un esprit aussi puissant que maléfiques s'emparait de toi.
- Et je suppose que ça devait survenir ce soir ?...
- Vers 20h.
- Qui était dans la confidence ?
- Aphrodite, Milo, Mü et moi-même. »
Malgré les regards désolés et le fait qu'ils soient tous ses amis proches, Camus avaient envie de les frapper, fort. Rien de bien grave, juste un bon coup de poing dans le nez pour leur remettre leur idée en place.
« Ça ne vous ai pas venu à l'esprit de me prévenir ?, demanda-t-il d'un ton accusateur.
- Il y avait quelqu'un qui pensait que tu allais te mettre en danger si tu l'apprenais. »
Shaka désira ardemment faire taire Milo, de n'importe quel moyen qu'il soit tant que cet idiot ne puisse plus ouvrir la bouche. Pourtant, Camus se frotta seulement le front et soupira, fatigué par toutes ses inepties. Il n'en pouvait plus, ils allaient vraiment le tuer à la fin.
« Donc... Camus ne risque plus rien ?, demanda Isaac que personne n'avait entendu jusqu'à maintenant.
- Non, rien. Nous avons posé assez de protection autours de cet appartement pour qu'une armée d'esprit ne puisse passer. »
Le sourire aimable de la vierge rassura les deux garçons. Ils savaient pertinemment bien que le médium qu'ils considéraient comme un grand frère courait sans cesses des risques. L'un comme l'autre n'avait jamais ignoré le fait qu'un jour, le médium pourrait tomber sur un être bien plus puissant que lui et y laisser des plumes. C'était arrivé par le passé, ça pourrait de nouveau se reproduire. Camus avait toujours cherché à les en protéger, c'était pour cette raison qu'il ne leur parlait jamais de leur expérience et cette soirée était le parfait exemple d'à quel point les choses qui touchait au paranormal pouvait vite dégénérée.
« Il va pouvoir parler à ma maman cette année ? »
Shaka fronça légèrement les sourcils et bascula sa tête sur le côté. De quoi parlait-il ?
« Ta maman ?..., répéta-t-il confus.
- Hyoga... N'embête pas Shaka avec ça... » fit Camus en se relevant légèrement.
Isaac et Milo échangèrent un regard inquiet alors que déjà Hyoga commençait à expliquer à l'indien de quoi il en retournait. Oh... Mauvais...
« Oui !, fit le garçon avec enthousiasme. Chaque année pour mon anniversaire Camus se rend sur la tombe de ma maman pour lui parler !
- Mais Hyoga, répondit doucement Shaka de plus en plus perdu. Ta maman est en paix. »
Camus grimaça cachant ses yeux d'une main. Et voilà, le sujet qu'il ne voulait pas aborder... Ça n'était vraiment vraiment pas le moment... Hyoga perdit son sourire alors que se fut à son tour de froncer les sourcils, plongé dans la plus grande incompréhension. Isaac posa une main sur son épaule mais il n'y fit même pas attention, il se contenta de regarder Shaka avec ses grands yeux bleus.
« Depuis quand ? »
L'indien releva les yeux vers le médium mais celui détourna simplement le regard. Qu'il fasse ce qu'il veut, il fallait bien qu'il connaisse la vérité un jour et lui n'avait pas le cœur à lui avouer. Shaka regarda alors de nouveau le garçon, comprenant l'erreur qu'il venait de commettre et qu'il ne pouvait malheureusement pas rectifier. Il entendait déjà les remontrances amères que Milo allait déverser sur lui, si ce n'est un tombereau d'insultes.
« Depuis le début. »
Le visage de l'adolescent se décomposa lentement alors qu'il secoua légèrement la tête de droite à gauche. Ce n'est pas vrai, ça ne pouvait pas être vrai. Camus n'aurait pas menti, il n'aurai jamais fait ça ! Son regard paniqué se posa sur l'adulte et de ses yeux, il se supplia. Il le supplia que tout ceci ne soit que des mensonges ou une mauvaise blague. Pourtant le médium ne dit rien, ses lèvres restèrent désespérément closes.
« Camus ?... »
La voix chevrotant de Hyoga lui fit mal, il devait l'avouer, mais plutôt que de prendre son courage à deux mains et de lui dire la vérité, il se leva. Il traversa lentement le salon sous le regard abattu du garçon aux cheveux blonds. Si il regrettait ? Oui, mais il ne pouvait pas ce soir. On pourra le traiter de lâche et d'égoïste, il n'avait juste pas la force d'affronter tout ça.
Il ferma les yeux, même si il était dos à lui il sentait son regard sur ses épaules. C'était sa faute, à raison d'explication il lui devait au moins la vérité. Le garçon aurait loisir de le haïr demain, de lui crier dessus ou de l'ignorer, pour cette nuit il devrait ce contenter de quelques mots. Le médium enroula alors ses bras autour de lui-même comme il avait l'habitude de le faire lorsqu'il était triste et souffla d'une voix plate :
« Je suis désolé Hyoga, mais Shaka dit vrai. Je n'ai jamais parlé à l'esprit de ta mère, elle est repose en paix depuis sa mort.
- Mais pourquoi ? » s'écria le garçon en se levant d'un bond.
Il pouvait entendre les larmes dans sa voix alors qu'il répétait misérablement la même question encore et encore. Camus entendit Isaac se relever avant de pratiquement tirer Hyoga sur le canapé et de le réconforter, lui chuchotant de se calmer et que tout irait bien. Ça faisait mal, ça lui donnait la nausée d'entendre l'adolescent en pleurs et pourtant il fuyait. Sa migraine s'était désormais mêlée aux regrets et à la tristesse. Il avait l'impression d'être le pire être humain sur terre à cet instant il ne doutait pas un seul instant qu'il l'était.
« Les pizzas ne devraient plus tarder, restez ou partez, faites ce que vous voulez je m'en moque. » énonça-t-il d'un ton bas et éteint.
Sans un mot de plus, il quitta la salle et ferma sa chambre derrière lui. Avant même que Milo n'ai le temps de dire quoi que ce soit, le bruit sec du loquet sépara définitivement Camus de ses invités. Cette soirée avait été trop pour lui, ces dernières semaines furent dures et à présent, ça.
Le scorpion pria un instant pour qu'il ne fasse rien de stupide. Il ne doutait pas instant que son meilleur ami était quelqu'un de responsable mais il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir peur. La main d'Aiolia sur son bras le tira de ses pensées, ce dernier comprenait exactement ce qu'il ressentait seulement cette fois, il devait avoir confiance en Camus et le laisser seul. Il avait besoin d'être seul et Hyoga avait besoin d'eux.
La main sur la clé de sa chambre glissa doucement, rejoignant mollement le reste de son corps. Il regarda sans but le bout de bois blanc coloré d'un bleu foncé par la lumière à l'extérieur. Il se retourna et appuya son dos contre la porte avant de pratiquement se laisser tomber à terre. Ramenant ses genoux sur son torse, il les entoura de ses bras et y posa sa tête. Il n'y avait pas un bruit dans sa chambre, sinon celui de la ville qui a toutes heures palpitait de vie.
Il était fatigué, chaque jour l'accablant un peu plus. Il en avait mare de devoir toujours se battre et malgré l'optimisme dont il essayait de faire preuve, il était à chaque fois rattrapé par quelque chose qu'il avait dit ou avait fait. Ses parents avaient peut être raison à son sujet...
Camus releva la tête et passa un main dans ses cheveux. Sa chambre était impeccable, chaque chose à sa place. Rien, pas même un vêtement ne trainait par terre et son lit était toujours fait. Il n'y avait pas la moindre poussière, cette endroit était d'une propreté incroyable et pour cause ! Il se leva, vacillant l'espace d'un instant et s'arrêta devant son armoire.
Tout était teinté de blanc ou de gris ici, parfois quelques meubles comportant un peu de noir comme son bureau. Si beaucoup trouvait se style chic et épuré, personne ne semblait y voir l'impersonnalité qui régnait dans cette pièce. Il ouvrit son placard, se mit à genoux et commença à minutieusement sortir des tas des vêtements les uns après les autres. Non, ça n'avait jamais semblé bizarre à quiconque... Peut être parce que ces coloris étaient les seuls présent dans son appartement et que son salon était digne d'un showroom d'une grande marque de meuble. Du goût, voilà ce qu'on lui disait lorsque qu'on entrait chez lui. Du goût et rien d'autre, pas de 'chaleureux' ou 'agréable'... Il ne pouvait cependant pas leur jeter la pierre.
Il finit par poser ses mains sur ses jambes, tel un automate, alors qu'il fixa d'un regard vide une grosse boite au fond de sa penderie. Il serra les poings, frottant ses phalanges de son pouce et finit par tendre les mains. La boite était froide, ce qui était peut étonnant venant de quelque chose fait en métal. Doucement, il la tira vers lui, un frottement feutré perturbant le silence. Une fois sortie, il ne prie même pas la peine de ranger ses habits, non. À la place, il serra la caisse en ferraille contre lui, comme si il s'agissait d'une bouée de sauvetage auquel il s'accrochait désespérément. C'était un peu le cas d'ailleurs.
Cette boite, tout le monde ignorait son existence et aussi longtemps qu'il respirera, il garderai farouchement cet objet. Personne ne pourrait s'en approcher, il s'en était donné la parole depuis des années déjà. Ce qu'elle contenait ? Seul lui le savait et pour rien au monde il était prêt à l'ouvrir de nouveau.
Il se redressa et rampa presque sur son lit. Là, il ne prit même pas la peine de se glisser sous sa couette, il se mit seulement sur le côté et serra la caisse avec force. Du bout de ses doigts, il caressa doucement la matière qui s'était réchauffé à son contact. Il n'était pas sensé la toucher, mais ça le rassurer. Ses nuits étaient longues parfois, seul les yeux grands ouverts dans le lit et c'était la seule chose qui pouvait l'aider à trouver le sommeil. Il ignorait tout de cet objet, outre le fait qu'il ne pouvait le laisser dans la cave de sa boutique, mais il y était tout de même très attaché. La seule personne qui pourrait l'en séparer serait son véritable possesseur.
Le bruit diffus d'une ambulance au loin résonna alors que la lumière orangé de lampadaire quelconques venait se perdre sur son plafond. Camus n'avait pas fermé ses volets, il ne les fermait jamais. La ville lui donnait cette impression de vie, les teintes et les bruits lui donnait l'impression d'appartenir à quelque chose de plus qu'un simple gérant de magasin occulte.
Non, il n'avait jamais vraiment aspiré à rien dans la vie, mais qui pouvait lui en vouloir. Ne disait-on pas après tout que seul les vivants peuvent rêver ?
C'était amusant, tout ceci était vraiment très amusant. Ils pensaient avoir gagné la guerre ? Grand bien leur en fasse ! Ils pourraient enfin lui laisser le champs libre alors que dans l'obscurité du néant, il sentait son heure arriver. Ce ne serait plus qu'une question de jour, les dés étaient jetés.
Oh oui, tout allait bientôt se terminer alors qu'à travers la faille, le visage du jeune homme était ravagé par la colère et la peine. C'était de leur faute, ils venaient de se condamner eux même, comme ils l'avaient fait quelques jours auparavant. C'était tellement drôle de voir que toute leurs de bonnes attentions pouvaient mener à leur perte. Il y avait une expression humaine pour ça, quelle était-elle déjà ?... Ah oui ! 'L'enfer est pavé de bonnes attentions'. C'en était presque triste que tout ce cirque. Et il avait suffit d'une simple divination !
Il se concentra un court instant, ennuyé du spectacle qu'était le garçon en pleurs et l'image se dissipa pour se fondre en une nouvelle. Celle du médium, couché dans son lit, les bras autour de ce qui semblait une boite. Sur son visage était peint une pâle mélancolie et l'ombre des regrets. Il avait souvent vu cette expression sur les traies d'autres hommes, il la connaissait pratiquement par cœur sur ceux de Camus.
Il y avait plus d'une raison pour la tristesse que pouvait porter un être, mais seule quelques unes d'entre elles poussaient à un tel mutisme. Le néant était un endroit ennuyeux et sans intérêt, était-ce de cette façon que certain humains voyaient leur vie ? Est-ce qu'en posant leur regard sur chaque objets ce n'était que ce noir impénétrable qu'ils voyaient ? Il l'ignorait.
Il observa l'homme encore quelques instant, sans rage ni colère. L'amusement l'avait aussi quitté, il ne restait plus qu'un terne sentiment qui ne lui était pas inconnu. Cependant, d'un geste de la main, il effaça le miroir qui donnait sur l'autre monde. Il aurait put demeurer ici à regarder des heures durant l'humain évoluer dans son univers, seulement il était temps pour lui de prendre du repos.
Même un être aussi puissant que lui devait récupérer un maximum d'énergie pour ce qu'il allait accomplir. Se libérer de ses chaines étaient loin d'être évident, d'autant plus dans une prison comme le néant. Il n'avait jamais été aussi proche du but et il ne pouvait pas s'empêcher d'appréhender le moment où il serrait enfin libre.
Seul, sans aucun esprit autour de lui, il laissa ses pensées dériver dans l'univers feutré et obscure dans lequel il baignait. Lorsque que la brèche qui déchirerai les deux mondes sera ouverte, il le sentira et sans rien pour le retenir, il s'y jetterai. Une fois dans l'autre monde, Camus sera là.
Ça y est ! On mentionne enfin le nom de Shun ! Miracle !
Sinon, ce chapitre fut... Laborieux. C'est tout ce que j'ai à dire. Ça et que je m'excuse encore une fois pour les fautes d'orthographes et de grammaires : étant moi-même soumise à une super migraine, je n'ai pas eu la fois pour une relecture poussée. Et aussi que me demandez pas, j'ai aucune idée de ce qui se passe avec Shaka. Vraiment aucune.
Hemere : Avant tout merci pour ton commentaire. =)
J'avoue que Milo et Saga ensemble sort vraiment de l'ordinaire mais c'est comme Shaka, j'ai aucune explication... C'est juste arrivé. Quant à Camus, j'avoue être légèrement sadique avec lui. Qui aime bien châtie bien !
