Disclaimer: Saint Seiya, ses personnages et son univers ne m'appartient pas.
Il se réveilla doucement ce jour là, fronçant légèrement les sourcils. Il pouvait déjà sentir à travers ses paupières la lumière insipide du jour, mais plongé dans cet état presque comateux, Camus n'y prêta d'abord pas attention. Il resserra inconsciemment sa prise sur la boite grisâtre dans ses bras, se repliant sur lui-même puis il frissonna. Le métal était glacial, presque autant que sa propre peau qui bientôt fut couverte de chair de poule il était étonnant que jamais le médium n'attrape froid, surtout lorsque la température de son appartement stagnait autour de 15 degrés toute l'année. Température que beaucoup de ses amis avaient du mal à supporter, ce qui expliquait pourquoi ils avaient toujours tendance à garder leurs vestes sur eux chez lui.
Si ce n'était pas la lumière qui le réveilla, ce fut le bruit distant d'une ambulance au loin qui le tira des vestiges de son sommeil. Le verseau cligna des yeux une première fois, puis une deuxième fois avant de fixer le réveil sur sa table de cheveux, totalement inerte. Ses paupières étaient toujours à moitié fermées et il n'arrivait pas à penser, pratiquement envouté par la trotteuse qui ne cessait sa course infernale.
Il resta ainsi couché, immobile, pendant ce qui lui semblait de longues minutes mais ne fut que quelques vulgaires secondes. Inlassablement, le temps passé mais le médium avait cette singulière impression que les heures s'échappaient sans lui, glissant sur sa peau sans même le toucher. C'était étrange comme sensation, celle d'être oublié de tout et même du temps. Peut-être était-ce qu'il désirait après tout.
Camus finit par lâcher la boite et se coucha sur son dos. Il laissa ses bras grands écartés sur sa couette grise de coton puis fixa toujours sans un mot son plafond blanc. La lumière qui s'y égarée était si pâle et faible, il devait faire aussi nuageux que le jour précédent. Le temps resta uniforme toute la semaine durant : des nuages et de la pluie, ce qui reflétait parfaitement son état présent.
Le médium prit une profonde inspiration, perdu dans ses propres pensées futiles. Il n'avait pas envie de se lever aujourd'hui, pas pour trouver l'appartement vide. Il ne doutait pas un seul instant que les deux adolescents étaient partis, peut être à l'orphelinat, et ça il le comprenait très bien. Il n'aurait jamais dû mentir ainsi à Hyoga mais le mal était fait, il ne restait plus qu'à attendre le bon moment pour lui expliquer. Là était son problème : quand était le bon moment ? Il en revenait encore et toujours à la même chose : le temps et bien qu'il ne puisse l'entendre, il sentait pratiquement les aiguilles tourner sans cesse, l'obsédant et le rendant pratiquement fou.
Camus se releva, tout doucement, sa respiration était lente et calme. Il passa sa main sur sa nuque dans un espoir vain d'y faire disparaître toutes tensions et jeta un coup d'œil autour de lui. Sa chambre était dans le même état qu'hier soir, pendant un instant il se demanda à quoi il s'attendait. Que tout ai changé ? Que son mobilier passe du gris au vert pétant ? Ce qu'il attendait, c'était un peu de changement. Malheureusement, il était le seul à pouvoir apporter ce qu'il désirait tant.
Une fois debout, il se saisit de la boite en métal et la remit dans son placard. Puis il rangea ses vêtements, un à un, dans un ordre bien définit : pas qu'il soit particulièrement maniaque seulement le désordre avait tendance à l'énervé. Au loin, il entendit les annonces de la gare porté par le vent, il oubliait parfois qu'il habitait des voix de chemin de fer qui tranchaient la ville en deux. Si il le voulait, il pouvait facilement prendre un train et s'échapper, même si ce n'était que l'espace d'un instant, pourtant il n'avait jamais osé. Alors le soir parfois, penché sur son balcon, il regardait partir au loin les voyageurs et sans même le vouloir, les enviait.
Il referma son placard et se releva, croisant le temps de quelques secondes son reflet dans le miroir accroché à l'une des portes. Le verseau ne trouva rien de particulier, sa pâleur peut être mais il avait naturellement un teint blême. Il détourna le regard et n'y fit pas plus attention que ça il laissait les heures à se prélasser devant son reflet à Aphrodite. Camus sortit de sa chambre sans un bruit.
S'avançant avec la seule pensée en tête que de se faire un café, il leva un sourcil lorsqu'il tomba nez à nez avec Milo, ce dernier en train de dormir tranquillement sur son canapé. Son ami était emmitouflé dans une veste épaisse et enroulé dans sa couverture polaire, lorsque le médium vit un coussin trainer à terre. Un sourire diabolique s'installa sur son visage. Avec rapidité, il se saisit de l'oreiller et...
Le scorpion se réveilla en sursaut lorsque quelque chose de dur et de mou à la fois s'abattit violemment sur son visage. Il passa rapidement une main sur ses yeux, jetant un coup d'œil fatigué autour de lui. Un coussin avait échoué sur son ventre par il ignorait quelle magie, lorsqu'il entendit un rire moqueur. À quelques mètres de lui se tenait son meilleur ami, toujours vêtu de ses vêtement de la veille et ses cheveux attachés dans un chignon négligé. Lhomme le regardait avec malice, une main sur sa hanche alors que le grec peinait à se réveiller. Il se vengerai, il ignorait encore comment mais Camus allait passer un sale quart d'heure.
« Bien, tu es réveillé à ce que je vois. Un café ? » fit son agresseur.
Milo s'assit et se redressa légèrement contre le sofa, tenant l'oreiller gris contre lui alors qu'un bâillement lui échappa. La box internet de son ami affichait 10h pourtant il avait l'impression de ne pas avoir dormi, et pour cause ! La soirée avait tellement été éprouvante que le scorpion eut du mal à fermer l'œil de toute la nuit. Il avait donc passé la majeur partie de son temps à fixé le plafond, les lumières bleutées des appareils électroniques le plongeant dans une étrange atmosphère.
L'appartement de Camus était toujours bien rangé, c'était au antipode du sien. Le médium venait d'ailleurs parfois le secouer et le forcer à mettre de l'ordre chez lui, sans quoi le scorpion ne verrait même plus le sol de son salon. Il n'avait jamais été quelqu'un de très soigneux. Pourtant, malgré le fait qu'un bazar incessant règne chez lui, c'était toujours chaleureux et vivant, ce qui n'était pas le cas de cet endroit. Milo n'y avait jamais fait attention et encore maintenant, il n'avait pas remarqué à quel point l'appartement du verseau était impersonnel.
Il savait pertinemment que cet endroit ne plaisait pas excessivement à Camus. Son meilleur ami lui avait confié plus d'une fois vouloir vivre dans un endroit remplie des lumières du soir... Quoi que cela puisse dire. Parfois, il ne comprenait pas particulièrement ce que le verseau voulait dire mais était rassuré lorsqu'en lui demandant, son ami haussait seulement les épaules et détourna son regard. Oui, cet homme était l'un des rares à pouvoir débiter des phrases poétiques que lui même ne saisissait pas. Le médium passait trop de temps dans ses pensées, dans un monde que seul lui comprenait -et encore-.
Milo sursauta lorsqu'une tasse de café fut posée brusquement sur la table basse. Il releva les yeux et vit Camus, son bol fumant dans les mains en train de boire tranquillement. Une mèche de ses longs cheveux menaçait de tomber dans sa boisson pourtant il ne fit rien pour la bouger. Le voyant fut heureux de voir de nouveau un peu de couleur sur le visage de son ami, même si des cernes continuaient d'assombrirent ses yeux indigo. Au moins, il n'avait plus cet pâleur cadavérique digne d'un zombie de série-B, un peu plus et Aphrodite serait venu l'attaqué à grand coup de soin pour la peau aussi odorant que suspect.
Camus ne fit pas attention à Milo, il préféra tourner légèrement la tête et inspecter son salon. C'était étonnant, tout était parfaitement rangé, rien ne dépassait. Ses livres qu'il lisait sur sa table basse étaient là où il les avaient laissés, sa corbeille de fruit sur sa grande table... Dans lequel commençait à moisir deux mandarines. Le médium fronça légèrement le nez, dégouté il les avaient acheté il y a trois jour et déjà elles pourrissaient ! Vive la qualité !
« Je ne vois aucun sceau, je suppose que Shaka à tout rangé. » constata-t-il en replongeant la tête dans son bol.
Le scorpion recula vivement la main alors qu'il se brûla avec la tasse de porcelaine. Il souffla rapidement sur ses doigts et tenta une nouvelle fois de se saisir de son précieux breuvage, en vain. Milo poussa alors un long soupire et ajouta, ses yeux rivés sur son café. Le verseau vivaient en permanence dans un appartement glacial et tout ce qu'il buvait frôlait la température de la lave en fusion... C'était quand même légèrement paradoxal !
« Mü et moi l'avons aidé, tout danger étant écarté. D'ailleurs ce ne fut pas très simple, les sceaux n'arrêtaient pas s'envoler avec la fenêtre ouverte.
- Pourquoi vous ne l'avez pas seulement refermé.
- Tu demandera à l'autre moine de pacotille, moi j'suis voyant pas exorciste ou une connerie dans le genre. »
Camus hocha légèrement la tête pendant que son meilleur ami se battait toujours contre son nouvel ennemi : la tasse. Il essayait présentement de l'attraper en se protégeant avec la couverture mais le verseau, sentant la catastrophe arrivé, s'en saisit à sa place. Le scorpion le regarda alors d'un air suppliant, tel un petit garçon demandant à sa maman un bonbon. Ce genre de regard marchait particulièrement bien sur les gens autours de lui, même si Milo était un adulte de 21 ans, mais sur son meilleur ami, c'était une autre histoire. Il sourit lorsque Camus craqua, soufflant légèrement en ajoutant :
« D'accord je vais te chercher du lait. Mais ne te fais pas d'illusion, je fais ça pour ma couverture, pas pour toi !»
Le verseau s'éloigna, le bruit ses pas étouffés par la moquette. C'était fou à quel point il pouvait être discret, se dit Milo en le regardant s'en aller dans la cuisine. Il frissonna un court instant et se saisit de la couverture polaire dont il entoura ses épaules. C'était étrange mais l'air semblait moins lourd que d'habitude. Depuis quelques jours, l'odeur légère de fruit qui régnait dans l'appartement de son ami avait pratiquement disparut. Il fallait vraiment en vouloir pour pouvoir la percevoir, perdue parmi les arômes de café et de thé qui embaumait toujours l'endroit.
« Ça te dérange si j'ouvre la fenêtre ? » demanda Camus, une brique de lait dans les mains.
Quand il vit l'expression misérable de son meilleur ami, toujours grelotant alors qu'il était emmitouflé dans le plaid gris. Le médium se demanda pendant un instant où diable il avait mit son portale : Kanon donnerait beaucoup pour une telle photo. Il abandonna et tendit seulement le lait au pauvre scorpion, un sourire narquois accroché aux lèvres.
« Je prends ça pour un non.
- Camus, nous sommes en Janvier, il fait même pas 3° dehors et toi tu penses qu'aérer est une bonne idée ? Ton appart' frôle déjà pas les 17°! »
Le médium ne répondit rien, se contentant de boire une gorgée de son café brûlant alors que Milo tenta de verser le lait dans sa tasse, ses tremblement n'aidant pas vraiment. Son meilleur était givré, dans les deux sens du termes. Il n'y avait pas d'autre raisons. Même Aphrodite, Suédois de son état, ne supportait pas le froid qu'il régnait ici... Quoi que le jardinier n'était pas le meilleur des exemples, ce dernier étant particulièrement frileux.
Alors que Milo était parti dans d'incroyable contemplation sur la vie des êtres étranges et fascinants qui l'entouraient, quelque chose attira l'attention de Camus. Un papier jaune, plié en deux sur sa table en verre, bien à sa vue. Depuis quand il avait des avait des feuilles colorées? Il posa son bol sur la table basse, renversant au passage un peu de café et s'approcha rapidement de sa table. Il se pencha sur le petit bout de papier qu'il déplia.
'Cher Camus', l'écriture était fine, légèrement penchée quoi que parfois discontinu, sûrement un défaut d'un stylos à bille dont l'encre peinait à couler.
'Je tiens tout d'abord à m'excuser du désagrément, Shaka de même.', c'était donc Mü qui avait écrit ça. 'Les garçons sont partis chez Aiolia, Hyoga refuse de te voir pour le moment mais je pense que ça ne va pas durer éternellement.
Nous t'avons laissé des sceaux en plus, demandes-les à Milo.
Shaka et moi même sommes attendus par Angelo en Italie, nous partons donc dès ce soir. J'espère te voir avant notre départ mais je comprendrais si toi ne le désire pas.'
Camus fronça les sourcils un instant : Mü savait aussi bien que lui qu'il ne viendrait pas ce soir là. Certes, par politesse il se devait d'aller voir ses amis avant leur départ, il ignorait après tout au bout de combien de temps il les reverrait, cependant il n'en ferait rien. Il n'était pas réellement en colère contre eux, ni même blessé, il avait juste la sensation qu'il ne devait pas y aller, pas aujourd'hui. Et puis, Milo ayant décidé de rester avec lui toute la journée, le verseau avait tout sauf envie d'assister à une de ses sempiternelles disputes avec la vierge.
'Dans tout les cas, je t'en pris, fais attention à toi. Et encore une fois, je suis désolé pour tout.
Prends soin de toi.
Mü'
Le médium souffla légèrement avant de reposer la lettre. Mü était vraiment quelqu'un de cordial et d'attentionné, il voulait toujours aidé et était prêt à rendre service à quiconque lui demandait. Heureusement qu'il était là. Camus se tourna vers Milo.
« Donc les garçons sont chez Aiolia.
- Ouaip, répondit le voyant en hochant la tête, sans décrocher son regard de son café. Ils sont partis peu de temps après que tu te sois enfermé dans ta chambre. »
Le médium se sentit coupable, très coupable même. Il frotta sa nuque, gêné, et détourna la tête alors qu'il murmura un :
« Pardon... »
Le scorpion le regarda et confus, cligna deux fois les yeux. Il posa sa tasse sur la table et continua de fixer son ami, se dernier semblant trouver la moquette bien plus intéressante.
« Ce n'est pas de ta faute..., Milo réfléchit un instant. Enfin si un peu. »
Les épaules du médium semblèrent tomber sous les mots de l'homme assit sur le canapé. Génial, au moins il avait l'honnêteté de lui dire, c'est déjà ça ?
« Mais je comprend tout à fait que tu n'ai pas eu la force de supporter tout ça. C'était trop d'un coup, n'est-ce pas ? »
Camus se décida enfin à relever la tête vers son ami et croisa son regard. Celui-ci le regardait avec sérieux et peine, étrange mélange que voilà. Il vint s'asseoir au côté du scorpion, ce dernier se poussant légèrement pour lui faire de la place, puis il fixa son bol sans un bruit.
Milo attendit patiemment, reprenant une gorgée de son café au lait qui commençait à refroidir. Il ne s'attendait pas à une confession qui changerai sa vie, il ne s'attendait même pas vraiment à ce que son ami lui réponde mais encore une fois, il comprenait. Si Camus ne voulait pas parler, ça ne le dérangeait pas, il lui arrivait de faire de même parfois. C'était une règle tacites entre eux, qui s'était établie lorsque qu'il avait 15 ans. L'un comme l'autre avaient très bien intégré que pour rester ami avec quelqu'un, il fallait toujours lui laisser de l'espace et un moyen de pouvoir s'échapper.
Le médium se saisit alors de la télécommande et alluma la télé. Celle-ci afficha une chaine très connue d'info en continu, montrant les images d'un meurtres. Génial, la meilleure façon de commencer la journée : entendre des théories les plus farfelus sur un pseudo tueur en série.
« Les ombres ont encore frappés on dirait... Ils ont pas fait de quartiers, constata Milo dégoutté en penchant la tête.
- Les traqueurs sont de vrai saloperies. Faut vraiment que quelqu'un s'en occupe.
- Shura est toujours au Mexique ?
- Il habite là-bas donc oui . »
Le scorpion réfléchit quelques instants : Camus ne s'approcherai jamais de près ou de loin de ce genre d'esprit, Aphrodite non plus, il n'était pas suicidaire. Shaka et Mü allaient rendre une petite visite à Angelo et puis lui n'avait pas le pouvoir ni même la volonté de mettre fin aux ombres qui trainaient dans les bois et au bord des routes.
« Saga et Kanon ?
- Ils ne reviennent pas avant mi Février. » fit le médium en agitant la tête de droite à gauche.
Milo s'affala pratiquement dans le canapé, poussant un long soupire de découragement. Bien, le 'Pisteur des bois', nom que les médias avaient donné à ce tueur en série fantôme, continuerai de sévir pendant un bon mois. Et lui qui avait eu envie d'une balade en forêt...
« Comment se fait-il que des esprits puissent tuer aussi facilement des humains ? », demanda-t-il soudainement.
Camus le regarda un instant avant de réfléchir, jouant sans s'en rendre compte avec la télécommande. Il se gratta légèrement la tempe.
« Eh bien... J'imagine que ce ne sont pas vraiment des esprits, peut être des sortes de démons... Pourtant ils ne semblent pas répondre à une raison particulière, donc il peut aussi s'agir de simples marionnettes.
- Marionnettes ?, Milo fronça les sourcils.
- Hm-hm. Il se peut que ce ne soit que des enveloppes contrôlées par une raison supérieur, prêtant ainsi son pouvoir, il serait possible à ces choses de facilement blesser les humains. »
Le scorpion sembla satisfait par la réponse alors qu'il leva légèrement la tête, reportant son attention sur la télévision. Un charmant reportage sur un haras passait, aussi inintéressant qu'assommant. Camus zappa rapidement : ni lui, ni son meilleur ami étaient particulièrement fan d'équitation. Ils finirent par échouer sur un sitcom connus pour son intrigue brouillon et ses rires préenregistrés.
« Quand tu dis 'raison supérieur', tu parles du même genre que celle qui contrôlait le gamin chez Aiolia ? »
Il fallu plusieurs secondes au verseau pour percuter ce que venait de dire le scorpion, déjà parce que pour lui, 'gamin chez Aiolia ' désignait en général deux garçons nommés Seiya et Shun. Ensuite, tout simplement parce que malgré le peu d'effort scénaristique, il ne pouvait pas s'empêcher de regarder attentivement la série diffusée. Puis Camus comprit enfin de quoi voulait parler Milo, ce à quoi il répondit :
« Non, non pas vraiment. Vois-tu..., il posa la télécommande sur la table et se tourna vers son ami. L'esprit qu'il y avait chez Aiolia n'était pas contrôlé, ni même influencé.
- Mais tu es d'accord pour dire que ce n'est pas lui qui a créé tout ce brouillard ?
- Oui bien sûr, c'est évident. Cependant, cette masse, quoi qu'elle puisse être, se servait comme du garçon comme lien pour pouvoir se maintenir dans notre monde. Pour tout te dire, je n'avais jamais vue ça avant. »
Le scorpion resserra la couverture polaire autour de ses épaules et fixa l'écran, perdu dans ses pensées. Un bruit attira son attention, instinctivement il tourna la tête et vit la pluie qui commençait à tomber à l'extérieur. Il était bien heureux de ne pas avoir à travailler aujourd'hui : les chiens étaient infernales à l'animalerie dès qu'ils n'avaient pas leur promenade quotidienne et avec cette pluie, impossible de les sortir. Milo pria un court instant pour qu'il fasse beau demain, il n'était pas près de supporter une armée de chiens jappant toute la journée, même si il adorait les dits chiens.
« Tu veux un autre café ? » demanda Camus en se levant, son bol dans les mains.
Le voyant fit oui de la tête, toujours emmitouflé dans le plaid gris. Il n'était pas question qu'il décroche de la couverture avant un petit bout de temps, encore moins quand le verseau menaçait à tout moment d'ouvrir grand ses fenêtres. Quoi que vue la pluie qui tombait à l'extérieur, si il faisait ça, il était sûr de devoir passer la serpillères après.
Milo finit par prendre son courage à deux et se lever avant de rejoindre Camus, de l'autre côté du comptoir. Non, il n'avait pas laissé le plaid sur le canapé. Dans la cuisine, son meilleur ami s'agitait dans tout les sens, prenant rapidement le café qu'il versa dans un filtre. Puis une fois la préparation lancée, le verseau se détourna et inspecta le contenu de son frigo. Le scorpion se hissa sur la pointe de ses pieds et s'appuya sur le comptoir alors qu'il cherchait à faire de même, en vain.
« J'ai des profiteroles à la crème, ça te dis ?
- Tu me poses vraiment la question Camus ? »
Avec un léger rire, le verseau posa une coupelle bleu nuit remplie du dessert devant son ami, ce dernier toujours affalé sur son comptoir. Le temps de se retourner pour lui prendre une cuillère, il retrouva Milo, les sourcils froncés en train de fixer d'un air confus le plat qu'on venait de lui servir.
« Quelque chose ne va pas ?
- Quand tu parlais de profiteroles, je m'attendais à, tu sais, ces profiteroles qu'ils vendent en grande surface au rayon yaourt. Pas des faites maison !
- Oh. Je m'ennuyais vendredi soir. »
Le medium finit par lui donner la petite cuillère et le scorpion se jeta pratiquement sur le dessert, non parce qu'au final, il n'allait pas cracher dessus, surtout si c'était Camus qui les avait fait. Il ignorait si c'était à cause de ses origines, mais son meilleur ami était un as de fourneaux. Il aurait mieux fait de faire cuisinier ou pâtissier plutôt que de tenir une boutique de magie. Quoique c'était peut être pour cette raison que le verseau arrivait sans problème à faire des potions qui donnait du fil à retorde à Aphrodite.
« Tu sais..., commença Camus, lui même en train de manger. La seule chose qui me gêne avec toute cette histoire d'esprit, c'est que je n'ai aucune idée de comment diable ce garçon a put se retrouver chez Aiolia. »
Milo ne répondit rien : de toute personne sur terre, il était bien le dernier à connaître la réponse. Après tout, il était voyant lui, pas médium ou prêtre ou tout autre truc du genre. Et puis, le verseau était déjà de nouveau plongé dans ses pensées, ne faisant même plus attention à ce qui se passait autour de lui. Le scorpion lorgna sur la coupelle dans les mains de son ami. Peut être que...
« Milo, n'y pense même pas. » fit le médium d'un ton froid.
Bon, il devrait donc se contenter de ses profiteroles.
Seiya n'était pas quelqu'un de très intelligent par nature. Voilà ce que se répétait Shun, 13 ans, pensionnaire à l'orphelinat du Sanctuaire, chaque jour. Certes, tous étaient différents et le monde aurait peu de sens s'y il n'existait pas quelques idiots. Cependant, Seiya n'était vraiment pas intelligent.
Shun était quelqu'un de calme et certes, il l'avouait lui même, il était peureux mais il savait au moins se servir de sa tête. Il haïssait recourir à la violence, cherchant toujours un moyen de faire appelle à la diplomatie plutôt que de se jeter dans la gueule du loup. Le jeune garçon pensait sincèrement que tout problème pouvait être réglé avec une longue discussion plutôt qu'avec un coup de poing bien placé. Les excès de rage ? Défier l'autorité ? C'était bon pour les autres, lui restait pacifiste quoi qu'il se passe. Attention, cela ne voulait en aucun cas dire qu'il était faible, bien au contraire.
Contrairement à lui, Seiya avait le sang chaud, toujours à se lancer à corps perdu dans des combats parfois perdu d'avance. Aiolia disait souvent qu'il était comme lui à son âge, ce que Shun doutait parfois : personne ne pouvait être aussi têtu que Seiya. C'était pratiquement impossible, à tel point qu'il devait être la réincarnation d'un mulet. Il n'était pas méchant, on pouvait même lui accorder d'avoir un cœur en or mais il manquait cruellement de jugeote. C'était pour cette raison qu'en trouvant Hyoga en pleurs en arrivant dimanche matin, Shun sentit la catastrophe arriver.
À présent assit entre deux bougies allumées, une main entre celle de Hyoga et l'autre entre celle de Seiya, il en était sûr : la catastrophe allait arriver. Il suivit des yeux la fumée de l'encens qui s'enroulait en arabesques avant de se dissiper. De la vanille, de l'encens de vanille... Sans parler des bougies bleues... Si ce n'était pas un esprit qui les blessait, il était sûr que c'était Marine qui allait les tuer. Tant qu'à faire, il rejetterai toute la responsabilité sur l'idiot de service.
Sans parler de l'état de leur chambre : les lits avaient été poussés contre les murs, près de la fenêtre, un malheureux bureau était coincé dans un coin. Ils avaient dégagé un maximum d'espace, laissant d'ailleurs pas inadvertance la trace des pieds de leurs meubles sur le parquet quand ils les avaient poussé. C'était tout de même dangereux d'allumer des bougies alors que la pièce pouvait prendre feu facilement... Et que la porte ne s'ouvrait qu'à moitié, entravée par un lit.
« Vous êtes tarés..., souffla Isaac assit entre Hyoga et Seiya.
- Mais non ! Et puis, qu'est-ce qu'il peut nous arriver ?
- Possession, malédiction, hantise, dégât matériaux..., commença à débiter le plus âgé.
- Oh je t'en pris ! Ça c'est que Camus vous a raconté ! »
Les deux verseaux échangèrent un regard légèrement confus. La pièce était plongé dans le noir, les rideaux tirés et leurs visages n'étaient éclairés que par la lumières diffusent des bougies chauffe-plats de Marine. Bougies qui pour une raison qui leur échappait ne cessaient de s'éteindre. Peut être tout simplement parce qu'elle avait servit une bonne dizaine de fois déjà. Devant eux, au centre d'un cercle tracé à la craie sur le parquet de la chambre, une ridicule bout de carton où était inscrit l'alphabet, les chiffres de un à neuf, 'oui', 'non' et en revoir.
Hyoga frémit : certes il voulait plus ou moins se venger de Camus en défiant son autorité, ou un truc du genre, mais il commençait vraiment à se dire que Seiya n'avait jamais d'idées très brillantes. D'autant plus lorsque leur planche de ouija n'était qu'un vieux carton de pizza -si si, il restait un peu de sauce tomate sur un coin-. Il ne devrait peut être pas joué avec ça, on leur avait toujours interdis, il devait y avoir une bonne raison derrière cela et il n'était pas sur de vouloir découvrir pourquoi. Shun le vit hésiter un instant, ses yeux cachés par l'obscurité.
« Hyoga ? On peut arrêter si tu veux. »
Le jeune blond tourna la tête vers lui et le regarda, toujours incertain. Il avait toujours voulu faire une séance de spiritisme, ça l'avait toujours fasciné seulement, il n'avait jamais désobéit à Camus. L'homme lui avait menti des années au sujet de sa mère, comment savoir si il jusqu'à maintenant, il n'avait pas seulement essayé de leur faire peur ? Dans un sens, ce serait stupide : le médium était le plus à même de savoir de quoi il parlait lorsque cela touchait aux esprits, pourquoi leur mentirait-il là-dessus ? Hyoga repoussa tous ses doutes au fin fond de ses pensées.
« Non, ça va. »
Shun lui adressa un sourire cordial il n'était pas obligé de faire ça, Seiya lui avait un peu forcé la main après tout
« Et moi ? Je suis vraiment obligé d'y participer ?
- C'est pour Hyoga qu'on fait ça Isaac ! »
Le concerné leva les yeux au ciel à la réflexion de Seiya. L'adolescent allait encore leur apporter que des problèmes... Et si Aiolia revenait plus tôt et les surprenaient ? Ils expliqueraient ça comment ? 'Désolé mais on a rien trouvé de mieux pour que Hyoga laisse aller sa colère et sa frustration que de faire une séance de spiritisme'. Il se doutait que ça passerait moyennement, mais il était trop tard. Déjà les autres autours de lui fermaient les yeux. Poussant un léger grognement frustré, il fit de même.
Très vite, le silence s'installa dans la pièce, perturbé seulement par le bruit de leur respiration. Il devait être 19h30, la nuit était déjà tombé à l'extérieur, ce qui rendait l'usage des rideaux plutôt dérisoire. Seiya avait cependant insisté pour les fermer une histoire d'ambiance, ou un truc du genre. Un peu plus et il aurait passé un CD d'halloween. Il avait cependant prit toutes les dispositions : cercle autour d'eux, bougies, encens... Tout était là, d'après lui.
Le chef auto-attitré du groupe prit une profonde inspiration et lâcha ses amis, les invitant dans un accord tacite à venir déposé un doigt sur le petit verre retourné préalablement posé sur la table. Hyoga lança un regard inquiet à Isaac qui le snoba aussitôt : il était en colère contre lui, même si il avait accepté de participé à cette expérience d'après lui débile. Le jeune blond se tourna alors vers l'autre garçon aux cheveux verts du groupe, ce dernier lui répondant par un demi sourire désolé. Cette soirée ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices, même si elle semblait déjà plus calme que celle du jour précédent.
Rapidement, Seiya fit glisser le verre sur la planche, tous suivant son geste, et décrit trois cercles dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Puis il revint à l'endroit initial avant de s'immobiliser.
« Vous êtes prêts ? » souffla-t-il.
Chacun secoua la tête de haute en bas alors qu'il retint son souffle. Ok, c'était la deuxième fois qu'il faisait ça mais il devait avouer que son cœur battait toujours aussi vite à chaque fois. Il fallait qu'il se calme, dans le livre, il disait que les esprits ressentaient la peur. L'adolescent ferma alors les yeux et se concentra sur sa respiration pendant quelques secondes. Et si ça ratait ? Non, ce n'était pas le moment de douter, il y avait Hyoga pour ça.
« Esprit, es-tu là ? »
Sa voix assuré résonna pratiquement dans la pièce, il fit d'ailleurs légèrement sursauter Shun. Génial, à tout les coup il en entendrait parler demain matin, on le lâcherait jamais avec ça. Lorsque sous leur doigts, ils sentirent le verre bouger légèrement.
Ce n'était rien au début, juste un léger tremblement Isaac se demanda même si l'un d'entre eux -à comprendre le mulet du groupe- n'était pas en train de faire une farce. Ce n'était pas le cas, il s'en rendit compte quand il fut pratiquement entrainer par le petit verre jusqu'au 'oui' inscrit au feutre noir sur le carton. Il entendit Hyoga à ses côtés retenir son souffle, comme l'avait fait quelques minutes auparavant Seiya. Il décrocha les yeux de la planche et posa son regard sur son ami celui-ci avait les yeux légèrement écarquillé, surement intrigué par ce qui venait de se passer. Le blond avait après tout toujours était fasciné par l'autre monde.
« Esprit, comment t'appelles-tu ? »
Hyoga se surprit à trouver tout ceci bon enfant : il avait invoqué un esprit, celui-ci répondait à leur question et ça s'arrêtait là. Une part de lui continuait à s'inquiéter : on lui avait toujours dit que pour un service rendu, il fallait toujours donner quelque chose en échange. Cette règle s'impliquait tout particulièrement au monde des morts. Sans avoir le temps d'y réfléchir plus en détail, le verre reprit sa course et s'arrêta cette fois sur le 'non'. Seiya fronça les sourcils.
« Esprit, tu n'as pas de nom ? »
C'était curieux, c'était la deuxième fois qu'il tombait sur un esprit sans nom... C'était peut être commun dans le monde des morts, il devrait demander à l'occasion. Ce qui fut plus étrange encore fut lorsque l'esprit répondit 'non'.
« Esprit, quel est ton nom. »
Ce fut lorsque le verre revint pour la troisième fois sur le 'non' que Shun se dit qu'il existait finalement aussi têtu que Seiya. C'était bien leur vaine tiens... Et puis l'encens commençait à le rendre nauséeux, toute cette fumée qui lui prenait les poumons ! Sans parler de cette odeur écœurant qu'il dégageait. Si il avait put, il l'aurait chassé mais non, il devait resté concentré sur ce fichus verre.
Ce fut Isaac en premier qui se rendit compte que quelque chose n'allait pas, Seiya étant trop occupé à essayer d'extorquer le nom de l'esprit. Il y avait ce bruit étrange, cette respiration profonde qu'il n'avait d'abord pas remarqué. Il y avait effectivement quelqu'un, ou au moins quelque chose, avec eux dans cet pièce.
« Vous entendez ?
- Quoi ? fit Hyoga sur la qui-vive
- Ce bruit de respiration. »
Tout le monde se tut, attendant patiemment et ils perçurent dans l'obscurité le souffle dont Isaac leur parlait. C'était lent et calme, pas vraiment menaçant si on leur avait demandé mais ça avait cependant quelque chose d'assez inquiétant. Seiya regarda confus le verre.
« Esprit, est-ce toi qui respire ainsi ? »
'Oui' fut la réponse que l'entité leur donna, presque automatiquement. Aucun d'entre eux n'était vraiment sûr d'être rassuré par cette réponse. Seiya haussa seulement les épaules : après tout l'histoire était remplie de séance de spiritisme durant lesquelles les esprits s'étaient manifesté outre les verres retournés, alors pourquoi pas.
C'est à ce moment que Shun sentit son estomac se contracter douloureusement, la bile brûlant le fond de sa gorge. Il réprima difficilement un reflexe nauséeux alors qu'il posa sa main libre sur son estomac. Son haut-le-cœur passa rapidement, laissant malheureusement la place à une affreuse migraine qui lui prit tout le front et les tempes. C'était affreux, l'adolescent avait l'impression qu'on lui ouvrait le crâne en deux et qu'on s'amusait avec son pauvre cerveau. Puis sans prévenir, un frisson déferla le long de sa colonne vertébrale et glaça ses membres. Qu'est-ce qui était en train de lui arriver ?
« Je me sens pas bien... », chuchota-t-il.
Effectivement, même sous la lumière des bougies son visage était anormalement pâle et ses grands yeux verts se dérobaient sans même qu'il ne le veuille. Tout doucement, son sang semblait être drainé de son visage et il doutait que ce soit la faute d'une grippe éclaire, lui qui ne tombait jamais malade. Pourtant Seiya n'y fit d'abord pas attention, toujours en train de s'acharner contre l'esprit. Ce ne fut que lorsque Hyoga posa sa main sur son épaule qu'il releva la tête.
« On devrait arrêter, c'est pas une bonne idée de continuer. » fit le blond.
Il regarda son ami pendant quelques secondes, ne saisissant d'abord pas pourquoi, quand il vit Isaac lui désigner Shun d'un coup de tête. Ce dernier était en train de grelotter alors qu'il menaçait de s'évanouir à tout moment. Sans un mot, Seiya approuva d'un geste bref de la tête, à présent inquiet de l'état de Shun. Il se concentra alors une dernier fois et du bout du doigt, poussa le verre jusqu'à 'en revoir'. Sans relâcher l'objet, il ajouta :
« Esprit, merci d'avoir répondu à nos question. Repart d'où tu viens à présent. »
Puis il lâcha le verre, ce que fit très rapidement Hyoga et Shun. Seul Isaac garda le contact avec l'objet, lançant un regard inquiet à Seiya.
« Ça va vraiment suffire à le faire partir ?
- Oui, ne t'en fais pas. Je l'ai déjà fait la dernière fois ! »
Il ne sut pas vraiment pourquoi il cru Seiya, peut être parce qu'à ses côtés, leur ami avait besoin de toute leur attention. Il rompu simplement son lien avec le verre et s'approcha du malade qui continuait de pâlir.
Hyoga avait allumé la grande lumière les éblouissant tous avant de commencer à éteindre toutes les bougies. Isaac lui aida Shun à rejoindre son lit, sans prendre le temps de remettre le mobilier à sa place. Dans le pire des cas, ils pourront toujours expliquer à Aiolia qu'ils jouaient à un jeu quelconque lorsque l'un d'entre eux fit un malaise, avec beaucoup de chance ça passera. Quant au cercle de craie, rien qu'avec leur chaussettes, il s'effaçait, ne laissant que de vague traces blanches sur le sol.
Malheureusement, les choses se passe rarement comme prévu et rien ne laisser à penser ce qui était en train d'arriver.
« Je m'attendais presque à ce que le verre éclate. » fit Seiya dans un maigre espoir de détendre l'atmosphère.
Hyoga ramassa deux coussins qu'il posa sur un lit avant de se saisir du dit verre. L'objet était petit, surement pour servir de la liqueur et malgré le fait qu'il doutait que ce soit du cristal, il était tout de même finement ciselé en différents motifs géométriques qui s'entrecoupaient. Les finitions étaient parfaite, donnant l'aspect d'être tout droit sortit d'un grand hôtel d'exception ou d'un ancien manoir.
« Marine nous aurait tuer tu sais...
- Elle va nous tuer si elle découvre qu'on a touché à ses affaires. » répondit Isaac toujours au chevet de Shun.
Seiya récupéra rapidement les bougies qu'il rangea dans une petite boite avant de se saisir d'une serviette qui trainait là. Le plus âgé n'avait pas tort, il ferait mieux de remettre ça où il l'avait trouvé avant qu'Aiolia ne les vois avec, par chance Marine ne reviendrait pas avant une longue semaine. Il sursauta violemment lorsqu'il entendit la porte d'entrée claquer et se jeta sur le sol, essuyant furieusement les dernières trace de craie qu'il restait sur le parquet.
« Les garçons ! Je suis rentré ! » fit une voix.
Les trois garçons s'échangèrent un regard paniqué et d'un accord tacite, se précipiter sur tout ce qui pouvait avoir l'air de près ou de loin suspect. Il fallait se débarrasser des preuves au plus vite. Hyoga mit le verre dans un tiroir alors qu'Isaac cherchait un endroit pour ce qui leur avait servit de planche d'ouija. Il trouva rapidement : la poubelle. Le troisième continuait de frotter : mais qu'elle idée d'autant appuyer ! La prochaine fois, ce ne serait pas à lui de tracer le cercle.
« C'est quoi cette odeur ? C'est dégoutant ! »
Très vite, ils entendirent des pas dans les escaliers et alors que Seiya un juste le temps de se relever, Aiolia ouvrit la porte de chambre. Il le sut dès le premier regard : ils venaient de faire une bêtise et était prit en flagrant délit.
En voyant l'encens qui continuait de brûler, leur air suspect et Shun dans les vaps sur son lit, il pensa tout d'abord à la cigarette, ou autre substance du genre. Pourtant, toutes les fenêtres étaient fermées, les rideaux rabattu et surtout : leur meubles étaient pratiquement tous plaqués contre les murs. La chambre était grande, certes, mais pourquoi diable avaient-ils fait une chose pareille ? Il était pratiquement sur qu'ils avaient cassé quelque chose, il hésitait seulement entre un des os de Shun ou une babiole appartenant à Marine. Pour une raison qui lui échappait, ils étaient terrifié par sa femme. Sans parler du fait qu'Isaac essayait maladroitement de cacher la poubelle derrière lui, ce qui n'était franchement pas discret et surtout d'autant plus louche.
« Bon ok les garçons, commença-t-il en soupirant. Ils y a des pizzas en bas qui vont refroidir et je n'ai aucune envie de devoir les passez au micro-onde : vous avez fait quoi ? »
Aucun d'eux ne répondit, se contant de regarder le parquet de bois claire. C'est dans ces moments là que Seiya devrait se servir de sa faculté à raconter n'importe quoi. L'homme sentit l'agacement monter en lui : dans quoi ils s'étaient embarqués ? Ce n'était pourtant pas du genre d'Isaac et Hyoga de faire n'importe quoi... Il mettrai d'ailleurs sa main à couper que quoi qu'il soit arrivé, ça venait d'une idée de Seiya. Qui d'autre ? Shun était sage comme une image. Et provisoirement malade apparemment.
« Très bien, quoi que vous aillez fait, je vais finir par le découvrir. Et puis éteignez-moi cet encens à la grenade !
- Vanille, le reprit Isaac.
- Pardon ?
- C'est de l'encens de vanille. »
Il tiqua au mot de l'adolescent : si ce n'était pas l'encens qui dégageait une telle odeur alors... Alors ils venaient d'effectivement faire une très très grosse bêtise. Si il y avait bien une chose qu'il avait apprit cette semaine, c'est que si une odeur de grenade pourrie flottait dans l'air, alors bonjour la catastrophe. Sans un mot, il parcourra la salle et se saisit de la poubelle sans que personne n'ai le temps de réagir. L'adulte cru tomber des nues lorsqu'il en sortit un carton.
« Oh non... » souffla-t-il.
Une planche de ouija, ils avaient fait une planche de ouija... Ses yeux dérivèrent sur ce pauvre Shun. Sur son lit, l'adolescent respirait difficilement alors qu'il commençait à suer à grosse goutte. Il ne se tordait pas de douleur, il ne criait pas dans plusieurs langues non plus mais il lui semblait évident qu'il y avait un esprit derrière tout ça.
« Vous avez une idée de ce que vous venez de faire ?, leur demanda-t-il sombrement. Non, ne répondait pas. Allez dans le salon et je ne veux pas vous entendre. »
Les garçons quittèrent la pièce un à un, sans un bruit. Ils commençaient tout doucement à comprendre qu'ils avaient fait une erreur et pas une petite. Aiolia, quant à lui, sortit son portable et tapa rapidement un numéro. Puis, coinçant l'appareil entre son épaule et son oreille, attrapa avec précaution Shun qu'il porta dans ses bras.
« Allez... Décroche... Décroche... » siffla-t-il entre ses dents serrées.
L'adolescent était brûlant, comme si il était prit d'une montée de fièvre, cependant sa peau était blême, presque aussi blanche que celle d'un cadavre. Ses lèvres étaient d'ailleurs en train de lentement se teinter de bleu mais le plus inquiétant restaient ses yeux. Ses beaux yeux vert émeraude s'assombrissaient chaque fois qu'il ouvrait misérablement ses paupières pour très vite les refermer. Aiolia devait se dépêcher d'agir.
Les trois garçons étaient assis en tailleurs sur la carpette, observant dans le plus grand des silences leur ami, allongé sur le canapé. C'était calme, trop calme pour être rassurant et si à première vue, Shun semblait seulement sévèrement malade, tous pouvait ressentir cette étrange énergie qui s'échappait de chaque pore de l'adolescent. Ce dernier se tournait parfois légèrement, poussant un faible gémissement à en déchirer le cœur. Et puis il y avait cette odeur infâme de pourriture qui semblait s'être accrochée à chaque fibre de la maison.
Aiolia était lui assit sur une chaise, bougeant sa jambe dans un geste inconscient presque spasmodique. Il avait son portable pressé dans une main et ses yeux rivés sur le pauvre garçon qui, sur son sofa, se battait contre des maux invisibles. Quel était la puissance de cet entité ? Ça ne pouvait pas être un simple esprit. Ça ressemblait étrangement à ce qui avait hanté sa maison il y a quelques semaines mais Camus lui avait juré s'en être débarrassé. Quoi que maintenant, il savait pourquoi sa maison était hantée... Et si c'était un démon ?
Il avait mal pour Shun, mais il ne pouvait rien faire. Ce sentiment d'impuissance était aussi frustrant que désolant. Il avait bien appelé Shaka mais celui-ci était déjà à deux heures de routes d'ici, tout pouvait arriver le temps que Mü et lui arrivent. L'homme blond lui avait donné quelques conseils, tel que faire bruler de la sauge -ce qu'il n'avait pas- et mettre du sel devant chaque fenêtre et chaque porte qui donnaient sur l'extérieur. Ce fut la punition de Seiya en attendant de trouver quelque chose qui lui assurerai que l'adolescent ne recommence pas de sitôt.
À présent, Camus restait son meilleur recourt. Le médium pouvait purifier des lieux hanter, il pouvait bien exorciser quelqu'un ? Certes, ça allait à l'encontre de toutes ses valeurs mais c'était Shun, il n'allait pas Shun se faire dévorer l'esprit par le premier fantôme venu. Quand bien même il s'agissait d'un fantôme.
Alors quand il entendit quelqu'un vivement frapper à sa porte d'entrée, il sauta pratiquement de son siège et courut dans le couloir. Il ne remarqua même pas que dans son élan, sa chaise tomba dans un bruit sourd. L'homme arracha pratiquement la porte de ses gonds alors qu'il se retrouva, essoufflé et paniqué face avec Camus suivit par Aphrodite et Milo.
« Désolé, je suis venu aussi rapidement que j'ai pus...
- On serait allé plus vite si tu n'étais pas passé par ta boutique.
- Si tu crois qu'on peut pratiquer un exorcisme avec une fourchette et une carotte tu t'enfonce le doigt dans l'œil Milo.
- Et les sceaux de Shaka ?
- Plutôt crever que d'utiliser ça ! » s'offusqua le médium.
Aphrodite leva les yeux au ciel et pressa les deux hommes à l'intérieur : ils se disputaient toujours quand ça n'allait pas. Rapidement, ils rejoignirent le salon et sans même faire attention à qui s'y trouvait, le poisson et le verseau commencèrent à sortir d'un sac en plastique de multiple objet et plante.
Milo s'appuya sur le chambranle de la porte, observant la scène qui se déroulaient sous ses yeux. La chaise d'Aiolia était toujours abandonné par terre, sans que personne ne pense à la ramasser. Sentant la pression monter d'un cran, les trois adolescents s'étaient relevés, laissant un maximum de place aux deux hommes qui s'activaient sans relâche.
« Quelqu'un peut aller me chercher de l'eau chaude ? » demanda Aphrodite.
Hyoga s'engouffra aussitôt dans la cuisine sous le regard attentif du scorpion. Aiolia leur avait expliqué ce qui s'était passé et autant il aimait beaucoup le garçon, autant Milo ne doutait pas une seconde que le jeune blond ai une certaine implication dans toute cette histoire. Au moins à présent il devait saisir pourquoi Camus leur avait toujours interdis de s'approcher d'une planche de ouija.
« Tu penses que ça va aller ? »
Milo lança un regard incertain à Aiolia : il n'en avait aucune idée. Il avait certes confiance en son meilleur ami cependant il avait toujours un mauvais pressentiment. Cette soirée semblait devenir de seconde en seconde la plus catastrophique qu'il ai connu.
« Je ne sais pas, c'est la première fois que Camus fait un truc du genre. »
Aiolia grimaça alors que le médium s'agenouilla face à Shun. Il le vit poser sa main sur le front du garçon et froncer les sourcils alors que Hyoga revint de la cuisine, déposant un grand saladier d'eau chaude aux côtés du sorcier. Celui-ci le remercia, plongeant une poignée d'herbe dans l'eau. L'adolescent se recula rapidement et alla rejoindre les autres qui étaient à présent postés contre le mur, observant silencieusement ce qui était en train de se passer.
« Combien de bougie doré ?
- Trois, répondit le verseau.
- Et des noires ?
- Trois aussi. »
Milo aurai voulu aider, il n'était cependant pas le mieux placer. Il en allait de même pour Aiolia : il avait plus de chance de tout faire tourner au vinaigre et cette histoire était déjà bien mal engagée. Les deux restèrent donc immobile près de la porte du couloir, sans pouvoir faire descendre un tant soit peu la tension.
Aphrodite disposa les bougies tout autour du canapé puis se saisit d'un paquet de sel qu'il versa tout autour d'eux. Si il n'avait pas été inquiet à en mourir, Aiolia aurait surement pestiféré : le sel et le parquet ne faisait pas bon ménage... Au moins ce n'était pas de la moquette comme dans l'entrée.
Le médium se saisit d'une petite bouteille, surement de l'huile essentielle, et en versa trois goutte sur un bout de tissue. Il le passa ensuite sur le front de l'adolescent avant de le replier et de le poser à ses côtés. Seiya détourna le regard alors que le deux hommes multipliaient les protections diverses. C'était une façon un peu dur d'apprendre qu'il ne fallait pas jouer avec l'autre monde et qu'un cercle de craie n'était pas une protection adéquate. Quand Aphrodite se leva, le saladier d'eau dans les mains.
Il le posa sur la grande table de salle à mangé et y jeta des cristaux de quartz, puis du bout d'une baguette en bois de saule, le sorcier mélangea le tout. Milo reconnaissait cette potion, il avait souvent vu le verseau en faire dans sa cuisine. Il s'agissait d'une décoction au goût particulier mais constituant une protection très efficace.
« Il me faudrait des verres.
- Combiens ?, demanda Seiya.
- Eh bien..., Aphrodite jeta un regard autour d'eux. Autant que nous sommes dans cette pièce. »
Le garçon lui répondit d'un signe de la tête avant de disparaître dans la cuisine. Isaac et Hyoga restèrent immobile un instant avant de rejoindre l'autre garçon, déjà parce qu'il n'arrivera jamais à porter autant de verre sans casser quelque chose et surtout parce qu'ils se sentaient coupables et voulaient aider eux aussi.
« C'est étrange... » souffla Camus.
Il fronça les sourcils alors que sa main reposait sur le front de Shun. Celui-ci c'était légèrement calmé au contact du médium mais continuait parfois à légèrement gémir. Aiolia décroisa les bras et s'approcha alors légèrement, intrigué par ce que son ami avait à dire. Lorsqu'Aphrodite se pencha sur l'adolescent, Camus enleva sa main et attendit patiemment que le sorcier pose la sienne. Il attendit quelques secondes avant que l'autre homme ne plisse à son tour les yeux.
« Tu sens ?
- Oui...
- Que se passe-t-il ? »
Camus tourna la tête vers Aiolia, comme si la question de ce dernier l'avait sortit d'une transe. Il le regarda, les yeux pratiquement vide et mit plusieurs secondes avant de pouvoir formuler la moindre réponse. Il était confus, dépassé par les évènements et malgré toute sa bonne volonté, cet exorcisme l'épuisait déjà.
« Je pensais qu'on aurait seulement à faire à une larve astrale ou même à un bête esprit. Une possession tout ce qu'il y a de plus normal si j'ose dire, mais l'esprit de Shun et cette chose ne sont pas en conflit. Seul le corps de Shun répond négativement.
- Ce qui veut dire ?, demanda l'homme perdu.
- Ce qui veut dire, reprit Aphrodite, que quoi qu'il y ai à l'intérieur de Shun, ça n'a aucune envie de rester ici. »
Aiolia lança un regard paniqué à Milo qui s'avança à son tour. Le scorpion sentit alors une étrange boule se former à l'intérieur de sa gorge. Shun avait l'air misérable, allongé sur ce canapé et ni la lumière diffuse du plafonnier, ni l'éclat des bougies ne pouvaient redonner des couleurs à son visage à présent blanc. C'était un désastre, quoi que puisse être l'entité qui avait prit contrôle de son être, plus vite ça en serait sortit, mieux ce sera pour l'adolescent.
« On en fait quoi des verres ? » fit Seiya en rentrant dans la salle, la vaisselle en main.
Aphordite ne lui répondit rien alors qu'il continuait d'inspecter le cosmo de Shun. Ce fut Milo qui lui fit signe, à lui et autres de poser les verres sur la table. Sans un bruit, Camus se leva et s'approcha des garçons, demandant à Hyoga d'aller lui chercher une grosse cuillère. Quand sous ses doigts, le jardinier sentit une énergie inconnu furieusement tourner.
« Camus..., glapit Aphrodite d'une voix paniqué. Camus !... »
Tous s'approchèrent du magicien alors que le peu de couleurs sur le visage de Shun fut drainé. Sous le touché d'Aphrodite, ses veines devinrent soudainement bleu nuit et en l'espace d'un instant, ses racines prirent cette teinte obscure, d'un rouge tirant sur le noir, avant qu'elle ne dévore la totalité des ses cheveux. Une seconde, une seconde à peine et tout ce qui le hantait se réunit en un point, avant que dans un spasme douloureux, l'énergie ne s'échappe de son être en une épaisse fumée noire.
Il n'y avait pas de mot pour décrire l'horreur qui s'empara de chaque personne présente dans la pièce quand les bougies furent souffler et les ampoules éclatèrent une à une. L'entité s'éleva dans un silence inquiétant et s'étendit sur la totalité du plafond, comme déployant ses ailes noir jais. L'odeur de pourriture devint insoutenable, faisant suffoquer le magicien qui recula de quelques pas. C'est alors que deux orbes rouges, ses yeux, brillèrent dans ce fouillis semblable à une nuée de mouches et fixèrent de leur regard perçant les pauvres humains épouvanté.
Milo fut le premier à revenir à lui, son instinct de survie prenant rapidement le dessus sur sa peur. Quoi que ce soit, qui que se soit, ça ne leur voulait pas du bien.
« Il faut se casser, fit-il en courant jusqu'à Shun.
- Quoi ?, jappa Aiolia.
- Il faut se casser ! »
Le scorpion souleva le garçon dans ses bras, ce dernier ayant retrouvé ses cheveux verts et un teint de vivant. Il enjamba le tapis et se dirigea à toute vitesse vers la porte de sortie. L'entité n'avait pas bougé et stagnait tel un nuage d'orage au dessus de leur tête, oppressant et menaçant.
« Milo a raison, cria Camus. Il faut y aller Aiolia ! »
L'homme ne put s'empêcher de fixer cette chose avec crainte. C'était semblable à un tsunami ou un ouragan : un phénomène puissant et mortel par lequel il était hypnotisé. Il revint soudainement à lui en sentant quelque chose tiré sur sa manche : c'était Seiya qui lui criait de partir. Il lui fallu un certain temps avant de comprendre mais aussitôt, il poussa l'adolescent dans le couloir et s'enfuit sur ses pas.
« Hyoga... glapit le garçon.
- Camus s'en occupe. »
Cependant en jetant un regard derrière lui, il vit le jeune blond dans le même état, ébahit face à l'inconnu. Le médium le prit par les épaules, le secouant dans tout les sens mais rien à faire. Au dessus d'eux, il pouvait pratiquement sentir le regard de l'être sur eux. Tel un prédateur à l'affut de sa proie, il attendait le meilleur moment pour frapper. Camus n'eut plus le choix : il prit Hyoga comme un sac à patate sur son épaule et s'engagea rapidement vers le couloir. Quoi qu'il ai fait, cela déplu à l'entité qui poussa ce qui ressemblait à un grognement.
La fumée que dégageait la chose s'épaissie, enroula ses volutes autours d'eux, autours des chevilles du médium et de ses yeux. Tel un masque, la brume brouilla sa vue et ne laissa pas le temps à l'homme de s'échapper. Celui-ci sentit soudainement une vive douleur dans ses tibia lorsque quelque chose faucha ses jambes. Il s'effondra alors par terre dans un fracas infernal: la chaise qu'avait abandonné Aiolia l'avait fait tomber. Il n'eut pas le temps de se questionner plus longtemps alors que l'ombre se pencha sur lui.
Quand Camus vit les deux billes rouges à un mètre au dessus de lui, il n'eut seul pour reflexe que celui de protéger le garçon de ses bras et de fermer les yeux. La chose s'abattit sur eux, sans un bruit et sans douleur, seule la caresse fantôme de brume sur sa peau. Ça pénétra alors ses poumons, le faisant suffoquer alors qu'il se battait pour pouvoir reprendre son souffle. L'homme chercha à resserrer son emprise sur Hyoga, priant intérieurement pour ne pas qu'on lui fasse de mal mais respirer devenait de plus en plus dure. Lentement en train d'étouffer, il ne remarqua qu'à moitié lorsque que le corps de l'adolescent devint toute doucement intangible entre ses bras. Ce n'est qu'en sentant le froid prendre la place de la chaleur qu'il comprit : Hyoga avait disparut. Puis devint noir.
Comme chaque matin, ce fut la lumière qui s'égarait sur son visage qui le tira du sommeil, puis le bruit distant d'une alarme de voiture. Sans même ouvrir les yeux, il passa une main sur son visage et se demanda un instant pourquoi son canapé était aussi dur. Ce n'est que quand il fit retomber misérablement son bras qu'il comprit pourquoi : il s'était endormi sur son parquet. Bon, ça indiquait à quel point son hygiène de vie laissait à désirer, si maintenant il n'arrivait même plus à atteindre un lit ou un sofa... Il était trop fatigué pour chercher à réfléchir plus longtemps.
Il se retourna et entreprit de se mettre sur le côté, si il avait réussit à passé une nuit comme ça, il pouvait bien rester quelques minutes de plus. Cependant, il se prit quelque chose dans le flanc, un mur aux premières impressions. Avec un soupire, il finit par abdiquer et ouvra doucement les yeux. Tiens... Depuis quand il avait des spots comme ça dans sa cuisine ?... Maintenant qu'il y réfléchissait, depuis quand avait-il du parquet ?...
Il se frotta rapidement les tempes et se releva, appuyant son dos contre ce qui n'était pas un mur mais ce qui était l'ilot central d'une cuisine. D'accord, qu'il se réveille dans sa cuisine lui semblait déjà peu probable mais qu'il se réveille dans la cuisine de quelqu'un était carrément irréel. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Était-il dans une sorte de rêve bizarre ? Non, pourtant non. Il était bel et bien éveillé.
Le médium se mit sur ses pieds, avançant avec hésitation. L'endroit était magnifique : une cuisine moderne aux meubles laquées rouge et noir, sans parler de la gazinière qui était reluisante. Il y avait sur les surfaces marbrer, diverses instrument qui allait de la machine à café dernier crie au micro-onde multifonction. Sur l'ilot était disposé un set de couteau dans leur bloc en bois clair, juste à côté d'une corbeille de fruit métallique où étaient disposés entre autre une mangue, des lychees et une grenade bien mure. Il n'osa pas bouger de l'endroit où il était.
« Il y a quelqu'un ? » appela-t-il d'un ton incertain.
Personne ne lui répondit. Il tira légèrement sur les manches de son haut noir et se balança sur un pied, puis un autre, à présent terriblement gêné. Quoi qu'il faisait ici, il ferait mieux de partir, ce n'était pas chez lui après tout. Camus s'élança alors sur ce qui était sans aucun doute la porte d'entrée et abattit avec force la poignée dans un geste déterminé. Il serra les dents : dire qu'il avait mal était un euphémisme. Note à lui même : vérifier que la porte ne soit pas verrouillée avant d'appuyer comme un bourrin. Il se frotta l'intérieur de sa main qui était désormais d'un charmant rouge vif.
Cette histoire devenait de plus en plus intrigante : il était dans une cuisine qui ne lui appartenait, dans un appartement qu'il n'avait jamais vue et totalement enfermé. C'était ça le nouveau moyen qu'avait trouvé Shaka pour l'empêcher de s'approcher de l'autre monde ? Techniquement c'était un enlèvement et punissable par la loi. Camus se pinça l'arrête du nez et soupira profondément. Non, c'était n'importe quoi. L'indien n'aurait jamais fait ça. Pour plusieurs raisons, dont la première est que jamais Milo ne l'aurait laissé faire. Alors quoi ?
Le médium finit par abandonner et s'approcha doucement de l'ilot de cuisine. La pièce était totalement ouverte sur un large salon, il n'y avait qu'une petite marche à franchir. Camus s'avança, intrigué : à cet endroit trônait un long canapé de velours dont les gros coussins formaient une alternance de gris et de noir. À son bout était disposé un épais plaid rouge qui semblait doux au touché, du même genre de ceux dans lequel Milo prenait un malin plaisir à s'emmitoufler.
Au dessus du sofa était accroché trois grands tableaux qui rassemblait faisait une fresque abstraite le long desquels courraient de fines arabesques bleus électriques sur un fond encre de chine. Il aimait beaucoup ce genre de décoration mais les toiles coutaient la plupart du temps bien trop cher. Aphrodite lui avait bien proposé de lui en peindre un, seulement le jardinier était aussi bon peintre que Milo était diplomate. À savoir une catastrophe.
Le verseau trébucha légèrement sur le tapis rouge et pelucheux avant de froncer les sourcils : quelle idée étrange de mettre un tapis sur de la moquette... Car si la cuisine comprenait de longue latte de parquet flottant clair, le salon était lui recouvert d'une moquette beige et duveteuse. Il haussa les épaules : ça avait l'avantage de plutôt bien s'accorder.
En face, séparé par une petit table basse en verre et en bois, il y avait un grand écran plat, ceux que l'on en voyait que dans les magasins spécialisé, et encore. Qui que soit son hôte, c'était une personne riche, très riche même. Encadrant le téléviseur, des bibliothèques de bois sombre et marbré sur lesquels étaient parfaitement rangé un nombre incalculable d'ouvrage. Parfois, sur certaine des étagères étaient disposées des statuettes et un tas d'objets hétéroclites qui donnaient un certain équilibre.
Un peu plus long, près d'une grande baie vitré était disposé une longue table de salle à manger de verre et d'acier. Celle-ci était soutenue pas deux longs pieds entrecroisés, laissant deviner un modèle que seul l'esprit tordu d'un architecte aurait put concevoir. Camus fut étonné : il compta un première fois, puis une deuxième fois. Quatorze, il y avait quatorze chaises assorties, le métal faisant place au bois clair, ce qui renseignait pas mal sur la taille de la table.
Il releva les yeux et sourit doucement : sur le plateau de verre du meuble trônait un vase de cristal à la forme élancée dans lequel gisait une simple fleur, un lys blanc. Le médium avait toujours affectionné cette fleur et celle-ci était particulièrement magnifique. Ses longue pétales crèmes s'ouvraient avec délicatesse et étaient légèrement teinté par le pollen odorant que faisaient tomber les pistils. Quand le médium remarqua qu'il faisait nuit à l'extérieur, il leva les yeux.
Au plafond, aucun lustre ne pendait : les lumières y était directement incrustées et brillait comme un ciel étoilé. C'était ça, des centaines et centaines de petites LED enchâssées dans le plafond peint d'un bleu profond presque noir, déposant sur le visage du verseau un éclat tamisé. Ça avait l'allure d'un ciel étoilé et Camus devait avouer que c'était magnifique. Il ne s'était jamais douté qu'une tel sorte d'éclairage existe. Emerveillé, il s'avança lentement mais il trébucha contre la table basse... Ce ne serait que la deuxième fois aujourd'hui.
Le médium se figea : il savait où il était à présent. Son dernier souvenir avant de s'évanouir était celui de s'être prit une chaise et de sentir Hyoga disparaître. Cependant, c'était après lui que l'entité en avait, pas après Shun ou Hyoga. Il fronça les sourcils, jetant un coup d'œil autour de lui. Cet endroit, aussi somptueux soit-il, était un domaine démonique. Il frissonna légèrement : ce n'était pas Hyoga qui avait disparut, mais bien lui.
Lorsque Shaka avait reçu l'appel d'Aiolia, la première chose qu'il se dit fut que Shun était à surveiller de près. Si une simple séance de spiritisme même fait dans les règles lui suffisait pour se faire posséder, alors le jeune garçon allait surement connaître beaucoup de moment de ce genre dans sa vie. Il allait falloir le protéger et c'était en partie son rôle, après tout le garçon était tout comme lui du signe de la vierge et c'était une tradition au Sanctuaire que d'aider ses cadets du même signe astrologique. Certes, c'était quelque peu étrange mais il n'était plus à ça près.
Aussitôt la nouvelle tombée, Mü et lui avait fait demi-tour et s'engagèrent à faire deux heures de routes, priant pour que rien de plus grave n'arrive. Aiolia avait eu la présence d'esprit de l'appeler mais il craignait que ses maigres conseils puisse vraiment l'aider. Si Shun était sous l'emprise d'un esprit tout ce qu'il y a de plus normal, ça ne devrait pas poser de problème à Aphrodite ou Camus pour s'en occuper, cependant, si il s'agissait d'un démon... Sans parler du fait que ni le sorcier, ni le médium n'avaient pratiqué d'exorcisme, ce qui rendait la tâche d'autant plus compliqué. Jamais l'indien ne fut aussi heureux que l'atlante conduise : il en aurait été incapable tant il sentait le stress monter en lui, lui qui était pourtant l'incarnation du calme.
Lorsque Shaka entra chez Aiolia, la première chose qu'il se dit fut que Milo avait raison : on n'échappe rarement à son destin. Mü n'avait même pas eu le temps de faire un pas vers le salon que déjà l'homme aux long cheveux blond se saisit de son bras et désigna le calendrier au dessus de l'horloge. Il était 22h15 et la date du jour précédent était entouré d'un charmant trait rouge qui semblait se moquer ouvertement de lui. Il pouvait dire sans mal que c'était la chose la plus ironique qui lui était arrivé jusqu'à présent.
Dans le salon, Milo était agenouillé auprès de Camus, ce dernier reposant sur le sofa où fut précédemment allongé Shun. Aphrodite finissait de ranger les dégâts causés par l'entité alors qu'Aiolia était affalée sur une chaise. Par terre, juste à côté du scorpion étaient assis en tailleurs les deux mini verseaux. Les pauvres garçons devaient se faire un sang d'encre... Sur le fauteuil, emmitouflés dans une couverture beige dormaient Shun et Seiya que la soirée avait éprouvé, l'un plus que l'autre. Tout semblait parfaitement calme, comme si rien ne s'était passé -excepté peut être pour les bouts de verres que le poisson n'avait pas encore nettoyé-.
« Comment va-t-il ? » demanda Shaka en s'approchant.
Il fit sursauté Hyoga qui ne l'avait pas vu ni même entendu arriver, cependant il ne répondit rien, reposant ses yeux fatigué sur l'adulte allongé. Ce fut Milo qui contre toute attente, répondit sans malice ou exaspération.
« Il n'a pas bougé, c'est à peine si il respire... »
Mü s'approcha rapidement et vint placer une main sur le front du médium, comme ce dernier avait fait quelques heures auparavant avait fait avec Shun. L'atlante prit une profonde respiration et se détendit, laissant son cosmo se répandre sur son ami.
« Comment ça s'est passé ?
- On sait pas vraiment, soupira Aiolia au bout du rouleau. Cette... Cette chose est juste sortie de Shun et nous a fixé. Ça a hypnotisé Hyoga et tout ce qu'on sait c'est qu'une fois dehors, ni l'un ni l'autre n'est ressortit.
- Puis après une bonne minute, reprit Milo, Hyoga est sortie en criant que l'entité avait attaqué Camus et qu'elle avait disparut mais que Camus lui ne répondait plus et semblait évanoui. Quand on l'a trouvé à l'intérieure, il était dans cet état là. Aphrodite à essayé de le tiré de son sommeil mais rien n'a marché. »
Aphrodite se retourna et appuya son dos contre la table, un torchon rose dans les mains. Il était dans un état, une longue griffure parcourant sa joue et des bouts de sauge plein les cheveux. Quoi qu'il se soit passé, ça avait l'air d'avoir vraiment été éprouvant. Il devait s'agir d'un démon, aucun esprit n'aurait put causer tant de dommage. Cependant, quelques verres cassés n'étaient pas la priorité, le plus grave c'est que l'entité avait réussi son but premier : posséder Camus.
« Et comment ça à réussi à venir dans notre univers ? »
Hyoga baissa la tête, honteux. Un peu plus et il était prêt à pleurer, se sentant vraiment coupable de toute cette situation. Il avait juste voulu défier Camus, pas l'envoyer dans un sommeil profond.
« C'est de ma faute. », murmura l'adolescent.
Sous le regard inquisiteur de Shaka, le garçon ramena ses jambes sur son torse et les enserra de ses bras. Il sentit Isaac poser une main amicale sur son épaule et le secouer légèrement dans le but de le réconforter.
« Je voulais me venger de Camus et il nous avait toujours interdit de nous approcher d'ouija donc... »
L'indien ne dit rien : qui avait-il à dire ? Crier sur Hyoga qu'il était inconscient alors que ce dernier était déjà dans un état misérable ? Lui faire la moral quand il venait malgré lui d'apprendre la leçon. Non, ce n'était pas son rôle et encore moins le moment. Et puis, on pourra dire ce qu'on veut mais Camus et lui même y étaient aussi pour quelque chose dans cette histoire, à chacun d'assumer ses actes.
« Il est dans le coma, constata Mü en retirant sa main.
- Dans le coma ?
- Oui Milo, répéta-t-il. Dans le coma, son corps est là, il fonctionne normalement mais son âme est totalement absente. »
Shaka vit le scorpion passer une main sur son visage et réprimander un cri de frustration alors qu'Aphrodite soupira longuement. Et maintenant ? Ils allaient faire quoi ? L'enfermer dans un cercueil de verre et attendre que quelqu'un vienne le réveiller ? C'était ridicule, tout ceci était tout simplement ridicule. Et puis pourquoi une entité en avait après Camus à la fin ?!
« Je peux l'aider, mais il va me falloir de la sauge. » conclu l'indien.
Pour la première fois de sa vie, Milo regarda Shaka avec ce qui s'approchait le plus de l'admiration.
Camus avança doucement, une main posée sur le mur l'autre masquant son nez et sa bouche, les yeux rivés sur le long couloir qui ne semblait jamais finir. Si il avait cru au début être enfermé dans cet appartement certes splendide, il avait très vite découvert une porte ouverte. Elle donnait sur une vaste salle où lentement tournait un mobile représentant le système solaire.
Le plafond était, à la façon de l'étrange appartement, recouvert de lampions qui formaient la voie lactée. La peinture était si fine, les nuances de bleues se chevauchaient avec subtilité, recréant un véritable ciel digne des nuits noires loin de toutes villes. Camus ignorait de quelle matière exactement étaient faites les planètes et le soleil, sûrement de verre, mais c'était magnifique. Il en était tant ébahit qu'il resta dans cette salle pendant de longue minute, assit sur la moquette bleu nuit à observer les astres lentement tourner. Un démon l'avait trainé dans une dimension qu'il avait créer de toute pièce, il pouvait bien en profiter un peu.
Puis Camus finit par se rappeler que tout ceci n'était qu'une illusion et, soupirant, il quitta l'endroit qu'il avait commencé à tant affectionner. Poussant une nouvelle porte dans geste automatique, il avança incertain dans une salle baignée de la lumière du jour.
La pièce exiguë était parfaitement aménagée, elle s'étendait dans la longueur mais sa largeur demeura moindre. Camus avança lentement, refermant la porter derrière lui sans même s'en rendre compte et fut étonné en entendant sous ses pas les lattes de bois sombres grincer. Il releva rapidement les yeux et remarqua rapidement qu'il s'agissait d'un cabinet de potion : trois des murs étaient recouverts de lourdes étagères sur lesquelles de nombreux ingrédients étaient parfaitement rangés. Ça allait des bêtes branche de sauge aux plantes les plus incongrus, tel que des fleurs de tacca aussi appelé 'tête de chauve-souris'. Charmant.
Le medium inspecta longuement le moindre des pots posé sur les rayons et grimaça alors qu'il remarqua des produits animaux. Il n'avait jamais était un grand fanatique des queues de lézard ou de yeux de crapaud.
Cependant, ce qui retint le plus son attention ne fut pas l'imposant plan de travail, bien que son bois massif de chêne était impressionnant. Non, ce fut cette grande vitre qui prenait tout un mur et donnait sur une forêt aux éclats d'émeraude. Le verseau se posta devant la fenêtre, admirant le spectacle qui se déroulait devant ses yeux. Ce démon devait posséder une imagination aussi immense que son pouvoir : ce qu'il avait réussit à créer était tout simplement incroyable, digne d'un conte de fée. Ce n'était rien qu'une chimère mais ça paraissait pourtant si réel. Le médium secoua légèrement la tête de droite à gauche et se détourna de l'ouverture avant de s'engouffrer dans une autre issue.
Ce petit jeu dura un certain temps, enchainant salle après salle. C'était ainsi que marchait les domaines démoniques : un long couloir puis une porte derrière laquelle se cachait en général... Eh bien un démon. D'où le nom. Après, il ne s'agissait pas à proprement parlé d'un couloir, ça dépendait de la puissance de l'être qui avait créé l'endroit. Ces mini mondes étaient des sortes de bulles qui venait se greffer au monde humain, il suffisait parfois de pousser de passer une porte et d'avoir une bonne dose de mal chance pour se retrouver dans ce genre de situation.
Le domaine en lui même n'était pas réellement un problème, même si certain d'entre eux pouvaient être truffés de piège ou de véritable labyrinthe. Non, le vrai danger restait et resterai les entités qui créaient ces places.
Ce domaine était immense, il aurait put faire pâlir de jalousie les plus grands démons qui régnaient sur les enfers, il était donc très naturel que Camus n'est qu'une envie : se rouler en boule et prier pour qu'on le tire d'ici. Si son esprit était là, son corps devait toujours être chez Aiolia, avec un peu -beaucoup- de chance, Mü et Shaka arriveraient avant qu'il n'ai à faire face au démon. Ou Aiolia aurait une épiphanie, déclencherai son vrai potentiel et son cosmos, les sauverait tous et mettrai du plomb dans la cervelle de Seiya.
Le verseau ignorait si le temps passait différemment dans cette dimension, il ne l'espérait pas. Non parce que soit le temps passait plus lentement ici, ce qui voudrait dire que l'indien et le tibétain étaient depuis longtemps arrivés et ne pouvaient pas le sortir de là, ne lui laissant pas le choix que de convaincre un être extrêmement puissant de le laisser partir. Soit le temps passait plus vite ici, ce qui voudrait dire qu'il allait devoir encore attendre longtemps avant que ses sauveurs n'arrivent jusqu'à lui. Et au vue des murs qui lentement semblaient se dégrader ainsi que l'odeur de pourriture qui était de plus en plus forte, il allait rapidement manquer de temps.
Et c'est ainsi que, traversant vaillamment les salles du domaine tout en priant tout les dieux qu'il connaissait de bien vouloir le sortir de là, il finit par se retrouver dans ce couloir. Apparemment, sauver régulièrement des âmes n'aidaient donc pas à s'attirer les faveurs des dieux... C'était bon à savoir. Après tout ce que le médium avait fait, mais non. Il était là, à avancer prudemment dans ce corridor qui le mènerai sans aucun doute jusqu'au cœur du domaine. Aka l'endroit où se cachait l'instigateur de toute cette mascarade. Et potentiellement un bon moment de souffrance.
Sous ses doigts, le papier peint s'effritait tout doucement dans un bruit pratiquement imperceptible en temps normal. Les motifs de rayures noires et violettes donnait à l'endroit cet aspect aussi lugubre que malsain, digne d'un film aux allures gothiques, et ce n'était rien comparé au plafond qui se perdait dans la brume épaisse. Phénomène typique d'un domaine démonique : l'illusion maintenu s'effaçait à mesure que l'on s'approche du cœur des lieux, de la tanière du démon. Il l'avait souvent lu dans des livres : il était dur de créer de tel chose, ce qui expliquait qu'au fils du labyrinthe, les lieux devenaient peu à peu insalubres ou tombaient en ruines.
D'après ce qu'il avait put lire, plus on s'approchait du démon, plus l'espace autour d'eux reflétait ce qu'ils étaient. On racontait que beaucoup de corridors étaient recouverts de trips et de sang, quand ce n'était pas de crâne et autres restes, cependant, même si la perceptive de se déplacer parmi diverse fluide suspect, Camus ne s'avouait pas rassurer pour autant. Il n'était pas tomber sur un sadique mais surement pour un fou. Bref, il avait désormais la désagréable impression d'être emprisonné dans un film expressionisme allemand et autant de dire que ce genre d'œuvre finissait rarement bien.
Cependant, Camus continua d'avancer, espérant un jour atteindre la porte au fond du couloir. La dernière porte qu'il ne pouvait toujours pas apercevoir, sa vue était entravée par ce satané brouillard noirâtre. Ce qu'il trouvait aussi amusant qu'inquiétant, c'était ces objets qu'il y avait parfois le longs des murs ou abandonnés sur la moquette poussiéreuse d'un rouge passé. C'est vrai, ils étaient eux aussi recouvert de poussière et certains étaient même cassés, comme cette lampe ronde en céramique bleu dont ses éclats gisaient un peu partout ou se vieux parapluie retourné et déchiré par endroit, pourtant ils était une bribe de l'endroit. Le médium s'inquiéta de se sentir lui aussi comme une part de ce couloir.
Si il pouvait mettre la main sur quoi que se soit qui puisse ressembler à une arme : ce n'est pas son pendentif qui allait le sauver quand il allait faire face à l'entité... Ou peut être un masque, pour ne plus à avoir à supporter l'odeur insoutenable qui l'entourait.
Il trébucha légèrement sur ses propres pieds : plus il avançait, plus la lumière disparaissait au profit de l'obscurité. Combien de temps allait-il encore devoir marcher avant d'enfin voir cette fichue porte ? Son regard se perdit sur un ours en peluche abandonné sur la moquette, un des boutons qui lui servaient d'œil pendant misérablement. Il n'était peut être pas rassuré à l'idée de revoir le démon, mais il commençait vraiment à en avoir ras la casquette de toutes ces conneries.
Et puis pourquoi lui à la fin ? Pourquoi pas Aiolia ? Il adorait son ami mais mince à la fin ! Il commença sérieusement à prendre en considération tout ce qu'Aphrodite et Shaka lui avait dit sur l'autre monde, comme quoi ça allait finir par lui retomber dessus, même si il savait très bien qu'une fois sortie d'ici, il oublierait tous les conseils donnés.
Quand enfin il l'aperçue à travers le brouillard, cette fameuse porte. Sans la moindre hésitation, il courra jusqu'à elle. Le médium avait au mieux une chance sur un million de pouvoir seulement égratigner l'entité mais à défaut de lui faire du mal, peut être qu'il pourrait enfin découvrir ce qu'on lui veut. Seulement, ses doigts sur la ronde poignée glacée, il sentit tout son courage se dérobé.
Il recula, enlevant rapidement sa main qu'il ramena vers lui. Camus était terrifié. Et encore, c'était un euphémisme, il ne pouvait pas décrire cette peur qui le prenait compte alors qu'il se rendait compte de ce qu'il y avait derrière cette porte. Comparé à ce que les autres pouvaient croire, il lui restait un minium d'instinct de survie et le seul souvenir de ces yeux rouges brillants suffisaient à faire trembler le médium.
Seulement, il y avait cette partie de lui-même qui désirait savoir. Celle qui lui cria mille et une questions dont il n'aurait la réponse qu'une fois la porte ouverte. Qui était cet être qui semblait tant lui en vouloir ? Pourquoi avait-il fait tout ça ? Pourquoi lui et pas quelqu'un d'autre ? Et qu'est-ce que tout ceci signifiait ? Le medium commençait à comprendre ce qui poussait les héros de films d'horreur à se jeter corps et âmes dans les pièges des méchants.
Camus poussa un long soupire et détacha son précieux pendentif. Il le regarda quelques instant, suspendu au bout de la chaine en argent avant de refermer sa main sur le métal froid qu'il caressa du bout des doigts. Puis il l'enfourna dans sa poche avant de jean et regarda la porte d'un air déterminé. Pendant un instant, il se dit qu'il préférait encore faire face aux traqueurs mais chassa cette idée en inspirant profondément. Il reposa sa main sur la poignée ronde.
La porte s'ouvrit dans un grincement aiguë et les raies de lumière s'engouffrèrent aussitôt dans la pièce plongée dans le noir. Camus hésita cependant rien n'avait explosé, s'était jeté sur lui et l'avait potentiellement menacé il prenait comme un encouragement. D'un léger coup de coude, il poussa encore légèrement la porte, celle-ci finit sa course contre le mur, prise d'un élan soudain. Il avança d'un pas, puis de deux et plissa les yeux, ne même pas ses membres dans cette obscurité. Il s'habituait lentement à l'obscurité et scruta tout autour de lui quand un mouvement sur sa gauche attira son regard. À pas de loup, il s'enfonça dans la salle lorsque ses yeux tombèrent sur une silhouette. Se stoppant net, Camus tomba de haut.
L'être se recroquevilla dans un coin, pressant ses jambes contres sa poitrine et les entourant de ses longs bras. Il semblait cherchait à se faire plus petit, à ne plus prendre la moindre place à moins qu'il ne craignait la présence de l'humain. Ses membres n'étaient pas frêles ni même squelettiques, au contraire. Cet homme était d'une carrure imposante, sans aucun doute bien plus grand que le verseau et tout ceux qu'il connaissait, pourtant, pressé contre ce mur glacial, ce n'était plus qu'une ombre. Était-ce... un prisonnier du démon ? Non... Ce n'était pas possible.
Il portait une longue tunique noire, semblable à ce genre de vêtement qu'auraient porté les civilisations grecs d'après le peu d'information qu'il en restait. Comment ça s'appelait déjà ?... Ah oui. Une toge. Néanmoins le vêtement était usé, déchiré par endroit. L'étoffe qu'il portait sur ses épaules était, elle, élimée et paraissait même prête à tomber en poussière au moindre geste de l'être. Le bruit des tissus qui frottaient l'un contre l'autre était rêche.
« Tu aimes ?... »
Le médium sursauta : la voix profonde de l'être le surpris, à tel point que les mots prononcé lui échappèrent. Il pencha donc la tête sur le côté et fronça légèrement les sourcils, confus.
« Tu... Tu aimes ?... » répéta péniblement l'entité.
Encore une fois, le verseau ne comprit pas le sens de la question. Si il aimait ? Mais quoi ?... Oh.
Camus s'agenouilla devant lui et caressa doucement la longue chevelure noirs et emmêlés de l'entité. Ses cheveux retombaient sur le sol tout en le masquant tel un rideau épais laissant parfois un léger écart cependant insuffisant pour pouvoir apercevoir l'être qui se cachait derrière. Camus chassa alors délicatement de longues mèches épars qui noyait son visage. Il se déroba d'abord sous le contact du médium, tel un animal effrayé, avant de s'avancer légèrement vers la chaleur de la présence nouvelle.
Il était magnifique, malgré la misère qu'on pouvait lire sur ses traits. L'être était transcendant, à tel point que le médium sentit sa volonté se plier l'espace d'un instant sous les yeux totalement noirs de l'entité. 'Cathartique', ce fut le seul mot qui lui vint à l'esprit. Cependant son émerveillement fut de courte duré lorsque qu'il le vit soudainement grimacer. Le médium baissa alors les yeux sur les bras de l'être avant de froncer les sourcils. Sans un mot, il fit doucement glisser l'étole sur le sol grisâtre.
Du bout des doigts, le verseau redessina les inscriptions d'un sceau de papier collé sur l'avant bras de l'esprit. Il put sentir la grande puissance qui en émanait pulser sous son contact et le brûler. Il retira rapidement sa main avant de la poser sur sa bouche, horrifié. L'entité baissa légèrement la tête et malgré la douleur qu'il sentait monter en lui, dévoila son autre bras couvert lui aussi de sceaux.
C'était inhumain, quiconque ai put faire une telle chose méritait un sort bien plus cruel. Ces bouts de papiers qui étaient collés à même la peau de l'être n'était pas de bête protection tel que Shaka pourrait lui fournir. Non, il s'agissait de sceaux d'exorcisme, des charmes extrêmement puissant connus pour d'entraver l'esprit qui osait posséder la victime, avant de le drainer de son cosmo et donc de ses pouvoirs. Posé sur une personne possédé, ce sceau produisait une douleur intense, que se soit pour la victime ou l'être venu de l'autre monde. Posé à même un esprit, ce n'était plus une question de douleur mais de torture. Un seul suffisait à rendre n'importe qui fou.
L'entité en était couverte, ses bras, ses chevilles, son cou... Et puis combien de temps souffrait-il ainsi ? Des siècles, au vue de ses vêtements peut être même des millénaires. À cette constatation, le médium oublia tout ce qui s'était passé, il oublia le mal que l'esprit avait fait à Shun et lui-même : ce n'était rien comparé à ce qu'il avait put connaitre. Il ne pensa pas un instant à cette masse noire qu'il avait vue, ni à l'odeur étouffant de pourriture quand il entoura l'être de ses bras. Pourquoi faisait-il ça ? Il l'ignorait, une impulsion.
Il sentit alors les bras de l'esprit l'entourer à son tour, d'abord hésitant avant de se poser fermement sur son dos. Camus l'entendit grogner légèrement, la douleur causée par les sceaux devenant pour insupportable. Même le médium pouvait sentir l'énergie qui se dégageait des charmes et faisait trembler l'entité de tout son être. Il ne pouvait rien faire, rien de plus que le tenir dans ses bras et attendre avec lui que ça passe.
Bien sûr, très ironiquement c'était ce moment qu'avait choisit Shaka pour se manifesté, Camus l'entendait l'appeler. Sa voix était lointaine, perdu dans les méandres d'un monde qui n'existait pas vraiment, mais elle était là. Camus le repoussa, fermant ses yeux alors qu'il resserra son étreinte autour de l'entité. Il ne voulait pas répartir, il voulait resté et aidé celui qui le tenait captif cependant c'était impossible. L'indien était quelqu'un de tenace, il était en train de le ramener de force, déjà l'emprise du médium se relâchait sans qu'il ne le désir.
C'était sans issue, il le savait très bien. De sa poche, Camus sortit son précieux pendentif qu'il glissa dans une des mains de l'esprit. Celui-ci était en train de se tordre dans tout les sens, la souffrance prenant le pas sur sa conscience. C'était un triste spectacle avoir et il regrettait d'ainsi devoir le quitter seulement il manquait de temps.
« Oui... J'aime. » finit-il par souffler.
Les domaines démoniques étaient une illusion créé par des êtres d'une puissance qui dépassait tout entendement, cependant ce que Camus y avait entre aperçu n'était qu'une cruelle et glaciale vérité. Bientôt une réalité.
Voilà. J'ai rien à dire aujourd'hui... Sauf peut être que ce chapitre était très long, et pour cause, il s'agit d'un chapitre de transition. La vrai histoire commence maintenant : CHAMPAGNE !
Dollwing : Merci beaucoup pour ton commentaire ! Ce pauvre Camus n'est pas au bout de ses peines, j'ai presque l'impression d'avoir piégé les gens avec le tag 'friendship', du genre : vous vous attendez à une histoire d'amitié ? EH BAH NON PRENEZ CES FEELS À LA PLACE !... Hm-hm... C'était gênant ça aussi...
Hemere : Merci, j'espère ne décevoir personne. Bon, c'est vrai que là c'est pas la joie mais ça va bien finir par s'arranger ! Et puis on à Milo et Aphrodite pour (essayer de) nous remonter le moral. Pour ce qui est de Mü... Le pauvre, c'est lui qui ramasse les pots cassés. Prions pour lui.
Saany : Merci beaucoup ! Moi aussi j'ai toujours aimé le paranormal. Alors j'ai décidé d'associé ça avec mon affection pour Saint Seiya, ce à quoi ma bêta-lectrice a répondu : «... ALLEZ ! » Bref ! Je poste normalement toutes les trois semaines, le dimanche soir (par soir je veux dire à 1h du matin). Voilà voilà !
