Bonjour à tous!

Contrairement à ceux que certains ont craint, je n'ai pas arrêté cette histoire. J'ai enfin eu un peu de temps durant les vacances, et ai pu achever la sixième partie! Enfin!

Soyez gentils de me dire ce que vous en pensez, car cette fin de sixième tome a vraiment été compliquée à écrire, sur tous les plans!


Chapitre 96 : Les horcruxes

Dans les jours qui suivirent, Kécile n'aborda pas avec Albus leur visite chez son frère. Une certaine pudeur la retenait. C'était comme si elle avait assisté à quelque chose de secret, de tabou, trop intime. Elle avait senti que le vieil homme n'avait pas l'intention de s'exprimer sur le silence de sa sœur qu'il interprétait sans aucun doute comme un reproche de la défunte.

De son côté, Kécile eut largement de quoi se changer les esprits, et c'était avec joie qu'elle reprenait ses activités avec ses amis maintenant qu'elle n'avait plus à craindre pour la vie de son grand-père. Libérée, elle se remettait avec joie au hautbois et ses camarades de dortoirs entendaient sans doute plus souvent qu'ils ne l'auraient souhaité des notes s'égrainer et dévaler joyeusement l'escalier jusqu'à la salle commune.

Comme l'avait prédit Hermione, Dumbledore n'eut guère besoin d'être convaincu pour leur donner l'autorisation de reprendre l'AD. Et l'association prit alors une ampleur inégalée, devenant le premier club de l'école. Le directeur donna en effet à ce groupe la mesure de ses ambitions. Il leur accorda deux fois par semaine la Grande Salle, juste après l'heure du dîner ainsi qu'une fois par semaine le terrain de quidditch. Ils purent ainsi mettre en place avec l'aide des professeurs un véritable terrain d'exercices où ils organisaient des combats grandeur réelle.

Dès les premières séances, l'ambiance fut complètement différente de l'année précédente. D'abord parce qu'en plus des anciens de la résistance contre Ombrage, se joignirent un certain nombre d'autres élèves, gagnés à la cause de Harry depuis que le ministère avait reconnu le retour de Voldemort. Ensuite, parce que la volonté de se préparer à la guerre qui menaçait était encore plus forte. Et enfin parce que l'ensemble du corps professoral soutenait le groupe et apportait sa contribution.

Si lors des séances dans la grande salle ils n'intervenaient jamais, les entraînements du dimanche soir sur le terrain de quidditch, attendus impatiemment par tout le groupe bénéficiaient presque toujours de la présence d'un ou plusieurs professeurs. Ils jouaient alors de bonne grâce le rôle des méchants, compliquant sérieusement la tâche pour leurs adversaires inexpérimentés tout en laissant à Harry le soin de diriger la séance et les tactiques stratégiques. Même Severus avait reconnu que c'était une bonne idée, bien que Kécile tenta en vain de le faire participer. Elle aurait bien aimé voir les élèves transpirer face à l'austère professeur. Par expérience, elle pouvait dire qu'il était un véritable mur, parfaitement imperturbable et insensible à toutes les attaques qu'on pouvait tenter contre lui.

Kécile se trouva dans l'incapacité de participer de manière active, conséquence du rituel de magie noire qui la privait de ses pouvoirs.

Néanmoins, elle assistait à chaque entraînement et épaulait Harry dans son rôle de professeur. Ce dernier se chargeait de l'apprentissage des sorts tandis que Kécile dirigeait davantage la partie duel et tactique des séances. Fidèle à sa méthode, elle houspillait énergiquement ses camarades :

- Parvati, tu as des jambes, sers-t'en ! Susan, il y a un rocher derrière toi, qu'est-ce que tu attends pour l'utiliser ?! Fred, Ron, vous êtes côte-à-côte depuis cinq minutes, vous attendez quoi pour travailler en équipe ?

- C'est mon frère ! S'offusqua Fred. Je ne vais tout de même pas l'aider !

- Je ne suis pas sûre de comprendre ta logique... Quand tu auras sa mort sur la conscience, pas garantie que tu penses la même chose... Neville, arrête de te défendre et attaque bon sang ! Ginny, c'est bien de courir et de se cacher, mais tu vas finir par fatiguer. Mc Gonagall va se lasser plus vite que toi, d'accord, mais la moyenne d'âge chez les mangemorts est quand même moins élevée, alors je te conseille de changer de tactique. Désolée, professeur, ajouta-t-elle devant le regard indigné de cette dernière.

- Flitwick m'a attaqué dans le dos, gémit Zacharias dont le nez grossissait à une vitesse ahurissante et atteignait progressivement la taille d'une orange.

- Et alors ? Dois-je te rappeler que les mangemorts ne sont pas spécialement réputés pour être fair-play ? Sois heureux de n'avoir rien de plus grave !

- Est-ce que quelqu'un peut me débarrasser de ça ?

- C'est ça ! Tu crois que tu vas avoir le temps d'aller chercher après une infirmière entre chaque sort ? Bouges toi maintenant ! Neville, c'est mieux, mais sois plus méchant, tu ne vas arrêter personne longtemps avec un maléfice de Jambes en côton. Sérieusement, Cho, tu n'as rien de mieux qu'un Rictussempra ? Ils vont s'écrouler de rire, ça c'est sûr !

- J'ai vraiment hâte de pouvoir revenir sur le terrain, dit-elle à la fin de la séance à Harry. Ça me manque. Pas les batailles sanglantes et meurtrières, s'exclama-t-elle devant le regard déconcerté d'Hermione. Mais les entraînements.

- Je suis sûre que McGonagall et Flitwick se feront une joie de te faire transpirer un peu quand tu seras en état, assura Harry.

- J'espère bien, mais je doute qu'ils soient assez offensifs pour être vraiment exaltants.

- Tu es folle... murmura Hermione en secouant la tête.

- Je vais demander à Severus de reprendre les leçons de duel. Enfin quand je serai capable d'utiliser ma baguette, évidemment... Et tu sais, Harry, tu devrais vraiment y participer avec moi.

- Jamais de la vie ! S'écria-t-il d'un ton catégorique.

- Mais tu as besoin de t'entraîner ! Je sais bien que tu as un talent naturel, mais ça ne suffira pas toujours. Tu le sais.

- Tu te mettras avec les professeurs pour me combattre si tu veux. Je compte sur toi pour être aussi vicieuse qu'un mangemort. Mais Rogue, c'est hors de question.

La jeune fille allait rétorquer, mais Hermione la coupa dans son élan.

- Tu sais, Kécile, je crois que tu dois renoncer à faire se supporter ces deux-là. C'est sans espoir...

Hormis l'AD qui prenait beaucoup de temps au quatuor, Harry avait tenté de tirer les vers du nez à Slughorn, mais ça n'avait guère été concluant, c'était le moins qu'on pouvait en dire.

Ils ne savaient rien des horcruxes et Hermione chercha en vain dans la bibliothèque. Il aurait fallu explorer la réserve pour avoir des chances de trouver quelque chose. Mais leur accès illimité était terminé et il ne fallait pas compter qu'il soit renouvelé.

- En tout cas, si j'en juge par ce qui est arrivé à Albus, ce n'est pas une petite plaisanterie... marmonnait Kécile

- Tu pourrais en parler à Rogue, non ? Demanda Harry.

- Tiens, tu reconnais qu'il peut être d'une utilité quelconque celui-là ? Quand ça t'arrange, hein !

Mais Kécile n'eut même pas à aborder d'elle-même le professeur. Lors de leur premier cours de potion qui suivit les vacances de Noël, le maître des potions lui demanda de rester à la fin du cours.

- Vous vouliez me parler, Severus ? Demanda-t-elle curieuse de savoir ce qu'il lui voulait.

- Oui, dit le professeur en verrouillant la porte et en insonorisant la classe.

Kécile fut intriguée par tant de précautions.

- Je voudrais vous mettre en garde contre le professeur de Visnel.

- Le professeur de divination ? S'exclama Kécile qui ne s'attendait certainement pas à ça.

De tous les membres du personnel de Poudlard, elle lui semblait au contraire l'une des plus inoffensives.

- Pourquoi donc ?

- Elle cache son jeu. Je suis convaincu que cette figure amène n'est qu'un masque. Elle a cependant commis une erreur qui a laissé une trace. J'étais sans doute le seul à pouvoir le découvrir et malheureusement pour elle, elle ne m'a pas échappé. Sa magie est reliée à celle de Voldemort.

- Que voulez-vous dire ? Je ne suis pas sure de comprendre...

- Sa magie comporte des traces de la magie de Voldemort. C'était perceptible lorsque j'ai retiré les sorts qui protégeaient la mains de Dumbledore.

- Vous voulez dire qu'elle a la marque des ténèbres ? Demanda Kécile confuse.

- Non ! Ne m'écoutez vous donc pas ? C'est beaucoup plus subtile. Cela se rapproche plus des liens que vous pouvez avoir avec Voldemort parce qu'il est votre père. Mais ce n'était pas de la magie du sang non plus, avoua Severus.

A ce stade, Kécile était complètement perdue.

- Alors quelle est la nature de cette connexion ?

- Des pratiques magiques communes, de celles qui lient les sorciers à vie, qu'ils le veuillent ou non.

- Comme un serment ? Je ne suis pas sure de vous suivre. Vous voulez dire que de Visnel est une proche de Voldemort, mais sans être une mangemort car elle n'a pas la marque des ténèbres ? C'est un peu tiré par les cheveux, vous ne trouvez pas ?

- Pourtant, vous connaissez quelqu'un qui a eu ce statut ambigu. Quelqu'un qui est resté un électron libre autour du Seigneur des Ténèbres tout en étant son bras droit et qui a sans aucun doute eu des pratiques magiques obscures. Cela ne vous fait vraiment penser à personne ? Allons, s'agaça Severus, je vous croyais plus vive que ça ! J'ai l'impression d'avoir Potter en cours de potions en face de moi !

- Je... Je ne vois pas. Enfin... la seule personne qui me vient à l'esprit, c'est Gwendoline Grunt. Mais elle est morte il y a des années ! Comment...

Kécile était dubitative, mais Severus avait l'air on ne peut plus sérieux.

- Vous pensez réellement à Grunt ?!

- Si quelqu'un peut bien faire semblant d'être morte, c'est bien elle.

- Vous croyez ?

Kécile eut une moue sceptique.

- Je doute que Bellatrix lui ait laissé la moindre chance.

- Lestrange n'a pas le tiers de l'intelligence de cette femme. Croyez moi, cette sorcière était habituée à se faire discrète mais elle était redoutable et la nécromancie avec elle était loin de n'être qu'un art sulfureux et improbable. Voldemort n'a jamais autant considéré quelqu'un comme cette femme. Il n'a jamais accepté d'avoir dans son entourage un serviteur sans la marque. Il n'a jamais accepté que quelqu'un travaille à ses côtés sans être un mangemort dans tous les sens du terme. Sauf pour Gwendoline Grunt. Vous imaginez que s'il ménageait autant cette sorcière, ce n'était pas pour ses beaux yeux.

- Je comprends vos doutes, mais enfin... de Visnel... une nécromancienne ? Que ferait-elle à Poudlard ? Pourquoi aurait-elle aidé Dumbledore ? Pourquoi m'aurait-elle soutenue ? Ça n'a pas de sens !

- Je pense qu'on peut émettre des doutes sur la fidélité de Grunt envers Voldemort les derniers temps de sa vie « officielle ». Bellatrix n'avait probablement pas tort en clamant qu'elle était une traîtresse. Néanmoins, tant qu'elle ne montre pas son vrai visage, je veux que vous soyez prudente avec cette femme. S'il s'agit de Grunt, nous ne savons pas quelles sont ses intentions.

- Et si ce n'est pas Grunt ?

- C'est encore pire. Car il s'agirait alors d'un autre électron libre de Voldemort dont nous ne saurions rien. Deux bonnes raisons de garder vos distances avec le professeur de Visnel.

Kécile hocha la tête pensivement.

- Si c'est Grunt, vous croyez qu'elle sait ce qu'est un horcruxe ?

Severus la fixa la mine impassible.

- Dumbledore vous en a donc parlé ?

- Il nous a montré un souvenir, avec Harry, dans lequel Voldemort l'évoque. Mais Albus n'a pas jugé utile de nous dire de quoi il s'agit exactement. Je me suis dit que vous... et Gwendoline Grunt encore plus, seriez au courant des pratiques de Voldemort.

- Si le Seigneur des Ténèbres a réellement crée un horcruxe, ou plusieurs comme le laissent penser les faits, il n'y a aucun doute que Grunt est au courant. Elle a même très certainement participé à la création de ces artefacts.

- Mais qu'est-ce que c'est, à la fin, qu'un horcruxe ?!

- Un artefact qui contient une partie de l'âme d'un sorcier, destiné à lui assurer l'immortalité.

Kécile grimaça, effarée.

- Et Voldemort aurait fait ça ?

- Dumbledore pense que le journal que Potter a détruit il y a quatre ans dans la chambre des sorciers en était un. Et il est certain que la bague en était un également un.

- Et si votre théorie au sujet de Grunt est correcte, si elle a véritablement changé de camp, elle pourrait nous aider ! S'exclama Kécile excitée.

- Vous pouvez refréner votre enthousiasme, Kécile. Je pense en effet que Grunt pourrait avoir trouvé à Poudlard une cachette sûre pour se protéger de Voldemort. Mais comme je vous l'ai dit, il convient d'être très prudent. Nous ne savons pas quelles sont ses intentions, et elle n'avait sans doute pas imaginé être découverte. En conséquence, nous ne pouvons pas prévoir sa réaction.

- Vous croyez qu'elle pourrait retourner auprès de Voldemort ?

- Je ne ferai pas de pronostics. Mais dans tous les cas, il est hors de question d'aller lui parler des horcruxes. Aussi minimes que puissent sembler les risques, il ne faudrait pas que Voldemort apprenne que son secret est découvert. J'espère que vous saurez tenir votre langue, Kécile.

- Bien sûr, Severus, vous me connaissez, rétorqua-t-elle d'un ton de reproche.

- Je ne parle pas de vous. Je parle de Potter. Et de Weasley.

- Vous les prenez pour plus gamins qu'ils ne sont, Severus.

- Hum... ça reste à prouver, grogna le professeur.

XXX

Le mois de février arriva, sans nouvelle « leçon » avec Dumbledore mais chargé néanmoins. Et toujours sans amélioration vis à vis de Slughorn.

Harry passait un temps considérable à enquêter sur Drago. Mais hormis qu'il faisait faire le guet à Crabble et Goyle et qu'il disparaissait sans laisser de trace dans l'enceinte de Poudlard, il ne découvrit rien de probant.

Kécile passait un temps considérable à enquêter sur de Visnel. Mais hormis qu'elle passait de longs moments à méditer en haut de la tour d'astronomie et qu'elle évitait soigneusement Rogue et Dumbledore, elle n'apprit rien d'intéressant.

Kécile avait cours tous les week-ends avec Mr Collins qui l'encourageait dans ses progrès. Au fil des mois, elle avait fini par créer une certaine relation de complicité avec le musicien, qui avait su s'adapter à son rythme perturbé. Il profitait et motivait encore plus Kécile lorsqu'elle était disponible pour s'exercer au hautbois, et comprenait également les périodes où sa vie mouvementée ne lui permettait pas de beaucoup avancé.

Tous les samedi matin se tenaient également des cours de transplanage pour les sixièmes années. Ajoutées à cela les trois séances hebdomadaires de l'AD et en ce qui concernait Harry et Ron les entraînements de Quidditch, ils trouvaient à peine le temps de faire leurs devoirs et voyaient les semaines défiler à toute vitesse.

En guise de cadeau d'anniversaire, Ron fut empoisonné au filtre d'amour. Ce que Kécile aurait pu trouver plutôt drôle manqua néanmoins tourner à la tragédie quand il fut empoisonné pour de bon et faillit y passer.

Harry était persuadé qu'il s'agissait de Drago. Kécile trouvait ça un peu tordu de passer par Slughorn pour empoisonner le directeur. De Visnel lui vint bien à l'esprit, mais ça n'avait guère plus de logique.

Cet incident eut au moins le mérite de faire se réconcilier Hermione et Ron et d'éjecter Lavande de leur entourage, ce qui n'était pas une grande perte, de l'avis de Kécile.

Harry devenait obsédé par Drago, au point qu'il le fit suivre par Kreattur et Dobby. Les deux elfes lui apprirent qu'il disparaissait dans la salle sur demande. Il passa alors des heures devant cette dernière à tenter en pure perte de la faire s'ouvrir.

Si Kécile était de l'avis de Harry, elle trouvait son déploiement d'énergie stérile.

- Bien sûr que Drago n'a pas un comportement normal, et que ce qu'il prépare n'est certainement pas recommandable.

Ils étaient tous les quatre avec en plus Ginny, rassemblés dans un coin de la salle commune en train de faire le devoir aux yeux de leurs camarades, mais surtout de parler des derniers événement.

Kécile continua :

- Je doute cependant qu'il soit capable d'un grand mal avec Dumbledore dans les parages. Et il n'est pas plus près de tuer Albus que je ne l'étais en seconde année.

- Tu ne pourrais pas te rapprocher de lui ? Demanda Harry avec un vague espoir

- Tu crois au père Noël ! Ricana Kécile. Je suis la traîtresse ! Que ce soit par pure conviction ou par peur, il est totalement embrigadée et si on a réussi à maintenir un semblant d'amitié auparavant, c'est fini maintenant qu'il semble avoir vraiment rejoint les rangs de mon paternel. J'en suis la première attristée, crois moi. Tu ferais mieux de te préoccuper de Slughorn plutôt que de Malfoy, si tu veux mon avis.

Harry se rembrunit. Ce n'était pas la première fois qu'il entendait cette phrase ces derniers temps, surtout depuis que Dumbledore avait marqué son mécontentement face à son manque de résultats.

- Tu crois que j'aurai plus de chance à la cinquante-septième fois ?

- De la chance ! Répéta soudain Ron en relevant brusquement la tête de son parchemin. Harry voilà la solution !

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- C'est simple : utilise ta potion !

Kécile et Hermione ne purent masquer leur étonnement devant la solution. Une fois dite, cela semblait évident. Mais Kécile pour sa part avait purement et simplement oublié l'existence même de cette potion. Tout comme Hermione, si elle en jugeait par sa tête.

Trois heures plus tard, Harry surexcité revenait dans la salle commune où l'attendaient anxieusement les quatre autres, tenant le précieux flacon renfermant le souvenir si difficilement gagné.

- Fantastique ! S'exclama Kécile en bondissant de son fauteuil. Allons voir Albus.

- Kécile, fit remarquer Hermione, il est minuit passé...

Elle haussa les épaules.

- ça m'étonnerait qu'on le sorte du lit...Et quand bien même ! Viens Harry.

Ils n'avaient en réalité aucun risque de tirer le directeur de son lit et de le trouver en robe de chambre et bonnet de nuit à pompon, puisqu'il rentrait à peine d'une de ses nombreuses expéditions.

Et malgré sa fatigue évidente, il fut ravi de voir arriver les deux étudiants et versa avidement le souvenir dans sa pensine.

Ils plongèrent tous trois dans le souvenir de Slughorn.

Le chiffre sept... Harry avait les yeux rivés sur Jedusor, mais Kécile et Dumbledore échangèrent un rapide coup d'oeil. L'un comme l'autre savaient à quel point le sorcier était attaché à la symbolique. Restait à savoir s'il y était parvenu...

- Comment peut-on mutiler son âme à ce point, ça me dépasse... Sept horcruxes ! S'exclama Kécile aussitôt sortie du souvenir.

Le journal, commença à énumérer Harry.

- La bague... poursuivit Kécile. Mais quels sont les cinq autres ?!

Dumbledore avait haussé les sourcils en les entendant. N'étaient-ils pas censés ignorer ce qu'était un horcruxe ?

J'ai parlé avec Severus, expliqua Kécile d'une mine contrite. Vous avez une idée de ce que peuvent être ces horcruxes ?

- La question n'est pas tellement de savoir ce qu'ils sont, mais où ils sont. Il se trouve que je pense avoir trouvé la cachette de l'un d'entre eux.

- Où donc ?

- Dans la caverne où Tom Jedusor a sans doute terrorisé deux de ses camarades d'orphelinat alors qu'il était enfant.

- Sans doute l'un des premiers lieux où il a exercé la magie de manière consciente, réfléchit Kécile

- C'est exact, approuva Dumbledore. Tu vois où je veux en venir, Kécile, je pense que Voldemort a caché ses horcruxes dans des lieux symboliques.

- Mais vous n'avez aucune idée de ce que peut être cet horcruxe, monsieur ?

- A vrai dire, en partant de ce même désir de symbolique, on peut faire quelques suppositions, Harry. Et je pense que tu seras bien placé pour les comprendre. Le souvenir que je vous ai montré où Voldemort a tenté de prendre un poste ici même à Poudlard est révélateur. Je ne doute pas un seul instant qu'il espérait trouver davantage d'informations sur les fondateurs ici et qu'il considérait Poudlard comme sa maison.

En partant de cela, le médaillon de Serpentard et la coupe de Poufsouffle qui ont été volé à Miss Hepzibah sont sans doute devenus des Horcruxes, conclut Kécile.

- Et s'il considère Poudlard comme sa maison, cela en fait un des lieux symboliques où il aurait pu en cacher un, ajouta Harry.

- C'est risqué... Vois ce qui est arrivé au journal... remarqua Kécile

- Je vois que vous arrivez aux mêmes conclusions que moi, dit Dumbledore d'un ton satisfait. J'ai déjà cherché dans tous les endroits possibles de Poudlard sans rien trouver, et je me targue de mieux connaître Poudlard que Tom Jedusor pour y avoir vécu bien plus longtemps que lui et en être le directeur.

- La coupe et le médaillon, cela fait quatre. L'un d'entre eux serait dans cette caverne ?

- Je le crois.

- Et l'autre ?

- Je n'en ai malheureusement encore aucune idée. Mais il ne faut pas désespérer.

- Il reste cependant encore trois horcruxes dont nous n'avons pas la moindre idée, fit remarquer Kécile sombrement.

- Ce n'est pas exact, dit doucement Dumbledore. J'ai une idée précise du cinquième. Il s'agit du diadème de Serdaigle.

- Encore un objet des fondateurs, nota Harry. Hermione m'a dit qu'il était perdu depuis des siècles.

- C'est la légende. Mais il se trouve que c'est faux. Les héritiers de Serdaigle l'ont depuis longtemps récupéré.

- Les Deschavelles... souffla Kécile.

Dumbledore acquiesça.

- Ils ont fait croire à sa disparition afin d'apaiser les convoitises. Mais le diadème est resté dans la famille, soigneusement caché. Je ne l'ai moi-même su que par une malheureuse circonstance. Sais-tu qui est Ludivine, Harry ?

Le jeune garçon acquiesça un peu mal à l'aise.

- C'est votre fille, la mère de Kécile et la dernière héritière de Serdaigle.

- C'est exact. Elle a été enlevé par Voldemort. Severus était de la mission et a assisté en spectateur privilégié à ce qu'il s'est passé. Avec bien des réticences, il m'a permis d'en voir le souvenir. Je pense que la plupart de la conversation en français entre Voldemort et Ludivine a échappé à Severus. J'ai pour ma part découvert que Voldemort cherchait le diadème de Serdaigle et qu'il était certain qu'il se trouvait au Clos-La-Rive.

- Et il l'a trouvé ?

- Oui, répondit gravement Dumbledore. Je pense même que la mort de Ludivine a servi à créer cet horcruxe, ajouta-t-il tristement.

Il échangea un regard avec Kécile qui avait du mal à cacher son horreur, mais ni l'un ni l'autre ne dirent un mot sur la barbarie du mage noir.

- Mais où est-il maintenant ?

- Cela, je l'ignore.

Kécile fronça les sourcils, en pleine réflexion et le vieil homme attendit qu'elle parle.

- Est-ce que vous avez des éléments sur Gwendoline Grunt ?

- La nécromancienne ?

- Oui, acquiesça Kécile. Severus est persuadé qu'elle a eu un très gros impact sur la création des horcruxes.

- C'est ce qu'il m'a dit. Où veux-tu en venir ?

- Et bien la tombe de Grunt, ou n'importe quel autre lieu en rapport avec elle pourrait être la cache d'un horcruxe, non ?

- C'est un idée intéressante... reconnut Dumbledore. Le problème est que personne ne sait rien sur cette femme. Même Severus qui l'a connue n'a pu m'en dire que très peu à son sujet. On sait qu'il l'a rencontrée à Poudlard. Je suppose qu'ils se sont liés au moment où le jeune Tom Jedusor a commencé à chercher à créer un horcruxe. Après cela, on ne peut qu'imaginer. Mais ton idée est judicieuse et je peux en effet tâcher de découvrir où cette femme a été enterrée...

- Si tant est que Bellatrix en ait laissé quelque chose à enterrer évidement... ajouta Kécile narquoise, tout en taisant les soupçons de Severus au sujet de de Visnel.

Harry ne put retenir un ricanement nerveux.

- Et le sixième horcruxe, monsieur ? Demanda-t-il pour cacher sa gêne.

- Je pense que vous serez tous deux d'accord pour dire que le contrôle que Voldemort exerce sur son serpent dépasse de loin les capacités d'un Fourchelangue. Qu'en pensez-vous ?

Les deux étudiants acquiescèrent.

- Je crois que Nagini est l'être vivant que mon père aime le plus au monde... dit Kécile d'un air dégoûtée.

- Mais n'est-ce pas risqué de faire d'un être vivant un horcruxe ? Demanda Harry perplexe. Je n'imaginais même pas que c'était possible... Je veux dire... Que se passera-t-il si Nagini est tuée ?

- En effet, Harry, tu as raison. Et je ne doute pas qu'il prenne grand soin de son serpent. Je pense que cela n'entrait pas dans ses plans initiaux non plus. Pourquoi en est-il arrivé à ce choix, je l'ignore. De l'avis de Severus, cependant, ce contrôle sur Nagini date d'après le jour où il a tué tes parents, Harry, d'après le jour où il t'a attaqué et a manqué y perdre la vie. Et très certainement qu'il l'aurait perdue s'il n'avait pas eu ses autres horcruxes. Etait-ce l'urgence ? Etait-ce l'incapacité de se procurer de nouveaux artefacts dignes de lui ? Etait-ce la désertion de Gwendoline Grunt ? On ne le saura donc jamais.

- Le médaillon, la coupe, le diadème, Nagini... que reste-t-il pour le septième ?

- Un objet de Gryffondor ? Suggéra Harry.

- Ce n'est pas impossible, répondit Dumbledore, bien qu'à ma connaissance, le seul artefact de Godric Gryffondor soit son épée. Et comme tu es bien placé pour le savoir, Voldemort n'a pas eu l'occasion de mettre la main dessus.

- Alors quoi ? Insista Kécile.

Ils virent Dumbledore hésiter.

- Est-il totalement fou de supposer que Voldemort n'a pas eu l'occasion de faire ce septième horcruxe ? Cette septième partie, je pense que c'est celle qu'il a conservé en lui, autrement son âme aurait été divisée en huit et le chiffre magique n'aurait alors plus été respecté.

- Donc, six horcruxes au total vous pensez ?

- Oui, six.

- Ce n'est pas comme si ça ne faisait pas beaucoup, grommela Harry.

- Nous savons où se trouve Nagini. Vous avez trouvé la grotte, on peut chercher la tombe de Grunt, reste encore deux endroits totalement inconnus. Cela ne fait plus tant que ça, dit Kécile optimiste.

- Si nos suppositions sont justes, souligna Harry. Et ce n'est pas gagné.

- Nous ne sommes qu'au début, Harry. Il ne faut pas nous décourager. Et puis, je pense que Kécile est un atout de poids dans cette bataille.

- Vraiment ? Demanda la jeune fille surprise.

- Bien sûr ! Répondit avec chaleur le vieil homme. Tu ne dois pas sous-estimer ta connaissance de Voldemort. Ton idée de Gwendoline Grunt en est la preuve. Je souhaite que tu ais d'autres inspirations comme celle-là !

- J'y réfléchirai, Albus.

XXX

Le sentiment de victoire et d'allégresse qu'éprouvait Kécile à la suite de cette conversation perdura plusieurs semaines. Ils avaient avancés à pas de géants et elle ne doutait plus de la victoire, aussi lointaine pouvait-elle encore paraître.

Ce tableau optimiste fut cependant assombri courant mai par deux événements qui arrivèrent coup sur coup, la semaine du dernier match de l'année Gryffondor-Serdaigle.

Tout d'abord, Harry attaqua Drago dans les toilettes de Mimi Geignarde avec un sort de magie noire. Lorsqu'ils discutèrent tous de la situation (le tous comprenant également Ginny qui se joignaient de plus en plus souvent à eux), les avis étaient partagés sur la culpabilité de Harry et sur l'intelligence d'utiliser un sort inconnu.

Et puis quelques jours après, il y eu le match. En soit, ça n'avait rien de notable pour Kécile. Mais après la victoire de Gryffondor, une fête s'organisa dans la salle de commune. Ça non plus, c'était prévisible. Ce qui le fut moins c'est qu'aux yeux de tous, Ginny embrassa Harry.