Disclaimer: Saint Seiya, ses personnages et son univers ne m'appartient pas.
Ses poignets étaient entravés, comme des lanières de cuir autour de sa peau et la sensation était bien trop familière à son goût. Il tira sans même s'en rendre compte, il essaya de les faire rompre mais rien n'y faisait. Très vite, il sentit la même sensation contre ses chevilles à mesure que son corps semblait se réveiller. Il était debout, sanglé et ne pouvait plus bouger. Ses membres étaient écartés comme si l'on cherchait à l'écarteler.
Il n'avait que partiellement conscience de ce qui se passait. Il pouvait sentir une odeur de métal brûlant qui le prenait à la gorge, une odeur âcre et lourde dans l'air. Il la sentait pratiquement sur le bout de sa langue tant elle était présente. Il n'avait aucune idée de qui il était ni de l'endroit où il se trouvait mais il percevait clairement une présence avec lui. Il était observé.
Des mots lui parvenaient, des bouts de phrases qui résonnaient contre les murs, à moins que ce ne soit dans sa tête. Il y avait une voix, des voix. Fortes et sévères, indirectement dirigées contre lui mais incapable de véritablement l'atteindre. Depuis combien de temps était-il attachés ? La douleur s'était effacé à mesure qu'une douce chaleur coulait le long de ses bras.
Puis il sentit son corps bouger de lui même, il entendit sa propre voix résonner sans même énoncer ses pensées. Tout semblait si lointain, à porter de mains mais pourtant à des lieux de lui. Sa voix continua d'aboyer contre la présence, son corps s'élançait vers l'avant faisant pratiquement brises ses poignets contre les liens qui le retenait. C'était étrange, loin dans son esprit embrumé il trouvait ça tellement étrange. Il avait la sensation de n'être qu'un spectateur au sein même de son propre corps, il avait l'impression de ne plus tirer les ficelles. Quelqu'un d'autre agissait à sa place.
Oui, c'était ça... C'était quelqu'un d'autre, un inconnu dans son propre corps et il n'y avait rien qu'il puisse y faire. Il ne voyait rien, il entendait le tumulte autours de lui qui peu à peu s'étouffait à mesure qu'il abandonnait. Il avait le souvenir lointain de voix lui criant de se battre, de continuer malgré tout mais il fallait se rendre à l'évidence : pouvait-il seulement gagner ? Il était tellement fatigué, tellement épuisé par ce combat perdu d'avance.
On le ramena, violemment, contre son grès. Une brulante douleur le fit crier, pas l'inconnu mais bien lui. Pour la première fois depuis tant de temps il sentit clairement son corps. Il sentit son propre sang couler le long de ses bras avant de tomber sur le sol à ses pieds dans un bruit si discret et pourtant si atroce. Il entendit le son de pas reculer, puis celle d'hommes s'agitant autour de lui mais il ne vit toujours rien. Le néant. Très vite, des mains le tinrent et avant même qu'il n'ai le temps de comprendre, une seconde douleur lui donna la sensation qu'on déchirait son être en deux. Il cria, bien plus que la première fois et ne sentit même pas le goût âcre au fond de sa gorge.
L'action se répéta encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus crier, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus compter le nombre de fois qu'on lui avait infligé ce supplice. Il n'y avait plus que la souffrance et la haine brûlante qui coulaient dans ses veines, elles se mélangeaient dans un chaos si parfait. S'en était devenu amusant, soudain tout lui était devenu amusant. Peut être était-ce la douleur qui faisait tourner sa tête ou une folie cachée dans les recoins les plus sombres de ses pensées mais il avait envie de rire. C'était tellement ridicule.
Il ferma ses poings, les serra jusqu'à en sentir la morsure du métal contre ses poignets sanglant. Il aurait juré qu'il s'agissait de cuir mais il semblait qu'ils ne soient pas tous aussi stupides qu'ils en avaient l'air. Il tira un coup sec, les lourdes menottes ne bougèrent pratiquement pas. Peu importe, il trouverait un moyen de se libérer. Ça n'avait pas d'importance.
« Hadès ! »
La voix puissante avait quelque chose de désespérée, de désolée. Il pouvait pratiquement sentir de pathétiques excuses transpirer du ton autoritaire. Ça le fit sourire car ça n'avait plus d'importance. Il se moquait de qui il était, de qui ils étaient et il se surprit un court instant à lui dire ces quelques mots à voix haute.
Il avait mal, si mal qu'il en perdait la raison. La douleur enveloppait son esprit d'un voile épais et étouffait sa raison jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien sinon un vague chuchotement au plus profond de ses pensées. Il rigola à gorge déployée, sans même sentir les larmes le long de son visage. Tout avait était gâché, tout. Et lui, lui qui avait pourtant tenté de se battre du mieux qu'il put venait de payer. Il se moqua des présences autours de lui, leur riant au nez. Peut importe la souffrance, peut importe les liens qui le retenaient, il savait qu'il se vengerait et leur répéta encore et encore que ça ne servait à rien.
Peu à peu, tout s'effaçait dans le néant. Les promesses, les voix autours de lui et la chaleur du sang. Seule la douleur resta, ça et une haine amère. Ou peut être l'amertume, il ne savait plus vraiment. Il ne voulait pas savoir.
Hadès laissa sa tête retomber sur le divan derrière lui et fixa de ses yeux entre-ouverts le plafond. Derrière lui, allongé sur le canapé, Camus était endormi et l'esprit fut bercer par sa lente respiration. C'était comme un murmure pratiquement engloutit par la pluie et les quelques rares bruits de circulation. L'appartement était encore baigné par cette lumière bleuâtre mêlé d'orange. Une mouche se baladait sur le plafond, insouciante. Elle avait survécu au froid de l'hiver et avait trouvé refuge dans l'appartement impersonnel du verseau.
L'entité releva la tête et fixa un court instant l'heure affiché par l'un des divers appareils ménagés qui éclairaient légèrement la pièce. 4h27, Il ne se rendormirait pas cette nuit. Puis ses yeux tombèrent sur ses bras, ayant toujours cette désagréable impression d'être attaché, ce qui n'était pourtant pas le cas. D'une main, il se frotta le poignet avant de laisser sa tête une fois de plus reposer sur le canapé.
Au loin, une voiture fit un dérapage bruyant et s'en alla sans plus de tumulte. Quelqu'un venait de frôler la mort, une fois de plus. Puis la pluie s'abattit progressivement plus violemment sur les vitres au point où il devenait dur de s'entendre penser. Le voilà, assit sur le sol froid d'un appartement quelque part en Grèce.
Il se souvenait de la haine, bien sûr. Il n'aurait pas put oublier quelque chose qui l'avait hanté des millénaires durant, à côté même la douleur lui semblait bien dérisoire. Il se souvenait de cette vengeance qu'il avait tant désiré mais ce qu'il avait oublié était contre qui et pourquoi. Lorsqu'il était dans le Néant, deux choses l'obsédaient : la vengeance et Camus. L'humain était venu bien plus tard et une part de lui se demandait encore pourquoi lui. Oui, l'humain l'avait libéré mais beaucoup d'esprit se moquait de qui les libéraient et préférer hanter de pauvre victime. Dans un sens, il n'était pas un bête.
Lorsqu'il était dans le Néant, il se rappelait avoir cru qu'il prendrait sa revanche grâce à Camus. Dans son esprit soumit à la folie, le medium et la vengeance avait un lien très particulier, l'un n'allait pas sans l'autre. À présent il trouvait tout ça seulement stupide : à quoi pensait-il exactement ? Qu'il allait conquérir le monde avec l'aide de l'humain ? Le plus bête dans tout ça était qu'il n'avait pas véritablement de plan. Au fond, il voulait juste sortir du Néant.
Il sursauta en sentant quelque chose caresser doucement ses cheveux. D'un geste, il se retourna et croisa le regard fatigué du verseau, se dernier passant ses doigts dans ses mèches corbeaux.
« Vous semblez si seul. » expliqua l'humain à voix basse.
Hadès le regarda quelques instant puis se tourna entièrement vers lui, forçant malgré lui l'humain à retirer sa main de ses cheveux. Il était allongé sur son côté, enveloppé dans la cape du créateur qui dépassait légèrement sous le plaid et attendait patiemment qu'on lui réponde.
« Je me sens seul en effet. »
Hadès refusa de croiser son regard, son visage tourné vers la baie-vitré. Par reflexe, Camus laissa son regard se perdre à travers la fenêtre avant de venir le poser de nouveau sur l'être face à lui. Du revers de la main, il frotta ses yeux et soupira.
« De quoi avez vous rêvé ?
- Du passé.
- C'est-à-dire ? »
Le souffle du créateur était calme et profond mais étouffé par les gouttes qui battaient les carreaux. Ses yeux mi-clos et ses traies assombris étaient assombris dans l'obscurité. Camus pouvait lire sur son visage une peine ou un chaos semblable à cette nuit tempétueuse.
« De mon... emprisonnement je suppose. Du moment où l'on posa les sceaux sur ma peau. »
Camus s'assit rapidement et ignora l'étourdissement qui le prit pendant quelques seconde. À la place, il fixa le créateur avec incertitude. Ce dernier continuait de regarder la pluie tomber mais le verseau percevait clairement la douleur dans la voix pourtant si calme de l'être. Instinctivement, il resserra les pans de la chlamyde sur ses épaules alors qu'il cherchait désespérément quoi dire.
« Lorsque j'étais prisonnier du Néant, seule la pensée de pouvoir me venger me réconfortait. Même si j'ignorais envers qui ma rancœur était tournée, je m'y accrochais avec ferveur. »
Il s'arrêta quelques secondes, avant de laisser son regard tomber sur le sol et d'ajouter dans un chuchotement :
« À tel point que je pensais devoir me servir de toi pour l'accomplir. »
Camus sentit la bile brûler le fond de sa gorge mais continua d'écouter attentivement le créateur. Cependant ce dernier garda la bouche close, abattu par ses propres mots. Le verseau aurait probablement était en colère autant contre lui que contre l'esprit si ça n'avait été pour l'air misérable du créateur assit par terre. Il aurait put accabler l'entité de reprocher, il aurait put lui faire d'autant plus fléchir les épaules et le faire culpabiliser, à la place il glissa du canapé à ses côtés.
« C'en était pathétique..., ajouta soudainement l'entité avec une pointe d'amertume.
- La douleur créée par un seul des sceaux qu'il y avait sur votre peau aurait suffit à rendre quiconque fou. »
Hadès tourna la tête vers lui et lui offrit un maigre sourire lorsqu'il semblait pourtant toujours aussi abattu. L'humain ne pouvait pas imaginer à quel point il lui était reconnaissant de l'avoir sauvé. Après tout, il aurait put seulement le bannir plutôt que d'enlever un à un les satanés bouts de papier qui ornaient sa peau il y a quelques semaines encore. Il avait attaqué un garçon dont l'humain prenait parfois soin et il l'avait forcé dans un domaine qu'il avait créé de toutes pièces, n'importe qui aurait cherché à se débarrasser de lui après ça.
Il avait remarqué les yeux de l'humain se ternir quelques minutes auparavant déjà, après lui avoir avouer qu'il avait cru avoir besoin de l'utiliser pour accomplir sa vengeance. Camus doutait, et pour cause, qui ne douterait pas à sa place. Il n'avait rien dit et ne semblait pas prêt à parler, beaucoup à sa place se serait offusqué mais lui, rien. Il avait même cherché à le rassurer. Alors quand l'humain regarda par la fenêtre avec attention comme il l'avait lui même fait, il se pencha légèrement vers lui.
« Camus... »
Le verseau tourna doucement le visage vers lui et ramena lentement ses jambes contre sa poitrine. Silencieusement, il continuait à chercher quoi dire à l'entité à ses côtés. Le créateur arrivait si simplement à le rassurer, à lui dit ce qu'il avait besoin d'entendre. Le médium, lui, ne savait pas réellement réconforter quelqu'un.
Hadès pencha légèrement la tête sur les côtés, chassa les quelques mèches rebelles qui venaient chatouiller son nez et les mit derrière son oreille. Même perdu dans ses pensées, Camus ne put s'empêcher la teinte de ses yeux qui s'était légèrement éclaircie. À moins que ce ne soit qu'un reflet de lumière, quoi que cela puisse être, ils paraissaient plus fascinant.
« Jamais je n'userai de toi, ni de tes proches, je te le jure. »
Le verseau eu soudain l'air interloqué, ses sourcils se relevant avec confusion et l'entité put lire sur son visage plongé dans l'obscurité l'étonnement se transformer en honte. Par reflexe, Camus frotta ses longs cheveux d'une main, avant de rapidement ramener son bras autour de ses jambes.
« Je ne doute pas de vous.
- Vraiment ? »
Le créateur paraissait amusé par l'embarré de l'humain, se dernier baissant docilement la tête avant d'observer l'entité sous ses cils. Il ressemblait à un petit garçon qui venait de se faire gronder par ses parents ou Hyoga et Isaac lorsque les deux adolescents venaient de se battre.
« Désolé... » , marmonna-t-il sans regarder l'entité un instant de plus.
Le vent et la pluie étaient si violent, pourtant tout était tranquille à l'intérieur. Du coin de l'œil, le verseau voyait les volets roulants à moitié baissé s'agiter, comme près à sortir de leur raille. Il ne s'en inquiéta pas : ce n'était pas la première tempêtes qu'ils essuyaient. Il avait pratiquement l'impression d'être dans un cocon, entouré de chaleur et protégé du chaos qui régnait à l'extérieur.
Camus tira légèrement sur les vêtements du créateur, se dernier le regarda avec curiosité. Lentement, il entraina l'entité vers lui jusqu'à ce qu'il se retrouve assit à côté de lui et non plus en face. Sans un mot, Camus prit sa main et n'osa pas le regarder. Chaque fois qu'il avait besoin de réconfort, l'entité le prenait contre lui. Il aimerai pouvoir faire de même mais quelque chose l'en empêchait, tenir sa main était le mieux qu'il puisse faire.
Hadès resserra ses doigts sur la main qu'on posa sur lui, puis inspira profondément avant de se détendre légèrement. Soudaine, il tourna rapidement la tête vers l'extérieur, ses yeux scrutant l'obscurité de cette nuit pluvieuse. Camus fronça les sourcils.
« Que se passe-t-il ? », le verseau était intrigué.
L'entité ne lui répondit d'abord pas. Ses yeux s'étaient ancrés sur un point en particulier qu'il fixait sans même cligner. Puis avec une lenteur inquiétante, une sourde colère apparut dans ses yeux, fronçant ses sourcils et refermant légèrement ses paupières. Camus avait beau essayer, lui ne voyait que les tristes figures des immeubles s'élevant douloureusement et les nuages de pluie que les lumières de la ville avaient teintées d'un orange sale.
Le créateur finit par soudainement sortir de sa transe et secoua légèrement sa tête pour oublier ces quelques pensées qui venaient de traverser son esprit. Camus fut d'autant plus intrigué lorsque l'entité lui sourit doucement, son visage vierge de toute rage.
« Joyeux anniversaire Camus. »
Le médium le regarda confus. Son anniversaire ?... Ça le frappa alors soudainement lorsqu'il vit l'heure sur l'un de ses appareils électronique. Oh oui, ils étaient techniquement le 7 février.
« Merci. » murmura-t-il perdu.
Hadès l'entraina contre lui et le prit alors dans ses bras.
« Que tous tes vœux se réalisent... »
Camus ignorait ce qui le fit frissonner : la voix anormalement basse du créateur ou le fait qu'il savait les yeux de l'entité grands ouverts, fixant avec haine un point qu'il ne pouvait pas voir.
Camus releva la tête vers le ciel, s'arrêtant un instant devant son immeuble. Nuageux et gris pour changer des jours précédents, l'hiver cette année était froid et pluvieux. Il replaça son sac à dos, jurant à voix basse contre Milo qui avait décidé de lui redonner tout ce dont il ne s'était pas servit lors de sa petite excursion avec les jumeaux. Sans perdre une minute de plus, le médium s'élança dans la rue.
Il ne devait pas faire plus de 5°C ce matin, pas que ça dérange le verseau mais il tirait une certaine satisfaction à imaginer son meilleur ami sortir par ce temps. Après tout, c'était de sa faute si son sac pesait deux kilos de plus, tout ça parce qu'il refuser de garder quelques malheureuse fioles chez lui. Qui sait, ça aurait put servir au scorpion mais non, ce dernier venait de passer vingt longues minutes à convaincre Camus qu'il n'y toucherait pas et que ça lui était parfaitement inutile. Il avait même pousser le vice jusqu'à dire que ça 'fait du bordel en plus'.
Les rues étaient relativement vide en ce jeudi matin, Camus ne croisa que peu de gens. Ces derniers avaient pour la plupart le regard baisser sur le goudron encore humide ou marcher avec empressement, piétinant le sol. Ils portaient des vêtements sombres, des manteaux aux tissus lourds et épais, alors que leur regard était fatigué. Le médium, lui marchait tête haute tout en marchant d'un pas assuré.
Une fois le pied posé sur les pavés ocres de la grande rue piétonne, Camus ralentit son rythme. Distraitement, il chercha au fond de ses poches les clés de sa boutique qui ne cessait de glisser contre ses doigts. Une fois arriver devant la porte, il posa son sac à terre tout en grognant. Ces satanés clés ! Toujours à glisser tout au fond de ses poches ! Il ne venait que très rarement à la boutique le jeudi et bien sûr, le seul jour où il s'y rendait, il fallait qu'il perde patience !
Il toucha quelque chose d'anormalement lisse qu'il ne reconnu pas et sans même y réfléchir, le sortit de sa veste. La petite fiole était encore tiède malgré la froideur qui régnait et un peu de dépôt flottait à la surface du liquide teinté de jaune clair. Ah oui. C'est vrai, l'essence d'alkana. Il n'avait plus de place dans son sac pour les mettre. C'est fou tout ce que Milo avait put lui ramener ! Il la reposa dans sa poche et finit par miraculeusement trouver ses clés entre un stylo en fer et un chewing gum à la menthe.
Alors qu'il reprit son sac et déverrouilla la porte, il se fit la réflexion de ranger tout le bazar qui s'entassait dans ses poches. Le jour où il y aurait une urgence, il serait parfaitement capable de se louper tout ça parce qu'il se trainait avec une veste aussi remplie qu'un sac. Le verseau soupira avant de s'engouffrer dans sa boutique et de claquer la porte vitrée derrière lui.
Le piège venait de se refermer sur lui. Camus le sentit à l'instant même où il posa son pied sur le parquet : ce n'était pas sa boutique. Ça y ressemblait à s'y méprendre, tout était là d'ailleurs : les marques sur le parquet déjà usés. Les bouquins parfaitement ranger, la fine pellicule de poussière qui s'était déposée sur les plus hautes étagères. Il y avait même un peu d'encens sur son bureau, juste à côté de la caisse. Le même encens qu'il avait donné à Angelo le jour précédant. Il inspira profondément, avant de replacer son masque d'inférence sur son visage.
Il marcha le plus naturellement possible jusqu'à la caisse, forçant ses jambes à avancer dans ce domaine démonique sans fléchir. La lumière était d'un mordoré inhabituelle et couvrait chaque partie de la petite boutique ésotérique du médium. Ses yeux trainèrent sur les ombres sur le sol qui ne savait plus dans quelle direction aller. Elles se multipliaient, se chevauchaient et se fondaient l'une sur l'autre sans aucune logique. Eh bien, il semblait que ce démon n'ai pas la moindre idée de la façon dont la lumière et l'obscurité interagissaient.
Camus posa son sac sans un mot sur le comptoir. Dans le plus grand des calmes, déposa un à un les objets qu'il transportait dans son sac. D'abord quelques livres qu'Hadès avait fini de lire, deux ou trois talisman qui au contacte du bois en effacèrent les couleurs. Le médium sentit le coin de ses lèvres se lever dans un imperceptible sourire alors qu'il continua de vider son sac. Il déposa ensuite les fioles, une à une dans un silence étouffant. Il fit semblant de ne pas sentir la présence derrière qui se s'approchait dangereusement.
Il posa l'huile essentielle de laurier, faisant bien attention à ce que l'étiquette de la bouteille lui fasse face. Suite à quoi tout aussi lentement, il sortit l'essence d'angélique puis celle de menthe. Il déposa les fioles une à une, laissant la bouteille d'alkana bien au chaud dans sa poche. Il prit son sac désormais vide et le déposa par terre puis il se pencha légèrement au dessus de son comptoir. Il posa ses mains de part et d'autre de la surface en bois et attendit.
Un pas, deux pas. Il le sentait s'approcher, il avait juste à rester immobile et patienter. Sans même le remarquer, il enfonça ses ongles pourtant court dans le bois tendre du comptoir quand il se forçait à garder une respiration calme. Camus était pourtant tendu : ses jambes étaient prêtes à courir aussitôt ses pensées lui crieraient de s'enfuir. Le verseau ferma les yeux puis inspira. Il était une proie, il le savait.
C'est pour ça qu'en sentant une lame frôler sa gorge, il fit volte-face. Camus plongea la mains dans veste et jeta le contenu de la fiole sur son agresseur. Le démon mit ses mains sur ses yeux dans un rugissement féroce de douleur, sans perdre un instant Camus prit le stylo dans sa poche et couru jusqu'à la porte.
« Pas si vite ! »
Avant même de pouvoir frapper les murs du domaine, une main se plaqua sur sa bouche alors qu'un bras enserra douloureusement sa taille. Tirer en arrière, l'humain trébucha avant d'être jeter sur le parquet. On sauta sur ses bras et ses jambes qu'on bloqua au sol avant même qu'il ne puisse ouvrir les yeux. De nouveau, une main étouffa ses cris.
« Je hais les humains... »
Camus vit alors un homme au dessus de lui, de long cheveux blanc et une regard doré bien trop cruel pour appartenir à un humain. Essayant de relever la tête, le verseau vit un court instant le visage calme d'un autre démon, ses cheveux foncés couvrant partiellement son visage alors qu'il le tenait fermement. Il n'eut pas le temps d'en voir plus que déjà l'être aux cheveux blanc plaqua son crâne sur le sol et le forçat à tourner la tête sur le côté. La tempe gauche à présent contre son parquet, une main pressant ses lèvres et sa mâchoire, Camus ne sut pas vraiment si ce qu'il ressentait à cet instant était de la peur ou de la haine.
« Pour un humain, il a de bon réflexe. » entendit-il dire celui qui lui le retenait par terre.
Quelque chose n'allait pas, outre le fait qu'il était anormalement calme pour quelqu'un attaqué par des démons. Ses deux agresseurs étaient parfaitement secs et le cri qu'il avait entendu lui donnait la certitude que son huile avait touché l'un d'entre eux. Il y avait donc un autre démon. Très vite, ses craintes se vérifièrent alors qu'il vit apparaître une silhouette dans son champ de vision. Il releva les yeux seulement, son visage toujours fermement retenu et vit le visage du troisième démon.
« Je me moque bien de lui, finissons-en au plus vite. » fit-il avec fureur en posant ses yeux sur Camus.
Si un regard pouvait tuer... Camus sourit avec délectation en voyant la peau encore couverte d'essence d'alkana du démon. Sa face était d'une charmante teinte rose qui ne tarderait pas à rougir et à accessoirement atrocement brûler la peau du démon. Inconsciemment, le verseau se demanda si le rouge allait bien donner avec le blond de ses cheveux.
« Si j'étais toi je ne rirais pas trop. »
La main sur sa bouche enserra ses mâchoires jusqu'à le faire grimacer de douleur. Camus mordit l'intérieur de ses joues, faisant de son mieux pour oublier la douleur et le goût de sang qui envahissait progressivement sa bouche. Si ce démon pensait un instant qu'il crierait, il pouvait bien aller se faire...
Si seulement il pouvait mettre la main sur ce stylo. Il était pratiquement sur qu'il était à ses côtés, sûrement à quelques centimètres de ses doigts. Faisant de son mieux pour maintenir le regard ambre du démon à quelques pas de lui, il essaya de tâtonner du bout des doigts le parquet. Une exclamation étouffée lui échappa et face à son expression paniqué, le sourire de l'entité aux cheveux blancs se transforma en un rictus cruel. Il ne pouvait plus bouger, il était gelé.
« Eaque, lâche-le. Il est paralysé. »
Il sentit ses poignets et ses jambes être libérés d'un poids, sûrement de ce dénommer Eaque, puis la main sur son visage se retira non sans oublier de tourner la face du verseau vers eux. Il pouvait désormais les voir clairement, les trois démons penchés au dessus de lui. L'un le regardait avec ennui, l'autre avec fureur et le dernière avec sadisme. Si on lui avait dit que son anniversaire se déroulerait ainsi. Camus leur offrit son expression la plus blasé, le choc qui l'habitait quelques secondes avant ayant déjà disparut.
« Même pas un tremblement ? Je ne sais pas si tu es incroyablement courageux ou extrêmement stupide. »
Il ignora la réflexion du démon qu'il classa comme sadique dans son esprit et ancra son regard bien trop calme dans les yeux ambres de celui qu'il avait attaqué. Quelque chose d'étrange passa dans ses yeux indigo, proche de la satisfaction.
« De l'huile essentielle d'alkana, plante est connue pour détruire les démons. »
Donc il pouvait toujours parler...
L'entité porta par automatisme une main à son visage non sans adresser une expression féroce au verseau. Ces humains. Ils ne connaissaient définitivement pas leur place.
« Comme si quelque d'aussi superflu pouvait m'atteindre.
- Vraiment ?, fit l'humain en relevant un sourcil moqueur. Vous me paraissez bien rouge pourtant. Faite attention, la douleur peut devenir bien vite insupportable. »
Il sentit le cosmos du démon brûler de rage avant que ce dernier ne porte sa main à son visage dans un râle de douleur. Ses deux acolytes le regardèrent avec étonnement alors que l'énergie pourtant si présente quelques secondes auparavant venait de retomber en pic.
« Oh, j'allais oublier : cette plante réagit violemment au cosmos, si j'étais vous je ne m'énerverais pas trop.
- Toi ! Je vais te tuer ! »
Son expression ennuyé ne fléchit par instant face au rugissement du démon et avant même qu'il n'ai le temps de répondre quoi que se soit, la main de l'entité enserra sa gorge. Une attaque physique, il avait ce léger détail. Il sentit avec une précision déconcertante les doigts sur sa peau qui s'enfonçaient douloureusement dans sa chair et écrasaient sa trachée. Son souffle fut coupé, ses yeux grands écarquillés face à ses agresseurs.
Il percevait la rage dans la poigne du démon et voyait dans ses iris toute la rage, toute la haine qu'on lui portait danser furieusement. Et le désespoir. Pourquoi le désespoir ? Son regard passa un instant sur les deux autres entités autours d'eux, tout deux les regardant avec étonnement face à l'acharnement de leur coéquipier. Puis de nouveau il le posa sur le démon.
« Meurs ! »
Il avait toujours était bon en apnée mais à mesure que l'on pressait son cou, ses pauvres poumons devinrent douloureux. Plus d'air, plus rien. Il avait besoin de respirer. Juste pouvoir expirer. Déjà, sa vision de la boutique se troubla, incertaine. Les visages au dessus de lui était toujours aussi net mais tout le reste semblait se brouiller.
« Rhadamanthe. Lâche-le et finissons-en. » entendit-il dire le démon Eaque.
Le regard furieux du démon devient d'autant plus acérer et malgré son état, Camus deviner ses pensées. Presque, il y était presque. Il était si proche de pouvoir tuer le verseau, de sentir sa vie finir entre ses mains. L'homme ne s'était pas attendu à ce que le démon le lâche d'ailleurs, pourtant c'est ce qu'il fit. Il se releva sans un mot, une expression mauvaise alors qu'il dévisageait toujours l'humain à terre.
Le démon Eaque tira son acolyte par l'épaule et le força à reculer. Puis il sortit un long couteau. Camus se demanda si il s'agissait du même qui l'avait frôlé peu de temps auparavant mais ce n'était pas vraiment sa préoccupation pour l'instant. Pas quand il avait une épée de Damoclès au dessus de la tête et ce presque littéralement.
« Je suis désolé, ce n'est rien de personnel. Si tu n'avais décidé de te servir de notre seigneur, rien de tout cela ne se serait passer. »
La lumière dansa sur le métal, un éclat s'égara sur son visage. Il aurait du savoir que ça allait se finir ainsi... Il était désolé. Désolé pour Milo. Désolé pour Isaac et Hyoga. Est-ce qu'ils retrouveront au moins son corps ou seront-ils condamnés à espérer le voir revenir un jour ? Ses quelques pensées furent stopper nette lorsqu'il vit la lame brillante soudainement s'abattre sur lui. Camus s'empressa de fermer les yeux.
C'est alors qu'il entendit le métal tomber lourdement près de son visage. Il ouvrit rapidement les yeux, le démon figé avec horreur. Quelque chose semblait enserrer son poignet mais le verseau n'y fit pas attention alors qu'il sentait ses membres être libérés. Sans même penser à autre chose, il se saisit du stylo à quelques centimètres de lui. Il le prit fermement entre dans sa main, leva le bras au dessus de lui avant de l'abattre avec force sur le parquet.
L'illusion s'effaça comme la fumée emportée par le vent, ne laissant à Camus que quelques instant l'image des visages mortifiés des trois démons. C'était finit, le cauchemar était finit pour l'instant. Pourtant le médium ne lâcha pas le stylo, malgré la douleur qui s'installait dans ses phalanges. En réalité, il resta figé, sans la moindre pensées traversant son esprit.
Il sentit quelqu'un le secouer doucement, il sentit la chaleur d'une main sur son épaule mais il ne vit rien. D'abord parce qu'il était bien trop choqué puis parce qu'il constata rapidement qu'il n'y avait vraiment rien. Pourtant il y avait bien quelques choses qui le touchait. Pourquoi ne voyait-il rien ? Instinctivement, il posa sa main près de son épaule et perçu quelque chose. En faite, il sentait un bras sous ses doigts.
Avant qu'il n'ai le temps de paniquer, Hadès apparut à genoux devant lui, enlevant son casque d'une main. Il le posa sur le parquet de la boutique, puis passa son autre main sur le visage du verseau. Celui-ci grimaça légèrement en sentent le touché de l'entité sur sa mâchoire. Il allait avoir des marques, il n'en doutait pas un instant. Le créateur ne fit par vraiment attention à son expression et tira le pan de la veste du médium. Son cou était encore rouge.
Sa main retomba mollement à ses côtés et il soupira longuement alors que l'homme n'avait toujours pas dit un mot.
« Qui aurait cru qu'un simple stylo aurait suffit à détruire une telle illusion ?
- Du fer, il racla sa gorge douloureuse. Dans beaucoup de folklore le fer soit le seul moyen de se débarrasser de créature du monde invisible. Pour être sincère, je n'aurais jamais cru que ça pouvait marcher contre un domaine démonique. »
Sa voix rauque toucha l'entité qui l'observait désormais avec tristesse. Hadès l'avait sauvé, il n'y avait aucun doute et pendant qu'il passa une main sur son cou brûlant, il ne put s'empêcher de penser. Leur seigneur... Ces démons... Étaient-ils les serviteurs du créateurs ? Des adorateurs peut-être ? Pourquoi s'en être prit à lui exactement ? Il se souvenait clairement de ce que lui avait dit le démon, qu'il aurait soit disant usé d'Hadès. Avaient-ils seulement la moindre idée qu'il n'avait rien fait au créateur mais que c'était plutôt ce dernier qui avait décidé de rester auprès de lui ?
Ses pensées furent briser lorsqu'il posa ses doigts au creux de sa gorge. Quelque chose le frappa et il garda son index et son majeur fermement presser sur sa carotide. Son regard inquiet interpela Hadès qui s'approcha de lui.
« Mon cœur..., fit le verseau horrifié.
- Ton cœur ?
- Il ne bat plus! »
L'entité vit l'humain presser d'autant plus contre son cou avec l'espoir de sentir de nouveau son pouls sous ses doigts. À mesure que les secondes passèrent, la panique s'installa chez l'humain qui cherchait désespérément à sentir son cœur battre. Il se tourna et regarda avec horreur l'entité face à lui.
« Je... Je ne sens plus mon cœur ! J'ai cessé de respirer ! »
Hadès prit ses poignets et le tira à quelques centimètres de lui, ne supportant plus instant de voir l'humain ainsi trembler. Puis il posa ses mains de chaque côtés du visage perdu de l'humain. Ses yeux indigos étaient insaisissables, se posant un quart de seconde sur un objet avant de traverser la salle et de s'arrêter sur autre chose.
« Camus. Camus regarde moi. »
Il fallut quelques secondes pour que le medium finisse par seulement croiser le regard du créateur, pourtant il continuait de trembler.
« Je suis mort... Je suis mort... » ne cessait-il pas de répéter.
Hadès ignora le mantra de l'humain et resserra son emprise sur l'humain, pas assez pour le blessez et sans toucher la moindre de ses blessures. Il l'appela à voix basse, plusieurs fois jusqu'à sentir sous ses mains l'homme se détendre malgré lui. Il caressa doucement sa joue de son pouce en sentant les mains du verseau tirer sur ses manches.
« Camus... Écoute moi. Camus, il faut que tu me regarde.»
Miraculeusement, l'humain l'entendit et s'exécuta. Il regarda le créateur comme si il était la seule chose auquel il pouvait s'accrocher, ce qui était le cas d'ailleurs. La panique dans les yeux de l'homme était aussi palpable que sa détresse, ç'en était douloureux. Hadès passa une main réconfortante dans ses longs cheveux attachés, gardant toujours l'autre sur sa joue. Puis doucement, il lui chuchota :
« C'est bien... Tout va bien se passer, ne t'en fais pas... Ouvre la bouche et inspire. »
Le médium ouvrit la bouche et inspira profondément avant de regarder le créateur avec un air misérable. Hadès ne put étouffé un sourire attendrit et passa de nouveau ses doigts dans les cheveux de l'humain.
« Bien. Maintenant expire. »
Il vit Camus souffler, chassant tout l'air contenu dans ses poumons. Puis il releva les yeux vers l'entité et attendit patiemment qu'on lui dise quoi faire.
« Recommence plusieurs fois. » murmura le créateur en posant sa main au creux du cou du verseau.
L'humain s'exécuta et inspira. Il respira d'abord profondément, ne faisant même pas attention au froid pourtant inhabituel de la boutique ni au touché de l'entité sur son cou. Il ne pensait qu'à respirer et se concentra sur son souffle pendant de longue minute. Lentement, la panique disparut un peu plus à chaque inspiration.
« Tu peux arrêter : ton cœur bat de nouveau. »
La voix du créateur le fit légèrement sursauter et aussitôt assimila-t-il les quelques mots qu'il vérifia lui-même. Il sentit son pouls, certes faible mais au moins présent. D'ailleurs, il respirait de nouveau naturellement, sans avoir à y penser. À cette constatation, toute la tension qu'il avait accumulé disparut et le vida de tout son énergie.
Camus vacilla, perdit l'équilibre avant de poser sa main sur le parquet bien trop froid. Il cligna rapidement des yeux en constatant que le sol de la boutique était littéralement glacé, une fine couche de gèle d'un blanc maculé recouvrait une partie des lattes en bois. Relevant rapidement les yeux vers le créateur, il l'interrogea du regard. Que se passait-il ? Qu'est-ce que tout ça signifiait ?
« Rentrons... » fut la seule chose qu'il obtenu de l'être.
Il regarda Hadès se relever, faisant bien attention à prendre son casque avant de tendre sa main au verseau.
« Merci » fit ce dernier en la saisissant.
Camus sentit une cuisante douleur courir le long de sa colonne vertébrale qui le fit grimacer. Sans un mot, Hadès passa le bras de l'humain autour de ses épaules avant de le tenir par la taille, l'aidant à marcher jusqu'à la sortie. Le médium remarqua enfin la lumière orangé du soleil et les ombres bien trop allongée pour un début de journée.
« Quelle heure est-il ?, demanda-t-il avec une certaine panique.
-Hm... Je l'ignore. Tu as passé plus de douze heure dans cette illusion. »
Douze heure... Camus fit un rapide calcule. Douze heure, il devait être à présent 16h. Peut être plus, sûrement plus. Le verseau soupira et passa sa main libre sur son visage. Misère, c'était de loin le pire anniversaire qu'il avait passé. Une demi journée passé dans un domaine démonique...
« Tu es prêt ? » lui demanda l'entité.
Camus le regarda curieusement lorsque, mettant son casque d'une main, le créateur disparut soudainement. Pourtant le médium le sentait toujours contre lui, le bras autours de sa taille et ses larges épaules que lui même enserrait. Pendant l'espace d'un instant, il fut confus alors qu'il entendit le rire amusé de l'entité.
« Votre casque... Vous rends invisible ?
- Effectivement. Il me permet aussi de cacher au yeux de tous tout ce que je désire. »
Camus hoqueta de surprise en sentant le cosmos du créateur soudainement l'entouré, ça ainsi que la lourde chlamyde. Comme par magie, Hadès réapparut devant ses yeux, à présent couvert de son casque. Il faisait ressortir ses yeux noirs et lui donnait un côté bien plus impressionnant. Le créateur pouvait choisir d'apparaître à sa guise ? Avant même d'avoir le temps de lui demander, Hadès ajouta :
« Je t'ai rendu invisible, ainsi tu n'auras pas l'air suspicieux en marchant dans la rue.
- Merci. »
Hadès lui sourit légèrement avant d'ouvrir la porte de la boutique. Les rues étaient, comme le matin même, pratiquement vide bien qu'il ne fasse pas aussi froid. Les bâtiments eux étaient couvert d'un doux éclat doré, non sans rappeler au médium le domaine dans lequel il fut plonger pendant de longues heures. Il posa un pied à l'extérieur et put enfin souffler.
« Merci de m'avoir sauvé. » murmura Camus.
Il sentit le bras de l'entité serrer un peu plus sa taille.
« De rien. » sourit Hadès avec douceur.
« Camus ! Ça va ?! »
Milo se jeta pratiquement sur son meilleur ami lorsque la porte s'ouvrit, inspectant d'un œil inquiet les marques qui ornaient la peau du verseau. Il ignora le courant d'air qui s'évanouit dans le couloir de l'appartement, sachant pertinemment de qui il s'agissait. Aussi longtemps qu'il ne faisait pas de mal à son ami, le scorpion acceptait la présence de l'entité.
« J'ai l'impression d'être mort. Trois fois, lui répondit le médium pince sans rire.
- Pour être sincère, on dirait que tu viens d'être sorti d'un cercueil.
- Merci Milo. Et on dit exhumer. »
Le grec leva les yeux au ciel, ignorant la réflexion du médium. Il ressemblait à un zombie, ce que le scorpion se garda bien de dire. La peau de son ami était bien plus pâle que d'habitude et couverte d'ecchymose qui allait prendre sans aucun doute dans quelques temps une magnifique teinte noirâtre. Il en connaissait un qui allait finir couvert de fond de teint 'gentiment' appliqué par un certain sorcier.
Camus retira silencieusement sa veste, révélant sur son cou de nouvelle marque rouge. Il posa négligemment sa veste sur le comptoir de sa cuisine et passa sa main sur sa nuque devenu douloureuse qu'il entendit légèrement craquer. Mince, ses mains étaient vraiment glacial, même pour lui ! Le médium ignora ses propre pensées et commença à remplir sa bouilloire d'eau. C'est vrai que le bout de ses mains était devenu d'un violet clairement anormal. Quelle plaie !
Il posa l'appareil sur son socle, l'alluma puis se tourna vers son meilleur ami qui patientait tranquillement bras croisés et contre le mur.
« Les huiles et tout ce que je t'avais donné... Ce n'était pas au hasard ? Tu savais ce qui allait se passer n'est-ce pas ?
- Tu connais les règles du tarot Camus, lui répondit-il en baissant la tête.
- Toujours faire le tirage des cartes la nuit et si les cartes montrent quelque chose de funeste, ne jamais le dire à la personne concerné car si ce destin ne se réalise pas, la divinisation se retourne contre le voyant. »
Le scorpion hocha de la tête en s'avançant, il ouvrit un placard en hauteur et sortit deux tasses, son ami lui murmurant un « merci ». Camus versa l'eau désormais bouillante puis ajouta un sachet de thé dans chaque tasse. La cuisine était plongé dans un silence tranquille, perturbé seulement le bruit étouffé de la circulation. Bientôt, le soleil n'allait pas tarder à se coucher et cet anniversaire infernal allait peut être enfin pouvoir finir. Le médium sortit d'un autre placard un paquet de bretzel et fit signe au scorpion de le suivre.
La télévision dans son salon était allumée sur une chaine documentaire, le son coupé, sans aucun doute lorsque Milo l'avait entendu rentré. Son plaid était encore parfaitement plié, rien ne semblait avoir bougé à l'exception peut être de quelques feuilles remplies de symboles et de calcul sur sa table basse. Il y en avait d'ailleurs une bloquée sous la table. Le verseau s'assit sur le canapé.
« Tu n'as pas été travaillé ?
- Avec ma cheville ? Non, j'ai eu un jour d'arrêt. Ça va être marrant demain d'ailleurs si je dois promener les chiens.»
Le médium ne put s'empêcher de renifler, amuser. Voilà ce qui arrivait lorsqu'on se retrouvait bloquer dans un arbre ! Par chance le voyant ne s'était que fouler la cheville, rien de grave donc mais le scorpion devait avouer que ça faisait un mal de chien. Heureusement pour lui, son patron était plutôt clément... Et puis pour toutes les heures supplémentaire qu'il faisait, il pouvait bien faire un geste pour lui !
Camus posa sa tasse sur la table basse avant d'ouvrir son paquet de biscuit salé. C'était une sorte de rituel pour lui : chaque fois qu'il faisait face à un être de l'autre monde, le médium dévorait ses bretzels et ce à une vitesse folle d'ailleurs. Il n'avait pas ça depuis bientôt un mois et il devait avouer que ça lui avait manquer. Oui, la dernière fois remontait à un esprit errant qui avait la fâcheuse tendance à faire tourner le lait de la maison qu'il hantait. C'était à peine quelques jours avant son intervention chez Aiolia, quand tout avait vraiment commencé.
« Tu vas vraiment avoir des problèmes de santé à force de manger ça tu sais.
- C'est toi qui dis ça Milo ? Et puis je suis plus à ça près. »
Camus lui tendit le paquet et le scorpion accepta volontiers les biscuits. Ce n'était pas ce qu'il préférait mais il avait faim : il avait passé la journée à attendre son meilleur ami et le stress l'avait empêcher d'avaler quoi que se soit. Il contempla les bretzel dans ses mains, d'un brun brillant recouvert de petit grain de sel blanc. Camus avait beau dire, c'est dernier temps c'était lui qui s'attirait le plus de problème et pas le scorpion. Lui il restait en arrière plan en priant que son ami revienne vivant et en un seul morceau. C'était ça que le médium ressentait lorsque c'était lui qui se jetait dans la gueule du loup ?
Milo se saisit de l'un de ses documents sur lequel se battaient quelques notes pratiquement invisibles parmi des mesures qu'il commençait à connaître par cœur. Les traits au crayon de papier commençaient à s'effacer lorsqu'il passa par inadvertance sa main au dessus de quelques mots.
« Que s'est-il passé ? »
Camus pris un gorgé de son thé, réfléchissant longuement. La tasse de porcelaine entre ses mains apportait un peu de chaleur à sa peau toujours gelé, il la tenu alors plus fermement, cherchant à recueillir le plus de cet chaleur possible. Il avait beau aimer le froid et l'hiver, cette fois c'était trop pour lui. Lentement, il reprit une gorgé de sa boisson et sentit le liquide brûlant couler le long de sa gorge.
« Ils ont créé un domaine démonique à l'image du magasin. Une fois passé la porte, le domaine était fermé et il était impossible pour moi de m'en sortir. »
Milo porta sa propre tasse à ses lèvres, suspendu au moindre mot de son meilleur ami.
« Ils étaient trois. » déclara le verseau le plus naturellement du monde.
Le scorpion s'étouffa avec sa boisson, toussant avec violence alors qu'il sentait ses poumons le brûler. Il regarda le médium, ahuri avant de s'écrier :
« Trois ?!
- Hm... J'ai jeté de l'essence d'alkana sur l'un d'entre eux, tu sais cette plante qui éloigne les démons, Milo hocha la tête. Puis les deux autres m'ont plaqué par terre et ils ont essayé de me tuer. »
Le verseau passa sa main sur sa gorge, frissonnant en se rappelant la scène. Une fois la montée d'adrénaline passée, il avait réalisé à quel point ce qui venait de lui arriver avait été éprouvant. Et il ne pensait pas seulement à l'attaque des démons, le reste aussi l'avait secoué. Il fit glisser quelques secondes ses doigts au dessus de sa carotide et sentit son sang pulser sous ses doigts. Ça avait paru si irréel qu'il se demandait si il n'avait pas imaginé toute cette partie.
« C'est toi qui a prévenu Hadès, non ? » demanda-t-il en reposant sa main sur sa tasse.
Milo regarda le peu de thé qui lui restait, sa respiration calme malgré son air penaud.
« Oui et non. Je savais que ce n'étais pas trois gouttes d'huile essentielle qui allait te sauver. Quand je ne t'ai pas vu revenir et que tu ne répondais pas à mes messages, j'ai légèrement paniqué.
- Légèrement ?
- Bon, ok, j'ai paniqué. Je savais très bien que je n'aurais été d'aucune aide. Quand je suis arrivé ici, il était assit sur le canapé, comme il fait d'habitude quoi, mais il ne lisait pas. C'était comme si il était prêt à partir d'un moment à l'autre. J'ai inventé une excuse pour qu'il aille à la boutique, j'étais près à le supplier d'y aller mais je n'ai pas eu besoin. Il est juste allé chercher un truc dans ta chambre et est parti à la boutique. Je suis sûr qu'il sentait que quelque chose n'allait pas. »
Milo reprit son souffle avant de boire ce qui lui restait de thé. Puis il fixa le fond de sa tasse, absent. Ça avait été la première fois qu'il s'était directement adressé à l'entité. Plusieurs fois, lorsqu'il était venu squatter Camus, il avait vu l'esprit lire sur la canapé ou aider son ami à faire diverse chose mais jamais au grand jamais ils ne s'étaient adressé la parole. C'était comme un pacte silencieux : tous deux s'ignoraient et tout irait bien dans le meilleur des mondes.
Intérieurement, il remercia l'esprit d'avoir ramené son ami sans qu'il ne soit trop égratigné. Les ecchymoses sur sa peau mettrait du temps à s'effacer mais au moins le verseau était revenu vivant et conscient, ce qui était en soit une victoire. Bien que le scorpion n'était pas encore sûr de pouvoir totalement faire confiance à l'esprit, il ne pouvait nier l'affection qu'avait ce dernier pour son meilleur ami.
Milo s'apprêta à parler mais fut couper dans son élan lorsque l'on frappa à la porte. Camus soupira, posa son paquet déjà bien entamé et frotta ses mains pour chasser le sel. Le verseau se leva, profitant de cette occasion pour longuement s'étirer. Il ramassa les deux tasses vides par la même occasion et les déposa dans le lavabos avant d'aller ouvrir sa porte.
Le scorpion resta assit : les autres allaient arriver un à un, sans même savoir ce qui s'était passé. Connaissant Camus, il avait déjà trouvée une excuse pour expliquer les charmantes contusions qui ornaient son visage et son cou. Parfois, Milo lui enviait son imagination. Il mit son coude sur l'accoudoir avant de poser son menton au creux de sa main. Ses yeux se posèrent sur son tas de feuille, toujours dispersé aux quatre coins de la table basse. Il espérait vraiment qu'il n'aurait pas s'occuper des chiens demain, sa cheville lui faisait toujours aussi mal. Quelle idée ! Même lui s'était trouvé stupide : coincé dans un arbre ! Au moins, plus aucunes ombres ne trainaient au bord des routes et dans les bois. Enfin, normalement.
« Camus, que t'est-il arrivé ? »
Le timbre calme et pourtant inquiet fit grincer les dents du voyant. De toute les personnes sur terre, il fallait que ce soit lui qui arrive en premier. Il entendit son meilleur ami soupirer avant d'inviter le bouddhiste et une part de lui fut soulagé en entendant une seconde personne rentrée. Il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait de Mü, l'atlante et l'indien était inséparable. Il finit lui-même par soupirer et se lever puis commença à ranger le bazar qu'il avait mit chez le verseau.
« Ce n'est rien.
- Avec tout mon respect Camus, je doute que ce ne soit rien lorsque l'on a des marques de strangulation. »
Il était rare d'entendre Mü si inquiet, ce qui fit culpabiliser le verseau. Comment expliquer ? Il s'était fait attaquer par des démons ? Dans les faits, c'est ce qui s'était passé mais si il avait le malheur de leur dire ça, il savait que Shaka l'empêcherait de s'approcher de l'autre monde, coûte que coûte. Il comprendrait d'ailleurs parfaitement une telle attitude seulement, il ne voulait pas être contraint à quoi que se soit.
Le médium approcha sa main de son cou, se rappelant la douleur qu'il avait éprouvé lorsqu'on essaya de l'étouffer. Il ne savait plus quoi penser, plus vraiment quoi faire et il se retrouva partagé entre mentir à ses amis ou leur dire la vérité. Ce ne serait pas la première fois qui leur ment mais ce n'était pas pour autant qu'il aimait ça.
« Camus... » souffla Mü d'un air désolé.
L'atlante sentait le doute chez son ami, il sentait son cosmos se troubler sans même avoir à le toucher. Son pull bleu marine était étiré par endroit et son chignon était prêt à se défaire d'un instant à l'autre. Et il était là, au milieu de son salon à se demander si il devait leur dire la vérité ou non. Mü ne lui en voulait pas, il savait à quel point il fallait laisser aux autres du temps pour parler. Cependant, l'indien à ses côtés avait les sourcils légèrement froncés.
Shaka se moquait qu'on lui mente, il se moquait bien d'une grande partie de la terre d'ailleurs et pourtant le voici énervé face au manque de réparti de Camus. À quoi ça servait d'essayer de le protéger si il se jetait corps et âme dans une cause perdue dès qu'ils avaient le dos tourné ? Ces derniers temps, il avait l'impression de faire face à un enfant qui avait besoin de se faire mal pour ne plus faire quelque chose. Et encore ! Camus était très bien capable de recommencer à faire les mêmes erreurs ! Pourquoi un homme qui jusqu'à maintenant avait été si raisonnable était maintenant si imprudent ? Et surtout pourquoi au grand pourquoi n'arrivait-il pas à rester neutre face à ses agissements ?
« Il a été attaqué par des démons. »
Les deux hommes remarquèrent enfin la présence de Milo qui rangeait silencieusement un tas de papier dans une chemise bleu. Il trottina jusqu'à son ami, près à le défendre du blond qui avait bien trop tendance à accabler les autres de ses mots. Shaka ouvrit d'ailleurs les yeux et envoya un regard noir au scorpion. Si cet idiot pouvait un peu s'occuper de ses affaires et retourné à ses divinations de pacotilles. Mü sentit l'animosité s'installer entre les deux hommes quand Camus, lui, se contenta de simplement soupirer. Il fallait toujours que ça tourne au vinaigre lorsqu'ils étaient dans la même pièce...
« Tu as été attaqué ? Quand ?, demanda l'atlante.
- Hm... C'est dur à dire ce matin jusqu'à cet après-midi..., Shaka cessa de dévisagea Milo aux mots du médium.
- Pardon ?
- Ils ont créé un domaine, l'entrée était la porte de ma boutique. Pour moi ça a duré une vingtaine de minute mais apparemment j'y suis resté plus de douze heure.
- Comment t'en es-tu sortis ? », Shaka le regarda droit dans les yeux.
Le médium soutenu le regard de l'homme face à lui, sans même faillir face à la colère qu'il lisait dans le bleu clair de ses yeux.
« Un stylo. En fer. L'illusion s'est effacée et j'ai pus quitter ma boutique.
- Qui t'a aidé ?
-Milo.
- Hein ?, glapit le scorpion.
- Milo n'est même pas capable de sauter d'un arbre sans se blesser.
- Hé ! »
Aucuns des deux hommes ne firent attention au pauvre grec, se contentant de se regarder dans les yeux et d'ignorer tout ce qui se passait autour d'eux. Le plus impressionnant dans cet scène restait la sérénité avec l'indien posait ses questions. Toute cette histoire ne semblait que légèrement le touché. Sa voix pourtant trahit son trouble lorsqu'elle s'étouffa en un chuchotement pathétique.
- Qui t'as sauvé Camus ? Je t'en pris ne me mens pas. »
La température tomba de quelques degrés, Shaka fixait avec toujours autant de calme le médium qui répondait fièrement à ce regard. Cette fois, Mü jeta un coup d'œil à Milo, c'est alors qu'il lut de l'inquiétude chez lui. Le médium ne semblait pas près à répondre, la tension qui les entouraient devenait étouffante et ni le grec ni l'atlante osèrent faire le moindre geste.
Ce fut le verseau qui brisa leur contact visuel lorsqu'il détourna son visage en lançant un 'tsss' entre ses dents serrées. C'est alors que Milo vit le regard du bouddhiste noyé de désolation avant qu'il ne reprenne cet air impassible. Pendant un instant, un très court instant seulement, le voyant eut pitié de l'homme : si il avait seulement idée...
Camus releva les yeux vers son ami avec froideur. Shaka l'ignorait, ou peut être le savait-il en partie mais ce qu'il était en train de lui demander était de faire un choix. Oui, il raisonnable. Il était patient, sage mais pas autant que les autres le pensait. Et surtout, il lui arrivait à lui aussi de faire des erreurs. Il serra les mâchoires en ignorant la douleur qui se réveillait, le nom lui brûlait la langue et dieu sait à quel point il avait envie de lui crier mais n'y arrivait pas. C'était au dessus de ses forces.
« Je l'ai sauvé. »
La voix lassée brisa le fragile silence qui s'était installé.
Dans l'embrasure de la porte du salon parfaitement rangé du médium, entre l'obscurité étouffante du couloir et la lumière diffuse de la pièce où rien en semblait changer de place, se tenait un homme bien trop grand et aux yeux bien trop noir pour être humain. Ses bras croisés et son visage fermé, il ressemblait à une statue. Les longues mèches tombant sur son torse se mouvaient pourtant, animé par la respiration fantasmagorique de l'homme.
Mü le regarda incrédule, n'ayant pas la moindre idée de ce qui était en train de se passer. Camus et Milo avaient l'air tout les deux calmes, plus particulièrement le verseau d'ailleurs qui regardait l'homme avec soulagement. Était-ce un esprit ? Ça ne pouvait être qu'un esprit... Ou un sorcier, très puissant dans ce cas. Non, jamais l'atlante n'avait entendu parlé de magicien au yeux noir avec de l'écho dans la voix. Incertain, ses yeux se posèrent sur Shaka qui regardait l'homme d'un regard terne.
« Qui êtes-vous ?
- Ne te doutes-tu pas de qui je puis être ? »
L'homme s'avança, flottant pratiquement sur le sol alors que ses yeux charbonneux ne quittèrent pas instant le visage impassible du bouddhiste. Sa main se posa doucement sur l'épaule du médium qui ne frémit même pas au contact de l'être. Pourquoi ? Pourquoi ne se reculait-il pas ? Habituellement, il se crispait dès que quelqu'un d'autre que Milo, Isaac et Hyoga le touchait. Shaka regarda son ami, perdu. Que lui avait ce !... Ce !... Ce démon ! Que s'était-il passé ? Quand ? Il chercha à lire sur le visage de son ami, trouver la moindre émotion mais rien si ça n'était qu'un air navré. Et encore.
On frappa à la porte mais Camus ne bougea pas, immobile face à Shaka et pourtant détendu. Quelques secondes et les coups redoublèrent de force. La voix étouffée d'Aphrodite leur parvenu, seulement sa voix et pas ses mots. Le bouddhiste n'écouta même Milo leur dire qu'il allait répondre, ni même lorsque Mü chuchota que lui aussi y allait.
Shaka avala difficilement sa salive lorsque l'homme releva brusquement la tête en direction de la porte, telle une bête sauvage constamment sur ses gardes. Lentement, sa main glissa de l'épaule du verseau vers sa clavicule avant de se poser sur son bras et le ramena contre lui dans un geste possessif.
« Camus ! » s'écria Aphrodite en voyant son ami comme engloutit par un homme étrange.
Il avait pensé un homme étrange ? Un démon oui ! Avec ses yeux noirs et son air menaçant, pétrifiant Shaka lui-même. Sans même y penser, le sorcier s'élança vers eux... Pour sentir quelque chose soudainement l'étrangler.
« Akh !
- Attends non ! »
Milo tira sur le col du manteau blanc du jardinier, le ramenant de toute ses forces à ses côtés, ce dernier les mains instinctivement posées sur son cou. Il jeta un regard noir au scorpion : il était fou ? Son meilleur ami se fait agresser et lui il reste là rien faire ?! Il l'empêche de sauver Camus et en plus il manque de l'étouffer ?! Il n'allait vraiment pas bien ! Il ne voyait pas l'expression clairement malveillant du démon à quelques pas d'eux ? Il ne voyait pas son bras près à étouffer Camus ?! Aphrodite arracha pratiquement la main du grec de son manteau.
« Ne fais rien Aphrodite, je t'en pris écoute Milo. »
Le poisson s'apprêta à protester mais l'expression sincère de l'atlante le calma instantanément. Mü était leur voix de la raison à tous dans ce genre de situation, alors si il lui disait de ne rien faire, il ne ferait rien. Malgré tout, il ne put s'empêcher de poser un regard inquiet sur Camus. La main du démon se resserra sur le bras de leur ami qui pourtant était parfaitement serein. En réalité, il se contentait de fixer Shaka avec ce qui semblait, aux yeux du poisson, de la défiance.
Milo trotta jusqu'à la porte quand l'on frappa de nouveau et se retrouva face aux visages malicieux d'Angelo et de Kanon, sans oublier Saga qui se tenait derrière les deux hommes avec un sourire amical. Le scorpion ne put s'empêcher de mordre l'ongle de son pouce alors qu'il se décala pour les laisser passer. Il pria intérieurement pour que personne d'autre n'arrivent, la situation avait déjà tout pour dégénérer.
« Aiolia ne peut pas venir, Marine ne se sentait pas très bien et tu sais avec sa gross- »
Angelo ne finit jamais sa phrase. Il se contenta de reculer de trois pas lorsqu'il vit l'être dans le salon du verseau. Autour de lui, les jumeaux s'élancèrent vers le médium et le regard féroce de l'entité se posa sur eux. Il se tourna légèrement, entrainant Camus loin d'eux et son cosmos s'éleva doucement dans les airs.
« NON ! » leur cria Angelo.
Les deux hommes se stoppèrent net dans leur course, choqué par un tel éclat de voix de la part de l'italien.
« Non ! Ne l'approchait pas !
- Mais Camus ! Il v-
- Ferme-la Kanon ! Ne bouge plus ! »
Pour la première et surement dernière fois de sa vie, le cadet des jumeaux l'écouta, malgré son inquiétude. Les autres ne comprenaient, il en était certain. Personne ne voyait qu'il ne s'agissait pas d'un simple démon. Il était invocateur, démonologue même ! Les esprits et les trucs du genre il en avait son métier et il était certain que cette entité qui tenait fermement Camus entre ses griffes n'était pas un esprit. Kanon sursauta en sentant sur son bras quelqu'un poser sa main et se tourna pour croiser le regard tout aussi inquiet de son frère.
« Kanon.
- C'est un créateur Saga ! Un créateur !
- Je sais. »
Hadès releva les yeux vers l'un des deux jumeaux, Kanon, lorsqu'il entendit ses mots. Un créateur ? Il était un créateur ?... Il avait entendu Camus utiliser plusieurs fois ce mot. Il savait ce que le mot 'créateur' signifiait en général, seulement il semblait que pour ces humains, il y ai une autre signification. Il pencha la tête légèrement sur le côté, oubliant l'espace de quelques secondes toutes l'animosité qu'il portait aux hommes devant lui.
« Un créateur ? » finit-il par soufflé par lui même.
Camus posa l'une de ses mains sur celle toujours agrippé à son bras. Il releva la tête, essayant comme il pouvait de croiser le regard de jais de l'entité, en vain.
« Un dieu si vous préférez. »
Les yeux obscures d'Hadès tombèrent soudain sur son humain, ce dernier la tête toujours relevée vers lui. Il ignora les regards inquiets et hostiles qu'on lui portait alors qu'il répéta encore et encore ce que venait de lui dire le médium et ce dans un calme imperturbable. C'était la première fois que le verseau voyait les yeux du créateur écarquillés et c'était, pour tout dire, extrêmement bizarre. Peu à peu, il sentit l'emprise de l'entité sur lui se relâcher avant de soudainement se resserrer sur lui.
Angelo s'avança, bousculant les autres sur son passage mais n'osa pas s'approcher de trop près. Il observa l'être dans le moindre détail, ses très longs cheveux brun qui paraissaient flotter dans une brise inexistante. Son visage anguleux et ferme à la fois. Les épaisses étoffes qui s'accrochaient à sa carrure imposante. C'était lui, c'était le créateur qu'il avait vu dans son Livre des Morts. Il haleta et recula de deux pas lorsque le créateur ancra son regard noir comme l'Enfer dans ses yeux, avant de trébucher. Aphrodite le rattrapa avant de l'aider à se remettre sur ses pieds. Il se reprit soudainement et cria à Camus comme un ahuri :
« JE SAVAIS QUE TU ÉTAIS TARÉ MAIS PAS À CE POINT ! »
Le verseau ignora magistralement ce qu'on venait de lui jeter au visage alors qu'il sentit le cosmos d'Hadès l'envelopper furieusement. Eh bien... Si il pouvait éviter d'énerver l'entité, ça arrangerai vraiment le médium.
À la place, l'italien tira Shaka par le bras et le lança pratiquement sur Kanon. L'indien se reprit son équilibre tant bien que mal, aidé en partie par le gémeaux qui ne quittait pas Angelo du regard. Ce dernier vint alors se poster devant Camus et l'être qui le retenait toujours prisonnier. Gesticulant comme un fou, il hurla à qui voulait bien l'entendre :
« C'EST LE CRÉATEUR DU MONDE DES MORTS ! DU PUTAIN DE MONDE DES MORTS ! »
Alors que tous ses amis s'étouffèrent presque à l'affreuse nouvelle qu'on venait de leur crier, Milo regarda simplement son meilleur ami. Aussitôt celui-ci croisa son regard qu'il détourna les yeux. Donc il savait. Bien. D'accord. Depuis combien de temps savait-il ? Il avait intérêt à ce que soit vraiment récent, auquel cas le scorpion ne serait pas trop en colère.
« Dit-il vrai ? » demanda Hadès à voix basse.
Camus hocha seulement la tête, se demandant intérieurement comment la soirée avait put dégénérée à ce point. La soirée ? Non, sa vie en faite. C'était sa vie qui commençait sérieusement à devenir bien trop compliqué pour lui. Il fallait vraiment qu'il commence à réellement considéré ses choix sinon il ne voulait même pas imaginer où il serait dans un an. Qui sait, peut être échoué sur une plage avec sa chance. Ou mort... Ah oui, non ça en faite il ne pouvait pas. Il avait presque oublié. Devant ses yeux fatigués, il voyait ses amis outrés et perdus, se battant pratiquement entre eux pour savoir si oui ou non le verseau avait vraiment finit par perdre la raison.
« Quand l'as-tu appris ?
- Hier soir, répondit-il sans pour autant décrocher les yeux des autres. J'estimais qu'il était à vous de vous souvenir et pas à moi de vous l'apprendre. »
Milo faisait de son mieux pour calmez les uns et les autres mais le pauvre homme était totalement ignoré par ses compères. Seuls Mü et Shaka restaient impassible alors que les quatre autres personnes débattaient. Enfin, 'débattaient' n'était pas vraiment le mot, Angelo, totalement paniqué s'égosillait et Kanon à peut près dans le même état, secouait son frère ainé dans tous les sens. Si ils savaient la journée qu'avait vécu Camus... Il remercia intérieurement l'excellente isolation sonore de son appartement : il ne doutait pas une seconde qu'il aurait déjà été jeté dehors sans elle. Ou les voisins aurait déjà appelé la police en croyant un assassinat. Sûrement les deux en faite.
« Pardonnez-moi si vous pensiez qu'il était de mon devoir de vous le dire.
- Ton pardon n'as pas lui d'être, tu as agis comme il te semblait être juste. Cependant ce n'est pas mon cas. »
Le créateur laissa son regard glisser sur le triste spectacle qui s'offraient à eux. C'était fou la vitesse à laquelle les humains pouvaient se mettre à paniquer. Ces idiots... Ils n'avaient toujours pas compris ? Si il voulait tuer Camus, il n'aurait pas attendu qu'il soit tous là. En le voyant ainsi tenir le médium contre lui, ils s'étaient tout de suite imaginé qu'il s'apprêtait à l'emporter avec lui dans le 'monde des morts' quand il essayait de protéger son humain. C'était par reflexe qu'il s'était accroché au verseau car il était la seule chose qui lui était réellement familière et il avait besoin de sentir l'homme à ses côtés.
« Par ma faute ton anniversaire est gâché, j'en suis désolé.
- Si vous voulez mon avis, mon anniversaire était gâché depuis le début. Et puis ça change des fêtes habituelles.
- MAIS MERDE ! LAISSEZ-LE EN PLACER UNE ! »
Tous tournèrent leur regard vers le scorpion qui visiblement était littéralement au bout du rouleau. Non, ça ne l'enchantait pas vraiment que Camus ai décidé d'adopter le dieu des morts mais encore une fois, ils étaient amis à la vie à la mort. Et si il faisait la somme de toute les conneries qu'il avait fait au cours de ses vingt-et-une année d'existence, le fait d'héberger un créateur n'était pas grand chose.
Puis un à un, ils se tournèrent vers Camus qui se dégagea doucement de l'emprise du créateur. Un peu plus et il paraissait sortir des ténèbres, chassant du revers de la main le pan de la cape de l'entité. Prenant son temps, il regarda chacun de ses amis qui étaient tous suspendus à ses lèvres. Le médium en profita pour savourer le silence qui régnait à cet instant : ça faisait tant de bien lorsque que tout le monde décidait d'enfin se taire. Il se décala d'un pas, montrant l'entité de ses mains et inspira profondément.
« Je vous présente Hadès, Créateur du Monde des Morts, Gardien des âmes et des ténèbres et la personne qui m'a sauvé. Trois fois. Ou quatre. J'ai oublié le chiffre exacte. »
Ce qui étonna le plus ses amis, ce ne fut pas la tranquillité dont il faisait preuve, ni la pointe d'humour qu'il ajouta dans ses mots. Ce fut ce léger sourire, sans aucune trace de cynisme ou de fausseté. Il était sincère, convaincu par l'être pourtant impressionnant pour ne pas dire terrifiant. Personne ne sut quoi dire, un lourd silence s'abattit donc dans la salle et malgré ce que venait de leur dire le verseau, une tension nouvelle s'installa rapidement.
« Quelqu'un veut de la salade ? »
Camus remercia d'un geste de la tête son meilleur ami et ça tentative d'humour pour détendre l'atmosphère. Cependant les autres restèrent perdu, cherchant quoi faire. Ce fut Shaka, au grand étonnement du médium qui s'avança jusqu'à lui.
L'homme au cheveux blond soupira, c'était sûrement la première fois qu'il le voyait faire ça. Puis il chercha quelque chose au fond de la poche de sa veste beige avant de ressortir un petit cadeau. Le papier du même violet profond qu'une améthyste était légèrement froissé et l'un des bouts du nœud du ruban argenté était replié sur lui-même. Il tendit le paquet au verseau et le regarda droit dans les yeux. Son impassibilité était retourné sur ses traies mais il y avait quelque chose d'amical au fond de ses yeux bleus.
« Joyeux anniversaire Camus. »
Hadès sentit son estime pour l'homme blond remonter alors qu'il tendait toujours le cadeau à Camus. Il n'appréciait certes pas l'humain, quoi qu'il lui paraissait désormais sympathique, mais ça ne voulait pas dire que celui-ci n'avait aucune qualité. Son indifférence avait quelque chose d'extrêmement agaçant mais la façon dont il pardonnait les autres autours de lui et essayait de mener sa vie selon les enseignements qui bercèrent son enfance étaient remarquable.
Ignorer tout ce qui venait de se passer et donner son cadeau, c'était sa façon de lui dire qu'il acceptait son choix. Après tout, son enseignement bouddhiste lui avait apprit que la haine mettait pas fin à la haine. Son ami avait son choix, à lui de l'accepter, même si cela pouvait potentiellement mener à la fin du monde. Et puis, cet idiot de Milo l'avait comprit et appliqué bien avant lui ! Il étouffa alors toutes ces émotions négative et il apprendrait à oublier cette affection bien trop accablante qu'il avait pour le médium.
Soudain Camus sourit sincèrement à son ami et, oubliant le cadeau dans les mains de l'indien, l'entraina dans ses bras avant de le remercier. Il lui était tant reconnaissant de continuer à l'accepter, malgré la façon dont il avait traité son ami ses derniers temps.
Le peu d'estime qu'avait Hadès pour Shaka baissa en flèche. Non, il retirait ce qu'il avait dit précédemment. Il haïssait cet humain, cet humain mourrait d'ailleurs dans d'atroce souffrance. Il fallait juste qu'il trouve un moyen pour que Camus ne l'apprenne pas. Shaka, lui ne sut pas quoi faire et tapota d'une main incertaine le dos de son ami. Lui aussi retirait ce qu'il venait de penser : il n'allait pas pouvoir oublier ça, pas avant quel temps en tout cas.
Hadès laissa ses mains reposer sur le métal froid de la rambarde, comme l'avait fait Camus la nuit précédente. Le vent faisait voler ses longs cheveux et foutait son visage mais au moins il n'était pas accablé par une pluie torrentielle, bien qu'il entendait au loin l'orage gronder. Son regard se posa un instant sur la rue obscure en contre bas illuminée par de pauvre lampadaire. Le goudron, sous l'éclairage orangé, était bien plus sombre et déprimant.
La soirée qui avait si mal commencé avait pourtant bien finit, outre le contacte prolongé du médium avec le blondinet qu'il ne pouvait s'empêcher d'haïr. Le créateur se retourna, appuya son dos sur la rambarde et observa l'humain à travers le verre de la baie vitrée. Il était endormi comme toujours sur son canapé, son plaid remonter jusqu'à son nez. Hadès pencha légèrement sa tête sur le côté : d'ici, l'humain paraissait ne plus respirer, il était trop loin pour pouvoir voir son torse se soulever à chaque inspiration.
« Montrez-vous, je sais que vous êtes là. » déclara-t-il sans pourtant décrocher son regard du médium.
Trois silhouettes apparurent sur le balcon, agenouillé devant lui. Leur cape tombait sur leur visage et masquait leur corps, mais leur cosmos les rendait si simple à identifier. Il put sentir la moindre de leur émotion dans ce voile épais d'énergie, il pouvait lire en eux comme un livre ouvert et s'était presque trop simple.
« Relevez-vous. »
Les trois êtres s'exécutèrent dans un silence religieux. Ils se tenaient parfaitement droit, leurs bras impeccablement plaqués le long de leur corps tels de parfait petits soldats. Ils suivaient chacun de ses ordres avec la plus grande rigueur à tel point que ça en devenait amusant. Malgré leur posture, chacun des
trois esprits gardèrent leur yeux baissés, une autre preuve de respect.
« Rhadamanthe.
- Mon seigneur ?
- Plonge ton visage dans l'eau de mer. C'est le seul moyen de te débarrasser de l'alkana.
- Bien mon seigneur. »
Un rictus étrange prit place sur ses lèvres : les prochains mois allaient devenir tellement intéressants...
Et voilà ! Et n'oubliez pas : pour une bonne soirée entre amie, n'oubliez pas de ramener un esprit qui peut potentiellement vous tuer ! Un démon c'est toujours le signe d'une soirée réussite.
Sinon les choses commences à avancer, doucement mais ça commence. Avec en guests stars les juges infernaux (petit coucou à Rhadamanthe qui s'en prend plein la figure dès le début, le pauvre).
Encore une fois, pardon pour les fautes, je fais de mon mieux mais étant clairement une bille en orthographe et grammaire...
Merci à tous ceux qui suivent cette histoire, vous avez du courage ! Blague à part, merci d'avoir lu ce chapitre et à dans (peut être mais espérez pas trop) trois semaines ! =)
Saany : Merci pour ton commentaire. Je crois qu'à la place de Camus, j'aurai rien compris à cet histoire d'autre monde et de maison mais je trouvais ça plutôt drôle (oui je trouve à peu près tout drôle en faite). Bizarrement, je suis pas la seule qui trouverai ça marrant un petit Milo dans un chêne !
Earwen de Sirfalas : Merci ! Pour ce qui est de postulé, je te souhaite bonne chance, pas qu'il y ait une longue liste d'attente mais posséder son propre dieu des Enfers mais il paraît que dans la vie de tous les jours ça peut être un peu problématique comme nous l'a montré Camus. Bon Shaka a plutôt 'bien' prit la nouvelle mais une fois le choc passé et une bonne nuit de repos, je parie qu'il criera intérieurement. Ayons une pensée pour lui !
Hemere : Merci, c'est en grande partie à cause du parcours amoureux (pas franchement glorieux disons le) d'Hadès que je trouvais l'idée de romans à l'eau de rose amusante. Deathmask est le genre de personne à posséder des artefacts très puissants dont personne dont personne ne voudrait s'approcher alors quoi de plus parfait qu'un Livre des Morts pour lui ? C'est vrai que 7 nuits au soleil c'est pas l'idéal... C'est sûrement pour qu'il a eu tant de mal à recharger l'obsidienne notre Camus ! Encore une fois, merci pour ton commentaire.
Milkagirl26 : Merci pour ton commentaire ! =) J'aime bien l'idée de Milo et Saga ensemble, je sais pas pourquoi mais ça me plait. Qui sait, peut être qu'Hadès lit vraiment des Harlequins, ça expliquerait pourquoi il planque ses bouquins loin de Camus, moi aussi j'aurai honte... Je crois que Milo dans un arbre à vraiment fait l'unanimité ! Y'a que lui pour faire ça !
