Comme je n'aurai pas le temps d'écrire à nouveau avant les vacances de Pâques, je me suis dis qu'il valait mieux vous donner tout de suite ce que j'avais écrit. Donc le prochain chapitre, dernier de la sixième partie, arrivera rapidement, dès que j'aurai terminé de le corriger.


Chapitre 97 Le soir où tout bascule

C'était la douche froide. Glacée même. Elle l'avait vu venir, cependant, non ?

Ça n'empêchait pas qu'elle avait voulu jouer l'autruche, et maintenant, ça faisait mal. Stupide cœur !

Elle n'arrivait même pas à leur en vouloir. Comment aurait-elle pu reprocher à Harry d'aimer quelqu'un comme Ginny : elle était jolie, vive, avait de l'humour et soit dit en passant, n'avait jamais tenté de le tuer. Et elle ne pouvait pas davantage en vouloir à Ginny d'avoir pris la place qu'elle convoitait. Ginny était quelqu'un de bien. Elle méritait Harry. Pas comme elle...

Aussi regardait-elle tristement résigné le couple et restait-elle discrètement à l'écart, faisant mine d'ignorer les coups d'oeil en coin d'Hermione lorsqu'ils étaient réunis tous les cinq dans la salle commune. Quand son humeur était mauvaise, Kécile s'efforçait de se contrôler, refusant de retomber dans un cercle vicieux comme l'année précédente, et pensait à son grand-père. Quelle que pouvait être son amertume, elle se disait alors qu'elle avait quand même de la chance et qu'elle ne devait pas en demander trop à la vie surtout tant que son père était de ce monde.

Les examens approchaient et Kécile commençait tout juste à pouvoir envisager de pratiquer à nouveau la magie. Cela signifiait que la plus grande part du mal qui rongeait Albus était guéri mais ils savaient également que le rituel ne serait totalement terminé que lorsque Kécile aurait retrouvé pleinement l'usage de ses pouvoirs.

Si elle n'avait certainement pas tout son potentiel au moment des premières épreuves, elle put néanmoins lancer proprement les sorts qu'on lui demanda, et Severus la rassura quand au fait qu'il fallait juste laisser du temps au rituel pour être totalement terminé. Personne ne pouvait dire combien il faudrait encore pour que le maléfice dont avait été victime Dumbledore soit entièrement éradiqué. En attendant, il continuait à pomper de l'énergie à Kécile, et elle pouvait faire tous les efforts du monde que sa magie ne répondrait pas davantage.

Un soir, alors que les gryffondors étaient en train de se détendre et de profiter de la fin des examens, un des membres de l'équipe de Quidditch vint trouver Harry et lui confier un message de Dumbledore. Fait remarquable, il était convoqué seul dans le bureau du directeur, ce qui laissa Kécile plus vexée qu'elle n'aurait bien voulu le reconnaître...

Une grosse demi-heure plus tard, Harry rentrait comme une furie et se précipitait dans son dortoir avant de revenir, essoufflé et le regard dur.

Il leur raconta que Dumbledore s'apprêtait à l'emmener à la recherche d'un horcruxe, et Kécile bondit en entendant que le vieil homme avait eu très visiblement l'intention de l'exclure de l'excursion.

- Tu as déjà participé à la destruction d' un horcruxe, c'est mon tour maintenant, rétorqua Harry. Et on va avoir besoin de toi ici.

- Tu as intérêt à me le ramener en meilleur état qu'il n'est rentré après la dernière expédition de ce genre ! S'il pouvait éviter de manquer mourir tous les six mois, ça arrangerait mon pauvre cœur.

Mais derrière son ton narquois Kécile sentait la peur monter et avait le cœur dans la gorge.

- Aller avec Dumbledore m'inquiète beaucoup moins que ce qu'il va se passer ici, grogna Harry d'un ton furieux. Dumbledore ne sera pas là cette nuit, donc Malfoy aura le champ libre pour agir.

Hermione tenta de l'interrompre, mais il coupa avec colère :

- Non, écoutez-moi ! Je l'ai entendu, il poussait des cris de joies dans la Salle sur Demande. Quoi qu'il y prépare, c'est prêt. Vous devez le surveiller.

- Je vais aller en parler à Severus, dit Kécile.

- Tu laisses Rogue en dehors de tout ça, lança Harry d'un ton hargneux. La prochaine fois que je le verrai...

- Je peux savoir ce qui te prends ? S'exclama sèchement Kécile.

- Ce qui me prend ? Cria Harry. C'est lui qui a dénoncé mes parents à Voldemort ! C'est lui qui a rapporté la prophétie ! Voilà ce qui me prend !

Il y eut un grand silence et toutes les têtes de la salle commune se tournèrent vers lui.

Puis voyant que l'esclandre s'arrêtait là, les conversations reprirent, non sans des coups d'oeil fréquents d'élèves intrigués qui auraient bien voulu savoir de qui Harry parlait.

- Comment as-tu appris cela ? Murmura Kécile.

- Trelawnay...

- Celle-à, nuisible jusqu'au bout...

- Quand je pense au comportement de ce bâtard pendant toutes ces années, murmura furieusement le gryffondor, alors que c'est à cause de lui que je n'ai plus de parents.

- Harry, c'est à cause de Voldemort. Je te rappelle tout de même que Severus a changé de camp et qu'être espion n'est pas une sinécure.

- Je ne veux plus le croiser, où je ne serai pas capable de me maîtriser, c'est tout ce que je demande.

- Il n'empêche qu'il va quand même bien falloir demander son aide, que cela te plaise ou non, répondit fermement Kécile.

Harry lui jeta un regard noir, fourra une paire de chaussette dans les mains de Ron avant de sortir en trombe pour rejoindre Dumbledore.

Les trois gryffondors se regardèrent, puis Kécile se dressa d'un bond et lança à la cantonade:

- Il faut regrouper les membres de l'AD. Tout le monde devant la salle sur demande pour une réunion d'urgence.

Plusieurs têtes se levèrent, interloquées, voir vaguement inquiètes comme chez Neville ou Katia.

Mais une demi-heure plus tard, les élèves presque rassemblés au grand complet se trouvèrent bien dans l'embarras de pénétrer dans la salle.

- C'est que Harry avait raison, conclut Hermione. Il y a déjà quelqu'un à l'intérieur.

- Et c'est probablement Malfoy... grogna Ron.

- Qu'est-ce qu'on fait ?

- On ne sait pas comment cela va tourner. On ne peut pas laisser les plus jeunes ici s'il va y avoir une bagarre avec d'autres Serpentard, dit Hermione d'une voix préoccupée.

- On ne sait pas de combien de personnes on va avoir besoin, fit remarquer Kécile.

- Dans tous les cas, on est presqu'une quarantaine en ne comptant que les dernières années. C'est largement suffisant.

- En même temps, Hermione, si tu dis aux autres de simplement rentrer dans leurs dortoirs, ça m'étonnerait qu'ils t'écoutent, souleva Ron.

- Je sais ce qu'il faut faire, déclara Kécile d'un ton décidé.

Elle se tourna vers les quelques soixante-dix élèves qui étaient amassés dans le couloir, et demanda aux élèves de première à quatrième années de se regrouper d'un côté, puis fit signe aux autres de s'éloigner de l'autre côté dans le couloir, afin qu'ils puissent recevoir leurs consignes sans que Malfoy ou toute autre personne enfermée dans la salle sur Demande ne les entendent.

- On va avoir besoin de vous pour protéger les autres élèves, dit-elle alors au groupe des plus jeunes. Les professeurs ne sont peut-être pas au courant, mais il sera sans doute dangereux de se promener dans les couloirs ce soir. Les premières et deuxièmes années, vous allez vous rendre dans vos salles communes. Vos préfets vous demandent de vous assurer que personne n'en sort, ainsi que de garder l'entrée. Les troisième et quatrième, vous vous rendez dans les endroits comme la bibliothèque, le parc, les serres, les toilettes... et vous vous assurez que tout le monde prend le chemin de sa salle commune. Puis vous aiderez les autres à surveiller votre salle commune.

Quelques élèves, surtout des gryffondors, ne furent pas dupes et prirent des mines de carême quand ils comprirent qu'ils ne participeraient probablement pas à l'action, mais pour la plupart, Kécile avait réussi à tourner l'affaire de telle sorte qu'ils aient l'impression d'avoir un rôle à jouer.

Elle n'était pas convaincue qu'il était d'une grande utilité de confiner les élèves dans leur salle commune, ni qu'ils parviendraient à se faire écouter de leurs camarades, surtout pour les plus jeunes, mais ça les occuperaient et les tiendraient éloignés du danger, si danger il y avait.

Pendant ce temps, Ron et Hermione avaient expliqué aux plus âgés de quoi il retournait.

- On ne sait pas trop au final ce qu'il va se passer, concluait Ron. Mais dans tous les cas, il vaut mieux qu'on soit sur nos gardes. Alors je propose qu'on surveille les lieux stratégiques, à savoir ici même, puisqu'il semble que Malfoy y soit, la salle commune des Serpentards, et enfin les abords de la forêt interdite qu'on peut surveiller depuis le septième étage. La moitié ici, et l'autre moitié divisée en deux. Je vais avec le groupe qui va surveiller la salle commune des Serpentard, vu que je suis le seul à y être déjà allé.

- Je prends le groupe qui reste ici, si ça ne vous dérange pas, intervint Kécile. Je préfère gérer Malfoy. Hermione, tu surveilles la forêt ?

- Oui, mais il faut que nous puissions nous avertir et nous rejoindre s'il se passe quelque chose. Donnez vos gallions, leur ordonna-t-elle en sortant sa baguette. Kécile si tu le tapes de ta baguette, il apparaîtra un 1 au dernier chiffre du numéro de série. Ron un 2, et ce sera un 3 si c'est moi qui ai besoin de renfort.

Chacun approuva d'un hochement de tête et empochèrent leur gallion avant d'emmener son groupe prendre ses positions.

Puis commença l'attente. Pendant plus d'une heure, il ne se passa strictement rien. Certains élèves commençaient à s'impatienter et montraient différents signes d'ennui.

Et puis brutalement, la porte de la salle sur demande s'ouvrit en grand et et Kécile resta interdite, figée d'horreur.

Bellatrix lui faisait face, suivie d'Amycus, de Rookwood, Greyback, Gibbon... une flopée de Mangemort avaient pénétré dans Poudlard et elle s'attendait à beaucoup de choses, mais pas à ça.

Bellatrix la vit, puis aperçut les autres élèves immobiles dans le couloir et poussa un ricanement démentiel et une première pensée l'envahit : « Je ne peux pas laisser les autres l'affronter ». Puis une deuxième évidence la frappa, c'est qu'elle n'allait jamais avoir le temps de métamorphoser son gallion, et qu'à vingt contre une quinzaine de mangemorts, ils n'avaient aucune chance.

- Regardez le comité d'accueil, grinça Lestrange, un sourire mauvais s'étalant sur son visage blafard.

- Allez chercher Ron et Hermione lança Kécile à la cantonade aux autres élèves.

Elle n'avait pas d'autre solution. Il fallait absolument du renfort.

- Mais oui, ma chérie, je suis sure que tes deux amis vont faire la différence, un Weasley et une Sang-de-Bourbe !

Kécile n'eut rien le temps de répondre avant que les sorts ne commencent à fuser. Merlin merci, Bellatrix avait visiblement l'intention de se charger d'elle ce qui épargnerait ses camarades, mais elle réalisait avec horreur qu'elle n'avait déjà guère de chance de vaincre cette folle en temps normal, alors en l'état actuel de ses pouvoirs, elle était foutue.

Elle n'avait pas d'endroit où se réfugier, lorsque Bellatrix lui envoya un premier sort, puis un second qu'elle évita tant bien que mal. De toute évidence, Lestrange était ravie des retrouvailles et ne s'intéressait pas aux autres élèves qui avaient mis en application leurs leçons et avaient formé deux rangs, le premier chargé d'attaquer, le deuxième de protéger. Les mangemorts ne s'attendaient pas à une telle organisation et furent quelques instants déstabilisés, juste ce qu'il fallut aux jeunes pour prendre confiance en eux avant que les sorts ne commencent à fuser de partout. Kécile ne quittait pas des yeux Bellatrix, priant intérieurement pour qu'aucun mangemort ne tourne également son attention vers elle et ne l'attaque dans le dos. Car elle n'avait personne pour la couvrir.

- Et bien ma jolie, on ne lance pas de magie noire ? Ricana Bellatrix qui avait certainement été habitué à mieux de sa part. Tu ne voudrais pas décevoir Bubus, hein ?

Elle éclata d'un rire malsain et grinçant, et Kécile serra les dents tout en ripostant d'un « bombarda » dans le but de faire s'écrouler une statue sur Lestrange, qui arracha à peine un bras.

- C'est tout ? Se moqua Bellatrix. Ce n'est même pas drôle ma mignonne. Allons, un petit effort !

Kécile ne comprenait pas. Sa magie ne répondait même pas comme ces derniers temps. La peur commença à l'envahir, prenant le dessus de l'adrénaline. Ses entrailles se tordirent et au même moment une brutale faiblesse lui coupa les jambes l'empêchant d'éviter le sort suivant et un « endoloris » l'atteignit de plein fouet.

Elle se tordit de douleur, inconsciente de hurler, inconsciente de ses camarades qui ne purent se retenir de tourner un regard horrifié vers elle, se faisant à leur tour atteindre par des maléfices plus ou moins vicieux. Déstabilisé, le groupe perdit du terrain, et galvanisé par les hurlement de souffrance, les mangemorts eurent un regain d'énergie.

Mais au moment où les choses commençaient vraiment à mal tourner, une cavalcade se fit entendre et une vingtaine d'élève arrivèrent et avec eux plusieurs professeurs.

Severus était parmi ceux-là et embrassa la scène du regard. Ses yeux se réduirent à deux fentes quand il vit Bellatrix et Kécile.

Il lança un « sectumsempra » que Lestrange évita de justesse, libérant Kécile de son emprise, et la laissant pantelante sur le sol glacé.

- Severus ! Je ne suis pas étonné de te voir là... ricana la mangemort. En somme ton rôle n'a pas changé. Tu n'es toujours rien d'autre qu'un baby-sitter au service de ton maître.

- Qu'est-ce que vous espérer en venant ici, Bella ? Vous ne croyez tout de même pas pouvoir vous emparer de Poudlard ?

- Oh que si ! Car ce soir, ton cher Dumbledore est mort.

- Dumbledore n'est pas là, vous avez mal choisi votre jour, ironisa Severus.

- Le vieux fou ne se vante-t-il pas d'avoir toujours un œil sur Poudlard ? N'essaie pas de me faire croire que personne de ton stupide ordre ne l'a pas déjà prévenu à l'heure qu'il est. Et lorsqu'il reviendra, que verra ce pauvre vieil homme ? La glorieuse marque des Ténèbres surmontant la plus haute tour du château. Et où crois-tu qu'il se rendra alors ? Tout intelligent qu'il se dise, il foncera droit sur le comité d'accueil qui l'attend pour le cueillir.

« La tour d'astronomie... Albus... Harry » pensa Kécile, l'esprit tournant à mille à l'heure alors que son corps peinait à reprendre le dessus.

Des membres de l'ordre du phénix se joignaient à la mêlée, et les mangemorts commençaient à être en sérieuse difficulté. Ce ne serait pas grâce au combat qui se menait ici que Voldemort gagnerait Poudlard. Mais il fallait prévenir Dumbledore du piège. Il fallait ramener Drago à la raison.

Elle se remit sur ses jambes, l'urgence lui donnant la force de surmonter le contre coup du Doloris. Mais lorsque sur son chemin vers la tour d'astronomie, elle tenta d'éliminer quelques mangemorts ou de détourner quelques maléfices, elle ne put que constater la faiblesse de ses sorts. Et il n'y avait qu'une explication : le rituel s'était réactivé, pompant dans son énergie pour lutter contre un mal qui avait atteint Albus. Si elle était dans cet état, c'était que son grand-père se trouvait mal.

Ce n'était que Drago, il y avait Harry, elle tentait de se rassurer.

Mais ce fut néanmoins les jambes tremblantes qu'elle grimpa les marches menant au somment de la tour d'astronomie.

Lorsqu'elle déboucha sur la plateforme, Drago lui tournait le dos. Adossé au parapet, Dumbledore semblait être en mauvaise forme si Kécile en jugeait par son teint pâle et la manière dont il se soutenait au muret.. Harry n'était nul par en vue.

Aux propos du Serpentard, Kécile comprit que Draco avait pour mission de tuer Dumbledore.

- Tu ne peux pas faire ça ! Clama-t-elle avec quelque chose de désespéré.

Le jeune homme sursauta et se retourna brusquement.

- Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire ou pas, répondit-il sèchement

- Drago, insista Kécile qui restait immobile comme face à un animal sauvage. Crois moi quand je te dis que tu ne veux pas commettre un crime. Je t'en prie.

- Je n'ai pas le choix, souffla-t-il.

- C'est ce que Voldemort veut te faire croire. Mais il y a une alternative !

- La mort n'est pas une autre alternative, et tu ne peux pas me dire le contraire quand tu as fait le même choix que moi ! Cracha Drago.

- Tu peux fuir. Je n'avais pas cette possibilité à l'époque.

- Et abandonner ma mère à son sort ? Je ne suis pas si lâche que tu le penses ! Cracha-t-il.

- Nous pouvons la protéger, Draco, intervint Dumbledore d'une voix calme. Nous pouvons vous protéger tous les deux.

- Je t'en prie Draco, ne fais pas le même choix que ton père ! Vois où cela l'a mené ! Crois-tu vraiment que le sort de ta famille va s'améliorer si Voldemort gagne ?

Kécile s'approcha lentement. Le serpentard baissa sa baguette, le visage défait.

- Je ne sais plus. Ils sont là de toute manière, c'est trop tard pour reculer...

- On va s'en sortir, Draco. Je te le promets, dit Kécile en lui prenant la main.

Il regarda sa main prisonnière un instant ne sachant trop comment interpréter ce geste tandis que Kécile se tournait vers son grand-père.

- Remontez à balai et quittez Pouldard pour vous soigner, Albus. C'est trop dangereux. Les mangemorts vous veulent mort.

- Ne compte pas sur moi pour abandonner l'école entre leurs mains, répondit le vieil homme d'une voix étonnamment ferme malgré sa faiblesse.

- Nous pouvons nous passer de vous Albus, je vous assure. Le rituel s'est réactivé. Prenez soin de vous, c'est ainsi que vous nous protégerez tous le mieux. Tant que vous êtes vivant, Voldemort ne pourra jamais s'emparer de Poudlard.

Mais un bruit de course résonna dans les escaliers, mêlés à des cris de surprise et de douleurs.

Draco se recula vivement tandis que Kécile levait sa baguette.

Certains mangemorts surgirent sur la plate-forme de la tour et portèrent des regards avides et ravis sur eux.

- Dumbledore désarmé... lança Bellatrix. Tu es fait comme un rat, mon vieux.

- Qu'est-ce qu'elle fait là celle-là ? Demanda Gibbon.

- Laissez-là. Je me charge d'elle, répondit Draco d'un ton sec, beaucoup plus confiant qu'il ne se sentait.

- « Expelliarmus !» lança le petit mangemort

- « Protego ! » répliqua aussitôt Drago. J'ai dit laissez-là !

- Mais...

- Kécile n'est pas dans notre mission ce soir, coupa Alecto, alors cessez vos enfantillages. Draco, dépêche toi de faire ce que tu as à faire.

Le visage du jeune Serpentard laissa alors transparaître son doute quand il reporta son regard vers Dumbledore.

- Tu vas voir qu'il ne va pas le faire, grogna Amycus.

- Dépêche toi Draco, ordonna Bellatrix. Tue-le.

- J'ai toujours dit que les Malfoy étaient des petites natures, ricana Alecto.

- On ne va pas y passer la nuit.

On entendit des pas précipités dans la tour. Quelqu'un montait les escaliers.

- Maintenant Draco !

- Draco... supplia au même moment Kécile. Non.

Bellatrix excédée leva sa baguette au moment exact où Severus débouchait à son tour sur la plate-forme.

Kécile hurla quand l'Avada franchit les lèvres de Bellatrix et tenta vainement de se précipiter vers son grand-père, mais Draco se jeta sur elle pour l'en empêcher.

Mais au même moment, Severus lança un autre sort qui se croisa avec l'avada, et à la surprise de tout le monde, Harry surgit brusquement de nul part, hurlant un protego en direction de Dumbledore . Les trois sorts se croisèrent à quelques centimètres du vieux homme dans une déflagration si puissante que tout les sorciers furent soufflés comme des fétus de paille et se retrouvèrent étendus au sol sans avoir eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait. Lorsqu'ils relevèrent les yeux, Dumbledore avait été projeté par-dessus le parapet et avait disparu.

Kécile hurla le nom de son grand-père alors que Severus et Harry faisaient front contre les mangemorts. Severus abattit froidement Gibbon. Harry fou furieux se démenait comme un beau diable. Les mangemorts battirent en retraite leur mission accomplie et dévalèrent l'escalier.

Lorsqu'il n'y eut plus sur la plate-forme que Kécile, Severus, Harry et Draco, ils se regardèrent un instant en silence désemparés et ce dernier lâcha sa camarade qui se précipita vers le parapet.

Près de 150 m en contre-bas, gisait une forme blanche.

- Pourquoi m'as-tu retenu ? Hurla Kécile folle de douleur.

- Tout ce que tu aurais fait c'était prendre le sort à sa place protesta Drago.

- En quoi ça te regarde, hein ? Rugit-elle, hors d' 'est-ce que ça peut bien te faire que je meurs ?

Drago ne répondit pas.

- L'avada ne l'a peut-être pas touché... murmura Harry qui ne pouvait détacher son regard du corps tombé en contre-bas, guettant le moindre mouvement.

- Ne soyez pas aussi stupide, Potter. Si ce n'est pas l'Avada, la chute y aura suffi à elle toute seule, dit Seveurs d'un ton glacial. Il était désarmé.

A ces mots, Draco ouvrit sa main gauche qui tenait encore la baguette du directeur.

Kécile la lui arracha avec rage avant de dévaler à son tour les escaliers, trébuchant régulièrement, la vue brouillée par les larmes. Elle fut aussitôt suivie par Harry qui jeta un regard haineux au serpentard au passage, préférant ne pas mettre de mots sur ce qu'il ressentait au risque de se laisser dépasser une nouvelle fois.

Severus resta seul avec le serpentard qui lutta pour ne pas baisser les yeux face au regard insondable de son professeur.

- Vous avez fait votre choix, alors ?

- Oui.

- Vous êtes prêt à en assumer les conséquences ?

- Tant que ma mère est mise à l'abri et qu'on ne me demande pas de tuer... je suppose que oui.

- Ne vous attendez pas à être accueilli à bras ouverts, surtout après ce qui vient de se passer.

- Ce n'était pas ma faute. Je n'ai pas tué Dumbledore.

Un flamboiement illumina le ciel et Fumsec apparut, volant au dessus de la tour avec un chant déchirant, avant de fondre au sol et de disparaître, sans doute à jamais.

- Vous n'avez pas tué Dumbledore. Mais ce qui s'est passé ce soir est votre faute, dit Rogue implacable. Si vous aviez acceptez l'aide que je vous ai proposé tout au long de l'année, rien de tout cela ne serait arrivé. Maintenant c'est trop tard pour se lamenter. Venez.

Et Severus descendit à son tour, avec dans son sillon Draco, qui ne savait pas trop vers quoi il allait.

Dans les couloirs, la bataille était finie. Les élèves s'organisaient pour mener les blessés à l'infirmerie, les professeurs s'occupaient des corps sans vie, et les membres de l'ordre du phénix étaient partis à la poursuite des mangemorts.

Personne ne semblait conscient du drame qui avait eu lieu. Ils sauraient assez tôt, songea amèrement Severus. Il devait retrouver Kécile et Potter avant que l'un comme l'autre ne se lance dans une mission punitive suicidaire. Il dévala les escaliers, traversa les couloirs, Drago sur les talons, jusqu'à atteindre les Grandes Portes menant au parc. Au loin, en direction des grilles, les lumières des sorts qui fusaient brillaient comme un funeste feu d'artifice. Severus contourna le château jusqu'à voir le pied de la tour d'astronomie.

Les deux adolescents étaient là, agenouillés devant le corps de Dumbledore.

Severus ne put s'empêcher de vérifier l'inéluctable, car quelque par, le fol espoir d'un miracle perdurait. Mais Dumbledore était bien mort.

Dans son propre chagrin, luttant pour contrôler son propre désespoir, il ne dit pas un mot à Kécile qui sanglotait à fendre l'âme. Elle avait ramassé une plume abandonnée là par Fumsec comme un adieux et la serrait convulsivement dans son poing. Potter aussi pleurait silencieusement fixant l'air perdu le visage éteint du directeur.

Ce soir ils avaient tous les trois perdu un mentor, et ils allaient devoir affronter seuls la guerre à venir.


Alors, surpris?