ça va faire presque un an que je n'ai pas posté, j'ai vraiment honte. J'ai retrouvé le temps d'écrire ces dernières semaines et me revoici, comme quoi tout arrive, avec la septième partie de ce roman fleuve...

j'ai 6 autres chapitres devant moi, j'ai pensé à vous et ne me suis pas précipitée pour poster. Vous allez donc avoir quelque chose à vous mettre sous la dent au moins pendant quelques temps!

Au dernier chapitre, Dumbledore était mort, Severus et Kécile avaient dû fuir Poudlard pour échapper au ministère et s'étaient réfugiés au quartier de l'ordre déserté, malgré le risque de voir surgir des mangemorts maintenant que le gardien du secret était mort.

Excellente lecture


Chapitre 99 : Reprise en main

Que leur resterait-il après la guerre ? Avait demandé Kécile.

Severus fixait la mine sombre le feu qui brûlait dans la cheminée de son laboratoire, tenant à distance l'humidité persistante des sous-sols.

Il n'avait jamais envisagé de survivre à la guerre. Pour être parfaitement honnête, il avait vaguement espéré mourir durant la bataille finale, quelle qu'elle soit, si possible tandis que son camp gagnait... Rien n'était plus facile que de se faire tuer dans le feu de l'action. Et au diable ceux qui appelleraient ça un suicide. Il aurait alors pu mourir tranquille, la conscience en paix, ayant fait tout ce qui était en son pouvoir pour réparer les fautes qu'il avait commises durant sa jeunesse.

Jusqu'à présent, il n'avait tout simplement pas envie de survivre à la guerre. Il était fatigué de se battre. Il n'avait aucun espoir en son avenir. S'il se battait, c'était pour Lily, la seule amie qu'il avait jamais eu, la femme qu'il avait aimé sans qu'elle le sache jamais. La personne qu'il avait trahi de la plus horrible des manières, ce crime... celui qu'il ne pourrait jamais se pardonner.

S'il se battait, c'était aussi pour Ludivine. Elle n'avait jamais été vraiment une amie, il ne lui en avait pas laissé le temps. Mais elle lui avait fait croire en la possibilité de se racheter. Elle lui avait donné le courage de changer de camp. Et puis elle lui avait confié son bébé. Elle avait fait de lui en quelque sorte le parrain de Kécile.

Cela le frappa comme une évidence, le laissant presque surpris de ne pas avoir réalisé plus tôt. Oui, voilà. Jusqu'à présent il ne savait pas trop ce qu'il était pour la gamine. Sans doute parce qu'il ne le voulait pas. Il était plus qu'un professeur, mais il n'était pas non plus un père. Mais c'était ça. Si devant la justice, il n'avait aucune légitimité, au regard de Ludivine, au regard de la magie qui le liait à sa promesse, il était le parrain de Kécile. Et si auparavant il aurait grimacé à cette idée, maintenant cela ne le dérangeait plus.

Il ne pouvait pas lui promettre de l'abandonner. En ces temps de guerre, une telle promesse était impossible. Mais s'il survivait, après ? Avait-il seulement envie de survivre ?

Non, clairement, non.

Devait-il alors, une fois de plus, sacrifier son propre désir ?

Une alarme stridente le fit bondir comme un ressort de son fauteuil, le tirant violemment de sa réflexion. Des mangemorts cherchaient à forcer l'entrée.

- Kécile ! Hurla-t-il en surgissant hors de lui cuisine.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle avec angoisse depuis les escaliers.

- Descends vite, il faut partir.

Mais au lieu de lui obéir, elle fit demi-tour et il entendit la porte de sa chambre claquer contre le mur avec force.

- Qu'est-ce que tu fais ? Les sorts ne vont pas tenir longtemps, nous allons nous faire piéger comme des rats.

Il monta quatre à quatre les marches avec l'intention de la tirer par les oreilles et de lui dire ce qu'il pensait de sa façon d'agir dès qu'ils seraient à l'abri.

Mais avant qu'il n'ait atteint sa chambre, elle en sortait en courant, un sac à la main. Elle avait simplement préparé ses affaires en cas de fuite.

Ils dévalèrent l'escalier dans l'autre sens, et foncèrent dans la cuisine où Severus attrapa un sac qui attendait là l'urgence tandis que Kécile jetait la poudre dans la cheminée.

- Je te rejoins au Terrier.

Elle acquiesça et disparut dans les flammes vertes au moment où de l'autre côté de la maison la porte cédait. Severus verrouilla la porte pour gagner quelques secondes et entra à son tour dans la cheminée.

Aussitôt qu'il cessa de tourner, avant même d'être sorti de l'âtre, il lança à Arthur qui se trouvait là, baguette levée:

- Vite, il faut désactiver la connexion, le Square Grimmaurd est perdu.

Kécile vit arriver Hermione, Ron et Harry.

Son amie la serra dans ses bras.

- Je suis soulagée... On n' a pas eu le temps de vous prévenir.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Le ministère est tombé. Voldemort a pris le contrôle.

Kécile et Severus eurent une mine sinistre.

- Ce n'était qu'une question de temps. Tonks et Kinglsey sont restés là-bas pour avoir le maximum d'information. Mais nous n'allons pas pouvoir rester ici. Ce n'est qu'une question de minutes avant que nous ne soyons attaqués à notre tour.

- Poudlard ? Demanda Severus.

- Nous nous y rendons tous. L'Ordre se retrouve là-bas pour une réunion d'urgence.

Molly, Bill et Ginny arrivèrent avec chacun un sac donc le bruit laissait supposer qu'il contenait sans doute au moins la moitié de leur maison. Fred et George revinrent avec deux tentes à la main.

- Tout le monde est là ? Demanda Arthur Weasley

Toute la famille répondit d'un hochement de tête, et pour une fois, même les jumeaux avaient l'air grave.

Le patriarche fit alors tomber la protection anti-transplanage du Terrier, et d'un même mouvement, ils transplanèrent tous, abandonnant la maison à l'arrivée imminente des mangemorts.

Lorsqu'ils apparurent devant les grilles de Poudlard, Kécile put voir sur les visages, que même s'il ne s'agissait que de murs et de meubles, c'était douloureux pour les Weasley de devoir partir ainsi, et d'abandonner leur foyer.

Mais au moins ils étaient tous vivants, ensemble. Une maison ne constituait finalement qu'une enveloppe. Le vrai foyer restait avec eux.

Le professeur MacGonagall les attendaient derrière les grilles pour leur ouvrir et ils traversèrent sans un mot le parc désert.

Kécile se refusa à tourner son regard vers le parc où elle savait que se dressait dorénavant la tombe blanche.

Dans la Grande Salle, s'étaient réunis à peu près tous les membres de l'Ordre, c'est à dire plus que ce que Kécile pensait. Il y a avait clairement des membres qu'elle ne connaissait pas.

Minerva monta sur l'estrade et prit la parole.

- Vous le savez tous maintenant, le ministère est tombé. Pius Ticknesse, un pion de Voldemort, a été nommé Ministre. Les sorts qui protégeaient vos maisons en accord avec les lois de notre gouvernement vont tomber les uns après les autres. Nous ne sommes plus à l'abri dans nos lieux de résidence respectifs. Chacun d'entre vous doit partir et se cacher. Certains davantage que d'autres. Voici une liste provisoire, fournie par Kingsley d'une liste noire que le nouveau Ministère va divulguer. Harry y est en tête, pour le meurtre d'Albus Dumbledore

- QUOI ? Hurla le concerné. Mais c'est cette bâtarde de Lestrange qui...

Nous le savons Mr. Potter. Mais le sens du mot justice va prendre un tournant radical.

- Vous ne croyez pas si bien dire, Minerva, intervint un petit homme que Kécile reconnut comme Dedalus Diggle. Il se pourrait bien que les nés-moldus aient intérêt à quitter le pays. On parle de contrôle du sang... Je n'ai pas de détail, mais ça sent mauvais.

- Et les aurors ? Demanda quelqu'un dans l'assistance.

- Pour le moment le groupe n'a pas été dissout. Mais Alastor a déserté son poste sous peine d'être arrêté. Tonks attend également le dernier moment pour partir mais ne pourra pas rester à cause de sa tante Bellatrix Lestrange. Kingsley n'est pas connu comme membre de l'ordre et devrait pouvoir rester une source d'information.

La porte s'ouvrit, et quelques autres personnes entrèrent à leur tour, parmi eux Tonks.

- Les aurors arrivent avec des mangemorts, Minerva. On veut vous forcer à quitter les lieux.

- Mais que va-t-il advenir de Poudlard ? Demanda Molly.

- Une nouvelle directrice a été nommée, dit aigrement la responsable de Gryffondor.

- Qui donc ?

- Dolorès Onbrage, répondit Tonks.

- Non ! S'exclamèrent plusieurs voix indignées.

- Nul doute qu'elle va nous mener la vie dure !

- Ça ne m'étonne pas qu'elle trouve sa place dans le gouvernement des mangemorts. Elle est assez mauvaise pour ça.

- C'est fini, dit gravement Minerva. Vous ne pouvez pas rester ici. Je ne peux pas vous offrir de refuge. Si l'école rouvre l'an prochain, ce sera sous l'égide des mangemorts. J'ai déjà conseillé à Hagrid de partir. Le professeur De Visnel est également partie sans crier gare. Le professeur Burbage est entrain de faire ses bagages.

- Et vous qu'allez-vous faire ?

- Je vais rester, répondit dignement la directrice des Gryffondors. Quoi qu'il arrive, je resterai là aussi longtemps qu'on me laisse un poste de professeur pour protéger les élèves l'an prochain. Et je vous invite à en faire autant, dit-elle aux professeurs qui l'entouraient.

- Je reste, répondit fermement Mme Pomfresh. Les mangemorts ne me font pas peur ! J'ai déjà dû soigner un bon nombre d'entre eux lorsqu'ils étaient élèves ici.

Le professeur Chourave, Flitwick, Sinistra décidèrent de rester. Le professeur Shlughorn hésita, tout le monde savait qu'il ne voulait pas prendre officiellement parti. Mais la réponse surprit tout l'assemblée.

- Le sort d'Albus peut arriver à n'importe qui, n'importe où, n'importe quand. Alors finalement, je préfère que ce soit ici.

- Bien parlé, Horace ! lança Filius Flitwick.

- Mais que va-t-il advenir de l'Ordre ?

- Je ne sais pas, répondit tristement Minerva. Il va être difficile d'avoir une action combinée, sans chef et sans lieu pour nous réunir.

- Ce n'est pas le plus important. Nous pouvons tous continuer à nous battre individuellement déclara Remus. Nous pouvons protéger notre entourage, nos connaissances, aider ceux qui le doivent à fuir.

- Mais alors Voldemort a gagné ? Demanda une autre voix.

- Ce n'est pas comme cela que nous allons le défaire ! Renchérit quelqu'un d'autre.

- Ça c'est notre travail, déclara alors Harry d'une voix plus assurée qu'il ne l'était sans doute.

Et Kécile le comprit. Car comme lui, elle voyait la peur dans les yeux de l'assistance. Ces gens avaient besoin de croire en quelqu'un. Et si Harry se refusait à être l'Elu du Ministère, il acceptait d'endosser celui de l'Ordre du phénix. Pour Dumbledore. Parce qu'après tout, c'était ce que le vieil homme l'avait préparé à être, en dépit de tout.

- Votre travail, Mr Potter ? Demanda le professeur MacGonagall perplexe.

- J'ai une quête à remplir, assura-t-il d'un ton ferme. Le professeur Dumbledore m'a montré le chemin pour vaincre Voldemort. Ce ne sera certes pas aisé et je ne peux vous dire combien de temps il nous sera nécessaire avant d'atteindre le but final. Mais ne croyez pas que tout est perdu.

- Qu'entendez-vous par « nous », Potter ? Demanda Maugrey. Dumbledore a dit qu'il travaillait à une solution, mais n'en a jamais parlé à aucun d'entre nous.

- Il n'en a parlé qu'à moi, à Kécile et... au professeur Rogue, reconnut Harry avec réluctance.

- Est-ce que cela a à voir avec la prophétie ? Demanda-t-on.

- Oui, c'est lié. Mais je ne peux pas vous en dire davantage. Vous devez juste me faire confiance.

Et personne ne rit à la face de ce garçon de même pas 17 ans qui leur promettait implicitement qu'il allait les sauver.

La réunion était terminée et chacun devait trouver un lieu où se réfugier.

Ne resta bientôt plus que Minerva, les parents Weasley, Ginny, Hermione, Ron, Kécile, Minerva et Severus qui demanda également à Draco de se joindre à eux.

- Joli discours, Potter, lança Severus narquois.

- Dumbledore aurait été fier de vous, renchérit le professeur MacGonagall en ignorant l'ironie de son collègue.

- Oui, approuva Kécile, tu as dit ce que les gens avaient besoin d'entendre.

- Maintenant, derrière ces belles paroles, il va falloir agir, reprit Rogue. Nous allons devoir discuter de tout cela en privé, Potter. Mais avant il y a quelques points que j'aimerai éclaircir avec vous tous. D'abord, en ce qui vous concerne, Draco, que comptez-vous faire ?

- J'avais l'intention de rejoindre ma mère qui s'est réfugiée en France.

- Et si on te demandait de rester à Pouldard ? Demanda Hermione.

- Pour quoi faire ? S'exclama-t-il, tandis que les autres tournaient un regard curieux.

- Et bien, tu es en quelque sorte redevable à Harry et l'AD. Et je me disais... ce serait bien que l'AD continue, clandestinement, bien sûr.

- Miss Granger, intervint Severus, Draco a trahi les mangemorts. Ce serait dangereux pour lui. Il risque d'être conduit à Voldemort.

- A-t-il vraiment trahi les mangemorts ? Ne peut-il pas jouer un double jeu ?

- Après tout, approuva Kécile, tu leur as tout de même permis de pénétrer dans Poudlard, et... leur mission a bien été accomplie, poursuivit-elle la voix étranglée.

- Je les ai empêché de t'attaquer.

- C'est vrai, et je t'en remercie. Mais tu peux très bien faire passer cela comme une faiblesse passagère. Et dire que nous t'avons retenu par la suite.

- Ma mère a fui... Si elle remet les pieds en Angleterre, elle est perdue.

- Toi, tu es resté.

- Pour ne pas être accusé par le Ministère.

- Ça, ils ne le savent pas. Tu es resté, et si tu restes encore, cela jouera en ta faveur.

- Et s'ils l'emmène devant Voldemort et qu'il est marqué ? Demanda Harry. Ou bien que Voldemort décide simplement de le punir ?

- Je sais. C'est un risque, dit Hermione en haussant les épaules, fataliste.

- A Draco de décider s'il le prend ou non, déclara Kécile.

- Vous voudriez donc que je devienne un espion.

- En quelque sorte. Après tout, tu étais dans les petits papiers de Ombrage, non ? Fais lui croire que tu es de son côté. Et tu pourras aider ce qu'il restera de l'AD.

Il y eu un moment de silence pendant lequel tous les regards furent tournés vers le jeune Serpentard.

Puis il soupira, avant d'accepter.

- Il faudra que tu parles à certains membres de l'AD pour les prévenir, Harry, intervint Hermione. Je vais devoir réfléchir à un nouveau moyen de communication. D'autant qu'on pourrait avoir besoin de revenir clandestinement à Poudlard. Plus on aura d'aide, mieux cela sera.

- De quoi parlez-vous, miss Granger ? S'exclama MacGonagall.

- Je ne retournerai pas à Poudlard l'an prochain, professeur, confessa la jeune gryffondor.

- Mais où irez-vous donc ? S'exclama-t-elle incrédule.

- Je vais aider Harry.

- Je ne vous demande pas de venir, Hermione, protesta Harry. Cela va sans doute être dangereux.

- Ça fait six ans que c'est dangereux, mec, répondit Ron en lui donnant une bourrade dans l'épaule. Ce n'est pas maintenant qu'on va faire demi-tour. On a largement eu le temps, tu ne crois pas ?

- Ron ! Glapit Mrs Weasley qui avait compris ce que son fils voulait faire.

- Je suis désolé, Maman. Mais je partirai avec Harry.

- C'est trop dangereux, vous ne pouvez pas partir comme cela, vous n'avez aucune chance !

- Hermione, Ron et Harry forment une sacrée équipe, Mrs Weasley, intervint Kécile. Ils l'ont déjà prouvé par le passé. Je serai avec eux. Et je peux me targuer de savoir tenir tête aux mangemorts. Et puis, il y aura Severus...

- Pardon ? S'étrangla Harry.

- Kécile ! Protesta au même moment le dit Severus

- Et bien oui, quoi ? Vous vous attendiez à quoi ? Qu'on fasse chacun bande à part en communicant par chouette de nos recherches ?

- Il est hors de question que je... fulmina Harry, mais il fut interrompu par Hermione qui lui dit d'un ton inhabituellement sec :

- Tais-toi, Harry. Tu devrais être reconnaissant que nous ayons le professeur avec nous.

- Votre petite guerre va devoir cesser, approuva Kécile d'un ton ferme. On aura vraiment d'autres chats à fouetter !

- Si Severus vous accompagne, alors j'imagine que je ne peux rien dire, dit Molly en serrant son fils dans ses bras.

- Je veux vous accompagner également, intervint alors Ginny pour la première fois.

- Non ! protestèrent à l'unisson Mr Weasley et Harry.

- Je te l'interdis, tu n'es pas majeure, poursuivit son père d'un ton péremptoire.

- Mais je sais me battre ! Protesta Ginny.

- Bien sûr que tu sais te battre ! Rétorqua Harry. Tu es même une très bonne duelliste, j'en sais quelque chose. Mais là n'est pas la question ! Si Voldemort apprend notre relation, il va faire de toi une cible prioritaire pour m'atteindre. Si nous devons nous battre et que tu es là, je ne pourrais jamais me concentrer. J'aurais trop peur qu'il t'arrive quelque chose, je me sentirai beaucoup trop coupable, tu comprends ? Cela nous mettrait tous en danger. Je t'en prie, Ginny...

Harry et sa petite amie se regardèrent un moment avant que la jeune fille ne finisse par acquiescer à contre cœur.

- On aura besoin de toi, ici, pour réorganiser l'AD. Tu veux bien ? Demanda Hermione.

Ginny haussa les épaules.

- Autant que je serve à quelque chose, alors oui bien sûr. Je suis même prête à faire amie-amie avec Malfoy s'il le faut...

Celui-ci eut un reniflement dédaigneux mais se garda de tout commentaire.

Il était temps de se séparer. Il y eut quelques larmes et Molly étreignit chacun des enfants comme si elle n'allait plus jamais les revoir.

Quelques minutes plus tard, ils avaient transplané tous les cinq en plein cœur du Londres moldu. Hermione désigna un café du doigt et ils entrèrent tous, s'installèrent dans un recoin et un silence lourd s'installa. Severus regardant furieusement Harry les lèvres pincées tandis que celui-ci fixait ostensiblement son regard ailleurs, refusant de croiser les yeux de son professeur.

- Bon, finit par s'exclamer Kécile d'un ton décidé. Vous n'allez pas commencer à vous faire la tête, parce que ça ne va pas être gérable.

- Tu n'as qu'à t'en prendre qu'à toi-même.

- Oh, s'il-te-plaît, Severus ! ( et les trois autres la regardèrent avec de grands yeux en constatant le tutoiement). C'est la seule solution raisonnable, et tu le sais très bien, sinon tu ne serais pas là. Maintenant il va falloir commencer par trouver un refuge.

- Je pense que le plus sûr est de trouver un endroit désert et à l'abri des regards où nous pourrons dresser une tente, suggéra Hermione. J'en ai une dans mon sac.

- Permets moi de te dire que tu as des choses improbables dans ton sac... remarqua Ron

- Le problème c'est que ça va être difficile de trouver un endroit où nous pouvons transplaner, même en transplanage d'escorte.

- Il faut qu'au moins deux d'entre nous connaissent le lieu, approuva Kécile.

- Et pourquoi ne prendrions-nous pas les transports moldus ? Suggéra Ron. Et puis après... on aura qu'à marcher.

- Qu'en pensez-vous professeur ? Demanda Hermione.

Celui-ci reconnut avec réticence que dans l'immédiat, ils n'avaient pas tellement d'autres solutions . Ils allaient devoir éviter de pratiquer la magie pour ne pas se faire remarquer, d'autant plus que Hermione et Harry n'étaient pas encore majeurs et avaient donc encore la Trace sur eux. Le moindre sort utilisé par l'un d'entre eux seraient comme un énorme phare clignotant sur une carte pour Voldemort.

Ils finirent par se décider pour les contrées désertes des Highlands et prirent un train, puis un deuxième, puis attendirent un bus, qui les déposa à côté d'un refuge isolé dans les collines. Ils commencèrent alors à marcher sur des kilomètres, en silence. Finalement, ils atteignirent un bois coincé entre deux collines, qu'ils jugèrent assez isolé et qui allait constituer leur premier refuge. Ils posèrent leurs sacs en silence. Hermione, Ron et Harry commencèrent à monter la tente tandis que Kécile et Severus sécurisaient le périmètre à l'aide d'une batterie de sorts.

Ils s'assirent enfin autour d'un feu auprès duquel Hermione et Harry essayaient de préparer un repas convenable.

- Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda Ron, rompant enfin le silence pesant qui s'était installé depuis des heures.

- Tous les regards se tournèrent vers Harry.

- On trouve les horcruxes, répondit-il en haussant les épaules.

- Nous avions saisi l'idée générale, merci Potter pour cette précision. Il va falloir cependant que vous m'en disiez un peu plus sur les horcruxes.

Harry serra les dents mais prenant sur lui-même, expliqua la mâchoire crispée :

- Il y en a six. Deux sont déjà détruits : la bague et le journal.

- Celui que vous êtes allés cherché avec Dumbledore ?

- Est un faux. Un certain R.A.B a pris le vrai avec l'intention de les détruire.

- L'a-t-il fait, telle est la question, conclut Kécile.

- Nagini est également un horcruxe, je suppose ?

- Oui.

- Alors nous ne pourrons probablement nous en débarrasser que le jour où nous approcherons Voldemort. Quoi d'autre ?

- Le diadème de Serdaigle, énuméra Ron.

- J'aurais dû m'en douter... murmura Severus.

- Mais nous ne savons pas où il peut être. Pareil pour le dernier qui serait sans doute un objet ayant appartenu à Poufsouffle, reprit Harry.

- L'idée serait de trouver des endroits hautement symboliques où il aurait pu cacher ces objets, expliqua Kécile.

- Poudlard ?

- Dumbledore nous assure qu'il n'en a pas trouvé.

- Godric's Hollow ?

Harry regarda Severus avec ébahissement.

- Je n'y avais pas pensé. Mais c'est une possibilité.

- Vous croyez ? Intervint Ron sceptique. C'est quand même là qu'il a failli mourir.

- Oui, mais c'est aussi là que la réussite de son entreprise a été démontrée. J'ai aussi pensé à la tombe de Grunt, remarqua Kécile.

- Si de Visnel est bien Grunt, j'en doute.

- Dans tous les cas, trouver cette tombe peut nous apporter des réponses. Soit elle est vide, et auquel cas, vous avez raison au sujet de la nécromancienne, soit elle est occupée et alors nous avons une chance d'y trouver également un horcruxe.

- Le problème c'est que nous ne savons pas où est cette tombe, nota Hermione.

- Oui, et dans la mesure où c'est Bellatrix qui a tuée Grunt, ajouta Kécile songeuse, je me suis même posé la question de savoir si elle avait eu une sépulture.

- Je peux savoir où elle se trouve, rassura Severus. Gwendoline Grunt était une cousine de Narcissa. Lucius l'a faite enterrée.

- Alors nous pouvons commencer par cela, conclut Hermione.

- Pour l'instant, nous allons surtout nous faire oublier quelques semaines, le temps que la situation se stabilise, déclara Severus fermement.

- - Qu'est-ce que cela va nous apporter ? demanda Harry d'un ton agressif.

De ne pas nous faire tuer, Potter ! Vos belles paroles ne vaudront rien si vous vous faites descendre dès que vous mettrez le nez dehors. Il y a en ce moment même des mangemorts, partout dehors qui vont guetter nos moindres mouvements. Le pays entier va être un joyeux désordre. Les milices vont pulluler, toute tentative de fuite sera jugulée, tout déplacement contrôlé. Nous ne devons qu'à l'Ordre d'être parvenu à fuir, en ayant été prévenu avant le reste de la population. Alors vous allez me prouver que vous savez vous faire discret, Potter, et ne pas vous fourrer dans le moindre ennui qui passe à vingt kilomètres à la ronde.

- Et combien de temps va-t-on rester à ne rien faire ? Demanda Harry en serrant les dents de frustration.

- Pour lors, vous et Miss Granger ne pouvez pas allumer une lumière sans ameuter tout le ministère, nous ne ferons rien donc rien jusqu'au 19 septembre.

Les adolescents eurent tous une mine atterrée.

Harry se leva d'un geste rageur et quitta la tente. Ils purent l'entendre cogner contre un arbre avant qu'un « aïe » sonore ne retentisse.

- Je propose que nous laissions Mr Potter déverser sa colère tranquille et que nous allions nous coucher. Il serait plus prudent néanmoins d'établir des tours de garde lorsqu'il fait nuit. Deux heures chacun devraient suffire.

- Je prends le premier tour de garde, dans ce cas, dit Kécile.

Elle se sentait totalement incapable de dormir malgré sa fatigue.

Elle s'assit emmitouflée dans plusieurs couvertures que lui fournit Hermione, à l'entrée de la tente. Elle entendait vaguement le bruit des autres qui se préparaient à aller se coucher. Hermione et elle se partageraient une chambre. Severus et les garçons l'autre.

Elle poussa un profond soupir. Harry faisait toujours les cent pas non loin, elle pouvait entendre le crissement de ses pas dans les feuilles .

La cohabitation entre Severus et lui allait promettre. Il allait vraiment falloir que Severus apprenne à contrôler ses petites remarques acides et désobligeantes, et que Harry cesse de réagir au quart de tour. Etait-ce vraiment une bonne idée de les faire travailler ensemble, elle se le demandait, même si elle avait paru sure d'elle-même devant Severus. Après tout, il fallait reconnaître que toute tentative avait plutôt été contre-productive jusqu'à présent. Mais en même temps, elle pensait sincèrement qu'il n'y avait pas d'autre solution. Leur meilleure arme face à Voldemort allait être l'union.

Harry finit par revenir et s'asseoir lourdement à côté d'elle.

- La quête des horcruxe ne va déjà pas être une sinécure, mais en plus il faut que je me coltine Rogue. Tu crois que Dumbledore a fait exprès ?

Kécile haussa les épaules.

- Tu devrais plutôt être reconnaissant. Il nous sera une aide précieuse. Et dis-toi qu'au moins ici, il ne peut ni te donner de retenue, ni te retirer des points.

- Oui, tu as raison. Je n'aurais pas à le supporter en silence comme à Poudlard, gronda le jeune homme d'une voix révoltée.

- S'il-te-plaît, essaie que ça ne se transforme pas au concours du plus têtu qui aura le dernier mot... gémit-elle.

- Tu lui as fait la même demande ? Parce que je ne veux pas être le seul à faire des efforts.

- Il fait déjà des efforts, Harry.

- Ah vraiment ?!

- Oui, il aurait pu être beaucoup plus désagréable. Tu en sais quelque chose, n'est-ce pas ? Mais compte sur moi pour lui faire la même remarque.

Le silence s'installa entre eux.

- J'ai remarqué que tu es très familière avec lui, finit par lâcher Harry d'une voix crispée.

Kécile haussa les épaules.

- Le vouvoiement mettait une distance que je ne supportais plus.

Elle se tut un instant avant de murmurer :

- Il compte beaucoup pour moi, Harry. Il est tout ce qu'il me reste.