Disclaimer: Saint Seiya, ses personnages et son univers ne m'appartient pas.

Bonne lecture!


La boutique était plongée dans ce silence qui le laissa de marbre. Alors qu'il s'avançait doucement au centre de la pièce, il sentit les barrières spirituelles érigées s'agripper vainement à lui, onduler et faiblir sous sa présence oppressante. Si ça ne tenait qu'à lui, cela ferait bien longtemps qu'elles auraient disparus seulement il n'ignorait pas les artefacts puissants qui regorgeaient le sous-sol de la boutique du jeune médium qui nécessitaient d'être un tant soit peu protégés.

Il approcha lentement une étagère, caressa de son regard chaque objet qui s'y trouvait. De nombreux talisman pendant au bout de cordon rouge, noir ou brun, exposés sur un présentoir. Un vieux grimoire à la reliure de cuir légèrement abimer à l'un de ses coin. D'autre livre encore, dotés d'épaisses couvertures aux couleurs variées. Puis il y avait ses myriades de flacons aux formes aussi variées que leur contenu aqueux.

Il se redressa doucement avant d'observer la boutique dans son ensemble. Jamais il n'avait mit les pieds dans ce lieu. Plus d'une fois, il l'avait observait, il pouvait même dire avec précision où se trouvait chaque potion, chaque pierre emplie de pouvoir, chaque bouquin classé par thème. Seulement, c'était le première fois qu'il pénétrait dans ce qui était le sanctuaire de l'humain et Hadès ne pouvait enlever se lourd sentiment qu'il ressentait. Ce n'était pas de l'inquiétude, ni même de l'hostilité, pourtant l'air de la boutique qui l'entourait, cet air si particulier, si singulier, lui criait une solitude mêlée de désespoir. Son jeune ami s'était érigé des murs spirituels pas seulement pour protéger les objets parmi lesquels il évoluait mais pour se protéger.

Du coin de l'œil, il aperçu son reflet dans un miroir poussiéreux accroché à un mur. La surface lisse et réfléchissante était légèrement abîmée. De plus près, il pouvait voir les tâches noires sur le tain que le médium avait désespérément essayé d'enlever, ainsi que quelques rayures qui le striaient. La peinture d'un gris argenté qui couvrait le cadre finement sculpté s'écaillé par endroit, laissant ainsi apparaître un bois d'un brun profond. Camus lui avait parlé de ce miroir, il lui avait raconté les longues journées passées à résonner l'esprit qui l'habitait. Le jeune homme ignorait seulement que déjà à ce moment là il l'observait patiemment du néant. Il lui avait expliqué cette superstition qui consistait à couvrir les miroirs d'une maison lorsque quelqu'un mourait dans la demeure, auquel cas l'esprit du décédé resterait prisonnier du reflet. Ce fut l'une des premières intervention qu'il fit chez un particulier, on lui offrit d'ailleurs le miroir en guise de remerciement, les propriétaires ne voulant plus poser le regard sur l'objet qui maudit leurs jours et leurs nuits pendant des mois.

Camus refusa de le faire réparer par un professionnel. L'objet avait été habité pendant plus d'un siècle, il avait en quelque sorte été la dernière demeure de cette jeune femme qui le hantait et le medium refusait que n'importe qui manipule un objet lié avec l'autre monde. En avançant sa main, Hadès sentie sur sa paume les fluctuations d'énergies sur sa peau. Elles étaient glacées et piquaient légèrement le bout de ses doigts comme le ferait un courant électrique. Camus ne refusait que quiconque s'y approche pour une tout autre raison, le miroir avait beaucoup de pouvoir et d'énergie. Le créateur fronça légèrement les sourcils alors qu'une idée l'effleura.

Avec précaution, il referma un peu ses doigts sur le flux glacial puis ramena lentement sa main vers son visage. S'il se concentrait, il pouvait apercevoir la trace de l'énergie dans l'air. Elle était d'un bleu profond et s'enroulait sans aucun effort entre ses phalanges, elle réagissait et suivait son cosmo s'en pourtant s'y mêler. Hadès recula de deux pas, le flux désormais autour de ses poignets. Il constata avec satisfaction que l'énergie le prenait pour point d'encrage mais se pliait à son bon vouloir sans même opposer la moindre résistance. Il releva les yeux vers la glace face à lui alors qu'il comprit qu'il ne s'agissait pas d'un simple miroir mais d'un véritable puits d'énergie, ce qui expliquait peut être pourquoi un esprit y fut coincer.

D'un revers de la main, il balaya le flux qui s'évanoui dans l'air. Ce portail n'était peut être pas assez puissant ou dangereux pour être placé au sous sol mais il ne faisait aucun doute que son énergie avait une grande utilité pour le médium : elle devait permettre d'alimenter les barrières spirituelles qu'il créait sans arrêt. Il passa de longue minutes à apprivoiser le flux, à le contrôler, s'interrogeant sur les multiples usages qu'il pouvait en faire. Les barrières de l'humain étaient assez puissantes pour le protéger lui et son magasin de la plupart des esprits et autres revenant, cependant elles n'étaient pas grand chose pour un créateur. Hadès ne lui souhaitait bien sûr pas qu'il soit visité sans cesse par des dieux, pour plusieurs raisons dont celle que cela deviendrait dangereux pour Camus, seulement entre esprits et créateurs, d'autres êtres dotés d'un degrés de puissance souvent variable existaient. Rien que ces trois juges avaient réussis à percer la défense du médium et à créer un domaine au sein même de sa boutique. Peut être se sont-ils même servie de l'énergie du miroir pour créer cette illusion. Lentement, l'heure du rendez-vous avec le riche homme d'affaire approchait et lentement Hadès sentait ses suspicions se confirmer. Il avait beau essayer de distraire son esprit, un éclat du flux dansant dans le creux de sa main gauche, il n'arrivait pas pour autant à se débarrasser de ce sentiment affreux qui le prenait.

Si la mission avait été donnée aux deux jumeaux puis à l'ami de Camus, comment se faisait-il que leur client désire fervemment confier l'argent gagné à son humain ? L'homme avait apparemment prétexté une allergie aux animaux pourtant Milo était en congé aujourd'hui, et puis il avait déjà rencontré le voyant par le passé. D'un autre côté, c'était par hasard que Milo avait accepté cette mission. Certes, il avait naturellement demandé à Camus de l'aider, puis Angelo s'était joint à eux pour une raison que le créateur ignoré. Si cette rencontre était préméditée, si l'homme d'affaire était plus qu'un simple homme, alors il devait avoir observé le médium et ses amis pendant un bout de temps.

Hadès ferma les paupières et invoqua son cosmos autour de lui. Il se concentra sur l'image de son humain, sur l'éclat de ses cheveux dans un lieu si peu éclairer, sur la texture de sa peau au printemps, sur la fatigue qui accrochait les traits de son visage et faisait naitre de légères cernes sous ses yeux. Il repensa aux blessures qu'il avait soignée cette nuit, il les avait observé avec la plus grande attention sans qu'aucun détail ne lui échappe. Une fois l'apparence du médium prise, les blessures disparaitraient sous l'illusion d'épaisses bandes de coton pourtant quelque chose le poussait à reproduire l'apparence de Camus avec la plus grande fidélité possible.

Devant le grand miroir, il se tourna et retourna, observant avec attention le pli des vêtements qu'aimait porter son humain. Il n'était pas encore familier avec ce type de tissus, la toile de jean n'étant pas ce qui accaparait son attention lorsqu'il observait Camus. Il admira ensuite les traits du médium dans le reflet légèrement trouble. L'entité approcha sa main de ce visage si familier mais pourtant si lointain sans même le toucher. Si prendre l'apparence de quelqu'un était en soit quelque peu troublant alors revêtir les traits de son humain était extrêmement dérangeant. Hadès avait, en quelque sorte, l'impression de lui voler quelque chose et même si il ne s'agissait que d'une bête illusion, il ne put s'empêcher de penser que cela avec quelque chose de malsain.

Y avait-il, dans ce bas monde, des histoires où des héros prenaient la forme de leur aimé ? Il avait déjà lue nombre de contes où un être vile et emplie de mauvaise attentions se changeait pour ressembler traits pour traits à ceux affectionnait le héros. Seul les méchants avaient recourt à ce genre de magie après tout. Non, son cas était différent se rappela-t-il. Ce qui le liait à Camus était différent et les raisons même qui le poussaient à ainsi usurper l'identité de son humain étaient à des lieux d'être emplies de malveillance. De plus, Camus ne l'ignorait pas, il l'avait vu de ses yeux changer de forme.

Il vit du coin de l'œil une mèche bleue glisser de la haute queue de cheval et n'eut le temps de faire quoique se soit avant qu'elle ne pende mollement le long du visage anguleux de l'humain. Sans un mot, il replaça la mèche et sentit une sorte d'étrange dégoût lorsque ses doigts frôlèrent sa joue. mpjsune sorte d'guleux de l'' Même sa peau avait la texture de celle du médium.

« Excusez moi ? »

L'entité sursauta à la voix grave mais pourtant amicale. Plongé dans ses pensées, il ne sentit même pas la présence de l'homme approcher de la boutique, lui qui pourtant aurait du rester sur ses gardes. Jurant à voix basse, il fit de son mieux pour imiter le sourire faux de l'humain avant de se retourner. Quoi qu'il arrive, il devait paraître le plus naturel possible. Face à lui, un homme approchant de la cinquantaine portait un costume noir, bedonnant et souriant, ses yeux rieurs étaient en partie caché par une frange de cheveux roux peu disciplinée. Malgré sa tenue, ses traits marqués et la barbe de trois jours qu'il arborait lui donnait un air décontracté. Seulement, quelque chose n'allait pas.

« Ah mon garçon ! Camus n'est-ce pas ? Vous semblez dans les nuages ! »

Sans même laisser lui laisser le temps de répondre, l'homme traversa de trois grands pas l'espace qui les séparait avant de serrer sa main. Il continuait de discutailler joyeusement, secouant frénétiquement main de l'entité qu'il tenait avec fermeté. L'homme cherchait à le distraire pendant qu'il laisser son énergie se balader dans la boutique et de fouiller frénétiquement à la recherche de quelque chose. Quoi exactement ? Hadès l'ignorait mais son invité n'avait rien de discret lorsqu'il faisait ramper son cosmos sur le sol. Prenait-il Camus pour un idiot ? Le médium aurait très bien sentit toute cette énergie. Hadès ne pouvait ressentir que du mépris pour cet être qui osait ainsi se présenter devant lui.

« Vous savez, il est important de faire travailler sa tête ! Surtout lorsque l'on est jeune. Quel âge avait vous mon garçon 20 ans ? 21 peut être ? Vous ne me semblez pas bien âgé. »

Et puis il la sentit soudainement, cette énergie familière qui tenta de pénétrer l'illusion qui le recouvrait. Elle avait quelque chose de chaud, de tendre mais pourtant elle n'inspirer en lui que du dégoût. Cette main entre ces doigts, elle semblait si sale contre sa peau. Moite, pourrie, comme l'odeur d'une grenade. Et ce touché, il le connaissait. Ce toucher tranchant, froid pour ne pas dire glacial, ce toucher emplie de vide promesse. Hadès ne put empêcher la sourde colère de refermer ses griffes autours de son cœur. Il ne chercha même pas à étouffer sa haine, il la laisser courir dans ses veines.

L'entité resserra sa poigne autour de la main de l'être face à lui. Il serra, jusqu'à ce que ses phalanges deviennent blanches, jusqu'à ce que la chose qui osait se tenir ici grimaça de douleur.

« Eh bien mon garçon quelle poigne ! Vous me faîtes un peu mal. », tenta de plaisanter l'être.

Hadès savait que son expression devait trahir son apparence, Camus ne montrant jamais clairement sa rage danser sur son visage. Il s'en moquait, il continua de serrer jusqu'à sentir l'illusion qu'utiliser l'être se fendre. Il pressa ardemment la main de l'être en face de lui sans le moindre regret, seulement une brulante haine qui le frappait avec bien plus de force qu'il n'aurait pas put l'imaginer.

« Mon garçon ! Camus ! Arrêtez voyons ! »

Il retroussa le nez de dégoût alors que l'être commençait à se débattre avec force. Ses traits amicales avaient laissé place à une franche panique pourtant l'illusion demeurait. Il ne faudrait que peu de temps pour Hadès pour détruire cette apparence odieuse. Que croyait-elle ? Elle avait beau être un créateur, sa force n'équivalait pas à la sienne. Et cette voix, cette voix qui montait dans les aigus, lui vrillant les oreilles.

Il faisait un temps magnifique à l'extérieur : le soleil brillait, quelques nuages épars et filandreux s'étendaient paresseusement sur le ciel azur, la lumière de cette matinée pénétrait par les grandes vitrines de la boutique et laissait un éclat lavé dans les grands yeux terrifiés. L'ambiance n'était pas tendue, c'était bien pire que cela. Des émotions pures, violentes, chargeait l'atmosphère de la boutique, oppressaient à tel point qu'il en devenait dur de respirer. Suffocant, l'expression de l'homme devenait si douloureuse, si déchirante.

Hadès voulut s'en réjouir : il était prêt à faire craquer son adversaire, mais ce n'était pas assez. Ce n'était pas assez. Il avait perdu le contrôle de ses pensées, lui qui pourtant faisait habituellement preuve de retenu. Il avait perdu, en un sens, face aux yeux émeraudes de cet homme qui n'en était pas un. Il avait perdu face à ses attentions car peu lui importe ce qu'on lui faisait subir, peu importe la douleur et l'oubli, les ténèbres et le néant, il était désespéré. Réellement désespéré. Alors, lorsque l'être voulut ouvrir la bouche pour parler, à moins que ce ne soit pour reprendre une simple bouffée d'air, il perdit cette fois son sang froid.

Le créateur lança son autre bras en direction du miroir, créant un lien entre lui et l'objet maudit. Ses yeux ne décrochèrent pas de ceux de l'homme qui s'écarquillèrent l'espace d'un instant. L'énergie sauta pratiquement de l'envers du miroir à sa main avant de courir le long de son bras, son regard toujours encrée dans celui de l'être comme une menace silencieuse. Le bleu profond partant du miroir devenait d'un violet sombre à mesure qu'il se mêlait au cosmos menaçant du créateur. Il avait tout perdu, il avait laissé la violence s'emparé de lui et ça lui faisait autant de bien que mal. Il laissait l'énergie s'emparer de son autre main avant d'entourer le bras de l'être comme un serpent autours de sa proie. Il sentit le cosmos de cet inconnue vibrer sous l'apparence de cet homme, prête à briser son illusion pourtant elle continuait à s'accrocher à cette forme. Il prit ceci comme un affront, comme une moquerie. Une partie de lui aurait voulu arrêter tout ceci mais il ne put s'en empêcher : l'énergie remonta le long du bras de l'être. Elle se rependit sur elle, partant de son épaule avant de se briser en de nombreuses nervures qui dévalèrent ses vêtements. L'énergie s'enroula autours de ses jambes, autours de son tronc et de sa gorge. Elle se resserra lentement autours de son visage, emprisonnant ses traits peinés.

Peinées ? Hadès lâcha sa main avec violence, comme si soudainement ce simple contact le brûlait. Désormais emprisonnée par ces liens d'énergie, elle l'observait avec une expression profondément attrister. L'être était incapable de faire le moindre geste, enfermé dans son cocon. Elle avait perdu, elle ne pouvait que révéler son apparence, ce qu'elle fit après quelques minutes de silence. Sa peau d'un mâte mordoré, ses grands yeux suppliant d'un vert tendre et ses longs cheveux d'un roux cuivré lui donnèrent la nausée. Sa figure, grande et élancée, fut tout de suite engloutie par l'énergie car il était trop dur pour lui de seulement la regarder. Pourtant il ne pouvait pas en décrocher ses yeux. Elle était la figure même du printemps et de l'automne, elle était un fantôme pour lui, un spectre venu le hanter. Il se sentait trahit, il se sentait blesser.

Ce n'était pas seulement une douleur mentale qui l'envahit, non, il sentit quelque chose se déchirer dans son poitrail. Hadès sentit son torse se serrer et si il avait été humain, il aurait suffoquer tant la douleur sembler le glacer. Cette souffrance, cette rage qui brûlait dans ses veines, toutes ses émotions le prirent à la gorge. Il voulut crier mais il en fut incapable, il voulut partir et la laisser ainsi mais ses jambes étaient figées. Alors il fit la seule chose dont il fut encore capable : s'accrocher à ce qui lui restait.

« Ne..., tenta-t-il d'une voix roque. Ne vous approchez pas de lui. Ne vous approchez pas de lui, jamais. Jamais.»

Son regard attristé le rendit d'autant plus furieux : elle n'avait pas le droit de ressentir de la peine, ni même de la pitié. Elle n'avait pas le droit. Pourtant elle continuait de pencher légèrement la tête sur le côté et l'observait avec tant de peine. Elle sentait son désespoir flotter dans l'air autours d'eux, elle sentait cette rage qui, elle le savait, n'était qu'une façade à toute cette douleur et cette peur qui régnait en lui. Elle n'était pas stupide, pas autant qu'il semblait le penser, elle percevait son cosmos, que ce soit à travers l'énergie qui l'entravait ou suspendu dans cette petite boutique. Elle pouvait recueillir chacune de ses émotions, la haine, la souffrance, l'angoisse et ce désespoir qui pourrait l'amener à sa perte si il pouvait un seul instant le protéger. Tant de sentiments mêler qu'elle en avait de la peine pour lui. Quelque chose dans son attitude criait que ça n'aurait pas dû se passer comme ça, qu'il n'avait pas prévu de laisser ses émotions prendre le dessus.

Elle le lisait dans son regard : peu importe ce qu'on lui faisait subir, peu importe la douleur et l'oubli, les ténèbres et le néant tant qu'on ne lui retirait pas ce qu'il protégé avec tant de ferveur. Tant que l'on ne lui arrachait pas ce à quoi il s'accrochait avec beaucoup plus de détresse qu'il n'aurait put l'imaginer. Ses yeux désormais bleu glacial reflétaient tout ce qu'il n'arrivait pas à cacher. Il avait besoin de lui, il dépendait de lui. Sans lui il n'était plus rien, sans lui ses limites s'effondrait, sa rage brûlerait avec d'autant plus d'ardeur. Il était la raison qui le poussait à vivre en paix, qui le forçait à avancer chaque jour. Ce dévouement, cette adoration avec quelque chose de beau mais aussi quelque chose de cruellement tragique.

« Il est magnifique, n'est-ce pas ? »

Son sourire triste apporta quelque chose de mélancolique à sa voix si douce. Elle le regardait toujours avec ce même regard empli de peine, ce même regard qu'il méprisait quelques secondes auparavant, seulement c'était différent. Il voulait s'accrocher à cette haine car il savait tous les malheurs que ce créateur lui avait apporté cependant elle venait de parvenir à le calmer. Elle l'avait trahit, elle l'avait mené à sa perte pourtant il finit par laisser son regard tomber sur le parquet de bois terne. Quand fut la dernière fois que Camus le cira ?

« Certains prétendent qu'il ne lui suffirait que d'un regard pour que le plus puissant des êtres lui accorde tout ce dont il désire. »

Il redressa la tête vers elle, avec une pointe de curiosité. Pendant un instant il douta : savait-elle qu'elle ne s'adressait pas à Camus ? Son regard ne trahissait aucune de ses pensées, elle l'observait seulement avec tendresse et mélancolie. Dans ce cas, si elle s'adressait à Camus, de qui parlait-elle ? Avait-elle connaissance de son existence, savait-elle qu'il n'était plus enfermée dans le néant ? Troublée, il relâcha son attention. Que voulait-elle dire exactement, à qui s'adressait-elle ?

« Je sais que je vous ai fait du mal, je n'aurai jamais du vous enfermer, reprit-elle avec sincérité. Je vous ai blessé, je le sais, cependant je n'avais pas d'autre choix, je n'ai fais que ce que l'on m'a dit de faire. Par chance, vous avez été rapidement libéré, elle referma les yeux avant de chuchoter. Je vous en prie, il ne sert à rien de me garder ainsi emprisonnée.

- Laissez moi une seule raison de vous libérer. »

Elle s'attendait à ce ton glacial, peut être pas à cette voix cependant. Hadès la regarda lentement ouvrir les yeux, frustré de ne pouvoir savoir à qui elle s'adressait. Il ne pouvait pas imiter le cosmos de l'humain, c'était tout bonnement impossible et son cosmos était mêlé à l'énergie du miroir. Si elle était capable de reconnaître les empreintes laisser par le cosmos du créateur alors elle savait, mais rien ne semblait indiqué le fait qu'elle l'ai démasqué. Même ses propos pouvaient autant s'adresser à Camus qu'à lui.

Pendant un certain moment, elle regarda fixement le parquet, ses yeux ombragés par ses longs cils. Elle semblait réfléchir à sa réponse et le léger froncement de ses sourcils qui apparut peu à peu assombrit son visage. Avait-elle une raison au moins ? Ou n'était-elle qu'en train de gagner du temps ? Toujours enfermer dans ce cocon violet profond, au milieu de la boutique baigné par la lumière du soleil d'Avril. Lorsqu'elle entrouvrit les lèvres, ses yeux toujours sur le sol sombre.

« Quelqu'un en a après vous... Hadès se raidit alors qu'elle releva les yeux. Et ce même être en a après lui. »

Il recula d'un pas, regardant le créateur emprisonné avec incrédulité et crainte. Une mèche bleu tomba entre ses yeux, reposant avec lassitude sur son nez. D'un revers de la main, il chassa les quelques cheveux, couvrant momentanément ses yeux. Ce fut un geste automatique, il ne s'en était même pas vraiment rendu compte, non il était déjà bien loin dans ses pensées. Mentait-elle ? Il l'espérait. Pourtant rien ne semblait prouver le fait qu'elle ne disait pas la vérité.

« Vous avez toutes les raisons de douter de moi, je le comprends, cependant je vous en prie, à défaut de me croire, promettez moi de le protéger. Nous fûmes proches il y a de ça tant de temps. »

Il l'observa quelques instant, d'un regard totalement vide. Ses yeux indigo ne reflétaient plus la moindre émotion alors qu'il semblait prendre en compte ce qu'on venait de lui dire. Ils furent proches dans le passé, il le savait, et c'est ce qui avait rendu cette trahison si douloureuse. Il ne désirait plus la voir, plus jamais. Alors il finit par tourner la tête vers une étagère quelconque sur laquelle reposait de multiples pendentifs et autres talismans.

« Qui ?

- Je ne peux prononcer son nom, ni même vous donner la quelconque indication. Je peux seulement vous dire que si vous le voulez vraiment, vous n'aurez rien à craindre.

- Si je vous libère, je ne veux... Je ne veux plus vous voir. »

Elle le regarda calmement alors que sa voix faiblit sur la fin de sa phrase. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, elle savait à quel point il était blessé. De plus, il suffirait d'une phrase, d'un mot déplacé et la rage qui le posséda quelques minutes plus tôt reviendrait avec plus de force encore. C'est vrai, au fond elle ne voulait pas le quitter ainsi, cependant avait-elle seulement vraiment le choix ? Il lui faudrait du temps, et encore, si il décidait de lui pardonner. Au fond, peut être lui vouerait-il éternellement une rage qu'elle avait méritée.

« Très bien. »

Elle n'avait eu d'autre choix que d'accepter. Elle le vit lui tourner le dos et cela la blessa cependant elle comprit. Lentement, elle sentit l'énergie tout autour d'elle se relâcher. Ses bras n'étaient plus douloureusement pressés contre elle, elle pouvait enfin plier ses jambes retenues jusqu'à maintenant. L'air de la boutique sur sa peau semblait bien plus frais une fois débarrassée de la couche d'énergie qui s'évanouie dans l'air. Elle devait l'avouer, elle avait connu des expériences bien plus agréable que d'être ainsi entravée. Était-ce une vengeance ? Avait-il essayé de lui montrer ce qu'il avait ressentit pendant de longs siècles ? Si c'était le cas, alors il avait dû le faire inconsciemment. Elle jeta alors un dernier regard sur lui, toujours de dos. La conversation était close, elle le savait pourtant il y avait une dernière chose.

D'un pli de sa longue robe prune, elle sortie un petit objet. Un médaillon qui tenait au creux de sa main, à peine assez grand pour mettre une photo à l'intérieur. Elle avait encore du mal à croire que ce si petit objet ai traversé les âges ainsi. Certes, il avait changé d'aspect avec les époques mais son essence était toujours là, aussi présente qu'au premier jour. Héphaïstos serait si fier d'apprendre ça. Elle observa encore quelques longues secondes l'objet, une partie d'elle ayant toujours eu farouchement envie d'obtenir le bijou, puis se reprit tout en soupirant légèrement. Le pendentif devait revenir à son propriétaire, elle n'avait jamais été une voleuse et la seule faute qu'elle avait faite lui avait en partie coûtée sa liberté. Elle finit par se décider et le posa sur le comptoir à côté d'elle. Elle aurait voulu lui remettre, cependant elle lui avait promit : une fois libéré il ne la verrait plus. Elle lui lança donc un dernier regard peiné, ce dernier n'ayant pas bougé.

« Pardonnez moi, souffla-t-elle. Pour ce piège que je vous ai tendu, pour ce que j'ai pus vous faire subir. J'aurai aimé avoir le choix. »

Aucune réponse. Seul le silence fit écho à ses quelques paroles. Elle comprit. Elle soupira longuement avant de se retourner et d'avancer de quelques pas. Rapidement, la porte s'ouvrit et il se retrouva seul. Il patienta, une boule amère serrant sa gorge. Elle était partie, elle et sa présence. Hadès put enfin laisser ses muscles se détendre alors qu'il essaya d'oublier cet échange. Il se sentait vide, si vide, et sans la moindre énergie. D'ailleurs, sans même y faire attention, il reprit son apparence. Il était fatigué de jouer un rôle et ce qu'il venait d'apprendre lui avait fait bien plus de mal qu'il ne l'aurait cru. Si seulement il pouvait faire semblant que tout ce ceci ne fut qu'un cauchemar.

Il se retourna tout doucement, avec lassitude avant de trainer des pieds jusqu'au comptoir. L'échange ne devait avoir duré qu'une demi-heure pourtant il avait cette affreuse impression d'être là depuis des heures. Son attention fut stoppée lorsqu'il aperçut l'objet brillant sur la surface en bois. Il attrapa délicatement la chaine d'argent avant de ramener le pendentif à la hauteur de ses yeux. Il n'avait même pas remarqué la disparition du sautoir en argent jusqu'à présent... Avec toute cette inquiétude, toutes ses préoccupation, il avait oublié ce si petit objet qui pourtant l'avait accompagné quelques temps.

À l'extérieur, le soleil brillait. C'était une magnifique journée pour être aussi peiné.


« Bon... On fait quoi ? »

Aphrodite soupira pour la cinquième fois en dix minutes alors que Milo grogna, tenant sa tête entre ses mains. Angelo les regarda tout deux avant de lever les yeux au ciel. Génial ! Ils étaient vraiment avancés avec ce genre de réponse ! Avec ça il allait pouvoir résoudre le moindre de leur problème. Les bras croisés, toujours assit sur son tabouret, il se pencha pour la millième fois sur la carte du manoir. Après une longue discussion, Aphrodite avait fini par imprimer les photos des plans. Le rendu était parfais : les plans, dû au grossissement, étaient pixellisés et ils furent obligé de repassé sur les traits ainsi que de réécrire sur le papier chacune des pièces, la pixellisation rendant impossible la moindre lecture. Est-ce qu'ils avaient trouvé le moindre indice ? Non. Mais maintenant il avait un beau plan tout repassé avec des jolies bavures.

« Je vais finir par les connaître par cœur à force de les regarder..., chuchota l'italien pour lui même.

- Pour moi c'est déjà fait. », fit Milo sans même relever la tête.

Angelo passa une main dans ses cheveux courts. Les deux jumeaux ne répondaient plus, étant probablement dans un train ou dans un avion quelconque en direction d'Athènes. Ils n'avaient donc pas plus d'information sur la créature. Ou le manoir. Ou même le fou qui avait acheté ce lieu. Pourtant, ils savaient très bien que quelque chose ne tournait pas rond.

Ils étaient épuisés, aucun d'entre eux n'ayant dormit depuis 24 heures, même Aphrodite qui, ayant eu vent de la petite escapade de ses amis, ne put fermer l'œil de la nuit. Et il avait bien fait de s'inquiéter en le voyant arriver avant l'aube, blessés et à bout de nerfs. La prochaine fois qu'ils auront une telle idée, le sorcier ce fit la promesse de les attacher et de les balancer dans la cave de la boutique de Camus. D'ailleurs, quand il y pensait, il n'avait pas eu l'occasion de voir Camus. Il posa son coude sur la table et son menton au creux de sa main. Quand il y réfléchit, d'après ce qu'Angelo et Milo lui avait raconté, il était dans un sale état lui aussi. Ils avaient d'ailleurs préféré directement le déposer chez lui avant que le créateur Hadès ne parte à la recherche du médium.

Aphrodite prit sa tasse de thé, réprimant un bâillement, avant de paresseusement regarder le liquide ambré qui avait finit par refroidir. L'attachement du créateur pour Camus avait quelque chose d'effrayant et plus particulièrement, il en était sûr, pour le médium. Après tout, Camus n'était pas connu pour être la personne la plus facile à aimer, chacune de ses relations finissant dès que le médium s'ennuyait, ce qui était relativement rapide. Une question de quelques mois à peine. Enfin, il n'avait pas non plus eu tellement de relation, ça ne l'intéressait tout simplement pas. C'est ce qu'il disait, seulement Aphrodite n'était pas dupe : il y avait quelque chose d'autre.

Le poisson jeta un coup d'œil à Angelo, ce dernier luttant contre le sommeil, toujours penché sur le plan en face de lui. Ses paupières semblaient vouloir se fermer d'elle-même et, par intervalle régulier, sa tête tombait lentement avant qu'il ne se réveil en sursaut. Il n'avait pas vraiment le droit de critiquer le médium, après tout lui même était dans une situation particulière. Le jardinier ramena sa tasse à ses lèvres avant de boire quelques gorgées amères. Plongé dans leur recherche, il avait laissé son thé infusé bien trop longtemps mais il était bien trop crevé pour s'en refaire un. Il avait fait du café à ses deux amis seulement, entre leur fatigue mentale et physique, ça ne leur avait que peu d'effet. Un sourire amère s'installa sur ses lèvres roses. Quelle bande d'idiots... Certes, Milo ça ne l'étonnait pas, Angelo non plus mais Camus... Non, en y réfléchissant, aussi réfléchit soit le verseau, si il y a une histoire d'esprit, il devait absolument être là. Lui qui avait espoir que son ami perde le goût de l'autre monde.

« Tu peux pas faire un truc Milo ? Te servir de tes pouvoirs de voyant ou un truc du genre ?, grogna soudainement Angelo en se redressant brusquement.

- Très bien, Milo se saisit de sa tasse de café vide. C'est bon, je viens de lire dans le marre de café.

- Et ça dit quoi ?

- Que la divination ça ne marche pas comme ça crétin. »

Angelo lança seulement un regard noir au voyant qui l'ignora, préférant croiser ses bras sur la table et y poser sa tête. Il était en train de mourir de fatigue... Aphrodite, lui, leva seulement un sourcil en observant l'échange de ses deux là. Bien, au moins l'italien était semble-t-il trop fatigué pour continuer à chercher des ennuies au grec. Ces deux là s'entendaient comme chien et chat mais au fond étaient proches. Angelo avait toujours prit l'habitude de jouer au grand frère emmerdant avec Milo, particulièrement lors de leur adolescence, surtout après l'accident. C'était au même moment que Milo développa des sentiments plutôt ambigus à l'égard de Saga. Lorsqu'il y repensait, Aphrodite trouvait ça plutôt normal d'ailleurs : Saga était resté au côté du voyant pendant toute l'hospitalisation, il l'avait soutenu quand Camus ne pouvait rien faire. Combien de temps ça avait duré déjà ? Il regarda de nouveau le fond de sa tasse comme si son reste de thé détenait la réponse. 2 ? 3 mois peut être ? Lui même avait particulièrement été touché mais avait fait de son mieux pour tout oublier, pour faire semblant que ça ne soit jamais arrivé. Il s'était interdit de trop y penser. Dire que cela ne prend qu'une seconde pour que tout bascule... Une voiture qui arrive trop vite et...

« Vous avez essayé d'appeler Camus ? »

Milo releva la tête, un air interloqué masqué par ses traits fatigués. Angelo, lui, tourna les yeux vers la fenêtre, remarquant tout juste que l'aube était bien loin d'eux. Il devait être aux alentours de 9 heures désormais, Camus serait sûrement réveillé maintenant... Enfin, ils l'espéraient pour lui. Plus les moments d'inconsciences du médium était long, plus il avait besoin de temps pour récupérer. Parfois il dormait pendant pratiquement tout une journée après une crise particulièrement longue. L'italien lança un regard interrogateur au voyant. Est-ce qu'ils devaient tester ? Maintenant qu'il y pensait...

« Il devait pas voir le gars qui nous a employé à 9 heures pour le règlement ?

- Si, répondit Milo en sortant son portable. Il est 9h38, je pense que si Camus ne s'était pas présenté, il nous aurait prévenu.

- Attendez ! Attendez !, Aphrodite fronça les sourcils. Pourquoi est-ce que c'est Camus qui récupère l'argent ? Ce n'est pas toi qu'il a employé Milo normalement ?

- Bah... Oui.

- Et c'est à Camus qu'il donne l'argent ? »

L'air ahuri d'Aphrodite laissa les deux hommes quelque peu perplexe. Ces deux derniers s'échangèrent un regard interrogateur sous les yeux du sorcier, ce qui l'irrita d'autant plus. Était-ce la fatigue ou ces deux là ne voyant vraiment pas le problème ? Ils trouvaient ça vraiment normal ?

« En faite..., commença Milo en baillant, il est extrêmement allergique aux chiens et comme Camus m'accompagnait...

- Milo, ça n'a aucun sens, répondit Aphrodite en frottant ses tempes. Premièrement, on a un château dont on arrive pas à trouver la moindre trace sur internet, remplie de porcelaine venant d'Allemagne et maintenant tu me dis que l'homme qui vous emploie à spontanément décidé qu'il donnerait l'argent à Camus parce qu'il est allergique aux chiens alors qu'il s'est pourtant entretenu deux fois avec toi et ce plus d'une heure ? »

Milo parut interloqué par la remarque du jardinier. Il n'avait pas vraiment tort sur certain point, le voyant devait l'avouer, seulement son cerveau était trop fatigué pour vraiment pouvoir réfléchir. Il était épuisé et frustré par toute cette situation, le regard ahuri d'Aphrodite n'arrangeait rien. Il prit alors sa tête entre ses deux et grogna légèrement.

« Est-ce qu'il a montré des signes d'allergies pendant vos entretiens ? Est-ce que tu lui a dit que tu travaillais dans une animalerie ?

- J'en sais rien Aphrodite !, finit par éclater le scorpion. Je n'en sais vraiment rien, ok ?! »

Le sorcier répondit par un regard amer, pour ne pas dire déçu et dur. Milo préféra l'ignora tout en remettant sa tête dans ses mains. Il avait vraiment fait une connerie en se lançant dans la chasse au fantôme. Pourquoi il n'avait pas laissé ça aux jumeaux ? Pourquoi il avait encore essayé de jouer au grand devant Saga alors qu'il savait très bien qu'il n'était pas fait pour tout ce qui est esprit maléfique. Mince ! Il serrait même capable de changer un esprit bienveillant en démon... C'était la dernière fois qu'il s'occupait de chose qui ne le regardait pas.

« Les gars !, Angelo les regards tous deux avec cette air qui ne leur disait rien de bon. J'ai une idée.

- Aaahhh, grogna le sorcier, je ne suis généralement pas très heureux quand tu dis ça.

- Non, non, en faite ça va vous sembler bête mais..., il sortit son portable de sa poche, j'ai besoin de vérifier quelque chose. Milo ?

- Hmmm ?

- Tu as toujours l'adresse du manoir ? »

Le scorpion releva la tête avant de chercher parmi les multiples papiers qui trônaient sur la table, menaçant de tomber à chaque moment. Il finit par mettre la main sur un petit carré de papier légèrement déchiré sur lequel était, d'après l'écriture, hâtivement griffonner quelque chose. Il plissa les yeux, essayant malgré la fatigue de s'assurer que c'était bien ce qu'il chercher, avant de légèrement hocher la tête. Il le tendit à l'italien qui l'en remercia avant de croiser ses bras sur l'un des plans et d'y poser sa tête.

Angelo étudia l'adressa avant d'ouvrir une des multiples applications de GPS et géolocalisation que contenait son portable. Certaines avaient tendances à être plus précises que d'autres, seulement il arrivait qu'une application en particulier ai une fonctionnalité que n'avaient pas les autres. Il choisit celle qu'il estima la plus performante, rapide et précise, avant de rentrer l'adresse. Aphrodite le regarda avec curiosité, le regard de l'italien alternant entre son portable et le morceau de papier. Il plissa légèrement les yeux d'ailleurs, à la façon de Milo, lorsqu'il buta sur une lettre. Il réussi cependant à déchiffrer ce qui y était marqué.

Une fois l'adresse rentrée, Aphrodite vit son expression changer. Figé, il regardait son portable avec incompréhension. Ses yeux balayèrent l'écran plusieurs fois, ses sourcils toujours froncés. Puis, le sorcier le vit légèrement pencher le visage sur le côté, visiblement perdu. Il tapa deux fois sur son écran, seulement, ses sourcils continuèrent à se froncer. Aphrodite osa finalement briser sa contemplation silencieuse.

« Alors Angelo, quelle est ton idée ? »

L'homme releva les yeux vers lui, visiblement toujours perdu. Il fixa d'un regard vide le sorcier qui avait finit par croiser les bras par manque de patiente. Puis l'italien sembla enfin réalisé ce qu'on venait de lui demander. Il revint à lui, accordant un signe de la main indiquant à l'autre homme de patienter un peu alors qu'il replongea son nez dans son portable.

« Attends... Attends... Mon appli bug. Je vais essayer avec une autre. »

Aphrodite leva les yeux au ciel avant de soupirer.

« Très bien... »

L'homme tapa frénétiquement sur l'écran tactile de son portable, changeant d'application, pourtant son expression, elle, demeura. Lentement, d'après ce qu'Aphrodite pouvait observer, cette air perdu se transformait en incrédulité puis en horreur à mesure qu'il semblait passer d'application en application. Ce fut au tour du jardinier de devenir de plus en plus perplexe face au réaction de son ami. Doucement, il tourna la tête légèrement sur le côté sans pourtant quitter des yeux son ami. Il le regardait, inquiet et étrangement méfiant, ses bras toujours croisés. Lorsqu'Angelo releva enfin la tête, incrédule.

« Le manoir...

- Oui ?

- Le manoir... Il n'existe pas.

- Quoi ?, fit Aphrodite en fronçant les sourcils. Tu racontes n'importe quoi Angelo, donne moi ton portable. Tu as juste dû faire une erreur. »

Angelo se pencha, perdu dans sa réalisation, et donna son portable à son ami sans même faire attention à tout ce qu'il avait dit d'autre. Non, ce n'était pas possible... Il y avait une explication... Aphrodite baissa alors les yeux et vit l'image satellite d'une forêt où trônait une petite maison, probablement pour les randonneurs ou les gardes forestiers. Le sorcier fronça d'autant plus les sourcils. Il cliqua sur l'icône de recherche et regarda l'adresse. Effectivement, c'était bien la même que celle inscrite sur le morceau de papier. Interloqué mais décidé à ne pas s'arrêter là, il changea d'application comme l'avait fait son ami. Ce fut au bout de la quatrième et dernière qu'il s'avoua vaincu.

« Ce n'est... Ce n'est peut être pas la bonne adresse, souffla-t-il pour lui même.

- Non. Non, c'est exactement la même forêt. Et on s'est servi de cette adresse et de mon portable pour nous y rendre. C'est la bonne. Ce manoir n'existe juste pas ! »

Aphrodite baissa lentement le portable avant de regarder Angelo avec le même air qu'avait ce dernier quelques minutes auparavant. Le manoir n'existait pas. Le manoir n'existait pas. C'était une illusion. C'était une simple création, comment aurait-il put apparaître là sinon ? C'était... C'était...

« Un domaine démonique..., murmura cette fois Aphrodite.

- Tu crois ? Ça expliquerait pas mal de chose.

- Réveille Milo, s'écria pratiquement Aphrodite en se levant soudainement. Et ce bout d'assiette... Tu as toujours ce bout d'assiette ? On ne l'a pas jeté ?

- Il est quelque part sous les plans, pourquoi ?

- Si vous étiez dans un domaine démonique, commença le sorcier en prenant son ami par les épaules, alors il doit avoir des résidus de cosmos sur ce morceau de porcelaine. Sers-toi de ton livre. Quant à moi, il quitta la pièce.

- Tu vas faire quoi ?

- Moi ?, il passa la tête par l'encadrement de la porte. Je vais appeler Camus. »


Camus fixa son plafond avec intensité, allongé sur son lit parfaitement fait. L'un de se bras pendait mollement, sa main frôlant par moment sa moquette grise et duveteuse alors que la pièce était plongé dans un silence religieux. Il avait réussi à négocier avec les trois juges pour pouvoir aller se reposer dans sa chambre. Sans eux. Leur échange dura de longues minutes durant lesquelles le medium leur jura que non, il n'essayerait pas de se faire la mal par la fenêtre - même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait - et que oui, promis, il crierait à plein poumon si quelqu'un tentait de l'enlever en passant par cette même fenêtre. Il avait eu la désagréable impression d'avoir été un enfant face aux trois juges, d'autant plus qu'ils étaient intransigeants. Le verseau souffla légèrement, soulevant une mèche turquoise égarée sur son visage.

Tient... La peinture de son plafond était un peu écaillé. Il se releva, se mettant sur ses coudes alors qu'il fronça les sourcils. Sa peinture était écaillée ou était-ce une mouche ?... Il plissa légèrement les yeux, avant de se reposer sur son lit. Non, c'était bien la peinture le problème, pas de mouche à l'horizon. Dommage, ça aurait put être une quelconque distraction. De nouveau ennuyé, il tourna la tête vers son portable en train de charger sur sa table de nuit. Il avait posé son téléphone sans même y faire attention, se dernier dépassant de la table grise et menaçait de tomber. Camus se retourna de nouveau vers son mur. Il n'y avait pas d'inquiétude à se faire : il y avait de la moquette pour le réceptionner et quand bien même elle n'avait pas été là, la protection était assez solide pour protéger le portable. Il le savait, le nombre de fois où son téléphone avait put tomber pendant ses enquêtes et ses interventions chez les gens. Il avait même fait une chute d'un étage une fois.

Il était épuisé. Il avait l'impression de ne plus pouvoir tenir debout, pourtant chaque fois qu'il fermait les paupières, le sommeil lui échappait ce qui le fatiguait d'autant plus. Soupirant pour la énième fois, il finit par poser son bras sur ses yeux, masquant par la même occasion la lumière. Son léger pull gris le gêna légèrement mais au bout de quelques minutes il finirait par éventuellement ne plus y faire attention. Le médium se demanda soudainement comment allaient Angelo et Milo. Après tout, lorsqu'ils l'avaient déposés ici, il était toujours inconscient. Du peu qu'Hadès lui avait dit, ils semblaient avoir survécu à l'épreuve.

Il hésita un instant à appeler son meilleur ami. Peut être que celui-ci devait se reposer, il était en repos après tout. Il espérait vraiment que le grec était en train de se reposer. Milo avait cette agaçante tendance à ne pas prendre un instant pour souffler. Le nombre de fois où il avait dû le forcer à aller se coucher plutôt que de continuer à passer des nuits entières à remplir les horoscopes de quelques de ses clients. Le voyant pouvait dire tout ce qu'il voulait sur lui et ça tendance à enchaîner intervention sur intervention, il était loin d'être mieux. Angelo, lui, logeait toujours chez Aphrodite lors de ses séjours réguliers en Grèce, pas d'inquiétude à avoir donc. Le sorcier l'avait probablement déjà enfermé dans la chambre d'ami et crié qu'il n'en ressortira qu'après quelques heures de sommeil.

Camus se releva soudainement. Aphrodite ! Il loge chez Aphrodite ! Le jardinier doit tout savoir de leur petite escapade dans le manoir. Le medium frotta son front avant de pince l'arête de son nez tout en jurant dans sa tête. Si Aphrodite avait soutiré toute l'histoire à Angelo -ce qui, il le savait était le cas- et qu'il allait ensuite répéter un quart de ce qu'il avait entendu à Shaka, alors Camus était en mauvaise posture. Certes, le blond n'avait pas de réel contrôle sur sa vie, mais lorsqu'il était énervé, il était terrifiant. Il était de ce genre de personne à garder leur calme quoi qu'il arrive, une qualité qui exaspéré énormément Milo d'ailleurs, et les colères silencieuses étaient les pires d'après Camus. Il pouvait calmer quelqu'un qui criait, quelqu'un qui frappait ou insultait. Seulement, quelqu'un dont la colère n'est reflété que par un regard glacial et quelques mots blessants, il n'aimait pas ça. En grande partie car il était le premier à montrer son énervement ainsi.

Il ne l'avouera jamais à Milo mais une partie de lui admirait Shaka. L'homme avait souffert le martyre lorsqu'il n'était qu'un enfant, pourtant il continuait à s'accrocher à une religion qui faillit lui coûter la vie. Lui avait beau avoir reçu les enseignements du Christ, connaissait chaque versets de la bible et se souvenait encore des paroles de l'Ave Maria en latin, il entretenait dorénavant une haine brûlante pour le christianisme. Bien sûr, il respectait les croyances de chacun et n'aurait jamais insulter personne quant à sa religion, mais rien que la pensée d'assister à une messe ou seulement de prier le rendait nauséeux. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec le christianisme alors que Shaka, lui, avait demeuré moine bouddhiste de nombreuses années. Camus ignoré d'ailleurs toujours les raisons qui l'avait poussé à renoncer à une religion qui pourtant était une part importante de lui.

Ses pensées furent couper nettes par la sonnerie de son portable. Il sursauta, s'attendant à tout sauf à ça avant de se redresser, incertain. Il regarda quelques secondes son écran avant d'enfin se reprendre et se saisit de son téléphone, répondant à l'appel.

« Allo ? »

Il reconnu la voix d'Aphrodite, apparemment à bout de souffle, pratiquement crier son nom. Camus grimaça légèrement, écarta son portable de son oreille et se jura intérieurement de se venger du sorcier pour la perte évidente d'une partie de son audition. Cependant, avant qu'il ne s'en rende compte, le poisson était en train de balbutier à toute vitesse des phrases qu'il ne comprenait. Et qui d'ailleurs n'avait aucun sens du peu qu'il arrivait à déchiffrer.

« Aphrodite ! Aphrodite ? Calme me toi je t'en pris, je ne comprends rien de ce que tu dis. Parle plus lentement. »

Camus entendit le poisson prendre une profonde respiration avant de recommencer calmement à parler, pourtant, malgré ce faux ton calme qu'il prenait désormais, le médium pouvait toujours percevoir la panique dans sa voix. Le médium observa avec intensité l'abat-jour bleuâtre de sa lampe de chevet, écoutant avec attention tout ce que le sorcier avait à dire.

Apparemment Milo et Angelo étaient à ses côtés, ils étaient directement allés chez lui après avoir déposé Camus. Aphrodite les avait aidés à se soigner, particulièrement Milo qui s'en tirait avec un ongle arraché. C'était d'ailleurs lui qui avait vaincu la créature. Créature qui se trouvait être un esprit désincarné d'après les jumeaux, parce que oui, Milo les avait appelé pendant qu'Angelo se faisait soigner. Un flot d'information lui parvenait, pourtant il ne stoppa pas un instant Aphrodite qui était parti dans sa lancée. Non, il sentait que le jardinier essayait juste de gagner du temps : sa voix le trahissait. Elle était légèrement tremblante par moment et ce rire fragile qu'il émettait de temps à autre était clairement forcé.

« Non, non je ne suis pas à la boutique... ... ... Non, je n'ai pas non plus reporté le rendez-vous. Disons que... Hadès a décidé d'y aller à ma place. Il peut changer d'apparence. »

Un soupire de soulagement lui parvenu, puis le chuchotement d'Aphrodite répétant ses mots à quelqu'un, sûrement Angelo vu qu'apparemment, Milo s'était endormi. Camus se frotta la nuque, attendant, perplexe, que son interlocuteur lui explique ce qu'il savait déjà. Il entendit vaguement la voix de l'italien chuchotant à son tour, puis Aphrodite lui répondre. Quoi qu'ils se racontaient, ça avait l'air préoccupant. Puis le jardinier finit par de nouveau lui adresser la parole.

« Oui, ça je sais Aphrodite. »

Il soupira bruyamment en entendant le crie strident de son ami, lui faisant perdre un peu plus de son audition, et leva les yeux au ciel. Ce qu'il fallait pas entendre.

« Non, je ne vous ai pas prévenu car j'étais dans une position... plutôt délicates. C'est... une longue histoire. Je t'expliquerai. Sache seulement que je n'avais pas la possibilité de vous dire que c'était un piège. Et oui : je comptais vous le dire dès qu'Hadès serait revenu de tou- »

Il fut coupé net par le sorcier et se figea en entendant ses paroles. Il l'écouta, avec bien plus d'attention qu'auparavant. Il fronça les sourcils, perdu, mais demeura silencieux. Assit sur son lit, une jambe plié et l'autre touchant le sol, il resta totalement immobile. Il avait beau faire beau aujourd'hui, son appartement était orienté à l'Ouest, ne laissant qu'une frêle lumière inonder sa chambre le matin. Elle couvrais de son pâle éclat le dos et la longue chevelure du médium alors qu'il fixait désormais l'ombre presque effacée de son lit sur son sol gris. Figé, il paraissait n'être qu'un objet parmi tant d'autre laissé dans cette morne chambre aux couleurs éteintes.

« Je... Très bien.., souffla-t-il d'une voix faible. Je te rappelle... »

Il regarda son écran reflétant ses yeux indigo totalement vide. Il resta figé, longtemps, incapable d'émettre la moindre pensée cohérente. Alors Camus resta seulement sur assit sur son lit, son portable en main alors qu'il se posa mille et une question sans pour autant trouver de réponse. Sans pour autant véritablement être là. Il ne fit pas attention à son reflet sur l'écran, ni même au soleil qui brillait à l'extérieur. Il ignora ses pensées comme il ignora les bruits du train passant non loin de chez lui. Comme il ignora la porte qui s'ouvrit face à lui avant de lentement se refermer. Non, Camus resta seulement immobile, incapable de sortir de ses pensées.

Hadès s'accroupit lentement face à lui, observant avec peine le visage perdu de l'humain. Le créateur pencha lentement la tête sur le côté en tentant de capter le regard voilé du médium. En vain. Celui-ci était ailleurs. Alors, sans le brusquer, Hadès avança la main vers sa joue, frôlant du bout des doigts la peau pâle du verseau et replaçant une mèche s'étant échappé de la tresse derrière son oreille. Camus lui adressa enfin un regard, un regard perdu. Il voulut dire quelque chose au créateur, qu'il était désolé alors qu'il n'avait rien fait, lui poser un millier de question, lui dire une centaine de choses. Seulement, de sa bouche entre-ouverte, aucun son ne sortit. Hormis peut être une question, une stupide question :

« Vos yeux... Pourquoi sont-ils bleus ?... »

C'était un souffle, un rien, quelques mots à peine perceptibles et dits avec si peu d'intensité qu'il aurait été dur de les entendre. Pourtant, il vit le regard de l'être changer, doucement se teinté de peine malgré lui qu'il tenta de camouflé d'un sourire fragile. Camus n'aurait jamais pensé un jour voir les yeux du créateur autrement que totalement et pendant un instant, il douta. Était-ce seulement bien lui ? Il pouvait sentir le cosmos du créateur autour de lui, flotter délicatement dans l'air et sentait une profonde douleur. C'était comme un cri silencieux.

Hadès ne répondit pas à ça question et l'humain se contenta du sourire triste qu'on lui offrait. À la place, il sortit des plis de sa tunique sombre un objet familier. Camus fronça légèrement les sourcils en apercevant l'éclat argenté d'un sautoir pendant au bout d'une chaine. Automatiquement, il porta sa main à son cou pour le trouver nu. Il tenta de baisser les yeux avant de comprendre qu'il s'agissait bien de son talisman. Il regarda alors Hadès, perplexe : comment se faisait-il qu'il l'ai ? Lui avait-il enlevé lorsqu'il l'avait soigné ? Et comment se fait-il qu'il n'ai pas remarqué lui-même l'absence de son précieux pendentif ? Il y faisait pourtant tellement attention depuis que le créateur le lui avait rendu il y a de ça quelques mois.

Avant même qu'il n'ai l'occasion de se saisir de son précieux collier, Hadès ouvrir le fermoir et s'approcha de l'humain encore figé. Délicatement, il passa la chaine d'argent atour du cou du médium, tout en faisant bien attention de la passer sous sa longue tresse turquoise. Il tourna légèrement le fermoir vers lui, le refermant sur la boucle. Il était étonnant qu'il arrive seulement à s'en saisir tant la boucle était minuscule comparé à sa taille. Puis il cacha le fermoir sous les cheveux de son humain avant de caresser du bout des doigts l'ovale parfait du pendentif.

« Qui te l'as offert ?, souffla doucement le créateur.

- Je l'ignore. Je me rappelle l'avoir toujours eu auprès de moi.

- Sache que cet objet est bien plus âgé que ce que tu pourrais imaginer. Et il t'appartient. »

Camus le regarda, confus, mais ne trouva rien à dire. Il savait bien que ça lui appartenait, pourtant il avait l'impression que les paroles du dieu avaient un sens bien plus profond. À moins que l'être ne cherche seulement à le distraire, à lui faire oublier le fait que ses yeux soient d'un bleu glacial ou que son cosmos soit aussi perturbé.

« Hadès… »

Le créateur osa à peine regarder l'humain, sentant dans le ton de sa voix qu'il lui demanderait quelque chose qu'il ne pourrait lui accorder. Seulement, il était faible. Il laissa ses yeux balayer une dernière fois son reflet déformé sur la petite médaille avant d'enfin confronter ceux de son humain. Il était faible face à Camus.

« Parlez-moi. »


Elle s'avança dans la salle du trône, silencieuse, alors que ses sujets s'inclinaient sur son passage. La lance d'argent finissant en fourche claqua sur les pavés sombres à chacun de ses pas. Quel sentiment amer que celui de marcher dans un palais qui lui appartient mais dans lequel elle se sent toujours étrangère. Perdue dans un Royaume dont elle n'eut le choix que de contrôler, elle qui aurait tant préférer rester aux côtés de sa mère. Quel sentiment amer d'avoir ainsi été ignoré par un être qu'elle estimait tant et avait tant pleuré. Pouvait-elle seulement lui en vouloir ? Non, après tout elle l'avait précipité aux tréfonds du Néant. Avait-elle eu le choix ? Non. Pourtant elle continuait de sentir la culpabilité alourdir ses épaules.

Elle se stoppa à quelques pas du trône, ce trône resplendissant, entouré de drapés mousseline dont les couleurs changeaient en fonction des saisons. Le vert tendre des tissus rappelait cruellement ses yeux et rappelait cette affection qui n'était plus. Jamais, oh non jamais elle ne l'avait aimé d'amour, mais cette amitié et cette complicité qu'ils avaient partagé lui manquait tant. Si seulement toute cette histoire avait put se passer différemment…

« Madame Perséphone. »

La voix calme mais pourtant dénuée d'émotions la tira de ses pensées. Se retournant, elle aperçu une jeune femme à genoux, tête baissé. Ses longs cheveux ébène masquait son visage et menaçaient à tout moment de glisser de sa longue robe pourpre pour toucher les dalles sombres. Il était étrange de la voir ainsi, elle qui semblait ne pas la tenir dans son cœur depuis que le seigneur Hadès les avait quittés.

« Pandore ?

- Votre père, madame, souhaite s'entretenir avec vous aussi tôt que possible. »

Perséphone sentit monter en elle une vague de crainte qui la glaça. Son père ? Si tôt ? Non, non. Elle avait besoin de temps. Elle ne pourrait pas lui mentir si elle ne prenait pas le temps de se préparer. Elle qui devait respecter ses demandes, comme chaque créateurs. Non, non. C'était bien trop tôt pour elle. Elle jeta un regard autours d'elle, cherchant désespérément les juges du regard. Où étaient-ils quand elle avait besoin d'eux ?

« Eaque, Minos et Rhadamanthe se sont absentés madame. Vous ne devriez pas faire attendre votre père madame. »

Elle regarda avec horreur la jeune femme toujours à genoux. Absentés ? Encore ? Mais où diable se rendaient-ils ? Elle le savait très bien, elle savait très bien qu'elle n'était pas la première à retrouver la trace du seigneur Hadès et la fidélité des juges était telle qu'il aurait été dur de seulement leur cacher les traces de cosmos de leur maitre qui flottait dans une petite ville grec. Oh misère. Oh misère. Elle aurait dû rester sur terre un peu plus longtemps, juste le temps de trouver quoi raconter à son père. Il était trop tard.

« Perséphone. »

Résonna une voix forte et sévère, semblable à un éclat de tonnerre. Le seul son de sa voix fit fuir les sujet de sa fille, ses derniers comprenant qu'il valait mieux pour eux quitter les lieux rapidement. Même Pandore qui se tenait encore devant elle quelques secondes auparavant, avait soudainement disparue, comme si elle n'avait jamais été là. Traitresse, se dit Perséphone entre ses dents et avant même qu'elle n'ai le temps d'aborder une fausse expression de joie, il était là.

Ses longs cheveux platines, lisse et brillant comme le soleil, encadrés son visage. Il tenait ses mains au niveau de son torse, dans un calme olympien, au dessus de sa toge d'un blanc immaculé. Lentement, il ouvrit ses paupières, dévoilant ses yeux d'un bleu si clair qu'il paraissait être blanc. Sa présence était écrasante, elle l'avait toujours été, mais Perséphone perçut autour de lui quelque chose de dur alors, lorsqu'il s'approcha, celle-ci recula de deux pas instinctivement. Il était son père, il l'aimait. Jamais il ne lui ferait de mal. Pourtant elle le craignait, comme chaque créateurs, car de tous il était leur roi.

« Perséphone, ma fille, pourquoi me fuyez-vous ainsi ? »

Il caressa son visage avec tendresse, accompagnant son geste d'une voix blessée. Non, jamais il ne lui ferait de mal. Il en était incapable, elle était l'une de ses enfants et aussi cruel pouvait-il parfois être avec les mortels, il ne pouvait pas blesser ses propres enfants. Il savait à quel point un père pouvait faire détruire sa famille avec facilité, il ne voulais pas répéter les mêmes erreurs que son propre père.

Perséphone se détendit légèrement, essayant de son mieux de faire semblant que tout allait bien. Il sentait bien que quelque chose n'allait pas mais il ne semblait pas comprendre. Le cosmos du seigneur Hadès l'avait pourtant entouré il n'y a même pas une heure, avait-il tout simplement disparut ? Ne s'était-il pas accroché à elle ? Il ne lui semblait pas.

« Tu sembles troublée ma fille. Pourquoi un tel trouble. »

Le créateur sentit pratiquement ses genoux trembler. Elle devait trouver quelque chose. Elle devait trouver un excuse mais elle avait beau chercher, encore et encore, sous le regard insistant de son père, elle se sentit prise au piège. Elle ouvrit la bouche, espérant trouver quelque chose mais rien alors elle soupira, laissant ses yeux tomber sur les pavés avec honte.

« J'ai échoué père.

- Toi ? Échouer ? Tu étais si proche.

- Il… Il n'est pas venu. Il a comprit qu'il s'agissait d'un piège. »

Son père plissa les yeux, doutant de ses mots. Pourtant, sa fille était d'une telle honnêteté, pouvait-elle seulement lui mentir ? Elle avait toujours respecté ses ordres, avait toujours fait ce qu'il lui avait dit de faire même lorsque cela lui en coûtait. Il secoua légèrement la tête de droit à gauche. Elle tremblait de peur rien qu'à lui avouer son échec, il n'avait pas le droit de douter d'elle. C'était déjà assez dure pour elle d'échouer. Chacune de ses erreurs alourdissaient ses épaules, elle était de ceux qui, malgré leur effort, ne pouvaient oublier le passé. Il croyait en elle.

« Bien, je ne t'en veux pas. D'autres occasions se présenteront. »

Perséphone soupira de soulagement alors que son père lui tourna le dos, près à partir dans l'une de ses multiples tirades. Elle le regarda se tenir à quelques pas d'elle, sa présence toujours aussi écrasante lorsqu'elle ne put s'empêcher de lui poser une question qui depuis un certain temps, l'ennuyait.

« Père… Vous qui êtes le seigneur des cieux, vous dont la puissance et la force reste inégalées, pourquoi ne l'enlevez-vous pas tout simplement ? »

Il soupira, tournant légèrement la tête vers elle avec un air fatigué.

« Ma fille, si cela pouvait être aussi simple. Toi plus que quiconque devrait savoir qu'un enlèvement n'est pas la bonne solution. Il faut que ce soit lui qui nous approche. »

Perséphone fut étonnée de voir le regard de son père se troubler.

« Il faut que ce soit lui qui vienne à moi. » chuchota-t-il pour lui-même.


Ahahahahah… Donc… Quant à mon absence… Ne me frappez pas, j'ai une explication. Les études. Et les examens. Examens qui ont commencé pour moi vers mi-Avril et étant donné qu'écrire un chapitre me prend deux jours en tout, je n'ai pas put trouver le temps d'écrire du tout. Bref !

Que dire ? Que dire ? Eh bah déjà c'est un peu la merde pour tout le monde. On applaudira le trio Aphrodite/DM/Milo qui ont une longueur d'avance mais qui sont quand même ne retard. On applaudira aussi Camus qui a dû subir les juges et ça c'est pas rien.

Eh bien, j'espère que cela vous à plus et à plus tard. Qui sait, peut être à dans 3 semaines !

Milkagirl26 : Merci pour ton commentaire ! Effectivement, pour une fois que c'est Milo qui a quelque chose pour Saga. Ahhh… Aphrodite et Deathmask, c'est une longue histoire. Qu'ils soient amis ou plus, ils sont tellement géniaux ! Et oui, Radha semble assez jaloux. X3

Hemere : Merci d'avoir commenté ! Milo, le seul qui peut sauver une situation un peu trop délicate…ou faire empirer les choses, on ne sait jamais avec lui ! Hadès peut tout faire, même ouvrir un salon de coiffure. J'avoue que la confrontation Camus vs Juges a été assez amusante à écrire. =)