Chapitre 100, à peu près 500 000 mots... un grand merci à tous ceux qui sont toujours là!

J'ai commencé à écrire le chapitre 107.

Bonne lecture!


Chapitre 100 : Résurgences

L'aube réveilla Kécile par le chant des oiseaux incessant dans la forêt qui les entouraient. Ils s'étaient tous mis à piailler alors que le soleil n'était pas encore à l'horizon. Elle poussa un soupir d'agacement en voyant qu'il n'était que 4h du matin et se retourna dans un grognement. Elle eut beau tenter de trouver refuge sous sa couverture, rien n'y faisait. Le vacarme était trop agaçant. Elle resta étendue les yeux grands ouverts à attendre que les minutes passent. Mais peu à peu les piaillements laissèrent place à la cavalcade des idées moroses.

Elle avait mal, tout le temps, même quand elle s'occupait, même quand elle souriait. Elle faisait bonne figure pour ses amis, pour Severus qui subissaient une perte tout comme elle et qui faisaient courageusement front.

Alors elle tentait de garder sa place de leader dans le groupe, parce que c'était ce qu'on attendait d'elle. Elle était toujours la quatrième baguette qui ferait pencher la balance, la fragile mais surprenante baguette d'amandier. Elle comprenait mieux que jamais ce qu'Albus avait voulu dire. Elle se sentait aussi faible qu'une petite fille face à la guerre qui avait éclaté. Elle ne voyait pas bien ce qu'elle pouvait faire. Elle avait même parfaitement conscience que seule, elle ne pouvait rien. Mais elle avait aussi une certitude, c'était qu'elle ne laisserait pas le champs libre aux mangemorts en quittant le champ de bataille. Ce serait trop facile.

Elle avait mal. Mais il y avait quelque chose comme le désir de vengeance qui commençait à naître en elle... et de la haine.

C'était étrange, finalement, elle n'avait jamais haï son père et les mangemorts jusqu'à présent. Elle s'était opposée à eux très froidement, par raison. Parce qu'elle avait compris que sa conscience n'était pas dans ce camp là. Parce qu'elle voulait être de celui d'Albus. Il n'y avait jamais eu de passion dans son combat. Juste un devoir auquel on l'avait éveillé.

Mais maintenant un sentiment beaucoup moins noble l'animait. Elle ne pouvait pas dire qu'elle restait debout avec la volonté de se battre par devoir. Bien sûr, il y avait la volonté de ne pas laisser tomber ses amis. Bien sûr, il y avait la conscience que son grand-père n'aurait pas voulu qu'elle abandonne le combat. Mais il y avait aussi le désir de le venger.

Hermione dormait toujours. Kécile, incapable de retrouver le sommeil, se leva sans bruit. Dans la chambre des garçons, elle entendait parler Harry et Ron à voix basse. Dehors, devant la tenture d'ouverture était assis Severus qui montait encore la garde.

Kécile s'activa autour du réchaud pour préparer un petit déjeuner convenable à tout le monde. Severus leur avait bien conseillé d'utiliser le moins possible la magie, ces appareils moldus étaient tout de même diablement longs et compliqués...

- Tu veux de l'aide ? Demanda Harry qui sortait de sa chambre avec Ron.

- Ça devrait aller, merci.

- Professeur, dit Ron, vous deviez me réveiller pour monter la garde, pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?

- Je n'avais aucune intention de dormir, autant que vous en ayez profité pour avoir une nuit correcte.

- Ce n'est pas raisonnable de faire une nuit blanche, Severus. On est suffisamment nombreux pour ne pas avoir à se priver de sommeil.

- Il te jugeait peut-être incapable de rester éveillé, Ron, commenta aigrement Harry.

- Déçu de ne pas avoir bénéficié de ce privilège, Potter ?

- Absolument pas. Je n'aime pas qu'on nous prenne pour des enfants sur qui on ne peut pas compter. Vous n'avez pas besoin de jouer les héros.

- C'est un rôle que je vous laisse, Potter.

Le jeune homme ouvrit la bouche pour répliquer, mais Kécile l'interrompit.

- Arrête, Harry, s'il-te-plaît ! Severus a juste laissé dormir Ron et Hermione. Ça partait d'une bonne intention. Tu ne vas pas lui faire un procès pour ça.

- Mr. Potter se croit encore obligé de se victimiser.

- Severus, n'en rajoute pas s'il-te-plaît, rétorqua sèchement Kécile.

- C'est surtout vous qui ne pouvez pas vous empêcher de sortir une remarque cinglante, juste pour le plaisir, cracha Harry .

- Et je constate comme toujours que vous n'avez pas suffisamment d'esprit pour y répondre.

- STOP ! Cria Kécile en sortant sa baguette. Encore un mot et je bâillonne l'un et l'autre ! C'est plus fort que vous ! Hurla-t-elle. Mais quand est-ce que vous allez grandir ? Vous agissez juste comme deux abrutis. Tous les deux !

Kécile passa devant Hermione qui, entendant les cris, s'était levée en se demandant ce qu'il se passait et s'enferma dans la chambre.

Ça la mettait dans une rogne noire de voir Harry et Severus se bouffer le nez. Sa colère retomba vite, mais elle voulait qu'ils comprennent que ça ne pouvait pas durer. Elle resta donc enfermée un long moment. De l'autre côté de la mince cloison, elle entendait chuchoter ou parler à voix basse, comme pour ne pas déclencher une nouvelle colère de sa part.

Hermione vint lui apporter son petit-déjeuner dans la chambre.

- Le professeur Rogue est parti...

- Tu peux l'appeler Severus, non ?

- Je ne sais pas...

- Il est parti où ?

- Pas loin, il a dit qu'il allait chercher des plantes pour son stock d'ingrédients. Une excuse pour s'isoler j'imagine.

- Si seulement ça pouvait être pour réfléchir à son comportement... Franchement, je ne sais pas quoi faire avec ces deux là, Hermione, soupira Kécile.

- Je crois qu'il n'y a pas grand chose à faire. Il y a trop de rancoeur et de non dits.

- Et bien qu'ils crèvent l'abcès une bonne fois pour toute ! Je vais les faire s'expliquer entre eux et cracher ce qu'ils ont sur le cœur, ça fera du bien à tout le monde.

- Je crois que ce n'est vraiment pas une bonne idée, Kécile...

- Ils vont s'engueuler un bon coup, crier, tempêter, s'injurier copieusement, et après ?

- Tu ne crois pas que ça pourrait dégénérer ?

- Tu n'imagines pas que je suis assez stupide pour leur laisser leur baguette ? Demanda Kécile avec un sourire en coin.

- Je ne le sens pas, Kécile... Vraiment pas du tout...

Harry tourna en rond toute la matinée, bricolant de-ci de-là, imité par Ron, observé par Hermione et Kécile cachées derrière un livre épais.

Lorsque Severus rentra quelques heures plus tard chargé des végétaux les plus étranges, l'ambiance s'alourdit encore plus, chacun évitant le regard de l'autre.

Charitable, Hermione se leva de son fauteuil et proposa son aide à Severus pour trier et ranger le fruit de son escapade. Harry et Kécile commencèrent à préparer un déjeuner à base de conserves et Ron se proposa de mettre la table.

Puis tout le monde s'installa pour déjeuner en silence. Ron tentait d'agir le plus normalement possible. Harry aussi, mais il évitait consciencieusement de parler ou de regarder en direction de Kécile ou de Severus. Ces deux derniers restaient muets et Hermione les observait du coin de l'oeil, se demandant qui allait mettre les pieds dans le plat le premier.

Mais Kécile n'avait pas prononcé des menaces en l'air et attendait le moment propice pour passer à l'acte. A savoir, laisser à chacun le temps d'avaler un morceau avant que les assiettes ne volent en éclats.

- Alors, est-ce que vous avez réfléchi ?

Les fourchettes suspendirent leur vol et les trois hommes regardèrent Kécile sans comprendre.

- Harry, Severus, est-ce que vous avez réfléchi à votre comportement ?

- Es-tu bien en train de nous faire la morale comme à des enfants de cinq ans ? Persifla Severus.

- Vous vous comportez comme des enfants de cinq ans, alors, oui.

- Laisse tomber, Kécile, ça n'a pas d'importance, marmonna Harry.

- Oh que si ça en a de l'importance ! Si tu crois que nous allons supporter vos puérilités pendant tout le temps que nous sommes condamnés à passer ensemble sous cette fichue tente, tu te trompes ! On a vraiment autre chose à faire !... comme chercher des horcruxes, par exemple ! Et si tu te considères comme une victime, laisse moi te dire que tu fais erreur. Ton comportement est tout aussi répréhensible que celui de Severus.

- Tu aurais dû savoir que nous faire vivre sous le même toit dans un espace aussi exigu, avec une pareille promiscuité, ça ne fonctionnerait jamais, Kécile, répondit Severus d'une voix plate. Il y a juste des gens avec qui on ne peut pas travailler.

- Et il y a juste des gens à qui tu ne peux pas faire confiance, rétorqua Harry d'un ton buté.

Kécile sortit sa baguette et d'un mouvement vif, attira celles des deux hommes à elle sous leur regard médusé et indigné. Elle les fit calmement disparaître, rangea la sienne dans sa poche puis garda le silence un long moment. Personne ne bougeait, pas même Harry et Severus qui attendaient un peu déconcertés de voir ce qui lui prenait.

- Severus, finit-elle par dire à voix basse, tu penses qu'avec moi tu peux travailler à la destruction de Voldemort ?

- Oui, tu l'as prouvé.

- Je n'en suis pas certaine. J'ai presque toujours failli à m'opposer à lui. Lorsque j'étais enfant je lui étais totalement soumise. A Poudlard, j'ai tenté d'obéir à ses ordres. Encore l'an dernier, j'étais sous son emprise par le sommeil du Maître. Et je suis faible. Je l'ai prouvé ces deux dernières années. Tu sais à quel point je suis fragile sans Albus. Emotive, pathétique même...j'ai eu beaucoup de mal à l'accepter et ça me désole, mais... j'ai cessé de lutter. Pourtant, toi qui déteste les larmes, la sensiblerie et qui prône le contrôle de soi en toute circonstance, tu me juges apte à participer à la défaite de Voldemort. Ce combat a besoin de héros, et je ne suis pas une héroïne, je ne suis pas comme toi.

- Je ne suis pas un héros, cracha Severus.

- Vraiment ? Comment appelles-tu alors quelqu'un qui consacre toute sa vie et sacrifie ses plus belles années à espionner le Seigneur des Ténèbres, au risque de subir des tortures pires que la port ? Comment appelles-tu un homme qui poursuit son combat quoi qu'il arrive, sans faillir, même une fois le chef de bataille disparu ? Comment appelles-tu l'homme qui accepte de tout quitter pour partir avec 4 enfants, dont 3 qu'il ne supporte pas, en vadrouille après une quête incertaine ? Moi, j'appelle ça un héros. Pas de ceux qu'on trouve dans les contes ou les histoires, mais un héros quand même.

- Et je suppose, si je suis la logique de ton discours, que Potter, lui, est un héros comme il en faut dans les batailles ?

- Navrée que ça t'écorche la bouche à ce point, mais pourquoi lui refuser ce statut ? Ce n'est pas juste parce qu'il est l'Elu... Comment peux-tu refuser de te faire un allié de quelqu'un qui a mis en échec autant de fois Voldemort, qui a montré tant de vaillance et de courage au fil des années ? Ses actions ont peut-être eu plus d'éclat que les tiennes, Severus, mais ne vois-tu pas vos ressemblances ? Vous avez le même courage, la même abnégation, la même vaillance. Que lui reproches-tu ? De n'avoir jamais faibli ? De n'avoir jamais été tenté par la mauvaise cause ? Aurais-tu l'immaturité de te venger sur lui de tes propres erreurs ?

- Il n'y a pas que cela, Kécile, c'est...

- Le reste n'est que broutilles, ce ne sont que des prétextes, Severus, et tu le sais. Non, s'il-te-plaît, Severus, laisse moi finir ce que j'ai à dire, dit-elle en l'interrompant à nouveau. Après vous pourrez parler, mais je veux qu'on aille au fond de cette conversation sans s'égarer dans des puérilités. Maintenant, c'est à toi que je m'adresse, Harry. Qu'est-ce que tu disais, tout-à-l'heure ? Il y a des gens à qui ont ne peut pas faire confiance ? Dumbledore et moi-même avons une confiance infinie en Severus. Il a défié Voldemort, il a subi les pires tortures pour ne pas trahir notre cause. Ta cause, je devrais même dire, bien avant la mienne. Il a commencé ce combat bien avant toi. Sans lui, nous ne serions probablement plus en vie. Lui reproches-tu donc d'être resté dans l'ombre ? Il a commis une grave erreur avec tes parents. Un choc suffisant pour le décider à défier Voldemort et à sacrifier sa vie. Je ne dis pas qu'il est facile de rester toujours dans le droit chemin. Mais je pense que c'est encore plus difficile d'y revenir sincèrement. C'est un changement qui s'opère dans la souffrance et qui demande beaucoup de force de caractère. Peu de personnes en sont capables. Je pense que tu devrais l'admirer pour ça. Et puis, tu me fais confiance, à moi... Pourtant, j'ai longtemps suivi mon père. J'ai envisagé de tuer Albus, j'ai manqué te tuer, Harry. Je t'ai mis en danger. J'ai maintes fois donné la preuve que je n'étais pas l'alliée la plus fiable. Et pourtant tu me fais confiance. Alors quel est le vrai problème, Harry ? N'est-ce pas juste un prétexte pour cacher que tu n'arrives pas à lui pardonner comme tu m'as pardonné ?

Il y eut un long silence. Harry fixait obstinément ses yeux sur une brûlure qu'arborait la table alors que Severus dardait un regard dur sur Kécile. Hermione et Ron tentaient de se faire discrets, observant l'un et l'autre avec une pointe d'appréhension.

- Maintenant que tu as fini ton petit sermon, tu attends quoi ? Cracha Severus.

- Que vous vous parliez. Que vous reconnaissiez vos torts, que vous cherchiez à vous comprendre.

- Tu me demandes de comprendre le meurtrier de mes parents, rétorqua Harry.

- Le meurtrier de tes parents, on essaye tous de l'abattre, ne mélange pas tout.

- Il a trahi mes parents ! Cria-t-il en se redressant mes parents. Je ne peux pas faire confiance à un traître.

- Bien évidemment, Mr Potter n'est pas capable de commettre ce genre d'erreur, grinça Severus. Vous êtes au-dessus de ça, Potter, au dessus des doutes et des tentations du commun de mortel. Incapable aussi apparemment de comprendre ce que le mot repentir signifie. Je ne serai jamais assez bon pour me racheter, hein, Potter, c'est ce que vous vous dites, n'est-ce pas ! Que je crève la bouche ouverte de la main du Seigneur des Ténèbres, c'est tout ce que je mérite !

- Vous n'avez pas eu l'attitude de quelqu'un de repenti, pas avec moi en tout cas ! Vous n'avez jamais rien fait d'autre que de me traîner plus bas que terre ! Hurla Harry fou de rage. A peine avais-je mis un pied dans cette école ! Et maintenant que je sais toute la vérité, vous voudriez que je me montre magnanime ?!

- N'est-ce pas là une qualité éminente des vaillants gryffondors ? Nargua Severus.

- Mais arrêtez avec vos clichés à 2 noises ! Je ne me suis jamais considéré comme une personne meilleure que les autres. J'ai juste essayé d'être une bonne personne qui fait les bonnes choses.

- Considérez que je suis une mauvaise personne qui essaye de faire les bonnes choses, alors.

- C'est raté !

- Cela fait 17 ans que je vis avec ce crime sur la conscience, Potter ! 17 ans que chacun de mes choix a été dicté pour tenter de rattraper l'irrattrapable. Comment imaginez-vous que j'ai pu me sentir en vous voyant débarquer à Poudlard, pompeux et insolent ?

- Ça c'est vous qui le dites !

- Vous êtes pompeux, Potter.

- Qu'avec les gens qui ne voient en moi rien d'autre que l'Elu.

- Et vous êtes insolent.

- Qu'avec les gens qui m'agressent.

Les deux hommes se regardèrent, leur deux haines presque palpables s'entrechoquant l'une contre l'autre. Puis peu à peu la colère retomba et les regards se firent plus graves.

- Donc je ne vois en vous que l'Elu et je vous agresse ? Conclut Severus

- Cela résume assez bien notre relation, non ? Et moi en retour je suis un pompeux insolent en votre présent. Accordons-nous là dessus, termina Harry d'une voix presque résignée. Je ne suis toujours pas prêt à vous pardonner.

- Ne vous inquiétez pas, Potter, je ne vous le demande pas.

- Vous ne vous pardonnez pas vous même, n'est-ce pas ? Renifla le jeune homme. Ce serait bien votre genre, la flagellation éternelle.

- En quoi ça vous concerne ?

Harry eut une moue ennuyée.

- J'imagine que d'une certaine manière, ça prouve que vous êtes quelqu'un de bien... enfin, meilleur que ce que je pense.

Il y eut un long silence après cet aveu de Harry qui n'osait plus regarder son professeur en face.

- Je suppose, dit lentement Severus, que si tant de monde vous apprécie, c'est que vous n'êtes pas qu'un pompeux insolent...

Les trois autres avaient assisté un peu ébahis à ces concessions et ses torts reconnus à demi-mots. Hermione et Kécile échangèrent un sourire. La hache de guerre n'était peut-être pas enterrée mais enfin, elle n'était plus dressée entre eux.

Kécile leur rendit leurs baguettes sans un mot et se leva pour quitter la table, sans faire le moindre commentaire.

Durant les jours qui suivirent, il n'y eut pas d'algarade vitriolée, et les deux hommes se parlaient presque sur un ton normal. Presque, car de toute évidence, ce nouveau mode de dialogue, basé sur autre chose que l'ironie, l'insolence et le concours de la parole la plus blessante les déroutaient clairement. Il leur fallait trouver un nouveau mode de communication, et de toute évidence se parler de manière civilisée n'était pas chose aisée après 6 années d'engueulades sur tous les tons.

Lorsque ce nouvel ordre social sembla perdurer malgré sa fragilité, les 5 fugitifs commencèrent à nouveau à se poser la question de savoir ce qu'ils allaient faire. Jusqu'au 19 septembre, Severus refusait catégoriquement qu'ils entreprennent la moindre action. Mais Ron avait fait remarquer à juste titre que l'ennui aurait raison de leur bonne résolution avant la fin des 6 semaines qu'ils avaient à attendre s'ils ne faisaient rien pour avancer.

Kécile avait alors suggéré qu'ils s'entraînent.

- Comment veux-tu qu'on s'entraîne sans magie ? Avait rétorqué Harry avec une pointe d'humeur.

- L'entraînement ne consiste pas seulement aux sorts, Potter. C'est aussi une question de forme physique. Et aux vues des mois qui nous attendent, ce ne serait sans doute pas superflu de nous exercer.

- Vous voulez dire... faire du sport ? Demanda Hermione d'une voix blanche.

- C'est à peu près cela, Miss Granger, dit Severus d'un ton moqueur. Ce n'est probablement pas l'une de vos pratiques favorites, mais je suis certain que vous en comprendrez l'utilité.

- Génial... marmonna Ron.

- Quant à vous, Mr Weasley, je propose de vous entraîner tout spécialement d'ici à ce que vos amis soient capables de vous rejoindre dans votre souffrance.

Le jeune homme déglutit mais ne protesta pas.

C'est ainsi que commença une nouvelle routine faite de beaucoup de sueur pour les jeunes gens.

Tous les matins, avant le petit-déjeuner, Severus les emmenait de force, parfois après les avoir tiré hors du lit pour un jogging dans la forêt. Les premiers jours furent particulièrement pénibles pour tous, mais aucune plainte ne fut prononcée.

Kécile avait toujours été habituée à l'effort physique durant ses années au manoir de Voldemort, elle souffrait donc en silence, sachant pertinemment qu'elle avait connu pire. Harry avait toujours été habitué à des pratiques sportives, volontaires ou non, mais de toute évidence, la chasse au Harry avait servi vaguement à quelque chose. Pour Ron, le plus dur était surtout de sortir du lit, mais courir ne le dérangeait pas. La pauvre Hermione ne pouvait pas en dire. Elle était sans nul doute celle qui souffrait le plus, mais sa volonté était suffisamment forte pour la faire suivre le groupe avec toute l'énergie qu'elle était capable de donner.

Severus fut surpris de la bonne volonté des adolescents, et il se trouva presque à prodiguer des encouragements à Hermione qui souffrait en silence, haletant péniblement et luttant avec un point de côté qui lui sciait les côtes.

Lorsque la fin de juillet approchant, Severus ajouta une séance supplémentaire le soir, il y eut des grimaces, mais personne ne protesta non plus. Il surprit juste un commentaire désabusé de Weasley alors que celui-ci se pensait à l'abri des oreilles indiscrètes :

- Franchement, on m'aurait dit que je verrai un jour Rogue, habillé avec un jogging et des baskets, autrement que ses sempiternelles robes noires, à trotter dans les bois, et qu'en plus ça ne me ferait même pas rire, j'aurais aussitôt envoyé la personne à Saint-Mangouste...

Le reste de la matinée était consacré à des duels entre Severus, Kécile et Ron au cours desquels ce dernier mangeait fréquemment mais patiemment la poussière.

L'après-midi, chacun avait pris l'habitude de s'isoler dans son coin pour profiter d'un moment de calme. On surprenait de plus en plus souvent Ron a s'entraîner à lancer divers sortilèges complexes, Hermione se plongeait dans la lecture de vieux grimoires qui sentaient la magie noire. Kécile passait plusieurs heures à jouer du hautbois et Harry l'écoutait d'une oreille distraite, perdu dans des pensées peu réjouissantes.

L'anniversaire de Harry arriva dans une morosité ambiante, alors que la radio portative de Ron crachotait toujours de plus en plus de mauvaises nouvelles. Alors qu'il atteignait sa majorité, Harry était étreint d'un sentiment d'urgence et d'inutilité mêlé.

Ses amis étaient en train de tenter de préparer un dîner digne d'un anniversaire sur le réchaud au gaz tandis que Severus était assis sur la grande table qui leur servait un peu de tout, à lire un livre.

Il s'assit en face du professeur et le fixa jusqu'à ce que celui-ci lève les yeux.

- Qu'y-a-t-il, Potter ? Finit-il par soupirer

- Vous entendez tout ce qui se passe.

- Je ne suis pas sourd, Potter.

- Il faut faire quelque chose. On ne peut pas laisser tous ces gens mourir ou se faire arrêter sans rien faire.

- C'est exactement le genre de pensée typiquement gryffondor qui vous perdra, Potter. Et c'est exactement comme ça que le Seigneur des Ténèbres attend que vous réagissiez. Alors faîtes nous le plaisir de le surprendre.

- On ne peut pas rester sans rien faire ! Ce serait criminel !

- Ce qui serait criminel, ce serait de mettre vos amis en danger. Et c'est ce qui risque d'arriver tant que Miss Granger ne peut pas utiliser librement la magie.

- Je crois qu'il y a pourtant quelque chose que nous pourrions faire. C'est vous même qui en avez parlé. Vous semblez convaincu avec Kécile que cette nécromancienne, Grunt, pourrait nous apporter des réponses. Pourquoi ne pas partir à sa recherche ?

- Je sais déjà où elle se trouve.

Comment ça ? Vous disiez que vous ne saviez pas... commença Harry d'un ton accusateur

- J'ai dit que les Malfoy savent où a été enterré Gwendoline Grunt, et renseignements ont été pris auprès des Malfoy.

- Je doute que vous ayez pu communiquer avec Lucius Malfoy par simple retour de hibou.

- Bien sûr que non, Potter, faîtes marcher votre cervelle ! Ce n'est pas pour rien que nous avons Drago dans notre camp et que l'ordre s'est engagé à protéger sa mère.

- Et qu'attendons-nous pour y aller ? Demanda Ron.

- Combien de fois vais-je devoir le répéter ?

- Je crois que nous pourrions bien concéder cela à Harry, Severus, intercéda Ké veux dire... Elle n'est pas enterré au manoir de mon père, n'est-ce pas ?

- Non.

- Quelle est la probabilité qu'on croise des mangemorts là-bas ?

- Très faible, reconnut Severus.

- Alors ne crois-tu pas qu'on pourrait tenter ?

- Avec Miss Granger qui ne peut pas faire de magie ?...

- Hermione est raisonnable. Tu doutes qu'Harry soit capable de tenir sa baguette rangée si on le lui demande, je t'approuve. Mais Hermione... Allons, Severus, on va juste visiter une tombe... Il ne s'agit pas d'un repère de mangemorts ou d'horcruxes.

Severus arqua un sourcil dubitatif.

- Tu es assez naïve pour croire ça ? Dois-je te rappeler qu'il s'agit de la nécromancienne du Seigneur des Ténèbres ?

- Je persiste à croire que c'est sans risque.

- Stupide gryffondor...

Mais les 4 adolescents finirent par avoir gain de cause, et quelques jours plus tard, ils se trouvaient à l'aube, alors que le soleil n'avait pas encore passé l'horizon, à marcher dans l'herbe humide et dans la brume, l'oreille aux aguets, baguette au poing, non loin d'un village moldu, tout ce qu'il y avait de plus paisible. Un peu à l'extérieur de la ville se dressait une petite maison abandonnée qui avait dû autrefois être clôturée par un jardin. Il s'agissait à présent davantage d'un champ qu'autre chose, et la clôture n'était plus qu'un vestige de part en part. Au milieu des herbes folles, on distinguait une tombe de pierre noire.

Le nom de Gwendoline Grunt était inscrit avec ses dates. Et en dessous était gravé une épitaphe signée :

L.D. D.


Alors, ça vous a plu? Je sais, on la voyait venir cette engueulade. En tout cas je me suis bien amusée à l'écrire.