Disclaimer: Saint Seiya, ses personnages et son univers ne m'appartient pas.


Il laissa tomber sa tête sur le couvre-couette de coton, profitant inconsciemment du moelleux de la couverte. Ses yeux clairs se perdirent sur le plafond blanc au dessus de lui sans pour autant réellement observer la pâleur de la surface. La moquette sous ses mains était douce, duveteuse et probablement compliquée à nettoyée lorsqu'il y pensait. Une partie de lui faisait tout pour oublier la requête qui lui avait été faite, l'autre ne pouvait s'empêcher de se plonger dans une tranquille nostalgie et mélancolie. C'était peut être pour ça qu'il s'était surprit à légèrement sourire. Il sentit dans l'air une pointe d'agrume, des nuances sucrées et acides flotter au dessus de lui comme des notes de musique dans l'air. L'odeur de son humain, mêler à sa respiration calme, le détendit.

Camus le regardait silencieusement, sans impatience ni jugement. Il attendait simplement, assit sur son lit. Pourtant Hadès continuait de regarder son plafond. Peut être était-il perdu dans ses souvenirs. Le verseau n'avait pas envie de le presser, forcer quelqu'un à parler n'était au fond d'aucune utilité, et si le créateur décidait de ne pas dire un mot, alors il ne lui en voudrait pas.

Ce jour là était une journée tranquille, un jeudi ensoleillé. Il n'avait pas besoin d'ouvrir la boutique et personne ne l'avait contacté pour un cas de hantise. Son inventaire avait été fait la semaine dernière et il avait rempli la dernière commande il y a deux jours. Il s'agissait d'un attrape-rêve orné de perle de jade et décoré de longues plumes colorées qui pendaient avec grâce au bout des ficelles de chanvre bordeaux. L'objet devait être le cadeau pour le seizième anniversaire d'une jeune fille passionnée par la culture amérindienne. Sa grand-mère lui en avait toujours promit un et cela semblait être l'occasion parfaite. Intérieurement, Camus pria pour que l'objet lui plaise : il n'avait pas l'habitude de faire des attrapes-rêves lui même, généralement il obtenait les siens d'une connaissance de longue date, un sorcier ayant lui aussi vécu à l'orphelinat du Sanctuaire. Shura, car tel était son nom, n'appréciait pas particulièrement en faire mais il s'avérait être bien plus doué que le médium.

« J'ai toujours cru qu'il se pouvait que je sois mauvais, désormais j'en suis sûr. »

Camus fut tiré de ses pensées par les quelques paroles du dieu. Aussi dures, aussi tristes furent-elles, la voix du créateur n'avait rien de peiné ni même de haineux. Non, Hadès était juste là, assit par terre, ses jambes frôlant la porte fermée en face de lui. Il semblait en paix alors qu'il regardait désormais devant lui. Le médium se redressa légèrement prêt à écouter si on lui en laissait l'occasion et l'être à ses côtés le sentit. Sous les yeux indigo de l'homme, il reprit d'une voix toute aussi calme:

« Je me rappelle Camus, tous ces maux dont j'ai été la cause. »

Camus l'écoutait, sans dire un mot, sans même bouger mais le créateur continuait de sentir son regard posé sur lui. Il n'y avait pas de jugement, pas de surprise ni même de souffle coupé pendant une courte seconde, non rien de ça. Comme si l'humain savait déjà, comme si on lui avait déjà dit. Hadès passa une main dans ses longs cheveux, masquant pendant quelques instants le monde loin de son regard. Il se surprit à écouter le silence, la bouche entrouverte, prête à continuer son récit, seulement la respiration calme de l'homme le berçait dans son mutisme. Éventuellement, il continua d'une voix bien plus faible, bien plus fragile :

« Cet être qui t'as enfermée, elle se nomme Perséphone.

- Je sais. », répondit calmement Camus.

Hadès tourna lentement la tête vers lui, l'interrogeant dans un silence confus. Lui mentait-il ? Non, le médium le regardait avec sérieux. Le créateur plissa légèrement les yeux : qui alors lui avait dit ? Étaient-ce les trois juges ? Si ce n'étaient pas eux, qui d'autre alors ? Camus ramena ses jambes vers son torse avant de doucement glisser aux côtés du dieu. Il s'assit, ses jambes contre sa poitrine, désormais dans l'ombre de son lit. Malgré cette légère obscurité, ses iris demeuraient de cette teinte si vive mais profonde à la fois, et semblait détenir tous les secrets de l'être à côté de lui.

« Je sais, répéta-t-il dans un murmure pour ne pas briser le calme autour d'eux. Angelot, Aphrodite et Milo l'ont découvert grâce au Livre des Morts. »

Hadès ne répondit rien, à la place il détourna la tête légèrement sur le côté et ramena ses jambes contre lui, comme Camus l'avait fait quelques minutes auparavant. Il ignorait ce qu'était exactement le 'Livre des Morts', il s'en moquait. La seule chose sur laquelle il pouvait se concentrer était ce regard jade le suppliant. Il serra les poings sans s'en rendre compte, soumis à une soudaine rage alors que le visage de ce créateur se dessinait encore et encore dans ses pensées.

« Vous l'aimiez.

- Oui, son regard brûlant de rage se posa sur le sol. Je l'ai aimé des années et des années durant sans jamais être aimé en retour. Et même lorsque je me résignai à ne plus ressentir amour et tendresse pour elle, elle resta ma plus fidèle alliée. Si ce n'était des sentiments romantiques qui nous unissaient, nous partagions cependant une précieuse amitié.

- Qu'a-t-elle fait dans ce cas pour mériter une telle haine ? »

Hadès ferma les yeux, se remémorant ces souvenirs qu'il avait perdus pendant tant de temps. Il se rappelait se sentiment d'être un étranger dans son propre corps, incapable de contrôle le moindre de ses membres. Son âme avait été étouffée, comateux alors que ce qui se passait autour de lui lui échappait. Possédé, il avait été possédé. Qui sait le nombre d'actes affreux avait-il commit lorsque son corps ne lui appartenait plus, combien d'être avait souffert par sa faute. Il serra les mâchoires, se souvenant des yeux suppliants de Perséphone face à la folie qu'il avait fait naitre. Et cette délectation qu'il ressentit lorsqu'il vit deux peuples se déchirer, l'un tombant dans le piège mortel de l'autre. Il ne fut pas l'instigateur de cette guerre pourtant il ressentait un plaisir perfide à voir les hommes n'être que de simple pions pour une bataille qui entre plusieurs créateurs. Il se souvient même d'avoir pensé que si une pomme pouvait être la cause de tant de guerre, alors il serrait bien simple pour lui d'anéantir ces misérables fourmis.

Hadès passa sa main sur son front avec force, comme pour s'obliger à effacer ces affreuses pensées. Ce n'était pas lui, cet être qui souhaitait voir le monde s'effondrer, ce n'était pas lui. Il se rappela lorsqu'il préférait flâner parmi les fleurs du jardin des Enfers, lorsque de son trône il voyait défiler nombre et nombre d'âmes auxquelles il offrait un jugement juste et certain. Il se rappela cet humain qui, déchiré par la mort de son aimée, il implora le dieu de la ressuscité et contre toute attente, il avait accepté en échange d'une musique et d'une promesse. Il s'efforça de se souvenir de tout ce qu'il fut bien avant d'être précipité au plus profond du néant, avant de s'extasier sur la mort d'être qu'il avait apprit à apprécier.

Le créateur tressaillit en sentant la chaleur d'une main se poser sur l'un de ses poings fermés. Il redressa la tête sous le doux regard du verseau. Il n'avait aucun souvenir de lui autre que celui de Camus. Il avait beau chercher, il ignorait de qui il s'agissait. Hadès fronça légèrement les sourcils, détaillant lentement le visage de l'humain. Ses yeux légèrement en amande semblaient être perpétuellement légèrement fermé ce qui, accompagné de ses longs cils assombrissant ses iris, donnait à son regard quelque chose de las. Son nez droit mais fin s'accordait parfaitement avec la douceur de ses traits, le tout donnait d'ailleurs au verseau un aspect androgyne, voir sous certain angle, juvénile. Les deux lignes élancées que constituaient ses lèvres étaient quant à elles légèrement retroussées seulement leurs commissures restaient droite, lui donnant cet air sérieux pour ne pas dire strict. Cet air était d'ailleurs renforcé par la courbe de ses sourcils bien définis. Les pointes de ces derniers finissaient légèrement en fourche qui étaient cependant cachées par la frange turquoise du jeune homme.

Le visage du jeune homme n'éveillait aucun souvenir datant d'avant son enfermement. Le pendentif qu'il portait lui rappelait effectivement quelque chose, seulement Camus... Il ne connaissait Camus qu'en tant que Camus. Les paroles de Perséphone, qu'elle lui soit adressé ou non, laissait pourtant entendre que l'humain était tout autant menacé que lui, poursuivit par le même ennemi. Hadès savait d'ailleurs pertinemment de qui il s'agissait.

Torturé par ses propres pensées, Hadès abandonna. Il soupira longuement avant de se saisir délicatement de la main de l'humain. Il ne servait à rien d'ainsi chercher pour le moment, aussi longtemps que Camus était à ses côtés, il pourrait le protéger. Si il lui apprenait à se servir de son cosmos, alors le jeune homme pourrait un tant soit peu se défendre... Pas contre celui qui les poursuivait malheureusement.

« J'étais possédé Camus, j'en avais moi-même conscience mais il n'y avait rien à faire : mon âme était gelée, maintenue dans un état comateux. Je pouvais voir, sentir et percevoir seulement mon état de conscience était inhibé. On s'était emparé de mon corps, de mes pouvoirs sans que je puisse y faire quoi que se soit. On m'utilisa, j'ignore pendant combien de temps, parfois il me semblait que cela durait des années, d'autre fois seulement une poignée de seconde. On s'empara de moi pour répandre tant de maux sur les humains. Jusqu'au jour où, peu de temps après une grande guerre, mes actes précipitèrent pratiquement l'humanité à sa fin. »

Il entendit Camus retenir son souffle, comprenant parfaitement la réaction du médium. Il venait après tout de lui avouer que par sa faute, les hommes auraient pus disparaître. Camus ne retira pas pour autant sa main de l'emprise du dieu, il ne chercha en aucun cas à fuir. À la place, il mit sa deuxième sur celle d'Hadès et d'un regard rassurant, l'encouragea à continuer. Le dieu tourna la tête vers la porte et la baissa, laissant ses longs cheveux masquer son visage.

« Je fus bien évidemment punis. »

Le créateur murmura presque, son ton bien plus faible qu'auparavant. Camus y entendit pourtant de la peine et de la déception, ses souvenirs faisaient tant de mal à l'entité.

« Attaché, on posa sceau après sceau sur ma peau. Je suis un dieu, l'un des douze grands dieux, une être immortelle et pourtant cette douleur... Cette douleur me donna l'impression de mourir encore et encore... »

Doucement, le médium se pencha vers lui et resserra sa main. Brusquement, il vit l'entité relever la tête avant de sentir sa poigne autour de sa main violemment se resserrer. La rage du dieu s'était réveillée et effrayait légèrement l'humain à ses côtés sans même qu'il s'en rende compte. Ses yeux bleus brûlaient de colère mais aussi de peine, s'en était déchirant.

« Ils m'ont jeté dans le néant, Perséphone, Zeus et Poséidon, mes propres frères, tous ça sous les yeux des autres dieux. J'ai crié. Ô combien j'ai crié ! Qu'ils me relâchent, que j'étais revenu à moi. Ils n'avaient pas vu, ils n'avaient pas comprit pendant tout ce temps je fus possédé seulement au moment où le premier fut posé sur ma peau, l'être qui me possédait me quitta, me laissant seul avec cette souffrance et cette rage. »

Le médium posa une main sur la joue de l'entité et le força délicatement à tourner la tête vers lui. Il vit alors le désespoir hanter les iris bleu d'Hadès. Hadès, quant à lui, sentit sa colère et sa douleur se calmer lorsqu'il croisa le regard indigo du médium. Ce n'était pas tant ses yeux qui le captivait mais bien son être tout entier. Sa présence. Lentement, il desserra sa main avant de continuer plus calmement :

« Je me sentis trahit Camus. Ils n'avaient pas tentés de me sauver, ils ont seulement abandonné. J'étais l'un des leurs, j'étais comme eux pourtant... Pourtant ils m'ont abandonnés. »

Camus regarda quelques instant la main du dieu, toujours entrelacée avec la sienne. Il réfléchit longuement, dans la pénombre de sa chambre.

« Mes parents m'ont abandonnés Hadès. Tout ce qui comptait pour eux était que je sois un enfant de Dieu, même si ça m'en coûtait la vie. Ils m'ont abandonnés... »

Hadès retira sa main de celle du médium avant de passer son bras autours de ses épaules. Il ramena alors l'humain contre lui, sans le brusquer, puis posa son menton sur le haut de son crâne.

« Merci... d'être là », murmura-t-il à Camus.


Du haut de son trône, il observa ses pairs s'enjouer à ses pieds. Son coude reposait sur l'accoudoir, son menton poser sur son poing fermé. Ses longs cils dorés qui ornaient ses paupières mi-closes ombrageaient le bleu pâle de ses iris, leur donnant cette teinte grise orageuse. À l'horizon de ses pensées, une tempête silencieuse se préparait et personne, hormis l'une de ses précieuses filles, ne semblait le constater. Il était calme, bien plus que d'habitude, pourtant ses sourcils demeuraient légèrement froncer.

À ses côtés, son épouse observait tantôt avec bienveillance, tantôt avec haine les autres créateurs qui défilait lentement. Un tout autre jour, il l'aurai remarquer remettre sans cesse une mèche châtain derrière son oreille. D'un sourire, il aurait replacé les quelques cheveux rebelles dans le chignon de son épouse. Puis il lui aurait prit la main, un regard doux et lui aurait dit « Héra, mon aimée, rien ne peut entacher votre beauté. », pourtant il ne fit rien. Non, il continua de fixer l'amas de dieux au pied du trône sans y prêter réellement attention.

À la place, il se rappela sa voix, ses mains, son regard déchirant. Il se rappela le touché de sa peau, le rose de ses lèvres et le vide qu'il avait laissé en lui. Il aimait porter ses cheveux en une haute queue de cheval, orné d'une barrette d'or. Une barrette représentant un oiseau prenant son envol, désormais, c'était lui qui la portait. Son regard glissa lentement des visages aux pavés blancs et brillants. Il se souvenait de sa chaleur et son teint bien trop clair. Il se souvenait de son sourire, il se souvenait de ses larmes. Le créateur manqua de sursauter en sentant la chaleur d'une main poser sur la sienne. Il regarda les doigts fin, remontant lentement le bras jusqu'à voir le sourire doux de son épouse. Ses yeux d'un vert olive légèrement plissés semblaient vouloir lui dire que tout allait bien mais si elle avait seulement une idée.

Sans perdre une seconde, il tourna son visage de nouveau vers la foule et retira sa main. Certes, il sentait parfaitement l'air outré d'Héra mais n'y prête pas attention. Il y a de ça des siècles, il fut l'époux le plus volage et malgré cette place si importante que celle de dieu des dieux, cela ne l'empêcha en aucun cas d'avoir été la cause de tant de désastre. Il serra la main, enfonçant ses ongles dans le tissu cousu de fil d'or de sa chlamyde. Il avait renoncé à ses aventures, avait tourné le dos à tant de tentation et si son passé n'avait jamais été, alors il aurait pu se vanter d'être un model de vertus. Oui, il était désormais d'une droiture exemplaire, pour sa reine qui jamais ne l'avait quitté malgré ses infidélités, ainsi que pour la race des hommes, êtres qui finirent par trouver grâce à ses yeux.

L'espace d'un instant, il redressa le menton et bomba son torse : il pouvait être fier de ce qu'il était devenu, même si cela valu un sacrifice. Après avoir put observé le Néant de ses propres yeux, après avoir perdu ce qu'il concevait comme une partie de lui-même, la fierté et les envies qui l'avaient dévoré furent étouffés. Oui, il y a de ça des millénaires, Zeus, dieu des dieux, perdit un précieux ami et un précieux allié : son frère le plus âgé, précipité aux tréfonds de cet endroit qu'ils appelèrent Néant. Puis il le perdit, lui, quelques années plus tard. Son amant, son précieux amour auquel il accorda la jeunesse et la vie éternel.

Zeus sentit une cuisante brûlure au fond de sa gorge, semblable à la bile. Il l'avait cherché, ô comme il l'avait cherché mais son âme restait introuvable. Son cosmos semblait s'être éteint avec lui. Avait-il anéanti son âme ? Était-il seulement possible? De ce qu'il savait, une âme pouvait être brisée et éparpillé parmi les différents mondes, mais pouvait-elle vraiment être réduite à néant ?

Sans un mot, le créateur se leva d'une lenteur accablante, son sceptre doré en main. Tous arrêtèrent de parler, se tournant vers l'être qui les dirigeait tous, vers ce même être qui du haut de toute sa splendeur semblait bien plus loin que n'importe lequel d'entre eux. Son aura glaciale et son visage fermé avait quelque chose d'affreux, leur donnant l'impression que n'importe lequel parmi eux allait subir son courroux. Zeus n'était pas particulièrement terrorisant, son autorité était cependant tel que personne excepté peut être Héra son épouse, n'oserait le regarder dans les yeux. Avec la même lenteur, il jeta un regard sur l'assemblé, leur envoyant un avertissement silencieux, avant de descendre les quelques marches qui menait à son trône d'albâtre. Le claquement de son sceptre sur les dalles de marbres résonna dans le calme tendu alors que sa présence seule suffit à séparer la foule, lui laissant un large passage jusqu'au grandes portes sombres.

Tous ces êtres, ces dieux, parés de tissus aux couleurs douçâtres et aux perles d'or. Il ne décrocha pas les yeux des portes pourtant il voyait toujours ces drapés de mousselines, ces broches finement ciselées. Ces visages qu'il connaissait par cœur et ce depuis des milliers d'années, mais toujours aucune trace de lui. Zeus venait d'interrompre une énième festivité au sein des dieux, qu'en avait-il à faire après tout ? Il était leur roi, il pouvait faire comme bon lui semblait. Il n'avait plus la force d'écouter ses musiques certes enivrantes mais bien trop entrainante à son goût et l'arôme légèrement âcre de l'alcool qui ne cessait de couler ne suffisait pas à embrumer ses pensées.

Deux gardes, vêtus d'armures aux multiples fioritures et faites d'un métal brillant, tirèrent sur les anneaux des lourdes portes qui s'ouvrirent dans un grincement sinistre. Le dieu passa, silencieux, laissant derrière lui les regards craintifs et perdus de ses pairs. Il était clair qu'il désirait qu'on le laisse seul, alors les portes se refermèrent derrière lui, un bruit sourd lui indiquant qu'il pouvait enfin laisser son masque d'indifférence. Il avança de quelques pas dans le péristyle, s'enivrant du parfum des jasmins blancs qui grignotait pratiquement toutes les colonnes.

La lumière d'un soleil éternelle tombait en cascade sur les plantes luxuriante, reflétant leurs feuilles vertes profond d'un éclat doré, et venait éclairer un bassin d'eau clair qui avait toujours siégé au centre de ce jardinet. Combien de dieux s'étaient assit sur la roche d'un blanc éclatant ? Combien avait observé leur reflet sur ce miroir lisse et combien encore ont laissé ces eaux désaltérées leur soif de réponse ? Du bout du doigt, il caressa la pierre glaciale, avant de s'y asseoir. Le tissu de sa chlamyde se prit au branche d'un buisson de rosier au fleurs rose poudré. Au fils des millénaires, les hommes avaient évolués, avaient découvert comment exploiter au mieux le monde autours d'eux, à la grande fierté des dieux. De leur monde de d'or et d'ivoire, ils observaient les hommes sans pour autant réellement s'en approcher car si des millénaire de ça il aurait été facile de seulement marché parmi les mortelle, seulement, des millénaires de ça, l'équilibre changea pour les créateurs et leurs créations. Ceux qui furent jadis vénérer fuirent dans ce monde qui était le leur et toute trace de leur existence fut effacer.

Il n'y avait aucune règle interdisant aux créateurs de visiter le monde des humains pourtant aucuns d'entre eux ne semblaient vraiment enjouer par cette idée. Ils préféraient observés les mortels de ce bassin plutôt que de se risquer à les approcher, peut être de peur que de nouveau, l'un d'entre eux perde la raison. Zeus releva la tête, observant le ciel bleu au dessus de lui. La lumière se déposait sur sa peau d'albâtre, apportant une chaleur qui lui semblait étrangère. Hadès... Il était tellement désolé. Alors qu'il ramena une main vers son visage, il quelque chose tirer. Le créateur remarqua enfin l'épine qui accrochait sa chlamyde et la retira avec délicatesse. Aurait-il seulement un jour l'occasion de lui dire ? Zeus caressa l'une des roses qui se balançait d'un courant d'air fantomatique. Les pétales pâles de la fleur était d'une douceur semblable à celle du velours. Il n'avait pas eu le choix d'arrêter Hadès, il aurait voulut l'avoir mais il ne l'eut pas une seconde. Son frère, régnant sur le monde des morts, sur les ténèbres et les âmes de chaque mortels, avait tenté de mettre fin à ce qu'ils avaient promis de défendre avec ferveur.

Parfois, Zeus se demandait si, du fin fond du Néant, son frère pourrissait de cette même rage et cette même haine comme il y a plus de 2000 ans. Il se demandait parfois si les autres créateurs y pensaient. Sa fille Perséphone, il le savait, nourrissait les mêmes regrets que lui, mais qu'en était-il des autres ? Avant cet évènement, avant qu'Hadès ne tente de détruire l'humanité, les créateurs vivaient dans une sorte d'insouciance allant même jusqu'à sans cesse se mêler aux humains. Désormais, même lui, Zeus, roi des créateurs et sûrement celui de ceux qui avait le plus fauté, était d'une rare vertu.

Son regard se détourna de la rose pour se poser sur les eaux miroitantes du bassin. Frôlant l'eau du bout de ses doigts, il regarda la surface se troubler, non sans lui rappeler les fleuves bouillonnant des Enfers. Puis, alors qu'un voile sombre s'était installé, absorbant la lumière tel un puis sans fond, une image d'abord vague s'éclaircit lentement. La brume qui hanta les eaux quelques secondes auparavant fit place à des couleurs diluées, du vert qui défilait chevauché d'un bleu turquoise qui se précisait. Sous ses doigts, les traits d'un visage qu'il avait pratiquement oublié se dessinaient. La moue de l'homme était la même que dans ses souvenirs, ainsi que son regard lointain. Le menton au creux de sa main, il semblait être dans une voiture, ignorant le paysage défilant derrière sa fenêtre. Une vague d'émotion déferla sur le créateur. Comment aurait-il put seulement oublier son visage ? Comment pouvait-on oublier un seul instant ce que l'on chérissait de toute son âme. Son précieux humain... Lentement, il approcha sa main de l'eau dans un désir obsédant de l'atteindre. Il semblait si proche, il n'aurait qu'à plonger le bout de ses doigts dans ces eaux pour l'amener tout près de lui.

Il se reprit : c'était impossible. Ramenant sa main vers lui, il ne put décrocher les yeux du jeune homme aux traits blasés. Si seulement il y avait un moyen, quelque chose, un événement qui pouvait lui permettre de s'approcher de lui...


« Et cette caisse ? Je la pose où ? »

Camus se retourna rapidement, tiré de ses pensées. Il étudia longuement la caisse que tenait Saga à bout de bras, cherchant à se rappeler son contenu. Des livres ? Non, les étagères de sa boutique en était déjà gorgés. Peut être les étoffes qu'il avait commandé la semaine dernière, auquel cas elles seraient arrivées bien plus vite que d'habitude. N'arrivant pas à se souvenir, le verseau finit par soupirer et désigna son arrière boutique d'un coup de tête.

« Là-bas, je verrais tout à l'heure ce que j'en ferais. »

Sans un mot de plus, Saga se dirigea vers l'endroit indiqué, passant devant son ami qui déjà était plongé de nouveau dans ses fiches d'inventaires. Le mois de mai s'était passé calmement après l'incident du manoir puis celui de la boutique. Aucune trace du créateur présumé, Perséphone, qui régnait sur le monde des morts depuis le début l'absence d'Hadès et bien que Camus ne savait toujours pas ce qu'elle lui voulait exactement, il préféra ranger cette histoire au fond de sa tête et ne plus y penser. Après tout, la vie continuait malgré tout !

Il jeta un coup d'œil au cadet des jumeaux qui passait délicatement un chiffon humide sur l'une des multiples étagères. Les deux frères s'étaient proposés pour aider le verseau à ranger sa boutique en vue des chaleurs d'un rude été approchant. C'était une habitude que Camus avait prit, faire un grand inventaire ainsi qu'un nettoyage général du magasin deux fois par an : à la fin du printemps et à la fin de l'automne. Bien sûr, l'été ne débutait officiellement qu'en fin juin et l'hiver en fin décembre, cependant, il avait toujours considéré ces deux mois comme partie intégrante de ces saisons. Après tout, pouvait-on vraiment considéré Mars comme un mois d'hiver alors qu'il faisait bien plus doux qu'en décembre ? Sentant qu'il se perdait dans de nouvelle divagation, Camus se força à lire sa fiche pour la centième fois.

« Merde ! »

Le verseau sursauta, manquant de faire tomber son stylos. Il entendit Kanon murmurer quelque chose dans sa barbe avant de se retourner. L'homme tenait un pan de son T-shirt bleu pâle dans ses mains, entortillant le morceau de tissu comme pour l'essorer. Lentement, Camus pencha la tête sur le côté, perplexe. C'est alors qu'il remarqua la coupelle d'eau dans laquelle il humidifiait son chiffon, renversée, quelques gouttes d'eau tombant lentement sur le planché qu'il avait ciré la veille. Le chiffon jonchait d'ailleurs sur le sol, surement oublié aussitôt le haut de son ami mouillé. Le verseau soupira, posant ses feuilles sur son bureau avant de s'approcher de Kanon. Le grec n'était pas particulièrement maladroit mais il lui arrivait souvent de renverser quelque lorsqu'il ne faisait pas attention. Parfois, il arrivait à rattraper ses bêtises, d'autre fois, c'était un peu plus compliqué, à tel point que Camus se demandait si Kanon n'était pas le frère caché de Milo. Bien sûr, c'était impossible, mais force était de constater leurs caractères parfois si semblables. Camus ramassa son chiffon sans accorder de regard à son ami. Puis, alors qu'il alla poser le bout de tissu sur son bureau, il fit d'un air blasé :

« Il y a un sèche cheveux dans les toilettes si tu veux sécher ton haut. »

Kanon redressa la tête vers lui et lui adressa un regard quelque peu inexpressif. Le verseau ne se tourna même pas vers lui, sentant très bien l'interrogation silencieuse du grec. Il ouvrit brusquement un tiroir et en sorti un chiffon microfibre propre et sec. Le bout de tissu vert dans les mains, il s'approcha de son ami.

« C'est à Aphrodite, il la laissé là au cas où il serait surprit par une averse en me livrant. »

Kanon ne discuta même pas ce qu'on venait de lui dire, il ne pouvait que croire Camus. Qu'Aphrodite force le vendeur à garder un sèche cheveux n'avait rien de surprenant, c'était même parfaitement normal venant du jardinier. Et puis, il venait livrer Camus au moins deux fois par semaine... Kanon attrapa le chiffon des mains de son ami, préférant nettoyer ce qu'il venait de renverser plutôt que de se battre avec les engins d'Aphrodite.

« C'est qu'un peu d'eau, ça va sécher. », Camus haussa les épaules.

« C'est toi qui vois. »

Camus reprit son paquet de feuille, soupirant pour la centième fois ce jour-là. Il aimait organiser sa boutique, il en tirait toujours une grande satisfaction ainsi que ce sentiment étrange qu'une fois son magasin totalement rangé, sa vie était elle aussi en ordre. Pourtant, depuis deux jours, il ne trouvait pas la motivation de tout faire aussi rapidement que d'habitude. Il avait même accepté l'aide des jumeaux en échange de quelques potions, après tout, ces deux là avait du temps à perdre. Ils n'étaient pas repartis en mission depuis la mésaventure du manoir, ce qui n'était peut être pas plus mal. Camus posa les feuilles, s'appuya sur son comptoir avant de masser ses tempes douloureuses. Ce matin, à son réveil, il avait été prit d'un affreux mal de crâne dont il n'arrivait à se débarrasser. Il était à ça de boucler son grand nettoyage pourtant cette douleur et le manque de motivation qui l'assaillait l'en empêchait. Il était même entrain de réfléchir à cette promesse qu'il s'était faite de ne pas partir d'ici tant que tout ne serait pas finit.

« Ça va ? », demanda Saga en sortant enfin de l'arrière boutique.

Camus soupira, pour la seizième fois compta Kanon. Le verseau se gratta la tête, absent, avant de croiser les bras sur sa poitrine.

« Seulement une migraine. »

Le ton faible de leur ami ne convaincu ni l'ainé ni le cadet des jumeaux. Ils avaient remarqué la fatigue de leur ami, lui qui habituellement finissait son inventaire en moins de deux jours. Et si il n'y avait eu que ça ! Le verseau avait un ton blafard, bien plus que d'habitude et n'avait pas touché à son déjeuné. Il avait timidement croqué dans son sandwich avant de le ranger dans le frigo de la réserve, entre une canette de soda et le sandwich de la veille. Certes, Camus n'était pas un grand mangeur mais il n'était pas du genre à oublier de la nourriture dans le frigo. Lorsqu'ils étaient dans la voiture ce matin là, le médium n'avait pas dit un mot, regardant la forêt défilée devant ses yeux vides. Saga croisa alors les bras, comme son ami, alors que Kanon s'approcha, le chiffon toujours dans les mains.

« Camus, nous ne sommes ni Shaka, ni Mü. Tu peux nous parler si tu veux, nous ne te forcerons à rien. »

Le verseau resta cependant silencieux, fixant désormais son parquet avec la mine d'un petit garçon boudeur. Il rappela à Saga cet période où, arrivant tout juste au Sanctuaire, il restait constamment caché derrière ses jambes ou celles d'Aioros. Puis Milo l'avait adopté comme son meilleur ami et le petit verseau ne lâchait plus le petit scorpion d'une semelle.

« Saga à raison Camus, continua Kanon en se rangeant du côté de son frère. On voit bien que tu n'es pas dans ton assiette. Tu ne devrais pas garder ça pour toi. »

Camus hocha légèrement la tête de droite à gauche, comme refusant les paroles de ses amis. Pourtant, il les avait à peine entendu. Lentement, ses sourcils se froncèrent en réponse à cet acouphène qui prit ses deux oreilles. Les bras toujours croisés, un sentiment affreux lui arracha un frisson. Un frisson glacial qui dévala sa colonne vertébrale et lui donna la chair de poule. Il n'ignorait pas tout à fait ce qui lui arrivait, quelque chose, ou plutôt quelqu'un, essayait en vain de lui parler et plus il tentait de repousser cet appel, plus ce sentiment affreux s'intensifiait. Sans le vouloir, il enfonça ses ongles dans la peau de ses bras couverts et ce fut à cet instant que les jumeaux comprirent que leur ami n'était plus totalement avec eux.

Les paupières closes, il se concentra sur le sifflement strident. Il se muta peu à peu en un son sourd qui l'empêchait d'entendre quoi que se soit d'autre. Un vrombissement grave, fort, sur lequel il n'avait aucune emprise. Il sentit son estomac se retourner une première fois, puis une seconde alors qu'un goût âcre, un goût de sang le prit à la gorge. Sans même le savoir, Camus se plia en deux face à une douleur qui n'était pas sienne. Les bras toujours croisés, il tentait instinctivement de protéger son torse qu'il sentait se glaçait. Ce n'était pas son torse, c'était son cœur. C'était son cœur qui était affreusement douloureux et la première chose auquel il pensa est qu'il avait cessé de battre. Puis il s'effondra à genoux, sous le regard paniqué de ses amis.

Kanon fut le premier à se jeter sur son ami, attrapant son bras dans une tentative désespéré de le relever seulement les membres du verseau était rigide. Saga le constata à son tour lorsqu'il tenta d'aider son frère. Il n'y avait rien à faire, le médium semblait soudainement être aussi lourd que le plomb. Kanon échangea une œillade paniquée à Saga, l'interrogeant silencieusement sur ce qu'ils devaient faire. L'ainé pensa un instant appelé Milo. L'homme avait après tout l'habitude de ce genre de crise chez son meilleur ami. Seulement, il ne s'agissait pas d'une énième crise habituelle, ils le savaient tout deux, et la vu de Camus à genoux sur son parquet, un rayon de soleil illuminant la douleur sur son visage, était une chose que les jumeaux refusèrent de montrer au scorpion. Lorsque que le verseau ramena une main vers son cœur, accrochant fermement son haut et sa peau entre ses longs doigts.

« Je t'en pris... Je t'en pris non... », chuchota-t-il de nombreuse fois dans sa langue natale.

La tête baissée, les mâchoires crispées, Camus répétait ces mots que les deux hommes ne pouvaient comprendre. De longues mèches turquoises, échappées de sa queue de cheval, virent peu à peu s'accrocher à son visage, masquant habillement les larmes qui coulaient le long de ses joues. Camus pleurait, Kanon regarda son frère avec d'autant plus d'inquiétude. Camus ne pleurait pratiquement jamais devant d'autre personne. Que se passait-il ? Que se passait-il ? Lorsqu'un lourd cosmos envahit l'air de la boutique. Sans même le vouloir, les deux frères tournèrent la tête vers la porte et le virent, lui dont il n'avait jamais oublié le visage.

Il se tenait à quelques pas à peine de la porte, envahissant l'espace de sa taille. Les bras le long du corps, ses longs cheveux de jais qui se confondaient avec le noir si obscur de sa tunique. Sa peau bien trop pâle, contrastant avec la teinte de sa chevelure. Et ses yeux, d'un bleu si étrange, si pénétrant. Là, imposant et droit, il semblait être la personnification même de la mort, lui, le créateur des Enfers. Hadès.

Sous son regard céruléen, Kanon, toujours à terre, en oublia de respirer. La sourde crainte que lui inspirait cet être l'empêchait de faire le moindre geste, il ne doutait d'ailleurs pas un instant que son frère ressente la même chose. D'ailleurs, celui-ci s'était déjà légèrement décalé loin de Camus, comprenant l'intérêt du créateur pour leur ami. Les yeux de l'être se posèrent sur le cadet et celui-ci ne put s'empêcher d'avaler douloureusement sa salive. Même si il savait pertinemment qu'on l'invitait à s'éloigner, il ressentait toujours une terreur tout à fait justifier. Kanon recula doucement, le corps aplatit vers le sol, sans décrocher un instant les yeux du dieu. Il l'avait déjà vu auparavant, pourtant il n'avait pas eu cette sensation de n'être qu'une misérable fourmi comparé à l'entité. Peut être était-ce le fait que c'était la première fois qu'un dieu le regardait, le commandait. C'était ça, le créateur les commandait du regard et eux, pauvres humains qu'ils étaient, s'exécutaient, telle était leur place, et sous les yeux insistants du dieu, tous deux finirent par baisser la tête. L'attention d'Hadès se reporta enfin sur Camus.

Camus, son Camus... Il était là à genoux, sur le parquet chauffé par la lumière du soleil. Là, recroquevillé sur lui-même, l'une de ses mains cramponnée à sa chemise. Il chuchotait toujours la même supplication, encore et encore, au point de presque devenir un mantra entre ses lèvres. Outre les larmes, quelques perles de sueur froide dévalaient sur sa peau, se mêlant parfaitement au tableau d'horreur et de souffrance qu'était devenu son visage. Hadès fit un pas, ignorant la crainte des deux humains au côté de Camus. Il traversa la salle, silencieusement, son attention focalisée sur le médium. C'était si soudain, qui aurait put se douter de ce qui allait se passer ? Qui aurait put douter que ça allait l'affecter lui, cet enfant abandonné ? Le créateur s'agenouilla et avec la plus grande délicatesse, souleva la longue queue de cheval de son protégé. Kanon entendit le bruissement si particulier des cheveux du verseau glissant sur le tissu des vêtements du créateur. Il n'osa pas jeter un coup d'œil, ses yeux river sur le parquet dans une attente qui lui sembla interminable. Hadès passa son bras derrière la nuque du médium, faisant bien attention de ne coincer aucune mèche. Puis, avec la même délicatesse, il passa son autre bras aux creux de ses genoux. Lentement, il le fit glisser contre lui pour le faire reposer contre son torse. Sans grand effort, il souleva le jeune homme, observa longuement son visage d'un regard voilé.

Soudainement, il l'emporta avec lui dans l'arrière boutique, laissant derrière lui les deux hommes terrifiés et inquiets. Ce ne fut que lorsqu'ils entendirent la porte de la réserve se refermer derrière eux que les deux frères purent souffler. Saga se releva lentement, lança un regard à son frère qui tremblait légèrement avant de lui tendre la main. Kanon ne la vit d'abord pas, ses yeux toujours accrochés au parquet. Il dû prendre de profonde inspiration, cherchant à se calmer, avant d'enfin pouvoir relever la tête. Il fut confus en voyant une main tendue devant lui mais finit tout de même par la saisir. Saga le tira avec force vers lui, se doutant qu'après tant de tension ses muscles devaient être légèrement ankylosé. Il avait vu juste lorsque son frère grimaça en se relevant avant de chanceler.

« J'ai besoin de sortir. » fit Kanon, sa main toujours fermement accroché à celle de son frère.

Saga acquiesça sans un mot. Lui aussi restait sous le choc après l'entré quelque peu dramatique du créateur. Ce qui semblait avoir commencé comme une journée normale était lentement entrain de devenir un véritable cauchemar. Kanon s'accrocha au bras de son frère, marchant doucement vers la sortie de la boutique. Maintenant qu'il y pensé, le créateur ne s'adressait à personne d'autre qu'à Camus. Qu'avait fait le verseau pour recevoir une telle faveur ? Autant le créateur le regardait avec une certaine affection, autant tout autre être humain semblait à ses yeux insignifiant. Poussant la porte, aucun des deux jumeaux ne fit attention au tintement de la clochette lorsqu'ils purent enfin respirer l'air chaud de cet après-midi. Kanon put enfin vraiment souffler.

« Que crois-tu qu'il s'est passé ?, demanda son frère d'une voix à peine audible.

- J'en sais rien. Franchement, j'en sais rien ! »

À cet instant, Kanon préférait se concentrer sur sa respiration plutôt que de penser encore un instant à l'être qui était au côté de leur ami. Il faisait magnifique ce jour là. Quelques cumulus épars venaient s'égarer sur le ciel azures quand le soleil brillait, apportant une chaleur presque accablante. Le mois de juin venait à peine de débuter que déjà les températures montaient de plus en plus. Ils allaient avoir un été chaud et sec cette année, bien plus que d'habitude. Les touristes déjà affluaient en Grèce, profitant du soleil et des plages. Dans la rue piétonne bondée, tous portaient des tenues légères et fuyaient la chaleur. Et puis il y avait deux frères, visiblement éprouvés, devant une boutique d'ésotérisme. Malgré ce qui venait de se passer, Kanon ne put s'empêcher de se dire qu'ils devaient être ridicule. Les passants pensaient sûrement qu'ils avaient été effrayés par tous les mystères qui se cachait dans la petite boutique pourtant fermée depuis deux jours. Avec un peu de chance, ça ferait de la pub à leur ami...

De longues minutes passèrent ainsi, Saga finalement assit par terre alors que son frère avait levé la tête vers le ciel qu'il fixait avec insistance. Ni l'un ni l'autre ne dit le moindre mot, préférant reprendre leur esprit et essayer d'y voir plus clair dans cette histoire. Que s'était-il passé ?...

« Saga ! Kanon ! »

Les jumeaux tournèrent la tête en direction de la voix si familière avant de voir Milo se fendre un passage dans la foule. Saga se releva. Le voyant courait, visiblement agité. Il ignora les regards haineux des passants qu'il bouscula, il avait bien mieux à faire que de s'excuser auprès de ses gens si important et tant occupé. Il ne fit même pas attention à cette vieille dame qui s'offusqua alors qu'il l'avait seulement frôlé. De toute façon, la vieille ne tarderait pas à clamser, laissant son lourd héritage à Pompon, son fidèle bichon plutôt qu'à ses fils cupides. Arrivant au niveau des frères, le scorpion se stoppa et prit une profonde inspiration. Il n'avait pas courut comme ça depuis au moins... 6 ou 7 ans !

« Qu'est-ce que t'arrive ? T'as décidé de te remettre au sport ? C'est pas trop tôt ! », plaisanta Kanon avant de se recevoir un douloureux coup de coude de son frère mécontent.

Contre toute attente, Milo ne releva même pas la remarque sarcastique. En faite, il semblait paniqué. Non, plutôt déchiré, ses épaules complétement affaissées et sa mine défaite. À l'instant où il le remarqua, Kanon s'inquiéta.

« Où est Camus ?

- Dans l'arrière boutique, avec le créateur Hadès, il a fait un malaise. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe Milo ?

- C'est son père. »

Les deux hommes regardèrent le voyant, atterrés. À leur expression, Milo sut qu'ils avaient comprit, cependant il ne put s'empêcher d'ajouter dans un souffle :

« Il est mort. »

C'était irréel, tout ça était juste irréel. Le malaise de Camus, l'arrivé du créateur, la mort de son père. Ça n'était pas des coïncidences. Pourtant, Camus n'avait pas parlé à ses parents depuis qu'ils l'avaient placé au Sanctuaire, il semblait même porter à leur égard une certaine rancœur. Pourquoi diable serait-il si affecté par la mort de son père ? Les liens du sang peut être. Camus était l'un des rares d'entre eux à toujours avoir ses parents en vie. La mère de Saga et Kanon était morte peu de temps après leur naissance, leur père lui s'était suicidé lorsqu'il avait 4 ans, laissant les jumeaux au bon soin de Shion. Quant à Milo, ses deux parents et sa grande sœur étaient tous partis dans un accident de voiture, il était le seul survivant, maintenu en vie par son cosmos. Ils étaient trop jeune lorsque leurs familles étaient partie, Camus cependant, avait été laissé par ses parents au Sanctuaire. Ils avaient tout fait pour essayer de sauver son âme du diable et il fallut que ce soit Shion qui les convainquit qu'il aurait une bien meilleure vie auprès d'enfants qui lui ressemblaient. Le verseau l'ignorait encore aujourd'hui.

Milo finit par rentré dans la boutique, bien trop inquiet pour son ami. Saga et Kanon décidèrent de le suivre, comprenant enfin ce qui s'était passé. Face à la fine porte de l'arrière boutique, Kanon se demanda si c'était vraiment une bonne idée de déranger Camus et le créateur, cependant, Milo était déterminé. Il frappa doucement à la porte, d'une phalange et attendit quelques instants. Bien qu'aucune voix ne lui parvint, le voyant ouvrit la porte sans se brusquer. Assit sur un vieux canapé contre un mur, Camus avait ses deux coudes appuyés sur ses genoux et ses mains contre ses tempes. Ses yeux grands ouverts étaient rouges, boursoufflés, il pleurait toujours d'ailleurs, sanglotant par moment. Hadès était à ses côtés, un bras rassurant autour de ses épaules. Il avait retiré sa chlamyde noire qu'il avait posé sur le dos l'humain, malgré la chaleur, et chuchotait dans une langue étrangère toute sorte de mots qui se voulaient rassurant. Du français, reconnu Milo. Le dieu était clairement préoccupé, même inquiété pour son humain, particulièrement lorsque celui-ci se mordait la lèvre inférieure dans espoir d'étouffer un sanglot. Dans la pièce mal éclairée, toute la chaleur du soleil et la joie de l'été naissance avait disparut, laissant place à un gris omniprésent.

Éventuellement, Hadès finit par relever la tête vers eux, adressant un regard profondément peiné au meilleur ami de son humain. Il retira son bras de l'humain, posant à la place la main sur l'une de ses épaules. Il lui chuchota quelque chose d'autre, faisant réagir le verseau. Il se tourna, et vit Milo, les cheveux décoiffé, ses vêtements visiblement malmenés, dans l'encadrement de la porte. Le scorpion le regardait avec inquiétude et sans même le vouloir, Camus redoubla de pleurs, la tête entre ses mains. Hadès se leva, lentement, la main toujours sur son humain. Il entendait que Milo s'approche pour pouvoir se reculer, montrant ainsi au médium qu'il n'était pas seul. Lorsque le voyant s'assit à côté du verseau, il passa un bras autours de ses épaules, comme Hadès l'avait fait quelques minutes auparavant, et le tira contre lui. Il le laissa pleurer. Aussi longtemps qu'il le désirait. Milo ne bougerait pas tant que son ami n'aura pas verser sa dernière larme de la journée. Camus avait besoin de lui, plus que jamais. Voyant l'humain dans les bras de son ami, Hadès adressa au voyant un dernier regard reconnaissant cette fois. Il se dirigea vers la porte, attirant les jumeaux dans son sillage. D'un regard, il leur avait implicitement fait comprendre qu'il fallait laisser Camus et Milo seuls et Saga referma la porte derrière eux.

Kanon n'osa pas s'approcher du dieu qui décida de se tenir face au grand miroir de la boutique. Pourtant, malgré son air terrifiant, le créateur semblait sincèrement s'en faire pour Camus. Face à son reflet, son regard était éreinté. Il semblait presque... humain. D'autant plus lorsque, ses yeux perdu dans le vide, il laissa un faible soupire lui échapper. Malgré sa peur, le cadet des jumeaux ne put s'empêcher d'être fasciné et avant même qu'il n'ai le temps d'y penser qu'il constata d'une voix faible :

« Vous tenez vraiment à lui... »

Dans le reflet du miroir, les yeux d'un bleu perçant le regardèrent soudainement, le faisant tressaillir.

« Il m'est bien plus précieux que ce que vous pouvez imaginez. »

Kanon ne put enlever cette impression étrange, celle de la voix du créateur s'adressant à lui mêlé à celle d'un aveu bien trop humain.

« Comment te sens-tu ? »

Camus regarda son portable, celui-ci affichant une heure tardive. Il soupira, posant son téléphone sur sa table de chevet, avant de s'asseoir sur son lit, dos au créateur. Il observa son pantalon de pyjama, absent. C'était un pantalon tout simple, en lin. Il était gris avec des fines lignes rouges rappelant vaguement le motif d'un tartan. Comment il se sentait ?... Il l'ignorait. Il posa ses mains sur ses jambes, ouvrant et refermant ses doigts comme à chaque fois qu'il était anxieux et plongé dans ses pensées. La nouvelle l'avait... chamboulée. C'était le moins qu'on puisse dire. Il avait était choqué, autant par l'annonce de la mort de son père que par sa propre réaction. Crise cardiaque, une bête crise cardiaque. Il aurait dû le savoir, après tout son père avait toujours eu des problèmes de cœur. C'était apparemment commun dans leur famille.

Il frotta légèrement son poignet affublé de multiples petites lésions. Des marques d'ongles, il avait été jusqu'au sang... Il soupira de nouveau et saisit son portable, regardant encore une fois l'heure. Shion l'avait appelé dans l'après-midi pour lui annoncer la nouvelle, apparemment ses parents savaient depuis le début où il se trouvait et gardait toujours un œil sur lui. Il avait loupé cet appel, trop occupé à plus ou moins vivre la mort de son père. Il se doutait que l'on ne ressentait pas ça quand on avait une crise cardiaque mais il savait cependant que cette crise, cette crise correspondait au moment où son père était parti. Il posa son portable près de la lampe de chevet. Camus avait rappelé Shion, une longue discussion s'en était suivit, une discussion qu'il aurait préférée ne jamais avoir. Le directeur du Sanctuaire lui avait présenté ses sincères condoléances et il n'avait rien ressentit. Il lui avait donné l'adresse de sa mère, ainsi que son numéro qu'il avait noté sur un morceau de papier. Il lui avait demandé ce que Camus voulait faire et il n'en savait rien. La vérité est qu'il ne ressentait plus rien durant cette conversation, il était comme vide, détaché de la réalité.

À côté de lui, le matelas s'affaissa un peu, il lui fallut de longues secondes pour s'en rendre compte. Absent, il tourna la tête vers le créateur. Hadès posa une main sur son poignet avant de lui murmurer à voix basse :

« Ne fais pas ça Camus. »

Sans s'en rendre compte, il s'était remit à enfoncer ses ongles jusqu'au sang. Il laissa l'entité éloigner son autre main sans aucune résistance, puis, attiré par la chaleur qu'on lui offrait, il laissa sa tête reposer contre son torse. Par le passé, il s'était déjà senti vide, c'était une sensation qu'il détestait. Il avait l'impression que le monde pouvait s'effondrer, là, tout de suite, ça ne le toucherai pas. Il avait l'impression qu'il n'était qu'un étranger, un spectateur. Tout pouvait se passer devant ses yeux vides, rien ne l'affecterait. Il était comme mort, un mort qui continu de vivre. Un robot.

La lumière du plafonnier venait éclairer la chambre d'une lumière très légèrement orangé, chaude. Pour la première fois de ce qui semblait être une éternité, les volets avaient été fermés, donnant à l'homme une certaine impression de sécurité qu'il ignorait avoir tant désiré. La porte été fermée, elle aussi, pas à clé cependant et sur son bureau un peu plus loin, près d'une énième lumière allumée, se trouvait une assiette remplie à moitié de biscuit et l'autre moitié de fruit. Hadès savait qu'il n'avait pas mangé depuis un certain temps, il devait avouer avoir d'ailleurs un peu faim. Juste à côté de cette assiette se trouvait une bouteille de thé glacé, un soda certes mais il devait avouer avoir toujours eu un petit faible pour cette boisson.

« Pourquoi j'ai réagit comme ça ?, murmura-t-il à lui-même.

- C'était ton père Camus. Que tu le veuilles ou non, tu tenais toujours à lui. »

Camus baissa légèrement la tête et inspira profondément. Il n'avait jamais cherché à recontacté ses parents, pas une seule fois. Il y avait peut être vaguement pensé mais ça s'arrêtait là. Après tout, ils pensaient que leur enfant été l'incarnation du diable et n'avaient même pas cherché à le retrouver après sa fugue. Quoi qu'après ce que lui avait dit Shion il n'y a même pas une heure, ses parents savaient exactement où il était depuis le début, ce qui expliquerait pourquoi ils n'avaient pas lancé d'avis de recherche. Pourquoi n'étaient-ils jamais venus alors ? Attendaient-ils que lui fasse le premier pas ? Il sentit malgré lui une pointe de culpabilité qu'il réprimanda. Non, lui ignorait où ses parents se trouvaient et puis vu tout ce qu'il avait subit... Oui, mais peut être aurait-il revu au moins une fois son père si il avait demandé à Shion.

« Ils ont fait de mon enfance un enfer, m'ont trainé d'église en église en espérant enfin trouver quelqu'un capable de m'exorciser. J'ai bien plus souffert les sept premières années de ma vie que durant tout le reste et pourtant... pourtant..., il posa son front au creux de l'une de ses mains. Pourtant je commence à regretter de ne pas avoir cherché à les retrouver. »

Hadès resserra son bras autour du jeune homme pour le réconforter. Il ne pouvait pas faire grand chose d'autre que l'écouter mais si ça pouvait l'aider, il l'écouterait toute la nuit.

« Shion m'a demandé si je veux me rendre à l'enterrement. D'après lui je devrais prendre un peu de repos. Saga et Kanon se sont déjà porté volontaires pour ouvrir ma boutique.

- Que vas-tu faire ? »

La voix calme du créateur était tant apaisante et sa présence le rassurait tant qu'il était difficile pour lui d'imaginer dans quel état il serait si l'entité n'avait pas été à ses côtés. Bien sûr, il avait Milo pour le soutenir et l'aider à avancer quelque soit les épreuves qui se dressent devant lui, malgré tout, ça n'était pas exactement la même chose.

« Je l'ignore, finit-il par avouer. J'ai une sorte de phobie des squelettes, j'ai toujours essayé d'éviter les cimetières. Et puis, je ne sais pas si j'ai vraiment envie de revoir ma mère. »

Il s'arrêta un instant, contemplant l'idée même d'avoir à faire face à un membre de sa... famille. Il ne doutait pas un seul instant qu'il détesterait le moindre instant de ces funérailles seulement, en même temps, qu'il le veuille ou non et comme l'avait dit Hadès, il s'agissait de son père. Peut être était-il temps d'enterrer les vieilles rancœurs et la colère qu'il avait cultivé pendant tant d'années. Après tout, son père et sa mère avaient toujours cru bien faire...

« Peut être devrais-je y aller... » finit-il dans un souffle.

C'était étrange, autant il avait pleuré des heures durant cet après-midi, autant il commençait à se sentir peu à peu en paix. Certes, le vide qui le hantait inhibait ses sentiments seulement, la tristesse l'avait quitté. C'est vrai, il commençait à ressentir quelques regrets pendant un certain temps mais il ne pouvait pas enlever cette impression de calme. Il avait passé son temps à éviter d'imaginer la moindre rencontre avec ses parents, trop en colère contre eux, trop rancunier, mais il se confortait dans l'idée qu'ils étaient en vie, quelque part en France, heureux. Ils étaient toujours là, d'une certaine façon, inatteignable mais toujours là et ça le rassurait. Maintenant que son père était partit, chaque fois qu'il pensait à lui il ne voyait que du noir. C'était terminé. Il l'avait quitté. Alors pourquoi se sentait-il aussi calme ?

« Tu devrais manger quelque chose... »

Hadès se leva sans laisser le temps à l'humain de protester, celui-ci ne semblait pas vouloir dire quoi que ce soit de toute manière. Et puis, il devait avouer ressentir une légère faim mais ce n'était pas ce qui le tracassait le plus à l'instant.

« J'ai l'impression d'être en paix... »

Hadès prit doucement l'assiette, faisant attention de ne rien renverser avant de se rassoir auprès de son humain. Ce dernier était toujours plongé dans ses pensées alors le dieu en profita pour poser l'assiette sur ses genoux. Il savait d'expérience que Camus grignotait quoi qui se trouvait près de lui lorsqu'il était plongé dans de lointaines contemplations, et ce sans même le remarquer. Le créateur ne put donc pas s'empêcher de légèrement sourire lorsque l'humain se saisit d'un morceau de pomme qu'il mastiqua longuement.

« As-tu pardonné à tes parents ? »

Camus s'arrêta un instant de mâché, remarquant par la même occasion de bout de pomme qu'il tenait. S'il avait pardonné à ses parents ? Il venait de se poser la question quelques instants auparavant. Lentement, il recommença à manger, s'interrogeant profondément. Même quand il est parti, son père et sa mère on continué à demandé des nouvelles de lui. Étaient-ils venus le voir à l'hôpital ? Il devrait peut être demander à Shion. D'un regard, il jaugea son portable avant de vite se reprendre. Non, il commençait à se faire tard et il avait promis au directeur de venir demain au Sanctuaire lui dire ce qu'il a décidé de faire.

« Je ne sais pas vraiment... Peut être, oui. Après tout, tout ce qu'ils ont fait, c'était pour moi, même si ça s'est avéré douloureux et stupide. »

Hadès replaça délicatement l'une des longues mèches de cheveux du jeune homme derrière son oreille. Au fil des mois, Camus avait remarqué à quel point l'entité aimait faire ça. Chaque fois qu'il remettait une mèche derrière son oreille, le créateur avait ce doux sourire affectueux. Comme si lorsqu'il dévoilait le visage de l'humain, son monde s'illuminait un peu plus. Il était difficile pour le verseau de croire que ce dieu était le même qui, il y a des millénaires, tenta de détruire la race humaine.

Le médium se releva et alla poser son assiette sur son bureau. Il attrapa la bouteille de thé, l'ouvrit et bu lentement à la bouteille, remerciant tous les dieux vivants que ni Hyoga ni Isaac ne puissent le voir faire ça, auquel cas c'est leçon de moral par rapport à tout ce qui est boire à la bouteille et partager ses microbes ne seraient plus crédible. Il remit le bouchon, s'assurant que la bouteille était bien refermée avant de trainer des pieds jusqu'à son lit. Il la posa par terre, entre sa table de chevet et son lit avant de regarder Hadès, toujours assit.

« Je..., commença-t-il. Est-ce que vous... »

Hadès le regarda avec son éternel air calme, débiter des morceaux de phrase incertains. Il n'osait visiblement pas allé jusqu'au bout de sa demande et paraissait terriblement gêné. Il était d'ailleurs en train de se frotter la nuque d'une main, son regard se dérobant vers le bas de la porte.

« Est-ce que vous... vous pouvez... dormir avec moi ce soir ? »

Camus n'osa pas même pas regarder le créateur, outré par sa propre demande. Et puis, il sentait cette brûlure caractéristique dans ses joues, il rougissait donc. Hadès, lui, cligna seulement deux fois des yeux, totalement stoïque. Puis Camus sentit soudainement la poigne du dieu autours de son poignet et avant de vraiment comprendre ce qu'il se passait, il sentit le moelleux de son matelas. Une main sous sa tête la retenait pour éviter un quelconque choque avant que le dieu ne la laisse glisser doucement sur son oreiller. Sans savoir vraiment comment, Camus était allongé sur son lit, le créateur des Enfers à ses côtés. Il lui adressait d'ailleurs un léger sourire affectueux. D'abord intimidé, le médium finit par s'approcher petit à petit du dieu, venant se blottir contre lui. Hadès passa alors un bras autour de lui, l'invitant à rester contre lui. Il avait besoin de réconfort, au moins pour cette nuit.


« Son père est mort. »

Perséphone regarda son père, perplexe. Il était descendu une nouvelle fois en Enfers venir la voir, mais avait sur la visage cet air détaché, lointain. Il lui tournait d'ailleurs le dos lorsqu'il lui apprit la nouvelle, nouvelle qu'elle savait déjà. Après tout, elle régnait sur les Enfers. Elle n'eut d'ailleurs pas besoin de demander de qui il voulait parler, il était son obsession après tout. Calmement, Perséphone descendit les marches du trône et s'avança vers son père.

« Je sais, d'une crise cardiaque. Lui qui faisait pourtant tant attention à son cœur. »

Le créateur ne répondit rien, continuant à fixer un point au loin. Il n'aimait pas particulièrement les Enfers, c'était pourtant le seul endroit où son épouse ne viendrait pas le chercher, elle qui supportait encore moins que lui l'endroit. Pourtant, Hadès avait sût faire des lieux une sorte de Paradis si l'on oubliait les fleuves bouillonnants et les lieux de pénitence. L'Élysion est une véritable merveille, presque digne de son palais. Les lieux étaient tant somptueux qu'ils étaient la demeure des créateurs du sommeil et de la mort, Hypnos et Thanatos. Ils furent d'ailleurs un endroit apprécié d'un autre créateur, parti il y a tant de siècle déjà.

« La nouvelle de la mort de son père l'a abattu.

- Je pensais qu'il le haïssait.

- Il semblerait pourtant que ce n'est pas le cas. »

Perséphone ignorait pourquoi mais le ton détaché de son père lui paraissait particulièrement froid, lui glaçant par ailleurs le dos. Elle savait exactement où il voulait en venir, elle avait comprit au moment même où l'âme du père avait franchit les portes de l'Enfers avant de disparaître elle en sait où et elle détestait ça. Pour la plupart des créateurs, les humains ne sont qu'une simple distraction, ce fut son cas à elle aussi il y a très longtemps de ça. Cependant, elle ne supportait désormais plus que l'on s'amuse aux dépends d'être plus faible qu'eux les créateurs.

« Il aura besoin de réconfort, d'une personne aimante à ses côtés pour le soutenir dans cette terrible épreuve. Il mérite bien mieux qu'un simple humain. »

Sentant la rage monter en elle, Perséphone se mordit le bout des lèvre et s'empêcha de lui lancer qu'il y avait déjà quelqu'un pour l'aider, quelqu'un de sûrement bien plus sincère et bien moins perfide que lui. Elle se retenu du mieux qu'elle put, si il venait à découvrir qu'Hadès était sortit du néant grâce à son précieux amour et qu'ils avaient en plus tissé une solide amitié, alors une guerre sainte serait probablement déclarer. Lorsqu'elle entendit son père murmurer d'une voix bien plus basse :

« Mon précieux Ganymède. »


I'M BACK !

J'avoue, j'ai été absente très longtemps. Je ne vais pas vous le cacher, j'ai eu un très long passage à vide pendant lequel il m'a été impossible d'écrire. Ça se ressent d'ailleurs un peu dans ce chapitre. Bref ! J'ai pas grand chose d'autre à dire aujourd'hui hormis merci à tous ceux qui continuent de suivre cette histoire, et encore désolée d'avoir été absente si longtemps. J'espère que ce chapitre vous a plu !

Pour me faire pardonné, dans le prochain chapitre : ANGELO ET APHRODITE (on les applaudit bien fort, ce sont les seuls qui ramènent un peu de joie dans cette fanfiction pour l'instant bien sombre) !

(Non, le côté sombre ne va pas duré éternellement, sinon je risque clairement moi-même de finir par faire une dépression)

PS: Il est plausible qu'il y ai quelques bugs en plein milieu, mon ordinateur n'est pas en forme ces derniers temps et les bugs ne s'affichent que lorsque que je copie/colle mon chapitre sur .

Earwen de Sirfalas : Merci pour ton commentaire ! Effectivement Camus enchaine les mauvais moment, surtout depuis qu'il héberge Hadès. À croire que le dieu est en faite un vrai chat noir ! Ah… Le trio Angelo, Aphrodite, Milo… Je sais pas ce que je ferais sans ces trois là ! Ils sont mon rayon de soleil ! Quant au bug, je te présent Hypnos, 3 ans, chat écrivain à ses heures perdus qui décide de pimenter ma fanfic sans que je m'en rende compte !

Hemere : Merci pour ton commentaire ! Au moins une réponse que tu espérais à été dévoilée et oui, il s'agit bien de Ganymède. C'était juste trop tentant pour moi de faire un lien, après tout, j'adore la mythologie grecque donc… Pas d'intermède comique cette fois, mais est-ce qu'on peut parler d'un intermède 'je m'appelle Zeus et je suis visiblement dérangé' ?

Milkagirl : Merci pour ton commentaire ! Hadès a passé tant de temps dans le Néant, il fallait bien qu'il s'occupe un peu le pauvre, surtout lorsque Camus dormait. J'avoue que l'idée de Camus qui est la réincarnation de Perséphone est très intéressante ! Je n'y avais pas pensé du tout mais ça aurait put être une hypothèse très plausible. Et oui, Hadès c'est faire beaucoup de chose mais la comédie n'est pas vraiment son fort. Par contre il peut poper dans la boutique de Camus quand il panique et ça, on va pas ce le cacher, c'est classe !