Chapitre 101 : Sueurs froides
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Harry
- Je ne sais pas, souffla Hermione, c'est du français.
- Kécile ? Interrogea Severus
- Aucune idée... dit Kécile en haussant les épaules.
Ce n'était certainement pas avec les quelques mois de français avec un enseignement plus qu' irrégulier, qu'elle allait pouvoir traduire de la poésie...
Ron désigna les initiales à la fin de l'épitaphe.
- Voilà qui ne nous éclaircit pas. Après R.A.B., voici L.D.D.. Qui cela peut-il bien être ?
- Lucile de Visnel D'Haves, répondit Severus d'un ton catégorique.
- Ça n'aurait pas plutôt fait L.V.H. ?
- Et si c'est vraiment la prof de divination, cela veut dire que de Visnel et Grunt ne sont pas les mêmes personnes.
- Difficile d'en être sûr... il peut s'agir d'une tromperie de plus.
- Très morbide, de s'écrire sa propre épitaphe, vous ne trouvez pas ? Demanda Ron. Franchement tordu, même ?
- Il n'y a qu'un moyen de savoir avec certitude, dit Severus en brandissant sa baguette vers la tombe.
- Vous allez profaner une tombe ? S'exclama Hermione choquée.
- Une tombe de nécromancien, surtout... ça me plaît moyennement, cette idée, approuva Kécile
- Ne soyez donc pas superstitieuses toutes les deux, gronda le professeur.
- Ce n'est pas de la superstition, professeur, coupa Ron. Mon frère Bill travaille en Égypte comme briseur de sort et je vous assure que de ce qu'il raconte, les sorts sur les tombes, c'est tout sauf un conte ou une plaisanterie...
- Cessez donc de vous comporter comme des vieilles femmes apeurées ! Ecartez-vous.
- Et après, c'est nous qui sommes traités de gryffondors téméraires... marmonna Kécile.
Severus fronça les sourcils tout en incantant. La tombe s'ouvrit sans trop protester et le socle se souleva pour se poser dans les hautes herbes.
- Cette sépulture a déjà été ouverte, dit-il sombrement
- Charmant...
- Vous pouvez approcher, il n'y a aucun spectacle d'horreur à voir, se moqua-t-il devant les jeunes qui restaient prudemment éloignés.
- Alors ? Interrogea Kécile, est-ce que c'est bien Grunt ?
- Comment en être sûr ? Murmura Severus en s'accroupissant. Les tours de cette magicienne sont si courants.
- Mais... je veux dire... vous la reconnaissez ?
- Sans l'ombre d'un doute, acquiesça le professeur. Mais est-ce bien son corps, il va falloir s'en assurer, autant que possible.
Les adolescents l'observèrent pendant de longues minutes agiter sa baguette au-dessus du corps en marmonnant. Quelques volutes de fumée bleue s'échappèrent de la fosse.
Puis Severus se redressa et referma la tombe d'un mouvement.
- Je pense que c'est bien elle.
- Donc, de Visnel n'est pas Grunt.
- On peut en être à peu près certains.
- Mais alors qui est-ce ? Demanda Kécile perplexe.
- Qu'est-ce que ça peut bien faire ?questionna Ron. De toute manière, elle a fui avant l'arrivée d'Ombrage et c'était probablement une sage décision.
- Je suis sûr que cette femme en sait bien plus qu'elle ne veut le dire, rétorqua Severus
- Quoi, vous voulez-dire qu'elle pourrait avoir des informations sur les horcruxes ? Ce n'est quand même pas une information très répandue, rassurez-nous ? Ironisa Harry.
- Si de Visnel est réellement l'auteur de cette épitaphe et que les soupçons sur des relations qu'elle aurait eu avec le Seigneur des Ténèbres sont fondées, alors il y a tout lieu de croire que sa façade de voyante n'était qu'un masque.
- Elle a disparu dans la nature, Severus, on ne sait même pas ce si elle pourrait nous être utile. Laissons la de côté pour l'instant.
Mais de retour sous l'abri de leur tente qu'ils avaient dressé quelques dizaines de kilomètres plus loin à l'abri d'un bois désert, Hermione sortit le parchemin sur lequel elle avait copié l'épitaphe gravée sur la tombe.
- Est-ce que tu arriverais à comprendre au moins le sens général de ce texte, Kécile ? Interrogea Hermione.
Kécile s'assit à la table, aussitôt rejoint par Severus, alors que les garçons partaient à la recherche de bois pour faire du feu.
- « Master », j'imagine que ça se rapporte à mon père. On reconnaît le mot « secret », deux fois aussi.
- Ça parle peut-être des horcruxes ? Suggéra Hermione
- C'est possible en tout cas: ici, ça veut dire « reason », et là, je crois que c'est « eternity ».
- Grunt est très certainement en partie responsable de l'immortalité du Seigneur des Ténèbres, acquiesça Severus. De toute évidence, de Visnel ou qui que soit d'autre ce LDD, était au courant.
- Je ne suis pas d'accord, rétorqua fermement Hermione. Je veux dire... qu'on parle d'éternité dans un texte pour un mort, ça ne me paraît pas un élément tangible.
- Ce n'est pas faux, concéda Severus.
- Il y a le mot « death » qui apparaît deux fois aussi. Mais je ne sais pas de la mort de qui ça parle. Est-ce que c'est sa mort, celle du Maître en question ou simplement la mort en général ?... La dernière strophe est étrange : « But you...our secret je sais pas quoi,... après je comprends rien, ajouta-t-elle alors que son doit traçait le vers suivant, ici il y a le mot « hope », je ne suis pas sûre, mais je crois que c'est « you give a hope » et le dernier vers est vraiment étrange... oubliée, je ne connais pas cette forme, mais c'est comme « forget », alors... « Thanks to you, our forgotten » ?
Tous les trois restèrent à méditer sur ces derniers mots sans parvenir à mettre de mots sur leur frustration. Ils sentaient confusément que quelque chose était tout proche, presque à leur portée. Mais les réponses avaient été emportées au-delà de la tombe par Grunt.
Severus tout particulièrement sentait grandir en lui la conviction que de Visnel savait quelque chose sur les horcruxes, et cette certitude s'imposant, amenait plus de questions que de réponses sur l'étrange personnage et la probabilité de plus en plus certaine qu'elle connaissait l'existence des horcruxes. Mais Kécile avait malheureusement raison, cette piste avortait à peine entamée.
Il fallait donc trouver une nouvelle voie et réfléchir sérieusement à leur plan d'attaque pour la rentrée.
S'il y avait au moins un sujet sur lequel Severus et Harry s'accordaient sans discussion, c'est que leur quête pouvait durer des mois, voir des années, et qu'il fallait mettre à profil ce temps pour entraîner leur camp. L'Ordre du Phénix, sans chef et sans cachette sûre n'avait plus aucun pouvoir, et pourtant il fallait bien former des combattants. La même idée, bien qu'avec des moyens différents, avait germé dans l'esprit des deux hommes. Poudlard était un vivier de jeunes gens sans défense et qui pouvaient se retrouver pris dans la tourmente. Les préparer aussi bien, physiquement, magiquement et psychologiquement aux combats qui s'annonçaient leur semblait primordial.
Les deux hommes parlèrent longuement durant les longues et apathiques journées du mois d'août pour déterminer comment ils pouvaient s'y prendre.
Severus avait insisté sur l'importance d'un entraînement physique d'endurance pour tenir les combats ou tout simplement être capable de fuir. Harry n'avait pas grimacé, ni énoncé quelques propos bien senti sur la fuite des serpentards. Il avait simplement hoché la tête et suggéré l'idée qu'il fallait lancer un club de sport. Severus avait souligné qu'il fallait pour les anciens de l'AD que ce club deviennent une obligation, et qu'il en outre primordial de toucher tout particulièrement les plus jeunes, les plus vulnérables.
Mais si un club de sport pouvait encore passer comme une simple initiative étudiante sans danger aux yeux d'Ombrage, la reprise des activités de l'AD allait être autrement plus problématique. Si l'enseignement des plus jeunes pourraient être pris en charge par des élèves de dernières années, les plus avancés avaient besoin de personnes de la trempe de Harry, Severus et Kécile pour réaliser de rapides progrès. Leur présence nécessaire paraissait hautement problématique. Hermione cependant balança l'argument d'un revers de main.
Là n'est pas le vrai problème. Il y a des tas de moyens de rester en contact entre nous, même si nous devons nous séparer et si nous avons tout d'un coup besoin de nous rassembler. Soyons réalistes, nous n'avons pas la moindre idée de par où commencer, et on risque de rester des semaines inactifs à simplement élaborer des plans ou même à attendre qu'une idée nous vienne ! Rien ne nous sera plus bénéfique que de nous occuper. Nous pouvons tout à fait organiser un roulement entre nous pour diriger les séances de l'AD. Non, vraiment, ça me paraît plus de l'ordre du détail. Il y a avant juste deux touts petits problèmes à régler, dit-elle d'un ton ironique. Où allons nous faire ces séances ? Et comment compter vous entrer et sortir de Poudlard sans vous faire remarquer ?!
- Pour le lieu, j'y ai déjà réfléchi.
- Nous ne pouvons pas utiliser la Salle sur Demande, souligna Ron, Ombrage nous attendra sans doute au détour. Enfin, quand je dis nous, c'est l'AD.
- Je ne pensais pas à la salle sur Demande, répondit calmement Harry. Je pensais à la Chambre des Secrets.
Il y eut un silence médusé.
- Tu n'es pas sérieux, glapit Hermione.
- Si tu vois un autre endroit aussi sécurisé et suffisamment grand pour accueillir tout le monde, franchement dis-le, râla Harry.
- Ça voudra dire qu'on aura au moins besoin de toi ou Kécile pour ouvrir l'endroit.
- Tu l'as dit toi-même, ça ne devrait pas être un réel problème.
- En admettant que ça marche et qu'on arrive à faire entrer des dizaines de personnes dans les toilettes des filles du second étage, sans qu'Ombrage et ses sbires ne s'en rendent compte...comment comptez-vous entrer et sortir de Poudlard à votre guise ?
- Je l'ignore, avoua Harry.
- Les passages secrets ? Suggéra Ron.
- J'ai peur que ce ne soit trop aléatoire, grimaça Kécile.
- Si seulement on était des animagus comme les maraudeurs, soupira Harry.
Severus allait faire un commentaire acide, mais Kécile lui lança un regard furibond et il referma la bouche. Il pinça les lèvres mais pour une fois, il préférait céder. Il ne le reconnaîtrait certainement jamais, mais le climat s'était nettement amélioré depuis qu'il tournait sept fois sa langue dans sa bouche avant de s'adresser à Potter. Et le gamin était presque, presque supportable.
- Je trouve que votre idée de relancer l'AD est excellente, concéda Hermione, mais honnêtement l'exécution me paraît trop hasardeuse. Les mangemorts doivent être sur le qui-vive. Ils se doutent bien qu'on va avoir besoin de retourner ou au moins de contacter Poudlard.
- Heureusement pour nous, ni Ombrage, ni les mangemorts ne sont très intelligents.
- Potter, je vous mets en garde, ne négligez pas des personnes comme Malfoy ou Rookwood, ce serait d'une rare stupidité.
- Et vous croyez vraiment qu'ils vont être assignés à la surveillance de Poudlard ?! Leur Maître a sens doute mieux à leur proposer. Vous croyez vraiment que ceux qu'on va croiser à monter la garde sont des mangemorts de premier ordre ? Peu importe de toute manière, il nous faut trouver un moyen de pénétrer dans l'école. Je suis persuadé que Voldemort y a caché un horcruxe. Vous vous souvenez de ce que Dumbledore nous a raconté, lorsqu'il est venu réclamer un poste...
Il fut brutalement interrompu par une série de craquements qui firent se redresser tous les occupants de la tente. On transplanait à quelques mètres de leur tente.
- Il n'y a personne ! Beugla une voix d'homme.
- Ils n'ont pas pu déjà filer !
- Il y a des sortilèges bande d'abrutis, trouvez-les moi et détruisez-les !
A l'intérieur de la tente, on échangea des regards atterrés.
- Des mangemorts ! Murmura Kécile. Comment ont-ils fait pour nous retrouver ?!
- Restez ici, ordonna Severus.
Baguette à la main, il se dirigea vers l'ouverture de la tente et passa la tête à l'extérieur.
Plusieurs hommes d'aspect négligé jetaient des sorts au hasard. Ils n'allaient pas leur falloir longtemps pour délimiter la zone protégée et alors les sorts pleuvraient sur eux sans qu'ils n'aient le temps de transplaner.
- Vous pouvez jouer les morts, là derrière, lança l'un des hommes. Vous êtes faits comme des rats.
- Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Ron.
- Si on fuit, il nous faut tout laisser derrière. Mais c'est la solution la plus prudente
- Et si on attaque ? Demanda Kécile.
Ils sont 6. Pas des plus brillants apparemment.
- Et ils ne nous voient pas, ajouta Harry.
- Un jeu d'enfant, déclara Kécile d'une voix ferme.
A défaut d'être un jeu d'enfant, le combat fut bref.
Ils quittèrent la sécurité toute relative de la tente pour faire face à leurs assaillants. Severus visa aussitôt leur chef qui s'effondra en hurlant, les mains sur le visage brûlé au troisième degré. Kécile faucha un second qui tendait la main vers la barrière immatérielle qui les séparaient pour tenter de passer au travers. Harry stupéfixia en un tir précis celui qui tentait de faire discrètement le tour par le couvert des arbre pour les prendre à revers. Ron ligota un autre qui tentait de venir au secours du leader du groupe et Hermione pétrifia le cinquième juste au moment où il entamait un transplanage en catastrophe. Le dernier avait profité de la pagaille générale pour fuir dès le premier corps à terre.
Lorsque le calme fut revenu dans le bois, Severus et les jeunes osèrent passer l'abri des sortilèges.
- Au moins, on peut dire que nos sorts de protection ne servent pas à rien... marmonna Harry.
- Oui, mais ce n'est pas normal, ils n'auraient jamais dû nous détecter, s'exclama Hermione, avec sa voix un peu haut perché comme à chaque fois qu'elle était stressée.
- Ils ont transplané en sachant qu'on était là, fit remarquer Ron.
- Ce ne sont pas des mangemorts, annonça Severus qui était entrain d'inspecter le bras gauche de chacun de leurs assaillants.
- Qu'est-ce que cela signifie ?
- Sans doute une quelconque milice. Mais il faut savoir après quoi ou qui ils étaient et comment ils ont pu nous localiser aussi précisément. La priorité cependant, c'est de déménager. On plie bagages. Je veux tout le monde prêt à transplaner dans 10 minutes, ordonna Severus. Il ne s'agirait pas que des renforts n'arrivent.
Les sortilèges de rangement fusèrent de tous côtés. Hermione utilisait elle aussi sa baguette, ne voyant plus l'utilité de se faire discrète. Elle réfléchissait à voix haute tandis qu'elle et Kécile repliaient toutes les affaires de leur chambre.
- Ce qui est incompréhensible, c'est qu'on ne peut pas transplaner en un point précis sans le connaître auparavant. La seule solution c'est d'être appelé par un sortilège.
- Tu veux dire comme avec la marque des Ténèbres ?
- Oui, c'est ça, c'est un peu comme si on avait servi de marque des Ténèbres. Ils ont transplané ici parce qu'ils ont été appelés par notre présence.
- Mais pourquoi maintenant et pas plus tôt ? Je veux dire, ça fait des semaines qu'on se cache ? Qu'est-ce qui a pu tout à coup les attirer ? Tu n'as pas lancé de sorts et activé la Trace ?
- Non, tu le sais bien, j'ai toujours été scrupuleuse là-dessus, justement parce que je craignais quelque chose comme ça. Mais enfin, tu es témoin, je n'ai pas utilisé ma magie jusqu'à présent !
- Ne t'énerve pas, Hermione, je ne t'accuse pas, j'essaie juste de comprendre.
- Les filles, on vous attend ! Lança Ron
- On arrive.
Elle bouclèrent leur dernières affaires et rejoignirent les autres à l'extérieur. D'un geste, Severus démonta la tente qui se replia toute seule.
- Est-ce que vous croyez que Voldemort peut avoir lancé sur nous un sort semblable à la Trace, pour pouvoir nous retrouver ? Interrogea Kécile.
- Mais avant que quiconque ne puisse lui répondre, trois sorciers transplanaient baguettes au poing à quelques mètres d'eux.
- Mais c'est pas vrai ! Protesta Harry
Par chance, les nouveaux venus ne les voyaient pas encore et furent décontenancés en découvrant les corps de leurs congénères assommés ou ligotés.
- La tombe de Grunt, lança Severus qui attrapa le bras de Harry et transplana.
Hermione agrippa Ron et le suivit, aussitôt imitée par Kécile, alors qu'un rayon vert fusait vers eux.
- Mais qu'est-ce que ça veut dire ! S'exclama Harry, dès qu'ils se furent retrouvés autour de la tombe noire.
On sentait poindre la panique dans sa voix.
- J'allais te répondre que non, Kécile, ce n'est pas possible de soumettre quelqu'un à la Trace sans que la personne en ait conscience, mais je commence à douter, glapit Hermione.
- Mais ça veut dire que nous ne sommes en sécurité nul part, souleva Ron.
- Inutile de paniquer, coupa Severus. Tout le monde se calme, il n'y a pas lieu de croire que ces hommes peuvent nous retrouver n'importe où. Les deux groupes sont arrivés au même endroit, il se peut qu'ils ne nous trouvent pas ailleurs.
- Mais pourquoi ?! S'énerva Harry.
- Je l'ignore, Potter, mais c'est ce que nous allons tâcher de découvrir. Je pense que nous devons aller chercher des informations auprès de la communauté sorcière. De toute manière, nous serons peut-être actuellement plus en sécurité entourés de la masse de sorciers si c'est notre magie qu'ils détectent.
- Quel est votre plan, professeur? Demanda Hermione.
Severus ne répondit pas immédiatement.
La nuit venait de tomber et ils ne pouvaient s'empêcher d'épier l'obscurité, suspicieux de chaque ombre, sursautant au moindre souffle de vent qui agitait les branches d'un arbre non loin de la masure abandonnée.
- Je vais vous masquer sous des glamours. Ce n'est pas aussi efficace et imperméable que du polynectar, mais je n'ai ni le temps ni les ingrédients pour faire du polynectar pour 5 personnes. Le glamour dure 24h. Nous allons nous séparer. Vous trois, dit-il en désignant le trio, irez au chaudron baveur. J'irai avec Kécile à Pré-au-lard.
- Qu'est-ce que vous attendez de nous ? Demanda Harry dubitatif.
- Trouvez des informations : lisez les journaux, écoutez les conversations, vous êtes très doués pour fouiner d'ordinaire... Nous en ferons autant avec Kécile.
- Mais comment allons nous nous retrouver ?
- Donnons nous rendez-vous ici. Au crépuscule au plus tard.
- On ne peut pas attendre à découvert comme cela... On est déjà entrain de tenter le diable en ce moment même, marmonna Harry.
Hermione désigna la masure.
- Ce sera peut-être plus discret .
- Génial, Hermione ! Tu sais qui habitais là avant ? s'exlama Kécile. Grunt ! Je ne suis pas certaine que sa maison soit un havre de paix.
- Il n'y a qu'à vérifier, déclara Harry.
- Vous restez là Potter, et vous attendez que j'aille voir, dit Severus d'un ton péremptoire.
- Inutile de jouer le professeur qui doit protéger ses élèves, professeur.
- Harry ! Claqua la voix de Kécile.
- Quoi ? Je n'ai pas raison peut-être ? On est tous dans la même galère ! Qu'est-ce que ça change qu'on l'accompagne affronter des sorts de magie noire ou qu'on reste là à attendre de se faire attaquer par un autre groupe pseudo-mangemorts ?
- Ça change que dans un cas on est apte à se défendre, et pas dans l'autre, Harry. Tout ce qu'on risque de faire en venant avec lui, c'est de déclencher des maléfices par inadvertance.
- As-tu fini de raisonner Potter, Kécile ? Fit Severus narquois.
Mais il ne put voir le regard noir de son élève, car il s'avançait déjà vers la masure.
- Vous n'allez pas vous y remettre, hein, Harry ? Demanda-t-elle alors d'un ton pressant.
- Je déteste quand il m'appelle « Potter »...
- En même temps, le jour où il t'appellera Harry, tu risques de faire une syncope, fit remarquer Ron.
Il y eut un petit rire un peu nerveux d'Hermione, puis le silence tomba à nouveau sur le champ d'herbes folles. Ils prenaient tous conscience que la tente sous laquelle ils s'abritaient jusqu'à présent avait représenté un véritable refuge, et un véritable lieu de sécurité, derrière lequel ils pensaient être inatteignables, bardés par tous les sortilèges. Mais si on continuait à les retrouver aussi aisément, la situation allait vite devenir intenable. S'ils devaient passer leur temps à fuir, comment allaient-ils pouvoir mener à bien leur quête ? Voldemort ne les avaient peut-être pas encore capturés mais il avait probablement trouvé un bon moyen de les mettre hors d'état de nuire.
Severus finit par sortir et les rejoignit.
- La demeure de Grunt a clairement été visitée tout comme la tombe, mais elle semble à peu près sure. En tout cas, nous devrions pouvoir nous donner rendez-vous ici sans trop de risque. Maintenant enfilez vos robes de sorciers et tenez-vous prêts. Je vais lance le sort sur chacun d'entre vous. Miss Granger, observez attentivement, il se peut que vous ayez besoin de le reproduire, et je compte sur vous.
- Bien sûr professeur.
- Attendons de voir si un nouveau groupe nous tombe dessus, avant de transplaner, suggéra Kécile.
- Cette fille est malade, marmonna Ron.
- Tenez-vous prêts à toute éventualité, Weasley.
Severus commença à ensorceler ses élèves un à un. Ils se voyaient toujours comme ils étaient, mais quiconque ignorait leur véritable identité ne verrait que des sorciers au physique banal qu'on oubliait aussitôt. En revanche si quelqu'un avait le moindre doute à leur sujet, ils leur réapparaîtrait aussitôt sous leur jour véritable.
Ils attendirent quelques minutes sur le qui-vive, mais rien ne se passa. Alors Severus fit signe au trio, et Hermione attrapa Harry et Ron pour transplaner à Londres.
- Bonne chance, leur lança-t-il.
