Bonjour à tous!

Tout doucement, je continue à avancer dans l'écriture, j'en suis au chapitre 12.

Alors oui, je sais, Hermione a normalement un an de plus. J'ai rajeuni Jedusor de 30 ans, j'aurais donc pensé que ça vous laisserait indifférents! lol!

Bref, sinon, j'apprécierai d'avoir votre impression sur la manière dont les événements vont se dérouler dans les prochains chapitres.

Bonne lecture!


Chapitre 103 : Les résistants

Les premiers jours de septembre s'écoulèrent dans une atmosphère plus détendue. Le 19 septembre, Hermione aurait enfin 17 ans et serait débarrassée de la Trace, et avec, de toute possibilité d'être retrouvée par le ministère.

Ils allaient enfin pouvoir passer à l'acte. D'abord, pénétrer Poudlard pour réorganiser l'AD, et récupérer l'épée de Gryffondor pour pouvoir détruire les futurs horcruxes. Ce qui n'allait pas être une sinécure, car il faudrait pénétrer dans le bureau de la nouvelle directrice. Ensuite se rendre à Godric's Hollow, et puis à Paris, voir les Praslin afin de traduire l'épitaphe de Gwendoline Grunt à la demande de Severus. Bien des missions plus où moins périlleuses, mais malheureusement aucune qui n'allait les mener à un horcuxe.

Quelques jours avant l'anniversaire d'Hermione, au milieu d'un déjeuner silencieux, comme à peu près chaque fois que Severus mangeait à la même table que les adolescents, Kécile dit de but en blanc :

- J'ai eu une idée, pour l'ordre. Et pour Poudlard, d'ailleurs...On pourrait demander à Adelforth.

- Qui ça ? Demanda Ron.

- Adelforth, le frère d'Albus qui tient la tête de sanglier à Pré-au-lard. Il a bien une cave ou quelque chose dans le genre qui pourrait servir de lieu de réunion discret à l'ordre !

- Il ne fait plus parti de l'ordre depuis des années, fit remarquer Severus.

- On ne lui demande pas de faire parti de l'ordre, mais de l'héberger.

- Tu joues sur les mots... Harry ? Ça va ?

Celui-ci s'était redressé brusquement et précipité dehors.

Les trois autres adolescents le suivirent à l'extérieur, mais Harry s'était enfoncé dans le bois. Ils purent néanmoins le retrouver lorsqu'ils l'entendirent crier à s'en casser les cordes vocales. Il était avachi contre un arbre et se tenait le front en hurlant.

- Harry ! HARRY ! S'écria Ron.

Celui-ci rouvrit enfin les yeux, sous le regard effaré et inquiet de ses amis.

- Harry, qu'est-ce qui t'arrive ? Demanda Kécile en s'agenouillant près de lui.

- Tu criais à t'en faire exploser la tête ! Dit Ron.

- C'est ta cicatrice, encore, n'est-ce pas ? Dit Hermione d'un air accusateur.

Harry un peu hagard cherchait à reprendre ses esprits. Il tenta de démentir, mais devant le regard acerbe de la jeune fille, il préféra céder.

- D'accord, fit-il avec lassitude. Je viens de voir Voldemort tuer une femme. Au moment où je te parle, il a sans doute tué toute sa famille. Et ça ne lui était pas nécessaire, dit-il avec une violence à peine contenue. C'était comme si je revoyais le meurtre de Cedric, il étaient juste là...

- Harry, tu ne dois plus laisser des choses pareilles de reproduire ! Clama Hermione. Dumbledore voulait que tu utilises l'occlumencie ! Il pensait que cette connexion était dangereuse... Voldemort peut s'en servir, Harry !

- Tu sais bien que je suis très mauvais en occlumencie, je n'ai jamais réussi à assimiler la technique.

- Et bien tu n'as qu'à demander au professeur Rogue de reprendre ton instruction.

- Hors de question, répondit-il d'un ton qui n'omettait pas de discussion. Si tu veux pourrir de manière irrémédiable nos relations, tu n'as pas de meilleure solution. On commence tout juste à parvenir à se supporter... ça n'en vaut pas le coup. Ça me rend malade, je ne supporte pas que l'autre puisse entrer en moi, que je sois obligé de l'observer quand il est le plus dangereux. Mais je compte m'en servir.

- Dumbledore...

- Oublie Dumbledore. C'est moi qui décide. Et je veux savoir pourquoi il cherche Gregorovitch.

De guerre lasse, Hermione abandonna le sujet, et ils se gardèrent bien de le relancer en présence de Rogue.

Le 20 septembre au matin, ils transplanaient tous aux abords de Pré-au-Lard sous le couvert du glamour, Harry sous sa cape, et se dirigèrent tranquillement vers le vieux pub.

A l'intérieur, il n'y avait qu'un client, assis devant une tasse de café, qui lisait un exemplaire de la Gazette du sorcier. En caractère gras sur la première page, on lisait « La Commission d'enregistrement des nés-moldus tranche ». En dessous s'agitait une photo sur laquelle Kécile et Severus reconnurent sans peine Yaxley et Travers malgré leurs tenues officielles.

Kécile pinça les lèvres. Deux mangemorts notoires qui travaillaient au gouvernement, aux yeux de tous, en toute impunité. Cela donnait une assez bonne idée de l'était du gouvernement magique. On se demandait presque pourquoi Voldemort s'obstinait à maintenir cette façade. Qui croyait-il tromper ?

Le barman à la barbe grise et à la robe un peu informe ne dépareillait pas avec le décor miteux du pub. Il ne leva les yeux que lorsque les 4 individus s'arrêtèrent devant son bar.

- Bonjour Adelforth, murmura Kécile. C'est votre nièce qui aimerait vous parler.

- Qu'est-ce que tu fais là, maugréa-t-il en les regardant à nouveau alors que le glamour disparaissait pour ses yeux.

- Nous voulons discuter avec vous.

- Allez-y tous les deux, dit Severus tout en prenant Hermione et Ron par le bras pour aller s'asseoir à une table, ce sera plus discret. Un petit-déjeuner pour trois, demanda-t-il alors que Kécile passait discrètement derrière le bar et ouvrait largement la porte pour laisser passer Harry, toujours sous sa cape.

Ils montèrent les escaliers jusqu'au petit salon d'Adelforth. Là, Harry enleva sa cape et regarda autour de lui.

- Il n'a pas l'air de t'apprécier beaucoup...

- Je ne crois pas qu'il apprécie grand monde à vrai dire, avoua Kécile. Et certainement pas tout ce qui a trait à son frère...

Les yeux de Harry s'arrêtèrent sur le grand portrait en pied de la jeune fille qui souriait d'un air absent sans prêter attention aux deux nouveaux venus.

- C'est Ariana, dit Kécile.

- La sœur cracmolle ?

Elle secoua la tête.

- Pas cracmolle. Traumatisée et magiquement instable.

- Pourquoi traum...

Harry fut interrompu par la porte du salon qui s'ouvrit sur Adelforth.

- J'aurais dû me douter que tu viendrais un jour où l'autre, dit-il en fixant Kécile la mine sévère. Mais ne compte pas sur moi pour jouer les grands-pères de substitution.

- Je n'en ai pas l'intention.

- En outre, je ne suis pas sûr d'être ravi d'avoir Potter dans mon salon. C'est mortellement dangereux par les temps qui courent.

- Il n'y a que vous qui savez de qui il s'agit.

- Ne prends pas trop les mangemorts pour des idiots, Kécile, ça va te coûter cher.

Elle haussa les épaules et balaya la remarque d'un geste de la main.

- L'ordre est en perdition. Ses membres n'ont plus de quartier général, ni de chef.

- L'ordre est fini.

- Absolument pas, répondit Harry, il y a encore des gens qui veulent se battre.

- Ils sont fous.

- Ils sont courageux, rétorqua Harry avec véhémence.

- Ce qui dans certain cas revient au même...

- Nous avons besoin d'un lieu. C'est tout. Une fois que les membres pourront se réunir, l'ordre renaîtra à nouveau de ses cendres.

- Et ?...

- Et je pense que vous pourriez nous fournir ce lieu.

- Tu délires complètement, Kécile. Il y a longtemps que j'ai abandonné les folies de mon frère et que je ne me mêle plus de ses affaires, ce n'est pas pour recommencer après sa mort.

- Vous mentez. Vous avez fait parti de l'ordre, bien après la mort d'Ariana et la dispute avec votre frère.

- Par principe.

- Et bien, je crois qu'on est encore une fois dans une période où les principes sont de mises.

- L'ordre du Phénix est fini, Vous-Savez-Qui a gagné, c'est terminé, mettez vous bien ça dans le crâne, tous les deux.

- Ce n'est pas terminé du tout ! S'exclama Harry. Nous avons une mission à remplir.

- Ah vraiment ? Deux gamins comme vous ?

- Quatre. Et pas des plus idiots de leur génération. Et Severus. Et l'ordre peut nous aider. Et Poudlard peut nous aider.

- Poudlard, maintenant, fit Adelforth avec un reniflement dédaigneux.

- Oui, Poudlard. Et si vous connaissez un moyen d'y entrer discrètement, ça nous aiderait.

- Poudlard, rien que ça ! Ce nid de mangemorts ! Pourquoi pas le ministère, tant que vous y êtes !

- Qui sait, fit Kécile narquoise, ça peut venir...

- Donc en conclusion, nous venons vous demander d'héberger l'ordre et de nous aider à pénétrer dans Poudlard. C'est tout.

- C'est tout ? Tu en as de bonnes, mon garçon.

- On ne vous demande pas de vous battre. On en vous demande pas de faire des missions. On ne vous demande que cette aide dans notre quête.

- Quelle quête ?

- On ne peut pas en parler. C'est un travail que nous a laissé votre frère.

- Voyez-vous ça ? Un travail agréable, j'espère ? Facile ? Le genre de choses qu'un jeune sorcier non diplômé peut accomplir sans trop se casser la tête ?

- Le genre de travail dans lequel votre frère a perdu la vie le premier, claqua la voix de Kécile avec un regard dur. Et on va peut-être y passer nous aussi. Mais on n'a pas le choix, il faut continuer...

- Il faut ? Pourquoi « il faut » ? Il est mort ! Dit-il abruptement. Sauvez vos propres vies, tous les deux. Vous ne serez jamais en sécurité ici, Il a trop envie de vous retrouver. Partez à l'étranger, sauvez votre peau et emmenez vos amis avec vous, ça vaudra mieux.

- On ne peut pas partir, affirma Harry . On a un travail...

- Confiez-le à quelqu'un d'autre !

- Impossible, c'est à moi de le faire. Dumbledore...

- Mon frère, hein ? C'est toujours lui... Et est-ce qu'il t'a vraiment tout dit, est-ce qu'il a été sincère avec toi ?

Une lueur de doute passa dans le regard du jeune homme.

- Arrêtez, cracha Kécile. Qu'est-ce que vous cherchez à insinuer ?

- Je connaissais mon frère, Kécile. Il a acquis le goût du secret sur les genoux de ma mère. Le secret et le mensonge, c'est là-dedans que nous avons été élevés et Albus... était très doué pour ça.

- Si c'est là tout ce que vous pensez de votre frère, vous n'avez décidément rien compris, s'exclama Kécile.

- Ah tu crois ça ?

- J'en suis sure. Vous êtes juste complètement à côté du chaudron. Albus a fait tout ce qu'il a pu pour nous donner toutes les pistes possibles. Il a fait tout ce qu'il a pu pour nous accompagner dans le chemin qu'il nous a tracé. Il nous a donné toutes les informations en sa possession. Ce n'est pas de sa faute si le chemin est obscur. Vous ne croyez toute de même pas que mon père va semer les indices pour le détruire comme le petit poucet ses cailloux, non ? Et à qui voulez-vous qu'on confie ce travail ? A l'ordre, qui n'existera bientôt plus si vous persistez dans votre refus de l'aider ? Albus a mis le secret de la défaite du Seigneur des Ténèbres dans des mains bien précises. Dans les seules qui peuvent le vaincre et ne pas se perdre en chemin.

- C'est ce qu'il vous a fait croire.

- Non, c'est ce que j'ai compris seule récemment.

Harry lui jeta un regard interrogatif.

- Il y a des forces magiques bien au delà de la volonté d'un simple sorcier qui entrent en vigueur, fussent-ils Dumbledore ou le Seigneur des Ténèbres. Des forces contre lesquelles personne ne peut lutter.

- Vous pouvez les ignorer.

- Et être lâche ? Vivre avec ça sur la conscience ? Ce n'est pas pour rien que c'est à Harry qu'incombe cette tâche. Et ceux qui le secondent n'ont pas été le fruit du hasard. Harry a une force d'âme rare. Suffisamment pour ne pas se perdre en chemin. Suffisamment pour côtoyer le mal sans y céder. Severus et moi, on a déjà fait l'erreur une fois. On en a trop souffert pour retomber à nouveau du mauvais côté. Et Hermione et Ron sont beaucoup trop loyaux et courageux pour dévier du chemin qu'empruntera Harry.

- Vous avez dix-sept ans !

- La force mentale, ça ne s'acquière pas qu'avec l'âge. De toute manière on a grandi hors normes... alors... Non, j'en suis certaine, Albus a parfaitement choisi les personnes entre les mains de qui il a confié ses armes.

- Comment peux-tu être sure que mon frère n'était pas plus intéressé par le « plus grand bien » que par vous ? Potter ? Tu n'étais pas son petit-fils, toi. Comment peux-tu être sûr que tu n'es pas une quantité négligeable qu'on peut laisser tuer ?

- Albus aimait Harry, défendit Kécile.

- Alors j'en reviens à la même question... Pourquoi ne lui a-t-il pas conseillé de se cacher, dans ce cas ? Rétorqua Adelforth. Pourquoi ne lui a-t-il pas dit : « Prends soin de toi, voici comment survivre »?

- Parce que parfois, répondit vivement Harry, il faut penser à autre chose qu'à sa propre sécurité ! Parfois, il faut penser au plus grand bien ! Nous sommes en guerre ! Et je vais continuer à me battre, même si vous, vous avez abandonné !

- Qui te dit que j'ai abandonné ?

- « L'ordre du Pénix est fini, Vous-Savez-Qui a gagné » répéta Harry.

- Même si ça ne me plaît pas, c'est la vérité !

- Non, affirma-t-il. Votre frère savait comment venir à bout de Vous-Savez-Qui et il m' a transmis ce savoir. Je continuerai jusqu'à ce que je réussisse... ou que je meure. Ne croyez pas que j'ignore comment les choses pourraient finir. Je le sais depuis des années. Mais d'autres seront là pour continuer le combat, ajouta-t-il en tournant le regard vers Kécile.

- Si les autres en question sont encore de ce monde, marmonna-t-elle.

- Nous avons besoin de reconstruire l'Ordre du Phénix. Nous devons entrer à Poudlard. Si vous ne pouvez rien pour nous, nous essayerons nous-mêmes de trouver un moyen. Mais si vous pouvez nous aider... ce serait le moment de nous le faire savoir.

Adelforth les fixa longuement comme pour leur laisser la possibilité de revenir sur leurs paroles. Puis voyant que la bataille était perdue, il tourna les talons et descendit au rez-de-chassée.

Kécile n'était pas certain qu'ils aient gagné. Mais quelques minutes plus tard, il revenait, accompagné de Severus, Ron et Hermione.

- Puisque vous semblez tous décidé à vous perdre... regardez, dit-il en désignant le portrait de sa sœur. Ariana, s'il-te-plaît...

Et sous les yeux ébahis des adolescents, le tableau pivota pour laisser voir un tunnel.

- Voici le dernier moyen d'entrer dans l'école dorénavant. Il faut que vous sachiez : d'après mes sources, tous les passages secrets sont surveillés à chaque extrémité, des détraqueurs sont postés tout autour des murs d'enceinte, des patrouilles font régulièrement des rondes dans le château. Jamais l'endroit n'a été aussi bien gardé. Comment espérez-vous tenter quoi que ce soit quand vous serez à l'intérieur, avec Ombrage, les Carrow...

- Il n'y a pas que des ennemis à l'intérieur de ces murs, dit Hermione.

- J'espère pour vous que vous savez réellement sur qui compter.

- Comment pouvons-nous venir ici sans vous déranger ?

- Vous avez l'intention de faire la navette souvent ? Demanda Adelforth le regard dangereusement étincelant.

- Une à deux fois par semaine, probablement... répondit Kécile d'un ton dégagé.

Il y eut un moment, où tous crurent qu'Adelforth allait les mettre à la porte par la peau du cou.

Mais il se contenta de serrer la mâchoire.

- Il y a l'entrée arrière. Elle est discrète et vous pourrez monter ici sans passer par la salle du bar. Je vous donnerais une clé... Si vous revenez.

- Merci. Et pour l'ordre ? Ajouta-t-elle.

- Tu ne vas rien lâcher, hein ?

- C'est dans l'intérêt de tout le monde...

Le vieil homme soupira.

- Au point où j'en suis... marmonna-t-il. Ils n'auront qu'à passer par le même chemin que vous. Tout ce que j'exige c'est qu'ils ne se rassemblent pas ici. Des mangemorts peuvent débarquer à n'importe quel moment. L'ordre se rassemblera là où le tunnel vous mène. Mes avis que vous trouverez ça de toute manière beaucoup plus confortable. Bonne chance, ajouta-t-il en leur désignant le trou béant qui les attendait toujours.

Ils grimpèrent un à un par l'ouverture. Severus alluma sa baguette et ils avancèrent avec circonspection. Harry et Ron faisaient toutes les suppositions possibles et imaginables sur l'endroit où ils pourraient déboucher. Kécile était assez de l'avis de Ron lorsqu'il émettait l'idée du bureau d'Albus. Mais dans la mesure où c'était Dolorès Ombrage la nouvelle directrice, elle ne voyait pas très bien en quoi ce serait une bonne nouvelle et une solution à leurs problèmes.

Mais ils étaient très loin d'imaginer ce qui les attendaient.

La salle dans laquelle ils arrivèrent était gigantesque.

- Incroyable ! Souffla Kécile. On pourra sans problème entraîner tous les membres de l'AD ici...

- Si on ne risque pas de se faire prendre, dit Severus. Il faut commencer par savoir où nous sommes.

- Je n'arrive pas à croire qu'on ait pu ignorer une telle pièce dans Poudlard.

- On ne l'ignore pas... dit lentement Harry. Pas du tout même... Je crois qu'on est dans la Salle sur Demande.

Le silence s'abattit entre eux. Ils se regardèrent, peinant à croire leur chance.

- Il nous faudrait des cibles, lança Ron d'une voix claire à l'adresse de la salle.

Aussitôt une vingtaine de cible s'alignèrent au fond de la pièce.

- C'est la Salle sur Demande.

- Alors ça ! Murmura Kécile... c'est la meilleure chose qui pouvait nous arriver...

- A l'exception que Ombrage connaît elle aussi l'existence de cette pièce, remarqua Hermione.

- Il nous faudra juste être extrêmement prudent, dit Harry. Si elle ignore que l'AD a repris, elle ne viendra pas fureter par ici.

- Dans tous les cas, c'est un bon endroit pour l'ordre du Phénix, dit Severus. D'autant qu'en cas de besoin, il pourra intervenir rapidement et sans avoir à se battre pour commencer par pénétrer dans l'école. Maintenant, il faut aller chercher Minerva, Drago ou tout autre personne susceptible de nous aider dans nos plans. On peut vous laisser faire ça Potter ?

Harry hocha la tête. Hermione lui tendit un gallion.

- Pour nous prévenir en cas de problème, dit-elle.

- Tout ira bien, Hermione.

- Tu nous excuseras d'en douter... fit Kécile.

- J'ai la cape et la carte. J'ai passé 6 ans à passer sous le nez d'un certain professeur de potions, je suis bien capable de filer sous celui d'un mangemort ou d'Ombrage, tu ne crois pas ?

- Dépêchez-vous de vous sauver, Potter, avant que je ne décide de retirer les points que vous auriez mérité de perdre à l'époque à Gryffondor.

Harry eut un petit rire narquois avant de disparaître sous la cape. Ils virent la porte s'ouvrir et se refermer, puis s'installèrent pour attendre.

Une demi-heure plus tard, la poignée s'abaissa avec hésitation et ils virent une Minerva MacGonagall décontenancée ouvrir.

- Qu'est-ce que ça signifie ?... Comment... par Merlin, comment avez-vous fait?!

- Rentrez et fermez donc la porte, Minerva et si vous voulez bien nous allons attendre le retour de Harry avant de tout expliquer.

- Je n'en croyais pas mes yeux lorsque Potter est apparu dans mon bureau. J'ai bien failli l'ensorceler... dit la vieille femme qui les observait comme des fantômes. Il m'a demandé de prévenir les membres de l'ordre et de l'AD que je pouvais contacter sans danger. J'ai pu prévenir Rémus et Alastor... Et des élèves de ma maison.

- Drago ? Interrogea Severus.

- C'est Horace qui va l'envoyer.

- Il semble que nous attendions donc du monde, conclut Severus avec satisfaction. Asseyez-vous donc...

- Professeur, comment cela se passe-t-il avec Dolorès Ombrage ?

- Miss Granger, vous pouvez imaginer... Nous ne pouvons échanger une parole dans les couloirs sans qu'elle nous suspecte de comploter. Elle n'a plus aucune limite. Espionnage, délation, punitions corporelles, torture, elle utilise tous les moyens pour tenter de garder le contrôle de l'école.

- Tenter ? Remarqua Severus.

- Hormis les Carrows, aucun professeur ne la suit.

- Les Carrows ?! Professeurs ?! s'étrangla Kécile

- Oui, répondit MacGonagall d'un ton sinistre. Du moins c'est le nom qu'ils se donnent. Amycus Carrow enseigne la magie noire. A la place de la Défense contre les forces du mal.

- Au moins, les élèves échappent à la prose d'Eskivdur... remarqua Kécile.

- Je crois vraiment qu'ils la préféreraient, Miss Gaunt. Les plus grands élèves doivent s'entraîner à jeter le sortilège Doloris sur leurs camarades en retenue en guise de cobayes, répondit-elle dans un murmure honteux.

- Quoi ?! S'exclamèrent à l'unisson Hermione et Ron.

- Alecto Carrow enseigne l'étude des moldus. Sauf que les « cours » qu'elle dispense sont à l'exact opposé de ceux du professeur Burbage.

- Mais vous avez pu rester, fit remarquer Severus.

Minerva hocha la tête.

- Il me faut faire profil bas, comme tous ceux qui ont soutenu Dumbledore. On nous rappelle régulièrement que nous ne somme qu'en sursis. Par chance, toute l'équipe est contre Ombrage et les Carrow et nous parvenons en unissant nos forces à épargner quelques souffrances aux élèves et à les soutenir. Nous avons même pu faire fuir quelques élèves nés-moldus qui avaient eu l'inconscience de se présenter à l'école à la rentrée, ignorant la gravité de la situation.

La porte s'ouvrit à nouveau, interrompant le récit de la directrice des gryffondors.

Durant l'heure qui suivit, ce fut un véritable défilé, et Severus se demanda par quel miracle personne ne remarquait ce ballet incessant inhabituel...

Drago, Ginny, Neville, Luna étaient là bien sûr, mais aussi Susan, Michael, Terry, le sœur Patil, Lavande, ... les élèves ne cessaient d'affluer.

Les professeurs n'étaient pas en manque non plus, le professeur Slughorn fut le premier à suivre l'arrivée de MacGonagall, suivi de peu par Flitwick et Chourave. Harry revint entre deux, embrassé et salué de partout par ses camarades, à l'instar de Ron et Hermione. Rapidement, ce furent des membres de l'ordre qui surgirent de derrière le portrait. Il y eut Rémus, Alastor, mais aussi Kinglsey, Emmeline Vance, les Weasley, Mr Lovegood, Hestia Jones. Il y av ait aussi plusieurs têtes nouvelles que les autres inspectaient avec méfiance.

Une heure plus tard, c'était une joyeuse cacophonie, et une cinquantaine de personne se tenaient là et discutaient vivement, à la fois excités, circonspects et interrogateurs, ne sachant parfois pas très bien pourquoi on les avait convoqués.

Une estrade apparut au centre de la pièce sur laquelle Severus grimpa d'office, aussitôt imité par Kécile et Harry qui entraînèrent à leur suite Hermione, Ron et le professeur MacGonagall. Kécile adressa un regard confiant à Harry. Non, décidément, quand on voyait ce rassemblement, on ne pouvait pas croire un instant que l'ordre du Phénix était mort. Ils étaient tous le prolongement de l'oeuvre d'Albus et quelque part elle avait l'impression qu'ils étaient tous là en porteur de mémoire du plus grand chef de rang qu'ils n'auraient jamais.

Severus réclama le silence qu'il obtint aussitôt. Il y avait des choses qui ne se perdaient pas...

- Je suis navré de devoir interrompre toutes ces émouvantes embrassades et retrouvailles... Lorsque j'ai envoyé Potter chercher le professeur MacGonagall, Drago Malfoy, et toute personne qu'il jugerait utile, je ne m'attendais pas à ce qu'il prenne mes mots dans un sens aussi large.

- Vous auriez peut-être dû, professeur, répondit Harry. Vous m'avez toujours reproché de manquer de précision...

Il y eut quelques rires.

- Nous aimerions savoir qui sont les nouveaux venus...

- Vous pouvez parler librement devant eux, intervint Kingsley Shacklebolt. Je m'en porte garant. Voici Savage et Williamson. Ce sont d'anciens collègues. Ils sont encore en poste, eux, et peuvent nous être précieux.

- Amelia Bones, dit la tante de Susan. Je crois qu'il est inutile de me présenter... Quant à la raison de ma présence ici, je pense qu'elle est la même que ces deux messieurs, ajouta-t-elle en désignant les deux auros. Quand on voit ce nid de corruption et d'infamie qu'est devenu le ministère... J'ai donné ma démission lorsque cette marionnette de Picknesse a été nommé Ministre de la Magie.

- Je m'appelle Dirk. Dirk Cresswell. Je travaillais au ministère également. Brigade de la police magique. Je suis né-moldu. Ça m'a valu un envoi pour Azkaban direct, en guise de remerciement pour 10 ans de service. Je me suis enfui pendant qu'on me transférait à la prison. Je suis en cavale maintenant, comme bon nombre d'entre vous, j'imagine. Ma vie ne vaut plus rien dans le monde magique, je suis célibataire, mon boulot s'était tout. Je ne veux pas retourner dans le monde moldu. De toute manière, ce serait mettre ma famille en danger. Alors quitte à mettre ma vie en jeu en défiant le gouvernement vitrine de l'autre taré, autant le faire complètement. Je veux être des vôtres. Maintenant ce que j'aimerais savoir, c'est comment on va battre Vous-Savez-Qui.

- Ça ce n'est pas votre mission. Nous sommes ici pour reconstituer l'Armée de Dumbledore, une association d'élèves à Poudlard, et pour relancer l'Ordre du Phénix.

- Que comptez-vous que nous fassions ?

- La mission de l'ordre est très simple, dit Severus. Il faut recruter afin de grossir nos rangs. Le jour où nous devrons nous battre à visage découvert, ce n'est pas la malheureuse vingtaine de personnes que nous sommes qui allons pouvoir affronter les rangs du Seigneur des Ténèbres.

- Ce n'est pas le nombre qui importe, mais la qualité, dit Remus d'une voix rassurante.

- Oui, enfin ça aide quand même... grogna Kécile. Si on peut avoir les deux, ce n'est pas plus mal... Je veux bien que ces rafleurs et autres bougres du même genre ne soient pas des combattants émérites, mais il ne faudrait pas sous-estimer les mangemorts qui n'auront aucun scrupule à vous faire passer l'arme à gauche, ce qui vous défavorise encore.

- Il faut recruter, et s'entraîner, lança Ron.

- Où donc? Lança Williamson. Nous sommes tous surveillés, traqués...

- Ici, répondit Harry qui parla pour la première fois. Je pense, sans trop m'avancer, professeur, ajouta-t-il comme pour demander l'autorisation au professeur MacGonagall que certains pourraient même se cacher ici.

- Ici ?

- Et où sommes nous exactement ?

- A Poudlard, bien sûr. Les possibilités de cette salle sont sans fin.

- Si le professeur Ombrage venait à la découvrir...

- Elle connaît déjà son existence. Mais tant que quelqu'un reste à l'intérieur, elle ne pourra pas y pénétrer, à moins évidemment qu'on ne l'y autorise.

- Vous voulez dire qu'on pourrait habiter ici ? Demanda Dick Cresswell perplexe...

Harry hocha la tête.

- Nous pourrions organiser des entraînements collectifs, suggéra Kingsley. Nous sommes 4 aurors, nous avons l'habitude des combats.

- 5, lança Cresswell. Je ne suis pas auror, mais enfin, à la brigade, on n'est pas des débutants non plus.

Severus approuva d'un signe.

- Concernant le recrutement, ça va être plus compliqué. Il va falloir être prudent.

- Il faut aller voir ceux qui comme moi ont démissionné, ou ceux qui comme Dirk ont tout perdu et sont menacés d'Azkaban. Il devrait s'en trouver bon nombre qui seront prêts à se battre.

- Il faudra agir avec prudence et trouver un moyen fiable de détecter les traîtres, intervint Severus. Il ne s'agirait pas que le drame de la dernière guerre se reproduise.

- Et c'est vous qui dîtes ça... murmura Harry en serrant les dents.

Severus l'entendit, et un tic déforma sa lèvre. Mais il ne releva pas.

- Votre présence ici pourrait simplifier notre autre but, intervint Hermione. Nous voulons relancer l'Armée de Dumbledore, l'AD, comme on l'appelle entre nous. Les préparer à ce qui va arriver.

- Vous ne voulez quand même pas que des enfants se battent?! S'exclama Hestia Jones.

- Nous non... réplica sèchement Severus. Le Seigneur des Ténèbres n'aura pas la délicatesse de les épargner.

- On ne sait pas où et quand éclateront les batailles les plus sanglantes, intervint Minerva. Il faut donner à nos enfants les meilleures armes pour se défendre. Et s'ils le doivent, pour se battre pour leur survie et leur avenir.

- Nous avions pensé relancer le système de gallion, proposa Hermione.

- Cela peut-être bien pour communiquer, et pour créer les grands rassemblements, dit Neville. Mais s'il y a toujours quelqu'un de l'ordre ici, le mieux serait que nous puissions passer n'importe quand venir nous entraîner. Ce serait également plus discret.

Tout le monde approuva.

- Je crois que le professeur Rogue a prévu également une autre partie au programme... lança Ron à la cantonade avec un rire moqueur.

- Vous êtes bien prompts à faire partager votre souffrance, Weasley, ricana Severus.

- C'est vous-même qui dîtes que c'est indispensable...

- Et je le maintiens. Je demande aux préfets de chaque maison, y compris vous, Drago, d'organiser tous les matins des séances de jogging autour du château.

- Du quoi ? S'étrangla le serpentard.

- Du jogging, du footing, de la course à pied, appelle-ça comme tu voudras pour ne pas froisser tes petites oreilles de Sang-Pur ! lança Michael.

- Professeur, pourquoi faire du sport, comme les moldus ? Demanda Drago décontenancé. Nous sommes des sorciers !

- Pour acquérir l'endurance, pour pouvoir fuir lorsque vous en aurez besoin, pour venir rapidement en aide à ceux qui vous sont chers, pour pouvoir tenir malgré l'épuisement et la peur durant un combat. Votre forme physique doit dorénavant être votre priorité au même titre que vos capacités de duellistes. Je ne m'adresse d'ailleurs pas qu'aux étudiants.

- Je ne saurais mieux dire, professeur Rogue, intervint l'auror Savage. Nous saurons le rappeler aux élèves.

La discussion se poursuivit longuement et avec passion sur des détails d'organisation. Mais l'âme des résistants étaient là, prête à en découdre et à travailler dur pour le jour où on aurait besoin des combattants.

Les quatre gryffondors se sourirent. L'espoir revenait. L'énergie et la volonté de se battre également. C'était réconfortant de voir tous ces gens se mobiliser derrière eux, et savoir qu'ils seraient prêts à intervenir en cas d'appel à l'aide. Ils se sentaient soudainement beaucoup moins seuls dans leur combat.

Kécile ne put retenir un sourire revanchard.

Voldemort ne verrait pas venir ce qui allait lui tomber dessus