Chapitre 104 : La résurrection du Phénix
- Nous aurions besoin de discuter de certaines choses à l'abri des oreilles indiscrètes, dit Severus en aparté à la directrice des gryffondors.
Certains membres de l'ordre commençaient à partir, pour beaucoup avec le projet de revenir s'installer ici. Les élèves quittaient par petits groupes la Salle sur Demande sous le contrôle vigilant de Ron qui inspectait la carte des Maraudeurs. Les plus anciens membres de l'AD en revanche, n'avaient visiblement aucune intention de partir si tôt, ravis de retrouver leurs amis.
Kécile regardait du coin de l'oeil Harry et Ginny. Ils étaient très proches l'un de l'autre, sans se toucher pour autant. Mais leurs regards parlaient pour eux.
Kécile finit par détourner la tête. Elle se faisait du mal pour rien. N'était-elle donc pas capable de s'épargner cette souffrance supplémentaire ?! Quand elle se laissait aller à certains gestes avec Harry, s'était totalement stérile. Elle le savait pourtant, alors pourquoi continuait-elle ? Harry ne se rendait pas compte de ce qu'ils signifiaient, voilà pourquoi. S'il avait compris, Kécile aurait eu tellement honte.
- Nous pourrions descendre dans votre bureau ?
- Mon bureau ? Demanda MacGonagall interloquée. Six étages plus bas ?!
- Harry a sa cape, professeur. Severus et moi pouvons nous rendre invisible.
- On vous attendra ici, dit Hermione. De toute manière nous avons encore beaucoup de choses à discuter, dit-elle en désignant le noyau dur de l'AD et Drago qui n'étaient toujours pas partis.
Le professeur MacGonagall acquiesça.
Ron leur donna le feu vert lorsqu'il estima qu'ils pouvaient s'aventurer dans les couloirs sans trop de risques, au mois le temps de descendre quelques étages fallait-il espérer.
Ils n'eurent pas besoin de faire plus de quelques mètres pour comprendre que l'ambiance du château avait bien changé.
Il n'y avait plus de cris ou d'appels joyeux. On ne croisait pas de groupes animés, livres sous le bras ou sacs pendouillant négligemment sur l'épaule, qui chuchotaient furieusement, gloussaient et d'om parfois un rire s'échappait de manière impromptue. Les quelques élèves qu'ils croisaient avaient la plupart le regard baissé, ne parlaient pas et tâchaient de se faire oublier. Minerva marchait d'un pas pressé et sec, le visage fermé.
Ils croisèrent le professeur Sinistra qui s'avança vivement vers eux.
- Je vous cherchais, Minerva. Alecto s'en est pris à une de vos élèves, Demelza Robins... Je l'ai amenée à l'infirmerie, vous devriez passer la voir. Par Jupiter, je ne sais pas qui est le pire entre le frère et la sœur Carrow.
- Je vous remercie de m'avoir prévenue, Aurora, dit MacGonagall d'une voix sinistre.
- Hum, hum...
Les deux professeurs sursautèrent, et Kécile sentit son cœur faire un bond dans sa gorge. Elle devina près d'elle Severus ou Harry qui reculait prudemment contre le mur.
- Je vous rappelle chères collègues, qu'il n'est pas permis de remettre en cause les punitions infligées aux élèves par vos confrères.
- Nous l'avons bien compris, professeur Ombrage, répondit sèchement Minerva.
Kécile entendit un hoquet de stupeur juste à côté d'elle et elle sentit qu'on lui attrapait le bras.
- Le médaillon ! Entendit-elle Harry souffler. Regarde ! Elle a le médaillon.
Elle attrapa à tâtons son bras à travers l'étoffe de la cape.
- Ne bouge pas. Pas maintenant, répondit-elle dans le murmure le plus autoritaire qu'elle put.
Elle sentait Harry bouillir de rage et d'excitation mêlée. Mais le professeur MacGonagall se détourna d'Ombrage et poursuivit son chemin vers son bureau, entraînant à sa suite les trois silhouettes invisibles.
A peine la porte du bureau fut-elle refermée derrière eux, que Harry surgit de sous sa cape en s'exclamant :
- Vous avez vu ?! C'est elle qui l'a !
- De quoi parlez-vous, Potter ?
- Du médaillon ! Cria Harry. C'est Ombrage !
- Calme toi, Harry. Au moins maintenant on sait où il est, on n'a plus qu'à le lui reprendre.
- Le médaillon ? Demanda Minerva qui avait du mal à suivre la conversation. Vous voulez parler de cette horreur qu'elle arbore fièrement ?
- Elle vous en a parlé ?
- Elle clame à qui veut l'entendre que c'est un souvenir de famille, hérité des Selwyn.
- Elle ment, dit Harry abrupt. Je me demande si elle sait qu'il appartient à l'autre cinglé.
- J'en doute, répondit Kécile avec une moue dédaigneuse. Dans tous les cas, il va falloir le lui récupérer. Une idée ?
- Je suppose que celle de l'attaque au beau milieu de la grande salle ne va pas remporter beaucoup de suffrages ? grogna Harry.
- Nous avons deux buts en venant ici, Potter, essayons de faire d'un sort deux sortilèges sans dépenser notre énergie dans des coups d'éclats héroïques et inutiles.
- C'est bon, j'ai compris l'idée générale, marmonna Harry.
- Nous allons devoir pénétrer le bureau de Mme la Directrice, expliqua Kécile à son ancien professeur. Nous devons y récupérer l'épée de gryffondor.
- Vous ne l'y trouverez pas. L'épée se trouve encore probablement de l'ancien bureau de Dumbledore, avec tous ses objets.
- Je ne comprends pas... Ombrage ne s'est donc pas installée dans la tour directoriale ?
- Elle n'a jamais réussi à y accéder.
Les trois fugitifs la regardèrent avec perplexité.
- C'est la nouvelle directrice, quoi que cela nous en coûte de le reconnaître, rétorqua Severus.
- Il faut croire que Poudlard ne l'accepte pas comme telle. Cela l'a mise dans une colère noire.
- C'est déjà arrivé pendant notre cinquième année... rappela Harry
- Ce n'est pas normal... dit Kécile les sourcils froncés en une intense réflexion. La dernière fois, Albus n'était pas mort et avait dû déserter son poste. Je sais bien que le château a une conscience propre, mais tout de même... c'est comme s'il refusait de reconnaître Ombrage comme directrice. Peut-être que c'est vous qui êtes la directrice de Poudlard... ça aurait été le plus logique.
- J'ai déjà essayé de passer la gargouille, sans succès, contra le professeur de métamorphose.
- C'est vraiment étrange...
Kécile ne pouvait s'empêcher d'avoir l'impression que quelque chose clochait.
- ça n'arrange pas nos affaires... dit Harry avec une grimace. Si nous ne pouvons pas pénétrer chez Dumbledore, je ne vois pas comment nous allons récupérer l'épée...
- J'émets une hypothèse peut-être absurde...
- Ce n'est pas ton genre, Severus, dit Kécile un peu moqueuse, surprise de la précaution que prenait son professeur d'ordinaire toujours extrêmement direct.
- Mais... tu devrais peut-être essayer de passer la gargouille.
- Moi ? Dit Kécile déconcertée.
- Oui, toi, la petite-fille de Dumbledore.
- Albus est mort, il n'a plus aucun pouvoir sur le château.
- Sauf que la gargouille est verrouillée. C'est bien pour une raison. Qui sait si Albus n'a pas pris des précautions avant de partir. Ce serait bien son genre...
- Un sortilège prend fin avec la mort de son sorcier, rétorqua Harry.
- Je vois que vous avez bien appris vos cours, Potter.
- Il a raison, Severus.
- Dans la plupart de cas, nuança Rogue. On parle de Dumbledore. Du plus grand sorcier de notre siècle marié à une famille de magiciennes réputées pour avoir défié les lois de la sorcellerie. J'ai connu ta mère, Kécile, je sais de quoi je parle. Tu es allée au Clos-La-Rive plus souvent que moi. Tu as pu constater que bien des sortilèges puissants ont survécus par on ne sait quel miracle à la mort des héritières Deschavelles. Qui te dit qu'Albus n'a pas usé du même type de magie ?
- Il s'agit de Poudlard, Severus. Albus n'en est pas le propriétaire.
- Il en a été l'âme durant des décennies, Miss Gaunt, intervint MacGonagall. Je crois que le professeur Rogue a raison. Vous devriez essayer.
- Et pendant ce temps-là, nous pouvons nous occuper d'Ombrage, déclara fermement Harry.
- Et comment envisagez-vous la chose, Potter ? Interrogea MacGonagall perplexe.
- Vous pourriez l'isoler sous le prétexte d'une conversation. Un stupéfix, un sort de Gemino et un sort de confusion plus tard, elle sera juste un peu déboussolée, vous prétexterez un malaise de sa part, et elle s'en ira sans se douter de rien avec autour du cou, une simple réplique du médaillon de serpentard.
- Vous montez toujours vos plans comme ça, Potter ? Nargua Severus.
- Quoi?! Si vous avez une meilleure idée, ne vous gênez pas ! Répondit Harry avec agressivité.
- Si jamais votre brillant plan ne marche pas aussi bien que vous l'imaginez, Potter, c'est Minerva qui en payera le prix fort. Or il est dans notre intérêt de la laisser hors de toute cela. Nous allons donc traquer Ombrage et attendre le bon moment pour frapper.
- C'est du détail... Mon plan est bon, vous ne voulez juste pas le reconnaître, argua Harry avec défi.
- Ne commencez pas ! avertit Kécile. Allez-y de votre côté, on se retrouve dans la Salle sur Demande.
Les deux hommes acquiescèrent et sans se concerter, quittèrent la pièce.
- Je vous adresse toutes mes félicitations, Miss Gaunt, dit alors la directrice des gryffondors.
Kécile haussa un sourcil interrogateur.
- Vous avez réussi l'impossible ! Je n'aurais jamais cru voir un jour Harry et Severus travailler de concert...
- De concert... je ne sais pas si c'est le mot exact. Disons que je suis parvenu à ce que leurs baguettes restent dans leurs poches avec leurs langues acérées... enfin la plupart du temps.
- Vous avez réussi là où Albus avait échoué.
- Je pense que sa mort aura au moins aidé à ça... murmura Kécile.
- Vous affrontez cette perte avec beaucoup de courage, dit le professeur d'une voix plus douce qu'à l'ordinaire. Albus aurait été très fière de vous.
- J'essaye, répondit la jeune fille la voix un peu tremblante.
- Je vais vous accompagner. Je pourrai faire le guet pour m'assurer que vous ne serez pas interrompue.
- Vous croyez vraiment que je vais parlementer avec une gargouille ? Dit Kécile désabusée.
- Ce n'est pas n'importe quelle gargouille. C'est la plus influente de tout Poudlard. Soyez prudente dans vos propos ou vous pourriez la froisser !
Kécile jeta un regard à son professeur se demandant si elle se payait sa tête ou si elle était sérieuse, avant de se rendre à nouveau invisible.
Ils croisèrent Amycus Carrow dans les couloirs, mais celui-ci ignora sa collègue avec une mine supérieure horripilante. Kécile admira le calme méprisant de son professeur. Elle lui aurait bien envoyé un sort bien placé pour faire disparaître ce sourire condescendant.
Le bureau de Dumbledore n'était heureusement pas très loin. MacGonagall se posta à l'angle du mur où se dressait la gargouille qui gardait l'entrée de la tour directoriale.
Kécile commença par énumérer tous les mots de passe possibles et imaginables qui lui venaient à l'esprit, en commençant par une énumération quasi exhaustive de toutes les friandises de chez Honeyduckes. Mais rien n'y fit.
- Laisse moi passer... finit-elle par grogner, lassée et contrariée.
C'était idiot, bien sûr. Si les professeurs n'avaient pas réussi, elle ne risquait pas d'y arriver. Elle avait été bête de croire un instant que la théorie de Severus pouvait avoir un fondement. Furieuse contre elle-même et contre la situation qui les empêchait de récupérer l'épée, elle frappa violemment la gargouille du plat de la main.
- Stupide monstruosité, tu ne sais vraiment pas choisir les bonnes personnes pour faire la bouchée ! Tu ne me feras pas croire que Dumbledore aurait voulu que je reste en plan comme une idiote. Bon sang, si Poudlard était vraiment avec Albus, mets y du tien, par Merlin ! Je suis sa petite-fille, nom d'un dragon, pas l'autre tarée de service qui vous sert de direc...
Elle s'interrompit lorsque la gargouille pivota pour libérer le passage du mur qui s'ouvrait.
- Par Salazar !...
Elle grimpa les escaliers avec un mélange de peur et d'appréhension, de nostalgie et de joie.
Elle s'arrêta le cœur battant et les jambes tremblantes devant la porte. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle avait l'impression de rentrer chez elle. Tant de fois elle s'était retrouvée dans cette exacte situation. Et derrière la porte l'attendait le réconfort et la sécurité. Elle n'avait pas senti depuis plusieurs semaines aussi violemment à quel point l'affection du vieil homme lui manquait. Elle aurait donné tout ce qu'elle avait pour entendre sa voix lui dire d'entrer.
Elle frappa.
Mais seul le silence lui répondit. Et elle sentit une boule se former dans sa gorge. Elle était stupide. Elle n'allait pas rester indéfiniment derrière cette porte.
Elle actionna la lourde poignée, et poussa sur le battant massif qui s'ouvrit en un faible grincement.
Il n'y avait pas un bruit dans le bureau. Tous les étranges appareils du directeur s'étaient tus. La lumière était basse, plongeant la pièce dans une obscurité un peu sinistre. Ou bien c'était son imagination. Le fantôme de la présence d'Albus était si présent qu'elle en avait les poils qui se hérissaient sur les bras. Elle ouvrit la porte qui menait aux appartements du directeur. Tout était là... les livres, les parchemins... Dans la chambre, les vêtements, les bibelots divers. Dans les armoires, il y avait encore les robes flamboyantes qu'affectionnaient le vieil homme.
Elle retourna dans le bureau et monta les quelques marches qui menaient au bureau massif. Dans la vitrine, il y avait toujours le vieux choixpeau magique miteux mais qui signifiait tellement aux yeux de Kécile. Le jour où il avait décidé de l'envoyer à Gryffondor avait sans doute été le tournant le plus décisif de sa vie. Quoi qu'elle ait pu penser à l'époque, et aussi difficile pouvait être la vie et la perte du dernier membre de sa famille, elle ne pouvait être que reconnaissante au vieux choixpeau qui avait été le premier à la soustraire de l'influence maléfique de Voldemort.
A côté étincelait l'épée de Gryffondor. Kécile l'attrapa avec prudence et la posa sur le bureau. Elle entreprit ensuite de fouiller méticuleusement tous les tiroirs. Elle savait qu'Albus ne lui en aurait pas voulu. S'il restait la moindre information qui pouvait la mettre sur la piste d'un nouvel horcruxe, elle devait la saisir. La mort avait fauché le vieil homme tellement par surprise... Peut-être n'avait-il pas eu le temps de tout leur dire. Peut-être existait-il des éléments qui ne l'avaient pas interpellée à l'époque mais qui pouvaient prendre un nouveau sens maintenant.
Elle extirpa un à un les parchemins. Il s'agissait des fiches administratives sans aucun intérêt, de notes personnelles du directeur...
Elle sursauta brutalement lorsqu'un craquement se fit entendre dans la pièce. Sa baguette surgit dans sa main avant même qu'elle n'ait le temps de le réaliser et elle chercha des yeux l'origine de ce bruit lorsqu'un roucoulement familier la fit se retourner avec effarement.
Fumsec se tenait sur le perchoir d'or. Il cligna des yeux d'un regard confiant et la fixait d'un œil noir brillant, et réconfortant.
- Ce n'est pas possible, murmura-t-elle ahurie. Ce n'est pas possible ! S'écria-t-elle en s'avançant vers le phénix. Tu ne devrais pas être en vie. Tu es sensé être mort avec Albus. Tu l'avais choisi, non?! Tu peux renaître de tes cendres mais pas de la mort de ton sorcier !
L'oiseau se contenta de cligner des yeux et de la fixer.
- Oh Merlin... souffla-t-elle. Je n'y crois pas !... Il ne peut pas m'avoir fait ça... Tu peux lui dire qu'il va avoir des explications à fournir ! Hurla-t-elle au phénix, avant de se ruer sur l'épée et de sortir en courant du bureau.
Elle dévala l'escalier, et surgit à toute vitesse, oubliant toute prudence dans le couloir du second étage, ne songeant pas un instant à se rendre invisible aux yeux nuisibles.
MacGonagall sembla alarmée en la voyant débouler, le visage ne masquant pas une émotion violente.
- Que se passe-t-il ? Interrogea-t-elle.
- Venez, nous devons rejoindre les autres, dit-elle en prenant le chemin de la Salle sur Demande.
- Attendez ! Vous ne pouvez pas vous montrer ainsi dans les couloirs de l'école !
Minerva s'assura que son élève se rende bien invisible et dissimula l'épée dans les plis de sa robe.
Kécile fonça alors sans plus attendre vers le septième étage. Elle passa devant les élèves comme une furie, sans se soucier de faire sentir sa présence, suivie tant bien que mal par une MacGonagall alarmée.
Dans la Salle sur Demande, tous les autres étaient déjà là.
- Vous avez le médaillon ? Demanda-t-elle abruptement.
- Oui, répondit Harry. Mon plan a bien fonctionné, ajouta-t-il à l'adresse de Severus.
- Que t'arrive-t-il, Kécile ? Demanda celui-ci en remarquant la mine bouleversée de la jeune fille. Tu as pu pénétrer chez Dumbledore ?
- Oui, répondit-elle entre ses dents.
- Tu as l'épée ?
- La voici, dit Minerva qui arrivait à sa suite un peu haletante en tendant l'objet de convoitise. Mais il va falloir que vous nous expliquiez ce qui vous prend, Miss Gaunt.
- Albus est vivant, voilà ce qui m'arrive, hurla Kécile, incapable de se contenir plus longtemps.
Elle ne savait pas ce qui dominait entre l'incrédulité, la rage, le bonheur et la souffrance. Elle avait juste l'impression qu'elle allait exploser.
Mais indifférents à la tempête qui faisait rage en elle, les autres se taisaient.
- Kécile... murmura Hermione. Dumbledore est mort. On l'a vu.
- Je ne sais pas ce qu'on a vu. Je ne sais pas ce qu'on a enterré, mais ce n'était pas lui, répondit-elle cassante.
- Kécile, aussi ardemment que tu le souhaites, Albus ne peut pas être vivant, dit Severus sèchement.
Il l'attrapa fermement par les bras, mais elle se dégagea violemment, hors d'elle.
- Fumsec était là ! Rugit-elle.
- Je ne vois pas le rapport... dit Ron prudemment.
- Bien sûr que tu ne vois pas le rapport. Tu ne connais pas le lien entre un familier magique et son sorcier. Quand le sorcier meurt, l'animal aussi.
- Il y a peut-être des exceptions, Kécile... Les phénix sont des créatures si mystérieuses, raisonna Hermione.
- Je sais de quoi je parle ! Fumsec vivant, la gargouille qui refuse de laisser passer la nouvelle directrice mais qui me laisse passer, moi... ça prouve que pour Poudlard, Albus est toujours le directeur. Parce qu'il n'est pas mort! Il n'y a pas de portait de l'ancien directeur dans le bureau. C'est une exception, ça aussi ? Cracha-t-elle.
- Mais pourquoi ne s'est-il pas manifesté plus tôt ? Murmura Harry qui n'avait pas dit un mot depuis que Kécile avait clamé la nouvelle.
- Je ne sais pas, gronda-t-elle. Et crois-moi, il aura intérêt à avoir une très sérieuse raison.
Severus, Minerva et Hermione échangèrent un regard soucieux. Ils ne semblaient pas convaincus mais Kécile sentit bien qu'ils ne voulaient pas la brusquer. Sans doute sa réaction les inquiétait-elle un peu.
- Essayez de la raisonner, Severus, murmura MacGonagall. Je sais bien qu'avec Dumbledore rien n'est impossible, mais tout de même... c'est un peu gros.
- Je ne suis pas folle ! Dit Kécile. Et on va au Clos-La-Rive. Maintenant.
- Kécile, qu'est-ce que tu veux que...
- Si Dumbledore se réfugie quelque part, c'est certainement là-bas. De toute manière, on a le médaillon, on n'a plus rien à faire ici.
- Kécile, ce n'est pas en France qu'on trouvera un autre horcruxe, honnêtement...
- Et bien vous n'avez qu'à aller à Godric's Hollow, déclara-t-elle d'un ton buté.
- Tu tremblais d'envoyer ton cher Potter sans nous au chaudron baveur et tu l'envoies sans état d'âme là-bas ? Godric's Hollow est sans doute le premier endroit où l'Elu est attendu au tournant.
- J'irai au Clos, seule s'il le faut.
- Tu n'iras nulle part seule, rétorqua Severus avec sévérité.
- Peut-être, avança prudemment Hermione, pouvons-nous tout simplement vous attendre ici. Après tout, Kécile n'a pas tort. Nous avons le médaillon, et on ne sait pas où sont les autres horcruxes. Autant rester ici tant qu'aucune piste sérieuse ne se présente.
Severus finit par hocher la tête, les lèvres pincées.
- Bien, puisque c'est réglé, allons-y.
- Maintenant ? S'exclama-t-il avec réprobation.
Kécile lui jeta un regard excédé.
- J'ai l'air de vouloir attendre ?!
Et elle disparut par le portrait. Severus se résigna à la suivre avec un soupir d'agacement.
Ron se tourna vers ses deux amis :
- Si Kécile a bien raison, que Dumbledore est vivant, j'espère sincèrement pour lui qu'il ne traînera pas dans la parage lorsqu'elle va arriver là-bas...
