Chapitre 107 La révélation de l'horcruxe
Lorsqu'il fut évident que l'AD et l'ordre n'avaient plus besoin de leur présence, les quatre adolescents durent se résigner à obéir à la volonté de Severus qui voulait quitter le château.
Kécile était restée morose et fermée et s'était entraînée d'arrache pied durant la semaine qu'ils avaient passé à Poudlard ,ne ménageant jamais ses adversaires et déversant toute sa rage face aux membres de l'ordre. Elle avait fait peur aux aurors. Savage et Williammson qui étaient venus s'entraîner et entraîner les jeunes n'avaient pas été déçus du voyage. Il n'y avait que Severus qui était resté stoïque face à la tornade qui s'était abattue sur eux lorsqu'ils l'avaient entraînée. Animée d'une rage froide, elle les contraignait à se donner à fond pour parvenir à trois ou quatre à la mettre à terre. Elle fauchait souvent l'un d'entre eux en cours de route.
Le trio à l'inverse quitta Poudlard reposé, plein d'énergie, motivé et gonflé d'espoir par le soutien qu'ils avaient pu constater.
Et c'est ainsi que la mi-octobre arrivant, ils reprirent leur errance sur les routes.
Severus avait profité de leur séjour dans l'école pour fouiller méticuleusement le bureau et les appartements du professeur de Visnel. Mais elle avait bien fait le ménage derrière elle et il ne trouva aucun indice qui puisse lui indiquer dans quelle direction chercher la voyante.
Il envoya Henri aller interroger Mme Maxime à l'école Beauxbâtons. Mais la directrice française n'avait pas revu son ancien professeur et ne lui connaissait aucune famille ni aucun point d'attache. En clair ils tournaient en rond.
Les journées interminables reprirent. Hermione retrouva ses bouquins, Kécile son hautbois, et les garçons poursuivaient inlassablement leur entraînement sous la houlette de Severus.
Kécile n'était pas très bavarde. Les autres, en dépit de la perte de son amie moldue, s'attendaient à ce qu'apprendre que son grand-père était en vie aurait adouci le chagrin de la jeune fille.
Un soir, Kécile montait la garde alors que tous les autres dormaient. Elle se plongea dans ses réflexions déprimantes, et plus les heures passaient, plus elle se laissait envahir par le chagrin, submergée par cette sensation de plus en plus récurrente de gâchis que constituait sa vie.
Lorsque vers 2h du matin Harry se réveilla pour prendre le tour de garde suivant, il l'entendit renifler frénétiquement.
- Kécile ? Appela-t-il doucement pour ne pas réveiller les autres.
Il la vit sécher ses larmes rapidement et vint s'asseoir à côté d'elle.
- C'est Martine ? Demanda-t-il.
Kécile n'eut pas le courage de lui expliquer tout ce qui faisait rage dans son cœur. Elle acquiesça. C'était plus simple. Et c'était en partie vraie.
- Sa mort est tellement injuste... Plus que toutes celles que j'ai pu connaître. C'était une moldue incapable de se défendre contre des sorciers. Elle aurait dû rester en dehors de tout ça.
- Tu peux te dire, d'une certaine manière, que tu te bats pour tous les autres moldus, tous aussi innocents, que les mangemorts menacent.
- J'aimerais tellement qu'Albus soit avec nous.
- Moi-aussi, murmura Harry. Tout paraîtrait plus simple...
Kécile haussa les épaules.
- Je ne sais pas. Mais au moins, je me sentirais moins seule.
- Tu ne devrais pas te sentir seule. Tu nous as, moi, Hermione, même Ron... Tu as Rogue.
Kécile eut un pauvre sourire.
- C'est gentil, Harry.
Elle posa sa tête sur son épaule, puis finit par se lover contre lui. Harry la laissa faire sans gêne. Il lui caressa même les cheveux en un geste de réconfort.
Kécile ne se méprenait pas. Elle l'avait vu faire la même chose avec Hermione pour la consoler. Mais ça faisait du bien quand même. Elle se laissa aller et se berça d'illusions.
- Severus, Harry, finit-elle par dire.
- Pardon ? Demanda celui-ci qui ne voyait pas de quoi elle parlait.
- Tu ne crois pas que depuis le temps que vous partagez la même chambre, tu pourrais l'appeler Severus ?
- Pour me faire traiter d'imbécile arrogant ? Très peu pour moi !
- Il va bien falloir que l'un d'entre vous fasse le premier pas...
- Qu'il commence par m'appeler Harry, je l'appellerai alors Severus. Après tout, c'est lui le plus adulte de nous deux, non ? C'est à lui de faire le premier pas, question élémentaire de politesse, répondit fermement Harry. Il m'a assez tanné pour que je le respecte...
A l'intérieur de la tente, de l'autre côté de la mince parois, le concerné avait pu profiter de toute la conversation. C'était certes une idée très ridicule qui était passé par la tête de Kécile. Non content d'avoir obtenu une certaine tolérance entre eux deux, elle n'espérait tout de même pas que Potter et lui deviennent amis, par Salazar ! Qu'est-ce qui pouvait lui faire croire une telle absurdité ?
A la réflexion, Potter et lui-même étaient probablement après Dumbledore les personnes auxquelles Kécile tenait le plus. Il pouvait imaginer combien se devait être frustrant pour elle de les voir se détester cordialement. Mais tout de même. Cela ne justifiait pas qu'ils cèdent à de telles familiarités.
Au bout d'une heure, excédé de ne pas trouver le sommeil, Severus se leva. Weasley dormait profondément, et de toute manière, il fallait toujours une fanfare pour réveiller celui-là.
Il se fit un thé à l'aide du réchaud, puis sortit dehors. Devant la tente, Harry était assis en tailleur, baguette à la main, à monter la garde. Sauf que Kécile n'était pas partie se coucher et s'était endormie la tête sur les genoux du garçon. Ça lui sauta alors aux yeux comme une évidence. Nom d'un chaudron, il aurait dû le voir venir ! Probablement avait-il préféré ne rien voir du tout, se dit-il amèrement. En tout cas, Potter paraissait totalement indifférent à la situation. Soit il était très manipulateur, soit il était très innocent. Curieusement, Severus penchait plutôt pour la seconde hypothèse.
- J'ai fini ma nuit, Potter. Si vous voulez en profiter pour retourner vous coucher, je peux prendre votre place. Je n'ai pas grand chose d'autre à faire.
Harry apprécia le geste de l'homme qui faisait l'effort de lui laisser le choix et de tourner la chose presque avec amabilité.
Il acquiesça. Il n'était pas 4 heures du matin. Il était de son côté loin d'avoir fini sa nuit.
Il secoua Kécile pour l'aider à se redresser, et la guida, à moitié endormie jusqu'à son lit avant de rejoindre la chaleur de ses propres couvertures, totalement inconscient de la mine pincée et vaguement désespérée de Severus qui le suivait du regard.
Dans les jours qui suivirent, Harry poussa Kécile à l'action. Il la prit plus d'une fois fermement par le bras pour la tirer de son fauteuil où elle rêvassait l'air sombre et l'attira dans son entraînement avec Ron. Sa mauvaise volonté disparaissait alors vite, d'autant que les garçons étaient devenus des adversaires intéressants.
Harry était puissant et rapide, tandis que Ron était plus stratégique et anticipait leurs déplacements. Kécile se fit faucher plusieurs fois par le rouquin simplement parce que celui-ci, qui connaissait son style et sa manière de bouger avait prévu comment elle éviterait le sort précédent. C'était assez humiliant.
Mais un peu plus tard, alors que les deux garçons s'acharnaient joyeusement sur Kécile qui leur tenait vaillamment tête, Harry se prit la tête dans les mains, manquant de se recevoir le sort de son adversaire en pleine poitrine, protégé juste à temps par Ron.
- Harry ?
Ils s'interrompirent aussitôt, et soutinrent Harry, en proie à une nouvelle vision. C'était devenu suffisamment courant pour qu'ils ne s'en alarment pas, et c'était mieux que cela arrive en dehors de la présence de Hermione, ou pire encore de Severus.
Lorsque la vision s'affaiblit et qu'il revint avec eux, Kécile et Ron le fixaient, attendant des explications.
- Il a tué un vieil homme, dit Harry d'une voix rauque. Qui était supposé avoir une baguette. C'est après cette baguette qu'il est depuis des mois, réalisa-t-il confusément.
Il se redressa péniblement avec l'aide de Ron et inspirait profondément pour calmer les battements frénétiques de son cœur et tenter d'éloigner les résidus de douleur qui pulsait à travers sa cicatrice.
- Une baguette... reprit Kécile déconcertée. Pourquoi voudrait-il une nouvelle baguette ?
Mais les deux garçons étaient tout aussi perdus qu'elle-même.
Il fallut également détruire le médaillon. Il avait été soigneusement rangé au fin fond du sac d'Hermione, et Kécile avait préféré oublier sa présence. Mais lorsque ce matin-là, Severus s'assit en le posant sur la table, conviant implicitement à cesser toute activité pour le rejoindre, Kécile sentit une boule d'appréhension remonter dans sa gorge. La dernière fois qu'elle avait eu à faire avec un horcruxe, son grand-père avait failli mourir.
- Comment on s'y prend ? Demanda Ron qui ne cachait pas non plus son anxiété en fixant l'artefact avec une révulsion visible.
- J'imagine qu'il faut commencer par l'ouvrir, dit Severus.
- Laissez-moi deviner, ironisa Ron. Il ne va pas suffire d'utiliser ses deux mains ?! Alors on fait comment ?
- Fourchelangue, répondit Harry.
Personne ne le contredit.
- Et ensuite ?
Hermione sortit l'épée de Gryffondor de son sac. Elle étincelait à la lumière pourtant blafarde de leur lampe-tempête qui servait à lutter contre la grisaille de ce mois d'octobre.
- Vous croyez qu'elle peut disparaître comme elle apparaît ?
- J'imagine... dit Harry. Pour apparaître en cas de besoin, il faut bien qu'elle vienne de quelque part.
- Nous n'avons donc plus qu'à espérer qu'aucun Gryffondor ne viendra jouer les héros tant que nous n'avons pas détruit tous les horcruxes... conclut Severus. Par chance, elle est déjà avec la pire brochette.
Harry haussa les épaules, attrapa le médaillon et l'épée.
- Allons-y en se dirigeant à l'extérieur.
- Attends, Harry ! S'exclama Kécile. Il va y avoir des protections.
- La protection, c'est le fourchelangue, tu ne crois pas ? Ça réduit quand même sacrément le nombre de personnes susceptibles de détruire cet horcruxe, non ?
- Admettons. Il y a probablement un piège.
- Il va quand même bien falloir passer à l'acte. On va juste être prudent.
- Albus a failli y passer, Harry !
- Albus a dit lui-même que c'était de sa faute, contra Severus.
- Comment ça ? S'exclama Kécile interdite.
Jamais le vieil homme ne lui avait présenté les choses ainsi.
- Il n'est pas rentré dans les détails. De ce que j'en ai compris, la bague avait certaines propriétés. Il s'est laissé attiré et a essayé de l'utiliser.
Kécile frissonna alors que la scène se ravivait dans son esprit. Elle se souvenait des paroles sifflantes et ronronnantes à la fois qui émanaient de la bague. Elle se souvenait comment à peine Albus avait-il enfilé l'anneau, celui-ci s'était enflammé. Qu'est-ce qui les attendait cette fois ?
Harry la prit par la main.
- On est tous sur nos gardes, Kécile. Tout va bien se passer. Mais ça ne sert à rien de repousser à plus tard. On aura toujours la même incertitude. Personne ne se fera prendre, j'en suis sûr.
- Albus était loin d'être un débutant. Et il s'est fait avoir, rétorqua sombrement Kécile.
- On sait maintenant qu'Albus a toujours été attiré par le pouvoir, rappela doucement Hermione .
Un grand silence tomba entre eux. Kécile aurait voulu pouvoir contredire l'accusation. Mais elle savait que ç'aurait été un mensonge. Même s'il avait tout fait pour se tenir loin du pouvoir lorsqu'il avait réalisé le danger que cela représentait pour lui, il avait failli devant l'horcruxe. Quels que soient les pouvoirs de la bague, il avait cédé à la tentation.
Kécile finit par acquiescer, vaincue et à court d'arguments.
- Je pense que tu devrais détruire cet horcruxe, déclara Harry.
- Certainement pas ! S'exclama-t-elle horrifiée à cette idée. Où as-tu pêché cette idée ?!
- J'en ai détruit un, Dumbledore également. C'est ton tour maintenant.
- Je passe, merci.
- Kécile, c'est le médaillon de Serpentard.
- C'est quoi cette lubie ? Rugit-elle tout d'un coup, les faisant sursauter. Tu attends quoi ? Que je prouve que je me suis bien détachée de mon père ? Ou de mon héritage ?
- Que tu fasses un pas de plus pour t'en affranchir, répondit calmement Harry. Et surtout, c'est un geste hautement symbolique.
- Excuse-moi, Harry, on est en guerre. Alors la symbolique, je n'en ai vraiment rien à faire.
- Tu ne peux pas dire ça. Pas quand tu sais à quel point ton père s'est attaché à la symbolique pour créer et cacher ses horcruxes. Qui nous dit que ça n'est pas aussi important pour le détruire que pour les fabriquer ?
- Je n'ai pas ta force mentale, Harry.
- Arrête avec ça, Kécile ! Tu n'es pas faible non plus !
- Permets moi d'en douter. En tout cas pour reprendre ce qui est arrivé à Albus, tu ne peux pas dire que le pouvoir ne m'attire pas.
- A moi de douter... Honnêtement, avec tout ce qui t'es arrivé, avec l'exemple de ton père et de Dumbledore, ose dire que tu n'es pas vaccinée !... Tu as juste peur.
Kécile soupira et se tourna pour chercher de l'aide auprès de Severus. Mais la réaction de ce dernier la sidéra.
- Pour une fois, je dois dire que Potter a raison, dit-il platement.
- Traître ! Gronda-t-elle.
- C'est ce qu'on dit, répondit-il placidement avec l'ombre d'un rictus.
- Vous êtes d'accord ?! Ne put s'empêcher de demander Harry stupéfait.
- Je suis d'accord, Potter. A une condition. C'est que vous me laissiez assurer la protection de Kécile au moment crucial et que vous trois, vous restiez éloignés. Si jamais ça tourne mal, je veux que vous soyez capables d'intervenir. Et pour cela, il faudra que vous soyez en dehors du danger, quel qu'il soit.
Harry contracta la mâchoire, mais finit par acquiescer avec raideur.
Ils sortirent tous à l'extérieur de la tente. Le bois était parfaitement silencieux. Les feuilles et les branches craquaient sous leurs pas et ils avaient l'impression que ces faibles bruits résonnaient alentours.
Vous croyez que c'est l'endroit le mieux choisi pour détruire un horcruxe ? Demanda Kécile.
- Poudlard te semble plus adapté, peut-être ? Répondit Harry avec un regard agacé. Il avait pleinement conscience qu'elle cherchait à retarder le moment fatidique.
Kécile pinça les lèvres et lui prit l'horcruxe des mains dans un geste brusque. Puis elle tendit la main pour qu'il lui donne l'épée.
- Ça va aller, lui dit-il plus doucement .
- Il va bien falloir, répondit Kécile sèchement.
Et elle s'éloigna encore un peu avec Severus, tandis que le trio restait en retrait, baguette à la main.
- Bien, quoi qu'il arrive, je suis là pour te couvrir, dit ce dernier d'un ton qui se voulait rassurant tandis qu'elle posait l'horcruxe sur un rocher. Tu te concentres quoi qu'il arrive sur sa destruction. C'est compris ?
Kécile se contenta de hocher la tête, pas sûre de parvenir à masquer le tremblement de sa voix si elle ouvrait la bouche.
Elle leva bien haut l'épée, prête à l'abattre sur le médaillon puis fixa son regard et ordonna à l'artefact de s'ouvrir en fourchelangue.
Aussitôt, un Voldemort plus vrai que nature surgit et tendit la main vers elle. Elle eut un instant d'hésitation et l'apparition se mit à lui parler de sa voix la plus dominatrice.
« Tu n'es pas capable de me trahir à ce point. Tu ne tueras pas ton père. Tu n'as que moi au fond, et tu le sais. Severus, ce traître qui mourra !
- Kécile, ne l'écoute pas ! Achève le !
Albus, se lâche qui t'abandonne. Harry, cet insensible qui ne te voit pas. Pourquoi le suis-tu encore ? Tu sais que tu n'obtiendras jamais rien de lui !
- Kécile, tu tombes dans le piège, hurla Severus. Fais le taire !
Tu sais qu'il ne t'aimera jamais.
Kécile abattit brutalement l'épée en plein milieu du médaillon, transperçant au passage l'apparition démoniaque.
- Je peux vous tuer ! Hurla-t-elle alors que la lame transperçait le métal.
Le silence revint, seulement troublé par sa respiration haletante.
- Et si jamais Harry me retourne mes sentiments, j'espère que vous en crèverez d'indignation ! Ragea-t-elle.
Dans le silence, elle reprit laborieusement son souffle alors que ses tremblements s'apaisaient. Puis elle releva le regard pour croiser le visage fermé de Severus. Il ne fit aucun commentaire et se contenta de ramasser le médaillon qui semblait avoir été carbonisé.
Les trois autres les rejoignaient en hâte.
Kécile se tourna un instant alarmé à l'idée qu'ils aient pu entendre la tentative de défense de l'horcruxe. Mais de toute évidence, ils s'étaient tenus trop éloignés.
- Ça va, Kécile ?
- Ça va, répondit-elle faiblement.
- Tu vois ! Dit Harry en la serrant brièvement dans ses bras. Je savais que tu pouvais le faire.
- En tout cas, c'était impressionnant, s'exclama Ron en lui donnant un bourrade affectueuse. J'aurais juré que le vrai Tu-Sais-Qui était parmi nous. Brrr... Vraiment flippant. C'était très satisfaisant de te voir lui planter l'épée dedans !
Ils retournèrent tous à l'abri et dans la chaleur de leur tente, et Hermione entreprit de leur faire du thé. Le trio semblait ravi d'être débarrassé du médaillon et l'humeur générale s'était allégée. Kécile eut un peu de mal à partager leur soulagement au début, mais peu à peu, la bonne humeur, surtout celle de Ron, fut communicative et son esprit relégua les paroles de l'apparition. Elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que Severus ne meurt pas. Elle avait confiance en Albus, elle savait qu'il ne l'abandonnerait pas et qu'il les rejoindrait quand il le pourrait. Et elle savait déjà qu'Harry était inaccessible. Elle n'avait rien à lui reprocher. C'était elle qui n'était pas assez bien pour lui.
Le soir venu, Kécile demanda à prendre le premier tour de garde, souhaitant pour une fois pouvoir faire une nuit complète par la suite. Les autres le lui accordèrent sans problème, et partirent se coucher, à l'exception de Severus qui de toute manière avait pour habitude de ne dormir que quatre ou cinq heures par nuit. Il vint s'asseoir à l'extérieur auprès d'elle.
Un long silence s'installa, que Kécile ne pensa pas à rompre. Mais Severus avait quelque chose de précis en tête.
- C'est sérieux avec Potter ?
- Pardon ? Demanda Kécile qui était loin de s'imaginer de quoi il parlait.
- Tes sentiments pour Potter, reprit Severus, est-ce juste un béguin ou est-ce sérieux ?
- Je n'arrive pas à croire que tu me poses cette question, grogna Kécile en se cachant la tête entre les mains. Tu es vraiment entrain de me demander si je suis amoureuse de Potter ?
- Je n'ai pas été assez clair peut-être ? Dit-il sèchement.
- Si, parfaitement... Tu reconnaîtras juste que c'est assez improbable. Je ne sais pas ce que tu espères entendre. Mais oui, j'aime Harry. Je suis sûre que ce n'est pas une passade. Désolée.
Severus poussa un profond soupir.
- Dire que je ne l'ai pas vu venir... Entre tous, c'est Potter que tu as choisi... Tu ne fais pas dans la facilité.
Kécile haussa les épaules fataliste.
- Je n'ai qu'un conseil à te donner, Kécile. Potter a eu une attitude très sensée en laissant de côté Mrs Weasley pour la protéger. Evite d'ébruiter ta relation avec lui, ou le Seigneur des Ténèbres aura une arme de choix entre les mains. Dans la situation actuelle, c'est une énorme faiblesse.
- Je crois que tu as sauté une étape cruciale, Severus . C'est celle où Harry tombe amoureux de moi. Il aime Ginny, et je ne suis vraiment pas la femme idéale, surtout pour le Survivant.
- Je devrais presque m'en réjouir, hein ? Fit Severus avec une moue désabusée. Un mariage avec Potter... Ce serait vraiment un mauvais tour du destin...
- Pas de danger, ne t'inquiète pas.
- Ecoute Kécile, dit Severus la voix lasse. Je ne dis pas ça pour être blessant. De toute manière, mon avis n'a aucune espèce d'importance en la matière. Si ça te rend heureuse, ça ne me regarde pas. Et tu ne sais pas de quoi l'avenir est fait. On est en guerre. Beaucoup de choses peuvent changer. Pour le meilleur et pour le pire...
