Bonsoir à tous!
Je suis partie en vacances avec un autre ordi, en oubliant évidemment de me transférer les chapitres déjà écrits, donc désolée pour l'attente. Le côté positif, c'est que vous avez 13 chapitres en stock! Et vous savez quoi? J'ai écrit la bataille! Je n'en reviens pas!
Bonne lecture!
Chapitre 110: Dans le brouillard
Le mois de décembre arriva. Ils commençaient à désespérer de trouver un nouvel horcruxe. Les discussions à ce sujet s'écoulaient pendant des heures, stériles. Ils tournaient en rond, mentalement comme physiquement et les paroles un peu vives franchissaient de plus en plus souvent les lèvres.
Harry parlait aussi de plus en plus fréquemment du manoir de Voldemort comme de leur dernière piste. Et Severus ne parvenait même pas à le contredire.
Un matin Hermione eut cependant une idée brillante. Les autres l'entendirent pousser une exclamation depuis la salle de bain, alors qu'un object quelque chose dégringolait dans le lavabo. Ron se précipita à la porte pour venir toquer et s'enquérir si tout allait bien.
- Ça va, Hermione ?
- Oui, ce n'est rien, j'ai juste réalisé que... bon sang, comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt ?! Deux secondes et je finis. Il faut que je vous parle.
- Kécile dort encore... remarqua Ron.
- Et bien réveille-là !
- Génial... maugréa-t-il.
De fait, Kécile ne fut pas ravie d'être tirée du lit alors qu'elle avait pris la dernière partie du tour de garde.
Mais quelques minutes plus tard, ils étaient tous autour de la table, à attendre qu'Hermione leur fasse part de sa révélation.
C'était simple. Mais logique. Si Voldemort avait caché un horcruxe le jour où il était venu réclamer un poste à Dumbledore, comme le pensait Harry, et que le directeur n'avait rien trouvé, c'est qu'il ne pouvait être caché que dans deux endroits : la salle sur demande, ou la chambre des secrets.
Animés de cet espoir, il ne leur fallut guère de temps pour se décider à se rendre une nouvelle fois dans l'école avec laquelle ils n'avaient plus de contact depuis deux mois.
En arrivant à Pré-au-Lard, les jeunes avaient un peu l'angoisse de savoir ce qu'ils allaient trouver au sein du château. Est-ce que le formidable élan de l'Ordre avait continué ? Est-ce que l'AD avait pu poursuivre son action souterraine sans se faire repérer par Ombrage ?
Dans la ruelle qui donnait sur l'arrière du pub de la Tête de Sanglier, la porte était toujours là, discrète et oubliée. Elle s'ouvrit sans protester dès qu'ils actionnèrent la poignée, et ils se retrouvèrent dans la cage d'escalier miteuse, menant au salon sombre du premier étage.
Adelforth n'était pas là, probablement occupé avec la clientèle du bar. Le feu crépitait néanmoins dans l'âtre et un panier volumineux posé en évidence sur la table de bois brute était empli de vivres en tout genre.
Le tableau pivota dès qu'ils approchèrent et ils s'engouffrèrent en silence dans le passage souterrain.
Harry ouvrait la marche. Lorsqu'il poussa la porte de l'autre côté du passage secret, des cris de joie retentirent.
- Harry ! Bon sang, vieux, ça fait du bien de vous revoir ! S'exclama Neville.
Les quatre adolescents se trouvèrent bientôt embrassés de toute part, célébrés et salués avec beaucoup d'enthousiasme. Tout le monde parlait en même temps, et ils ne pouvaient rien comprendre de ce qui était dit. Mais une chose était certaine : ici aussi, le combat continuait et les entraînements n'avaient rien perdu de leur intensité.
Même Rogue fut salué par les élèves et par les membres de l'ordre qui étaient présents.
Les membres de l'AD étaient nombreux malgré l'heure matinale. Kécile supposa qu'on était samedi... ou peut-être dimanche... Elle avait complètement perdu le fil des jours.
Lorsque les effusions furent passées, Harry demanda le silence, et exposa la raison de leur venue.
- Nous sommes venus chercher un objet qui peut nous aider face à Vous-Savez-Qui. On pense qu'il peut être caché ici, dans la salle sur demande. Ou dans la chambre des Secrets. Nous aurions besoin que cette salle soit libérée le temps de nos recherches.
- Les élèves peuvent retourner dans leurs salles communes, ajouta Severus. Les lieutenants restent avec nous pour nous aider et vous avertiront lorsque vous pourrez revenir. Les membres de l'ordre vont devoir trouver refuge chez Adelforth.
- Voilà qui ne va pas lui plaire... murmura Kécile.
- On peut peut-être simplement rester dans le passage ? Suggéra Savage.
- Non, répliqua Severus fermement. Cette porte va disparaître. Mieux vaut que vous ne soyez pas coincés derrière.
Il fallut un certain temps pour parvenir à vider les lieux. L'excitation générale était palpable. Certains se demandaient si le retour de l'Elu signifiait la fin de la guerre. Harry eut beaucoup de peine à leur expliquer qu'ils étaient encore loin de pouvoir mettre un terme au règne de terreur de Voldemort.
Sous la surveillance attentive de Ron et Neville qui s'assuraient qu'aucune présence importune et dangereuse ne viendrait les perturber, les 12 adolescents et Severus sortirent dans le couloir, faisant disparaître le nouveau quartier général qui n'avait pas été déserté depuis des semaines.
Kécile observa Harry tourner en rond devant le mur à nouveau vierge du septième étage. Elle ignorait ce qu'il pouvait bien demander. Sûrement « j'ai besoin de trouver l'endroit où Voldemort a caché un horcruxe » ne devait pas fonctionner.
Néanmoins, une porte finit par surgir à nouveau.
On l'ouvrit avec circonspection. La pièce était gigantesque. Encore plus grande que leur salle d'entraînement. Plus grande peut-être que le grand hall lui-même. C'était inimaginable. Des millions, peut-être des milliards d'objets avaient été entassés là. Sans doute depuis la création du château. Comment cependant penser qu'autant de personnes avaient pu utiliser cette salle et en faire un tel capharnaüm... Une véritable caverne d'Ali-Baba. Mais au lieu des les réjouir, cette vision les effondra.
- Comment fait-on pour retrouver quoi que ce soit là-dedans ? Demanda Michael consterné, traduisant l'état d'esprit général.
- Ce n'est pas un endroit pour cacher... C'est un endroit pour perdre, remarqua Drago.
- Ok, il va falloir procéder avec méthode, dit Hermione, toujours pragmatique. Je propose d'utiliser un sort qui va nous permettre de laisser une marque au sol autour des endroits déjà fouillés.
- Et on cherche quoi, au juste ? Demanda Susan avec pertinence.
Les fugitifs échangèrent un coup d'oeil.
Ils s'étaient mis d'accord au préalable. Si Voldemort avait bel et bien caché quelque chose dans le château, ça ne pouvait être le diadème. Rogue savait que le Lord avait mis la main dessus au Clos-La-Rive, bien après être venu demander un poste à Dumbledore.
- Une coupe. Ornée d'un blaireau.
- Tu veux dire... la coupe d'Helga Poufsouffle ? Souffla Ernie.
- Oui.
C'était, bien sûr, jouer un peu avec le destin. Et partir du principe que les déductions de Dumbledore étaient véridiques. Mais sans autre piste, ils préféraient considérer qu'après tout, ces suppositions trop peu nombreuses pour les mener au bout du chemin, s'étaient néanmoins révélées exactes jusqu'à présent. Il fallait donc lui faire confiance. Une fois de plus.
- Ce n'est pas très gros, ajouta Harry en montrant de ses mains les dimensions de la coupe qu'il avait vu dans le souvenir de Jedusor. Elle est en or ou en bronze. Et j'imagine que ce n'est pas caché de manière à être enfoui sous des tonnes d'autres choses. D'abord, cette coupe n'est là que depuis quelques dizaines d'années. Et puis, elle était destinée à être retrouvée.
- En revanche, il n'est pas à exclure qu'elle soit pas protégée par de redoutables sorts de magie noire, ajouta Severus. Alors si vous en êtes capables, ne soyez pas stupides et n'y touchez pas. Contentez-vous de nous prévenir.
Ses anciens élèves hochèrent sèchement la tête, puis chacun se dispersa.
Leur recherche dura des heures. Plus le temps passait, plus le découragement les prenait. Il leur fallut toute la journée pour avoir fait le tour de la salle.
Le plus frustrant, lorsqu'ils s'avouèrent vaincu à la fin de la journée, c'est qu'ils ne pouvaient assurer que la coupe n'était pas quelque part parmi ce fatras éclectique. C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin... encore que ça devait être plus facile de trouver la dite l'aiguille.
Hermione tenta de remotiver les troupes en rappelant qu'il y avait aussi la chambre des Secrets à fouiller. Mais devant la fatigue générale, il fallut reporter les investigations au lendemain.
Et le matin suivant, devant le lavabo des toilettes de Mimi Geignarde, les lieutenants avaient dû mal à cacher leur excitation, à l'exception de Ginny qui n'était pas ravie de devoir retourner dans ces lieux où elle avait manqué perdre la vie, et Luna qui n'accordait pas plus d'importance à cette excursion que s'ils s'apprêtaient à fouiller la salle des Trophée.
A l'inverse, en arrivant dans la Chambre, Drago et Astoria ne pouvaient cacher des mines extatiques.
Kécile se tourna alors vers Harry.
- Est-ce que tu sens quelque chose ?
- Hormis cette odeur charmante de cadavre en décomposition, non, rien... fit Harry qui fronçait le nez en regardant d'un œil mauvais les restes du Basilic mort.
Hermione sortit sa baguette et exécuta un petit geste et l'instant d'après, la puanteur était presque partie.
- Je veux dire...
- Je sais ce que tu veux dire, Kécile. Mais je ne sens rien. Et toi ?
Kécile secoua la tête.
- Je suis loin d'avoir une sensibilité aussi exacerbée que toi. Mais ça ne veut rien dire, après tout. La pièce est si vaste...
- J'aimerais pouvoir te croire, marmonna Harry avant de rejoindre les autres.
Et malheureusement, leur tentative ne fut pas davantage couronnée de succès. Pourtant, ils pouvaient dire en toute sincérité que chaque pierre avait été inspectée dans l'espoir d'un mécanisme secret ou d'un sortilège de camouflage, chaque crevasse fouillée dans l'idée d'une cachette discrète... Mais rien. Deux jours complets de fouille, et l'idée d'Hermione qui avait paru si brillante se révélait elle aussi un cul-de-sac.
L'énergie des quatre adolescents se trouva sérieusement diminuée. Même Severus ne pouvait masquer complètement sa contrariété. Ils avaient mis tant d'espoir dans cette idée !
Passablement découragés, Ron, Hermione et Kécile rejoignirent les activités des lieutenants et reportèrent leur déception sur les entraînements de l'AD.
Harry quant à lui, ne parvenait pas à se faire une raison. Il exigea avec une autorité peu commune que l'AD et l'ordre se transfèrent dans la chambre des Secrets, pour pouvoir continuer à fouiller la gigantesque salle des objets perdus.
Severus s'insurgea devant ce qu'il considérait comme un caprice. Mais Ron et Neville arrondirent les angles en assurant qu'ils fourniraient la meilleur protection possible aux déménagés grâce à la carte et à des rondes.
Ce fut un véritable transfert clandestin qui s'organisa alors. Préparé avec beaucoup de soin et d'application. Une véritable perte de temps du point de vue de Severus.
Un très bon entraînement de coordination de celui des lieutenants. Ils poussèrent même le vice jusqu'à organiser des diversions aux points les plus éloignés du septième étage et des toilettes de Mimi Geignarde afin d'être certains que ni les Carrows ni Ombrage ne seraient dans les parages, aidés en cela par les professeurs.
Parmi toute cette agitation, Kécile restait un peu en retrait. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce que Dumbledore penserait s'il voyait ce qu'était devenue l'école. Elle était sure qu'il serait très fière de voir les élèves se prendre en main comme ils le faisaient, de constater la motivation inégalée pour apprendre dont ils faisaient preuve, les rapports qui s'étaient noués entre les professeurs et les élèves malgré les tentatives dérisoires d'Ombrage, et surtout, l'entente entre les maisons.
Les lieutenants s'étaient concertés sur la question : en dehors de l'AD, il ne fallait surtout pas que cette entente soit perceptible, au-delà des efforts qu'ils faisaient pour apprivoiser les Serpentards. Les amitiés qui s'étaient nouées entre Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle ne pouvaient pas s'exprimer librement sous peine de faire naître de nouveaux soupçons chez la directrice. Les élèves, à la demande de leurs lieutenants dont l'autorité surpassait dans les esprits celle des préfets, ne se mélangeaient pas outre mesure en cours, et n'échangeaient pas de places plus qu'auparavant durant les repas dans la grande salle.
Mais une fois passée la porte de la salle sur Demande, les masques tombaient.
Le travail entreprit par certains membres auprès des Serpentards commençait à porter ses fruits.
Une dizaine d'entre eux des trois premières années les avaient rejoints. Astoria avait fini par convaincre ses deux meilleurs amis de cinquième année, ainsi que sa sœur Daphnée du bien fondé de rejoindre l'AD. Non pas qu'ils avaient jamais été tenté par l'avenir de Mangemort, mais plutôt qu'ils avaient hésité à se démarquer des autres Serpentards. Zabini avait également officiellement changé de camp. Tout récemment, encore incertaine et maladroite, Milicent Bulstrode l'avait suivi, encouragée par l'exemple de Daphnée. Pansy Parkinson en revanche, leur opposait toujours de la résistance. Notamment parce qu'elle était toujours persuadée que Drago était du côté du Seigneur des Ténèbres et qu'elle ne voulait pas décevoir celui qu'elle se voyait bien épouser dans quelques années. Et Drago refusait de prendre le risque de lui révéler son véritable rôle.
Les entraînements se poursuivirent donc tant bien que mal dans la chambre des secrets. Jamais le tunnel n'avait été autant emprunté, jamais le mécanisme pour le transformer en escalier n'avait été aussi sollicité.
Pendant ce temps, Harry s'acharnait à fouiller centimètres par centimètres la salle sur demande. Il n'en dormait presque pas, et ses amis le voyaient avec inquiétude rester nuit et jour là-bas, s'épuisant vainement, n'ayant plus que cette obsession en tête.
Au bout d'une semaine, cependant, il finit par s'avouer vaincu, après avoir passé l'intégralité du capharnaüm au crible, et la salle sur demande put alors retrouver son office de quartier général.
Severus ne put se retenir d'un commentaire. On le lui avait bien dit. Mais il n'en avait fait qu'à sa tête et avait fait prendre des risques considérables à l'AD et plus encore aux membres de l'Ordre cachés à Poudlard.
Il fallut plusieurs jours à Harry pour récupérer de la déception et de la fatigue. Heureusement, la présence du quatuor donnait une nouvelle vigueur aux entraînements et aux rassemblements et c'était presque la quasi-totalité des résistants qui se retrouvaient, organisant des batailles grandeur nature dans la Salle sur Demande incroyablement créative, qui poussèrent Harry hors de sa morosité et de son abattement.
Puis, la période de Noël approcha.
Chacun avait le désir de passer les fêtes à l'abri et dans le confort relatif du château.
Mais leur quête les appelait également.
Harry finit par mettre les pieds dans le plat, un soir où il put isoler ses compagnons d'errance.
- Je crois qu'on ne va pas avoir le choix. J'en reviens toujours à la même conclusion. Je ne vois pas où Vous-Savez-Qui aurait pu cacher un horcruxe si ce n'est dans son manoir. Il faut passer à l'action.
- C'est une opération suicide, Potter...
- Ce n'est pas complètement impossible, contra Kécile. La principale difficulté, ça va être de ne pas croiser la route de mon père. Pas tant qu'on aura pas détruit les deux derniers horcruxes.
- Vous-Savez-Qui veut Harry. Le plus simple, c'est que tu ne viennes pas, vieux, conclut Ron.
- C'est hors de question.
- Ce n'est pas idiot, Harry, remarqua Kécile. Si tu n'es pas là, il n'y a aucune chance de mettre fin à cette prophétie. Aucune chance donc que la guerre ne soit terminée une bonne fois pour toute avec la victoire de l'un ou l'autre des deux camps.
- Je ne resterai pas derrière quand mes amis sont entrain de risquer leurs vies ! Rugit Harry.
- Potter, personne ne doute de votre courage ! Maintenant, pensez un peu stratégie.
- Et bien, vous qui êtes doué pour la stratégie, concoctez nous un plan qui me permette de ne pas croiser la route de l'autre taré.
- Je suis sure qu'on peut arriver à quelque chose, tempéra Hermione. En impliquant tout l'ordre, on devrait bien arriver à prendre par surprise les mangemorts.
- On parle de s'attaquer au centre névralgique des mangemorts, par Salazar ! On ne peut pas assurer à M. L'Elu qu'on peut éviter le Lord si on tente l'opération. Le meilleur plan volera en éclat en quelques minutes.
- A nous d'envisager toutes les éventualités, rétorqua Kécile. On connaît les lieux, on connaît les habitants et leurs habitudes.
- Et on aura certainement l'effet de surprise pour nous, ajouta Ron. Ils ne doivent pas s'attendre à ce qu'on ait le culot de les attaquer là-bas.
- Vous ne semblez pas réaliser qu'il ne s'agit pas de faire des prisonniers, de prendre un lieu d'assaut ou quelque bataille de ce genre, gronda le professeur visiblement rendu furieux par leur inconscience. Il s'agit d'avoir le temps de fouiller le manoir sans que le Seigneur des Ténèbres ne nous interrompe.
- Honnêtement, Severus, à mon avis, il n'y a que deux endroits où l'horcruxe peut être caché : la salle du trône, ou les appartements de mon père.
- Les endroits les plus accessibles ! Ironisa Severus.
- Enfin quoi! S'exclama Kécile avec agacement. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Qu'on reste là à attendre que les mois passent ? On tourne en rond. On était d'accord sur le fait qu'on serait peut-être obligé d'en venir à cette extrémité.
- On était également d'accord d'attendre Dumbledore.
- Je ne sais pas ce que fiche Albus, dit Kécile avec une rancœur évidente, mais il n'a visiblement pas l'intention de pointer le bout de son nez. On ne va pas continuer à espérer sa venue sans bouger.
- Je maintiens que c'est une erreur. S'il y a bien quelqu'un qui peut retenir le Seigneur des Ténèbres, c'est Dumbledore.
- Ça c'est sûr, ricana Kécile. D'autant qu'il le croit six pieds sous terre.
Mais Severus dut céder. Les principaux membres de l'Ordre ainsi que Drago, leur espion au sein de la place, furent convoqués. Lorsque Harry annonça le but de cette réunion, les adultes en face de lui parurent le prendre pour un fou.
- Harry, finit par intervenir Remus, je pense bien pas que vous avez dû déjà mûrir cette idée, mais comprends nous... Est-ce que cet objet que vous devez trouver est absolument indispensable ?
- Malheureusement oui.
- Je reformule ma question, Harry. Est-ce qu'il vaut les morts qui surviendront certainement de cette mission ?
Il y eut un silence lourd de sous-entendus, et Harry ne put cacher sa peine à prononcer sa réponse :
- Oui.
Et par cette simple syllabe, il fit comprendre tout le poids de cette mission. Il y eut un instant d'agitation parmi les membres de l'Ordre.
- Ecoutez, lança Harry. Je sais que c'est difficile à accepter. A commencer pour moi. Je voudrais ne pas avoir à vous demander ça. Mais cet objet protège Vous-Savez-Qui. Si on ne le lui retire pas, on n'en viendra jamais à bout. Il reviendra toujours. Je vous en dit déjà beaucoup plus que je ne le devrais. Je ne peux pas être plus précis, je suis désolé.
- Nous te faisons confiance, Harry, répondit Shacklebolt d'une voix rassurante.
Harry hocha la tête.
- Et sinon, on s'y prend comment ? Demanda Tonks. Vous avez un plan ?
Une longue discussion s'ensuivit entre les membres de l'Ordre, Severus, Kécile et Ron. Hermione notait toutes les idées qui étaient soumises. Harry était silencieux, ressassant les paroles de Remus. Drago semblait quant à lui plongé dans une profonde réflexion.
Il se leva d'un coup, interrompant toutes les discussions.
- Je peux vous parler à l'écart ? Finit-il par dire, avec la mine de quelqu'un qui vient de prendre une décision.
Sous le regard inquisiteur de l'Ordre, Severus et les adolescents s'éloignèrent, perplexes, attendant de voir ce que le jeune homme voulait leur dire.
- Votre objet, il ressemble à quoi ? Attaqua-t-il de but en blanc
- Pourquoi, tu l'as vu ? Demanda Harry sans pouvoir masquer une certaine excitation.
- J'ai surtout surpris une conversation du Lord avec Bellatrix. Il lui a confié quelque chose en lui demandant de le cacher dans son coffre de Gringotts.
- C'est bizarre ça. Tu sais pourquoi ?
Le jeune homme secoua la tête.
- Non. Il lui a juste dit qu'elle devait traiter cet objet avec le même respect qu'elle aurait pour son Maître.
- Tout à fait le genre de propos qu'est capable de tenir mon père... marmonna Kécile.
- Ça sent bon, ça... murmura Ron.
- Et ça avait quel forme ? Demanda Harry avec avidité.
- Arrondi, et doré. Je ne peux pas vous en dire plus.
- La coupe... murmurèrent-t-il.
- Gringotts, grogna Severus. Décidément on doit toujours s'attaquer aux endroits les mieux gardés de toute l'Angleterre.
- Ne vous plaignez pas, rabroua Harry. A choisir... On n'aura pas à attaquer le manoir. Du moins dans l'immédiat.
- Je ne sais pas, soupira Kécile alors qu'ils retournaient auprès des autres pour les informer du changement de plan. Au moins là, on connaissait les lieux et on savait à quoi s'attendre...
XXXX
Il n'y avait aucune lumière aux fenêtre du château. Il marchait le long du lac, contemplant les contours du château bien-aimé, son premier royaume, le seul droit acquis à sa naissance...
Elle était là, au bord du lac, se reflétant dans les eaux sombres. La tombe de marbre blanc, tâche superflue dans le paysage familier. Il éprouva à nouveau cet accès d'euphorie contrôlée, cette détermination grisante à détruire. Il leva la vieille baguette en bois d'if : que ce soit là le dernier acte d'importance qu'elle accomplirait lui paraissait particulièrement approprié. La tombe se fendit en deux et s'ouvrit sur toute sa longueur. La silhouette enveloppée d'un suaire blanc était aussi longue et mince que de son vivant. Il leva à nouveau la baguette.
Le linceul se détacha. Le visage était translucide, pâle, émacié, mais presque parfaitement conservé. Ils avaient laissé ses lunettes sur son nez crochu il éprouva un sentiment de dérision amusée. Les mains de Dumbledore étaient croisées sur sa poitrine et elle était là, coincée au-dessous, enterrée avec lui.
Ce vieil idiot avait-il imaginé que le marbre ou la mort protégeraient la baguette ? Avait-il pensé que le Seigneur des Ténèbres aurait craint de violer sa sépulture ? La main semblable à une araignée plongea et arracha la baguette de l'étreinte de Dumbledore.
Elle était prête à servir un nouveau maître.
XXX
- Attends, attends ! Il a QUOI ?! S'exclama Kécile qui n'en croyait pas ses oreilles.
- Je n'aime pas ça... Je n'aime pas ça du tout ! Marmonnait Ron qui s'était mis à faire les cent pas.
Harry était en train de leur raconter ce qu'il avait vu. Severus et Hermione étaient là également, pour une fois, et s'abstenaient de tout commentaire désobligeant au sujet de ces visions, laissant le jeune homme poursuivre son récit.
- Violer une tombe, je te rappelle, on l'a fait. Ce n'est certainement pas ça qui va arrêter ton père, remarqua Hermione.
- Mais tu es certain qu'il ne s'est pas rendu compte que ce n'était pas Dumbledore dans la tombe ?
- Oui. Je t'assure qu'il n'y avait aucun doute dans son esprit.
- Mais pourquoi veut-il la baguette de Dumbledore ? Je suis le seul à trouver ça bizarre ? Interrogea Ron.
- Il a l'air de croire qu'elle est plus puissante. Que ce serait la baguette la plus puissante.
- La baguette de sureau. Si vous dîtes vrai, Potter, le Seigneur des Ténèbres est après la baguette de l'aîné. Une baguette à l'histoire sanglante, réputée pour être invincible.
- Attendez, stop ! Clama Kécile qui semblait avoir quelques difficultés à suivre. Je vous arrête. La baguette d'Albus est en cèdre et plume de phénix. Je suis formelle là-dessus.
- Je soupçonne Dumbledore d'avoir eu deux baguettes. Celle qui est réellement à lui, et la baguette de sureau.
- Mais je ne l'ai jamais vu avec une autre baguette que la sienne! protesta Kécile.
- Si c'est bien la baguette dont on parle, la baguette de l'aînée, il a sans doute été très intelligent de ne pas se vanter de la posséder, nota Hermione. Tous ses propriétaires ont fini assassinés ou abattus en duel.
- Et concrètement, je dois m'inquiéter à l'idée que l'autre taré de service ait cette baguette, où je fais comme si je ne savais rien ? intervint Harry, un brin narquois. D'après ce que j'avais compris, mes chances de le vaincre reposaient en partie sur le fait que nos baguettes étaient liées !
- Je suis désolée, Harry, dit en Hermione en posant un main sur son bras, dans une tentative de réconfort. J'imagine que si Dumbledore a laissé cette baguette à la porté de Tu-Sais-Qui, il savait ce qu'il faisait. Mais je crois qu'il va falloir attendre qu'il revienne pour le savoir.
- S'il revient... grogna Harry.
