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Bonne lecture!
Chapitre 112 : L.D.D.
- On ne le suivra pas. On l'espionnera. Par l'esprit de Harry.
- Alors ça c'est la meilleur ! S'exclama Severus sans retenir une exclamation de dédain.
Harry semblait partagé entre la surprise et l'indignation. Il ouvrit plusieurs fois la bouche, avant de remarquer d'un ton accusateur :
- Je croyais que vous ne vouliez pas que je me serve de notre connexion. Vous vouliez que je bloque ces visions !
- En effet, répondit Dumbledore qui ne paraissait pas s'offusquer du ton du jeune homme. Mais comme ce n'est pas le cas, nous allons utiliser cet outil à notre portée.
- C'est dangereux ! Protesta Hermione.
- Nous serons là, Hermione, le rassura le directeur. Nous serons là pour le tirer de cette vision si cela devait mal tourner. Et quoi qu'il arrive, Vous-Savez-Qui ne pourra pas nous localiser.
- Ça peut tout simplement ne pas marcher, rappela Harry, revêche. Je ne pénètre pas l'esprit de l'autre taré sur commande, au cas où vous ne l'auriez pas compris.
- Tu y as accès lorsqu'il est particulièrement en colère. Et crois-moi, quand Drago lui dira qu'on a trouvé le diadème, il va être fou de rage.
- Je plains Drago... murmura Hermione. Lui aussi va subir les conséquences de ce plan.
- Drago sait à quoi il s'est engagé en devenant espion, Miss Granger, rappela Severus. Si on ne veut pas subir les colères du Maître, il ne faut pas devenir Mangemort...
- Et donc, on lance cette opération à quel moment ? Demanda Ron, totalement indifférent aux éventuelles souffrance de Malfoy.
- Dans les premiers jours de janvier, répondit Dumbledore.
- Encore quinze jours à ne rien faire...
- Encore quinze jours où nos alliés pourront profiter d'un peu de répit, autant qu'il est possible en cette...
Le vieil homme s'interrompit, le regard tout d'un coup fixe.
Début du lien
Les autres mirent un instant à comprendre ce qui l'avait alerté.
Au loin, on entendait une voix de femme qui chantait. C'était faible, mais suffisant pour les inciter au silence quand ils étaient habitués à ne jamais croiser la moindre personne autour des endroits complètement isolés qu'ils cherchaient pour établir leur camp.
- C'est bizarre de se balader dans les bois en chantonnant, remarqua Ron.
- C'est joli, murmura Hermione.
- Taisez-vous, coupa Dumbledore, qui semblait particulièrement attentif, le visage brusquement fermé.
Les jeunes échangèrent un coup d'oeil, ne comprenant pas ce qui pouvait l'inquiéter ainsi.
La voix se rapprochait, et on entendait de plus en plus distinctement la mélopée qui s'enroulait autour d'eux, tournait dans l'air, sinueuse et mélancolique.
- Je connais cette mélodie, finit par murmurer Kécile, les sourcils froncés.
Il lui semblait que son grand-père avait perdu des couleurs.
- Albus ? Demanda-t-elle vaguement inquiète.
- Le chant des amours perdus... souffla-t-il incrédule.
Kécile écarquilla les yeux, indifférente à la confusion des autres. Son souffle se bloqua dans sa poitrine et elle attendit, suspendue aux notes qui s'égrainaient dans le silence.
Albus s'était avancé en dehors de la tente, suivi par le trio intrigué et qui sentait bien que quelque chose leur échappait.
Parmi les arbres nus qui les entouraient, une forme se détachait sur le manteau neigeux. Une silhouette s'avançait vers eux, et plus elle se rapprochait, plus la mélodie devenait distincte, et plus ils étaient éprouvés par un sentiment étrange qui les enserraient, comme si chaque note venait se poser sur eux, les recouvrant petit-à-petit, les enserrant délicatement. La femme ne les voyait pas. Elle ne le pouvait pas à cause des charmes, mais elle s'avançait avec assurance, n'interrompant jamais son chant, et quand elle fut assez proche, Harry se dit qu'elle avait quelque chose de fou, à marcher ainsi dans un état de transe. Elle n'avait pas l'air consciente des branches qu'elle bousculait, de la neige qui s'enfonçait à chaque pas, des bourrasques glaciales qui faisaient voler ses cheveux devant son visage. Elle donnait l'impression de voir quelque chose, de sentir quelque chose au-delà du visible et de la conscience, au-delà de leur campement de fortune vers lequel elle marchait inexorablement. Plus que quelques mètres et elle allait se heurter à leurs sortilèges. Harry jeta un regard incertain à Dumbledore. Il ne faisait pas un mouvement. Il n'avait même pas sorti sa baguette. Mais il était blafard.
Plus que quelques pas et... Harry ferma les yeux un instant, incertain quant à la réaction de leurs barrières face à l'intruse.
Fin du lien
La voix se tut. Il rouvrit les yeux. La femme se tenait devant eux et les regardait.
Albus se demanda quelque part dans un coin de son esprit ahuri comment il faisait pour tenir encore debout.
- Ludivine...
Sa fille lui souriait doucement, presque timidement, et lui ne parvenait pas à se décider s'il devait y croire.
- Papa.
La tête lui tourna. Cela faisait des années qu'il n'avait pas entendu cette voix, qu'il n'avait pas entendu ce mot.
Il s'approcha lentement, incertain, et plongea dans le regard clair et franc que la femme posait sur lui. Il reconnut l'âme dans laquelle il pénétrait. Il ne s'agissait pas d'un maléfice vicieux et cruel. Alors il la prit dans ses bras et la serra contre son cœur, et il sentit sa fille répondre à son étreinte avec quelque chose de désespéré. Ils restèrent longtemps ainsi embrassés, ensevelis sous le flots de souvenirs qui menaçait de les submerger.
Lorsqu'ils se séparèrent, Albus rompit le silence lourd d'émotions et dit d'une voix moins assurée qu'il ne l'aurait voulu :
- Il va falloir que tu m'expliques.
- Je sais, répondit doucement Ludivine. Il y a plus de choses à expliquer que vous ne l'imaginez. J'attendais depuis si longtemps ce jour. Celui où je pourrais enfin te dire que j'étais encore en vie.
Ludivine le serra une nouvelle fois dans ses bras avec force avant de s'écarter. Elle se tourna alors vers les autres. Devant elle se tenait trois adolescents au regard perplexe.
- Harry, Ronald, je suis heureuse de vous retrouver en-dehors du cadre de ma classe et de vous apporter mon soutien dans votre quête. Miss Granger, j'espère que vous voudrez bien accepter l'aide d'une voyante, ajouta-t-elle avec un sourire en coin.
- Vous êtes... Vous êtes le professeur de Visnel ?... c'est ça ? La fille de Dumbledore ?! Alors ça, c'est fort, quand même ! S'exclama Ron.
- Lucile de Visnel d'Haves n'est rien d'autre que l'anagramme de Ludivine Deschavelles, intervint la voix grave de Severus.
Tout le monde se tourna vers l'entrée de la tente où il se tenait. Il sentit tous les regards braqués sur lui et la même question sur les lèvres. Mais personne n'eut le temps de lui reprocher d'avoir gardé cette information secrète.
Ludivine s'avançait vers lui avec un sourire radieux. Quelque part se fit dans son esprit la réflexion un peu déplacée que jamais personne ne lui avait souri ainsi... sauf Lily, il y avait de cela très longtemps.
- Je suis tellement heureuse de vous retrouver ici, Severus ! S'exclamait la nouvelle venue.
Et de le prendre dans ses bras à la stupéfaction générale.
- Je savais ! Ajouta-t-elle dans un murmure qu'elle glissa à son oreille. Je savais que vous feriez le bon choix.
Elle s'éloigna un peu de lui en lui rendant sa liberté de mouvement.
- Je savais que je pouvais compter sur vous pour veiller sur ma fille. Je vous dois un immense merci.
Severus eut une grimace gênée et agacée. Il avait tenu parole parce qu'il la croyait morte comme tout le monde. Bon sang, il l'avait enterrée lui-même ! Il allait vraiment falloir qu'elle leur apporte de sérieuses explications. Et la première qui allait lui en réclamer allait sans doute être la fille en question. Qui était étrangement muette et discrète.
Ludivine s'était tournée vers cette dernière. Mais contrairement aux autres Kécile ne s'avança pas vers elle. Elle se tenait roide à quelques mètres d'eux et dardait sur la nouvelle venue son regard des mauvais jours.
- Kécile... finit par murmurer Ludivine en tendant la main vers elle.
Mais la jeune fille ne fit aucun geste pour répondre à l'invitation.
- Tout ce temps... gronda-t-elle. Elle se tut tant la colère semblait l'étouffer.
- Je sais.
- Vous avez fait quoi ?!
- Je me suis protégée du Seigneur des Ténèbres. Je nous ai protégés.
- Laissez moi rire.
- Kécile, tu es en colère. Tu as le droit de l'être. Mais ma décision a été prise avec les meilleures intentions. Ça n'a pas été facile.
- « Les meilleurs intentions », l'autre taré ?! Explosa Kécile que le calme de Ludivine exaspérait. C'est tout ce que vous trouvez à dire ? « Ça n'a pas été facile. »?!
- Je te dois des explications, à toi plus qu'à quiconque d'autre. Mais ça ne servira à rien si tu n'es pas prête à les entendre.
- 17 ans d'absence et vous réapparaissez comme une fleur. Et vous voudriez que je sois calme ?! Et que je vous accueille à bras ouvert, aussi peut-être ? Cria-t-elle rageuse.
- Je veux juste m'expliquer. Je suis ta mère, Kécile. Je veux juste apprendre à te connaître et renouer la relation qu'aurait dû être la nôtre.
- Il n'y a rien à renouer. Nous n'avons rien à rattraper. Vous ne voyez pas ? Je n'ai pas de mère ! Je n'en ai jamais eu. Ça a toujours été comme ça et je ne me suis jamais posée de question.
- Tu ne peux pas dire ça, Kécile...
- Bien sûr que si, je le peux. C'est la vérité ! Ça vous dérange ? C'est grâce à votre décision. J'ai un père fou à lier, un grand-père qui m'a sauvé, un oncle qui me méprise.
- Et tu as une mère, maintenant.
- Non, vous ne comprenez pas ! C'est trop tard ! Cria Kécile. Il fallait vous manifester avant ! Vous n'êtes pas ma mère, et vos explications n'y changeront rien !
Et dans l'immobilité générale, elle fonça furieuse dans le bois. Ils entendirent un moment ses pas à travers les feuilles mortes et les branchages avant que le silence ne revienne.
Ludivine fixait les arbres parmi lesquelles sa fille avait disparu, la mine résignée. Albus la prit par les épaules et la guida vers la tente.
- Ne t'inquiète pas, ma chérie, Kécile a toujours eu un tempérament colérique. Elle va se calmer, te lancera quelques réflexions bien senties, et puis ça ira mieux.
- Honnêtement, je ne sais pas à quoi vous vous attendiez, ajouta sèchement Severus.
Ludivine s'assit pesamment à la table.
- Oh, je ne m'attendais pas à des cris de joie et à des embrassades, mais tout de même. J'ai attendu tellement longtemps ce jour...
- Ça, vous allez avoir du mal à le lui faire comprendre.
- Severus, vous n'aidez pas, réprimanda Dumbledore.
- Harry ? Demanda doucement Hermione. Est-ce que ça va ? Tu as l'air tout chose.
- Oui... se secoua ce dernier, ça va... c'est juste que...
- Tu aimerais être à sa place... murmura Ron.
- Non, ce n'est pas ça ! Je veux dire... je crois que je comprends Kécile. C'est un peu comme quand j'ai appris que j'avais un parrain et que je croyais qu'il avait trahi mes parents. Je sais, vous allez dire que ce n'est pas la même chose. Mais je pense que Kécile le reçoit un peu comme ça. Tout d'un coup on découvre un membre de sa famille qu'on ignorait avoir et en plus il vous a abandonné.
- Je n'avais pas le choix ! Protesta Ludivine
- Sirius ne t'a jamais abandonné.
- Et Kécile ne pouvait pas ignorer l'existence de sa mère, raisonna Hermione.
- Tu ne comprends pas, rétorqua Harry. Génétiquement parlant, bien sûr qu'elle avait une mère. C'est juste que... Rahh, râla-t-il, comment vous expliquer... ça n'a jamais fait partie de son schéma imaginaire de famille idéale. Elle a grandi sans ce désir.
- Ce n'est pas possible, rétorqua Ron. Je suis sûr que tout le monde a ce désir. Je veux dire, j'ai beau râler sur ma mère...
- Kécile m'a raconté ce qu'elle a vu dans le miroir du Risèd, coupa Harry. J'y ai vu ma famille, Ron. J'y ai vu mes parents. Dans sa famille idéale à elle, il n'y avait aucune présence maternelle. En fait, sans vouloir faire de la psychologie à deux noises, je crois qu'elle a beaucoup plus souffert d'avoir un père taré, sanguinaire et tyrannique que de ne pas avoir eu de mère.
Chacun médita sur les paroles de Harry qui se tenait face aux autres, un peu gêné d'être là à leur expliquer les méandres de la personnalité de son amie quand celle-ci n'était pas là, et d'être là à assener des vérités à la mère de la dite amie, devant Dumbledore qui plus est.
Mais il sentait confusément qu'il comprenait la situation mieux que tous les autres. Les longues conversations qu'il avait eu avec Kécile sur leurs enfances respectives ces derniers mois lui avaient fait saisir bien plus de choses qu'il ne l'avait réalisé jusqu' alors.
- Je suis donc en train de chercher à prendre une place auprès de Kécile qui n'existe pas, conclut Ludivine après un long moment. C'est ce que tu essayes de m'expliquer Harry ?
Le jeune homme acquiesça.
- Je sais que je l'ai bouleversée, soupira-t-elle. Je sais que je vous bouleverse. Je suis désolée...
- Ça ne suffit pas, dit Severus d'une voix sévère. Et vous ne me bouleversez pas, si cela peut vous rassurer. On est en guerre, nous allons sans doute voir des choses bien plus traumatisante que de voir réapparaître un cadavre vivant...
- Vous avez toujours les mots pour réconforter, Severus, à ce que je vois.
- A votre service, répondit celui-ci avec un rictus. Maintenant, si nous en revenions au sujet dont nous parlions ?
- Et Kécile ? Demanda Hermione.
- Tu la connais, dit Ron. Il vaut mieux qu'on la laisse tranquille. Personnellement, je n'ai aucune envie de me ramasser un maléfice pour l'avoir chatouillée d'un peu trop prêt.
- Si nous ne passons à l'action qu'après Noël, cela nous laisse 10 jours pour mettre au point notre plan. 10 jours pour que les réactions entre toutes les deux s'améliorent, ajouta Albus en regardant sa fille. Parce qu'alors, ce sera sans doute la dernière phase. Et là... il vaut mieux qu'il n'y ait pas de dissensions entre nous.
- 10 jours, c'est court, arrêta Severus. Si on veut que Drago amène le doute aux oreilles du Seigneur des Ténèbres avec finesse, il faut le prévenir dès maintenant, afin qu'il ait le temps de faire passer cela par Bellatrix ou son père.
- Il ne peut pas le dire directement à son maître ?
- Cela ferait un peu gros, Weasley. Et que pensez-vous qu'il se passerait si Drago annonçait au Lord que nous avons trouvé le diadème et que celui-ci se rend compte que c'est faux ? Combien de temps pensez-vous qu'il lui faudra pour éventer notre plan ? Autant que possible, je préférerais que mon élève reste en vie, si vous n'y voyez pas d'inconvénients.
- Oh, si, moi j'y vois un inconvénient, marmonna Ron.
Il reçut un vigoureux coup de coude de la part d'Hermione.
- Il est dans notre camp, maintenant, Ron.
- Merci de le rappeler, Miss Granger.
- Et honnêtement, je n'aimerais pas échanger ma place contre la sienne, ajouta Harry avec une grimace. Ça va chauffer quand l'autre taré saura qu'on a trouvé ses horcruxes. Mais passer par le père Malfoy ? Par Lestrange ?! C'est quand même vraiment hasardeux, non ?
- C'est pour cela qu'il va falloir choisir nos mots avec beaucoup de soin. Et ce qu'il va dire exactement à …
Severus s'interrompit.
Ludivine, complètement ignorée dans ce débat, venait de poser un objet sur la table au milieu d'eux.
Le diadème de Serdaigle.
Il y eut un moment de stupeur générale, avant que Ron ne s'exclame :
- Vous en avez encore beaucoup des surprises dans ce genre ou vous avez épuisé votre stock ?!
La sorcière eut un maigre sourire.
- Il va falloir que tu nous expliques, Ludivine, dit Dumbledore avec une certaine sévérité. Comment es-tu entrée en possession de cet objet ?
- Il faut que je vous raconte tout. Depuis mon enlèvement. Tout est lié.
- Est-ce que vous savez au moins ce que c'est que vous avez entre les mains ? Interrogea Hermione.
- Bien sûr, répondit doucement Ludivine. Ma mort a servi à sa fabrication.
Ron eut un rire nerveux.
- Ok, je veux bien une explication depuis le début, moi, parce que là ça devient surréaliste.
- Je pense qu'il vaut mieux que Kécile entende ce que je vais raconter. Elle doit savoir toute la vérité.
- Potter, allez chercher Kécile, ordonna Rogue.
- Pourquoi moi ? S'exclama ce dernier, pas pressé pour deux sous d'être face à la jeune fille qui devait être d'une humeur de sinistros.
- Vous ne savez pas ? Votre petit laïus de tout à l'heure ne suffit pas peut-être ?
Harry soupira mais se leva tout en marmonnant :
- J'aurais mieux fait de fermer ma grande bouche...
XXX
- Kécile, ta... je veux dire, Ludivine va nous parler. Il faut que tu viennes.
- Quoi, pour écouter la parole de la grande voyante ?
- Elle a le diadème.
Kécile leva enfin la tête, puis maugréa avec rancœur :
- Et en plus elle va passer pour la Sauveuse.
- Bien sûr que non. Mais elle a des explications à te donner, à Dumbledore, à Rogue aussi. Et elle a des informations sur ton père qui peuvent nous aider. On doit savoir, tous. Tu ne peux pas rester en retrait maintenant. Il y a trop de choses en jeu.
- Pas de morale comme quoi tu me comprends, je devrais lui pardonner, lui laisser sa chance ?..
- Non, tout ça tu le sais. Tu sais que je te comprends. Mais tu sais aussi ce que je te conseillerais de faire. Pour l'instant tout ce que je te demande c'est au moins de la voir en tant qu'alliée si tu ne veux pas l'accepter en tant que mère. Ça sonne un peu comme quelque chose que Rogue pourra dire, mais tu auras tout le temps d'apprendre à apprécier ta mère une fois la guerre terminée...
« Si vous vous en sortez » était dans l'esprit des deux jeunes, mais plutôt que de formuler cette évidence, Harry tendit la main à Kécile et l'aida à se relever.
Elle accepta de le suivre le visage fermé et Harry songea intérieurement que oui, Ludivine avait intérêt à avoir de sérieuses explications, parce que lui-même, si ça avait été ses parents, alors qu'il avait toujours rêvé de les retrouver, il n'était pas sûr de ce qu'aurait pu être sa réaction dans pareilles circonstances.
Les autres les attendaient encore assis autour de la table. Kécile prit place sur un bout du banc tout en dardant un regard dur sur sa mère. Harry s'installa à nouveau entre Dumbledore et Ron, et dit maladroitement :
- Je crois qu'on peut commencer.
- Merci Harry, dit Dumbledore.
Tous les regards étaient braqués sur Ludivine qui inspira profondément avant de débuter son récit d'une voix étranglée.
