C'est le début du Nanowrimo! Je ne sais pas si je parviendrais aux 50 000 mots, mais en tout cas, ce que je ferais sera consacré à cette fanfiction, toujours dans l'objectif de la terminer d'ici juin.

Bon Nanowrimo à tous les auteurs!


- J'ai une idée… coupa Ron.

Tout le monde se tourna vers lui, car généralement, Ron laissait le soin des idées à Hermione.

- Et si on utilisait le Tabou contre Vous-Savez-Qui ?

Chapitre 115 : L'Ordre à l'offensive

- Développez, Weasley… ordonna Severus, le regard perçant.

- A chaque fois qu'on prononce Son nom, des mangemorts débarquent. Maintenant qu'on est prévenu, pourquoi est-ce qu'on n'en profiterait pas pour leur tendre un piège ? Demanda Ron avec une certaine excitation dans la voix. On pourrait en capturer pas mal.

- Ce serait très dangereux, fit remarquer Hermione peu convaincue .

- Et malheureusement, il en faudra davantage pour affaiblir durablement les rangs de Tom, ajouta Dumbledore.

- Je pense que Weasley a raison, déclara Severus en coupant presque la parole au vieil homme.

Le dénommé en fut le premier surpris et tourna un regard ébahi vers son professeur.

- Ne me regardez pas comme ça, Weasley, ajouta Rogue, agacé. Je suis seulement en train de dire que votre idée n'est pas dénuée d'intérêt. Je suis d'accord avec vous, Albus, on ne pourra pas prendre grand monde à ce jeu là. D'abord parce qu'en ne voyant pas revenir leur troupes, ils vont finir par se douter de quelque chose. Ensuite ils n'envoient pas toujours des mangemorts, on va récolter aussi du menu fretin sans grand intérêt. Mais je soutiens néanmoins l'idée. Car quelques mangemorts en moins, ce sera toujours cela de pris, et cela peut suffire à les déstabiliser.

- C'est sûr qu'ils vont se demander ce qu'on fabrique… murmura Kécile

- L'idéal serait de combiner les trois actions à Gringotts, à Poudlard et avec le Tabou, suggéra Harry.

- Non, je pense qu'il faut commencer avant, dit Ron. Suffisamment pour qu'ils comprennent qu'on se sert du Tabou. Avec un peu de chance, dans la confusion, cela nous fera gagner quelques heures pour le reste.

- Voilà un très bon plan, mais… concrètement, avec quels moyen humains allons-nous mettre cela en place ? Demanda Ludivine.

- Avec l'Ordre du Phénix, répondit aussitôt Albus.

- Ça ne sera pas suffisant, contra Harry. Il faut faire intervenir l'AD.

- Je refuse de faire intervenir les élèves dans une mission de ce genre, coupa le directeur.

- C'est ridicule, rétorqua Kécile. S'il y a des combats à Poudlard, ils voudront se battre. Vous ne pourrez pas les faire tous évacuer de l'école, beaucoup refuseront. A ce moment-là ils seront beaucoup plus en danger qu'en activant le Tabou dans des groupes nombreux et coordonnés.

- Je partage l'avis de Kécile, dit Severus. Mieux vaut leur laisser l'opportunité de se sentir utile tout en les canalisant.

- Severus, en tant que professeur…

- Ce sont mes élèves également, Dumbledore ! Coupa-t-il avec agacement. Mais Kécile a raison, on ne pourra pas les tenir hors de ce combat, surtout avec l'armée de gryffondors qui compose l'AD. Je le répète, ils peuvent nous être très utiles avec des risques contrôlés.

Dumbledore finit par se rendre à l'évidence, et tout le monde s'accorda à lever le camp pour Poudlard dans la journée afin d'organiser l'offensive avec tous les combattants.

Le directeur dut rester à l'entrée du passage secret chez son frère Adelforth, tandis que Ludivine reprenait son rôle du professeur de Visnel. Le groupe de fugitifs voulait en effet garder l'effet de surprise jusqu'au bout, et n'avait prévu de révéler la « résurrection » de Dumbledore et de sa fille qu'à un groupe extrêmement restreint de personnes quand il ne serait plus possible de faire autrement.

En ce jour de Noël, la salle sur Demande était comble et festive. Lorsqu'ils firent pivoter le portrait d'Ariana, ils furent accueilli avec des exclamations de joie et des applaudissements. Ils eurent un peu l'impression d'être le père Noël devant les mines réjouis des membres, adultes et élèves confondus. Tout le monde parlait en même temps, les uns de leurs progrès, les autres des abominations commises par les Carrows, il y avait quelques nouveaux membres dans l'Ordre, d'autres qui étaient partis en mission, c'était une joyeuse cohue d'enthousiasme pour la Résistance.

Enfin, Severus finit par se faire entendre et demanda une réunion avec les membres de l'Ordre et les lieutenants de l'AD.

Avec une certaine déception, les autres élèves durent quitter la salle sur Demande, mais on les consola en leur promettant qu'ils pourraient revenir très vite, avec de l'action à la clé.

Aussitôt la fébrilité gagna les rangs.

- Alors c'est pour bientôt ? Demanda Remus, dès que la porte fut fermée sur le dernier élève.

- Je ne sais pas si la fin est pour bientôt, avoua Harry. Mais en tout cas, nous allons lancer l'offensive.

- Il y a une nouvelle personne qui vous accompagne, fit remarquer Kingsley de sa voix grave et posée en fixant Ludivine.

- Oh, oui, pardon ! Fit la concernée. Lucile de Visnel, professeur de divination.

- Ancien professeur, fit remarquer aigrement MacGongall. Vous avez déserté votre poste.

- Pour mieux revenir, répondit l'enchanteresse sans se départir de son sourire. Je savais ce qui allait arriver. J'avais… quelque chose à faire.

- Bien sûr… fit le professeur de métamorphose avec un doute insultant dans la voix.

Le professeur de Visnel nous a rapporté un objet essentiel que nous cherchions désespéremment et qui nous permet enfin de… disons… de passer à l'étape suivante, intervint Hermione pour couper court aux soupçons.

Ludivine ne put se retenir de jeter un regard à sa fille et celle-ci lui rendit son coup d'oeil les lèvres pincées.

Elle n'était pas d'accord avec la plupart des décisions et des actions de sa mère. Mais pour le coup, elle était intervenue à point nommée. Elle pouvait comprendre pourquoi Hermione la défendait. Sans son arrivée avec le diadème, ils seraient encore sous cette foutue tente, bien loin de pouvoir déclencher une quelconque confrontation avec Voldemort.

- Bien, donc… reprit Harry. Pour cette étape finale, on a… enfin Ronald a eu une idée que nous avons décidé de mettre en œuvre.

Il leur expliqua leur stratégie sous les réactions médusées, enthousiastes ou sceptiques des membres de l'Ordre. L'idée ne fit pas l'unanimité mais remporta la majorité des suffrages et il fallut décider de comment mener l'action.

- Si on veut que le piège marche longtemps, il ne faut pas y aller tous azimut, remarqua Ron.

Je connais le moyen idéal, intervint alors Henri Praslin. Je peux aider à rassembler rapidement et en toute sécurité par des moyens moldus, des sorciers étrangers près à se battre sur leur sol. Nous savons, ajouta-t-il tristement que le Tabou marche aussi en dehors de l'Angleterre. Mais cela peut cette fois être un avantage car ainsi...

… ils mettront plus de temps à se rendre compte de ce qu'il se passe... finit Ron.

- Excellent, approuva Harry.

- Cela marchera encore mieux s'ils ont une cible précise à chasser, intervint la voix impassible de Severus. Je vais vous donner du polynectar afin que vous puissiez créer des appâts réalistes. Puisque nous avons été suivi à Paris…

- … il sera facile de les attirer ailleurs. Termina Henri.

- Et cela renforcera la confusion, ajouta Hermione. Ils comprendront encore moins ce que nous faisons à l'étranger.

- Très bien, ça ce sera la première vague, approuva Ron. Combien de temps pensez-vous qu'il vous faut pour organiser tout cela ? Demanda-t-il au français

- Deux jours au plus.

- Si peu ? S'étonna Alastor. Comment allez-vous vous coordonner si vite avec des étrangers ?! Fit-il très sceptique.

- La magie d'internet….

- Et vous pensez pouvoir organiser des pièges où ?

- Paris, Frankfurt et Saint-Pétersbourg, ce sera le plus facile.

- Je pense que cela suffira, dit Severus.

- Mettons une ville par jour, continua Ron. Cela veut dire que dans 5 jours nous commençons sur le territoire britannique.

Dans les jours qui suivirent, Ludivine resta en relation étroite avec Henri tandis que l'AD se préparait. Il avait été décidé de créer huit groupes avec deux ou trois membres de l'Ordre, l'un des lieutenant de l'AD et des élèves de sixième et septième années. Une fois les équipes constituées, elles subirent un entraînement spécialisé éprouvant avec comme adversaires Harry et ses acolytes, Severus et Ludivine. Des ennemis d'un niveau généralement plus élevé que ce qu'ils allaient avoir à affronter, mais qui ne les ménagèrent pas pour autant.

Les assaillants durent apprendre à jouer plus finement que ce à quoi ils avaient été habitués dans leurs simulations de bataille pourtant déjà poussées. Toute leur tactique reposait sur le fait que les mangemorts ou les rafleurs n'étaient pas sensés s'attendre à une contre-attaque en règle. Il fallait donc jouer sur l'effet de surprise et neutraliser vite. Un premier sort raté et l'ennemi était prévenu et deviendrait beaucoup plus difficile à abattre. Et Ron avait bien insisté sur ce point. Il était primordial qu'aucun mangemort ne s'échappe où leur plan serait encore plus vite éventé.

La veille des premières opérations, qui étaient prévues le 31 décembre et 1er janvier, avant l'attaque de Gringotts le 2, Severus annonça jour de repos pour tout le monde.

Savage, l'un des aurors vint le voir alors qu'il s 'affairait à la préparation de potions de guérison dans un coin de la Salle sur Demande.

- Vous êtes certain de vouloir maintenir cette opération ? Demanda-t-il à voix basse.

- Vous n'avez pas l'air convaincu.

- Cela me paraît beaucoup de forces perdues pour pas grand-chose. Sans parler des risques.

- Nous nous sommes accordés pour dire qu'ils seront contrôlés. Voyez cela comme un entraînement pour les combats à venir. Beaucoup d'entre nous ne savent pas ce qu'est qu'un vrai combat. Et je ne parle pas que des jeunes.

- Comment notre société a-t-elle pu faillir au point d'envoyer des élèves non diplômés au combat… murmura Savage en posant un regard désolé sur ses jeunes recrues.

- Vous avez fait un excellent travail, Savage, tempéra Severus. Je ne m'attendais pas à ce que tous ces cornichons atteignent un tel niveau de maîtrise, une telle cohésion.

- Potter avait déjà bien commencé le travail, il faut avouer, répondit l'auror.

Severus retint une grimace.

- Rien ne vaut l'expérience cependant. Ces attaques seront leur première situation réelle. Mieux vaut que cela soit à ce moment plutôt que le jour où ils seront face à une armée de Mangemorts déchaînés. Les plus faibles pourront découvrir leurs limites et éviter de se faire massacrer durant la bataille.

L'opération Tabou comme elle avait été nommée fut un succès qui fit prendre du galion à Ron. Tant à l'étranger que sur le sol anglais, une trentaine de rafleurs et une quinzaine de mangemorts furent capturés. Des mangemorts de seconde zone à l'exception de Rabastan Lestrange, Avery et Macnair. Ils furent les derniers à être capturés. Les activations suivantes du Tabou ne donnèrent lieu à aucune réaction. Drago fut aperçut dans le parc le soir même, revenant à Poudlard et discutant la mine sinistre avec les Carrows.

Une heure plus tard, il franchissait la porte de la Salle sur Demande. A peine la cloison refermée derrière lui, son masque tomba et un sourire goguenard apparut sur ses lèvres.

- C'est un joyeux bazar là-bas ! Ils n'osent plus bouger. Je crois que tout Londres pourrait clamer le nom du Seigneur des Ténèbres qu'ils ne lèveraient pas le petit doigt. Le Lord est fou furieux d'avoir été attrapé. En revanche Guhler a réussi à fuir lors de la dernière attaque.

- Je l'avais repéré, râla Neville, mais à peine arrivé qu'il a transplané à nouveau…

- Il était là juste pour rapporter des informations au cas où les autres se feraient encore attrapés. Dès qu'il a eu la confirmation que c'était une embuscade, il s'est échappé pour rapporter les informations au Maître. Il sait que ce sont des membres de l'Ordre, et surtout, il sait qu'il y a des élèves.

- C'est pas bon pour nous, ça, fit Susan.

- Il n'a pas pu les reconnaître, rassura Drago. Mais les Carrows ont morflés… Le Seigneur des Ténèbres envoie du renfort pour mater les dissidents. Honnêtement, je conseille à tout le monde de rester à l'abri de la Salle jusqu'à la prochaine bataille.

- Non, dit Astoria, tu ne peux pas être notre seul informateur dans ces circonstances. Tu te ferais trop vite repéré.

- Les nouveaux de l'AD, ceux qui ne sont pas connus de notre année avec Ombrage comme professeur de défense, ils peuvent partir, remarqua Michael.

- On va même avoir besoin d'eux, contra Ron.

- Quoi, Weasley, encore une idée brillante ?

- A vous de me le dire, professeur, se moqua le Gryffondor. Moi, je trouve que s'il y a encore plus de mangemorts à Poudlard lors de notre opération « Elu à Poudlard », c'est excellent.

- Ouais… sauf que tout d'un coup, là, ça devient beaucoup moins un jeu d'enfant… remarqua Kécile.

Les heures qui suivirent furent éprouvantes pour les élèves de Poudlard. Les membres de l'AD qui osèrent quitter la sécurité de la salle sur Demande racontèrent bien plus tard aux autres et aux membres de l'Ordre ce qu'il se passa alors.

Drago, fidèle à son rôle d'espion ne les rejoignit plus pour ne pas risquer d'être découvert. Il participa à des scènes de terreurs organisées par les Carrows, destinés à faire parler les dissidents.

Les mangemorts étaient fous. Les professeurs eux-même eurent des comptes à rendre : ils n'étaient pas suffisamment dupes pour croire qu'autant d'élèves avaient pu quitter le château sans que personne ne s'en rende compte. MacGonagall s'en défendit. Beaucoup d'élèves de Poudlard avaient fui : les nés-moldus, des anciens de l'AD. Elle donna des noms : Neville Londubat, Luna Lovegood, Susan Bones, Michael Corner, Colin et Denis Crivey…. Autant d'élèves susceptibles d'avoir menés cette attaque avec des membres de l'Ordre et qui n'étaient plus sous la surveillance du corps professoral.

Bien évidemment, aussi plausible que pouvaient être les arguments de la directrice de Gryffondor, les mangemorts n'étaient qu'à moitié convaincus. C'était un secret de polichinelle qu'elle faisait partie de l'Ordre. Drago ne leur avait rien caché de la situation : MacGonagall et certains autres professeurs n'avaient jusqu'à présent pas été trop inquiétés et maltraités car on connaissait leur attachement à l'école et Voldemort préférait qu'ils restent là où on pouvait contrôler leurs agissements, plutôt qu'ils n'aillent renforcer les rangs de l'Ordre du Phénix, qui, il avait fini par le comprendre, n'était pas si égaré que cela malgré la mort de son chef.

Des interrogatoires assez brutaux avaient lieu. Ce qui était le plus à redouter, c'était le véritaserum, mais il ne fut pas employé, malgré l'affection particulière d'Ombrage pour cette méthode. Probablement que l'absence de Severus dans les rangs des Mangemorts devaient rendre plus compliqué l'approvisionnement en potion.

Les élèves terrorisés disaient tout ce qu'ils savaient de l'AD, c'est à dire pas grand-chose. Tous les membres connus avaient désertés les couloirs de l'école ces derniers jours, ces dernières semaines, voire depuis la rentrée pour les plus anciens.

Les nouveaux membres de l'AD donnèrent à peu près les mêmes informations, se gardant bien d'avouer leur propre allégeance au groupe résistant.

Quatre mangemorts furent plantés en sentinelle devant la Salle sur Demande. Totalement coupés les uns des autres, les membres de l'AD ne purent plus compter que sur la préparation de leur plan de bataille et sur leur réactivité.

De l'autre côté de l'épais mur de pierre, à l'abri des sortilèges ancestraux de Poudlard, l'ambiance n'était pas beaucoup plus sereine malgré l'absence de menace immédiate.

A l'aube, Severus et Ludivine prirent en aparté les quatre adolescents.

- Il va falloir que nous partions. Nous ne pouvons pas retarder plus longtemps notre action. Poudlard est en train de sen transformer lentement en bombe à retardement. Et il ne faudrait pas que toute l'armée du Seigneur des Ténèbres n'arrive avant que vous ayez sécurisés les lieux.

- Comment faisons-nous ? Demanda Kécile, les traits tirés par le stress et le manque de sommeil. Lançons-nous l'offensive sur les Mangemorts dès maintenant ? S'ils ont le temps de prévenir le Manoir, c'est mon paternel en personne qui risque d'arriver trop tôt.

- Attendez midi pour lancer l'offensive. D'ici là, j'espère que nous aurons la coupe.

- Et si vous ne l'avez pas ? Si vous êtes coincés à l'intérieur de Gringotts ? Fit Kécile avec angoisse. - Imaginez que l'autre taré vienne à Poudlard avant que le dernier horcruxe ne soit détruit. On est foutu , s'alarma Harry.

- Vous devez nous avertir, approuva Hermione.

- Je ne vois pas quel sortilège pourrait passer aux travers des protections de la banque et de l'école, avoua Ludivine.

- Fumsec ! suggéra Kécile. Nous attendrons ses signaux pour enclencher les différentes étapes de l'opération Elu.

Les deux adultes acquiescèrent. Puis un silence lourd tomba entre eux.

- Prenez soin de vous, murmura Ludivine.

Elle serra chacun des adolescents contre elle. Elle s'attarda particulièrement sur Harry.

- Pas d'imprudence, hein, Harry ?

Puis elle prit dans ses bras Kécile qui accepta de se laisser faire sans pour autant répondre à l'étreinte.

- Sois prudente, ma chérie. Tu n'as pas à réparer les crimes de ton père, tu le sais n'est-ce-pas ?

Kécile ne répondit rien, mais grogna en son fond intérieur. Décidément, Ludivine avait le chic pour connaître ses pensées les plus profondes et les plus inavouées.

- Je t'aime, quoi que tu puisses en penser.

- Allons Ludivine, intervint Severus. Il faut y aller. Ne t'inquiète pas pour ces gamins-là, ils sont passées par des combats bien plus dangereux.

- On fera attention à nous, sois sans crainte, Severus, répondit ironiquement Kécile. Bonne chance.

Les deux adultes partirent et commença la longue attente.

- Qu'est-ce qu'ils sont partis faire ? Demanda Ernie.

- On ne peut pas vous le dire, répondit Kécile.

- Vous vous rappelez cet objet qu'on cherchait désespérément à Poudlard ? Tempéra Harry plus conciliant. Et bien on sait où il est maintenant. Severus et Lucile sont donc partis le chercher.

- Mais je ne comprends pas pourquoi vous n'y êtes pas allés vous aussi, remarqua Susan.

- C'est si dangereux que ça ? Demanda Astoria.

- C'est surtout que c'est un endroit particulièrement difficile à atteindre. Leurs compétences vont leur permettre d'aller plus vite et avec un peu de chance d'être plus discrets.

- Avec beaucoup de chance, Harry, intervint Hermione.

- Ouais, d'accord, il ne faut pas trop compter que l'autre taré n'en sache rien. Et alors là...

- La bataille va commencer… conclut Ernie.

- C'est probable.

- On s'organise comment ? Demanda Neville. Si on profitait du temps qu'on a maintenant pour répartir les tâches.

- Bonne idée, Londubat, intervint Kingsley. Weasley, et si on vous laissait gérer ça ? Proposa l'auror. Vous avez prouvez que vous saviez mener ce genre d'opération.

Ron rosit de plaisir sous le compliment, et acquiesça.

Au vu du nombre de Résistants, ce fut au début une joyeuse cacophonie lorsque tout le monde se rassembla pour recevoir les instructions, jusqu'à ce que Ginny fasse taire tout le monde d'un magnifique éclat de voix aidé d'un petit sonorus. Lorsque les esprits se calmèrent et se concentrèrent, Ron put répartir les tâches facilement. L'action « Elu » allait comporter 6 phases.

- Comment est-ce qu'on va savoir quand on va intervenir, fit remarquer Michael une fois que l'ensemble du plan leur fut exposer.

- Je propose qu'on se serve à nouveau des galions. Le dernier numéro de série fera apparaître la phase à laquelle nous en sommes. Lorsqu'un groupe aura accompli sa mission, il n'aura plus qu'à faire apparaître le numéro de la mission suivante pour la déclencher.

- Et si jamais l'opération n'a pas marché ? Souleva Fred.

- Si on a besoin de renfort ? Renchérit George.

- Attribuons le zéro à ce cas là, proposa Harry.

Et ce seront seulement les membres des équipes ayant déjà accomplies leurs missions qui interviendront, déclara Ron d'une voix autoritaire.

Puis il martela chaque mot pour que les autres comprennent l'importance de cet ordre :

Les autres restent à leur poste.

Dans les heures qui suivirent, la fébrilité monta avec l'attente, tandis que chaque groupe discutait avec vivacité de leurs missions, faisait des pronostics et surveillait du coin de l'oeil les quatre adolescents qui menaient les Résistants vers la bataille.

Eux s'inquiétaient davantage pour ce qui devait se dérouler à Gringotts. Qu'allait-il se passer si Dumbledore était découvert ? Ou si Severus et Ludivine étaient attrapés ? Qu'allait-il se passer s'ils se retrouvaient enfermés dans Gringotts ? Dumbledore avait pris l'épée pour qu'en cas de besoin ils puissent au moins détruire l'horcruxe sur place. Le signal devait leur être donné dès qu'ils seraient en possession de l'artefact.

La matinée étaient presque terminée lorsqu'enfin dans un craquement sec une plume rouge caractéristique apparut devant eux. Kécile l'attrapa d'un geste vif avant qu'elle ne soit trop remarquée et ils bondirent sur leurs pieds, saisis par une violente poussée d'adrénaline.

- On y va ! Clama Ron.

Il y eut un très bref instant de silence avant que tous les Résistants ne se redressent d'un coup dans un brouhaha indescriptible. Les groupes se reformèrent et chaque responsable tenta d'en calmer ses membres.

Kingsley, Tonks, Remus, Savage, Williamson et Maugrey qui constituaient la première équipe d'intervention et certainement l'une des plus délicates, étaient à l'inverse parfaitement calmes et silencieux. Ils se tenaient devant la porte, baguette au poing, prêts à faire feu sur les mangemorts de l'autre côté dès que les portes de la Salle sur Demande s'ouvriraient.

Peu à peu le calme revint et les autres se rassemblèrent sur les côtés à l'abri des tirs perdus. Un silence pesant s'abattit brutalement sur l'assemblée et tout le monde entendit Harry qui prononça simplement :

« Ouvrez les portes ».