Chapitre 116 L'Ordre à l'offensive 2
Aussitôt les sortilèges fusèrent de toutes parts. Les mangemorts postés de l'autre côtés n'attendaient que cela. Ils étaient 6 et deux d'entre eux tentèrent immédiatement de pénétrer à l'intérieur de la Salle sur Demande. L'un fut abattu par Williamson, mais l'autre passa au travers des défenses. Il fut accueilli par une volée de sortilèges des occupants de la salle qui ne laissa plus qu'un tas informe et méconnaissable sur le sol.
Un mangemorts, en réalisant le nombre de Résistants massés dans la Salle sur Demande, tenta de s'enfuir, mais il fut aperçu par l'oeil magique de Maugrey qui l'abattit dans le dos sans vergogne alors qu'il fuyait. A six contre quatre le combat redevint favorable aux aurors et quelques minutes plus tard, l'ennemi était immobilisé et ficelé, confié au bon soin des élèves les moins aguerris qui avaient pour mission de garder les prisonniers.
La pression retomba sensiblement.
- Bravo ! Clama Colin avec enthousiasme.
Les élèves congratulèrent les aurors amusés.
- Ouais, fit Ron, c'est là qu'on voit les pros…
- Ne vous sous-estimez pas, Ronald, dit Savage. Votre dur entraînement a payé, pour vous comme pour vos camarades. Vous avez un niveau bien supérieur à nombres de mangemorts, et en tout cas bien au-delà de ce à quoi ils s'attendent d'élèves non diplômés.
- Ne les encense pas trop, Savage, grogna Fol Oeil, toujours encourageant. Il ne faudrait pas qu'ils oublient qu'en face, l'ennemi cherchera toujours le coup mortel. Sans scrupule. Si j'ai un dernier conseil à vous donner avant qu'on ne se sépare, c'est « soyez sans scrupule ». Vous n'êtes pas assez aguerris pour vous montrer magnanime.
La phase deux de l'opération « Elu » pouvait démarrer. Cette fois-ci c'était l'heure de gloire de Fred et George, aidés de Ginny et Seamus.
Ces pros du chaos qui connaissaient Poudlard comme leur poche avaient pour mission d'ameuter tout Pouldard et surtout d'attirer tous les mangemorts, les Carrows et Ombrage en un même lieu.
Ils filèrent à travers les couloirs et quelques minutes plus tard des explosions retentirent un peu partout dans l'école. Ombrage dut reconnaître avec horreur les fauteurs de trouble et leurs abominables feux fuseboums. Et bientôt on entendit sa voix de crécelle s'époumoner à travers tout le château.
Il ne fallut pas longtemps pour que des messages magiques s'affichent un peu partout dans le parc comme « Voldemort est un crétin » « Rejoignez l'AD » « Ombrage démission »….
Des cris de rage retentirent, des éclats de rire et des applaudissements leur firent écho. Ils ne pouvaient qu'entendre la rumeur lointaine du désordre causé par les quatre gryffondors. Mais si la situation aurait pu être amusante, voire même jouissive, aucun des Résistants n'avait le sourire aux lèvres, car se jouait là l'étape la plus délicate de toute l'opération.
Harry et Hermione suivaient des yeux la trajectoire des fauteurs de troubles sur la carte des maraudeurs. Ils voyaient les petits points cavaler à travers les étages et les couloirs de Poudlard, des mangemorts plus ou moins à leurs trousses, Ombrage en tête. Enfin, ils s'arrêtèrent dans la cour interne du château.
Ron avait les yeux rivés sur le galion.
- Ok, go ! Clama-t-il soudain alors que le chiffre 3 apparaissait sur la pièce de monnaie.
Les membres de l'Ordre foncèrent à travers les couloirs pour rejoindre au plus vite les jeunes en position de vulnérabilité.
Ron restait figé les yeux sur la carte pour guetter la progression des renforts de ses deux frères et de sa sœur, mais il se détendit un peu devant le tableau qu'elle lui laissait entrevoir.
La carte montrait que les Weasley et Seamus faisaient maintenant face à l'ennemi avec une dizaine d'élèves membres récents de l'AD.
Il fallait intervenir vite, pour les rejoindre et capturer la dizaine de mangemorts, les Carrows et Ombrage. Les aurors, Remus, Mr Weasley, Charlie, Bill ainsi que Harry et Kécile fonçaient à travers les couloirs tandis que Ron et Hermione restaient dans la Salle sur Demande à s'assurer qu'il ne restait aucun ennemi isolé dans le château avec le secours de la carte et des autres membres de l'Ordre et de l'AD.
Lorsqu'ils dévalèrent les marches qui menaient à la cour, Kécile comprit immédiatement que la situation commençait à devenir délicate. Les élèves spectateurs s'étaient amassés derrières les rambardes, ou dans les couloirs adjacents, mi effrayés, mi fascinés, tandis que certains, essentiellement des septième années étaient venus prêter main forte à leurs anciens camarades. Les professeurs Flitwick, Chourave et Vector affrontaient également les mangemorts. Mais le combat restait inégal dû à l'inexpérience de la majorité des combattants, et Kécile aperçut plusieurs élèves blessés que d'autres tentaient d'évacuer en évitant les sorts perdus.
La tête des mangemorts lorsqu'ils virent arriver les membres de l'Ordre en revanche, valait son pesant de gallions. Ils furent pris en sandwich entre leurs adversaires et il ne fallut alors pas longtemps pour les immobiliser.
Ombrage éructait, encore plus rouge que son cardigan, les menaçant des pires sanctions, de comparution devant le tribunal pour rébellion, de bris de baguette…
- On dirait vraiment qu'elle est passée à côté de la prise de pouvoir de l'autre taré… dit Harry blasé. Tu crois qu'elle peut l'ignorer ? Demanda-t-il à Kécile.
- Non… Mais elle est assez mauvaise pour approuver l'action des mangemorts. Elle ne vaut pas mieux qu'eux.
- Vous verrez, Piers m'approuvera ! Vous serez banni du monde des sorciers ! On brisera votre baguette, tous autant que vous êtes !
- Oh, mais ferme la, vieux crapaud ! Lança Ginny excédée.
- Attends, elle me donne une idée ! S'exclama Kécile.
Et sous les yeux atterrés d'Ombrage, elle prit sa baguette que Savage tenait encore à la main et la brisa d'un geste sec. L'intéressée poussa un hurlement d'horreur et des regards consternés se posèrent sur Kécile.
- Il faut en faire autant pour tous nos prisonniers, dit-elle.
- Tu ne peux pas faire ça, Kécile, intervint Kingsley. Il n'y a que le ministère qui peut prendre une décision aussi grave.
- N'exagérez rien, je ne l'ai pas tuée que je sache. Eux n'auraient pas autant de scrupules. Une baguette, ça se remplace, je ne les transforme pas en cracmol non plus. S'ils sont libérés pour quelque raison que ce soit pendant les combats, vous croyez honnêtement qu'ils vont vous épargner parce que vous leur aurez préservés leurs baguettes ?
- Et bien en voilà une au moins qui a compris la leçon, rugit Fol Oeil.
- Tu as raison, approuva Harry le visage durci par la gravité de la situation. Ça ne me plaît pas beaucoup non plus, avoua-t-il en se tournant vers les aurors. Mais si c'est le prix à payer pour épargner des victimes dans notre camp, et bien soit.
C'était amusant de voir comme les paroles de Harry convainquaient encore davantage l'assemblée que celles de Kécile. Elle ne s'en offusquait pas d'ailleurs. Ça avait toujours été comme ça…
Les aurors, Remus et Arthur s'exécutèrent à contre coeur sous les regards consternés des mangemorts, tandis que Harry donnait le feu vert pour la mission suivante.
Il y avait longtemps eu débat sur cette partie là du plan. Qu'allait-on faire des Serpentards ? On avait parlé de les enfermer dans le donjon, mais cette idée avait été vite écartée. D'abord, il serait très facile de les en faire sortir. Ensuite si les choses tournaient mal, cela pouvait s'avérer criminel. Et puis certains avaient crié à l'amalgame. Notamment les quelques Serpentards de l'AD. Tous les élèves de la maison n'allaient pas combattre aux côtés des mangemorts.
Mais la question restait la même. Certains devaient être à tout prix éloignés. C'est Hermione qui avait suggéré de les évacuer en premier par la grande porte et de les escorter jusqu'au portail où ils seraient ensuite pris en charge par des habitants de Pré-au-lard. Cela laisserait de plus la possibilité aux élèves de famille de Mangemorts d'annoncer la présence de Harry Potter à Poudlard.
Les sept membres Serpentard de l'AD furent adjoints à des professeurs pour juguler toute tentative de rébellion éventuelle, tandis qu'au même moment les directeurs de maison faisaient prévenir les parents, et que de l'autre côté, les lieutenants et les préfets faisaient évacuer les élèves de leurs maisons respectives, non pas par la grande porte, mais par le passage secret menant chez Adelforth. Dans la Salle sur Demande, Kécile et les trois autres gryffondors tentaient de les aider et de juguler la panique de certains.
- Oh toi ! Lança Ron à un élève de Serdaigle. Ça ne sert à rien de pousser et de doubler. Tu attends ton tour comme tout le monde.
- Mais ça n'avance pas ! Ils vont avoir vingt fois le temps de nous trouver.
- Qui ça ils ?
- Mais les mangemorts ! Hurla le môme hystérique.
- On les a tous arrêtés, rassura Hermione.
- Et avant que Voldemort ne pointe le bout de son nez… ah, pardon, c'est vrai qu'il n'en a plus… il va se passer un certain temps.
- Il ne faut pas prononcer son nom ! Gémit une première année de Poufsouffle.
- Ça ne sert à rien d'avoir peur, répondit sèchement Harry. Ce n'est qu'un nom. Ridicule en plus.
- Mais le Tabou ? S'exclama un autre.
Kécile ricana.
- Tu peux dire Voldemort autant de fois que tu veux. Le Tabou lui a coûté assez d'hommes comme ça…
- Dis donc, toi ! S'exclama Hermione en voyant un élève se glisser dans la file de ceux qui restaient. Tu n'as pas le droit d'être là.
- Je veux me battre, répondit le poufsouffle
- Tu es en quatrième année. Tu n'as pas le droit.
- Denis, toi non plus ! Tu rejoins le rang, comme tout le monde ! S'exclama Harry.
- Mais j'ai passé des mois avec l'Ordre, justement pour être là aujourd'hui, protesta le plus jeune de frère Crivey.
- Je suis désolé, répondit Harry. Mais la règle, c'est la règle. Pas de membres de l'AD en dessous de la cinquième année.
- Ce n'est pas juste ! Colin peut y aller, lui.
- Ce n'est vraiment pas une raison de l'envier … gronda Kécile. Ça prouve que tu n'es pas prêt. Est-ce que tu réalises seulement que tu peux ne plus jamais le revoir ?!
Cela eut le mérite de calmer le gamin.
- Je ne sais pas me battre, dit doucement une élève de septième année de Serdaigle.
- Tu n'es pas obligée de rester, répondit Hermione avec un sourire rassurant.
- Je sais. Mais je voudrais aider quand même.
- Pourquoi n'irais-tu pas à l'infirmerie ? Je suis sûre hélas que Mme Pomfresh aura besoin de renfort.
Astoria revint à ce moment en courant et s'arrêta devant eux, très blanche.
- Drago vient d'être convoqué par le Seigneur des Ténèbres !
- Il a répondu à la convocation ?
- Oui, dit la jeune fille d'une voix tremblante.
- Il est complètement taré ! S'exclama Ron.
- Je lui ai dit que c'était trop dangereux. Mais il pense que si Voldemort comprend dès maintenant qu'il l'a trahi, ce sera encore plus dangereux.
- Son raisonnement n'est pas faux, approuva Kécile. S'il peut encore faire croire qu'il est des mangemorts, il sera davantage en sécurité sur le champ de bataille qu'aucun d'entre nous. Sans parler du fait qu'il pourra les prendre par surprise.
- En tout cas, si Voldemort appelle ses fidèles, c'est qu'il sait que tu es de retour Harry, répondit gravement Hermione.
Celui-ci acquiesça la mine sombre.
- Il faut croire. Les choses sérieuses ne vont pas tarder à commencer.
Ils se regardèrent tous les quatre, la peur et la détermination lisible sur leurs visages.
- Et les autres qui ne reviennent toujours pas… murmura Kécile avec un regard pour le passage secret où continuait à s'évacuer le flot des élèves.
Des membres de l'Ordre furent dépêchés chez Adelforth et à l'entrée du parc de Pouldard car la nouvelle que Poudlard allait mener bataille se propageait à toute vitesse et les renforts accouraient de toute part.
Les derniers élèves disparaissaient de la Salle sur Demande lorsque Harry s'effondra en hurlant sur le pavé, sous le regard consterné et désemparé des autres.
- Il sait… dit simplement Hermione.
Kécile serra Harry contre elle tout le temps que dura la crise tandis que Ron courrait chercher de quoi soulager la douleur habituelle de sa cicatrice lorsqu'il reviendrait à lui.
Hermione et Kécile se regardèrent désemparées tandis que cette dernière traçait des cercles sur le dos de Harry qui hurlait toujours et se convulsait dans ses bras, dans une vaine tentative de l'apaiser.
- Ce n'est plus qu'une question de minutes avant qu'il n'arrive maintenant, dit Kécile à voix basse alors que Harry se débattait pour lutter contre l'invasion.
- Les professeurs sont entrain d'ériger les barrières.
- Je préférerais que ce soit Albus qui s'en charge.
- Voldemort pourrait se douter de quelque chose… argua Hermione.
- Tu crois ? Il est tellement sûr de lui, sûr de tuer…
- De toute manière, tu sais bien que l'idée ce n'est pas de le garder en dehors de Poudlard. Juste de le retenir jusqu'à ce qu'on soit prêt.
- Harry ?
Kécile aida Harry à se redresser alors qu'il reprenait ses esprits.
- Il sait pour Gringotts. Il est parti vérifier les autres cachettes.
- ça veut dire que les autres ont réussi. Et cela nous laisse encore un peu de temps devant nous, se rassura Hermione.
- ça veut aussi dire que tu vas morfler pendant les prochaines heures, fit remarquer Kécile à Harry avec inquiétude.
- Ce n'est pas le plus important, balaya le jeune homme d'un geste de la main.
Il attrapa néanmoins avec reconnaissance la serviette fraîche que Ron lui rapportait et la plaque sur son front.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda Kécile.
- Je suppose qu'on doit attendre les autres, répondit Ron.
- Tu crois qu'ils ont détruit l'horcruxe ? Interrogea Hermione.
Harry acquiesça.
- J'en suis certain. Je l'ai senti. Voldemort aussi.
- Pourquoi celui-là ?
- Il faut croire que ça finit par l'atteindre au bout d'un certain nombre, répondit Harry en haussant les épaules.
- Il ne reste donc plus que Nagini, conclut Kécile. Celle-là, je m'en charge, ajouta-t-elle avec un sourire cruel.
A cet instant le portrait du passage secret s'ouvrit sur Severus et Ludivine.
- Vous voilà enfin! s'exclama Kécile en se dressant d'un bond.
- Ce n'était pas une promenade de santé. Foutus Gobelins ! On pourrait croire qu'ils ont tout autant intérêt que nous à ce que le Seigneur des Ténèbres tombe.
- Comment cela s'est passé ? Vous avez dû vous battre ?
- ça a été assez facile de pénétrer dans le coffre des Lestranges grâce à L'Imperium. C'est pour sortir que ça s'est compliqué. Toute la banque était à nos trousses.
- Et comment avez-vous pu sortir ?
- Grâce à Fumsec.
- Génial… fit Kécile avec une grimace. Ça a dû être d'une discrétion ! Si avec ça mon père n'a pas compris…
- Je crois qu'il était préoccupé par autre chose, rétorqua Harry dans une grimace.
- Vous l'avez vu ? Interrogea Severus.
- Oui, répondit Kécile. Harry a eu droit à un petit aperçu.
- Et ici, où en êtes-vous ?
- Les mangemorts sont neutralisés, les élèves évacués. Des renforts arrivent et les défenses s'organisent, résuma Hermione
Severus acquiesça avec approbation.
- Alors il n'y a plus qu'à attendre, conclut Ludivine.
- Où est Albus ? Interrogea Kécile. Il serait peut-être temps de dire la vérité aux autres.
- Non. Il faut garder l'effet de surprise, répondit catégoriquement Severus.
- Je ne suis pas d'accord. L'effet de surprise peut aussi coûter des vies dans notre camp.
- Il est hors de question de risquer que notre atout majeur dans cette bataille soit divulgué avant l'heure.
- Je ne te parle pas de mettre tout le monde dans le secret. Juste les lieutenants et l'Ordre. N'as-tu pas confiance en ceux là ?
- Tu connais déjà la réponse.
- Je leur fais entièrement confiance, osa rétorquer Harry. Et Dumbledore aussi.
- Cela est sensé me rassurer, Potter ?
- Non, mais j'en prends la responsabilité si nous avons tort. De toute manière, je suis supposé être celui qui réglera la situation d'une manière ou d'une autre, non ? Argua-t-il moqueur.
Et il entraîna Hermione et Ron pour réunir les membres conviés à cette réunion exceptionnelle.
- Il ne doute de rien, gronda Severus. Vingt points en moins pour Gryffondor ! Lança-t-il dans le dos de Harry qui ne se retourna même pas et fit un geste négligent par dessus son épaule.
- C'est l'Elu… conclut Kécile avec un sourire.
Lorsque tous les membres de l'Ordre se rejoignirent dans la Salle sur Demande, une froide détermination se lisait sur le visage de certains, l'appréhension contrôlée sur d'autres, mais il y avait une certaine interrogation aussi, quant à cette convocation qu'on leur avait demandé de ne pas ébruiter.
- Et bien ? Demanda Remus. Nous voilà. Nous sommes prêts à livrer bataille.
- Pas tout à fait, contredit Harry. Il y a encore quelque chose que vous devez savoir.
- Oui, renchérit Kécile avec un petit rire nerveux. Un tout petit quelque chose.
- Mais encore ? Fit Maugrey, agacé par tout ce mystère.
- Pas ici, interrompit sèchement Severus. Allons chez Adelforth.
- J'en connais un qui va être ravi ! Ricana Ron.
Il ouvrit le chemin aux autres qui le suivirent en silence à travers le passage souterrain, de plus en plus intrigués.
Lorsqu'Adelofrth vit arriver cette cohorte dans son salon, il rugit.
- Qu'est-ce que cela signifie ?! Est-ce que ce défilé va bientôt cessé ?!
- Il faut que les autres le voit, répondit Ludivine. Si on leur dit simplement ils ne vont pas le croire.
-Par les cornes de ma chèvre, j'espère que tout cela va se terminer rapidement, de quelque manière que ça soit et qu'il décampe, lui et tout son foutu Ordre.
- Mais de qui parlez-vous ?! S'exclama Tonks.
- De moi, répondit l'intéressé.
Dumbledore entra dans le salon sous les regards hébétés de l'assistance.
- Mon frère a toujours eu des termes particulièrement élogieux à mon égard.
- Par les chaussettes de Merlin, je n'y crois pas !
- Dîtes moi que c'est une mauvaise blague…
- Remus, pince-moi… Je vois Dumbledore en vie.
- Enfin, pour l'amour de Merlin expliquez-vous, Albus ! Fit MacGonagall. Je vous ai vu mort ! Sans rémission possible. Vous n'avez pas pu ressusciter d'entre les morts comme ça, aussi grands soient vos pouvoirs !
- Non, en effet, Minerva. Mes pouvoirs ne sont pas si puissants que cela. Mais ils l'ont été assez pour m'éviter la chute mortelle et pour conjurer un cadavre tout à fait convaincant. De la très belle métamorphose, je vous l'accorde.
- Mais pourquoi ? Demanda Emeline Vance. Pourquoi Dumbledore ? Vous avez laissé croire à vos alliés que vous étiez morts.
- J'avais une mission à remplir. Une tâche qui devait se faire dans la plus grande discrétion et qui ne pouvait être accomplie que si Voldemort me pensait six pieds sous terre. Sa vigilance ainsi abaissée, j'ai pu mettre en place l'un des pions qui nous mèneront à la victoire. Mais pour cela, oui, j'ai souhaité que personne ne sache. J'ai fait croire aux êtres qui me sont le plus cher que j'étais mort, dit le vieil homme en posant son regard sur Severus, Harry et Kécile.
- Il semble que ce soit un peu de famille, renchérit cette dernière.
Elle tendit la main vers celle que tout le monde connaissait en tant que professeur de divination.
- Je vous présente Ludivine Deschavelles, fille d'Albus, plus connue sous son anagramme Lucile de Visnel D'Haves.
- Nom d'un dragon ! S'exclama Maugrey. Si je m'en doutais de celle-là ! Alors la gosse de 13 ans que j'ai vue pour la dernière fois, c'est toi ? Professeur de divination, hein ? Tu n'avais pas d'autre ambition ?
- Je vous remercie, Alastor, répondit Ludivine avec un grand sourire. Je vois que vous n'avez pas changé en tout cas.
- Mais je croyais que tu avais été enlevée par Voldemort, souleva Remus. Lily avait été très affectée lorsqu'elle l'avait appris.
- Chère Lily… j'ai bel et bien été enlevée, mais j'ai fait confiance à un de ses proches et nous avons joué un gigantesque coup de poker qui a fonctionné.
- Je ne doute pas qu'ils trouveront le récit de ton séjour passionnant et instructif, mais ce n'est certainement pas le moment, interrompit Severus. Le Seigneur des Ténèbres sera aux portes de Poudlard d'un instant à l'autre.
- Il va faire une tête en vous voyant vivants tous les deux, s'exclama Kingsley avec un grand sourire.
- Je veux absolument voir ça ! S'exclama Fred.
- Avec un appareil photo à la main, renchérit George.
- Imbéciles ! Gronda Maugrey. Vous serez en train de vous battre pour vos vies, pauvres inconscients.
- Néanmoins ils ont raison, l'effet de surprise sera de taille et doit être exploité, tempéra Remus.
- Je pense que vous auriez intérêt à ne pas vous montrer tout de suite, dit Savage.
- Je suis d'accord. Il vaut mieux utiliser cet atout pour surprendre Voldemort lorsque nous voudrons le frapper définitivement.
- ça veut dire qu'il va se passer un bon moment avant que vous n'interveniez, alors. Je doute qu'il ne prenne la peine de se mêler aux combats au début...
- Je ne vais pas laisser ma fille risquer de se faire tuer en restant derrière !
- C'est ce que tu as fais pendant 17 ans.
- Severus ! S'exclama Dumbledore.
- Ça va aller, Maman.
Ludivine regarda Kécile la gorge serrée alors qu'elle sentait la main de sa fille se poser sur la sienne.
- Ça va aller.
-Je suis désolée…. Murmura-t-elle.
Kécile pinça les lèvres, mais ne rétorqua rien.
Elle savait bien que Ludivine ne parlait pas de devoir la laisser seule sur le champ de bataille.
- Je suis assez d'accord, déclara Dumbledore, bien que je me réserve le droit d'intervenir si j'estime que notre camp a besoin de renfort.
- Te voilà bien présomptueux de croire qu'un seul homme, aussi puissant soit-il, fera la différence, Albus, argua Maugrey.
- Alastor, je ne parle pas d'une baguette supplémentaire. Je parle du moral de nos troupes et de la surprise de Tom.
- Néanmoins, cela doit être en dernier recours, insista Severus.
- J'entends bien. Votre priorité à tous sera d'abattre le serpent de Tom.
- Nagini ? S'exclama Arthur Weasley surpris. Je vous l'accorde, c'est une horrible bestiole, j'en sais quelque chose. Mais de là à en faire la cible prioritaire…
- C'est une priorité absolue. Elle est le dernier rempart qui protège Voldemort de la Mort. Il serait vain de tenter de l'atteindre tant que le serpent est en vie.
- Le soucis, c'est qu'elle sera sans doute avec lui, souleva Kécile.
- Il faut donc pousser Voldemort à se montrer.
- Il viendra, j'en suis convaincu. Il voudra m'avoir personnellement, déclara sombrement Harry. Ça s'est toujours passé comme ça. A cause de la prophétie.
La réunion secrète se termina sur ces paroles et tous les membres de l'ordre et les lieutenants reprirent le chemin de l'école.
La directeur retint cependant le quatuor.
- Harry, dit Dumbledore la mine particulièrement sérieuse. J'aimerais qu'une fois Nagini tuée, en dépit de la prophétie, tu laisses le soin à quelqu'un de tuer Voldemort.
- Pourquoi ?! S'étonna le jeune homme. J'ai toujours cru que c'était lui ou moi, c'est ce que vous m'avez toujours dit…
- Oui, Harry. Mais j'aimerais que tu laisses à quelqu'un la possibilité de le faire à ta place, j'aimerai que la prophétie ait tort et que tu ne sois pas obligé d'aller jusqu'au bout.
- Je suis prêt ! Protesta Harry.
- Je n'en doute pas un instant, Harry.
- Tu n'as jamais lancé l'avada, rappela Kécile. Severus ou moi, on se fera un plaisir de le faire.
- Tu ne vas pas tuer ton père ! S'exclama Ludivine.
- Je vais me gêner, tiens ! Tu crois que parce que je suis sa fille, il ne va pas chercher à m'assassiner dès qu'il me verra peut-être ! ?
- Alors, sachez, Harry, Kécile… Sachez qu'il se peut que Tom ne meurt pas.
- Quoi, même le serpent mort ?
- Oui, c'est une possibilité, dit Dumbledore en échangeant un coup d'oeil avec Ludivine.
- Qu'est-ce que vous nous cachez encore, là... demanda Severus brusquement très soupçonneux. Bien, Albus, crachez le morceau. Votre fille a l'air de croire que ce n'est pas une possibilité mais une certitude. Alors pourquoi le Seigneur des Ténèbres pourrait encore survivre à un avada ?
- Je ne peux pas vous le dire. Pas maintenant.
- Pourquoi ? Insista Severus avec dureté.
- Albus aimerait que nous ayons tort, intervint Ludivine
- Mais tu ne le crois pas.
- Disons que je suis d'accord avec lui pour tenter le coup et essayer autrement. Ça ne coûte rien...Si ma théorie est la bonne, et bien… il sera toujours temps de vous dire ce qu'on sait.
- J'ai absolument horreur quand vous faîtes ça, siffla Severus.
- Moi aussi, renchérit Harry.
- Je sais, dit Dumbledore, visiblement peiné.
- Mais vous me demandez de vous faire confiance, une fois de plus.
- Oui, répondit tristement le vieil homme.
Harry poussa un profond soupir de lassitude.
- Soit… au point où j'en suis.
- Je te remercie Harry. Une dernière chose. Je voudrais que quoi qu'il arrive, quelque que soit la situation dans laquelle tu te trouveras face à Voldemort, tu n'oublies pas ceci : il croit avoir la baguette de sureau entre les mains. Il est convaincu d'avoir la baguette la plus puissante et de ne plus avoir de risque de prior incantatum ou tout autre effet secondaire de vos deux baguettes jumelles. Mais toi, n'oublies pas qu'il a entre ses mains ma baguette, issu de Fumsec tout comme la tienne. Une baguette qui ne veut en aucun cas te faire du mal. Une baguette qu'il a volé dans une sépulture comme un pilleur de tombe et dont il n'est certainement pas le propriétaire. Si tu dois l'affronter, je n'ai qu'une chose à te dire. Reste toi même. Laisse lui la magie noire et les sorts impardonnables. Fais confiance à ta baguette comme tu l'as toujours fait.
Harry acquiesça sous les regards un peu perplexe des autres.
- Je vais finir par dire comme votre frère… maugréa Severus. Que tout cela cesse et emporte avec vos paroles sybilliques.
Lorsque tous les autres furent partis, il ne resta plus que Ludivine, Albus et Adelforth.
- Je vois que tu n'as pas changé… fit remarquer aigrement ce dernier. Toujours à diriger les autres qui suivent tes indications à l'aveugle. Quand vas-tu cesser de voir les autres comme des pions ?!...
- La vie est parfois un grand échiquier. Je ne fais qu'essayer de gagner pour mon camp. Je n'ai pas décidé des règles.
- Tu vas encore me dire que c'est Lui qui a fixé le jeu.
- Même pas, intervint Ludivine. C'est celle grâce à qui je suis vivante.
- Vas-tu me faire le privilège de m'expliquer comment tu as pu t'en sortir ?
- Peut-être… Après la bataille. Si on s'en sort vivants. Et si tu te montres un peu plus aimable.
- Je vois… Si tu le prends sur ce ton là, je vous laisse. Tel père telle fille...
Et la porte claque derrière Adelforth.
- Tu n'avais pas besoin d'être désagréable, fit remarquer Albus.
- Il m'énerve. Tu prends toujours des pincettes avec ton frère. Tu acceptes tous ses commentaires désobligeants sans broncher. Je sais pourquoi. Mais moi, je n'ai aucun sentiment de culpabilité envers lui. Et lui n'a pas changé. Qu'il n'arrive pas à comprendre que quelqu'un qui a des responsabilités comme toi doivent parfois faire des choix difficiles, des sacrifices… ça me dépasse…
- Il le sait. C'est sa rancoeur qui parle.
Le silence s'installa tandis que commençait pour eux l'interminable attente.
- J'ai peur…
- Bien sûr que tu as peur. Nous avons tous peur.
- Je n'ai jamais combattu. Je ne suis pas une duelliste.
- Si ça se trouve, tu n'auras pas à te battre.
- Ma fille, elle, va être sur le champ de bataille.
- Kécile est parfaitement à même de se battre. Ce sont plutôt ses adversaires qui ont à s'inquiéter. Elle a un moral d'acier, elle est puissante, vive, et elle a de l'expérience.
- Ça ne m'empêchera pas d'avoir peur.
- Moi non plus, mais nous devons lui faire confiance. Nous ne pouvons pas la protéger. Pas davantage que nous ne le pourrons avec Harry. Et pourtant, combien je n'ai jamais autant souhaité avoir tort… murmura-t-il. Il ne nous reste plus qu'à espérer...
