J'adore la bridage de Bazz. J'ai juste totalement oublié comment ils l'ont appelée en français. Pardon. Je suis terriblement indigne XD
Chapitre 8 - Big Bad Bazz Brigade
- Comme tu le peux constater, Vah Ruta est toujours active. Sa capacité à générer de l'eau à l'infini ne semble toujours pas enraillée. Nous ne sommes pas encore à l'abri de tout danger. Cependant, nous ne sommes plus en situation de crise depuis que la pluie s'est arrêtée de tomber en continu.
Link approuva d'un signe de la tête. Sidon eut un léger sourire alors qu'il se tourna vers la bête divine. Quand l'Hylien était venu à l'improviste, le prince des Zoras avait demandé à titre exceptionnel d'être relevé de ses obligations royales afin de pouvoir faire un rapport en personne au Héros. Son père avait accepté (même si cela avait fait grimacer Muzu), n'ayant rien à redire sur son initiative. Sidon avait alors guidé Link en haut du barrage est.
- Je te remercie Link, tout ceci c'est grâce à toi… Je n'explique pas le mystère derrière mais nous sommes saufs.
En voyant Link perplexe et perdu, Sidon lui expliqua sa curieuse histoire avec leur étrange sauveur inconnu. Le prince des Zoras était persuadé que c'était un Piaf qui était venu les aider, car il n'avait aucune idée de qui d'autre aurait pu réaliser ce miracle. Il s'étonnait profondément que la personne ne décline pas son identité et encore plus que personne ne l'ait vu. D'autant plus qu'un Piaf était venu récemment, mandaté par un certain Teba à la demande même de Link. Sauf que comme Vah Ruta était temporairement apaisée, sa venue n'avait fait aucun sens. Et cela avait fait que renforcer la confusion chez les Zoras, notamment le prince qui ne comprenait pas le sens de ces actes.
A cette nouvelle, Sidon remarqua que le jeune Hylien s'était tendu et son expression s'était faite péniblement douloureuse. Etonné de le voir aussi nerveux, il passa sa main sur son aileron : son jeune ami avait l'air d'avoir encore éprouvé bien des choses en ces quelques semaines passées loin du domaine et le prince regretta de ne pas pouvoir être à ses côtés. Avant de réaliser qu'il ne pourrait probablement jamais l'accompagner. Il était prince et il avait des responsabilités. Battre la campagne aux côtés de Link était certes une perspective intéressante mais absolument pas réalisable. Ils marchèrent un moment en silence, Link s'étant perdu dans ses pensées et semblant souffrir de ces dernières. Sidon médita rapidement un moyen de chasser sa peine ou quoi que ce fût comme émotion négative.
Brillant soudainement d'une idée lumineuse, Sidon pressa le pas et se planta devant le Héros, plaquant ses mains sur ses épaules pour capter son attention.
- Tes exploits me sont parvenus, Link : tu as affronté Vah Medoh pour sauver le village Piaf ! De ce que j'en ai appris, tu les as aidés pour qu'un de leur guerrier soit dépêché ici. Tu as risqué ta vie pour eux et nous.
- « Je n'ai rien fait de spécial. »
Link hésita soudainement et tendit ses mains vers Sidon. Ce dernier eut un sourire amusé, retirant ses mains de ses épaules pour capturer celles du Héros dans les siennes, l'empêchant d'écrire comme il le faisait pour se faire comprendre. Link pencha la tête, une expression perplexe au visage.
- J'ai appris, déclara Sidon avec un immense sourire. Ce n'est pas parfait mais père m'a enseigné les rudiments de ton langage. Tu n'es plus obligé d'écrire dans ma paume.
Cette fois, il essuya de la part du Prodige, un regard lourdement suspicieux. Sidon ne prit absolument pas ombrage de son scepticisme, s'amusant même de ce dernier. Link libéra ses mains et signa avec une once de provocation dans son regard. Une impertinence curieuse et déplacée, qui contrastait profondément de l'image du Héros qu'il se faisait.
Sidon répondit avec plaisir à sa question. Devant ce constat, le jeune homme pouffa de rire, amusé de voir les progrès du prince sur le langage des signes. Et ledit Prince éprouva de la fierté à voir le Héros sourire aussi franchement. Comme l'humeur de Link semblait avoir changé, Sidon en profita pour expliquer que le domaine Zora et le village Piaf étaient solidaires et essayaient de s'aider mutuellement dans la mesure du possible. Il indiqua qu'à cause de cette situation exceptionnelle et sans précédent dans l'histoire de leur peuple respectif, il était question d'établir des alliances.
Les peuples vivaient ensembles depuis très longtemps mais le Fléau ayant changé la face du monde, leurs habitudes et leurs modes de vie, ils devaient tous réapprendre à être solidaire et tenté de reconstruire des relations amicales. Link signa sa perplexité, demandant dans ses gestes pourquoi est-ce que tous semblaient réaliser qu'ils existaient. Question légitime, sans doute, de la part d'un étranger (ou à défaut, quelqu'un sans souvenir). Mais très étrange pour le prince des Zoras qui croisa simplement les bras, pensif.
- Nous ne nous sommes pas vraiment « oubliés », souligna avec calme Sidon. Disons juste que le Fléau et la perte des Prodiges mais également de la princesse Zelda a grandement affecté nos relations. Isolés les uns des autres sans personne pour faire le lien entre chaque peuple, nous nous sommes perdus de vue en un sens…
- « Vous comptez vous réunifier ? »
- Bien que je considère que nous n'étions pas particulièrement en froid avec les autres peuples, oui, j'envisage bien de renouer avec les autres. Tu m'as prouvé que cela ne pouvait que nous êtes bénéfique !
Sidon vit Link passer une main sur sa nuque avec un air gêné. Le prince des Zoras s'approcha de lui et posa sa main sur la sienne, étonné de voir l'autre souvent embarrassé. Mais au-delà de ça, il avait la sensation qu'il y avait « autre chose ». Sans spécialement parvenir à mettre le doigt dessus.
- Qu'y a-t-il, Link ? Tu as toujours l'air gêné quand je te complimente.
- « Je ne mérite pas d'être complimenté », signa Link avec une expression désolée au visage.
- Pourquoi ?! s'exclama Sidon, surpris. Tu as du mérite ! Tu as sauvé notre domaine et le village Piaf ! Tu te soucies des relations que nous pourrions entretenir avec les autres peuples et tu t'investis dans la vie des Zoras plus que certains ne le feraient. En quoi tu ne mériterais pas d'être complimenté ?!
- « Je ne mérite pas TES compliments ! » souligna l'Hylien, les joues cramoisies. « J'ai provoqué la mort de ta sœur, je n'arrive même pas à me souvenir d'elle, comment peux-tu me pardonner… ? »
- Link…
Cette déclaration broya le cœur de Sidon. A force de le traiter en Héros, il avait peut-être oublié l'homme sous le courage et le devoir. Et de voir cette forte dépréciation de sa propre personne chez Link l'étonna : il n'aurait jamais cru qu'il souffre d'une si faible estime de lui. Le prince des Zoras ferma les yeux un instant, inspira profondément avant de s'agenouiller afin d'être à une hauteur plus confortable pour son ami Hylien. Il posa ses larges mains sur ses épaules et le regarda droit dans les yeux.
- La décision appartenait à ma sœur. Ses choix, elle les a faits de son plein gré. Ni toi, ni moi, ni personne ne peut y faire quoi que ce soit. Elle a choisi de protéger son peuple et d'aider le Héros que tu es. Je n'ai pas à te blâmer. Et je ne le ferai jamais. Mes remerciements sont sincères. Je les pense réellement.
- « Je ne me souviens pas d'elle », signa Link désespéré. « J'ai réussi à me souvenir de Bazz, de Rivan et de Gaddison. J'arrive à éprouver mon affection et attachement pour eux : ils sont des amis précieux. Mais pourquoi je n'arrive pas à me souvenir de la femme qui m'a aimé au point de concevoir cette armure pour moi ? »
Sidon soupira faiblement : peut-être n'aurait-il pas dû lui donner et lui expliquer l'origine de cette armure Zora qui lui conférait à présent le pouvoir de remonter les cascades. Il n'avait pas pensé à mal. Il avait simplement voulu lui expliquer pourquoi elle lui allait si bien vu qu'il s'en étonnait. Il passa sa main sur la tête de Link, essayant de lui témoigner à la fois un peu de tendresse mais aussi tout son soutien. Son geste parut le toucher car l'Hylien colla sa joue contre le dos de son autre main, toujours sur son épaule. Un contact simple, bête mais Sidon eut la sensation de s'être brûlé. Peut-être… juste peut-être rien qu'un peu, il pouvait comprendre pourquoi sa sœur avait aimé ce garçon.
Mais il ne devait pas se laisser troubler par ce sentiment incertain qui battait dans sa poitrine. Il récupéra doucement ses mains et se redressa. Link leva un regard rempli de reconnaissance et Sidon lui adressa un sourire plein de foi et de courage. Les deux descendirent le long du barrage pour regagner le domaine. Le prince des Zoras attirait naturellement les gens à lui et plusieurs personnes les interpellèrent pour discuter avec eux.
Cependant le prince remarqua que Link attirait les enfants, jouant avec eux ou s'amusant à les écouter. Le tout sous le regard bienveillant d'adultes aux alentours. Personne n'éprouvait de méfiance pour l'Hylien, ou en tout cas pas assez pour ne pas laisser leurs enfants traîner dans son sillage. Malheureusement le devoir de Sidon le rattrapa et des gardes vinrent à sa rencontre pour le ramener auprès de son père et du conseil. Il dut s'excuser auprès de son invité et le laisser sur place, grimpant les marches le cœur lourd.
ooo
- Tu aurais dû voir la tête du prince tout à l'heure, plaisanta Bazz avec amusement.
- Il boudait ? demanda Rivan avec un sourire amusé.
- Oh oui, tellement. Notre prince est volontaire et novateur mais il ne sait pas bien cacher ses sentiments, c'est amusant !
Bazz et Rivan se mirent à rire en concert, à la surprise de l'Hylien. En l'absence de Sidon, il passait du temps avec ses amis d'enfance et ces derniers étaient plus que ravis de son initiative. Cela était un peu compliqué parce qu'ils avaient tous un boulot dans la garde ou comme soldat, de ce fait, avoir les mêmes heures de repos n'était pas évident. Mais Bazz s'était arrangé avec son collègue alors que Rivan avait demandé à sa fille de prendre sa relève pour deux heures. Ils s'étaient donnés rendez-vous à l'auberge du domaine, tenue par Kayden et Kodah, un couple de Zora.
Kodah était aussi une amie de Link et cette dernière était plus que ravie de le voir passer du temps dans l'auberge de son mari. Gaddison n'était pas encore arrivée, étant affectée à la surveillance du barrage par rapport aux deux qui étaient affectés à la surveillance interne du domaine. Aussi, en attendant la demoiselle, les garçons discutaient joyeusement, notamment sur le succès du prince auprès de ces dames et du fait qu'il n'était toujours pas engagé dans une relation bien qu'il soit en âge d'être marié.
Sa seule personne avait soulevé un fanclub et Bazz expliquait qu'il n'en pouvait parfois plus de supporter le piaillement incessant de ces dames quand il était de garde ou en ronde : c'était épuisant de supporter le poids de leur admiration. Link fronça légèrement les sourcils et signé, étonné :
- « Sidon boudait ? Je n'ai rien vu ! » signa Link.
- Le prince était triste de vous abandonner ! s'exclama Bazz. Il est tellement impatient chaque fois qu'on lui annonce votre arrivée. Il fait tout pour ne pas avoir l'air trop excité mais il se rate quand il est en face de vous, maître Link !
- « Pourquoi ? » demanda Link. « Il est dynamique, c'est plaisant de voir quelqu'un d'aussi enthousiaste. »
- Parce que c'est un prince, souligna gentiment Rivan. Il est censé avoir une certaine attitude. Princière. Ce genre de choses.
- « Ce serait ennuyeux s'il n'était pas lui », répondit Link, amusé.
Les deux approuvèrent avec un ricanement. Cent ans étaient vraiment passés ? Rivan avait l'impression que leurs jeux dataient de la veille. Il n'avait pas oublié le jeune homme avec lequel il s'était tant entraîné et il ne doutait pas que Bazz était dans le même état d'esprit. Quand Kodah s'exclama joyeusement, Rivan tourna la tête pour voir Gaddison arriver. Il la salua d'un signe de la main et s'écarta pour laisser la Zora les rejoindre.
Dès que Link la remarqua, sa réaction fût immédiate : il se rua sur elle, s'accrochant à son cou. La Zora se mit à rire nerveusement et les deux autres remarquèrent qu'elle était déjà en train de changer de couleur. Avant que Kodah n'arrive par derrière, s'écrasant sur le dos de la soldate et qu'elle piaille comme quoi « Lin-Lin » n'avait jamais été aussi démonstratif avec elle. Ce fût un joyeux bordel pendant plusieurs minutes, Rivan regarda l'étrange scène de « ménage » entre Kodah et un Link tout penaud couplé à un mari perdu, qui essayait de gérer sa femme un peu trop exaltée.
Cela se calma progressivement. Enfin… cela ne se calma que quand Kodah fût éloignée, l'impertinente et rigolote Zora n'ayant pas sa langue de sa poche, elle ne savait pas quand se taire. Les anciens de la bande s'installèrent. Link en tailleur sur un des lits à eau, Bazz à ses côtés. Gaddison n'ayant pas spécialement apprécié son câlin de tout à l'heure, se tenait debout, appuyée contre le mur, les joues encore rouges de honte. Rivan était assis à même le sol, amusé par tout ce cirque. Kayden, le mari de Kodah et tenancier de l'auberge, les avait laissés seuls : trois gardes et un Hylien, il n'avait rien à craindre au sujet de vol ou de casse !
- « Je suis heureux de vous revoir ! » signa Link avec un grand sourire. « Ma dernière visite a été un peu précipitée et j'ai dû partir trop vite. Comment allez-vous ? »
- Nous allons bien maître Link, s'exclama joyeusement Bazz. Nous revoir réunis comme au bon vieux temps soulève en moi un grand sentiment de nostalgie…
- Comme vous le savez, fit Rivan. Nous sommes tous devenus des gardes. Bazz est devenu capitaine. Pour ma part je suis marié et j'ai une fille, que vous avez déjà rencontré : elle monte la garde avec moi, à l'entrée du domaine. Elle s'appelle Dunma.
- « Félicitation ! » signa Link avec surprise mais tendresse. « Vous autre ? »
Il y eut un léger silence. Et devant ce dernier, Link pencha la tête avant de demander si sa question était déplacée (provoquant l'hilarité de Rivan devant ces deux idiots qui n'avaient pas répondu). Gaddison répondit donc la première, non sans tousser de gêne et expliquer qu'elle était dédiée à son travail, qu'elle n'avait personne en vue et qu'elle ne comptait de toute façon pas fonder de foyer dans l'immédiat. Une déclaration qui parut surprendre Link. Ce dernier explicita sa pensée en signant que « mignonne comme elle était, elle devait avoir moulte prétendants ».
Comme prévu, la demoiselle cafouilla et bredouilla des propos incohérents avant de juste rouler des yeux et de se terrer dans le silence, mortifiée. Par chance, ils se connaissaient depuis longtemps aussi Link sut qu'elle n'était pas fâchée, juste gênée. Cependant à la voir agir ainsi, quelque part au fond de sa mémoire, il eut la sensation que quelque chose essayait de se réveiller. Comme s'il devait se souvenir d'un détail… lequel, il l'ignorait !
Rivan l'invita à ne pas trop la taquiner : les femmes soldats n'étaient pas légion dans le domaine et il y avait cette pression sociale sur ces dernières d'avoir des enfants rapidement. Comprenant qu'il avait été probablement grossier, Link signa des excuses pour Gaddison et lui demanda alors si c'était à force d'être avec les deux autres qu'elle forçait sur sa voix. La Zora toussa une nouvelle fois, refusant de répondre.
Cette fois Bazz passa son bras autour des épaules de Link et se pencha pour lui murmurer quelque chose. Action qui ne passa pas inaperçu car la demoiselle prit le premier objet qui lui passait sous la main (un vase ici présent) et le lança à la tête de son capitaine. Et ce avant que Rivan ne puisse dire ou faire quoi que ce soit pour l'en empêcher.
- Un souci ? s'exclama Kayden depuis la pièce voisine en entendant le fracas du vase.
- Juste une nageoire qui a tapé dans un vase par accident, répondit Rivan. On te dédommagera !
Il roula des yeux et croisa calmement ses bras sur sa poitrine. Gaddison était dans une position similaire sauf qu'elle semblait tout faire pour faire face au mur. Elle ne pouvait rien cacher de sa colère, de sa honte et de ses regrets. Il la connaissait trop bien pour ne pas savoir qu'elle regrettait son geste mais qu'elle était trop furieuse pour le reconnaître et qu'elle allait de toute façon refuser d'écouter son sermon. Il soupira faiblement.
- Agresser ton supérieur n'est pas judicieux, gronda doucement Rivan. Même si ce dernier ferait mieux de tourner sa langue avant de parler !
- Je n'ai rien dit de mal ! se justifia Bazz. C'est même elle qui me l'a dit…
- D'accord mais ce n'est pas une raison pour le dire sans son accord. Surtout si Gaddison ne souhaitait pas le dire à maître Link…
Ce dernier réalisant qu'il venait d'apprendre un secret qui se devait d'être bien gardé, s'extirpa du lit et tituba maladroitement vers la demoiselle. Cette dernière lui tourna fermement le dos, refusant totalement de lui faire face, son secret la rongeant de honte. Mais l'Hylien posa sa main sur son épaule et comme elle ne le regardait pas, alors il traça des lignes sur sa peau, écrivant alors sa pensée. La demoiselle se concentra quand Link réécrivit sa phrase, essayant de bien cerner ses propos.
- « Je garderai ce secret jusque dans ma tombe, Gaddison. »
- … Merci, maître Link, murmura la Zora. Demandez donc à BAZZ pourquoi il est toujours célibataire.
Le capitaine poussa une exclamation indignée alors que Rivan se mit à ricaner doucement : c'était une juste vengeance. Et elle était méritée. Il souligna pour lui-même que Gaddison n'avait pas balancé le pavé dans la mare, se gardant de faire la même bourde que leur capitaine. Aussi, il se détourna quand Bazz l'implora du regard de l'aider à sortir de cette impasse, par respect pour cette attention délicate.
- Je… suis dans une situation similaire à Gaddison, bredouilla Bazz. Je suis capitaine de la garde, je… ça occupe beaucoup de mon temps.
En voyant l'expression extrêmement suspicieuse de Gaddison et de Rivan, Link fronça les sourcils et lui demanda si c'était la vérité vraie. Bazz, pris de court, bafouilla des propos sans aucun sens. Avant que l'Hylien ne posa sa main sur ses nageoires et ne le force à le regarder dans les yeux. Cette fois, les deux Zoras purent le voir changer de couleur malgré le noir de ses écailles. Le capitaine de la garde se mit à tordre ses poignets sous l'évidente nervosité que la proximité qu'il avait soudainement avec l'Hylien, son regard fuyant le sien dès qu'il osait le croiser et refusa de dire quoi que ce soit ayant un minimum de sens. Avant que Link ne soupire et ne le relâche, sortant de son espace vital et lui laissant retrouver son souffle.
- Tu vois ce que ça fait quand on te presse à dire un truc que t'as pas envie de dire, Capitaine, siffla la soldate, venant à son secours à contre cœur.
- Je suis désolé, souffla Bazz. Je ne pensais vraiment pas à mal.
Gaddison allait rétorquer quelque chose mais les bras de Link se nouèrent autour de sa taille et elle essuya un nouveau câlin dont elle se serait bien passée. Mais cette fois, elle ne le chassa pas. Elle tapota ses bras, acceptant maladroitement son réconfort : il restait adorable à se soucier d'elle envers et contre tout, quand bien même elle essayait d'être indépendante et forte. Elle éprouvait de la tendresse envers ce petit Hylien et elle ne pouvait pas le fuir éternellement. Rivan regarda le tableau avant de passer une main nerveuse dans ses nageoires.
- C'est censé être une réunion pas un enterrement, déclara le garde. D'autant plus que je dois reprendre mon service sous peu !
- C'est vrai, soupira la Zora. Pardonne-moi d'avoir plombé l'ambiance.
- Tu es excusée. Et regarde maître Link : il est tellement inquiet pour toi qu'il refuse de te lâcher !
Cette fois, elle bredouilla de gêne et voulu trouver un moyen de frapper Rivan mais comme Link était accroché à elle, elle n'osait pas faire de mouvement brusque. A la place, elle cessa de bouder et se tortilla pour lui faire face avant de lui rendre son étreinte. Ce qui provoqua une réaction assez vive chez Bazz, au grand amusement de Rivan. Ils avaient tous passés l'âge des étreintes tendres comme celles-ci mais voir Link les offrir avec toute la gentillesse du monde, c'était difficile de lui dire « non ». Même Gaddison, pourtant la plus réfractaire au contact physique, n'y résistait pas !
Le reste de la soirée se fit heureusement dans une meilleure humeur, bien plus bon enfant où chacun racontait un peu ce qu'il faisait, ce qu'il vivait. Link les écoutait avec joie, bonheur et insouciance, gardant bien loin de lui son devoir de juste sauver la princesse et tout Hyrule au passage. Ils avaient tous l'impression que tout sauf cent ans s'était écoulé. L'Hylien en profita pour raconter ses aventures, ce qu'il avait vu, jusqu'où il était allé, ses rencontres avec des voyageurs mais pas que. Il semblait vivre plus que dangereusement, ses combats étaient nombreux et ses blessures tout autant. Il souleva ses manches ou son pantalon pour appuyer ses rencontres, ses maladresses.
Les trois éprouvèrent de l'inquiétude. Cependant en voyant Link n'afficher aucune peur ou regret, éprouvant juste une vague inquiétude d'avoir des cicatrices, tous reconnurent le garçon intrépide et un peu trop téméraire qu'ils avaient connus. Cependant, les plus observateurs remarquèrent que Link avait ce même geste, mécanique, inconscient, chaque fois qu'ils abordaient certains sujets. Enfin, un sujet : celui de l'amour. L'Hylien était extrêmement curieux sur la vie amoureuse du pauvre Rivan, qui riait plus qu'autre chose de ses questions : il n'y avait rien d'exaltant à raconter sur sa vie de couple. Il était marié, il élevait sa fille, point. Mais trouver tant d'envie et d'admiration dans le regard de Link l'étonna un peu et le mit aussi mal à l'aise.
Il s'abstint de faire le moindre commentaire, craignant de dire quelque chose d'extrêmement déplacé. Enfin… son capitaine n'avait pas de subtilité et il regretta de ne pas avoir abordé le sujet avant lui.
- Maître Link… êtes-vous amoureux ? demanda Bazz, très surpris.
A nouveau ce geste. Accompagné cette fois d'une légère rougeur et d'un regard péniblement fuyant alors qu'il dodelina de la tête, incertain de la réponse à donner. C'était évident qu'il l'était. Son comportement ne laissait pas beaucoup de place au doute et les trois furent extrêmement surpris de le voir comme ça.
- « J'ai été éconduit. »
- PAR QUI ?!
- Bazz ! s'indigna Rivan. Ça ne se demande pas ce genre de chose !
- Je m'étonne que ce soit toi qui t'en indignes, pouffa Gaddison.
Le capitaine de la garde rougit légèrement à sa réaction un peu vive et toussa en s'excusant maladroitement de son attitude. Link secoua la tête, lui pardonnant.
- « Quelqu'un… » signa-t-il, les joues rouges. « C'était la première fois que quelqu'un me faisait me sentir aussi spécial. C'était… très agréable, comme sensation. J'ai vraiment cru que c'était quelque chose de spécial et réciproque. Mais ça s'est avéré faux. »
Silence. Aucun des trois Zoras n'osa prendre la parole après une telle déclaration. Le fait que leur ami d'enfance se prenne un râteau de la sorte… c'était… dérangeant en un sens. Peut-être parce que Rivan et Gaddison ne connaissaient que trop bien les sentiments de Bazz à l'égard de Link ? Depuis toutes ces années, ce dernier s'était interdit toute relation amoureuse, se cachant derrière son « travail » pour ne pas affronter ses propres sentiments. Si la disparition de Link lui avait permis de plus y penser pendant toutes ces années, sa soudaine réapparition devait forcément l'avoir bousculé… c'est ce que Rivan se disait alors qu'il observait son capitaine clairement sous le choc de cette déclaration.
- Êtes-vous triste ? demanda Bazz.
- « Je le suis. Ça m'a vraiment fait mal mais je réalise que j'ai idéalisé cette relation. C'était du sens unique, je ne m'en rendais juste pas compte… »
- Est-ce ça va aller ?
- « Oui. J'ai un royaume à sauver, je n'ai finalement pas le temps de flirter ! »
Link eut un sourire peiné mais sincère. Rivan remarqua combien son capitaine était tendu. Il soupira faiblement et jeta un coup d'œil à Gaddison. Cette dernière hocha doucement la tête, lui indiquant qu'elle avait aussi remarqué que leur capitaine digérait mal la nouvelle. Rivan indiqua alors qu'il allait devoir retourner à son poste car son tour de garde allait reprendre. Link parut soudainement déçu et Rivan ouvrit ses bras pour le rassurer mais déjà l'Hylien se jeta sur lui avec force, le surprenant. Il ne s'attendait pas à un « câlin » comme ça mais ne fit aucun commentaire, rabattant simplement ses bras autour de ses épaules.
Il l'invita à prendre soin de lui, de revenir les voir souvent et surtout de ne pas hésiter à s'arrêter à l'entrée du domaine afin de lui parler et surtout de discuter avec sa fille. Il espérait que le courant passerait entre eux et que Dunma puisse bénéficier de ses conseils afin de devenir encore meilleure comme garde. Link lui promit et l'accompagna jusqu'à l'entrée de l'auberge avant de le saluer de grands signes de la main. Rivan offrait simplement à Bazz la possibilité de fuir s'il en avait envie ou besoin. Et il eut raison car il le vit sortir à son tour, s'éloignant d'un pas vif.
Gaddison devait probablement rester un peu, étant arrivée bien après eux et sans doute pour discuter de choses plus personnelles avec leur ami Hylien. Ils avaient chacun leur lien propre avec Link et leur fragment d'histoire avec. Aussi, il n'était pas inquiet ou jaloux qu'ils profitent de leur compagnie mutuelle. Alors que son capitaine allait monter vers son niveau, Rivan l'observa silencieusement. Le capitaine avait un air impassible au visage mais dont les yeux brûlaient de détresse.
Sauf que Bazz n'affichera ou n'avouera jamais ses émotions comme ses sentiments. Pas en étant le fils de Seggin, le démon sergent. Pas tant qu'il se cachera derrière son titre et son devoir. Le Zora soupira faiblement, ne sachant pas quoi faire pour l'aider davantage. Il retourna à son poste, près de sa fille qui remarqua bien que quelque chose n'allait pas. Mais elle fit le choix de ne pas l'interroger et il la remercia de cette intention, ne souhaitant pas aborder ce sujet pour le moment.
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- Je vois, déclara Gaddison. Je comprends, maître Link.
La soldate eut un léger sourire alors qu'elle resserra doucement ses doigts sur ceux de Link et ce dernier lui rendit doucement, pressant sa main contre la sienne. La Zora avait dû reprendre son poste et Link avait choisi de l'accompagner. Leur grande proximité pouvait probablement surprendre car Gaddison était connue et reconnue comme étant assez sauvage dans ses rapports aux autres, ne laissant que trop peu de personnes se tenir proche d'elle. Pourtant à l'abri des regards de la ville, sur les hauteurs du domaine, là où il n'y avait que trop peu de passage, elle se permit un peu d'intimité avec Link. De plus elle était pudique, n'aimant pas particulièrement afficher son affection ou sa tendresse devant les autres (et c'était encore pire devant Rivan et Bazz !).
Dans l'intimité de leur isolation, Link lui avait parlé plus en détail du responsable de sa peine de cœur : un Piaf, charismatique selon ses dires et qui, dans sa malchance, était déjà engagé et avait des enfants. Gaddison comprenait le désappointement de Link : ce Piaf, c'était celui qui était venu désamorcer Vah Ruta, prenant le risque d'affronter la créature pour les aider. Elle était d'accord avec le jeune homme : il avait risqué sa vie, pour aider un inconnu et tout un peuple. Le tout discrètement, sans que personne ne le voit ni ne le sache. Elle était encore plus surprise que ce n'était pas du tout un guerrier et que Link le décrivait comme un poète et musicien.
- Vous étiez si souvent ennuyé quand une fille vous déclarait ses sentiments ou bien vous demandait de faire un choix ! C'est étrange de vous savoir amoureux, cherchant à avoir l'attention ou l'affection de quelqu'un.
- « Il m'a éconduit. Il m'a dit avoir de la tendresse pour moi mais pas de l'amour », signa Link en libérant sa main pour lui reprendre ensuite.
- Mais il a risqué sa vie pour vous aider. N'avez-vous pas affronté Vah Medoh pour mettre à l'abri sa famille sans rien attendre en retour ? s'étonna la Zora.
Link haussa les épaules, comme s'il avait aussi réfléchi à ce fait. Gaddison détourna la tête, comprenant qu'il avait probablement envisagé mille et un scénarios dans sa tête et que ses suppositions, il y avait déjà probablement réfléchi bien avant qu'elle ne les suggère. Ils profitèrent du silence et de la vue un moment, sans parler, se satisfaisant juste de la compagnie de l'autre. Avant que Link ne pose sa tête contre le bras de Gaddison, faisant se tourner doucement cette dernière. En le voyant les yeux clos et détendu, elle eut un sourire tendre, de grande sœur même pour l'enfant qu'elle avait connu. Elle passa sa main dans ses cheveux, faisant se redresser Link.
- Si vous êtes fatigués, redescendez à l'auberge, maître Link, murmura-t-elle doucement. Je m'en voudrais de vous faire dormir dans l'eau et la boue alors que vous êtes un invité. Et non, je ne ferai plus jamais l'erreur de dormir dans un lit. Mes nageoires ne supportent vraiment pas cette position !
Elle sentit l'Hylien trembler de rire à ses côtés et elle vint lui pincer le nez pour lui témoigner son avis sur sa moquerie. Enfants, ils avaient essayé de rester ensemble le plus longtemps possible. Et comme Link avait failli se noyer en essayer de dormir comme eux (soit dit dans l'eau), ils avaient alors décidé de dormir ensemble dans un lit d'eau. Et Gaddison n'en avait pas gardé un très bon souvenir…
- « Je n'arrive pas à dormir », avoua Link. « Dormir m'angoisse, chaque fois je fais des rêves qui m'empêchent de me reposer. C'est encore pire depuis plusieurs jours… avant, il y avait une présence avec moi. C'était pesant mais je m'y suis habitué. Elle était toujours là, pas loin. Je n'avais pas peur d'elle mais je n'ai jamais su ce que c'était. Et elle a disparu. »
Gaddison médita un court instant, essayant de se rappeler quelque chose. Ils avaient déjà parlé de ça avant ? Elle avait une forte impression de déjà-vu.
- Maître Link, vous entendez toujours les voix de l'invisible ? demanda-t-elle.
- « Les voies de l'invisible ? »
- N-non, la voix comme la voix, orale, parlée. Les esprits notamment. Vous avez toujours été sensible à ces derniers, peut-être que vous ne trouvez pas le sommeil à cause de ça… ?
- « Si j'entendais des voix en permanence, je m'inquièterais ! » signa Link avec dépit.
La Zora secoua la tête, en souriant. Avant de lui expliquer qu'enfant, Link « parlait » avec des esprits, des choses qui les entouraient mais que personne ne voyait en dehors de lui. Cela avait eu tendance à angoisser ses camarades de jeu et notamment sa vie en caserne de ce qu'il en avait raconté quand il était devenu chevalier. Link lissa distraitement une mèche de ses cheveux, le regard perdu dans le vide. Avant de soupirer et de se redresser. Forçant Gaddison à se lever, étonnée de le voir sur le départ.
- « J'entends des voix. J'ignore si elles sont bienveillantes ou juste cruelles. Elles me parlent quand je pénètre dans les sanctuaires, quand j'approche des autels des moines qui gardent ces endroits. Je les entends avant chacune des épreuves qui me sont imposées. Car aucune ne répond à mes questions. »
- Je vois. Je ne voulais pas être rude. Je m'excuse. Si vous n'allez pas dormir, qu'allez-vous faire ?
- « Reprendre mon voyage. Tu m'as donné la force de l'affronter et de lui laisser une chance de s'expliquer. »
- Si vous repartez immédiatement, pensez à dire aller voir Rivan et Bazz. Et n'oubliez pas le prince : il sera dévasté si vous ne lui dites pas au revoir.
Link ne put masquer un sourire moqueur. Et même s'il y était parvenu, ses yeux riaient pour lui. Gaddison le chassa du pont, avec amusement et l'invita à repasser prochainement. Elle serait ravie de papoter avec lui. Elle le regarda trotter rapidement jusqu'au pont et soupira doucement : elle s'inquiétait un peu. Enfant, Link était turbulent, tendant à beaucoup se blesser bêtement. Mais avant, il avait la bienveillance de Mipha pour soigner ses blessures. Aujourd'hui, il était seul, livré à lui-même. Gaddison n'était pas la plus spirituelle des Zoras, élevée comme une soldate, elle s'était détachée des attraits « croyants ». Mais elle ne put s'empêcher de prier la princesse pour que son âme veille sur ce garçon.
ooo
- Oh, tu t'en vas déjà ? se lamenta Sidon. Je suis désolé, je n'ai pas été très disponible alors que tu t'étais déplacé exprès pour nous voir.
- « Je reviendrai », signa Link avec un sourire. « La prochaine fois, j'irai apaiser Vah Ruta. J'irai chercher Mipha à l'intérieur. Que nous sachions tous ce qu'elle est devenue. »
Le torse de Sidon se souleva lourdement alors qu'il lisait cette promesse signée. Il soutint le regard de l'Hylien devant lui. Mais se résigna à détourner le regard. Dans son dos le roi inspira profondément. Cette déclaration n'était pas anodine. C'était la promesse d'enfin savoir ce qu'il en était pour Mipha. Personne ne savait, personne n'avait jamais pu dire si elle se battait encore dans la créature ou bien si elle avait péri. La princesse Zelda se battait depuis cent ans… est-ce que Mipha avait pu tenir ce combat aussi longtemps ? Cette promesse, c'était enfin les libérer de l'incertitude et du doute, d'enfin avoir le droit de savoir et de cesser d'espérer. Link leva sa main vers Sidon et la posa délicatement sur sa nageoire, le regard rempli de douceur. Le prince inspira à son tour, réalisant qu'il l'avait bloqué, sous la surprise et le choc de la nouvelle.
- Merci, déclara Sidon. C'est une promesse lourde de sens que tu nous fais…
- « Je sais. Mais vous avez attendu cent ans sans savoir, vous avez souffert de la menace de votre protecteur, vous avez aujourd'hui le droit de savoir… »
- Je… tu seras toujours le bienvenu au domaine Zora, qu'importe les nouvelles que tu apporteras avec toi ! Tu es un ami à vie, Link !
- « Merci », signa Link avec reconnaissance.
Il signa son salut et le roi approuva d'un signe de la tête, lui souhaitant succès et réussite de sa lourde tâche. Sidon regarda Link partir, plus confus que jamais. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ces derniers temps… Il se sentait tellement impatient et heureux quand il le voyait qu'il ne comprenait pas ce vide oppressant et pénible qui lui écrasait la poitrine quand il le voyait repartir. Sur un coup de tête, il sortit de la salle du trône et se pencha sur le balcon qui surplombait la place. Link était en train de saluer un garde, lui présentant ses vœux de départ. Ce même garde que Link avait reconnu et avec qui il savait qu'il avait passé du temps (Seggin ne s'était pas gêné pour faire la morale à son fils sur le fait qu'il passe son temps libre avec l'Hylien plutôt qu'à s'entraîner).
Et en voyant la même déception sur le visage du capitaine de la garde, Sidon fût pris d'un doute immense. Pourquoi est-il… contrarié de savoir le capitaine de sa garde déçu de voir le Héros partir ? Quand Link ouvrit ses bras et que le garde pencha la tête perplexe, Sidon aurait pu pouffer, croyant à une imitation de sa personne. Mais non. Le jeune homme se jeta simplement sur le garde, refermant ses bras autour de sa taille et collant sa tête contre son ventre. Le capitaine gesticula vivement, acceptant son étreinte mais l'écourtant rapidement, clairement embarrassé. Avant de devenir livide quand il croisa le regard de Sidon. Cette fois, il repoussa sèchement Link et essaya de garder ses distances. Devant cette attitude, le pauvre Hylien parut extrêmement peiné et cela énerva sans raison le prince.
- Link ! appela Sidon. La prochaine fois que tu viendras, je t'accorderai toute une journée ! D'accord ?!
L'Hylien sursauta, étonné d'entendre la voix du prince. Et quand il releva la tête, il écarquilla les yeux. Avant de sourire et de signer une réponse qui fit rater un battement au cœur de Sidon :
- « Si c'est un rendez-vous du prince, je ne peux qu'accepter ! »
Ce qu'il se passa ensuite, Sidon ne saurait dire. Il était juste mort de honte d'avoir réclamé de façon absolument pas raffinée de passer du temps avec Link. Et malheureusement, cela fit jaser le conseil de savoir le prince aussi familier avec l'Hylien, sachant que ce dernier n'avait absolument rien fait pour les aider. A partir de ce jour, Sidon n'espérait qu'une chose : revoir le jeune homme et passer du temps avec lui, l'aider à porter le fardeau qui pesait sur ses épaules. Rien qu'un peu. A défaut de pouvoir l'accompagner dans ses voyages, si juste il pouvait partager un peu ses joies, ses peines et ses voyages, alors il se ferait son plus bel allié…
Bazz, de son côté, se gardait bien de parler de cette scène étrange. Quand Link s'était jeté sur lui par surprise, voulant une étreinte de bonne fortune pour que son voyage se passe bien, ne comprenant pas cette jalousie infinie dans le regard de son prince. Le si joyeux et dynamique prince Sidon avait un côté très effrayant et depuis ce jour, il n'osait même plus croiser son regard de peur de ce qu'il pourrait y voir. Cela ne fit que le conforter dans son isolation et son silence concernant ses propres sentiments. Certes, apprendre que l'Hylien s'était laissé charmer par quelqu'un pour ensuite être repoussé, c'était déjà une énorme nouvelle en soi…
Mais cela ne voulait pas dire qu'il était accessible. Pas avec le prince des Zoras en face. Niveau charisme et pouvoir, il ne pouvait pas rivaliser. Et même quand Gaddison ou Rivan remarquèrent qu'il n'était pas dans son assiette, il se garda de leur dire la raison. Ce qui bien entendu les inquiéta : Bazz était de nature volontaire et optimiste, il allait toujours de l'avant. Qu'avait-il bien pu se passer pour que le capitaine de la garde perde soudainement cette flamme et cette volonté ? Aucun des deux ne le savait ni ne parvint à l'apprendre, laissant Bazz dans cet état de mélancolie inappropriée et inhabituelle…
