joyeux Noël à tous!

Voici le dernier chapitre de la septième partie. Mais rassurez-vous, il y a en encore une dernière partie.


Chapitre 119 : La libération

Autour d'eux les pleurs et les cris de joie s'élevaient.

Mais ni Kécile ni Harry ne se joignirent à eux.

C'était fini.

Voldemort n'était plus.

« Il est mort. Mort » se répétait Kécile en boucle pour tenter d'intégrer la réalité.

Le Seigneur des Ténèbres avait toujours été là. Toujours. Ils n'avaient jamais rien connu d'autre que la menace latente ou directe. Cela avait été une constante dans leur vie. Plus que cela. Voldemort avait régi leur vie à tous les deux. Cela avait été leur raison de continuer, de se battre… de vivre.

Il était mort. Emportant avec lui toute leur existence passée.

Kécile finit par détacher son regard du corps inanimé qui gisait à leurs pieds. Elle croisa les yeux de Harry. Il n'y avait pas besoin de paroles en cet instant.

Ils furent brusquement serrés dans des embrassades de bonheur. Hermione, bien sûr, mais aussi Ron et Ludivine les étreignirent la gorge nouée. Kécile vit Albus serrer Harry dans ses bras avec quelque chose de désespéré. Il le tint un moment ainsi contre lui avant que Harry ne se dégage doucement en lui rendant un regard rassurant.

Il comprenait.

- Potter ! Rugissait Severus.

- Oui, professeur ? Répondit calmement l'intéressé.

- Vous vous fichez de nous ! Ça vous amuse, c'est ça hein ?!

Devant la totale incompréhension de Harry, il explosa.

- Un expelliarmus, Potter ! Vous répondez au Sortilège de la Mort par un simple expelliarmus ! Mais par tous les fondateurs réunis, à quoi pensiez-vous donc, Potter ?!

- Je n'ai pas réfléchi, avoua le jeune homme en haussant les épaules.

- Une fois de plus !

- ça a marché, non ?

- ça a marché… répéta Severus qui semblait toujours avoir du mal à l'accepter lui aussi. Un simple sortilège de désarmement et il tue le Seigneur des Ténèbres...

- Tout ce que je savais c'est que je ne voulais pas le tuer.

Severus manqua s'étouffer, mais Ludivine le fit taire en lui tirant sèchement le bras.

- Je me suis souvenu de ce que vous m'avez dit, professeur, continua Harry en s'adressant à Dumbledore. D'ailleurs, ajouta-t-il en lui tendant la baguette de cèdre, ceci est à vous.

- Merci, Harry, dit le vieil homme avec émotion.

- Je n'ai pas pas tué Voldemort. Il s'est tué lui-même.

Le rire de Ron s'éleva, un peu nerveux, et il donna une bourrade à son ami.

- Comptez sur Harry pour ne rien faire comme tout le monde !

Les heures qui suivirent furent extrêmement confuses. Il y avait d'un côté la joie, le soulagement, les embrassades. Mais il y avait aussi un château dévasté. Et les morts. Tant de morts. Des inconnus, des membres de l'Ordre. Pire, des élèves.

Kécile n'arrivait pas à pleurer. Elle était comme anesthésiée. Son corps, son esprit, refusaient d'encaisser le moindre choc supplémentaire. Elle ne pouvait plus. Elle n'avait de toute manière pas à se plaindre.

Elle était vivante. Plus incroyable encore, Harry était vivant. Albus était vivant. Severus était vivant. Hermione était vivante. Ron était vivant. Même sa mère était vivante. C'était bien plus qu'elle n'avait jamais espéré. Elle n'avait pas le droit de demander plus.

Et pourtant elle voyait Harry, Hermione et Ron pleurer leurs proches. Fred, Remus, Tonks, Seamus, Lavande, Colin, Hagrid, Maugrey… chaque nom, chaque visage qui s'ajoutait sur la liste semblait glisser sur elle. Elle ne pouvait juste plus.

Et puis on l'amena devant un autre corps. Ludivine pleurait sur l'épaule de son père. Albus avait des larmes qui coulaient sur ses joues parcheminées.

Henri.

Elle regarda le cadavre de l'homme sans dire un mot.

On lui avait dit de rester à l'abri. Il n'était pas de taille à affronter les mangemorts. Il était un trop piètre duelliste. Il le savait. Il avait voulu rejoindre Martine, fut la seule pensée qui traversa l'esprit vide de Kécile.

XXX

L'aube s'était levée et Kécile leva un œil fatigué sur le ciel blafard au-dessus d'elle. Elle avait trouvé refuge sous un arbre non loin du lac, dans l'une des rares zones à peu près épargnées par les combats.

Elle s'était isolée quand le bruit autour d'elle lui était devenu insoutenable. Les pleurs des uns, les cris surexcités des autres, l'affairement incessant des médicomages, l'activité désespérée de ceux qui fouillaient encore les décombres, les embrassades, les félicitations… elle avait eu un besoin vital que tout cela cesse et s'était isolée.

Mais le sommeil commençait à la gagner. Et lorsqu'elle retourna au château, il lui sembla que tout était plus calme. Elle se demanda un court instant où pouvaient être les autres. Peut-être dans la Salle sur Demande. Elle n'avait pas le courage de retrouver tout le monde là-bas. Tout le monde moins ceux qui étaient morts.

En désespoir de cause, elle tenta le bureau du directeur.

La gargouille lui céda le passage sans qu'elle ait besoin de prononcer un mot, et elle trouva Albus ainsi que plusieurs professeurs qui discutaient tous avec des mines harassées.

- Kécile ! Bondit Ludivine. On commençait à se demander où tu étais passée.

- Vous savez où sont les autres ? Demanda-t-elle.

- Severus est retourné dans ses anciens appartements prendre un peu de repos et tes amis sont dans leur salle commune.

Cela la frappa comme une évidence, mais ça ne lui avait pas traversé un instant l'esprit de se rendre là-bas. Ce n'était pas nouveau qu'elle s'était toujours sentie davantage chez elle ici, chez le directeur, que dans la salle commune des Gryffondors.

- Une tasse de thé, Kécile ? Demanda le vieil homme.

Kécile secoua la tête. Elle avait la sensation que rien ne passerait.

- Ça vous ennuie si je vais dormir à côté ? Demanda-t-elle en désignant la porte qui menait aux appartements du directeur.

- Bien sûr que non, je t'en prie Kécile.

- Je crois que je vais en faire autant, dit Ludivine. Si vous voulez bien m'excuser, salua-t-elle les autres professeurs avant de suivre la jeune fille.

Kécile avisa le canapé, puis la porte qui menait à la chambre qu'elle avait occupé à deux reprises. Elle l'ouvrit et contempla un instant le lit. La dernière fois qu'elle avait été ici, lors de sa cinquième année, elle avait successivement cru mourir de désespoir et étouffer de joie.

Elle finit par se décider à s'effondrer sur le matelas sans aucune grâce et sombra dans le sommeil à peine la tête sur l'oreiller.

Lorsqu'elle se réveilla quelques heures plus tard, elle fut surprise de sentir quelque chose contre elle. Elle se retourna un peu brusquement pour découvrir qu'il s'agissait de la main de Ludivine, profondément endormie à côté d'elle.

Elle se demanda bien à quel moment sa mère l'avait rejoint.

Sa mère.

Ce mot lui venait plus facilement à l'esprit. Pourtant lorsqu'elle s'adressait à elle, elle n'arrivait pas à lui donner ce titre. Sauf une fois. Parce qu'elle sentait bien que Ludivine regrettait amèrement la manière dont les choses s'étaient déroulées.

Elle était belle, sa mère. Tellement différente d'elle… Pas seulement parce qu'elle était blonde. C'était ce qui se dégageait d'elle surtout. C'était comme si elle n'était pas tout à fait dans le même monde que les autres, comme si ses yeux très bleus voyaient quelque chose que les autres ne percevaient pas. C'était très dérangeant. Ça lui donnait même un aspect éthéré un peu agaçant. Mais elle était belle… et douce. Faible, sans aucun doute. Mais gentille. Trop gentille même. Exactement l'inverse de son géniteur en fait.

Kécile soupira profondément. Elle ne savait plus ce qu'elle ressentait vis-à-vis d'elle. Elle ne savait plus ce qu'elle ressentait tout la rancoeur, du soulagement, de la colère, de la reconnaissance, de la lassitude, de l'espoir. C'était tellement confus.

L'esprit un peu plus reposé, elle repensa à ce qui s'était passé la nuit dernière. A son affrontement avec Voldemort. A son désespoir devant la mort de Harry. Son geste inconsidéré. Elle avait voulu mourir à ce moment-là. Elle avait perdu l'esprit. Bien sûr qu'elle n'avait jamais été certaine de s'en sortir vivante. Bien sûr qu'elle avait envisagé comme scénario très probable de mourir de la main du Seigneur des Ténèbres. Mais le désespoir et la douleur lui avait fait souhaiter cette fin. Sans penser à ceux qu'elle laissait alors derrière.

Son coeur rata un battement. Merlin ! Qu'avait-elle ...?! Elle se dressa brusquement sur son séant, réalisant avec horreur ce qu'elle avait fait. Ou plutôt ce qu'elle avait dit. Merlin, ce qu'elle avait dit à Voldemort et que les mangemorts avaient entendu également. Et par conséquent, ce que Harry avait entendu aussi.

Elle se sentit se couvrir de sueur. Il savait… Qu'allait-il penser d'elle ?…

Pour la première fois après de nombreuses heures, elle sentit un sanglot monter dans sa gorge qu'elle retint à grande peine.

Elle sentit la main de Ludivine se poser sur son bras.

- Kécile ? Tout va bien ? Demanda-t-elle doucement.

Elle eut un petit rire nerveux, mais acquiesça avant de se lever sans lui jeter un regard. A quoi bon répondre de toutes les façons ? Oui, que répondrait-elle si Harry abordait le sujet ? Pire, que ferait-elle s'il se contentait de s'éloigner sans même la moindre discussion ?

Elle s'enferma dans la salle de bain, refusant de laisser ses pensées divaguer. Elle allait devoir affronter les conséquences de ses paroles. Par Merlin, ce n'était quand même pas pire que de faire face à Voldemort ! Se morigéna-t-elle.

Elle retrouva Ludivine et Severus dans le bureau directorial quelques minutes plus tard.

- Où est Albus ?

- Il dort encore. Il a été le dernier à prendre du repos. Il a voulu voir chaque parent des élèves tués, expliqua tristement Ludivine.

- Il a pris la décision de fermer l'école jusqu'à la rentrée de septembre prochain, enchaîna Severus. Les élèves prennent le train demain. Poudlard n'est plus qu'un champ de ruine.

- Nous le reconstruirons, dit calmement Ludivine. Et l'école rouvrira ses portes à la rentrée. Poudlard a traversé les siècles et les guerres.

- Et les examens ? Demanda Kécile.

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle posait la question. Après tout, cela ne la concernait pas. Mais c'était un peu comme si elle avait besoin que la vie reprenne son cours normal, après cette année éprouvante.

- Dumbledore va demander au conseil de l'école et au Ministère qu'une session d'examen pour les BUSES et les ASPICs ait lieu à la rentrée. Et puis évidemment, il y a la question de tous ceux qui n'ont pas pu venir à Poudlard cette année.

Comme elle. Comme eux, comme tellement de septième année.

- Kécile ? Est-ce que ça va ? Interrogea à son tour Severus. Je m'attendais à plus de joie.

Oui, oui, ça va… je suis juste… sonnée je crois. Ce n'est rien… ça va passer.

Mais son sourire qui se voulait rassurant avait quelque chose de forcé.

Elle ne put pas rester indéfiniment dans le bureau du directeur. Vint un moment où elle dut descendre dans la salle commune de sa maison.

Lorsqu'elle franchit le portrait, un bref silence tomba sur les élèves avant que plusieurs salutations joyeuses ne retentissent parmi quelques applaudissements.

Hermione et Ginny vinrent l'embrasser et la guidèrent vers leur groupe.

- Euh… pourquoi cet accueil ? Demanda-t-elle un peu abasourdie.

- Oh, ce n'est rien ! Fit Ron avec un geste négligent. Tu aurais entendu quand Harry est rentré. Les murs en tremblaient. On se serrait cru à la finale de la coupe du monde de Quidittch !

Hermione leva les yeux au ciel, mais la comparaison arracha un sourire à Kécile.

- Ça n'empêche, je n'ai rien fait pour mériter une quelconque ovation.

- Tu plaisantes, n'est-ce ?! S'exclama Neville qui se tenait un peu plus loin.

Il se leva, et le silence tomba à nouveau sur l'assemblée de Gryffondors. Le jeune homme était véritablement devenu quelqu'un de respecté au sein de ses condisciples. Un héros.

- Non, je ne plaisante pas. Je n'ai pas tué Nagini. C'est toi qui l'a fait, Neville. Et je n'ai pas tué Voldemort non plus… pas faute d'avoir essayé pourtant, avoua-t-elle à mi-voix.

- Tu t'es dressé devant lui. Tu l'as défié! C'était courageux!

- Non, ce n'était pas courageux. C'était fou.

Kécile grimaça. Severus lui avait passé un savon monstrueux quelques heures plus tôt. Elle n'avait pas cherché à se défendre, il ne pouvait pas comprendre. Ou alors, il comprenait trop bien, justement, et ça l'avait mis encore plus en rogne.

- Mais plus personne ne peut douter de ton camp maintenant, dit Hermione en glissant un regard à certains de leurs camarades.

- Pour ce que ça change, répondit Kécile en s'affalant sur un fauteuil. Et puis l'opinion n'avait probablement pas besoin de me voir faire quelque chose d'aussi extrême.

- Toi, tu en avais besoin, dit Harry.

La jeune fille osa enfin lever les yeux sur lui. Elle frissonna. Il ne l'avait jamais regardé comme ça. Ce n'était ni du mépris, ni du dégoût. Elle était bien incapable de dire ce que c'était. Mais elle n'était pas certaine de beaucoup aimer ce regard non plus.

- ça fait drôle de se retrouver ici, non ? Demanda-t-elle pour changer de sujet.

- ça fait du bien ! S'exclama Hermione.

- Oui, on est à la maison, d'une certaine manière, répondit un peu tristement Ron.

Hermione lui embrassa la joue comme pour le consoler et lui prit la main.

Kécile regarda ses deux amis faire avec surprise avant de marmonner.

- Ok, je dois avoir raté un sombral, là…

Il y eut quelques rires et les deux intéressés rougirent un peu tandis qu'au même moment Ginny venait se lover dans les bras de Harry.

Kécile serra les dents et détourna le regard prestement. C'était dans l'ordre logique des choses. Même si ça lui vrillait le coeur. Mais elle préférait ça. Oui, elle préférait ça cent fois plutôt que de savoir Harry mort.

La fin d'après-midi s'écoula dans une ambiance assez apaisée dans la salle commune compte-tenu des circonstances. Les absents se faisaient cruellement sentir, tempérant les élans de joie et les éclats de rire. Mais en même temps, plus forte que tout, la vie reprenait.

Kécile écoutait les conversations sans trop y prendre part, tout comme certains autres de ses camarades, notamment Dean, Denis et Parvatil. Ron aussi ne participait pas beaucoup, parfois brusquement plongé dans un accès de tristesse.

Mais cela faisait du bien. Pour la première fois, elle était vraiment heureuse d'être là. Elle avait enfin l'impression d'être une gryffondor comme les autres, une élève comme les autres. Elle n'était plus juste la fille de Voldemort tolérée tant bien que mal. Elle avait sa place ici. Et voir les autres continuer à vivre l'aidait à reprendre le dessus sur cette étrange léthargie qui lui pesait depuis la veille comme une chape de plomb.

Ron et Hermione s'étaient éclipsés. D'autres élèves avaient commencé à partir se coucher. Harry et Ginny étaient toujours l'un contre l'autre. Kécile s'efforçait de ne pas regarder vers eux, particulièrement lorsqu'ils s'embrassaient.

Elle finit par se lever à son tour et se dirigea vers le portrait.

- Où vas-tu ? Demanda Neville, étonné de la voir partir à l'heure d'aller dormir.

- Chez Dumbledore. Je ne l'ai pas vu de la journée.

- Je t'accompagne, fit Harry en se redressant. Je voudrais parler avec lui.

- De quoi ? Demanda Ginny.

- Et bien, principalement du fait que je suis encore en vie, en fait ! Avoua-t-il avec un sourire penaud.

Les autres le regardèrent sans comprendre, mais Kécile se détourna pour partir en marmonnant.

- ça, c'est une fichtrement bonne idée.

Dans les couloirs, ils marchèrent en silence, Kécile un peu devant, nerveuse. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient seuls depuis la fin des combats. Et elle n'avait aucune envie d'aborder la question qui fâchait, particulièrement après la scène à laquelle elle venait d'assister dans la salle commune.

- Kécile, dit Harry en la retenant par le bras pour la stopper.

« Non, pitié, Harry ! Ne dis rien, s'il-te-plaît ! ».

- Je voulais te remercier pour ce que tu as fait hier pour moi, enchaîna-t-il maladroitement. Ça m'a beaucoup touché.

- C'était stérile et ridicule, alors n'en parlons plus.

- Non, Kécile. On sait tous les deux que ça signifie beaucoup plus qu'un acte bravache. Et je me fiche de ce que pense Rogue à ce sujet.

Et il reprit sa route, vite imitée par Kécile qui souffla silencieusement. Il n'avait pas l'air de vouloir aborder le sujet de son amour déplacé et sans espoir pour lui. Ce qui lui convenait très bien. S'il voulait faire comme s'il n'avait rien entendu, cela lui allait. Elle voulait bien faire comme si, elle aussi. Même si elle savait pertinemment que c'était impossible, à moins qu'il n'ait été pris d'un accès soudain de surdité juste à ce moment-là…

Albus et Ludivine, qui apparemment avait récemment établi ses quartiers dans la tour, les accueillirent avec une joie visible.

- Comment vont tes amis, Harry ?

- Bien, monsieur. Vraiment. Même Ron… Ce n'est pas facile, mais il n'est pas tout seul.

- Et toi, mon garçon. Comment vas-tu ?

- Je crois que ça va… fit-il en fronçant les sourcils. J'ai encore du mal à réaliser que c'est fini.

- C'est compréhensible.

- Et… je ne sais pas comment je peux être encore là, vivant. Parce que quand on s'est quitté…

- Harry, répondit le vieil homme. Je suis tellement désolé.

- Je sais, monsieur. Je ne vous en veux pas, vraiment. Je savais que c'était ce que vous deviez faire. Vous n'aviez pas d'autre choix. Enfin… peut-être que si mais… c'était le seul bon choix… non, disons que… enfin je sais que c'était le meilleur choix… pour la communauté. Alors vraiment. Je comprends monsieur.

- Tu es un garçon tellement extraordinaire, Harry, murmura Dumbledore.

Celui-ci rougit furieusement.

- Je ne crois pas… Heureusement que Rogue n'est pas là pour entendre ça ! Ajouta-t-il avec une grimace.

Il reprit son sérieux et fixa son regard sur le directeur.

- Mais ça ne m'explique toujours pas pourquoi je suis encore là. Je l'ai laissé faire. Je l'ai laissé me tuer. Il m'a jeté l'avada kedavra pour la seconde fois. Et il n'y avait plus personne pour me protéger.

- C'est justement pour cela que tu as survécu, Harry, répondit Ludivine. Parce que cette fois, c'est toi qui t'es sacrifié. Pour nous. La Magie sait reconnaître les grands sacrifices.

- Mais l'avada n'a pas pu être inefficace une seconde fois ! Protesta Harry. Je veux dire, même moi, je n'ai pas autant de chance !

Dumbledore eut un sourire indulgent.

- Il a été efficace, Harry. Voldemort n'était pas particulièrement réputé pour ses sortilèges défaillants… Seulement ce n'est pas ton âme qu'il a tué. C'est la sienne, son horcruxe. Ton sacrifice t'a protégé.

Il y eut un moment de silence alors que Harry réfléchissait, puis il demanda à nouveau :

- Vous saviez ?

- Non, je ne savais pas. Moi, je ne m'en doutais même pas.

- Vous ? Souleva Kécile.

- Je pensais que c'était une possibilité, avoua Ludivine. Je ne pouvais rien te dire, sous peine de ruiner tes chances déjà incertaines.

Harry acquiesça, mais Kécile ne l'entendait pas du tout de cette oreille.

- Et vous ne pouviez pas nous le dire ? Gronda-t-elle furieuse.

- Non, je ne le pouvais pas Kécile. Si je m'étais trompée, cela aurait été encore pire, répondit doucement sa mère.

Elle se renfrogna, consciente que Ludivine avait raison, et préféra se murer dans un silence rageur. Si elle avait su, cela lui aurait évité une énorme gaffe.

- Monsieur, je me demandais… cet été… je peux aller où je veux, n'est-ce-pas ?

- Oui, Harry. Tu es majeur et Voldemort n'est plus. Deux excellentes raisons pour que tu retrouves un peu de la liberté qui t'a manqué jusqu'à présent. Puis-je te demander quels sont tes projets ?

- Je pense aller chez les Weasley. Vous savez, au moins pour… l'enterrement de Fred. Et puis Molly m'a proposé de rester. Je pense que je vais accepter.

- C'est une très bonne idée.

Harry se leva et salua les deux adultes en leur souhaitant bonne nuit.

- Kécile ?

- J'arrive, je te rejoins à la salle commune.

La porte se ferma derrière son camarade.

- Est-ce que ça va, Kécile ?

- Mais qu'est-ce que vous avez tous, à me demander ça ? S'exclama-t-elle agacée.

- Peut-être parce que tu n'as pas très bonne mine. Et peut-être parce que toi et Harry devez avoir vécu cette bataille bien différemment de nous.

Kécile haussa les épaules.

- Je vais bien, pas de quoi s'inquiéter. Et nous, où est-ce que nous allons passer les prochains mois ?

- Le professeur Flitwick, MacGonagall, Ludivine et moi allons rester pour reconstruire le château. Cela va sans doute nous prendre plusieurs semaines. Et puis, nous rentrerons au Clos, tous les trois, ajouta-t-il avec un sourire heureux et ému.

- Et Severus ? Demanda Kécile. Il va aller chez lui ?

- C'est une bonne question. Je ne sais pas où il ira. Sa maison a été détruite par les mangemorts lorsque vous étiez en cavale. Je vais lui proposer de loger à Poudlard le temps qu'il le souhaite.

- Et pourquoi ne viendrait-il pas au Clos ? Suggéra Kécile.

Ludivine et Albus firent une grimace de concert.

- Severus n'a jamais porté le manoir dans son coeur, répondit le vieil homme. Je n'ose le lui proposer. Ceci dit peut-être que venant de toi…

- C'est ça, je vois… vous m'envoyez au casse-pipe…

- C'était ton idée, répondit Albus les yeux pétillants. Rien ne t'oblige à la mettre à exécution.

- Je ne sais pas, fit Kécile avec une mine faussement craintive. A côté de Severus, Voldemort faisait pâle figure…

Et un grand éclat de rire retentit dans le bureau.