Un petit warning pour prévenir : cette fiction contient de base du lemon. Sauf que c'est pas autorisé ici. De ce fait, les chapitres qui en contiendront ne seront pas postés sur ce site. Parce que je ne veux pas que ma fic soit supprimée ? :v Il y aura une note vous informant de ce fait et où avoir la version entière du chapitre =w=' ! Avec mes excuses.
Chapitre 11 - Marque
Kah'ge était profondément perdu. Il… n'avait pas vraiment réfléchi avant de partir comme un voleur. La visite de Sah'to, sa menace de le corriger s'il ne cessait pas ses bêtises, la fatigue, l'angoisse de ne pas savoir ce qu'on lui reprochait, ce rapport à l'amour et toutes ces conneries… ça l'avait juste fait craquer mentalement.
La peur au ventre, il avait enfilé ses vêtements de rechange et sans attendre, il avait ramassé tous les talismans qui étaient encore à sa disposition. Pour finalement décamper en vitesse. Il crevait de faim, de fatigue et d'une envie de dormir monstrueuse mais il refusait d'attendre plus longtemps au repaire. C'était totalement stupide de fuir, de s'éloigner du clan. Ils étaient nombreux, ils arriveraient à le retrouver. Mais dans sa panique, il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait et d'où il allait. Ni pourquoi d'ailleurs il agissait de la sorte ! C'était stupide ! Tellement stupide ! Mais plus il s'en persuadait, moins il arrivait à y retourner, s'en allant toujours plus rapidement.
Mécaniquement, il s'était dissimulé sous une apparence de civil et erra dans les alentours du désert Gerudo. C'était sans doute trop proche du repaire mais il savait qu'il ne pourrait pas courir plus loin dans son état. La cité ne lui étant pas autorisée et n'ayant pas choisi l'apparence d'une femme, il usa de ses maigres ressources pour s'échouer au bazar Assek. Une fois sur place, il s'était écroulé de fatigue et les rares voyageurs de passage ainsi qu'une ou deux Gerudos eurent la bonté d'âme de le foutre à l'abri jusqu'à ce qu'il se réveille.
Quand il daigna ouvrir à nouveau les yeux, une Gerudo était à son chevet, prenant sa température et s'assurant qu'il allait bien. Kah'ge papillonna des yeux avant de se rappeler d'où il était et pourquoi. Il sursauta et la femme le rassura : il était hors de danger. Confus et affamé, Kah'ge se leva et paya au moins pour le lit qu'il avait occupé à défaut de payer les soins que la Gerudo refusa de lui facturer. Il tituba à l'extérieur et remarqua que la nuit tombait doucement. Les températures n'allaient pas tarder à chuter et il n'était pas spécialement couvert pour une promenade nocturne.
Il s'offrit un peu de nourriture avec les quelques rubis qu'il avait pris avant de partir et se prépara un repas simple. Il ne réalisa qu'à ce moment à quel point il était affamé, dévorant le peu qu'il avait pu s'offrir. Sa faim n'était pas pleinement satisfaite mais il ne pouvait pas se permettre plus. Il lécha ses doigts alors qu'il regarda l'horizon, à la recherche d'une destination. Il voulait revoir le Héros. Il avait besoin de savoir comment il allait, ce qu'il avait accompli ces derniers temps sans sa surveillance ! Il ne comprenait pas pourquoi il éprouvait ce besoin même de le voir, mais il sentait que c'était ce qu'il voulait.
Il passa ses mains sur son visage, frottant ses yeux fatigués. Ce n'était vraiment pas l'idéal de partir en vadrouille avec sa santé, il le sentait. Il ne comprenait pas pourquoi il se sentait si faible et sans force. Certes, passer cinq jours à souffrir d'un mal inconnu, ce n'était pas spécialement ce qu'il y avait de mieux pour se refaire une santé. Mais de là à ce que les effets perdurent aussi longtemps, cela le dépassait. Sa fuite n'était pas plus judicieuse, il en était tout aussi conscient.
Il ne cherchait pas à quitter le clan, pour lui, les Yigas étaient sa vie et sa famille. Même si ce n'était pas tous les jours rose, il ne se sentait pas malheureux d'appartenir à ce groupuscule. Il en était fier même. Juste… il avait juste besoin de s'éloigner un peu. Pour essayer de réfléchir à tête reposée. Il avait traversé pas mal de choses ces derniers temps, il avait besoin de s'isoler. Sans avoir son officier ou ses collègues sur le dos, lui rabâchant ce qu'il savait déjà.
Ne pouvant rien faire de plus pour le moment, il retourna à l'auberge de fortune. Alors qu'il réservait son lit, il y eut un bruit infernal qui le fit sursauter. La Gerudo qui tenait l'auberge poussa un soupir résigné et expliqua que depuis que Vah Naboris était de nouveau active, la bête divine ne faisait que se déplacer dans tout le désert en faisant un bruit infernal. Elle empêchait le repos pour tous ceux qui voulaient s'arrêter aux abords du bazar et s'excusa de ne pas lui garantir une nuit de tout repos. Kah'ge haussa les épaules et paya avant de grimper sur le lit. Il retira sommairement ses affaires qu'il plia en boule à ses pieds, tira le rideau et s'écrasa sur le matelas.
Son sommeil ne fût pas de très bonne qualité, le vacarme provoqué par Vah Naboris était insupportable. Mais il se rassura très vite en se disant qu'au moins il était à l'abri de la foudre et de la tempête de sable ici. Il resta plusieurs heures à osciller entre cauchemars et réveils en sursaut. Quand il se leva le lendemain midi, il n'était pas plus frais que la veille. Mais au moins il était un peu plus reposé. Juste un peu. Alors qu'il s'habillait et que la chaleur de la journée s'installait, il pensa se rendre à son « shraïne ». Après tout il y avait laissé beaucoup de choses qu'il avait subtilisées au Héros. De quoi satisfaire son besoin de le voir ou à défaut de se consoler en chérissant des objets à lui.
Mais alors qu'il sortait de l'auberge, il remarqua un nouveau qui n'était pas là la veille. Il était en train de discuter avec son homologue, près de l'eau. Et Kah'ge ne tarda pas à le reconnaître : c'était le stupide Piaf bleu que son Héros n'arrêtait pas de coller ! Et après l'avoir fait pleurer et l'avoir blessé, il n'avait pas encore eu le temps de se venger ! Il passa sa main dans son dos, pour récupérer son arme… et quand ses doigts se refermèrent sur le vide, Kah'ge sentit un poids tomber dans son estomac : oh non !
Il était parti sans ses armes ?! Mais ce n'était pas possible d'être aussi étourdi ! Il écrasa sa main libre sur sa face, s'exaspérant de sa stupidité : c'était toujours Fuh'ma qui lui donnait ses armes ! Parce qu'il avait la fâcheuse tendance à les oublier ! Il avait envie de hurler de désespoir et de rage. Parce qu'il voulait crever ce foutu Piaf musicien de pacotille mais qu'il ne pouvait rien faire à main nue ! Peut-être essayer de l'étouffer dans le sable ? Oui, mais déjà que les Piafs étaient chiants à savoir voler, celui-là était particulièrement grand. S'il voulait s'en débarrasser sans le tuer de ses mains, il allait devoir élaborer un sacré stratagème !
Il s'occupa de son repas, tout en le surveillant du coin de l'œil. Visiblement, il n'était que de passage. La chaleur n'avait pas l'air de lui faire tourner la tête, signe qu'il… avait ce qu'il fallait pour résister. Un remède ? En soi, Kah'ge appartenait au désert, il ne ressentait pas la chaleur comme les autres (et sans doute parce que sa tenue était équipée de gemmes prévues pour l'aider à supporter la météo peu clémente du désert Gerudo). Au bout d'un moment le Piaf musicien s'éloigna et il le regarda aller à la rencontre d'une Gerudo.
Wow. Elle n'était pas bien grande ni bien musclée cette-là. Il pencha la tête sur le côté, perplexe : oh, c'était une Hylienne qui portait la tenue des Gerudos ! Son corps était couvert de cicatrices et elle semblait bien mal à l'aise à exposer son corps de la sorte. Kah'ge n'avait jamais vu de femme Hylienne porter la tenue traditionnelle des Gerudos. C'était un peu ridicule avec son corps si peu développé par rapport aux femmes du désert. Enfin, il devinait un corps de combattante aux muscles finement dessinés malgré tout.
Elle semblait avoir du succès vu comment les rares hommes présents ne se gênaient pas pour la reluquer et bredouiller des commentaires déplacés sur sa beauté et sa grâce. Kah'ge était sans doute indifférent au charme Gerudo ou son imitation. Son Héros était mille fois plus intéressant qu'une Hylienne déguisée en guerrière. Aussi aguicheuse soit sa tenue. En voyant le Piaf passer ses plumes sur son torse, comme pour cacher son corps dénudé, le Yiga se demanda quelle relation ils avaient.
- Tu es sûr que c'était obligé de t'habiller de la sorte ? C'est un peu… osé, fit le musicien avec une certaine honte dans sa voix mais avec une immense douceur dans son regard : urgh, c'était trop mièvre au goût de Kah'ge !
L'Hylienne secoua la tête. Et quand elle répondit avec des signes de la main, Kah'ge recracha sa boisson. Cela fit protester la personne qui partageait le coin de repas avec lui. Mais ce qui attira aussi l'attention du Piaf et de… de son Héros ! Kah'ge s'excusa, nettoya son massacre et essaya de se faire oublier : MAIS ! Pourquoi le Héros était travesti en femme ?! Il n'y avait vu que du feu en plus !
Non, stop ! Pourquoi était-il avec le Piaf musicien aussi ?! Ils ne s'étaient pas disputés ? Ils n'étaient pas censés être en froid et ne plus se voir ? Pourquoi ils avaient l'air si proches et complices ! Pourquoi le Piaf se tenait-il si prêt, comme le serait… un… un amant ! Il n'avait pas une femme lui déjà ? Ah mais vraiment, qu'est-ce qu'il s'était passé ces derniers jours ?! Il était paumé ! Il n'arrivait plus à réfléchir correctement, c'était le bordel dans sa tête et toutes ses pensées n'étaient qu'un chaos de questions sans réponses !
Il les scruta de loin, perplexe : a-au moins il pouvait le voir un peu dénudé. Même s'il ne savait pas lui-même ce qu'il espérait de cette expérience. Il se leva promptement et sauta la tête la première dans le lac, surprenant tout le monde pour la deuxième fois : non, vraiment. Il avait dû manger un truc pas bon. Ou bien le soleil lui tapait sérieusement sur sa tête.
Il se laissa dériver un moment, l'eau mouillant sa tenue de civil et l'empêchant de remonter rapidement à la surface. Il ne craignait pas de se noyer, l'eau n'était pas si profonde. Pourtant une ombre se dessina au-dessus de lui et quelque chose l'attrapa avant de le remonter à la surface. La surprise lui fit avaler de l'eau dans le processus et quand il fût de nouveau à l'air libre, il cracha et toussa comme un beau diable, beaucoup trop surpris pour s'énerver.
Quand il se tourna, sur le point d'incendier la personne responsable, il resta figé de stupeur en voyant son Héros. Trempé. Et dans cette tenue totalement inappropriée ! Il bredouilla des propos incohérents mais se recula vivement quand l'autre essaya de s'approcher de lui. L'Hylien le gronda silencieusement, son regard appuyant un ordre qu'il ne put contester ! Depuis quand il avait un tel pouvoir sur lui… ?
Kah'ge se pétrifia quand le Héros, son Héros, posa ses mains sur son visage. Il réalisa alors que son nez saignait, sans doute à cause du choc thermique et que l'Hylien était en train de s'en occuper. Ah… il allait mourir de honte. C'était beaucoup trop à gérer d'un coup !
- Tout va bien, jeune homme ? demanda le Piaf.
- Parfaitement bien ! s'indigna Kah'ge. E-est-ce que ce serait POSSIBLE de lâcher mon visage ?!
Le Héros retira lentement ses mains et Kah'ge se baffa mentalement : ce n'était pas si désagréable qu'il le touche aussi gentiment. Il passa ses propres mains sur son nez, pour s'assurer qu'il allait mieux.
- Merci, siffla le Yiga. Même si j'en n'avais pas besoin… c'est… gentil, je suppose…
A sa grande stupeur, le Héros pouffa de rire avant de plaquer sa main sur sa bouche. Et de retenir très difficilement un fou rire. Kah'ge lui lança un regard de travers ne comprenant pas pourquoi il se moquait de la sorte. Il avait essayé d'être gentil ! Il détourna le regard, vexé et gêné d'être ainsi moqué. Il se sentit rougir aussi et cela le désespéra d'être aussi démonstratif ! Il regrettait tellement de ne pas avoir le flegme de Narh'su à ce moment, lui si calme et détaché. Une rencontre de ce genre, il s'en serait moqué d'une force !
Le Piaf se pencha sur son compagnon pour calmer sa soudaine hilarité, son regard trahissant une grande tendresse et une évidente douceur et bienveillance pour le Héros. Ah… cette proximité était insupportable. Le sous-fifre eut le temps de voir l'autre signer mais ne put comprendre ce qui était dit. Trop rapide et pas assez concentré.
- Veuillez la pardonner, s'excusa le Piaf bleu avec un sourire d'excuse dans son regard. Il semblerait que vos actions et vos propos aient su l'amuser assez mais elle ne se moque pas déli…
Le passage de Vah Naboris les fit taire et tous se tassèrent sur le sol ou dans l'eau, craignant voir la créature surgir au-dessus de leur tête. Le vent de la tempête souffla si fort qu'il parvint à faire venir du sable jusqu'à eux, forçant toutes les personnes au bazar à se protéger les yeux. Ce qui était totalement anormal ! Kah'ge connaissait bien le bazar, ce dernier était protégé par un récif assez haut pour l'empêcher d'être enseveli par le sable ! Cette bourrasque était de très mauvais augure : la bête divine s'approchait doucement mais sûrement, déplaçant tout le désert dans sa marche furieuse !
Le Yiga releva la tête, inquiet. Jusqu'où cette créature infernale pouvait aller ? Le Repaire était dans les montagnes, perdu dans une vallée dont l'accès n'était pas évident… Mais elle était si grande et si forte, comment être certain qu'elle ne sera pas un problème pour eux plus tard ? Son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine : il… s'inquiétait encore pour le clan. Tout le temps. Le laboratoire d'Akkala avait une source d'inquiétude mais personne ne l'avait pris au sérieux. Alors… personne ne l'écouterait pour Naboris.
Il sursauta quand il trouva le Héros faisant face à ce phénomène climatique, scrutant les orages violents qui frappaient au loin, comme la manifestation de la colère de Naboris elle-même. Malgré le sable, le vent et les éléments déchaînés autour de lui, il bravait tout cela comme si de rien n'était. Kah'ge remarqua son regard déterminé et ses poings serrés de frustration. Avant qu'il ne sorte de l'eau et ne tapote l'épaule de son ami Piaf. Il lui signa quelque chose qui provoqua la stupeur du musicien.
- Vah Naboris se dirige vers cet endroit ? Et personne ne peut la repousser ?! entendit Kah'ge malgré le hurlement de colère de la créature au loin. Tu vas te rendre au repaire des voleurs pour rapporter un artéfact te permettant de l'approcher ?! C'est beaucoup trop dang…
Kah'ge perdit ses mots quand Link attrapa le visage du Piaf et scella ses lèvres sur le bec de l'autre, l'empêchant de protester avant de signer rapidement une réponse. Le Yiga sentit quelque chose de froid se planter dans sa poitrine alors qu'il regarda la scène avec une profonde incrédulité. Ce… ce n'était pas possible ! Il l'avait repoussé alors… pourquoi ? Comment… ?!
- D'accord, soupira faiblement le Piaf. Il n'y a rien que je puisse faire si ce n'est prier pour que tu me reviennes sauf. Dois-je t'attendre ici ?
Link secoua la tête à la négative et pointa en direction de l'entrée du désert. Clairement, l'idée de savoir la créature hors de contrôle et le Piaf dans le même secteur ne le laissait pas l'esprit tranquille. Le Piaf approuva docilement, l'étreignit sans que Kah'ge ne puisse rien y faire et le regarda s'envoler rapidement pour se mettre à l'abri. Son attention tomba alors sur le Héros qui profita de la cohue généralisée pour se changer. Il ne devait pas l'espionner ni le regarder alors qu'il troquait sa tenue de femme pour sa tunique bleue. Il ne devait pas espérer qu'il le regarde et qu'il lui sourit comme il le faisait avec ce Piaf. Pourtant, c'est tout ce que souhaitait Kah'ge à ce moment.
Était-ce parce qu'il se sentait trahi ou juste humilié qu'il le taclât en traître, le traînant dans le sable alors qu'il dissipa son mirage pour le dominer ? Il n'avait pas d'arme mais celle que le Héros portait dans son dos était suffisante ! Il lui arracha sans attendre son cimeterre et la colla sans douceur contre sa gorge, écorchant sa peau si délicate. Le Héros se crispa sous lui et tourna lentement sa tête. Dans ses yeux brûlaient une flamme de fureur et de colère. Mais sa position ne lui permettait pas de mettre à exécution ses menaces.
A nouveau Kah'ge sentit dans tout son corps cette impatience, cette exaltation, de puissant sentiment qui lui assurait qu'il était fort. Plus fort que ce petit Héros de pacotille ! Qu'il pouvait le tuer comme il se le devait ! Mais par-dessus cette adrénaline qui pulsait violemment dans ses veines, il y avait autre chose. C'était là, rampant sous sa peau, dans son souffle, dans son sang. Un besoin. Une envie. Il avait envie… de le marquer, de l'humilier. De le blesser. Comme il venait de le faire. A l'instant en embrassant ce stupide Piaf dans son dos. Mais il voulait qu'il le regarde, qu'il ne le quitte jamais des yeux. Il voulait vibrer. Comme en ce moment. Mais tout le temps.
Alors il retira la lame de sur sa nuque et sauta de sur son dos pour s'éloigner rapidement de lui. Le Héros se redressa immédiatement et récupéra son arc dans son dos. Avant de remarquer que la corde avait été sectionnée. Il lança à Kah'ge un regard assassin et ce dernier trembla d'excitation : c'était ça, ce que lui reprochait Sah'to ? Le frisson de plaisir d'avoir un adversaire fort ? D'avoir envie de le dominer entièrement ? D'être le centre de son univers ? Si c'était le cas… il ne comprenait pas le problème.
- Va t'amuser avec Vah Naboris, mon mignon petit Héros, railla Kah'ge avec un éclat de rire sadique. Mais pendant que tu joues le vaillant petit chevalier sauveur de l'humanité… je vais m'occuper de ce Piaf à l'accordéon. Tu ne verras pas d'inconvénient à ce que je m'en débarrasse ?
L'expression du Héros passa de la colère à la peur panique. Dans un acte désespéré, il retourna le sable jusqu'à trouver une pierre pas bien grosse et la lança vers lui. Kah'ge la repoussa sans peine avant de disparaître dans un nuage de talismans. Il quitta en toute hâte le bazar ne laissant pas le loisir au Héros de le pourchasser. Il serait bien plus rapide que lui avec sa téléportation. Il regarda ses talismans, sceptique : il ne pourrait pas s'enfuir une fois qu'il aurait trouvé le Piaf. Donc si le clan lui tombait dessus… il allait devoir se préparer à subir les conséquences de ses actes.
Mais là, il se sentait prêt à faire face à Sah'to, à Narh'su ou Fuh'ma. Uniquement quand il aurait la tête de ce foutu volatile entre les mains. Car à partir de ce moment… vu que plus rien ne détournerait l'attention de son Héros… il serait le seul, n'est-ce pas ? Il ne regarderait que lui, il n'y aurait personne d'autre qu'il haïrait plus que le petit Yiga qu'il était… ! Et cette perspective l'enchantait tellement qu'il était prêt à tout endurer, tout assumer. Juste pour se dire que le Héros allait le traquer pour se venger. Que sa vie ne serait qu'une tempête de sang et de haine. Et qu'il attendait ça avec une telle impatience qu'il se demanda ce qu'il avait bien pu faire de sa vie avant sa rencontre avec lui…
Quand il tomba au relai du désert Gerudo, il provoqua un vent de panique car absolument personne ne s'attendait à trouver un Yiga. Il s'empressa de frapper et pourfendre les voyageurs possédant des armes avant de se focaliser sur le Piaf. Ce dernier, sans savoir pourquoi il était devenu sa cible mais sachant que sa présence posait un problème, n'hésita pas une seule seconde à s'envoler pour essayer de l'éloigner. Mais Kah'ge n'était pas idiot. Il attrapa une femme et plaça le cimeterre sur sa gorge.
- SI TU TE BARRES, JE L'EGORGE ! hurla le Yiga.
Le Piaf cessa immédiatement de fuir et perdit lentement de l'altitude jusqu'à poser ses pattes au sol. Son regard trahissait une peur immense mais également une profonde inquiétude pour la vie de cette personne. Kah'ge la garda fermement contre lui, sa lame toujours plus menaçante. Le Piaf leva ses mains, dans un signe de reddition et posa même un genou à terre, indiquant qu'il ne comptait pas fuir.
- Je vous en prie, épargnez-la. Elle… n'a rien fait. Elle… est innocente et…
- LA FERME !
De colère, sans aucune hésitation, Kah'ge glissa sa lame sur le cou de la fille. C'était la première fois qu'il exécutait quelqu'un et il n'éprouva rien. Ni plaisir, ni… culpabilité. Devant ce constat, il la relâcha, la laissant agoniser sur le sol alors qu'il se rua sur le Piaf prêt à fuir pour sa vie. L'animal était solide et ses ailes puissantes parvinrent à le repousser et le laisser s'envoler. Le Yiga fit sauter la lame dans sa main et la jeta de toutes ses forces vers sa cible. Le cimeterre ne toucha que sa cuisse. Rien qui gêne sa fuite et il hurla de rage.
Sa tête lui tournait affreusement et la chute soudaine d'adrénaline le priva d'une grande partie de ses ressources. Il regarda ses talismans : il en avait tout juste assez pour disparaître et se foutre hors de portée. Il n'hésita pas une seule seconde et quitta le relai sans attendre. Il ne put faire que trois sauts dans l'espace avant de devoir s'arrêter. Il s'était réfugié sur les hauteurs du plateau Gerudo et marchait péniblement dans le sable jusqu'au repaire. Y retourner comme une fleur n'était certainement pas une bonne idée. Mais il ne savait pas quoi faire.
A dire vrai, il était juste… horriblement perdu. Il… avait voulu tuer quelqu'un. Pour la première fois de sa vie, il avait haï quelqu'un assez fort pour vouloir sa mort. Il avait tué une innocente et il réalisa seulement maintenant son geste. Il regarda ses mains poisseuses de sang et les essuya nerveusement sur sa tenue sans que cela n'arrange sa confusion. Pourquoi voir son Héros embrasser ce Piaf l'avait tellement… énervé ? Pire que ça, il avait… tellement voulu le briser, le détruire… Il avait éprouvé le besoin de le marquer. Définitivement. De tout faire pour qu'il le remarque… qu'il ne voit… exister à ses yeux-même !
Il poussa un râle de colère et de frustration alors qu'il s'écrasa au sol, plus perdu que jamais. Il voulait retrouver la sensation de leur combat. Quand il l'avait alpagué après sa dispute avec le Piaf. Il avait trouvé un Héros, froid, meurtri et désespéré. Leur duel avait… été salvateur. Il avait eu le dessus sur lui. Mais par-dessus tout, à ce moment-là, Kah'ge avait la sensation d'avoir été important. D'avoir été ce qu'il avait eu le plus besoin. Un défouloir, un allié dans sa souffrance. Et ce lien fragile, il l'avait éprouvé avec une telle intensité qu'il ne parvenait pas à l'oublier. Et… il le chérissait horriblement.
Quand une lumière diffuse orangée brilla près de lui et que des talismans se dispersèrent après coup, Kah'ge se releva difficilement. Avant de tituber jusqu'à son officier qui le toisa froidement. Il se moqua de son humeur et s'écrasa sur son torse, les poings serrés et tremblant furieusement. Sah'to ne fit aucun commentaire, se contentant de siffler. Deux autres halos brillèrent et deux personnes apparurent. Il n'eut pas besoin de voir pour savoir que c'était Fuh'ma et Narh'su.
- Il va bien ? demanda la voix de Fuh'ma.
- Je ne dirais pas ça, murmura Sah'to. Kah'ge… Kah'ge, s'il te plaît…
L'officier lui prit les mains et les écarta de sur son torse, le forçant à les ouvrir. En découvrant les traces de sang sur le corps de son sous-fifre et leur disposition, il sut sans peine que ce sang ne lui appartenait pas. Il soupira faiblement et le força à s'assoir, inquiet de son état. Il passa sa main à sa taille et commença à laver les mains gantées de Kah'ge. Ce dernier sursauta en voyant l'eau devenir rouge et chercha à se recroqueviller. Mais il fut retenu.
- Qui est la victime ? demanda calmement Sah'to.
- J-j'en sais rien… j-je… une fille… une inconnue… dans le relai… elle… c'était qu'un otage… elle me gênait… elle… je devais… je voulais… le tuer… comme j'ai jamais… souhaité la mort… de quelqu'un de… toute ma vie… M-ma cible a fui, j'ai juste… pu la blesser à la jambe m-mais j'avais plus de talism… talismans a-alors je… suis reve… nu en chercher et… je… dois fi… finir le travail…
- Ca va aller, mon grand, murmura Sah'to. Tu as versé ton premier sang. Tu es définitivement un membre du clan Yiga.
- J-je suis un échec… sur toute la ligne, murmura le sous-fifre en état de choc. J'ai pas… réussi à… le tuer… je…
- Nul n'est parfait, les échecs font aussi partie de l'apprentissage, répondit son officier. Rentrons.
Kah'ge n'opposa aucune résistance quand il fût soulevé par Narh'su et Fuh'ma. Il s'appuya sur eux pour marcher et ils rentrèrent au repaire sans qu'aucun ne parle ou ne dise quoi que ce soit. Le voyage ne fût pas simple avec le corps de Kah'ge qui ne cessait pas de répondre de façon incohérente à ses ordres. Il trébuchait souvent mais ni Narh'su ni Fuh'ma ne le lâchèrent, l'accompagnant jusqu'au bout.
Quand ils furent de nouveau dans l'abri du repaire, il fût conduit de nouveau dans sa chambre de rétention. Il poussa un gémissement de plainte, refusant d'y retourner. Mais il n'avait malheureusement pas la force de s'y opposer. A sa grande surprise, il fut posé sur l'unique lit mais Fuh'ma et Narh'su restèrent avec lui. Ils s'occupèrent de le changer, à son grand étonnement et de laver sa peau avec un attention bizarre. Fuh'ma s'absenta une poignée de minute, juste de quoi rapporter à manger et s'occupa de le nourrir.
A être aussi bien traité, Kah'ge était un peu inquiet. Mais quand son officier revint d'il ne savait où avec un écrin en bois, il dodelina de la tête.
- Vous pouvez sortir, déclara Sah'to. Je m'occupe du reste.
- J-je peux rester ? demanda soudainement Fuh'ma. Le marquage est… une épreuve, il en a traversé beaucoup en peu de temps…
- Il n'est pas censé avoir d'autre témoin que moi, rappela doucement l'officier. Si tu restes, je te crève les yeux.
- Pas s'ils sont bandés sous son masque, riposta Narh'su. Il ne verra rien comme ça.
Tous entendirent le soupir désespéré de leur officier. Mais il ne réfuta pas l'argument de Narh'su. Kah'ge vit alors Fuh'ma lui tourner le dos et retirer son masque avant que Narh'su ne lui bande les yeux et ne remette ensuite le masque en place. Il les regarda, anxieux. Depuis sa toilette de tout à l'heure, on ne l'avait pas autorisé à remettre son haut et il se sentit frissonner sous le froid de la pièce.
On le coucha, face contre le lit et il sentit son masque être soulevé doucement. Il fronça les sourcils quand on glissa une plaquette de bois entre ses lèvres, la gardant bien prisonnière entre ses dents. La panique le fit réagir quand on lia ses mains de chaque côté du lit et que Fuh'ma, aux yeux bandés, ne tienne une ces dernières dans les siennes. Narh'su quitta la pièce et poussa l'énorme bloc de pierre (difficilement) pour isoler la pièce.
L'aîné se crispa au premier hurlement de douleur de Kah'ge. Il ne devait pas rester là, il ne savait mais il n'arrivait pas à s'en aller. Kah'ge était enfin reconnu comme un membre à part entière. Il avait atteint sa majorité, avait versé son premier sang. Il écopait à présent de sa marque de Yiga. Ce tatouage qui devait être gravé à l'encre rouge sur sa peau pour lui rappeler son appartenance au clan toute sa vie.
Mais c'était affreusement douloureux. Il avait eu la sienne aussi et il savait combien ce n'était absolument pas un moment agréable. La pièce avait beau être confinée et isolée derrière des murs de plusieurs centimètres d'épaisseur, à se tenir derrière l'entrée, il pouvait entendre les cris et les larmes du pauvre Kah'ge. Narh'su passa mécaniquement ses mains sur ses marques, la sensation brûlante de leur apposition se réveillant à la détresse étouffée du benjamin.
Il finit par rester là, à prier pour son compagnon et espérer que la douleur ne le fasse pas délirer. Un Yiga ne devait pas céder face à la torture. C'était une épreuve en plus, pour s'assurer qu'il ne vendrait aucun secret s'il était fait captif. Qu'il resterait fidèle et qu'il préfèrerait mourir que d'avouer. C'était… angoissant. De ne pas savoir, de devoir attendre. Et quand au bout de plusieurs heures, Sah'to poussa la pierre qui obstruait le passage, Narh'su se releva d'un bond, anxieux et inquiet. Mais en voyant son officier en sueur, ses mains tremblant du long travail qu'il avait effectué, il poussa un soupir de soulagement.
- Il a tenu le coup, déclara l'officier. Peux-tu aider Fuh'ma ? Kah'ge a dû lui faire quelques dégâts sous la douleur.
- Bien sûr !
Narh'su entra dans la pièce et trouva un Kah'ge inconscient et gémissant faiblement dans un demi sommeil (ou évanouissement). Sur son dos brillait le symbole du clan, boursoufflé et encore écarlate du travail récent. Il s'agenouilla vers Fuh'ma et posa sa main sur son épaule. Ce dernier sursauta et gémit immédiatement de douleur. Narh'su constata que Kah'ge lui avait lacéré la peau pour endurer au mieux sa souffrance et que ses blessures n'étaient pas spécialement jolies.
Il travailla les mains crispées du benjamin afin de libérer le cadet et l'aida à se relever. Il l'approcha doucement d'un baril d'eau et plongea ses mains mutilées dedans. Il lui arracha un sifflement de douleur mais il le força à les garder un moment, juste pour les laver. Puis il s'occupa des soins. Sah'to revint dans la pièce avec un draps blanc qu'il posa sur le dos de Kah'ge, sans doute pour soustraire son tatouage à la vue des deux autres. Il passa délicatement sa main dans les cheveux emmêlés de Kah'ge et ce dernier souffla faiblement.
- Bravo, mon grand. Tu es officiellement un membre du clan Yiga de façon irréfutable, murmura l'officier.
Kah'ge ne répondit pas mais Sah'to s'y attendait. Il se tourna vers les deux autres et regarda l'ampleur des dégâts pour les mains de Fuh'ma. Il siffla de désapprobation.
- Elles sont abîmées, souligna Sah'to contrarié.
- Sans rire ? soupira Fuh'ma. Mais ça va. Elles vont guérir et cela n'affectera pas mon archerie.
- Soigne-toi correctement, ordonna son officier. Quand Kah'ge sera sur pied… nous feront un buffet pour fêter ça. Je vous donnerai les rubis qu'il faut pour les courses. Je compte sur vous. Je m'occuperai de mettre vos entraînements à jour aussi. A présent vous êtes tous les trois une escouade à part entière. Je… suis fier de vous.
Les deux sous-fifres se sentirent gratifiés de cette reconnaissance et Sah'to les invita à se reposer, les déléguant de toutes leurs obligations jusqu'au rétablissement de Kah'ge. Ils s'accordèrent des vacances un peu méritées quand même et se promirent un festin royal au frais de leur officier quand leur collègue serait à nouveau opérationnel. Ils ne pouvaient pas cacher leur soulagement, ils avaient cru perdre Kah'ge quand ce dernier avait fui sans raisons et sans explications alors qu'il sortait de confinement.
Mais de là à ce qu'il verse son premier sang… ils étaient inquiets. Car Kah'ge était… naïf. Il avait toujours cet éclat de pureté en lui malgré le sang sur ses mains. Fuh'ma était le plus inquiet à ce sujet. Il n'avait jamais vu Kah'ge aussi perdu et en colère. Il ne l'avait jamais vu afficher de la haine comme il lui avait trouvé quand il avait expliqué ne pas avoir réussi à abattre sa cible. Narh'su lui indiqua qu'il se prenait bien trop la tête et préféra penser aux possibilités qu'ils allaient avoir en termes de mission.
Sans jamais évoquer que la victime qu'avait tué Kah'ge… n'était autre que la femme qu'il avait aimée, qu'il avait surveillé et protégé. Sa mort laissait un mari veuf et des enfants sans mère. Il dût fortement cacher son désespoir et son chagrin, ne sachant que trop bien que la voie des Yiga ne se faisait absolument pas sans souffrance ni douleur. Il devait apprendre à se détacher davantage et ne pas haïr un frère du clan. C'était… un accident malencontreux. Il n'avait pas choisi. Ni lui, ni Kah'ge. Et encore moins elle…
Ils étaient des assassins. Pas des enfants de cœur. Et il était soulagé de voir que Kah'ge était en train d'assimiler ce processus. Il aurait été déçu de le voir échoué alors qu'il avait du potentiel. Preuve en était : il avait réussi. Même si cela était à ses dépens.
ooo
- Link… Link, s'il te plaît. Je ne vais pas mourir. Ma blessure est superficielle…
- « Je n'aurais pas dû te laisser partir… j'aurais dû rester avec toi ! »
- Non. Quand j'ai accepté de t'accompagner, j'ai accepté que nos vies soient en jeu. Je ne dois pas être une entrave pour toi. S'il te plaît, cesse de pleurer. Je suis en vie. Et j'irai bien…
Asarim ne chercha pas à le raisonner davantage. Il se contenta de le bercer pour le calmer. L'agression de Link au bazar Assek et celle d'Asarim au relai du désert Gerudo avaient provoqué des peurs chez les deux. La peur de la mort, déjà. Mais l'inquiétude d'être des cibles et surtout pour Asarim, de devenir un objet de chantage de choix pour faire ployer le Héros. Il n'y avait pas pensé une seule seconde, parce qu'il ne s'était même pas imaginé pouvoir attirer la colère de qui que ce soit, lui, le ménestrel Piaf ! Mais le mal avait été fait et Link avait subi une pression extérieure par son biais.
Et le voilà qui pouvait verser toutes ces larmes de colère et de frustration juste parce qu'il avait été une cible dans cette histoire. Il ne voulait pas qu'il porte cette haine en lui. Il ne le devait pas. Son dessin était plus grand encore que sa vie. Il ne pouvait pas s'arrêter sur ce genre de détails. Mais comment lui dire alors qu'il se sentait tellement responsable de cette situation ? Et comment lui faire entendre, surtout ! Car il refusait tous ses arguments ! Il avait beau essayer, Link n'entendait pas raison.
Il avait fui le relai aussi vite qu'il avait pu pour se réfugier en Tabantha. Dans son abri, il s'était occupé de ses soins, veillant à ce qu'il ne soit pas empoisonné ni que sa plaie n'empire. Puis il avait attendu un peu de temps, savoir s'il pouvait y retourner. Mais Link avait été plus rapide. Visiblement, la présence de ce Yiga l'avait détourné de ses obligations envers les Gerudos. Il avait vu les victimes au relai et la pauvre femme otage être enterrée. Il avait demandé à qui pouvait le comprendre si quelqu'un l'avait vu. Et à dos de sa plus belle monture, il l'avait chassé jusqu'ici.
Asarim posa son bec sur sa tête et le frotta doucement, essayant de le rassurer, de le soulager de sa détresse. Mais comme Link paraissait inconsolable, il souleva son visage. En le voyant noyé de larme, son cœur se brisa. Doucement, il entrouvrit son bec et pencha la tête sur le côté. Avec prudence et lenteur, il osa timidement lécher ses lèvres. Et quand elles s'ouvrirent sous la surprise, il la glissa tendrement dedans.
Jamais il ne l'avait embrassé de cette façon. Il n'avait jamais osé, son bec acéré pouvait le blesser si facilement. Et c'était une sensation curieuse que d'échanger ce baiser très… Hylien dans le principe. Il se recula doucement et observa les effets de son initiative. Avant de sourire tendrement : Link avait plaqué ses mains sur ses lèvres et était rouge de confusion, d'indignation, de plaisir et de honte. C'était un tableau adorable. Il frotta sa joue de ses plumes et admira son travail. Il avait cessé de pleurer. Pour finalement bouder.
- Tu es enfin calmé. Vas-tu m'écouter ?
Link approuva doucement et s'appuya sur son torse.
- « Ce n'est pas juste ! Tu as dit que tu ne pourrais jamais me rendre quoi que ce soit ! »
- Et je maintiens ce que j'ai dit. Tu n'écoutais pas, il fallait que je trouve un moyen de te raisonner. Link. Tu es une cible idéale pour tous les adorateurs de Ganon. Et comme tu es fort et que les défis ne t'effraient pas… certains vont chercher à te nuire autrement. Je ne serai certainement pas le seul. Mais tu ne dois SURTOUT pas laisser cela t'influencer. Que ce soit moi ou d'autres… nous ferons notre possible pour ne jamais être une gêne pour toi.
- « Je mets vos vies en jeu ! » signa Link, scandalisé.
- Que ce soit Teba ou bien le prince du peuple Zora… crois-tu vraiment qu'ils ne mettent pas leur vie en jeu chaque jour qui passe ? Et qu'ils ont peur de se défendre pour t'aider ?
Link pinça ses lèvres. Il approuva doucement : Teba comme Sidon, il savait très bien que les deux sauraient se défendre et défendre leur famille et patrie envers et contre tout. Qu'ils ne se laisseraient jamais user ou abuser comme outil pour lui faire du mal. Et en voyant Asarim adopter la même mentalité, il soupira faiblement. Il traça des lignes sur son épaule et le Piaf pencha la tête, troublé.
- Moi non plus, je ne veux pas te perdre. Et pour cela je veux continuer à t'accompagner. Je continuerai à me défendre et je continuerai à chercher ces chants. Je serai ton allié jusqu'au bout.
- « Merci, Asarim… »
- Je t'en prie, mon cher ami. Tu ferais mieux de te reposer avec moi pour aujourd'hui. Quand tu te seras calmé, nous reprendrons notre voyage.
Il s'étendit sur le sol et le Héros se coula contre lui. Avant de se redresser et de palper son armure. Surpris, Asarim le regarda faire avant de le voir chercher à lui retirer. Il gloussa doucement et le repoussa fermement.
- Non. Je ne peux pas te laisser me la retirer. C'est autant un vêtement pour me protéger que pour garder ce qu'il me reste de vertu en place.
Une curieuse déclaration qui fit écarquiller les yeux du jeune Hylien. Avant qu'il ne rougisse et cache son visage dans ses bras, s'écrasant sur son poitrail. Asarim pouffa doucement et passa ses plumes dans ses cheveux : que croyait-il, sérieusement ? Qu'il était insensible à sa personne et son charme ? Et bien, il était satisfait de voir que ce n'était pas le cas. Il éprouvait des choses pour lui. Il se les interdisait comme il le pouvait. Même s'il était souvent faible devant sa grande candeur et sa détresse. Il soupira ensuite et ferma ses yeux après avoir déposé un baiser émotionnel sur sa tête, pressant son bec contre sa joue pour lui témoigner son affection. Link eut un sourire et s'enroula contre lui, pour trouver un peu de repos.
Demain… ce serait une nouvelle journée. Et une nouvelle épreuve pour le Héros. Mais Asarim réalisa que ce serait aussi une nouvelle épreuve pour lui aussi : Hylia avait bien fait de le laisser l'accompagner. Il en avait… tellement besoin.
Récemment j'ai lu le fancomic "A New Calamity" de Faith (bien après avoir débuté cette fanfic, qui a trouvé ses origines en septembre 2019). Je l'ai trouvé très intéressant dans son approche des Yigas (et dans son histoire en général). Et j'ai apprécié le fait que l'idée des tatouages au sein du clan n'était pas farfelue. J'ai cependant ma propre idée de la chose et je ne compte pas m'inspirer outre mesure de ce que l'auteur de ce fancomic a fait. Si vous êtes cependant curieux, je vous invite à lire cette BD (en anglais) et de vous faire votre avis. Non, je suis pas payée à faire de la promo, j'aime juste parler des choses que je lis et que je trouve sympathique X'D !
