Chapitre 12 - Obligation

Dire que cette histoire avec ce Yiga n'avait eu aucune répercussion serait un mensonge. Asarim le savait. Depuis cette altercation, Link était bien plus angoissé que d'ordinaire même s'il faisait tout pour le cacher (et qu'il y arrivait parfois si bien, que c'était le Piaf qui s'en voulait de ne pas l'avoir remarqué !). Il avait été ferme avec lui : Link était la lueur d'espoir d'Hyrule, il en était son gardien et son porteur. Il n'avait pas le loisir de choisir si oui ou non ses alliés ou amis étaient ou pas des cibles potentielles pour le faire céder. Asarim acceptait ce fait, il l'avait intériorisé et ne s'interrogeait même pas dessus.

Mais entre ce qu'il avait accepté et ce qu'acceptait Link, il avait cette fracture, ce fossé qu'il ne parvenait pas à combler. Link se sentait responsable. Responsable de tout et n'importe quoi alors qu'aux yeux du Piaf, il n'avait certainement jamais choisi que la calamité les menace tous. Il sut aussi rapidement que le problème venait de son faible nombre d'alliés sur le terrain : rares étaient ceux qui pouvaient se vanter de l'accompagner ET de l'aider. La majorité des personnes étaient des gens… normaux. Pas des guerriers ou des combattants.

De ce fait, ils attendaient tous que le Héros les sauve. Sans chercher à obtenir plus rapidement cette libération. Enfin, ce n'était pas sans raisons non plus, ce monde était injuste, cruel et la loi du plus fort était maîtresse en ces terres. D'autant plus qu'à voyager aux côtés du jeune Hylien, le ménestrel eut tout le loisir de remarquer combien il s'était amélioré. Son style de combat était parfois… peu conventionnel mais il n'était plus autant blessé qu'avant, essayant d'être toujours plus prudent et patient.

Il n'avait ni ses connaissances, ni sa force. Comment pouvait-il se battre pour la paix d'Hyrule alors qu'il n'avait pas le quart du talent de ce garçon ? Mais il n'en prenait pas ombrage. Au contraire : chaque exploit qu'il réalisait lui donnait envie de composer une chanson et de louer tout le mérite qu'il lui revenait. Et comme toujours, Link refusait qu'il chante ses louanges, mourant de honte dans son poitrail chaque fois qu'il s'y amusait : c'était tellement adorable d'avoir ce jeune garçon, parfois gêné et pudique et la seconde d'après, guerrier et héroïque…

Leur voyage se faisait un peu au jour le jour, selon où ils se trouvaient, ce dont ils avaient besoin ou bien où ils pouvaient être attendus. Asarim avait son propre itinéraire, essayant de se rendre sur les lieux de ses chants oubliés, cherchant dans les vers abandonnés, les mystères qui y étaient cachés. Et Link l'accompagnait, écoutant ses chants et l'aidant à trouver ce qui n'était pas expliqué. Souvent ils voyageaient à pied, marchant l'un à côté de l'autre, suivant les routes pour s'épargner des embuscades et des combats compliqués sur des terrains inadaptés. Parfois, Asarim déployait ses ailes pour lui et s'envolait avec lui sur son dos. Parcourant ainsi une plus grande distance en un temps moindre.

C'est d'ailleurs à ce moment que Link réalisa qu'Asarim ne savait pas s'envoler à la verticale. Il lui fallait prendre de l'élan à l'horizontal avant de décoller. Curieusement, cette discussion parut réveiller un souvenir dans la mémoire scellée de l'Hylien et Asarim dû le soutenir alors qu'ils étaient tous les deux perchés sur la tour Gerudo. Le garçon passa une main tremblante sur son front plissé par la réflexion et il poussa un faible gémissement. C'était la première fois qu'Asarim l'entendait faire usage de sa voix pour exprimer sa douleur et cela l'inquiéta doublement.

Il allait le faire s'allonger mais Link le repoussa doucement, souffrant clairement d'un mal inconnu.

- Un souci ? demanda le Piaf, soucieux.

- « Aucun », signa l'Hylien le front plissé par la perplexité. « Je viens de me souvenir de… Revali… »

- Le Prodige Piaf ? s'étonna Asarim. Soudainement ?

- « Pas soudainement », corrigea Link. « Il savait générer des courants ascendants pour s'envoler à la verticale et avant que tu ne me dises que tu ne savais pas le faire, je ne réalisais pas à quel point son talent était unique. Drôle de manière de le réaliser… » releva-t-il avec exaspération.

Asarim eut un léger rire, amusé de l'agacement du jeune homme. Encore plus car ce dernier ayant attrapé le fil d'un souvenir, voyait d'autres fragments remonter. Link s'étonna presque de sa mémoire, se rappelant de tout avec une clarté qui l'inquiétait : ce qui avant n'était qu'un néant sans nom, était à présent limpide et clair. Il évoqua l'attitude hautaine et arrogante de celui qui fût le Prodige Piaf mais également son égo sans pareil et cette fierté qui semblait le caractériser.

Link dodelina de la tête, incertain. Signant ensuite qu'il avait surtout la sensation que le Piaf le détestait plus qu'autre chose. Etonné de cette déclaration, Asarim lui demanda pourquoi il pensait cela et le jeune Hylien évoqua alors ses provocations et ses piques à son égard, ses tentatives de le faire réagir. Il semblait hostile et particulièrement désagréable. Il n'arrivait pas à expliquer son comportement et attitude à son encontre. Et devant sa perplexité grandissante, Asarim posa son aile autour de ses épaules, avec un sourire tendre.

- Je ne pense pas qu'il te dépréciait, je pense… qu'il ne te comprenait pas, murmura le ménestrel. J'ignore quel genre de personne il était mais… je vais supposer que c'était de la maladresse.

- « De la maladresse ? » signa Link sans y croire une seconde. « Il y a une différence profonde entre de la maladresse et de l'arrogance, Asarim ! »

- Qui me dit que celui que j'ai aujourd'hui dans mes bras est celui que le Prodige Revali a connu ?

- « Ce n'est pas la question. Pourquoi me provoquer alors que… j'étais le porteur de… de… »

Il cessa de signer, plaquant sa main sur sa tête alors que de nouveaux souvenirs semblaient rejaillir de sa mémoire. Asarim le regarda écraser ses mains dans ses cheveux avant de les empoigner et il s'empressa de lui prendre les poignets pour qu'il ne se fasse pas de mal. L'Hylien poussa un nouveau cri, de souffrance et de détresse. Ces sons étaient… terribles ! Affreux même !

- Link ? Que se passe-t-il… ?

- « Ma tête » signa l'Hylien. « Je… me rappelle que… j'avais une… épée… importante… »

- Une épée… ?

- « Revali l'a traitée d'épée rouillée et… j'ignore pourquoi mais cela m'a profondément vexé. J'ai travaillé si dur… pour la manier… et… je… »

- Doucement, mon ami, murmura Asarim. Si ta mémoire n'est pas stable pour le moment, n'essaie pas de te rappeler de tout d'un coup. Tu finiras par te rappeler de tout, petit à petit, morceau par morceau. Ne t'inquiète pas. Je t'y aiderai…

Asarim fit tout ce qui était dans ses moyens pour apaiser la mémoire du Héros. C'était étrange comment cette dernière semblait fonctionner, ne réagissant qu'à des choses bien précises mais ne débloquant pas tous ses souvenirs d'un coup.

Il s'était souvenu du Prodige juste parce qu'il avait réalisé qu'il ne savait pas s'envoler et tout cela avait découlé à son rapport avec Revali mais également l'épée de la légende. Le fait qu'il commence à s'en souvenir était un bon signe pour Asarim : il pourrait le guider vers cette dernière. Il en aurait besoin pour combattre le Fléau. Le seul souci c'est que de tous les chants qu'il avait hérités de son maître, aucun ne parlait de l'épée ni où elle avait été cachée. Elle était forcément cachée. Quelque part. Où, il ne le savait pas. Mais elle avait été probablement gardée loin de tout pour éviter qu'elle ne soit subtilisée. Ou pire : corrompue (si cela était possible).

Pour soulager les tourments de son compagnon, Asarim lui fit parler de Revali. De ce dont il se souvenait à son sujet. Link ne fût pas muet sur le sujet, acceptant volontiers de livrer tout ce dont il parvenait à se rappeler. L'attitude hautaine dépassait clairement le chevalier et il cherchait encore à s'expliquer sur son étrange hostilité. Ce besoin de le confronter, de rabaisser ses efforts ou d'afficher une rivalité dont il ne savait pas quoi faire : ils étaient alliés contre le Fléau, pourquoi aurait-il besoin de se battre avec lui ?

Asarim évoqua la probabilité que le Prodige Piaf n'avait pas autant confiance en lui que ce qu'il acceptait de faire croire. Qu'il avait aussi ses incertitudes mais qu'il les masquait très mal, se cachant derrière une façade pour se prémunir de l'humiliation d'afficher une quelconque faiblesse. Cette déclaration laissa un moment Link sans voix (ou signe). Il médita longuement cette déclaration. Avant de sourire doucement et de répondre :

- « C'est… incertain », signa Link, perplexe mais troublé par une possibilité d'envisager sa relation sous un autre angle. « Je vois ce que tu veux dire, Asarim. Peut-être que nous ne nous sommes pas compris à cette époque. »

- C'est une bonne façon de penser.

Le ménestrel allait pour déposer un baiser sur son front mais l'Hylien lui échappa soudainement des bras et sans crier gare, s'élança du haut de la tour. Déployant sa paravoile à mi-saut (et après avoir provoqué la panique d'Asarim), il descendit jusqu'à une plateforme. Le ménestrel se redressa soudainement et regarda le ciel : le soleil avait bougé ! Et l'ombre de la tour était en train de dessiner son chemin vers la plateforme où l'Hylien s'était posé. Il le regarda bander son arc, pourvu d'une flèche et quand le trait parti, le sol trembla furieusement, révélant alors un sanctuaire.

- Lorsqu'un astre céleste au nord-ouest resplendit, suis l'ombre de la tour, puis décoche vers lui. L'épreuve du Héros jusqu'alors endormie, des entrailles de la terre devant toi rejaillit, chanta avec joie Asarim. Beau travail, Link, ajouta-t-il à mi-voix.

D'en bas, l'Hylien lui adressa un grand signe de la main, clairement resplendissant de fierté pour sa prouesse et d'un sourire victorieux. A défaut de se comprendre sur une aussi grande distance, le ménestrel prit son accordéon et joua quelques notes pour le féliciter et lui faire savoir ses encouragements pour ce qui l'attendait en bas. L'Hylien disparut à l'intérieur et commença alors une sourde et angoissante attente pour le ménestrel, qui cessa de jouer de son instrument.

Il n'avait jamais évoqué à son jeune ami ses propres peurs : si ce dernier s'inquiétait qu'un danger ne le fauche parce qu'il voyageait avec lui ou qu'il pouvait devenir une cible idéale, lui il ne pouvait que s'inquiéter de ne pas le voir sortir de ces sanctuaires. Personne ne savait ce qu'il se passait en bas. Juste que le Héros descendait via une plateforme issue de la technologie Sheikah. Mais le reste était un mystère sans nom. Son maître avait évoqué des épreuves que le Héros devait traverser. Sauf qu'Asarim n'avait aucune idée de ce qui devait être effectué. Ni comment.

Asarim n'osait pas s'approcher des sanctuaires. Il savait qu'ils étaient exclusivement prévus pour le Héros. Et il ne savait pas ce qu'il risquait à s'en tenir trop prêt et il ne le faisait pas de toute façon. Une sorte de superstition stupide et pas bien maligne. Si un jour, Link ne sortait pas de l'un d'eux, il serait dans l'incapacité d'aller chercher son corps et ne pourrait que pleurer un disparu. C'était affreusement angoissant et chaque fois qu'il le voyait s'enfoncer dedans, chaque fois Asarim sentait cette peur en lui. Il était assez fort pour accepter cette séparation mais il se savait incapable d'accepter son éventuelle mort. Il… ne l'accepterait jamais. Hylia lui en soit témoin.

Mais alors qu'il s'installait tranquillement sur le haut de la tour, attendant le retour de son noble compagnon, il remarqua alors une silhouette. Sans aucune raison logique, Asarim se plaqua au sol en reconnaissant l'ombre silencieuse qui rôdait autour du sanctuaire : un Yiga ! C'était sans doute logique qu'il y ait de ces maudits assassins dans le coin. Il était toujours dans les alentours du désert Gerudo et de ce qu'il en avait appris avec Link, leur repaire était quelque part dans les alentours du désert. Où, il ne savait pas. Mais il était dans le secteur et donc… il était fort probable qu'il en rôde un ou plusieurs !

Le ménestrel inspira profondément : ce Yiga ne semblait pas le chercher directement. Il tournait autour du sanctuaire, cherchant probablement à savoir comment il fonctionnait. Mais comme pour lui, les mécanismes et fonctionnements de ce dernier lui échappaient de ce fait il le vit juste frapper la structure de frustration avant de juste s'assoir en hauteur. Asarim pencha la tête, perplexe : était-ce son imagination ou… ce… Yiga… boudait ? Comme… comme un enfant. La distance et la hauteur ne lui permettaient pas de saisir pleinement son langage corporel. Mais cette présence l'inquiéta : si ce Yiga restait ici alors que Link sortait du sanctuaire… il…

Oh, il n'eut pas le loisir d'y réfléchir trop longtemps car il y eut un nouveau tremblement qui surprit ce Yiga (Asarim était approximativement sûr et certain de l'avoir vu tomber de façon très disgracieuse du haut du sanctuaire sous la surprise). Sans attendre, le Piaf récupéra ses affaires et descendit dans un vol aussi bref que rapide jusqu'à l'entrée pour trouver un Link épuisé. Mais surtout blessé. Il s'empressa de le faire s'assoir et l'ausculta avec soin, oubliant la menace potentielle du Yiga.

- « Ce n'est rien » signa Link avec un sourire de victoire. « Ce n'était qu'une épreuve de force, ce gardien ne se relèvera pas ! »

- Epreuve de force ? demanda Asarim.

Link fronça les sourcils, devant son étonnement avant de méditer rapidement la question. Puis de signer sa réponse :

- « J'entends la voix des sages qui guident mon avancée dans les sanctuaires. Chaque… sanctuaire m'impose un défi, ils sont tous différents. Celui-là consistait à combattre un gardien. Il n'était pas très fort, je crois qu'il doit exister des niveaux de difficulté… »

- Oh, bonté divine ! murmura Asarim. Tu risques ta vie à accéder à ces lieux mais en plus tu dois de nouveau la risquer quand tu y pénètres… ?! Tout cela pourquoi… ?

- « Pour devenir plus fort. Pour protéger ceux que j'aime. Et sauver tout le monde ! »

- C'est… très noble de ta part… d'accepter ces épreuves pour te renforcer…

Link secoua la tête avant de passer ses bras autour du cou du ménestrel. Ce dernier lui accorda cette étreinte, le serrant fermement contre lui, réalisant plus que jamais que chaque fois que Link disparaissait dans ces structures, c'était pour affronter des dangers encore plus grands que le monde extérieur. Il le souleva et les deux s'en allèrent vers leur prochaine destination sans faire attention à celui qui les observait dans l'ombre.

ooo

Kah'ge avait les bras croisés, appuyé contre le sanctuaire exhumé par le Héros. Quand il l'avait vu tomber du ciel, venant du haut de cette tour, il avait cru à une illusion. Puis il avait tiré cette flèche et ce machin était sorti de sous terre. Avant qu'il n'y disparaisse. Il avait été curieux de savoir comment tout cela fonctionnait. La technologie derrière était incompréhensible et quand il remarqua que le sanctuaire restait inerte, ne réagissant absolument pas à sa présence, Kah'ge avait boudé. Donc, ce machin réagissait qu'à la présence du Héros ? Et comment il faisait pour savoir que c'était lui ou pas ? Il avait eu sa réponse en voyant le socle à l'entrée : la tablette Sheikah !

S'il lui subtilisait et qu'il la rapportait au grand Kohga… est-ce que ce serait une réussite suffisante pour qu'on l'autorise à vadrouiller où bon lui semblait ? Parce que… son premier sang versé lui avait octroyé un buffet du tonnerre (il n'avait pas autant mangé depuis une éternité et Sah'to avait regretté d'avoir confié le budget nourriture à Fuh'ma). Cependant, sa fuite précédent sa réussite l'avait sanctionné sévèrement, lui interdisant de sortir du désert et des hauteurs du plateau Gerudo. De ce fait, il n'était donc pas autorisé à voyager jusqu'à nouvel ordre. Et il avait cherché un moyen pour se racheter (il avait tellement de connerie à rattraper qu'il ne savait pas où donner de la tête).

Perché sur le haut du sanctuaire, il était en train de réfléchir à un moyen de la lui voler sans engager de combat. Il… ne se sentait pas prêt à le défier immédiatement. Il avait besoin d'un peu de temps avant d'à nouveau souffrir de cette folie qu'était l'exaltation d'un combat à mort contre son Héros. Enfin, distrait qu'il était, quand il avait entendu les mécanismes du sanctuaire s'activer et qu'il n'avait toujours aucun plan, il avait fait la chute la plus lamentable de sa carrière : connerie de machin aussi ! Ce truc était encore plus lisse que du verre et sans aucune prise. Il s'était écrasé au sol, faisant tout pour ne pas attirer l'attention.

Avant de voir ce foutu Piaf descendre à son tour et se ruer sur son Héros ! Il le détestait tellement ! Mais alors qu'il rêvait de le crever sur place, il s'abstint de faire le moindre mouvement. Il observa les deux discuter. Le Héros signant ces mots dont il ne comprenait pas tout et le Piaf s'inquiétant pour lui. De ce que Kah'ge eut le temps d'en comprendre, chaque fois que le Héros descendait dans ces machins, c'était pour traverser des trucs dangereux et… faire des machins de Héros. Mouais, il aurait besoin d'un meilleur cours sur le sujet. Mais voyant son Héros blessé, il n'eut pas la foi de les déranger.

Il accepta de les laisser partir : il était déjà assez chanceux de l'avoir rencontré ici… Il décroisa ses bras et rentra au repaire, ne sachant pas quoi faire d'autre. Il n'avait pas de tablette Sheikah, il n'avait pas la tête du Héros à offrir. Bref : il était encore consigné. Il allait rentrer à l'abri du repaire quand un bruit violent le fit sursauter. Il écarquilla les yeux. Avant de devoir se planquer en hauteur, s'agrippant de toutes ses forces à la première paroi pas trop raide. La raison étant que deux personnes passèrent avec une précipitation inhabituelle sur le chemin ! Il y eut un entrechoquement de lames et des pas saccadés dans le sable.

- NARSUKE !

Kah'ge sursauta en reconnaissant la voix de son officier. Et encore plus en l'entendant appeler Narh'su par son prénom entier. Son homologue et collègue tomba souplement sur une des nombreuses statues de grenouille qui ornaient le chemin, passa sa main sur son masque fissuré. Avant de pester et de relever sa… ce qui lui servait de serpe. Ouah ! C'était possible de casser cette arme comme ça ? pensa Kah'ge en voyant la lame lourdement tordue. Dans tous les cas, Narh'su devait passer un sale quart d'heure…

- SASUTO !

Pourquoi Kah'ge avait appelé son officier par son prénom entier ? Il n'en savait trop rien. Ou bien peut-être que de voir l'arme de Narh'su se briser totalement sous le choc de l'épée de Sah'to avant de le voir voler contre la même grenouille où l'autre s'était posé quelques secondes auparavant l'avait fait réagir avant de réfléchir. Oui. Cela devait certainement être ça. Il s'était laissé tomber au sol pour se précipiter aux côtés d'un Narh'su sonné et surtout vexé qu'il se soit interposé.

- Qu'est-ce que tu fais dehors toi !? s'exclama son officier, contrarié.

- Je me promenais, râla Kah'ge. Pourquoi vous vous battez !?

- Je me défends, riposta Sah'to. Narsuke a l'air d'avoir envie d'une promotion et compte bien que ma tête saute pour ça. Tu m'excuseras que je tienne pas à mourir pour ses beaux yeux !

- C'est vrai… ? demanda Kah'ge à son comparse.

- P't'être… j'en sais rien…

Kah'ge le frappa : du typique Narh'su à toujours répondre avec flegme à tout ce qui lui était dit. Une main l'attrapa cependant par le col et le souleva du sol sans aucune difficulté : ça par contre ce n'était pas juste ! Sah'to avait beaucoup trop de force ! Et il était stupidement trop léger pour résister !

- Tu devrais être dans le repaire, râla son officier. Pas de « promenade » qui tienne sans être accompagné d'au moins Fuh'ma ou Narh'su. Actuellement ça m'arrangerait que ce soit Narh'su.

Le concerné tiqua alors qu'il se redressa. Il regarda d'un air critique son arme avant de la balancer au loin en poussant un soupir dépité. Sah'to profita du fait qu'il ne soit plus armé pour lui balancer Kah'ge dessus et s'éloigna en pestant. Le benjamin se débattit stupidement sur son aîné avant de pouvoir se redresser.

Et trouva un Narh'su qui avait l'air tout sauf heureux. Il s'assit en tailleur devant lui et tapota sur son masque : c'était un miracle qu'il tienne encore en place vu comment il avait été esquinté. Son aîné le chassa sèchement, claqua sa main d'un geste agacé. Kah'ge n'eut pas le temps de l'interroger que déjà l'autre se releva et retourna au repaire d'un pas vif.

C'était la première fois qu'il voyait Narh'su dans cet état. Aussi déterminé et violent. Il l'avait toujours connu un peu mou, pas bien motivé. Il se battait souvent avec Fuh'ma pour avoir sa part de banane lame mais il n'était jamais aussi… dynamique que dans son combat contre leur officier. Alors il voulait vraiment avoir une promotion ? Gravir les échelons, devenir quelqu'un d'important ? C'était… sans doute louable de vouloir réussir au sein du clan. C'était juste… bizarre de le voir se battre avec Sah'to.

Kah'ge joua distraitement avec le sable, un drôle de sentiment l'étreignant : c'était… comme des frères pour lui. Surtout Narh'su. Il avait été là quand son propre frère de sang avait disparu un beau jour. Peut-être qu'il avait toujours été un poids… ? Pour son frère disparu comme pour Narh'su aujourd'hui ? Il évitait de penser trop à ce genre de choses. L'attachement, c'était un truc de faible. Il ne devait pas être faible. Parce que les faibles étaient abandonnés. Comme il l'avait déjà été de nombreuses fois…

ooo

- « Un nouveau chant oublié ? » signa Link.

- Oui. Dans la région de Firone, il y en a deux. L'un est dans le bois Romu, l'autre au lac Coraï. Les deux ne sont pas côte à côte. Et la région est loin d'être hospitalière… Dans tous les cas, ce serait plus judicieux de passer par Firone en premier.

Link médita une courte seconde, regardant la carte du royaume sur sa tablette. Effectivement, les deux lieux n'étaient pas côte à côte. D'autant plus qu'il y avait aussi celle de la colline de Waïshen qu'ils n'avaient toujours pas résolue… C'était devenu leur point de chute, leur refuge, leur lieu à eux deux. Si Link tardait à sortir d'une épreuve, Asarim devait impérativement revenir ici, dans les confins de Tabantha. Pour se mettre à l'abri. Et lui permettre de le retrouver facilement. Pour le moment ils n'avaient pas eu à appliquer cette stratégie. Ce qui les arrangeait tous les deux. Mais il avait étudié plusieurs possibilités, si jamais ils étaient séparés.

- « Peux-tu chanter les deux chants oubliés, s'il te plaît ? »

- Bien sûr. Ahem…

Il toussa, ajusta sa voix et son accordéon alors que le Héros s'installa en face de lui, tout sourire et plein d'amour. Asarim sentit son cœur se serrer : qu'il était bon de se sentir aimé et de voir cet amour dans le regard de la personne chérie. Mais il n'oubliait malheureusement pas qu'il était déjà engagé et aussi tendre que soit sa relation avec le jeune Hylien, il avait encore femme et fillettes qui attendaient son retour. Il savait qu'il devait voir sa femme. Lui dire la vérité. Car tout ce temps passé en compagnie de Link lui avait donné des gestes qu'il n'aurait jamais eu avant. Et qu'il risquait d'avoir sans le vouloir.

- Une épreuve est dissimulée au cœur du rocher escarpé. Ô toi Héros des temps ancien… Pour démontrer ton potentiel, Invoque la foudre du ciel, Cela ouvrira le chemin.

- « Invoquer la foudre du ciel ? » signa Link. « Ca n'a pas l'air évident. L'autre chant… ? »

- Il est un peu plus… cryptique celui-ci : L'épreuve du Héros dans la forêt attend, Où le dragon avide convoite le serpent.

- « C'est court ! »

- Je sais, répondit Asarim. Pour celui-ci, je n'ai rien de plus, nous allons devoir voir sur place.

Asarim ferma son bec un court instant, réfléchissant vivement. Puis il posa ses doigts de plume sur la joue de Link qui arqua un sourcil :

- Avant ça, je dois passer au village Piaf, indiqua le ménestrel. Normalement, je me rends au relai au pied du village et je joue pendant trois jours, dans l'espoir que ma femme et mes filles m'entendent. Je n'y suis pas retourné depuis une éternité, je ne veux pas qu'elle envisage le pire.

Le visage de Link perdit soudainement toutes couleurs. Asarim eut toutes les peines du monde de ne pas coller son bec contre ce visage pour essayer d'en chasser la détresse et la tristesse. Mais à sa grande surprise, Link expira faiblement, comme pour se donner du courage et lui afficha un sourire calme. Apaisé. Loin de tout démon. Et de toute souffrance. A la surprise d'Asarim. Pourtant quand l'Hylien signa qu'il ne ferait mieux pas de l'accompagner pour éviter de rendre la situation tendue, il n'y vit ni tentative de fuite mesquine, ni de machination pour se voiler la face.

Link avait accepté son mariage. Il acceptait qu'il ait Amali et ses filles. Il ne cherchait absolument pas à l'arracher de son foyer. Il comprenait sa confusion quand il se faisait trop doux ou tendre, alors même qu'il lui avait juré de rien pouvoir lui proposer de plus que sa tendresse la plus simple. Décontenancé, le ménestrel osa, non sans gêne, lui demander le fond de sa pensée. Il avait besoin de savoir ce qu'il ressentait et comment il vivait tout cela. Pour ne plus à avoir à lui faire de mal. Pas comme la première fois. Il refusait de recommencer un tel fiasco.

- « Tu as formé tes vœux devant Hylia, tu es engagé avec ta femme. Je t'adore, Asarim. Et ton bonheur m'importe plus que mes propres sentiments ou besoins. »

- Tu as le droit d'être égoïste, soupira le Piaf. Ta dévotion est louable, admirable même… je voudrais juste…

- « Non », signa Link. « Je n'ai pas besoin de plus. Si je désire plus, ce n'est pas toi qui vas souffrir, mais celle qui attend ton retour. »

Asarim referma ses ailes sur le corps de l'Hylien, le gardant fermement contre lui. Ciel il allait mourir de honte d'abuser de la gentillesse de ce garçon et de la confiance de sa femme !

- Comment peux-tu être aussi… attentionné et… ne rien demander ensuite ?

L'Hylien ne lui répondit pas. A la place, il se serra contre lui. Ils échangèrent un de ces baisers chargés de toute l'émotion dont ils étaient capables, leur cœur battant à l'union dans cet échange à la fois pudique et intime. Asarim demanda à ce qu'il l'accompagne, qu'il puisse profiter du village le temps qu'il parle à sa femme. Link hésita longuement mais céda finalement : à quoi bon éviter l'endroit ? Quand le Piaf musicien devrait y rentrer, il n'allait pas cesser de s'y rendre.

Les deux se mirent en route. Asarim le porta sur la moitié du trajet, l'autre moitié, ils la finirent à pied. Ce fût quelque chose de passer devant Gesane, flanqué du Héros. Même si le garde ne fit aucun commentaire, Asarim sut à son regard lourdement désapprobateur qu'il se doutait du motif de sa venue. Ce fût terriblement compliqué de ne pas sentir son plumage gonfler sous la honte alors qu'il marcha jusqu'à l'entrée du village. Arrivé dans les hauteurs du village, autant le ménestrel que l'Hylien furent accueillis chaleureusement. En premier par Teba, heureux de retrouver Link mais aussi par Harth, toujours reconnaissant de l'aide de l'Hylien à ramener la paix au village mais surtout d'avoir sauvé la mise à son ami d'enfance.

Le voyant bien occupé, le ménestrel le laissa à ses occupations et grimpa jusqu'à ses quartiers. Ce furent ses filles qui le trouvèrent en premier et les cinq furent juste impossibles à tenir, beaucoup trop heureuses de retrouver leur père. Asarim se sentit déborder d'amour pour chacune d'elles et les choya longuement, leur offrant étreinte, attention et amour à tour de rôle (et dieu qu'elles réclamaient son attention !).

- Par Hylia, tu vas bien ! s'exclama Amali en se ruant sur son mari. Je n'ai pas entendu ta chanson pendant trois cycles, je t'ai cru perdu !

- Pardon Amali. J'ai été occupé par mes chants oubliés. Je suis venu te voir juste pour te prévenir que j'allais bien. Et que j'allais me rendre dans la région de Firone.

- F-Firone ?! s'indigna l'épouse esseulée. C'est à l'opposé de notre village… !

Amali inspira profondément. Doucement, elle demanda à ses filles de sortir et de la laisser seule avec leur père, qu'elle devait lui parler de ses manières. Comprenant que leur père était en faute et que la fureur matriarcale il leur fallait éviter, les petites prirent leurs pattes à leur cou et abandonnèrent leur père à la merci de sa moitié.

- Je te donne trois minutes pour t'expliquer, déclara Amali.

- Le Prodige Hylien, résuma Asarim en trois secondes.

- Le Héros ?! s'étrangla la pauvre Piaf. Je… c'est… je…

Asarim essaya de l'appeler mais elle le fit taire en le frappant sur l'épaule de son aile. Le ménestrel n'osa pas la contrarier et attendit son jugement en silence. Sa femme était vraiment terrifiante quand elle était remontée et actuellement, elle pouvait déchainer une tempête de colère à laquelle Asarim ne saurait pas comment résister…

- De toutes les personnes du royaume TOUT ENTIER il a fallu que tu ailles choisir LA SEULE avec laquelle je ne PEUX pas RIVALISER ?! scanda-t-elle, vexée. COMMENT ! Comment veux-tu que je… OH ! s'exclama-t-elle soudainement, outrée. T-Tu n'as pas osé… ?!

- O-Osé ? bredouilla Asarim, perplexe.

Il regarda sa femme se pencher et regarder le Héros en train de discuter sur la place Revali. Elle le scruta longuement avant de passer sa main sur son visage, d'un air scandalisé.

- Pauvre Hylien, tu as dû le casser en deux ! Il est tellement petit et fragile…

- PARDON ?!

Asarim doubla de volume comprenant ENFIN les allusions douteuses de sa femme sur sa relation avec Link. Il cafouilla des propos incohérents, cherchant à absolument démentir ses propos : il n'y avait jamais rien eu de plus que des étreintes et des baisers ! C'était déjà beaucoup pour lui alors… pourquoi devait-il empirer la chose en incluant une relation plus… plus ! Ciel, il n'arrivait même pas à se former l'idée dans sa tête ! C'était indécent et il n'aurait jamais cru pouvoir être aussi gêné que devant elle !

Mais qu'elle se trompe et suppose ce genre de choses, en un sens, Asarim se disait que c'était logique, qu'elle se sente humiliée ou qu'elle pense qu'il l'a trompée, c'était… normal ! Mais qu'elle fantasme sa non vie sexuelle avec le Héros, c'était… la pire expérience de sa vie ! Elle le connaissait, elle connaissait son corps et elle cherchait comment, par l'opération divine d'Hylia, ils pouvaient en arriver à des positions compromettantes et totalement explicites ! Oh, il essaya de la faire taire, ne sachant absolument plus où se mettre devant sa bêtise et ses commentaires déplacés.

Quelle erreur ! Amali prit sa réaction comme une vaine tentative d'intimidation et sa femme avait un fort tempérament, ne se laissant pas facilement impressionner. Elle lui fit une curieuse leçon de moral sur ses pratiques et ses mœurs avant de l'engueuler sur ses choix douteux en termes de partenaire, puis d'essayer de relativiser, indiquant que Link n'était pas une femme. Mais voyant qu'elle risquait de pardonner son mari, elle le frappa furieusement, l'insultant à mi-voix (elle ne tenait pas à ce que des enfants entendent ses propos).

Et quand Asarim lui indiqua qu'elle fabulait totalement et qu'elle avait imaginé toutes ces choses, elle en fût tellement offusquée, qu'elle alla chercher le Héros en personne et le traîna à sa suite sans aucune explication (pour Teba et Harth). Le ménestrel cacha son visage dans ses mains : ah, il allait mourir ce soir. Il priait juste très fort pour que ses plumes daignent prendre feu avec la honte qui le ravageait. Encore plus en voyant le pauvre Link encore plus gêné que lui, sa peau normalement blanche, étant devenue plus rouge que le beau des piments !

Ses signes étaient tremblants, incertains et confus, rendant ses mots maladroits ou incompréhensibles mais Amali, intransigeante et implacable, le forçait à recommencer chaque fois qu'elle ne comprenait pas. Mais l'incrédulité grandissante de son épouse était une juste vengeance alors qu'elle semblait réaliser petit à petit sa méprise.

- L-le plus intime que vous ayez partagé c'est… un baiser ? Juste… ça ?

- « Je suis désolé, je n'aurai pas dû le détourner de vous ! » signa Link, mal à l'aise, les joues rouges de honte.

- A dire vrai… tu as l'air trop innocent pour ton propre bien mon garçon, soupira Amali avec un léger sourire d'excuse dans sa voix. Mon mari est quelqu'un de formidable et j'ai dû faire chasse gardée dans mes jeunes années pour éloigner toutes les prétendantes qui essayaient de le courtiser. Je n'ai jamais eu honte de mon rentre dedans mais j'avoue que je suis jalouse : je me pensais immunisée contre les hommes…

Link gratta sa joue, confus, honteux et voulant certainement fuir cette femme curieuse et franche. En tout cas s'il voulait agir de la sorte, Asarim ne l'aurait pas mal pris et pire : il l'aurait accompagné.

- C'est énervant ! s'exaspéra Amali. Je ne peux pas être en colère contre toi, Asarim. Mais je ne peux même pas m'énerver contre lui non plus ! C'est injuste !

- Je suis désolé, s'excusa Asarim, penaud.

- Je ne veux pas de tes excuses ! Tu as décidé de le courtiser soudainement, je t'en veux pour ça ! Mais… je sais ce qui est important pour toi, idiot. Et à quel point tu es fidèle.

Cette fois l'Hylien pencha la tête sur le côté. Amali, surprise devant sa perplexité, jeta un regard en biais vers son mari. Et ce dernier la regarda d'un air suppliant. Elle poussa un soupir exaspéré : pourquoi avait-elle épousé un homme à qui elle ne savait pas dire « non » ? Pourquoi avait-elle choisi un mari qui la rendait folle comme il le faisait… !?

- Mon mari ne ment jamais. Il est trop droit pour ça. Alors… ne me le vole pas, murmura Amali. Je ne peux pas choisir vos sentiments. Mais… je vous invite à faire attention aux miens. Surtout si vous flirtez ici !

- Amali…

- Chut, toi ! siffla-t-elle. Je ne peux rien t'interdire ni rien t'empêcher de… vivre ou… éprouver alors… chut.

- « Je vais vous laisser. » signa Link, dépité.

- Oh mais tu emportes ça avec toi ! râla la femme blessée en pointant le mari indigne. Il ne dort pas à la maison ce soir !

Link baissa la tête et sortit de la maison d'Amali et d'Asarim. Ce dernier le regarda s'éloigner le cœur lourd avant de se tourner vers sa femme. Dans ses yeux d'or, il trouva une flamme de tendresse mais également un éclat de douleur. Certes, il éprouvait quelque chose pour le jeune Héros Hylien, elle le savait, elle le sentait. Elle n'était pas idiote. Mais elle voyait et devinait toute sa retenue, son refus de s'engager dans cette voie, son désir de finir ses obligations envers son maître et de rentrer ensuite. Il s'approcha de la porte et Amali déploya son aile, lui barrant le passage avec une expression fière, agressive. Un reproche silencieux.

- Prends soin de ce garçon, murmura-t-elle à contre-cœur. J'ignore ce qu'il va devoir accomplir. J'ignore s'il y arrivera. Mais si Hylia a choisi cette voie-là pour toi, je ne serai jamais loin pour t'aider.

- Amali, je…

- Chut. J'ai été claire : je ne veux rien entendre de toi. Tu aurais dû venir avant de faire ce choix. A ce moment, je… n'aurais pas été aussi fâchée. Mais là, je suis verte de jalousie et profondément vexée. Les petites n'en sauront rien. Mais n'abuse pas de ma patience…

Asarim baissa simplement la tête, acceptant la mise en garde de sa femme : elle lui pardonnerait en temps voulu, il le savait. Mais il l'avait blessée en premier et elle n'allait pas être facile à reconquérir.

- Juste : je maintiens que vu ta taille, tu vas vraiment le p…

- AMALI ! s'étrangla le mari indigné, en remarquant que trop bien la malice dans son regard !


Les noms de Narsuke et Sasuto me viennent tous les deux d'un pote (Esy). Quand je lui ai demandé de me donner deux prénoms pour des Yigas, il m'a fait une comparaison avec Naruto et Sasuke puis m'a fusionné leur prénom. Je me suis promise de faire la blague des prénoms hurlés inutilement. Ca n'a aucun intérêt, j'avoue. J'avais juste envie de remercier mon pote en quelques lignes X'D

L'étonnement d'Asarim sur les épreuves des sanctuaires me paraît justifié dans le sens où personne n'a pu entrer dans ces sanctuaires depuis une éternité et peu en connaissent le contenu :v Et à dire vrai, personne n'en parle vraiment (tout juste dans le DLC et encore c'est lié à des épreuves qui ont lieu en dehors des sanctuaires). Donc je considère que personne n'en sait rien à part Link finalement. Je peux me tromper mais j'ai lu quelques fics qui partagent ce point de vue. Qu'en pensez-vous ? O,O'

Amali est enfin introduite et j'ai choisi une certaine tolérance, très particulière, sur le fait que son mari soit attiré par Link. En partie parce que dans le jeu, elle dit qu'elle ne doit pas se plaindre/lamenter de l'absence de son mari. Elle accepte qu'il ne soit pas là et se dédie à leurs filles pour ne pas y penser. Et quand on libère Vah Medoh et qu'Asarim revient dans son village, elle nous remercie de l'avoir ramené UwU' Elle le tient en haute estime et par-dessus tout, elle lui voue une grande confiance. C'est ma vision des choses x') Pas seulement parce que ça m'arrange scénaristiquement (non mais X'D).