Chapitre 121 bis

Quelques jours après la Cérémonie, les habitants du Clos et Severus étaient tous les quatre attablés à la table du petit déjeuner lorsque Hedwige apporta du courrier à Kécile, mais également à Ludivine.

- Qu'est-ce qu'il peut bien te vouloir ? S'étonna la jeune fille en déroulant le parchemin qui lui était adressé.

Harry lui annonçait qu'il resterait encore quelques temps à Londres ayant des affaires à régler. Il lui demandait également si elle était tentée par l'idée de venir habiter au square Grimmaurd l'année suivante.

Kécile se fit la remarque qu'elle n'avait en effet pas réalisé que l'aller-retour quotidien avec la France n'allait pas être très aisé. Harry lui écrivait qu'il avait fait la même proposition à Ron et que celui-ci, peu désireux de retourner vivre chez ses parents, et avec Hermione qui retournait à Poudlard, avait d'ores et déjà accepté. Elle aurait accepté également sans la moindre hésitation si elle ne s'était pas dit qu'il était un peu masochiste de sa part de s'imposer la présence de Harry vingt quatre heures sur vingt quatre.

Harry finissait en lui disant qu'Hermione avait enfin déniché des informations sur ses parents. Les retrouver s'avérait beaucoup plus ardu qu'elle ne l'avait imaginé, mais cette fois-ci elle espérait vraiment tenir le bon bout. Avec un peu de chance, ils seraient rentrés pour le début du mois de juillet.

Kécile sourit à cette nouvelle et l'annonça à tout le monde.

- Et toi, qu'est-ce que Harry t'écrit ? Demanda-t-elle curieuse à sa mère.

- Harry me demande de l'aide pour donner un coup de frais à sa maison.

- C'est une excellente idée !

- Voilà qui va t'occuper quelques temps, dit Albus.

- D'après ce que tu m'en as dit, j'imagine, oui. Mais je pense que cela va être amusant !

Severus arqua un sourcil.

- Amusant ?! On voit que tu n'as pas vu la baraque en question. N'espère pas en faire un Clos-La-Rive bis.

- Tu seras surpris de ce que je peux faire.

- Commence par enlever ce foutu tableau dans l'entrée, et déjà crois moi, tu auras accompli un exploit. Même Albus n'a pas réussi à s'en débarrasser.

- Je l'avoue, dit le vieil homme. Un sort de Glu Perpétuel amélioré qui est des plus résistants. Honnêtement, à moins d'abattre le mur, je ne vois pas de solution.

- Et bien, on abattra le mur s'il faut, fit Ludivine avec un grand sourire. Je maintiens ce que je dis, je pense que je vais bien m'amuser !

Harry vit arriver Ludivine chez lui deux jours plus tard. Il l'accueillit avec un soulagement non dissimulé. Les trois dernières semaines qu'il avait passé quasiment seul dans cette maison avait failli le rendre fou, ce qui l'avait amené à faire cette proposition à Ron et Kécile et à demander l'aide de l'enchanteresse.

Il ne supportait pas l'idée d'habiter tout seul toute l'année dans cette grande maison lugubre où il y avait trop de souvenirs. Mais dans le même temps, il se refusait à la vendre.

Après bien des tergiversation, il s'était décidé pour la garder tout en lui redonnant une vraie jeunesse et une nouvelle vie. En faire une maison dans laquelle Siruis se serait plu et dans laquelle lui pouvait vivre.

Il avait commencé par envoyer Kreatur travailler à Poudlard et avait récupéré en échange Dobby qui était aux anges. L'elfe avait fait de son mieux pour nettoyer la maison, mais c'était au-delà de ses capacités. Il fallait quelque chose de plus radical.

- Alors, Harry, dit joyeusement Ludivine en regardant autour d'elle. Si tu me faisais visiter cette maison hantée. Albus et Severus m'ont parlé d'un portrait qui leur donnait des cauchemars.

- Pas qu'à eux, croyez-moi… Je vous présente Walburga Black.

Au même moment des cris stridents retentirent alors que les rideaux du tableaux s'ouvraient avec fureur.

- PETIT INSOLENT ! TRAITRE A TON SANG ! JE T'INTERDIS DE PROFANER LA MAISON DE MES ANCETRES ! LA MAISON DE LA TRES NOBLE ET TRES PURE LIGNEE BLACK.

- D'accord, je vois... fit lentement Ludivine qui tentait de se remettre du choc.

- Elle est toujours sur ce mode là, soupira Harry.

- IGNOMINIE ! TU...

- Je comprends bien, la priorité c'est de s'occuper de cette harpie.

- COMMENT OSES-TU, PETITE PIMBECHE !

Ludivine, parfaitement indifférente, agita sa baguette, en marmonnant.

- Oui, évidemment, donc sort de Glu Perpetuelle, alliée à un sort de Conservation Eternelle. Ça ne devrait pas être impossible à défaire. Mais il y a un maléfice aussi. Pour être aussi désagréable, c'est obligé.

- Je n'en suis pas convaincu, cria Harry par-dessus les injures du portrait. Sirius m'a toujours dit que sa mère était vraiment quelqu'un d'épouvantable.

- Il est possible que… par tous les diables ! Ils devaient vraiment tenir à ce que ce tableau ne bouge pas !

- Quoi donc ? Demanda Harry sans comprendre.

- Je pense, dit Ludivine en passant lentement les mains au bord du lourd cadre de bois la mine concentrée, tandis que Mrs Black semblait s'arracher la peinture des ongles à tenter de la griffer en vociférant d'indignation. Je pense qu'il y a un pentacle là-dessous, ce qui renforce considérablement les maléfices. Impossible d'enlever ça de manière conventionnelle.

- Mais vous allez pouvoir faire quelque chose ? Demanda Harry la mine inquiète.

- ça ne va pas se faire en cinq minutes, mais je crois que oui. J'ai appris deux trois petites choses sur la magie noire et les pentagrammes durant ma captivité dans les cachots de Voldemort. Et au pire, si je n'y arrive toujours pas, il restera la solution d'Albus : abattre le mur.

- Il a vraiment proposé ça ? Fit Harry hilare.

- Oui. Et je crois que Severus regrettait de ne pas avoir eu la même idée plus tôt, ajouta en souriant Ludivine.

La visite se poursuivit par la cuisine sans fenêtre, le salon mortuaire et sa magnifique tapisserie elle aussi solidement fixée au mur, et les chambres.

Ludivine interrogeait le propriétaire des lieux pour lui demander ce qu'il souhaitait. Elle comprit vite qu'elle avait le champ libre. A l'exception de la chambre de Sirius dont Harry souhaitait faire sa propre chambre tout en gardant le maximum de ce qui existait déjà, le jeune homme n'avait absolument aucune idée de ce qu'il voulait.

Ludivine passa le restant de la journée à se battre avec le portrait. Harry resta prudemment en retrait et ferma même toutes les portes pour ne plus entendre la vieille sorcière qui sentait probablement sa dernière heure venue approcher, et qui s'époumonait comme jamais. L'enchanteresse avait fini par s'appliquer un sort de surdité pour ne plus l'entendre.

Ce ne fut qu'à une heure tardive que Ludivine vint le rejoindre dans le salon, visiblement fatiguée. Dobby s'empressa d'apporter de quoi la restaurer avec un sourire jusqu'aux oreilles en demandant au Maître Harry ce qu'il devait faire du portrait dorénavant muet et décroché de son mur.

- Brûle le, Dobby, c'est tout ce qu'il mérite.

- Tout de suite, Harry Potter, monsieur !

Et l'elfe disparut aussitôt, tout guilleret à l'idée d'effectuer sa mission.

- Je suis désolé de vous causer autant d'efforts.

- Il n'y a pas de quoi, Harry. C'était avec plaisir. Tu ne pouvais décemment pas vivre avec cette harpie sous ton toit. Je me suis juste rouillée. Cela fait longtemps que je n'ai pas eu à pratiquer la magie à ce niveau. Je m'attaquerai demain au salon. Je commencerai par cette horreur, dit-elle en faisant un geste vers la tapisserie. Ce sont les mêmes maléfices, mais je pense que cela sera moins difficile car elle n'est pas animée d'une vie propre.

Il fallut trois jours à Ludivine pour transformer le 12 square Grimmaurd du sol au plafond.

Lorsque Harry regardait autour de lui, il n'en croyait pas ses yeux. C'était comme s'il avait déménagé.

La cuisine arborait dorénavant une fenêtre magique qui ouvrait sur la rue, la longue table en bois brut avait reprit une nouvelle jeunesse de même que les meubles et les étagères. Au sol, le carrelage fêlé avait été réparé et les murs semblaient fraîchement repeints.

Tout le reste de la maison était à l'avenant. Adieu la couleur grisâtre informe des murs et les torches lugubres. Adieu la collection de têtes d'elfes sinistres. Adieu l'escalier qui grinçait et les parquets ternes qui couinaient.

Harry découvrit ravi tous les petits enchantements que Ludivine avaient ajouté : les rideaux qui s'ouvraient tous seuls, les lumières qui s'allumaient d'elles-même, les cheminées auto-nettoyantes, le grenier qui avait été transformé en un jardin d'hiver à la manière d'une terrasse invisible pour les moldus, la luminosité surnaturelle qui se dégageait subtilement des murs pour compenser le manque de fenêtres...

Harry avait un sourire qui faisait le tour de sa tête. C'était au-delà de ses espérances ! Il remercia Ludivine avec effusion et lui demanda ce qu'il pouvait faire pour lui exprimer sa gratitude.

- Je suis très heureuse de t'avoir aidé, Harry. Tu mérites largement un chez toi et tu ne me dois absolument rien.

- Je me sens redevable pourtant.

- Tu ne devrais pas. Si vraiment je dois te demander quelque chose, ce ne serait pas pour moi, je n'ai besoin de rien.

- Pour qui donc ? Je peux faire quelque chose ?

- Pour Kécile. Si tu veux une requête, et bien là voici. Fais tout ce que tu peux pour l'aider et rends la heureuse. Si tu le peux…

Harry trempa les lèvres dans le whisky noyé de glaçons qu'il s'était servi après le départ de Ludivine. Un vestige de l'époque de Sirius qu'il avait trouvé dans le placard du salon. Il grimaça en pensant à la tête que ferait Molly si elle le voyait à ce moment.

Il jeta un coup d'oeil au fond de son verre ambré et haussa les épaules avant d'y tremper à nouveau les lèvres. Ce n'était pas avec ce qu'il y avait là qu'il allait se saouler de toute manière. Et puis il avait eu besoin de quelque chose de plus fort qu'une simple bieraubeurre.

Les dernière paroles de Ludivine avant qu'elle ne quitte sa demeure tournaient dans sa tête. « Rends la heureuse. Si tu le peux. »

Harry était à peu près certain que cela signifiait ce qu'il croyait.

Et il entendait encore la voix de Kécile rageuse et désespérée, prête à mourir elle aussi. « Vous avez tué celui que j'aime. » Oui, prête à mourir pour lui. Stérilement certes, mais ce geste fou lui avait cruellement rappelé ses parents.

Il n'en avait jamais parlé à Kécile. Il n'en avait jamais parlé à qui que ce soit. Il ne savait pas quoi faire d'un tel sacrifice. Le sacrifice de sa mère avait déjà été bien assez lourd à porter.

Il soupira et laissa sa tête aller contre le fauteuil, les yeux dans le vague. Lorsqu'il avait rompu avec Ginny, ce n'était clairement pas pour se mettre en couple avec Kécile. Ce qu'il avait dit à son amie était parfaitement vrai. Il avait de l'affection pour Ginny, mais plus le même amour qu'auparavant. Et surtout, il y avait des expériences, des souvenirs… des cauchemars que Ginny ne pouvait pas comprendre. Il n'en parlait à personne parce que personne ne pouvait comprendre. Sauf Kécile.

Cela l'avait frappé à plusieurs reprises, cette compréhension mutuelle face aux épreuves qui les avaient reliés. Sur le moment, cela l'avait réconforté car il n'était pas seul, ils avaient affronté cela à deux.

Mais en même temps, cela lui faisait un peu peur.

Il fallait regarder la réalité en face, maintenant : il avait jusqu'à présent évité de s'interroger sur ce qu'il éprouvait pour Kécile. Parce que c'était trop compliqué… et tellement différent de ce qu'il avait éprouvé pour Ginny.

Il avait beaucoup d'affection pour Kécile. C'était un profond attachement qui s'était développé petit à petit. Mais il y avait un désir de la protéger, non pas des autres… Kécile n'avait pas besoin de lui pour cela. Mais d'elle-même. Il ressentait une volonté farouche de lui faire comprendre qu'elle était quelqu'un de bien. Quelqu'un qui méritait d'être heureuse et d'être aimée.

Mais lorsqu'il se demandait s'il voulait être cette personne, il ne savait plus. Il ne doutait pas d'elle. Merlin, non, il ne pouvait pas après ce qu'elle avait fait. Il doutait de ses capacités à lui.

Kécile n'avait-elle pas besoin de quelqu'un qui lui fasse oublier qu'elle était la fille de Voldemort ? Comment allait-elle parvenir à s'affranchir de cette identité avec Harry sous les yeux ? N'avait-elle pas besoin de quelqu'un qui ne partageait pas les mêmes blessures ? Quelqu'un qui avait vécu moins de choses ? Quelqu'un de moins blessé, qui pourrait lui faire oublier ses propres meurtrissures ?

Harry monta se coucher dans sa toute nouvelle chambre, aux couleurs de Gryffondors, où les souvenirs de Sirius avaient été soigneusement rangés, le cœur empli de doutes.

Le lendemain, il invita Dean et Neville à venir passer la soirée chez lui, sous le prétexte de leur montrer les nouveaux aménagements du square Grimmaurd, mais avec le besoin inavoué de se changer les idées.

Les deux garçons acclamèrent les transformations et s'installèrent dans le salon où Harry était très fier d'agir en tant qu'hôte et où Dobby se fit un plaisir de leur servir un apéritif qui pouvait tenir lieu de dîner.

- Heureusement que je lui ai dit de faire simple ! Dit Harry en levant les yeux au ciel. Je vais avoir de quoi manger pendant une semaine. Si vous voulez emporter des choses…

- Ma grand-mère le prendrait comme une offense, dit Neville.

- Moi, je veux bien ! Dit Dean qui avait commencé à travailler depuis quelques semaines et se payait un petit studio en périphérie de Manchester. Je n'ai pas encore les moyens d'investir dans l'électro-ménager, et je n'ose pas trop utiliser des sorts de cuisine sur les antiquités qu'il y a là-bas. J'ai peur de faire sauter tout l'immeuble.

Harry éclata de rire avec Neville tout en se faisant la note mentale d'inviter plus souvent son ami. Le souvenir de Seamus passa, fugace, entre eux trois, en un même regard de connivence qui vint interrompre leur hilarité.

- Et toi, Neville, tu restes toujours chez ta grand-mère ? Demanda le métis pour ne pas laisser l'ambiance se plomber.

- Oui, je n'ai pas le courage de la laisser toute seule, avoua le jeune homme. Elle n'en dirait rien, mais je sais que ce serait très dur pour elle.

- C'est normal que les jeunes prennent leur envol à un certain âge.

- J'ai tout juste 18 ans… Honnêtement, rien ne presse. Et puis, tu sais, elle est très différente maintenant. Elle est beaucoup plus facile à vivre.

Harry leva un sourcil sceptique. Il n'avait pas souvent eu l'occasion de fréquenter Augusta Londubat, mais clairement, elle n'était pas du genre « facile à vive » et commandait son petit monde à la baguette, à commencer par son petit-fils.

- Non ! Je vous assure, dit Neville en voyant leurs mines dubitatives. Depuis que la presse me cite comme un « héros de la guerre », elle ne me traite plus du tout pareil ! Je me fiche de ces titres plus ou moins stupides dont nous affuble la Gazette et de ces récits édulcorés et romancés qu'ils font de notre résistance, de l'AD, de tout ça… Mais elle, elle ne s'en fiche pas du tout. Rien que pour ça, je laisse courir les articles. Et l'Ordre de Merlin... Elle en parle à tout le monde...Elle est tellement fière. Et alors quand elle a appris que je rentrais chez les aurors… J'ai cru qu'elle allait se mettre à pleurer. Je ne peux pas partir. Pas maintenant. Je verrais à la fin de la formation, quand on sera aurors à part entière.

- Et toi, Dean, tu en es où ?

- Ma candidature a été acceptée, malgré mon absence d'ASPICs, j'y croyais pas ! Je crois que le ministère cherche vraiment à se racheter du fait que les nés-moldus n'ont pas pu aller à Poudlard. J'entre au service de relation avec les moldus en août à trois quart temps, et le reste du temps, j'ai une formation accélérée aux frais du ministère pour passer les ASPICs que je souhaite.

- Je n'en avais pas entendu parler, dit Harry.

- Moi si, répondit Neville. Je crois que je vais la faire, au moins pour la DCFM, la Botanique et les Sortilèges cette année. Après tout, on ne sait jamais Je peux me retrouver blessé et incapable de continuer le boulot d'auror, je préfère avoir de quoi me retourner.

- On croirait entendre Hermione !

- Mais c'est sérieux, Harry, fit Dean. Toi, tu es l'Elu, le Sauveur du monde sorcier, alors si dans vingt ans tu en as marre de ton boulot, je suis sûr que n'importe où tu iras frapper, on t'accueillera à bras ouverts. Mais moi, dans vingt ans, le ministère aura oublié à qui la faute si je n'ai pas de diplôme. Donc je compte bien profiter de l'opportunité, même si ça ne me ravit pas d'étudier encore pendant deux ans.

- Deux ans ? Fit Harry sans comprendre.

- Oui, cette année pour Métamorphose, Sortilèges et DFCM et l'an prochain pour la Botanique et les Soins aux Créatures Magiques. On a le droit jusqu'à trois sessions, vu qu'on travaille à côté.

- Oui, il est déconseillé de présenter plus de trois ASPICs à la fois, ajouta Neville.

- C'est normal, il n'y a que quelqu'un comme Hermione qui pourrait faire plus en ayant un boulot ! Rigola Dean. Je me demande d'ailleurs pourquoi elle n'a pas choisi cette option là.

- Parce qu'elle a l'intention de présenter 9 Aspics et que si elle n'a pas O partout, elle va en faire une maladie. Et puis, je ne sais pas si elle avait entendu parlé de ça. Mais si non, quand elle va l'apprendre, je suis sûr qu'elle va tanner Ron pour qu'il fasse comme vous. Je vais en parler à Kécile. Ça l'intéressera peut-être.

- Qu'est-ce qu'elle fait d'ailleurs l'an prochain ? Elle retourne à Poudlard ?

- Non. On lui a fait une offre chez les aurors à elle aussi.

- C'est vrai ? S'exclama Neville. Mais c'est super !

- Oui, je pense que ça va lui faire du bien.

- Donc Hermione, va se retrouver la seule de notre année à Poudlard chez Gryffondor. Ça va lui faire bizarre.

- J'imagine, répondit Harry avec une certaine mélancolie. Heureusement, il y aura Ginny.

- A ce sujet... Comment elle va ? Demanda prudemment Neville. Elle avait l'air de faire bonne figure à ta dernière soirée, mais les filles…. Ça sait sacrément bien donner le change !

Harry sut immédiatement de quoi il parlait.

- Je crois que ça va. Elle m'a écrit récemment, pas grand chose, quelques lignes au bas d'une lettre de Mrs Weasley. Mais je ne sais pas ce que ça veut dire.

- Ben, Harry, j'espère que tu n'as pas l'intention de changer d'avis, parce que moi, peut-être bien que je vais retenter ma chance avec Ginny. Sérieux, mec ! Je ne te juge pas, hein ! Mais je sais pas comment tu as pu laisser tomber une fille comme elle.

- Je sais. Ça paraît absurde. C'était la fille idéale pour tourner la page et oublier la guerre et tout ce qu'il y a eu avant.

- Je ne suis pas d'accord, répondit doucement Neville. Peut-être que tu ne peux pas oublier la guerre. Peut-être que simplement tourner la page ne résoudrait rien. C'est comme ça que je sens les choses. Je ne pourrais pas être avec quelqu'un qui ne sait pas exactement ce que j'ai vécu. Ça fait trop partie de moi-même, de ce que je suis devenu, tu comprends Harry ? Toute cette guerre, toutes ces horreurs… peut-être que ça fait juste trop partie de toi. Que tu ne peux pas vivre sans...